Bonjour à tous!

Le chapitre 3 arrive, et avec lui quelques réponses. J'espère que l'histoire continuera de vous plaire.

lamissdodie: Je suis contente que l'histoire te plaise. Pour ce qu'est devenu Harry, ce chapitre amène une réponse. Pour son apparence, on reste dans le flou :)

Yukii27: Ton enthousiasme est toujours aussi agréable! On est samedi!

Guest: Tant mieux si la base te plait. J'espère que ça continuera sur cette voie.

Bonne lecture à tous, et à samedi prochain.

Cens'

Chapitre 3

Warbok avançait vers la salle du Conseil, suivit par le… Non, même le penser lui faisait froid dans le dos... suivit par Harry Potter. Les Sages s'étaient réunis en urgence en entendant l'histoire du banquier, inquiets au-delà de l'imaginable. Tous, sans exception, espéraient que tout ça n'était qu'une vaste supercherie, un canular organiser par n'importe quel imbécile.

Le temps que Warbok face son rapport, il avait laissé le brun dans une sorte de boudoir un peu morbide. À son réveil Harry avait eu l'impression d'être dans un cachot, les murs de pierre, les grilles par lesquelles filtraient les lumières…Mais en y regardant de plus près, il avait remarqué qu'il était allongé dans un canapé rouge très confortable, qu'il aurait qualifié de romain, et qu'aucune porte ne l'empêchait de sortir. Quand le gobelin était venu le chercher pour éclaircir la situation, il avait compris que la salle de son réveil faisait partie d'une grotte immense, lui rappelant les entrailles de la banque.

Harry n'était pas entièrement idiot et avait déduit qu'il était au cœur de la Nation Gobeline, dans leur lieu de vie. Maintenant il lui fallait résoudre un mystère : pour quelle raison se trouvait-il ici ? Même en fouillant sa mémoire il ne se rappelait d'aucun écrit relatant le fait que ces créatures avaient accepté la présence d'un humain dans leur domaine. Bon ou mauvais signe ?

Il arrêta de se poser des questions quand il entra, à la suite de Warbok, dans une grande pièce au allure de tribunal. Cinq gobelins immenses se trouvaient sur des sièges surélevés placés en arc de cercle. Le reste de la pièce n'était composé que de bancs sculptés dans la pierre faisant face aux trônes. Dans tous les murs Harry pouvait apercevoir des gravures mouvantes, des combats, des scènes de vies, toutes représentant des gobelins.

Son attention se focalisa sur celui qui siégeait au milieu et qui se leva pour le fixer de ses yeux noirs. Le brun reconnu la lueur dans son regard, la même que Dobby, la même que Warbok, de la méfiance…Presque de la peur. En y repensant, avec sa nouvelle apparence, même lui ne voulait plus croiser son reflet, et il espérait que cet entretient lui permettrait de trouver des solutions à tous les problèmes qu'il cumulait joyeusement.

« Je suis Teckis, Hobgobelin faisant partie du Conseil des Sages de ma race. Mes compagnons possèdent le même titre et participeront à cet échange. Vous êtes bien Harry Potter ? »

« Euh oui, oui, c'est bien moi. »

Harry était un peu intimidé, il découvrait que les gobelins avaient un véritable système de hiérarchie basé sur une sorte de royauté multiple. Et il venait papoter avec eux… Franchement impressionnant et légèrement angoissant.

« Bien, je laisse les autres se présenter. »

Pendant qu'il se rasseyait, chacun des 4 autres hobgobelins se présenta. En partant de la gauche Harry pu retenir : Jarya, Moldur, Teckis, Lonkro, Paksa. Deux femelles aux extrémités et trois mâles au centre. Le brun ne savait pas si ça avait une signification particulière mais ça lui permettait de les différencier plus facilement. L'apparence des femelles était…assez virile.

« Savez-vous pourquoi vous êtes ici ? »

Teckis allait mener le dialogue apparemment.

« Je suppose que c'est en rapport avec…ça ? » Harry se pointa lui-même du doigt.

« Exact. Quand Warbok nous a donné son avis sur la situation, j'avoue avoir été sceptique. Mes collègues l'étaient également. Mais en vous voyant… »

Le Sage se gratta le menton en fronçant les sourcils, contrarié. Le banquier avait raison. Il faudrait vérifier bien entendu, et étudier sérieusement ce qui avait mené à une telle situation, mais rien qu'en voyant le sorcier…Non, l'ancien sorcier, la conclusion sautait aux yeux. Les légendes n'en étaient pas.

« Écoutez, je ne comprends rien à tout ça. Vous savez pourquoi je suis devenu comme ça ? Que s'est-il passé ? C'est une malédiction ou un truc du genre ? »

Harry ne prêtait pas attention à son langage, il avait besoin de réponses et il les voulait maintenant.

« Warbok. »

« Oui, Sage Teckis. Mr Potter, je me chargerais de vous éclairer. Par où commencer… J'y suis. Connaissez-vous l'origine des Détraqueurs ? »

« Quoi ? Non, enfin… Je ne vois pas le rapport… »

« Répondez simplement à ma question. »

« Non, je ne sais pas. C'est des créatures magiques non? Même si on ne sait pas si elles meurent ou se reproduisent. »

« C'est faux. Je commencerais donc par là. »

Le gobelin fit quelque pas et prit place sur l'un des bancs, incitant Harry à faire de même.

« Il existe une légende qui se murmure. Il est dit qu'à une époque lointaine, avant les temps de Merlin, ce monde n'était que chaos. Toutes les races assez intelligentes pour se battre se menaient une guerre sanglante. Sorciers, moldus, gobelins, centaures, sirènes… Tous sans exception. Et c'était chacun pour soi, chaque espèce se battait pour elle-même, tuant sans distinction tout représentant d'un autre peuple. »

Warbok fit une légère pause, laissant le temps à l'image d'un tel massacre de s'imprimer dans l'esprit de Harry.

« Ce chaos a duré plus d'un siècle, et rien ne changeait. Le monde pourrissait à vue d'œil. C'est alors qu'un jour, au milieu d'un champ de bataille, une nouvelle race serait apparue. Ils étaient très peu nombreux. D'après la légende ils ne furent que 7 à avoir été aperçus. Toujours selon ces histoires, chacun des représentants de cette race possédait une puissance écrasante, que ce soit physique ou magique. Ils n'avaient qu'un but : Tuer tous les guerriers. Tous ceux qui se battaient dans cette guerre furent annihilés. »

Harry fronça les sourcils alors que Warbok reprenait un souffle tremblant. C'était bien beau toute cette fable, mais ça ne faisait en rien avancer son problème.

« Les survivants de cette époque aurait donné un nom à cette race : les Kanthoalai. Ce qui signifie littéralement « destruction ». Personne n'a jamais réussi a en tuer un seul. On les disait indestructibles et immortels. Ils ont simplement choisi un jour de se laisser mourir. Aucun détail ne décrit ce moment, mais ils ont simplement disparu. Ils n'auraient laissé derrière eux que deux choses. La première est un message disant « Entretenez la paix pour garantir notre absence, nous vous laissons un cadeau pour vous aider. ». La deuxième est le cadeau en question : les Détraqueurs. Des êtres intemporels, indestructibles, dont le seul but est d'avaler tout espoir chez les êtres vivants qu'ils croisent. On s'en sert de nos jours pour punir les criminels, ce qui correspond bien au message laissé par les Kanthoalais. »

Harry haussait les sourcils maintenant. Celui qui avait inventé cette histoire était plutôt malin, parce que ça correspondait parfaitement à la nature des Détraqueurs. Tout de même un peu agacé, le brun prit la parole.

« D'accord, mais je ne vois toujours pas… »

« J'y viens. Dans notre peuple, nous nous servons de cette histoire pour éduquer les enfants. Ça permet de les dissuader de se comporter de façon violente gratuitement. Ça leur donne une ligne de conduite. Effacez ce sourire narquois Mr Potter, je sais qu'avec toute les guerres que nous avons menées, ce n'est pas très crédible. Mais je vous rappelle que ce sont les sorciers qui ont engagé le conflit à chaque fois. »

Harry perdit immédiatement son sourire. Oui les sorciers pouvaient se montrer un peu racistes…

« Je trouve assez ironique que nous nous soyons servi de cette légende pour nous guider. Ça pourrait presque en être drôle. »

« Je ne comprends pas. »

« Bien sûr que vous ne comprenez pas. Vous n'êtes finalement encore qu'un enfant. Mais les guerres se succèdent. Chez les moldus. Entre gobelins et sorciers. Même chez les autres espèces il se produit des conflits fréquents. En résumé, le même schéma se met en place. Je suppose que vous-savez-qui est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. »

Super, il ne pigeait toujours pas où voulait en venir le gobelin. Warbok, captant l'air perplexe d'Harry, se leva et s'approcha de lui. Dans un geste maitriser, il pointa son long doigt griffu droit sur le visage d'Harry.

« Le parchemin où vous avez mis votre sang a confirmé que vous êtes bien Harry Potter. Mais la ligne vous désignant comme humain et sorcier n'existe plus. Elle vous désigne comme un Kanthoalai. »

Les yeux grands ouvert, Harry intégrait l'information. C'était quoi ce délire ? C'était absurde. Plusieurs choses ne concordaient pas. D'après la légende, les Kanthoalais étaient une race n'apportant que destruction, et il n'avait aucune envie de massacre ou autre. Il n'avait aucune force herculéenne, ni de magie démentielle. Il s'en sortait tout juste avec une lance pour chasser et réussissait à peine à allumer un feu sans baguette. C'était complètement illogique. Les trois seules choses bizarres qui le concernait était sa manie de ne pas mourir, allant même jusqu'à se réveiller 55 ans plus tard, son voyage dans le temps pour revenir, même si le rituel en était la cause, et enfin sa nouvelle apparence.

Ce bout de papier avait simplement eu un raté. Il n'était pas une sorte de Dieu du génocide, fallait pas pousser non plus. Sa vie était déjà bien assez grandiose, alors n'allons pas jusqu'à la rendre légendaire. Au nom de Merlin, qu'on le laisse souffler.

Avec une petit rire nerveux, Harry se passa une main dans les cheveux. Il avait dû faire un truc vraiment horrible dans sa vie antérieure. La voix de Teckis le sortie de ses pensées.

« Cette idée nous paraissait folle à nous aussi. Mais en vous voyant… Vous ne devez pas sentir vous-même ce que vous dégagez, mais je vous assure que c'est vraiment…Noir. Il y a cependant plusieurs choses qui ne coïncident pas, comme votre absence d'hostilité. C'est pour cette raison que j'ai une proposition à vous faire. Ce sera du donnant-donnant. Nous voulons étudier et expérimenter votre nouvelle condition. Savoir comment c'est arrivé, pourquoi, quand et si c'est réversible. C'est là que vous y gagnez : si nous résolvons le mystère, peut-être pourrons-nous inverser le processus. Je précise cependant que ce n'est pas une promesse. Il n'y a aucune garantie que nous puissions vous aider. C'est un pari. »

Hilarant. Un pari. Donc sa solution était de parier sa vie ? C'était le pompon. La boule d'angoisse qui avait grossi depuis sa rencontre avec Dobby explosa. Une main agrippée à sa pseudo-cape, Harry laissa un gémissement lui échapper. Il ressentait la même chose que 2 ans plus tôt, lorsqu'il avait réalisé qu'il était seul dans un futur inconnu.

Ça lui prit une dizaine de minute pour reprendre le dessus et récupérer un semblant de calme. Réfléchir à ses options fut rapide. Il n'avait aucun choix. Il allait devoir miser sur les gobelins et leurs connaissances.

Relevant la tête, Harry planta ses yeux verts dans ceux de Teckis.

« J'accepte. »

« Très bien. Nous allons commencer par vous rendre une apparence humaine, pour que vous puissiez déambuler dans ce monde sans provoquer l'hystérie. Ensuite nous devront vous créer une identité et vous fournir tout ce qui est relatif à un sorcier lambda : logement, baguette, compte. Vous ne serez pas retenu ici, je vous demande simplement de venir lorsque nous vous le demanderons et de nous tenir informé de toute évolution de votre condition. Nous ignorons comment fonctionne le Kanthoalai et si vous en êtes bien un, nous ne sommes donc pas à l'abri d'une croissance éventuelle de vos…pulsions néfastes. Est-ce que ça vous va ? »

Et bien il n'avait rien à redire. Les gobelins lui fournissaient la possibilité de vivre plus ou moins normalement, et une hypothétique solution s'il coopérait correctement.

« Oui ça me va. »

C'est Paksa, la femelle tout à droite qui se leva en prenant la parole.

« C'est entendu. Je vous demanderais de bien vouloir me suivre. Nous allons commencer à chercher un moyen de vous rendre apparence humaine. »

Harry emboita le pas de Paksa sans un regard en arrière. Il ne savait pas ce qui lui arriverait par la suite, ne savait pas comment il allait gérer tous ces changements, et il ne savait pas s'il serait capable de faire face jusqu'au bout. Mais pour le moment une chose était sûre : il allait devoir faire confiance au Conseil des Sages.

La suite bientôt…