/ TADA ! Me revoilà !

Quoi de neuf depuis… beaucoup trop longtemps ?
Je suis désolée de cette interminable attente. Les dernières années furent les plus chaotiques de ma vie. Entre le travail, l'école, ma vie sociale et mon chat… il ne me restait aucun temps pour dormir alors encore moins pour écrire. J'ai tout de même réussi à avancer quelques chapitres… pour en perdre la moitié lors du tragique décès de mon ordinateur/disque dur et décider de tout recommencer pour l'autre moitié survivante. La personne ayant écrit ces chapitres étant tellement différente de la personne que je suis devenue, un changement s'imposait.

Bref, j'espère que vous apprécierez le chapitre suivant et ceux à venir. J'y ai mis beaucoup d'efforts et d'amour. J'ai de plus très hâte de vous présenter les prochains.

Veuillez vous référer à Maurice au comptoir avant pour toutes questions ou commentaires (ou écrivez simplement un petit mail, Maurice est souvent débordé).

Un énorme merci à Ethel pour ces jolies paroles, j'espère que ce chapitre te plaira tout autant xoxo
Rhumanesque : TU ME FLATTES, TU ME TOUCHES, UN MILLION DE FOIS MERCI ! J'espère que tu aimeras autant ce nouveau chapitre (excusez mon retard, encore une fois) qui ouvre encore peu à peu la suite de la fic. Merci merci merci, tu ne sais pas comment ton petit message m'a touché et j'espère que tu ne me détestes pas trop pour cette réponse qui est… tardive disons.
Eva31 : *larmes aux yeux* Je ne mérite pas d'aussi beaux mots d'encouragement ! Merci merci merci ! J'espère que la suite te plaira tout autant malgré que c'est un chapitre un peu moins rigolo. Vos petits mots me touchent énormément, même si je n'y réponds pas immédiatement. Ne perdez pas espoir, je travaille lentement et surement à terminer cette fic ! Elle a une place spéciale dans mon cœur.

Encore une fois je vous remercie du support et voici la suite xoxo.

DISCLAIMER : Le monde de Harry Potter ne m'appartient évidemment pas, ne rêvez pas quand même. Il faut remercier JK Rowling pour toutes ces merveilleuses histoires inspirées de nos héros préférés.

Bonne lecture,

-S /


GUERRIÈRE WEASLEY
CHAPITRE 3

TOUJOURS JUILLET

BANG BANG BANG BANG BANG

Je me réveillai en sursaut.

- GINEVRA WEASLEY ! ET TU CROIS QUE JE VAIS T'ATTENDRE JUSQU'À CE QUE MORT S'EN SUIVE POUR PRÉPARER LE PETIT DÉJEUNER ?

Mes petits yeux s'ouvrirent comme une vieille porte mal huilée. J'étais à plat ventre sur mon lit, la bouche grande ouverte d'où s'écoulait un charmant filet de bave. J'étais dans les mêmes vieux vêtements de la veille et mes cheveux étaient encore plus en bataille qu'après ma dispute (et mes acrobaties) avec Harry. Je ne m'étais même pas préoccupée de me mettre en dessous de mes couvertures, je m'étais seulement affalée sur mon lit, avec une chaussure qui pendait encore à mon pied droit. Je devais avoir l'air d'une grosse merde.

Je me sentais comme une grosse merde.

- GINNY !

Je jetai un coup d'œil à travers ma fenêtre. Le soleil était bien levé dans le ciel et je pouvais voir les poules s'agiter à l'extérieur de ma fenêtre. Le lit d'Hermione était vide et j'avais envie de l'utiliser pour me construire une barricade. Question de dormir durant mille ans pour éviter toute la merde se trouvant de l'autre côté de ma porte. Ma chambre deviendra mon tombeau, adieu !

Seul problème : il était impératif que je me lève pour entreprendre ce plan.

- GINEVRA MOLLY WEASLEY, s'égosilla ma mère. Tu crois que t'es drôle?

- Mhhh, marmonnais-je. Une minute mMan' !

Si je commence maintenant, j'ai probablement le temps de déplacer le lit et ma mère n'aura même pas le temps de se rendre compte de mon plan. Ensuite, j'empilerai cette chaise dessus et je coincerai la poignée avec la lampe des Canons. Désolée Ron, il me faut faire des sacrifices. Allez Gin', à trois ! Un...

BANG !

La porte de ma chambre s'ouvrit à la volée et ma mère, encore en pantoufles, s'engouffra dans ma chambre, baguette à la main, comme s'il n'y avait pas de lendemain.

...deux et trois ! Et encore raté Gin'...

- GINNY WEASLEY ! s'égosilla ma mère en constatant mon état.

Qu'on me laisse mourir en paix je vous prie, mère !

- Mais pourquoi est-ce que tu ne me réponds pas à la fin, s'enquit ma mère. Tu veux faire exprès et m'inquiéter ? Et puis quoi... GINNY ? Tu t'es vue ? T'as l'air d'avoir engloutis une bouteille complète de Whisky Pur Feu !

- Mamaaan... 'quelle heure ? me contentais-je de dire en ramenant ma couverture sur ma tête.

Ma mère me prit par les deux épaules et m'entraina (de force) hors de mon lit malgré mes déchirantes protestations. Elle m'assit à la chaise de mon bureau, dans le coin droit de ma chambre, et m'observa de bas en haut comme si j'étais une candidate pour Miss Sorcière.

- Il est sept heures quarante-cinq et je me demande franchement pourquoi on dirait que tu as passé la nuit sur la corde à linge.

J'ouvrai la bouche pour protester.

Pfff,comme si on avait passé la soirée à se faire des plaisanteries et à cuisiner des muffins de toute façon.

Voyant que j'allais encore rouspéter, ma mère s'enquit rapidement de se lancer dans un autre de ses grands discours :

- Ginevra Molly Weasley, je n'ai pas l'énergie ce matin pour que tu m'expliques les circonstances de ton état. Alors je te donne deux minutes pour te préparer et descendre à la cuisine pour m'aider avec le petit déjeuner. Tu y arrives dans les délais ou tu laveras les draps de tous les habitants de cette maison pour un mois, est-ce clair ? Alors dépêche-toi et, par Merlin, look alive !

Merde, qu'est-ce qu'elle fait peur quand elle parle en anglais.

Je n'obtempérerai même pas. Bon : à bas la dictature et viva la revolución !


En deux temps trois mouvements, j'avais enfilé des vêtements (propres), brossé mes cheveux (ce qui s'est avéré très douloureux compte tenu des innombrables nœuds), lavé mon visage et appliqué très rapidement du cache-cernes à Hermi. Peut-être me trouverez-vous faible et sans volonté, certes, mais j'ai aussi plus peur de ma mère en colère que de Voldemiche.

Moquez-vous autant que ça vous chante, mais vous n'avez jamais rencontré une Molly Weasley qui crache du feu alors on se mêle de ses affaires je vous prie !

Je sortis de ma chambre en panique. J'ai même failli me briser le cou en essayant de dévaler les escaliers du Terrier en enfilant une chaussette.

- J'Y SUIS ! m'exclamais-je en haletant lorsque j'arrivai au bas des escaliers.

Ma mère, Hermione et Harry, tous trois tranquillement affairés autour du comptoir de la cuisine, me dévisagèrent.

- Ton chandail est tout fripé Ginny, va te changer, lança ma mère paresseusement en épluchant une patate.

Attends, quoi ?

Je me retournai lourdement vers les escaliers pour reprendre ma course infernale : Non, mais est-ce qu'elle fait exprès ?

- Et ne cours pas comme ça dans les escaliers, ajouta ma mère. Y'a pas le feu, bon sang.

Ah oui, là, elle fait exprès.


- Bon matin Gin', me lança Harry, faussement naturel, en regardant intensément les pommes qu'il coupait.

J'étais finalement de retour à la cuisine après avoir troqué mon chandail « tout fripé » pour mon magnifique t-shirt des Harpies de Holyhead. Harry y jeta un rapide coup d'œil et me dévisagea. Beh ! Il est jaloux parce qu'elles se sont classées dans le top 3 cette semaine. C'est mon chandail porte-bonheur alors, pour affronter une journée qui commence mal, ça me semblait tout indiqué.

- Bonjour Harry, salut Hermi, fis-je en l'embrassant sur une joue. Bien dormi ?

- Pas trop mal Gin, pas trop mal, fit-elle en m'accordant un clin d'œil.

Elle jeta un regard à mon chandail et sourit.

- Dis, les Harpies jouent bien ces temps-ci ?

- Ouais, elles viennent de démolir les Canons et Ron me doit 5 mornilles ! répondis-je tout sourire.

Hermione éclata de rire, Harry resta stoïque et attrapa un bol remplit de fraises. Il se leva si brusquement de sa chaise qu'elle se renversa et tomba à terre. Hermione lui lança un regard inquiet.

- Bah ça va Potter, faut pas le prendre comme ça. Ils sont nuls depuis des années.

Ma mère embrassa bruyamment Harry sur la joue en le remerciant de « l'excellent travail » qu'il accomplissait et de sa serviabilité. Je roulai les yeux au ciel. Il faut vraiment qu'elle le traite toujours comme si c'était un ange descendu du ciel ce mec.

Il ne tourne pas les fraises en or maman, il les équeute.

- Je vais chercher d'autres œufs, les enfants.

Nous la remercierons tous d'un hochement de tête endormis dans sa direction. Vu notre niveau de fatigue collectif, nous n'étions pas tout-à-fait attentifs.

Voyant notre manque de réaction, ma mère fronça les sourcils et riva son regard vers Harry.

- Harry, mon chou, tu m'expliqueras ensuite pourquoi tu as l'air autant fatigué ! J'espère que ce n'est pas la goule qui t'a gardée réveillée toute la nuit surtout !

Il eut un petit rire gêné et baissa la tête au sol, évitant toujours mon regard.

- Ginny, lança ma mère avant de quitter la pièce, pourrais-tu commencer à cuisiner les crêpes, s'il te plait ma choupette?

J'obtempérai à la demande de ma mère. Hermione suivit ma mère du regard pendant qu'elle quittait la pièce avec un air mi-amusé, mi-attendrit.

- De toute façon Harry, reprit-elle comme si la conversation n'avait pas été interrompue, ton équipe préférée ce ne serait pas les Tornades de Tut…

Je poussai une exclamation d'horreur et Harry qui nous ignorait encore jusque-là, lâcha soudainement son bol de fraises dans l'évier et se retourna, l'air outré vers une Hermione tout-à-fait confuse.

- Hermione ! m'exclamais-je en versant un peu de pâte à crêpes dans la poêle. Dis pas des horreurs comme ça ! Aucun supporter des Tornades ne passera jamais le seuil de cette maison !

Harry secoua la tête et retourna à ses fruits, sans aucun commentaire.

Bon il m'offre le traitement silencieux maintenant ? Je viens quand même juste de sauver son honneur. Pffffft, les Tornades... cinglée cette Hermine.

Hermione soupira et changea de sujet tandis qu'Harry s'occupait de ses précieuses fraises... le plus loin possible de moi. J'essayais tant bien que mal d'accrocher son regard pour lui offrir un petit sourire, il me tournait résolument le dos comme s'il éprouvait soudainement une fervente passion pour ses fraises.

Je me serais attendue à ce qu'il me serve un petit commentaire goguenard. C'est avec lui que je devrais avoir une discussion sur le Quidditch, pas Hermi ! Non mais, sans offense, mais elle s'en fiche de ce sport !

Ne m'accordant même pas aucun regard, comme si la soirée de la veille (ou comme si ma naissance) n'avait jamais existée, il poursuivit son équeutage de fraises en prenant de plus en plus la teinte de ces dernières.

J'haussai les épaules, un peu frustrée. Harry a perdu sa langue ? Tant mieux ! J'ai d'autres chats à fouetter et des crêpes à surveiller ! Je bavardai donc tranquillement avec Hermione en surveillant mes pancakes dans la poêle. La journée s'annonçait mieux que je croyais, considérant que je n'aurai pas à gérer Drame-Potter et ses milles et unes tragédies. Oh, et à ce que je sache, ce n'est pas lui qui a perdu une oreille hier.

- Ah, parfait Ginny, s'exclama ma mère en revenant dans la pièce chargée d'œufs du poulailler. Je te remercie pour les crêpes, j'espère que tu as fait attention pour ne pas salir ton chandail tout propre.

- Avec plaisir 'Man. Et oui regarde ! fis-je en me tournant fièrement vers elle.

Elle jeta un coup d'œil à ce que je portais et sourit.

- Joli ! Harry mon chou, c'est toi qui lui as acheté ce beau t-shirt n'est-ce pas ?

Silence. Harry hocha la tête une fois et la fraise qu'il tenait entre ses doigts s'écrasa. Sentant la catastrophe approcher, Hermione se lança dans une conversation effrénée sur les tâches de la journée avec ma mère.

Ah ben merde.

Je fixai mon chandail d'un œil amer. Bien sûr, fallait que ça m'arrive aujourd'hui ça.


- Tu te souvenais pas ?

Je pliais la lessive avec Harry et Hermione pendant que maman, papa et Georges étaient occupé avec un Médicomage à l'étage. Il ne m'avait pas vraiment regardé en me posant la question, comme si ma réponse ne lui importait pas vraiment. La rougeur qui s'intensifiait dans son cou m'indiquait toutefois qu'il tenait vraiment à ma réponse.

Hermione prétendit une urgente envie d'utiliser la salle de bain et nous laissa seuls, Harry et moi. Il leva doucement les yeux vers moi et plongea son regard dans le mien. Je ressenti une bouffée de chagrin monter en moi. Je souris un peu pour le rassurer et lui prit la main.

- Bien sûr que je me souviens.


Bon. L'histoire de ce chandail. Très-rigolo. Ah, mais vraiment, c'est une super histoire, c'est juste que c'est aussi super embarrassant considérant notre passé (pas si lointain) à Harry et moi. Faisons donc un petit saut dans le passé.

C'était quelques jours après notre victoire de la Coupe des Quatre Maisons. Je ne voyais presque pas Harry puisqu'il était toujours en retenue avec Rogue et que je passais tout mon temps à me préparer pour mes BUSES. Pas la vie de couple la plus palpitante si vous voulez mon avis, mais elle me rendait tout de même heureuse. Et ce, malgré toute cette histoire de Mage Noir revenu d'entre les morts. Mais bon, je m'écarte.

Nos courts temps-libres étaient donc très précieux, mais ils avaient tendances à être gâchés par mon frère en manque d'attention ou par mes répétitions avec mon (feu) groupe de musique.

Oui oui, cessons de se moquer je vous en prie. J'avais un groupe de musique avec deux filles de mon dortoir et Julia Dobbs et nous étions EXCELLENTES. Cependant, j'aimerais bien aborder ce sujet plus tard puisque la fin tragique de ce groupe me brise encore le cœur. Merci.

Bref, pour nous échapper de nos engagements respectifs, Harry prétendait des réunions importantes et super-secrètes avec Dumbledore tandis que, de mon côté, j'assurais avoir un besoin urgent d'envoyer un hibou à mes parents, à ma mystérieuse cousine d'Irlande ou à n'importe quel autre sorcier en Angleterre.

Nous nous réunissions dans la volière qui n'était pas, certes, l'endroit le plus romantique ou présentant les odeurs les plus alléchantes du château, mais qui était, du moins, tranquille.

Grâce à la carte, Harry avait découvert un entrepôt de perchoirs et nichoirs à chouettes qui était un peu à l'écart des activités principales de la volière. Ce n'était pas trop grand : environ deux fois la superficie de la cabane de Hagrid. Les murs étaient en pierres et on pouvait apercevoir les montagnes derrière le château à travers quelques trous dans ceux-ci. Les perchoirs argentés étaient entassés un peu partout dans la pièce et les plus gros nichoirs lévitaient paresseusement près des hauts plafonds. La lumière du jour les faisait tous miroiter les uns les autres, comme des joyaux au soleil. Les reflets des perchoirs éclairaient les murs de pierres grises comme des étoiles éclairent le ciel lorsqu'il fait nuit. Ces lumières scintillantes étaient invitantes et je trouvais beaucoup de réconfort à me trouver dans cette pièce. Même quand Harry n'y était pas.

Se retrouver dans la volière signifiait, je crois, autant pour lui que pour moi, une pause de tous les engagements et difficultés que nous vivions. C'était un moment que l'on s'octroyait pour être nous. Sans personne d'autre.

Ce coin secret nous permettait d'avoir un peu d'intimité pour parler, jouer aux cartes ou mener autres activités nous semblant appropriées sur le moment... Hum.

Bref, une fin d'après-midi, nous sortions en catimini de la pièce aux nichoirs pour regagner l'aile principale du salon des hiboux, comme j'aime bien l'appeler. Il était presque l'heure de manger et il devait vite aller souper pour ensuite rejoindre l'autre personne dans notre couple : Rogue.

- Gin, me lançait Harry sur un ton de désespoir, non seulement j'ai rendez-vous avec lui pendant 3 heures ce soir, mais j'ai aussi environ 45 centimètres de parchemin à faire, après, pour son cours de potion.

Je ris doucement en lui prenant la main.

- Arrête, je suis certaine que tu as aussi hâte que lui de vous retrouver tous les deux, seuls, dans ce cachot sombre…

Il prit un air outré et me lâcha dramatiquement la main.

- Mais ça va pas non ?! Comment tu oses blaguer à ce sujet ?! J'te rappelle que c'est toi que j'embrasse après mes visites aux cachots…

J'éclatai de rire si fort à l'image de Rogue en train de flirter avec Harry qu'elle me plia en deux. Mon copain continua à me sermonner d'un ton faussement dramatique en dépeignant des images hautes en couleurs qui n'aidèrent pas du tout à mon hilarité. J'essayai tant bien que mal de me redresser, la vision brouillée par des larmes de rire.

WWWWWAAAAAAAAAAAAAMPHHH

J'eu à peine le temps de percevoir le projectile touffu se diriger vers la tête de Harry que celui-ci s'effondra à terre, les mains sur le visage.

- MAIS C'EST QUOI CETTE CHOSE MERDE GIN À L'AIDE JE VEUX PAS MOURIR AUJOURD'HUI MOI MAIS…

- KHOUUUH KOUUUH KHOUUUH

- MAIS PAR MERLIN QU'EST-CE QUE J'AI FAIS POUR MÉRITER…

- KROAAAAH KOUHHH KOUHHH

Je brandis ma baguette, prête à affronter cent milles créatures du démon sans même regarder en arrière, mais je compris en fait bien rapidement que l'horrible « monstre » attaquant Harry, n'était en fait qu'une pauvre chouette sénile ayant perdu son chemin.

- Ah, mais Harry, dis-je d'un ton las, arrête de te débattre comme ça, tu lui fais peur…

- JE VEUX PAS MOURIR GINNY, À L'AIDE ! C'EST UNE TROP TRISTE FIN POUR LE SURVIVANT

- Merde, Potter, c'est q'une vieille chouette… Laisse-moi t'aider un peu…

- UNE CHOUETTE !?

- KOUUUUHHHH KOUHHHHH

Il arrêta soudainement de se débattre comme un pauvre taré et me laissa finalement s'approcher de lui et calmer la pauvre créature prise au piège dans sa vilaine crinière.

C'était en fait qu'une minuscule chouette tachetée portant un paquet deux fois trop lourd pour ses pauvres petites pattes. Elle semblait très vieille et avait un peu une aile en travers. Le paquet était attaché à ses pattes bien trop fermement, pas surprenant qu'elle était effrayée. Je me demandais bien d'où elle venait et depuis combien de temps elle était perdue comme cela. La pauvre.

Voyant dans le regard de la chouette la même panique que dans celui de Hedwige quelques années auparavant, Harry s'attendrit et détacha immédiatement le paquet de sa patte. Il la fit grimper sur son épaule gauche et flatta tout doucement les plumes de son aile intacte.

- Je suis désolée ma chère, mais tu m'as foutu une de ses frousses, c'est pas croyable.

J'éclatai doucement de rire.

- Et il compte sauver le monde, ensuite, Le Survivant ? demandais-je.

Il me tira la langue et me tandis le paquet.

- Tiens, je crois que tu l'as mérité, me dit-il en me pointant une vilaine coupure à son épaule droite. Une récompense bien méritée pour avoir sauvé la vie de l'Élu.

Je l'embrassai sur la joue.

- Peux-tu croire qu'une si petite créature fais autant de dégâts sur son passage ? lançais-je taquine.

Il prit un air faussement exaspéré.

- Oui bah, je sors avec toi après tout.

Je m'esclaffai et lui lançai un sourire victorieux. Je jetai un coup d'œil au paquet et ma mâchoire se déboita presque.

- Harry ! Merde, c'est un paquet DE DRAGO.

Il lâcha une exclamation incrédule et me prit le paquet des mains pour l'examiner de plus près. J'eu un petit sourire goguenard.

À : Jolie Pansy
De : Drago

Merci pour les beignets, ma chouquette.

Harry poussa une exclamation dégoûtée et me tandis le paquet de plus belle.

- Alors là, je pense que je peux t'offrir ce paquet sans remords, ma chouquette. Je crois qu'on l'a bien mérité.

Je levai les yeux au ciel et lui prit la main, le paquet sous le bras droit.

- Allez, je crois qu'on ferait mieux d'emmener cette chouette chez Hagrid avant que tu ne sois officiellement en retard pour ton rencard avec Rogue.

Il rit et nous avons poursuivis notre chamaillage en nous éloignant de la volière, main dans la main. Je n'avais pas vraiment l'intention de garder le paquet destiné à Pansy. Drago est sans aucun doute un horrible petit copain, mais je n'allais quand même pas ruiner les quelques efforts qu'il faisait pour Pansy, malgré le dégoût que j'éprouvais pour eux.

Cependant cette connasse échappa délibérément son jus de citrouille sur mes bottes de Quidditch neuves lorsque je la croisai dans la Grande Salle. Alors j'enfournai le paquet plus profondément dans mes poches et la maudit intérieurement en lui lançant le plus beau des sourires.

- T'en fais pas, ma chouquette. T'auras qu'à m'envoyer des beignets pour te faire pardonner.

Il s'avère en fait que le chandail qui se trouvait dans le paquet, c'est-à-dire une Édition Limitée des Harpies, me va à merveille, finalement !


Il était quinze heures et il faisait vingt-cinq degrés. Trois jours avaient passé depuis la nuit des sept Potter.

Fred, Ron, Hermi, Harry et moi étions affalés sous un arbre dans la cour du Terrier, l'air amorphes après une autre horrible nuit de sommeil et une matinée remplie de tâches ménagères.

Je m'étais finalement endormie vers trois heures du matin sur les genoux d'Hermione, dans le grenier d'Harry, de mon frère et de notre précieuse goule. Nous passions énormément de temps tous les cinq. Georges dormait presque toute la journée dans sa chambre et Fred ne pouvait pas rester seul. Nos soirées étaient parsemées de joutes de Bataille Explosive et de profondes discussions et interrogations sur le futur. Chaque fois que Fred abordait notre retour à Poudlard, le trio restait silencieux et je tentais tant bien que mal de changer de sujet. Mon frère commençait à se douter de quelques choses et je me voyais bien mal continuer mon cirque ainsi. Une discussion s'imposait très bientôt dans notre petit groupe.

De toute façon, je me voyais de moins en moins retourner à Poudlard en septembre. Seule Hermi était au courant pour l'instant, mais je comptais en parler rapidement aux garçons.

- Ça vous dit un match de Quidditch ? s'interrogea Ron, à voix haute.

Je m'esclaffai.

- Tu ne trouves pas qu'il nous manque quelques joueurs, Ronald ? répliquais-je.

Georges, sous l'effet de potions médicamentées, dormait à l'étage. Le reste de ma famille, ainsi que Tonks, Lupin et les autres membres de l'Ordre, étaient en réunion dans la cuisine des Weasley. Fred devait y être, mais il ne semblait pas s'y intéresser ces derniers jours.

- Pour ma part, lança Harry, j'ai un peu peur de jouer avec toi… Ronald.

Ron explosa de rire à l'allusion de leur bataille et Hermione roula les yeux au ciel.

- Je suis désolé d'avoir essayé de t'étrangler, Harry, reprit ce dernier.

Hermione lui lança un regard un dégoûté et Harry s'esclaffa doucement, comme il le fait quand il est un peu mal à l'aise.

- Ouais ben, il est désolé d'avoir joué au héros et d'avoir voulu s'échapper comme un con, repris-je.

Les rires fusèrent sous l'arbre, puis le silence retomba. Au loin, on pouvait entendre tranquillement le son de roues d'un gros chariot se rapprocher. Je tendis l'oreille.

- Dis Harry, s'enquit Hermione, on ne dirait pas le bruit d'un vieux moteur...?

- Oui ! s'esclaffa-t-il. Des moldus doivent s'être perdus.

Je ris à l'image d'un vieux couple de moldus s'approchant de la colline du Terrier. Un sort étant jeté dans les environs, la seule chose qu'ils pourraient apercevoir à la place du Terrier est une vieille ferraille désaffectée où on pouvait lire : « DANGER, CONTAMINATION AUX MÉTAUX LOURDS. »

Ils ne devraient pas tarder à reprendre la route de l'autre côté alors.

Nous tendîmes tous et toutes l'oreille pour s'apercevoir que le bruit ne devenait que de plus en plus fort. Le moteur de l'engin ne cessait de caqueter et de lancer des bruits aigus.

- C'est marrant, lança Harry, ça me fait drôlement penser à la vieille voiture de mon oncle Vernon. Malgré toutes les protestations de Pétunia, il n'a jamais voulu s'en départir.

- Qu'est-ce qu'elle avait contre ? demanda Hermione.

- Bah, c'est qu'en plus de coûter chère en assurances, elle faisait un drôle de bruit ressemblant au hennissement d'un âne quand il coupait les moteurs. Ça lui foutait la trouille à chaque fois.

Un bruit strident retentit à l'avant du Terrier, Harry se raidit et perdit toutes couleurs.

-Un peu comme celui-là ? s'enquit Fred.


- IL EN EST HORS DE QUESTION, hurla ma mère.

Tout le monde n'ayant pas encore eu l'occasion de fuir la pièce était réuni dans la cuisine. Hermione, Ron, Fred, ma mère, mon père, Fleur, Charlie, Bill, Tonks, Lupin, Kingsley, Harry, moi… et Dudley Dursley.

Il observait avec attention sa semelle de chaussure, l'air fantomatique. L'imposante main de Kingsley reposait sur son épaule, l'air rassurante. À ma surprise, malgré l'incroyable stature de Dudley, il semblait petit comparé au membre de l'Ordre.

Je me tenais du côté opposé de la pièce avec Hermione, Ron et Harry qui présentait un air verdâtre. Ce dernier fixait systématiquement le carrelage de la cuisine et semblait vouloir disparaître. Je m'approchai doucement de lui et lui prit la main, qu'il serra immédiatement très fort. Nous n'avions pas eu de temps seuls, lui et moi, ces derniers jours. Notre situation demeurait donc assez floue, merci.

- Molly, soit un peu raisonnable, lança tranquillement Kingsley.

Ma mère rugit.

- RAISONNABLE ?! PARDON ? Kingsley, je ne pense pas avoir besoin de te dire tout ce que nous avons SACRIFIÉ pour sortir Harry de cette maison. Tout ce que nous avons PERDU. Comment oses-tu nous imposer ce garçon SANS MÊME NOUS CONSULTER ?

L'aurore soupira. Il demanda à tous ceux et celles n'étant pas directement concerné de quitter la pièce. En soit, seulement ma mère, mon père, Harry, Dudley et lui-même étaient tenus de rester dans la cuisine et de poursuivre cette discussion. Je m'apprêtais à quitter, à contrecœur, mais Harry me retint la main avec fermeté et me souffla : « Reste, s'il-te-plaît. »

Sa supplique me serra le cœur et je pris place à ses côtés. Hermione et Ron ne bougèrent pas d'un poil et restèrent au fond de la pièce, les bras croisés.

Mes parents ne dirent rien, leur regard étant rivé sur Dudley, qui prenait maladroitement place sur une minuscule chaise en bois à la table de cuisine.

Après un court moment de silence, ma mère fut prise d'un soubresaut, comme si ses pulsions d'hôtes de la maison étaient plus fortes que son humeur de l'instant. Elle fit apparaître deux chaises de plus pour Ron et Mione qui prirent place en remerciant ma mère. Cette dernière agita à nouveau sa baguette, de façon machinale, et commença à préparer du thé. Un silence froid régnait dans la pièce.

Je jetai un regard autour de moi. Ron et Mione avaient tous deux l'air insondable. Ils regardaient Dudley avec incrédulité et ne soufflaient mot. Harry avait toujours le ses yeux rivés vers le carrelage, les sourcils froncés, comme s'il ne pouvait pas comprendre la situation dans laquelle il se trouvait. Il me tenait toujours fermement la main. Mon père promenait lentement son regard sur la pièce, ne sachant pas trop où se mettre ou quoi dire. Son brillant sens de l'humour semblait l'avoir déserté pour de bon ces derniers jours. Pour sa part, Dudley promenait aussi son regard à travers la pièce, mais semblait plutôt ahurit par ce qu'il voyait. Un moldu comme lui introduit sans préavis dans une maison de sorciers comme la nôtre, c'était comprenable.

Kingsley était le seul qui semblait calme. Lorsque Dudley semblait trop s'agiter, il posait tranquillement une main rassurante sur son épaule.

Ma mère servit le thé à tout le monde, refusant l'aide de mon père trois fois de suite. Elle prit place à ses côtés et riva son regard de glace sur le pauvre Dudley. Je savais exactement ce qu'elle pensait.

Comment osait-il se présenter dans notre maison, un des seuls lieux où Harry se sentait en sécurité et chez soi ? Comment osait-il se présenter ici, après avoir fait subir à Harry tant d'années de torture ? Elle voulait qu'il s'en aille sur-le-champ, tout comme moi.

Après plusieurs minutes de silence, le cousin d'Harry lança enfin d'une voix cassée :

« Vous avez une très jolie maison. »

Ma mère eut un sourire tordu mais le remercia tout de même d'une voix chaleureuse. Mon père se tourna alors vers son ami.

- Pourquoi est-il ici, Shacklebot ?

Mes yeux s'écarquillèrent. Mon père n'employait jamais un ton aussi froid quand il s'adressait aux membres de l'Ordre.

- Arthur, tu sais que je ne l'aurais jamais envoyé ici si je n'avais pas le choix.

Il se tourna vers Harry.

- Harry, commença-t-il, ton oncle et ta tante sont à Sainte-Mangouste. Ne t'inquiète pas, ils sont simplement un peu sous le choc, mais ne sont pas sévèrement blessés.

Harry n'eut aucune réaction et continua simplement de fixer le sol. Ron lui tapota doucement le bras et je fis signe à Kingsley de continuer.

- Nous ne savons pas encore comment, mais des Mangemorts auraient réussi à trouver ton cousin et ses parents dans le sud de l'Écosse. Nous sommes arrivés juste à temps pour les sortir de là. Ton cousin a été très courageux. Il en a assommé deux de ses mains nues.

- Avec tout mon respect mon ami, coupa mon père, je ne crois pas qu'Harry a envie d'entendre tous les détails de l'histoire aujourd'hui. Va droit au but, je t'en prie.

Kingsley hocha la tête et poursuivit.

- Vous savez tous et toutes très bien que nous avons accusé de grosses pertes l'autre soir, commença-t-il. Nous pensons qu'il a peut-être eu une fuite parmi le groupe. Il y a donc quelques membres de notre entourage que nous avons décidé d'exclure de certaines décisions.

Il tourna son regard vers Harry, qui pour la première fois en de longues minutes, riva à son tour ses yeux vers Kingsley.

- Nos effectifs sont énormément réduits Harry. Ce n'est que temporaire, ne t'inquiète pas, mais pour la sécurité de tout le monde, ton cousin doit rester ici quelques temps. Je crois comprendre un peu comment cela doit te faire sentir.

J'haussai mes sourcils et poussai un bruyant soupir. Ah ben merde il « croit comprendre » lui ?!

Kingsley m'ignora et poursuivit :

- Cependant je pèse mes mots quand je dis que nous n'avons pas d'autres choix pour l'instant. Il en va pour la sécurité de ta famille, Harry.

À nouveau, un silence glacé s'abattit sur la pièce. Il y avait tant de personnes que Harry considérait comme sa famille avant les Dursley. Ces derniers valaient, à mes yeux, pas beaucoup plus que des grosses merdes de Crockdur.

Harry fini cependant par détacher sa main de la mienne et la tendre de façon incertaine vers Dudley Dursley, le garçon ayant sans cesse torturé son enfance. Ce dernier eut un air infiniment surpris, mais serra rapidement la main de son cousin.

Kingsley Shacklebot se tourna alors vers mes parents et Dudley, pour s'occuper des derniers détails alors qu'Harry sortait précipitamment de la pièce. Hermione et Ron le suivirent, mais je restai assise sur ma chaise et rivai mon regard sur l'étrange armoire à glace se trouvant nouvellement chez moi.

Croisant mon regard, Dudley Dursley rougit et me lança un sourire gêné. Je retournai instinctivement son sourire et secouai ma tête, incrédule.

Bah merde alors.


Et voilà ! Qu'en pensez-vous ? J'espère que vous avez aimé et qu'il vous reste encore un brin de patience pour attendre le prochain chapitre hihi (où on retrouve beaucoup ! Merci de me laisser un petit mot en review mes chocolats de Pâques.

PROCHAIN CHAPITRE : Dans le chapitre quatre, nous terminerons (réellement) le mois de juillet et entamerons le mois d'août (ding ding ding, un mariage ?). Nous éclaircirons aussi plusieurs questions : qu'est-ce que Dudley fiche au Terrier ? Comment ses habitants (et Harry) vont-ils réagir à sa présence ? Ginny va-t-elle enfin réussir à avoir une discussion sur la prophétie avec le Trio ? Que se passe-t-il avec elle et Harry ?! Et, par-dessus tout, réussirons-t-ils enfin à jouer au Quidditch !?

À bientôt pour la suite

-S xxx