Bonjour à tous,
Voici le second chapitre, j'espère qu'il vous plaira, et vous plongera dans une totale incompréhension ;)
lamissdodie: Bonne nouvelle, tu auras la réponse dans ce chapitre. Mauvaise nouvelle: ça va soulever encore plus de questions :P
Yukii27: Fin du suspens :)
Bonne lecture!
Cens'
Chapitre 2
Ses mains lui faisaient mal. Vraiment mal. Du sang s'écoulait des coupures sur ses doigts et ses paumes l'élançaient, probablement cassées au moment de l'impact. Ses mains avaient été sa seule défense lorsque Dobby l'avait attaqué. Une défense bien maigre contre la magie d'un elfe de maison. Mais finalement ce n'était pas cette douleur qui le clouait au sol en ce moment même, c'était celle de son cœur.
Pourquoi Dobby l'avait-il attaqué ? Il n'y avait eu aucun avertissement, aucune somation, juste une grande déflagration dirigé vers lui.
Le Survivant ne laissait filtrer aucune émotion sur son visage, pour la simple et bonne raison qu'il ne savait pas laquelle était la plus forte. La désillusion ? La tristesse ? La colère ? Le désespoir ? À quoi bon être revenu si c'était pour se faire attaquer ?
L'elfe ne l'avait pas pris pour un intrus puisqu'il avait dit « Harry Potter » en arrivant, donc il s'était montré hostile en toute connaissance de cause. Cette conclusion était définitivement très blessante.
Harry se releva en grognant et se dirigea vers la rivière qu'il savait à proximité, prenant garde à ne rien toucher avec ses mains. Il devait nettoyer les plaies. Il devait chasser pour se nourrir. Il devait dormir. C'étaient là les seules actions qu'il avait l'habitude de faire depuis deux ans, et les appliquer lui permettrait de ne penser à rien.
Ne pas penser à Dobby et son attaque. Ne pas penser à la possibilité que les autres fassent de même. Ne pas penser à la raison de tout ça. Ne pas penser au fait que ses choix jusqu'ici pourraient être des erreurs. Ne penser à rien. Laver. Chasser. Manger. Dormir.
C'était plus facile à dire qu'à faire. Chasser avec les mains dans cet état était une utopie. Donc pas de repas pour ce soir et certainement pour les jours à venir. Il lui était également impossible de dormi à cause du maelstrom d'émotion le traversant. Pour couronner le tout, Harry venait de réaliser que s'il ne pouvait pas chasser, il ne pouvait pas se défendre non plus, ce qui le mettait dans une situation assez dangereuse.
Assis dos à un arbre, à l'abri entre les épaisses racines, il tendait l'oreille pour repérer le moindre bruit suspect, signe de la présence d'un éventuel prédateur. S'il avait le cœur à ça, il aurait pu rire de sa situation. D'abord esclave résidant dans un placard, il était devenu soldat dans un dortoir, pour finir seul et blessé au fond d'une forêt. Son cœur balançait franchement entre ses rôles, surtout en sachant que chacun d'entre eux était dénué de sens puisque dans le futur la société sorcière se portait comme un charme, et ce, sans son intervention. Magnifique. Que ce soit Merlin ou un foutu Dieu moldu, ou n'importe qui d'autre pour ce que ça pouvait lui faire, celui qui gardait un œil sur lui depuis son nuage devrait avoir honte de son propre humour.
Avec un soupir, Harry perdit peu à peu sa concentration, emporter par la fatigue. La dépense de magie engendrer par le rituel se faisait toujours sentir, et la cavalcade pour échapper à Dobby avait fini de le rincer. Il se fit tout de même la remarque qu'il avait eu de la chance que l'elfe choisisse d'abandonner sa poursuite quand il était entré dans la Forêt Interdite.
C'est sur cette dernière pensée qu'il sombra, une boule d'angoisse ne quittant pas sa gorge.
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Harry souleva le plus discrètement possible la trappe pour sorti du passage secret. En pleine semaine, sans aucun étudiant dans les rues, la cave de la boutique était complètement silencieuse. Il profita de ce fait pour s'assurer de sa solitude et se mit à fouiller dans les cartons et boites entreposés négligemment. Il lui fallait une cape, ou quelque chose s'en approchant. Il avait besoin d'aller à Londres, à Gringotts, mais le faire en jean et torse nue attirerait bien trop l'attention, sans compter que son visage devait impérativement être couvert.
Le Survivant se félicitait d'avoir pris la peine, par le passé, de recopier les notes d'Hermione sur les cours d'Histoire de la Magie. Certes ça ne parlait que des gobelins, mais c'était aujourd'hui une véritable bénédiction. Grâce à ça, il savait que depuis les innombrables guerres, entre les Sorciers et la Nation Gobeline, les créatures étaient très secrètes à propos de leurs affaires. Et les clients faisaient partie intégrante des choses qu'ils n'ébruitaient pas, et avouons-le, ça allait lui faciliter grandement la tâche.
Peut-être que dans ce temps il n'était plus Harry Potter, le futur Lord Potter, mais son sang restait celui de la famille, il serait donc reconnu comme propriétaire des comptes. En partie. Il l'espérait.
Mettant de côté les aspects hasardeux de son plan, le brun continua ses recherches pour finalement trouver son bonheur. Un bonheur sale, puant et troués, mais en forme de cape, donc il ferait avec. De toute façon sa propre odeur ne devait pas être très loin de celle du tissus…
Maintenant qu'il était fin prêt, il devait attendre le prochain train pour se glisser dedans. Sans baguette et sans argent, il n'avait que la clandestinité comme alliée, et il en avait tellement pris l'habitude qu'il aurait peut-être agis de la même façon, même avec une bourse pleine de pièce en poche. Ce n'était pas très éthique, mais il se fichait royalement des convenances dans sa situation.
Ce n'est que 4h plus tard qu'il arriva enfin devant la banque. Entrer sur le Chemin de Travers avait été une épreuve, pour ne pas changer, puisque qu'appuyer sur les briques avec sa baguette, sans baguette… Bon, ça le faisait travailler son contrôle sur sa magie, il devait voir le bon côté des choses… Qui essayait-il de convaincre ? La lassitude se battait contre la colère. À quel moment de sa vie il avait merder au point de mériter tout ça ?
D'un pas raide, il entra dans le hall et fonça droit sur un guichet libre. De toute évidence, en période scolaire et pendant les heures de travail, peu de personne venait dans l'antre des gobelins.
« Bonjour. »
Sa voix éraillée eut le mérite d'attirer l'attention du guichetier immédiatement. Impeccable, il sautait la scène je-te-laisse-poiroter-stupide-vermine. Par contre ça ne rendait pas la créature plus avenante.
« C'est pourquoi ? »
« J'aimerais voir un conseiller…En privé…S'il vous plais ? »
Le sourcil hausser du gobelin et son sourire narquois tendirent un peu plus les nerfs de Harry. Oui il était hésitant, et quoi ? Ça faisait des lustres qu'il n'avait pas engagé une discussion avec d'autres êtres vivants, et celle-ci s'annonçait longue et pénible. Le brun serra les poings, ignorant l'élancement des coupures qui n'étaient pas entièrement cicatrisées.
Le gobelin étira un peu plus son sourire, sans doute fier d'énerver le sorcier, et le guida dans les boyaux de la banque jusqu'à une porte ouverte qu'il lui indiqua.
« Ici. »
Et il partit sans rien ajouter, laissant derrière lui un Harry stressé. Le brun entra dans le bureau, omettant volontairement de saluer son occupant, dans un comportement typique d'enfant mécontent, et s'assit sur le fauteuil face au meuble central.
« Je n'ai pas le souvenir de vous avoir invité à entrer. »
Nom de... ! Bien, il ne devait pas laisser son tempérament gagner cette partie, il avait besoin que ce gobelin soit coopératif et ce n'était certainement pas en l'insultant qu'il obtiendrait gain de cause.
« Excusez-moi, je suis un peu…surmené récemment. » Doux euphémisme si on lui demandait son avis. « J'ai besoin de savoir si j'ai accès à mes coffres. Et j'ai besoin de la garantie que mes affaires resteront entièrement privées. »
Les doigts crochus tapotèrent la surface de bois avant que la créature ne réponde. D'un mouvement négligé de la main, le gobelin ferma la porte du bureau avant de prendre la parole.
« Ce qui se passe ici ne sont les affaires que de vous et moi. Bien entendu, pour tout problèmes épineux, je m'attends à une certaine contrepartie. »
Comme l'avait dit Hagrid, dans un passé qui paraissait presque imaginaire, les gobelins sont très intelligents. Harry pouvait rajouter fourbe et avare à la liste de leurs qualités.
« J'en prend note et ferais mon possible pour vous satisfaire. »
« C'est parfait. Je me présente, je suis Warbok et je serais votre interlocuteur, Mr… »
Avec un souffle fragile, Harry abaissa sa capuche. Si on omettait Dobby, cela faisait 2 ans qu'il n'avait plus montrer son visage à une autre personne.
« Harry Potter. »
Le brun regarda le gobelin se figer instantanément. Les pupilles de la créature étaient rétrécis au maximum et sa main avait attrapé sa baguette dans un geste mécanique. Quoi ? Etait-il devenu si laid que le premier réflexe logique quand on le voyait était de l'attaquer ?
Warbok, toujours aussi tendu, lâcha son arme et se mit à farfouiller frénétiquement dans les tiroirs de son bureau, gardant un œil méfiant sur son client. Il n'avait jamais vue ça, jamais. Avant de réfléchir à quoi faire, il devait vérifier l'identité du sorcier, et vite. Le temps n'était vraiment pas de leur côté.
Mettant enfin la main sur ce qu'il voulait, il contourna le meuble et s'approcha du brun en hésitant. Que diable, il était un guerrier, pas un poltron. D'un mouvement assurer il tendit le parchemin devant lui, sous le nez de Harry, et ordonna :
« Une goutte de sang. Vérification d'identité. »
Harry, déboussolé par le comportement du banquier, s'exécuta. Lorsque le sang toucha le papier, celui-ci émit une douce lumière dorée qui s'estompa rapidement. Warbok retourna rapidement à sa place et posa le parchemin sur le bureau religieusement. Il ne lui fallut qu'une minute pour couiner et mettre sa tête en étau entre ses deux mains, les yeux fixés sur le document. Par toutes les Déités, quelle était cette situation ?
Dans toute l'histoire de la Nation Gobeline, ce n'était jamais arrivé. On parlait de ça comme une légende, on se murmurait cette possibilité, on la brandissait comme un avertissement, et voilà que ça arrivait vraiment ?
Warbok releva les yeux sur son client et l'analysa. Harry Potter, puisque c'était bien lui, semblait un peu perdu, et franchement misérable avec toute cette crasse et ses habits miteux. Pourtant son visage…Le gobelin en avait froid dans le dos. Sans doute que le sorcier ne s'était pas vue depuis un moment puisqu'il ne semblait pas du tout complexé. Et s'il était présent ici, dans son bureau, alors il ne devait pas se douter une seconde de ce qu'il se passait.
« Bien, Mr Potter… Je crois que la première chose à faire est de vous donner un miroir. »
Hein ? De quoi parlait le gobelin ? Il était vraiment si laid que ça ? Il savait qu'il était un peu négligé… Très négligé, mais ce n'était pas une raison pour se comporter ainsi. Quand la créature lui tendit l'objet, il soupira et jeta un coup d'œil dedans avant de porter de nouveau son attention sur son interlocuteur. Voilà, il s'était vu alors maint… Harry écarquilla les yeux et ne bougea plus, les billes vertes perdus dans celles noires de Warbok.
Il avait rêvé n'est-ce pas ? Il n'avait pas bien vu ? Il n'avait plus ses lunettes alors… Fermant les yeux fortement, priant pour que se cauchemar ne soit… et bien, qu'un cauchemar, il remit le miroir face à lui et desserra doucement les paupières.
Sa poigne se relâcha et la glace se brisa au sol. Entourant son abdomen de ses deux bras, Harry se recroquevilla. Encore ? Encore une punition ? Mais pourquoi ? Qu'avait-il fait pour mériter tout ça ? À ce compte-là, il aurait préféré mourir avec ses parents et laisser toute cette merde aux autres.
Il ne savait pas ce qu'il était, mais une chose était certaine : il n'était plus un humain. Ça expliquait l'hostilité de Dobby, ça expliquait la méfiance et la peur de Warbok, et… ça expliquait même pourquoi aucune créature de la Forêt Interdite n'était venu le boulotter.
Par Merlin, que se passait-il à la fin ? Est-ce que tout ça avait un sens ? Un but ? Sa descente aux enfers avait-elle au moins une raison d'être ?
Une puissante vague de sentiment négatif le faucha et l'éjecta dans l'inconscience. Harry eut juste le temps de voir le gobelin tendre un bras vers lui pour le rattraper avant de sombrer totalement.
Warbok, Harry Potter sur une épaule, sortit de son bureau et s'enfonça plus profondément dans les tréfonds de la banque. La situation ne lui permettait pas de garder le secret sur les évènements. Il devait prévenir les Hobgobelins immédiatement et organiser une réunion extraordinaire pour mettre les choses en place. Ça allait changer beaucoup de chose dans le monde magique, si les légendes étaient réelles.
À eux de décider de la meilleure solution : chercher un moyen pacifique de coopérer ou tuer le Harry Potter encore humain avant que tout cela ne se produise.
La suite bientôt…
