Arrivés au Naughty Beloutre, Jak, Daxter et Ashelin se tenaient à côté de la table de communication centrale. Divers soldats entraient et ressortaient peu après, récupérant les diverses caisses d'armes posées près des murs. Tandis que le gouverneur s'efforçait d'établir une connexion sécurisée avec le quartier général de la Ligue, Jak regardait d'un air mélancolique le sceau de Mar rouge que Damus lui avait confié. En un sens, la mission qu'il lui avait donné avant de lâcher son dernier souffle était accomplie, et de toute évidence, le « truc » que Sig devait retrouver en ville était lui ; ou sa version jeune, pour être exact. Mais s'ils l'avaient su plus tôt, que seraient-ils dit ? Entre un gouverneur déchu dans un monde en guerre et un enfant élevé il y a plus d'un millénaire dans un monde en paix, le fossé était gigantesque. Au final, les seuls souvenirs qu'il aura de lui seront ceux où il l'a accueilli en tant que renégat à Spargus et comme sauveur dans les ruines du Stade… Le regard perdu, il se fit un peu consoler par Daxter, qui lui donna deux tapes amicales sur le bras droit, avec un regard compréhensif. Lorsque Ashelin finit son travail, la tête holographique de Torn apparut au-dessus de la table. Jak rangea son sceau tandis que son amie entama la discussion.
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– Torn, ici Ashelin. On vient de recevoir les tanks et l'attaque a pu être repoussée. Est-ce que tu es sûr qu'employer à nouveau ces engins télécommandés est une bonne idée ?
– Ne t'en fais pas pour ça, Ashelin, répondit Torn. Pendant que Keira et nos mécanos effectuaient la majeure partie des réparations, nos ingénieurs ont retirés tous les composants de l'interface réseau des tanks. Ils ne sont plus autonomes et dépendent à nouveau d'un pilote humain.
– Entendu, c'est déjà une première bonne nouvelle. Comment est la situation de votre côté ?
– Les nouveaux quartiers et le Ghetto sont nettoyés et sécurisés. Mais l'attaque a provoqué pas mal de dommages. Par précaution, on a évacué le Ghetto de la présence civil et les champs de force sont à nouveau actifs. Dans les faits, Jinx a eu la brillante idée de faire exploser le bâtiment le plus proche de l'entrée nord de la zone industrielle, ce qui a bouché la petite ruelle adjacente. Et les Grenats ont fait s'écrouler de notre côté la petite tour qui surplombait à la fois les deux zones. Il n'y a donc plus qu'un chemin praticable depuis le Ghetto vers le territoire des Grena-Thanatorobots, et nos troupes sont en train de le barricader avec des épaves de zoomers. Le barrage sera bientôt terminé.
– Puisqu'on parle des loups chromées, comment ont réagi les Grenats ?
– Pour l'instant, ils se tiennent tranquille. L'éclaireur envoyé en reconnaissance après l'attaque m'a rapporté qu'ils ont eu la même idée que nous, mais avec des Explorobots et leurs propres tanks de sécurité. En revanche, ils sont en train de construire une nouvelle barrière énergétique. À mon avis, ce doit être la même chose de votre côté…
– Sans doute, exaspéra Ashelin, mais nous sommes plus exposés ici avec les Metal Heads. On ne peut donc pas risqué un assaut frontal pour les en empêcher.
– À ce propos, intervint Jak, on a surpris plusieurs Grenats tirer délibérément sur les Metal Heads. Voire à se battre entre eux en nous ignorant complètement.
– Vraiment ? Répondit Torn, étonné. Voilà qui est intéressant. On dirait que sans Errol, il n'y a plus d'alliance possible. J'espère juste que ça jouera en notre faveur pour plus tard.
– Quel est le plan, Torn ? Demanda Ashelin.
– C'est la question du moment, à vrai dire. On manque encore d'informations, mais il semblerait que les Grena-Thanatorobots aient trouvé des remplaçants pour les commander. Avant de se retirer de la zone industrielle au moment de leur réactivation, certains de nos hommes croient à avoir vu des unités rouges autonomes, d'un modèle que l'on ne connaîtrait pas, selon leurs dires. Si leur but est de continuer la guerre, alors ça risque encore de chauffer sur les jours à venir… Mais ils sont encore affaiblis par la chute d'Errol, on a donc du temps avant qu'ils ne relancent de nouveaux assauts.
– C'est très inquiétant, en effet, déclara Daxter. Mais puisqu'ils sont justement affaiblis, pourquoi ne pas en finir maintenant ? Au pire, envoyez-nous là-bas et on règle ça vite fait bien fait. Hein, Jak ?
– Ce n'est pas aussi simple, Daxter, rétorqua le commandant. Autrement, on serait déjà en train de les attaquer.
– Je me disais, aussi…
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Le premier bilan de la situation générale ne laissait présager rien de bon. Errol semblait avoir pris des dispositions en cas d'échec, pensa Jak. Mais au vu du caractère de son ancien adversaire, c'était plutôt étonnant : il était si certain de sa réussite avec l'aide des Créateurs Noirs qu'il avait attribué toutes ses ressources à ce plan. Non, il devait y avoir autre chose. Malheureusement, il y avait trop peu d'éléments à l'heure actuelle pour supposer quoi que ce soit. La priorité, pour le moment, était de profiter du temps qui leur était accordé pour s'organiser. Torn continua alors la conversation.
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– La bonne nouvelle, c'est que la Forteresse est ré-ouverte. Nous avons donc du matériel et plus d'armes à disposition. Même chose pour les munitions. Mais ça ne durera qu'un temps, et le bâtiment a beaucoup souffert durant la guerre. On n'a pu accéder qu'à une petite partie de son contenu, pour l'instant.
– Tu suggères que l'on renforce nos positions ? Demanda Ashelin. Pour une fois, je suis plus en accord avec l'avis de Daxter, même si nos chances de succès sont minces.
– C'est la meilleure stratégie à adopter, Ashelin. Les assauts de ces dernières semaines nous ont coûtés beaucoup trop d'hommes. Ici, il doit rester entre trois cents cinquante et cinq cents soldats. De votre côté, ça doit tourner aux alentours de deux cents cinquante pour deux fronts. Ils frappent déjà fort et ils sont tout aussi nombreux que nous, voire peut-être beaucoup plus qu'ils ne le laissent paraître. Si on lance un assaut de notre côté et qu'on l'on perd, c'en est fini de la Ligue pour la Liberté !
– Bref, c'est une mauvaise idée, commenta Daxter, un peu paniqué.
– Tout juste, Dax. Il faut absolument que l'on renforce notre armée et l'ouverture de la Forteresse est une première étape. En second, je pense à investir la section des égouts se trouvant sous notre quartier pour la transformer en usine d'armement.
– Bonne idée, ça permettra de sécuriser tous les accès possibles tout en réapprovisionnant nos troupes, approuva Ashelin. D'ailleurs, les Metal Heads sont toujours présents au nord de votre section ?
– Négatif, on pourra donc récupérer une partie des débris pour notre effort de guerre. Mais aucune troupe n'y est établie pour l'instant : la Forteresse reste prioritaire.
– Qu'est-ce que tu as pour nous, du coup ? Questionna Jak.
– T'en fais pas, Jak, j'ai quelque chose pour toi et Daxter. Keira, explique-leur.
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La tête de Torn disparut pour laisser place à celle de Keira. Bien qu'il était monochrome et ne laissait pas paraître les expressions faciales à la perfection, Jak sentit que son amie était réconfortée de les savoir en vie.
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– Jak, Daxter ? Content de vous revoir, les gars ! Exprima Keira, enjouée. Vous nous avez fait une belle peur quand vous avez sauté de l'aérotrain !
– Ouais, c'était une grosse frayeur, Jak, pesta Daxter. Mais on a assuré, comme toujours.
– Tu nous connais, ce n'est pas une chute libre ou une invasion qui va nous arrêter, s'amusa Jak. Alors, qu'est-ce qu'on peut faire pour faire pencher la balance en notre faveur ?
– C'est assez simple, vous allez comprendre : avec le nouvel accès à la Forteresse, expliqua Keira, on s'est aperçu que son réservoir principal contient encore quelques centaines de litres d'éco noire. Bien que l'on ne puisse pas encore descendre jusqu'à ce niveau, nous sommes assurés d'avoir une réserve d'énergie pour la suite des opérations militaires. Le souci, c'est que même avec les dégâts lourds qu'a subi la structure, l'éco se fait toujours pompée par le Mur Protecteur !
– Vraiment ?! L'interrompit Ashelin, surprise par la nouvelle. Je pensais que le Mur n'était plus fonctionnel, depuis que la destruction du Palais l'a percé du côté est…
– Ça aurait dû être le cas, reprit Keira, mais la Centrale n'est plus connectée au Mur Protecteur et n'a donc pas pu gérée l'interruption de la consommation. En tout cas, c'est l'hypothèse la plus probable. Le Mur de la ville continue donc de pomper l'éco pour maintenir le bouclier à quinze pour cent de sa capacité, mais le débit d'éco est plus important qu'il ne devrait l'être.
– Il y a des fuites ? Demanda la beloutre, interloquée.
– Et pas que, continua Jak. Les Metal Heads tirent une partie de l'éco du Mur grâce à leur nid. Quand on se rend à l'Abriforêt, on ne peut pas louper les espèces de veines qui s'enfoncent dans la paroi métallique.
– Vous avez tous les deux raisons, confirma la jeune demoiselle. L'éco parvient à la fois jusqu'à la zone industrielle et la section ouest depuis le réservoir principal. Il faut donc que vous coupiez l'alimentation de ces parties du Mur.
– Bah, pourquoi vous ne le coupez directement à la source ? Demanda à nouveau Daxter.
– Il y a des réservoirs secondaires, répliqua Keira. Si la Forteresse ne fournit plus d'énergie, ces derniers se brancheront automatiquement pour subvenir à la coupure. Pour éviter ça, vous allez devoir accéder aux panneaux de contrôle des sections concernées et couper manuellement l'alimentation principale.
– Une équipe d'ingénierie spécialisée est en route et vous attendra devant l'entrée du bar, précisa Torn, dont la tête réapparut à la place de celle de Keira. Selon nos estimations, la réserve d'éco du Port est toujours intacte et pleine à ras-bord. On a déjà du mal à tenir face aux assauts intérieurs, donc je serai plus rassuré si on pouvait éviter les attaques en provenance de l'extérieur du Mur.
– À moins que les Thanatorobots ne récupèrent la fréquence du bouclier, s'inquiéta Ashelin.
– Aucun risque à ce niveau, Ashelin, répondit Torn. Depuis que l'on a transféré la fonction d'activation du Mur au QG nord, on contrôle le signal de cette fréquence. Et lorsque la section de la zone industrielle ne sera plus alimentée, ils n'auront aucun moyen pour connaître les nouvelles fréquences. Jak, tu devras couvrir les ingénieurs chargés des modifications. Ils ont une petite escorte, mais les panneaux de contrôle se trouvent très près des territoires ennemies. Donc, faites gaffe une fois déployés.
– On fera attention, c'est promis, confirma Jak.
– Parfait. Une dernière chose : on a capté un signal de basse fréquence en provenance du nord de la ville, mais on ignore d'où il provient exactement. On vous recontactera lorsqu'on aura du nouveau.
– Rien d'inquiétant, j'espère… Dit Daxter.
– Même chose ici, répondit Torn, mais je tiens à écarter toutes sortes de risques, peu importe leur nature. Torn, terminé.
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Jak délaissa la table de communication alors que l'hologramme disparut. Il se dirigea vers l'une des caisses d'armes restantes et fit le plein de munitions tandis que Daxter admirait un Pulvérisator accroché au mur. Quant à Ashelin, elle vérifiait quelques informations, manipulant lentement la table circulaire. Le jeune homme fit signe à son ami de remonter sur son épaule, puis il se dirigea vers la sortie. Néanmoins, avant de sortir, il posa quelques questions au gouverneur.
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– Qu'est-ce que tu prévois de faire ? Demanda-t-il sur un ton calme.
– Si Torn veut renforcer nos territoires, alors je dois m'assurer que le Port puisse accueillir des défenses supplémentaires, répondit-elle calmement. De plus, avec l'arrivée des tanks, il faut que je réorganise les patrouilles et que j'optimise au mieux la stratégie globale.
– D'accord, on ne va donc pas te gêner davantage.
Il s'apprêtait à sortir complètement du bar, mais elle l'interpella de vive voix, sur le ton le plus sérieux qu'il ait entendu de sa part.
– Écoute, Jak. Pour ce qui s'est passé dans le Désert, je souhaite que ça reste entre nous. Et qu'on n'en reparle plus jamais, d'ailleurs, annonça-t-elle d'une voix gênée. La situation actuelle est déjà assez compliqué comme ça, je ne veux donc pas me rajouter une pression supplémentaire inutile. Ça vaudra mieux pour nous deux et pour les autres. Sinon, bonne chance pour votre mission, les gars.
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Le dialogue terminé, Jak quitta enfin le bar. Ashelin avait sans doute raison, pensa-t-il, que ce n'était pas utile de revenir sur un détail aussi futile en ces temps troubles. Avec cette histoire bouclée, ils pouvaient enfin se concentrer sur les problèmes du moment. Comme Torn le leur avait dit, un aérotrain atterrit aux abords du quai, en face de la devanture du Naughty Beloutre. La porte arrière s'ouvrit pour laisser apparaître quatre soldats debout, dont l'un d'eux débarqua pour leur parler.
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– Monsieur, je suis le sergent Edge, déclara le soldat en effectuant un salut militaire. Le commandant nous a affecté à vous dans le cadre de la mission lié au Mur Protecteur.
– Hum, entendu, répondit Jak, un peu gêné par cette présentation. Combien de sites doit-on atteindre pour effectuer les modifications ?
– Quatre, au total, tous situés sur des zones sensibles. On se trouvera en hauteur sur les toits, mais on sera au plus près des positions ennemies.
– Il n'y a pas moyen de faire autrement ? Demanda Daxter.
– Négatif, monsieur. Tous les panneaux de contrôle sont situés à l'intérieur de la ville et leurs emplacements sont stratégiques.
– Très bien, reprit Jak. Dans ce cas, allons commencer par celui qui se trouve près de la section des Metal Heads.
– C'est un choix particulier, Jak, ou tu aimes les dangers à tout-va ? Questionna Daxter sur un ton sarcastique.
– Bah, quoi ? Il faut bien commencer quelque part, Dax.
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Sans plus tarder sur le quai, les trois hommes montèrent à bord du véhicule. Il partit en direction du toit de l'entrepôt accolé au Mur Protecteur, non loin de l'entrée du nid des Metal Heads. Tout le monde descendit et partit en direction de leur premier objectif. Sur le chemin, Jak vit que les ingénieurs étaient équipés d'un jet-pack et d'une petite caisse rectangulaire noire, qu'ils portaient dans leur dos. Quant au second soldat, il n'avait rien de particulier, hormis le fait qu'il semblait éviter de croiser le regard du jeune homme. Les toits étant plats, ils avancèrent sans encombre jusqu'à arriver au rebord opposé. Là, ils durent se laisser tomber deux mètres plus bas sur la plate-forme suivante avant d'atteindre le troisième et dernier toit. Si les ingénieurs montèrent dessus sans souci grâce à leur engin de propulsion, Jak et les deux gardes furent obligés d'escalader la plaque métallique ondulée. En haut, ils remarquèrent que la place pour se mouvoir était plus limitée et qu'ils étaient particulièrement visibles si quelqu'un – ou quelque chose – se décidait à lever les yeux depuis l'allée. Les gardes de l'escorte s'agenouillèrent donc et se répartirent aux extrémités du toit. Jak, quant à lui, regarda les ingénieurs se mettre à l'œuvre : près du panneau recherché, dont les contours étaient facilement remarquables sur la partie inférieure du Mur, ils posèrent à terre leurs boîtes noires et les ouvrirent pour en sortir une grande visseuse jaune et noire, une clé avec une tête hexagonale et un ordinateur portable renforcé. L'un d'eux retira le panneau après l'avoir dessoudé avec le premier outil, l'enfonçant et l'activant tour à tour dans les quatre encoches visibles. Une série de circuits étranges accouplée à des tuyaux devinrent alors accessibles. Ils se mirent au travail en branchant l'ordinateur à ces circuits et en effectuant des manipulations informatiques. De temps à autre, l'un des ingénieurs prenait la clé et l'insérait dans un embout de tuyau, vissant ou dévissant au besoin.
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Dans la rue, en contre-bas, l'activité était relativement calme. Quelques Grunts patrouillaient, dévorant au passage les cadavres de leurs partenaires morts au combat. Ils n'osèrent cependant pas avancer au-delà de l'angle de la rue, le blocus de la Ligue ayant prouvé son efficacité quelques instants plus tôt. Et au grand bonheur de l'équipe, ils ne remarquèrent pas leur présence. Deux minutes plus tard, lorsque les deux ingénieurs eurent terminés leur tâche, ils remirent le panneau et rangèrent leurs outils. Ils présentèrent chacun un pouce levé vers le ciel, puis tout le monde repartit en direction de l'aérotrain. Descendus du toit, Jak et les deux soldats durent faire la courte échelle pour remonter sur le premier. Néanmoins, celui qui ne voulait pas croiser son regard le poussa d'un geste vif sur le côté droit alors que le sergent Edge lui proposait de monter en premier. Ce dernier lui donna l'élan malgré tout, priorisant la mission, puis ce fut au tour de Jak. Lorsqu'il atteignit le rebord, il se hissa puis tendit la main droite au sergent, qui sauta pour l'attraper et monta à son tour. Ils se dirigèrent finalement vers l'aérotrain qui les récupéra, puis il les transporta de l'autre côté du Port, sur le toit de l'entrepôt opposé au premier sur le plan de la ville. L'architecture des bâtiments étant identique, ils firent exactement le même chemin qu'auparavant, au détail près que la section ennemie était la zone industrielle des Grena-Thanatorobots.
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Pendant tout le long de ce trajet, Jak avait senti peser sur lui un regard insistant du garde qui le méprisait. S'il l'avait ignoré au début de la mission, la tension avait grimpée d'elle-même après sa bousculade. Mais ce n'était pas le plus préoccupant pour l'instant Lorsque les ingénieurs eurent commencés les modifications une fois le second panneau retiré, un groupe de cinq Hovergardes rouges apparut dans les airs, en provenance du nord. Ils firent feu sur l'équipe de soldats, qui répliquèrent en tandem avec Jak, le Blaster dégainé. Les Grenats volants n'esquivèrent pas tout le temps et rataient la plupart de leurs tirs, ce qui n'était pas le cas des défenseurs bleus. En revanche, au fur et à mesure qu'ils éliminaient les unités adverses, de nouvelles arrivèrent, toujours plus nombreuses et accompagnées de Sentinels. Pendant le combat, Jak remarqua que le duo d'ingénieurs était à l'abri des tirs et qu'en fait, c'était lui et les deux autres soldats – en plus de Daxter – qui étaient visés. Il ordonna donc un repli sur le toit précédent où ils pourraient plus facilement esquiver les tirs. Quittant la petite plate-forme, ils profitèrent du plus grand espace pour mieux se déployer et bouger quand c'était nécessaire. La stratégie fonctionna une trentaine de secondes, jusqu'à ce que l'horizon proche soit complètement couvert d'Hovergardes. Par chance, le blocus allié remarqua le déploiement Grenagarde et avança les deux tanks postés, ainsi qu'une dizaine de soldats, pour effectuer un tir de barrage dévastateur. Dans un premier temps désorganisés par ce renfort inattendu, les robots survivants redirigèrent leur attaque sur la formation au sol, laissant Jak et ses coéquipiers tranquille. Cela faisait maintenant plus de trois minutes que les ingénieurs travaillaient sur les circuits du Mur. S'ils n'avaient pas bientôt fini leur boulot, ils allaient finir par se faire déborder par l'arrivée incessante d'unités aériennes.
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Heureusement pour eux, après une dizaine de secondes passées, le duo remballa enfin les outils, fermèrent le panneau et partit en trombes avec leur jet-pack en direction de l'aérotrain. Jak ne leur en voulut pas vraiment, la situation des lieux étant devenue alarmante. Le sergent Edge fit remonter son compagnon en premier pendant que le jeune homme les couvrait, puis les deux hommes restants réitérèrent leur première escalade. Au pas de course, ils regagnèrent le véhicule tandis que le blocus, ayant aperçu leur repli, reprit sa position initiale tout en continuant de nettoyer le ciel. Remontés à bord de l'aérotrain, ce dernier décolla en direction du sud et passa au-dessus du Mur Protecteur. Un événement se produisit alors : le haut de la barrière scintilla d'une couleur bleue, et ce jusqu'aux piliers proches des panneaux de contrôles modifiés. Quelques seconde après, un flash de lumière fit disparaître ces étincelles et Jak crut voir une barrière transparente pendant un bref instant, partant de l'extrémité du Mur et montant jusque haut dans le ciel. Puis l'aérotrain descendit au niveau de l'eau et contourna la ville par l'est pour rejoindre le Ghetto. Pendant ce court temps de trajet, Jak remarqua un détail supplémentaire sur la tenue des soldats qui s'occupaient de la défense : chacun d'eux possédait un insigne distinct sur leur écharpe jaune. Celui du sergent Edge était une barrette dorée rectangulaire, aux coins arrondis et accrochée verticalement. Quant au soldat haineux, il s'agissait de deux barrettes argentés, ayant la même forme et mise côté-à-côte. Le jeune homme connaissait assez peu les distinctions de la Ligue, mais cela devait avoir son importance pour que ces gardes les porte en permanence. À vrai dire, sans formation militaire – bien qu'il n'en ait jamais vraiment eu besoin – et ne travaillant qu'avec Daxter en tant que soldat indépendant, il ne s'était jamais intéressé à l'organisation que la Ligue pour la Liberté avait adoptée.
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Arrivé dans le Ghetto, l'aérotrain se posa près de l'ancienne localisation de la planque des Souterrains. L'équipe descendit et se mêla au reste de l'armée présente, que Torn et Samos supervisaient du côté de la Forteresse. L'un des ingénieurs s'adressa alors au reste de l'équipe.
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– Le prochain panneau de contrôle est situé sur le toit d'un de ces bâtiments en ruines. Vous n'aurez pas besoin de nous défendre, notre position sera couverte par les hauts immeubles.
– Tant mieux, répondit Daxter. Et ici, au moins, nous avons tous les renforts possibles !
– Si ça me permet de respirer de l'air non pollué par cet éco-dégénéré, alors tant mieux aussi, rétorqua le soldat haineux.
– Officier Stevans ! Exclama le sergent Edge tout en le pointant de l'index. Arrêtez tout de suite vos conneries et rompez.
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Sans discuter davantage, le garde quitta la formation et alla s'asseoir un peu plus loin sur une pile de caisses posée à terre. Les deux ingénieurs décollèrent en direction du toit indiqué et ne furent plus visibles. Seuls restaient Jak, Daxter et le sergent, alors que les autres soldats de la zone s'activaient énergiquement pour la sécuriser et amener tout le matériel possible en provenance de la Forteresse. Le soldat Edge expira un grand soupir en regardant l'officier Stevans, puis il se tourna vers Jak, qui avait fini par exprimer son mécontentement intérieur par un visage énervé.
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– Monsieur, je peux vous parler franchement ?
– Au point où on en est, je ne pense pas que ça fera une grande différence, pesta Jak.
– C'est ce sujet que je souhaite aborder. Quand je vois ce que vous avez fait auparavant, tous les risques, les morts et les résultats successifs qui nous ont conduit à ce moment, je me dis que vous n'auriez jamais dû sauver ces gens…
– Que… ? Pardon ? Déchanta le jeune homme, qui s'attendait à un lynchage supplémentaire. Comment pouvez-vous dire ça ? Vous n'êtes pas en train de protéger ces gens-là, justement ?
– C'est ce pourquoi j'ai signé en rejoignant l'armée. Mais quand il s'agit de remettre notre survie à une personne qui en est capable et qui s'en permet les moyens, les haineux et les simples d'esprit se rangent du même côté pour abattre les sauveurs de votre catégorie. De mon point de vue, vous ne méritez pas cette haine. N'en déplaisent qu'aux jaloux de votre succès et de vos capacités.
– Et pour cette histoire « d'éco-dégénéré », quel est votre avis ? Demanda Daxter sur un ton aussi énervé que son partenaire.
– Vous avez été emprisonné de force et contraint aux expériences du Baron Praxis, répondit Edge. S'il vous traite de cette manière, c'est uniquement parce qu'ils ont peur de vous, rien de plus. C'est plus facile pour eux de vous rejeter plutôt que chercher à comprendre...
– Donc, vous êtes de notre côté ? L'interrogea Jak.
– Haha ! Non, il n'y a pas plusieurs côtés, monsieur, ria Edge. Nous sommes tous du même bord ; je suis seulement plus compréhensif que la majeure partie de mes camarades. Pour être exact, je ne refuse pas le coup de main que vous nous apportez, surtout maintenant.
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En réalité, si Jak était revenu à Abriville, c'était surtout pour récupérer les affaires qu'il avait laissé derrière lui lors de son exil par Veger. Il y serait éventuellement retourné pour aider ses amis à reconstruire la ville, mais Spargus était devenu son nouveau foyer. Il ne possédait pas encore sa propre maison, mais les renégats l'avaient accueilli comme l'un des leurs, et non pas comme une bête de foire ou un soldat efficace. Mais maintenant qu'il en était rendu là, il se sentait une obligation pour arranger les choses. Non pas par devoir envers la Ligue, Torn, Ashelin ou le reste de ses amis, mais parce que lui et Daxter pouvaient faire la différence. Pourtant, une partie de lui voulait lâcher cette responsabilité et rester en retrait. S'étant calmé, il reprit la conversation sur un ton neutre.
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– Et que pense vos camarades de votre avis ?
– Que je suis cinglé de vous faire confiance, pour la plupart. Les autres restent neutres au possible. Il n'y a que quelques ex-Souterrains et un ou deux anciens Grenagardes qui vous apprécient aussi.
– C'est toujours bon à savoir, conclut Daxter.
– Bref, vous n'avez plus beaucoup de supporteurs en ville. J'espère juste que les autre, civil comme militaire, ne vous planteront pas au plus mauvais moment. D'ailleurs, on dirait qu'ils ont terminé leur travail ici…
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Levant la tête, Jak vit qu'effectivement, les deux ingénieurs descendaient des airs pour rallier le véhicule. Tout le monde remonta à bord, puis il se dirigea vers la dernière position, plus au nord d'Abriville. Le sergent présenta alors les risques.
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– Pour le quatrième et dernier panneau, il faut que l'on se rende dans les ruines du Stade, dans le cul-de-sac nord, pas loin de l'entrée principale. D'après les éclaireurs envoyés là-bas, les Metal Heads ont quitté la zone où nous nous rendons, mais ils n'ont pas pu vérifié l'intérieur du bâtiment. Le pilote va nous déposer au sud-est de la section. On se rendra à pied jusqu'au cul-de-sac. Vous rejoignez le panneau et faîtes votre boulot fissa, puis on repart aussi vite qu'on est venu. Si on subit une attaque, nos options de repli seront très limitées et nous n'aurons aucun renfort sur ce coup-là. Donc, faites gaffe à vos fesses une fois sur place !
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Le briefing terminé, l'aérotrain atterrit à l'endroit prévu, non loin du premier escalier de la section, où Jak et Daxter étaient passés la veille pour rejoindre les Catacombes, déposa l'équipe et repartit immédiatement en direction de l'extérieur de la ville. Comme Edge l'avait annoncé, les Spyder Gunners et les Mantis qui occupaient le chemin n'étaient plus présents. Ils purent donc accéder au lieu recherché rapidement. Pour une nouvelle et dernière fois, les ingénieurs usèrent leur jet-pack pour atteindre le toit de la structure, laissant en plan leurs trois protecteurs en bas. Le chemin que Jak avait ouvert avec son pouvoir noir l'était toujours et celui-ci put constater que l'endroit était aussi vide que leur point d'arrivée. L'officier Stevans resta dans l'allée principale, tandis que Jak et Edge s'étaient postés en haut de l'escalier qu'ils avaient empruntés. Le soleil, quoique haut dans le ciel, éclairait à peine, des nuages gris le recouvrant de plus en plus. Le vent se leva brusquement et le temps allait très probablement se dégrader encore. Alors qu'une minute s'était écoulée, Jak prit la peine, par précaution, de descendre les marches pour scruter l'allée dévastée. Sur les premiers instants, il ne vit que les ruines des murs de pierre et de béton effondrés, ainsi que ce qu'il restait de la tour-pilier du Palais qui était tombée de ce côté de la ville. Mais en se concentrant davantage, il crut percevoir du mouvement au loin. Il tira alors un coup au hasard avec son Blaster en direction d'un tas de gravats, et eût la surprise de voir un Cloaker apparaître dessus, tombant à cause de l'impact du projectile.
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Jak eût à peine le temps de crier « Embuscade ! » qu'une multitude de projectiles noirs, en provenance du sud, vinrent dans sa direction. Il se mit à couvert de justesse derrière le mur accolé à l'escalier, puis il changea le Blaster en Tournoyeur. Edge descendit à son tour les marches, s'agenouilla et engagea le combat à son tour. Mais la différence avec tous les autres soldats que Jak avait pu voir en action jusqu'à maintenant, ce fut sa prodigieuse précision. Toutes les créatures qu'il visait se faisaient constamment toucher, et il esquiva aussi vite les projectiles noirs qu'il appuyait sur la gâchette de son arme sans échouer une seule occasion. Mis en déboire par le soldat, les attaquants encore debout se mirent à couvert là où ils le purent tandis que ceux qui étaient tombés sans mourir se redressaient à la hâte. Jak en profita pour lancer une soucoupe, qui partit en direction des Metal Heads et commença à lâcher ses rafales de tirs téléguidés, achevant les blessés et mutilant davantage ceux qui arrivaient. Lorsqu'elle fut à court de munitions, il sortit de sa cachette, prit son Vulcanoshooter et balaya tout ce qu'il voyait devant lui. De son côté, Edge s'occupait de débusquer les ennemis camouflés. Si leur tactique improvisé fonctionna un petit temps, ils durent l'abandonner lorsque des Flying Spiders arrivèrent par les airs et apportèrent à leurs alliés un feu aérien nourri. Cela permit ainsi à de nouvelles troupes de Cloakers, de Rapid Gunners et même de Spyder Gunners d'entrer en scène dans la zone. Les deux compères se replièrent du côté de l'escalier, débordés par l'afflux ennemi soudain. Daxter suggéra alors une idée à son ami.
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– Jak, ça te dit de leur envoyer un petit coup de Supernova ?
– Désolé, Daxter, mais Torn m'a demandé de lui remettre ce mode un peu avant le discours des Précurseurs.
– Quoi ?! Mais pourquoi tu le lui as rendu ? Demanda de vive voix Daxter, complètement hystérique. Ça nous aurait super utile, là, tout de suite !
– Cette arme était expérimentale, Daxter. Sig ne le savait pas au moment où il l'a prise au QG, mais les ogives n'étaient pas complètement stables…
– Attends, ça veut dire qu'elles auraient pu exploser à n'importe quel moment ?
– Oui, entre autre…
– En tout cas, je n'ai jamais vu une telle organisation de la part des Metal Heads, rajouta Jak. Sergent, vous confirmez ?
– Affirmatif, monsieur, répondit Edge. Habituellement, c'est plutôt une tactique des Grenats. Et comme ils ont rompu avec eux, c'est très étonnant de leur part.
– Alors, quoi ? Il auraient eux aussi un nouveau leader, un genre de Metal Kor bis ? Questionna Daxter, apeuré.
– Aucune idée, Dax, et on ne va pas s'attarder sur place pour leur poser la question.
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Il s'équipa de son RPG plasmique et lança quelques bombes sur les Metal Heads qui avançaient prudemment sur leur position. Edge profita de cette contre-attaque pour rejoindre le haut de l'escalier afin d'avoir une bonne vue sur l'allée inférieure. En bonne posture pour du tir de précision, il couvrit à son tour Jak qui quitta son abri et rejoindre le fond de l'allée supérieure. Il demanda en hurlant combien de temps ils devaient encore tenir, ce à quoi l'un des ingénieurs répondit haut et fort « Vingt secondes, tout au plus ! ». En revanche, l'absence de l'officier Stevans le mit en rogne. Passant par la petite ouverture pour rallier le chemin vers l'entrée du Stade, il vit alors le soldat manquant tirant en l'air en direction des Flying Spiders, avec moins de précisions que le sergent Edge. Ces dernières atterrirent une à une au sol sur la plate-forme voisine, bloquant l'accès au reste des ruines. Pacificateur en main, il tira quelques sphères d'électricité pour éliminer ces redoutables araignées géantes, qu'il n'avait pas vu depuis son intrusion dans le nid de Metal Kor. Enfin, Edge les rejoignit au pas de course.
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– Ils sont trop nombreux, s'excusa le sergent essoufflé. Et de ce qu'on peut voir ici, il en arrive encore…
– Apparemment, ils n'ont pas aimé qu'on leur coupe le courant, commenta Daxter.
– On allait se faire déborder à un moment ou un autre, sergent, reconnut le jeune homme. Mais ils sont plus efficaces que d'habitude, et ça m'inquiète pas mal… Edge, appelez le pilote de l'aérotrain et dites-lui de venir nous chercher ici.
– Et concernant nos camarades planqués en hauteur, monsieur « lèche-bottes » du commandant ? Immisça l'officier Stevans sur un ton désinvolte.
– On ne les abandonne pas ! Planquez-vous dans l'aérotrain si ça vous chante, rétorqua le Jak, énervé. On s'occupera de votre supposé travail.
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Si les Metal Heads n'étaient pas si proches, Jak aurait continué à se lâcher contre son détracteur. Concentrant sa rage sur les Cloakers qui passaient l'ouverture, lui et ses compagnons les retinrent jusqu'à ce que l'aérotrain tant attendu descendit du ciel et se posta en contre-bas, juste au-dessus du vide. La porte arrière ouverte, l'officier Stevans s'y replia immédiatement, laissant en plan Jak, Daxter et Edge. En fin de compte, les ingénieurs descendirent à leur tour de leur position jusqu'au véhicule, couverts par le trio. Mais l'un d'eux se fit toucher et tomba au sol à mi-chemin du groupe des défenseurs et des Metal Heads. Le jeune homme et le sergent allèrent le chercher malgré les créatures qui s'acharnaient à forcer le passage, le relevèrent et le portèrent à deux. Du côté de l'aérotrain, le premier ingénieur les couvrit avec un fusil, probablement celui de l'officier fuyard, pensa Jak. Lorsqu'ils furent à bord, le véhicule quitta sans tarder la zone pour rejoindre les nouveaux quartiers. Stevans arracha l'arme des mains de l'ingénieur et attendit à la porte sans se retourner. Derrière, Jak et Edge examinaient l'état du blessé, mais ils virent que seul son jet-pack avait subi des dégâts majeurs. Quand l'aérotrain atterrit finalement près de l'entrée des quartiers dévastés, l'officier le quitta immédiatement, sans même attendre le reste de l'équipe, et se mêla au mouvement général de la zone. Torn arriva peu après, alors que Jak et les autres quittaient à leur tour l'engin volant. Les soldats le saluèrent et disposèrent, laissant le commandant avec le duo ravageur. Pendant ce temps, ce qui s'était produit avec le Mur Protecteur lorsque les deux premiers panneaux avaient été modifiés recommençait, la partie supérieure de la barrière proche s'illuminant.
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– Je vois que vous avez réussi votre mission, commenta Torn en regardant l'événement se produire. Une de mes sentinelles m'a rapporté un mouvement de la part des Metal Heads dans votre secteur ; ils vous ont rendu visite ?
– Et comment ! Répondit Daxter sur un ton réciproque. On a bien failli y passer, d'ailleurs…
– Ils étaient très organisés pour une attaque surprise, poursuivit Jak. Torn, est-ce qu'on est certain qu'il n'y avait qu'Errol qui les commandait ?
– Attends, tu suggères qu'ils auraient eux aussi un nouveau leader ?! Rétorqua Torn. J'espère que non, en toute sincérité. D'un autre côté, les Metal Heads ont une sorte de conscience collective, et on ne sait pas comment Cyber-Errol a pu tous les convaincre de le rejoindre pour sa guerre personnelle. Si on a à nouveau à faire à un Metal Heads pondeur doué de parole, alors on a un nouveau problème sur les bras !
– Humpf, tu m'étonnes ! Répondit Daxter sur un ton provocateur. Sinon, certains de tes gars ne nous portent clairement pas dans leur cœur. C'est limite s'ils ne nous tireraient pas dessus à vue…
– Vous avez eu des soucis autre que les Metal Heads pendant la mission ?
– Un officier du nom de Stevans, déclara Jak. Il n'a pas fait capoter le déroulement du plan, mais la tension était bien présente. Quand tout ça sera fini, Torn, il faudra trouver un moyen pour apaiser les esprits de tout le monde, en ville.
– Eh, Jak, la Ligue pour la Liberté est une armée, pas une agence de communication, répondit son ami sur un ton amusé. Mais vous avez raison, on doit trouver quelque chose pour calmer la majorité. Si mes propres hommes se mutinent à cause de ces histoires sur vous, je ne donnerai pas longtemps à notre camp quand les Grenats et les Metal Heads relanceront leurs assauts, qu'ils soient alliés ou non. Bon, en attendant, Keira a peaufiné l'origine du signal capté par nos radars. Il se trouverait du côté de l'ancienne Station de Pompage, au nord de la ville. Reprenez l'aérotrain, trouvez le point d'émission sur place puis remontez le signal jusqu'à sa source. Si les Thanatorobots ont une base à l'extérieur de la ville, il faut la neutraliser à tout prix.
– Et en ce qui concerne l'Usine Flottante ? Demanda Jak.
– Toujours inactive au niveau de la production de robots. J'ai envoyé quelques soldats pour remettre en état les défenses anti-aériennes. S'ils y arrivent, les Grenats devront s'en passer s'ils veulent éviter de se faire tirer dessus par leurs propres tourelles… Par contre, on ignore toujours pourquoi elle flotte encore. Mais chaque chose en son temps, comme dirait Samos. On se recontacte plus tard, les gars.
– De toute façon, je ne vois pas comment la situation peut empirer, rajouta Daxter alors que Torn s'en retournait vers le quartier général.
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La réponse à sa remarque ne se fit pas attendre : l'orage qui menaçait Abriville et ses environs depuis un moment avait fini par éclater. La beloutre prit un air blasé, alors que Jak étouffa du mieux qu'il pouvait un fou rire intérieur. Tandis que la pluie s'abattait dans les rues, ils quittèrent à leur tour le secteur, rembarquant dans l'aérotrain pour rejoindre leur prochaine destination.
