Bonjour à tous,

Voilà le premier chapitre. J'espère qu'il vous plaira et vous donnera envie de connaitre la suite. Je rappel que je posterais tous les samedis pour cette fic. N'hésiter pas à laisser une review, positive ou négative peu importe, tant que c'est constructif. C'est motivant et souvent de bon conseil.

Lune Pourpre: Eh bien quel enthousiasme, ça fait plaisir à voir! Il ne me reste plus qu'à me montrer à la hauteur :)

lamissdodie: Merci du compliment, tu me diras si la suite est aussi intéressante.


Chapitre 1

.aléatoire au niveau de l'arrivée, quelle que soit la puissance du sorcier activant le sortilège de Lacus Anima Mea. Il est bon de noter les risques de…

Harry soupira en se frottant les yeux. Peu importe le nombres d'ouvrages qu'il lisait, il ne trouvait aucune précision sur ce sort. Il n'en avait que les grandes lignes, et c'était ça son problème. Il ne savait pas comment le rendre plus précis, ni comment réduire les risques encourus. Le prix à payer pour utiliser une telle magie était trop grand, pourtant…

Avec un mouvement lasse, Harry repoussa l'épais volume. Il se mit debout pour étirer ses genoux et jeta un regard autour de lui. Il pouvait tourner la situation dans tous les sens, il ne voyait pas d'autre solution. Après un peu plus d'un an à errer comme une âme en peine, à chercher un sens à sa survie, à étudier cette nouvelle société, à se cacher comme un lépreux… Il n'avait sincèrement plus envie de continuer. C'était soit ce sort, soit…

En tout honnêteté, il n'avait pas fait tant d'efforts pour intégrer la société actuelle. Il n'avait pas tenté de se créer une nouvelle identité, n'avait pas approcher le moindre être vivant à moins d'y être obliger, et il vivait comme un sauvage au milieu de la Forêt Interdite. Il était resté à l'endroit même de son réveil, avec l'espoir dévastateur que tout ça n'était qu'un cauchemar. Comme-ci rester là allait le ramener auprès des siens.

Il claqua de la langue, refusant de se morfondre de nouveau. Il le faisait déjà la moitié de la journée, alors il devait se mettre un coup de fouet et bouger. Manger ne lui ferait pas de mal, et se laver non plus. Il fronça légèrement le nez face à son hygiène corporelle, même chez les Dursley il était plus propre et mieux habillé.

Mais encore une fois, à quoi bon ? La seule chose qui le faisait avancer était la possibilité de retourner chez lui, alors pourquoi prendre le risque de s'attacher à de nouvelle personne ?

Le pire de tout, quand il allait dans le monde sorcier, était de voir l'état dans lequel il était. Harry faisait tout son possible pour éviter ça. Pas parce que le monde avait sombré dans le chaos comme on aurait pu le penser, non. C'était le contraire. Les rare fois où le Survivant y était allé, pour voler des livres ou un nouveau pantalon, il avait été happé par la joie des passants.

À son époque la population n'avait jamais dégagé une telle paix. Et c'était insoutenable pour lui. Au nom de quoi s'étaient-ils battus ? Au nom de quoi étaient-ils morts ? D'après ce qu'il avait découvert depuis sa résurrection, il pouvait répondre à ces deux questions par un seul mot : Rien. Toute cette guerre pour rien !

Les méthodes de Voldemort étaient brutales et sanguinaires, sa folie était avérée, mais voilà : l'idée de fond avait été la bonne. La société sorcière se portait mieux que jamais, florissante, grandissante. Même la magie semblait s'épanouir. La Forêt Interdite était plus luxuriante, les créatures plus nombreuses. Une véritable torture pour Harry.

Alors, après quelques mois de déprime et d'inaction, il avait cherché un moyen de repartir à son époque. Juste pour revoir ceux qu'il aimait, c'était tout. De toute façon que pourrait-il faire d'autre ? Vivre ici lui était impossible, il devenait fou peu à peu, il en avait conscience. Mais une fois chez lui, comment agir ? De nouveau se battre ? Non, il avait découvert que son camp était dans l'erreur, du moins dans l'idée.

Penser à tout ça lui donnait mal au crâne. Il étudierait ses possibilités plus tard, si le sort fonctionnait.

Son estomac se rappela à lui, l'obligeant à partir chasser. Il attrapa sa lance improvisée et se mit en marche. Voilà un nouveau problème qu'il n'avait même pas chercher à résoudre : il n'avait plus sa baguette depuis son réveil. Il avait d'abord pensé que ce serait un obstacle, et pour sa survie, et pour repartir à son époque. Mais non, il avait appris à connaitre sa magie, assez du moins pour utiliser la magie sans baguette de base. Et il avait appris à chasser comme les moldus, même s'il n'avait pas de fusil. Les premiers temps avaient étés durs. La faim l'avait fait souffrir, et l'exercice physique n'avait jamais été son point fort. Courir à droite et à gauche après un repas galopant avait été une épreuve.

Et petit à petit il avait appris. Le sens du vent pour cacher son odeur. Les endroits où poser ses pieds pour éviter de faire du bruit. Choisir la bonne proie. Et dans la Forêt Interdite, mieux valait savoir ce qu'il y avait face à vous. Des créatures magiques. Pas de lapin. Pas de sanglier. Non, il devait chasser des animaux qui pouvaient le tuer assez facilement.

Harry ricana tout seul en y repensant. Il était devenu un vrai Tarzan. Se cacher des prédateurs tout en poursuivant les proies. Vivre sans toit, en pleine nature. Il était plus grand qu'avant, plus musclé, et paradoxalement, plus sec. Ça faisait un bail qu'il ne s'était pas vu dans une glace, mais pas sûr qu'il se reconnaisse. Il avait tout du sans-abris moldu. Même pas un t-shirt. Sans doute était-il devenu un tantinet asocial aussi. Il n'ouvrait la bouche que rarement. Ouais, il était temps qu'il rentre chez lui, quoi qu'il y fasse, ou alors il finirait par devenir un habitant à part entière de cette forêt, un animal.

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13 Mai 2055. Bientôt deux ans qu'il était là. Mais il ne resterait pas un jour de plus. Il avait enfin réuni tous les éléments nécessaires au rituel. La tâche n'avait pas été simple, et il avait presque renoncé, tenaillé entre sa raison et son envie. L'envie avait gagné cette partie.

N'ayant pas de contenant, il avait creusé un trou dans le sol pour mélanger les ingrédients. Il ne savait pas si ça influerait sur le déroulement du sortilège, il priait Merlin pour que ce ne soit pas le cas.

Une fois tous les préparatifs en place, Harry leva la tête vers le ciel, fermant les yeux. Le doute subsistait. Il avait la volonté, il avait l'espoir, mais il avait aussi la peur. Lacus Anima Mea était un rituel de magie noire. Un rituel dangereux et hasardeux. Et malgré ses réticences, le Survivant avait dû se faire une raison : c'était le seul moyen en sa possession pour repartie en son temps.

Harry avait fait un choix, celui du sacrifice. Mais cette fois, il le faisait pour lui, et pour lui-seul. Le sortilège le renverrait au moment voulu, si sa conviction et son envie étaient assez fortes, et elles l'étaient. En échange, le sorcier cédait une partie de son âme. Il avait vu ça un peu comme un horcruxe et aurait pu rire de l'ironie si le dégoût n'était pas si présent.

Ce n'était pas tout. Harry reviendrait à son époque, oui, mais il existerait en même temps que son double. C'était une entrave aux Lois de la Nature, et il en paierait le prix : son espérance de vie allait être amputé de moitié. Enfin…D'après ce qu'il avait compris des mises en garde.

Donc s'il résumait les choses : il allait sacrifier son âme et une partie de son espérance de vie. Tout ça pour vivre au même endroit que ceux qu'il aimait, sans pouvoir être avec eux puisqu'un autre Harry Potter serait présent. Cerise sur le gâteau : le rituel n'avait qu'une chance sur deux de fonctionner, et s'il échouait, c'était la mort.

Il baissa de nouveau la tête vers la mixture noirâtre dans le trou de terre. Un rire légèrement hystérique lui échappa. Son « chaudron » était aussi misérable que lui. La folie avait sans doute fait sa place dans son esprit pour qu'il ait envie d'essayer le Lacus Anima Mea. Renoncer à une vie de sauvage solitaire et dépressif pour une vie raccourcie de solitaire sans âme. Deux magnifiques perspectives pour un magnifique Survivant.

Il se racla la gorge et entama le chant magique qu'il avait appris par cœur. Ses cordes vocales, trop peu utilisées, le faisaient presque souffrir mais il les ignora. Ce n'était qu'un vague désagrément au milieu de cette flamme d'espoir qui gonflait dans sa poitrine. Sa vision se troubla, mais il garda la même concentration, inébranlable. Une douleur aigüe le faucha mais il sourcilla à peine, perdue dans sa récitation. Et quand il eut fini et qu'il ouvrit les yeux, il ignora de nouveau sa souffrance pour hurler de joie, faisant fit du danger.

Il était de retour. Il était à l'exact endroit de son départ, dans la forêt. Mais ces arbres sombres, ce vent glacial, cette impression de danger…C'était sa Forêt Interdite, pas de doute.

Ça ne lui prit que quelques secondes pour s'effondrer, inconscient. La douleur et la consommation d'énergie avaient eu raison de lui sans qu'il ne s'en rende compte. Quelle importance avait un morceau d'âme en moins ? Quelle importance avait une espérance de vie plus courte ? Quelle importance avait la situation dangereuse dans laquelle il était ? Il s'en fichait comme de sa première dent ! Tant pis pour son âme, tant pis pour sa vie, tant pis pour sa localisation suicidaire : il était chez lui !

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Harry reprenait son souffle tout en frottant le sang séché sur ses mains. C'est la faim qui l'avait réveillé, et c'est tout naturellement qu'il avait chassé. Un sourire un peu fou flottait sur ses lèvres, signe de son euphorie. Il ne s'était pas sentit aussi vivant depuis deux ans.

Il ne commença à réfléchir à la suite qu'après son repas. Allongé dans la mousse au pied d'un arbre, il laissait ses pensées se bousculer. Selon toute logique, la première chose à faire était de se créer une nouvelle identité. Harry Potter entamait sa cinquième année à Poudlard en ce moment même, il devait donc dire adieu à ce nom. S'il voulait bien agir, il devrait faire en sorte que ce qui lui était arrivé ne se reproduise pas.

Pour ça il devait comprendre ce qu'il s'était passé. Pourquoi était-il revenu à la vie, et pourquoi 55 ans après sa mort. Mais il ne savait pas comment résoudre ce mystère. Un autre de ses objectifs était d'arrêter la guerre, savoir ses amis morts l'avait anéanti, les voir mourir n'était pas une option. De nouveau un problème se présentait : comment faire comprendre aux sorciers que les idéaux de Voldemort étaient en grande partie bons ? Et comment pousser le Mage Noir a user de manières moins radicales ?

Quand il cherchait un moyen d'arriver à ses fins, une seule chose lui venait à l'esprit. Un seul nom. Celui de la personne qui était, à ses yeux, la plus intelligente et juste : Albus Dumbledore.

Harry grognant en se frottant la tête. Encore des soucis. Comment expliquer la situation au directeur ? Un mensonge serait détecté, déjà parce que Harry n'avait jamais su mentir correctement, et ensuite parce qu'il avait toujours été une bille en occlumencie. Albus, lui, était un maître en la matière.

Alors quoi, jouer cartes sur table ? C'était la meilleure solution quand on était un griffondor. Échafauder des plans complexes n'était pas de son ressort. Et le directeur le percerait à jour comme on surprend un enfant la main dans le sachet de bonbon.

Harry se redressa d'un mouvement brusque, les yeux écarquillés. À force de se morfondre sur la mort de tous ses proches puis de se réjouir d'un temps où ils étaient en vie, il en avait oublié deux détails. Il était revenu au début de sa cinquième année. Donc Albus ET Sirius étaient en vie ! Sans même réfléchir plus en avant, porter par le besoin de revoir le directeur et son parrain, il se mit à courir en direction du château. Il n'était même plus capable de raisonner. Il volait presque tant sa course était effrénée.

Un peu plus à droite. Encore quelques centaines de mètres. Maintenant on longe la lisière, cacher dans les ombres. Un coup d'œil lui assura l'absence de vie humaine dans le parc à cette heure avancée. Pliant les genoux pour prendre son élan, il se propulsa en direction des grandes portes. Habitué à la pénombre, il évitait le moindre petit obstacle.

Une fois le battant entrebâillé, il se permit une pause. Il gardait l'esprit focalisé sur son objectif, tout en déployant tout l'instinct qu'il avait développé pour surveiller les alentours. Pas de Rusard, pas de Hagrid, pas de professeurs. La voie était libre. Il referma la porte en douceur, évitant tout bruit superflu.

Il se remis à courir, silencieux comme un chat, oubliant ses pieds nus gelés par la pierre. Encore un étage. Trois couloirs. Deux. Un. Il s'arrêta pile devant la gargouille, retenant son souffle pour se faire le plus discret possible. Et maintenant ? C'était quoi le mot de passe à cette époque ? Ah oui, il ne l'avait jamais su puisque le directeur l'avait ignoré cette année-là. Peu importe. Une solution, vite. Il était à découvert, n'importe qui pouvait le voir. Quelqu'un faisant une ronde, un elfe de maison faisant le ménage… Mais oui, un elfe !

« Dobby. »

Son chuchotement lui apparut comme un hurlement dans les couloirs vides de tous sons. Le pop sonore qui suivit fût pire.

« Maitre Harry Potter, Monsieur m'a… »

Une fois encore, Harry avait oublié un élément. Il avait vue Dobby mourir. Il l'avait enterré. Et le voir apparaitre devant lui eut l'effet surprenant de faire couler des larmes sur ses joues. Juste des larmes. Pas de sanglots ou de nez qui coule. Une manifestation si simple de sentiments si compliqués.

Et l'elfe était figé face à lui, la bouche ouverte. Ah oui, nouvelle omission. Un Harry Potter habillé d'un unique jean troué, sale, sans lunette, les cheveux plus ou moins longs et emmêlés, et plus vieux devait être un choc.

Une parfaite illustration du griffondor irréfléchi fonçant tête baissé. Oups.

La suite bientôt…