Bonjour à tous!
J'espère que cette suite vous plaira.
TeZuKa j: Merci pour la review. J'espère que la suite sera à la hauteur!
Bonne lecture,
Cens'
Chapitre 5
Severus retenait de toute ses forces un soupir malvenu. Ça casserait son masque parfait d'insensibilité, ce qui était le problème majeur, et ça pourrait froisser son interlocuteur, ce qui était le problème mineur. Le Maitre de potion se fichait bien des état d'âme du gobelin, mais il avait besoin de gagner le plus de temps possible. Se faire mettre dehors signifierait un échec, et Severus refusait de faire face aux conséquences d'une telle bévue.
Si on lui avait dit un jour qu'il serait agent triple, qu'il devrait effectuer trois missions en une, pour le compte de trois Maîtres différents, et bien… Ouais, il y aurait cru. Il avait toujours été un homme compliqué, se complaisant dans des situations inextricables. Il se nourrissait de ces moments, il ne s'épanouissait qu'en ces instants. Alors, oui, en réalité la situation n'avait rien de surprenant.
Le seul élément hors norme était qu'il n'avait qu'une seule de ses missions réellement à cœur. Il tenait à la réussir, et ce pour une bonne raison : Harry Potter. Il haïssait ce gamin, ça aucun doute. Pourtant, s'il y avait bien un être dans ce foutu monde capable de lui apporter autant de situations compliqués que possible, c'était bien ce gosse. C'est au contact du gamin que Severus pouvait exprimer tout son potentiel, et c'était une raison suffisante pour vouer une partie de sa vie à ce petit con.
Oh et il vouait la seconde partie de sa vie au Septième, ce qui au bout du compte faisait de lui l'homme de Potter. Le Septième… Son rôle était le plus important parmi Eux. Ils avaient chacun leur propre statut au sein du groupe, une responsabilité bien définie, et celle du Septième…
Severus manqua presque de sursauter –sursauter !- quand le gobelin abattit sa main caleuse sur son bureau tout en le fixant méchamment.
« Vous demandez audience mais n'écoutez aucun de mes mots. Mr Snape, je vous pensais plus avisé. »
« Nous en étions aux propriétés se trouvant au Caire, sur les rives du Nil. Coupez ainsi notre discutions, je me demande lequel de nous manque de jugement. »
Le gobelin plissa les yeux, mécontent. Il aurait mit… Non, il mettrait sa main à couper que le sorcier ne l'avait même pas écouté. Entendu oui, mais pas écouté. De toute façon, cette conversation ne menait à rien, n'avait aucun but. Ils parlaient pour parler, ce qui avait tendance à énerver le gobelin. Sa race aimait l'efficacité, pas les pertes de temps.
Severus se permit un sourire ironique à l'adresse de la créature. Le banquier se pencha en arrière pour poser son dos contre le dossier. Bien, l'un comme l'autre savait que cet entretient n'était qu'une vaste blague. Maintenant le but sera pour l'un de garder secret le pourquoi du comment, et pour l'autre de le découvrir.
Tout à fait conscient de ça, les deux se sourirent un peu plus franchement. Cette journée devenait un peu plus excitante.
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Harry marchait tranquillement dans les couloirs, jetant des regards dans les différentes salles qu'il croisait tout en remettant ses mèches blondes rebelles en place. Le temps était long quand on n'avait rien à faire et personne à qui parler de choses futiles. Au moins dans la forêt il avait un but, et il pouvait chasser pour passer le temps. Là… Enfin, s'il était honnête avec lui-même, il reconnaissait aimer ce sentiment. C'était sans doute bizarre, mais pouvoir se permettre de s'ennuyer était un luxe qu'il n'avait plus eut depuis perpette.
Le blond tourna sur sa gauche et déboucha sur une sorte de place dont le plafond fait de pierre luisait de façon à donner l'impression d'un ciel clair. Harry restait stupéfait de cette ville gobline niché sous la ville sorcière. La banque servait d'entrée et les boyaux servait de rues. Tout un monde caché aux yeux des autres espèces.
S'il se souvenait bien de ses livres d'Histoire de la Magie, le lieu de vie des gobelins était inconnu. Personne ne savait où ils vivaient. Quelle ironie de savoir que c'était sous leur pied.
Harry soupira et croisa les deux mains derrière sa tête en flânant sur la place, admirant les vitrines, remplit ici d'armes blanches, et là d'ingrédients rares. D'humeur fainéante, le jeune homme alla s'assoir à une terrasse, au milieu de familles composées principalement de femelles et d'enfants en bas âge.
Il avait pu constater que, contrairement à ce qu'il pouvait penser, les jeunes gobelins étaient mignons. Pour des gobelins, qu'on se le dise. Clairement, l'âge n'était pas une bénédiction pour le physique des représentant de cette race. Une pensé fugace traversa l'esprit du blond. À quoi ressemblerait-il en vieillissant ? Allait-il s'enlaidir, les écailles le recouvrant de la tête au pied ? Il pouffa, tout seul assis à sa table, et les regards méfiants que les créatures posaient sur lui se transformèrent pour devenir de la pitié.
Hum…Apparemment un humain dans leur ville était mal vue, et puisqu'ils n'avaient obtenu aucune information pour justifier sa présence, ils pensaient qu'il était simplement banni de son propre monde, comme un criminel. Rire tout seul le faisait juste passer pour un lépreux fou.
Sirotant le verre de…Il ne voulait pas savoir ce qu'il sirotait, mieux valait juste en apprécier le goût, il balada son regard sur les alentours. Ses yeux balayait les lieux tranquillement, pourtant, il manqua se tordre le coup en tournant la tête rapidement vers le premier angle de la place qu'il avait regardé. Recrachant, gracieusement, sa boisson par le nez, il ne réfléchit pas un instant en prenant ses jambes à son coup.
La seule chose qui comptait maintenant était de fuir. Sortir d'ici le plus vite possible. Traverser les couloirs à toute jambe ne lui demanda aucun effort, ce qui n'aurait pas manqué de le surprendre s'il avait prit le temps de le remarquer, mais il n'avait jamais été gracieux et était incapable d'éviter tout les gobelins qu'il croisait. Il en bouscula certain, arracha son bras de la poigne de ceux qui tentaient de l'arrêter et continua sa course folle vers la banque.
S'il avait pris le temps de réfléchir, il aurait remarqué que personne ne le poursuivait. Il aurait compris que, de toute façon, celui qu'il avait aperçu ne pouvait pas le prendre pour Harry Potter, puisque son apparence était bien loin de l'originale. Il aurait pu se demander pourquoi et comment Greyback se trouvait sur la place centrale de la ville gobeline. Mais rien, rien, n'arrivait à filtrer à travers la terreur qui l'avait assailli à la vue du mangemort.
Une terreur née de vieux réflexe de la belle époque « Harry Potter ». Mangemort égal fuite. Point.
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Warbok, aujourd'hui de corvée « accueil » dans la banque, était à deux doigts de se taper la tête sur son bureau. Cette Molly Weasley était l'enfer avec des cheveux roux et une jupe. Quels mots devaient-ils utiliser pour lui faire comprendre que, non, quand on a pas une somme sur son compte, on ne peut pas la retirer. La femme n'arrêtait pas avec ses « pourquoi », et le gobelin avait envie de lui hurler un truc du genre « 2 et 2 font 4, on ne demande pas pourquoi, c'est comme ça ! ». Non d'une épée émoussée, que quelqu'un lui vienne en aide. N'importe qui !
Il s'en fallu de peu que ses yeux sortent de leurs orbites. Non finalement, pas n'importe qui. Tout sauf lui ! Qu'est-ce que c'était que ce bordel?! Warbok resta figé pendant 2 secondes. 2 secondes de trop à regarder Harry Potter le kanthoalai, Merlin merci avec une apparence très différente du Survivant ou du monstre, traverser le hall en courant comme si le diable en personne était à ses trousses.
Après ses 2 secondes de latence, Warbok sauta de son siège pour tenter de rattraper le jeune homme. Impossible de hurler son nom pour attirer son attention, et c'était une mauvaise idée de juste le laisser sortir, surtout dans un état si proche de la panique totale. Il vit le blond passer la porte, et en quelques enjambé il sortit lui aussi. La seule chose qu'il eut le temps de voir c'est un grand homme noir attraper le fuyard et transplaner avec.
Doux Merlin ! Venait-il de perdre un kanthoalai dans la nature ?
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Sierra regarda, avec un calme olympien, le Sixième apparaitre avec le Septième dans les bras. Elle s'adressa au grand noir, alors qu'il posait sa charge inconsciente sur l'un des tapis recouvert de coussin de la pièce.
« Aktar, tout s'est bien passé ? »
« Je n'ai pas attendu que Fenrir ou Severus ressorte. Le gamin s'est jeté dehors comme on le pensait, c'est tout ce que je sais. »
La femme hocha la tête en se levant, et s'approcha de leur nouveau et dernier compagnon. Elle haussa un sourcil interrogateur en entendant un ronflement sortir de sa bouche.
« Je l'ai endormi. J'ai pensé que ce serait mieux que de s'expliquer avec lui alors qu'il était aussi paniqué. »
« Tu as bien fait. »
Elle laissa un sourire attendrit s'afficher sur son visage pâle. Le Septième n'était encore qu'un tout jeune homme, presque un enfant à ses yeux. Le sourire se fit taquin quand elle songea à la façon dont il allait accomplir son rôle. Elle se doutait que ce serait assez divertissant quand on prenait en compte son âge.
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Severus haussa un sourcil en regardant un gobelin faire irruption dans le bureau et chuchoter à l'oreille de son banquier. Vu l'empressement de l'intrus, et le regard soupçonneux que lui jetait son précédent compagnon de jeu, il n'eut aucun mal à comprendre que l'une de ses missions était une réussite.
En sentant une légère brûlure dans son dos, il comprit que le Septième était arrivé à bon port. Parfait. Il ne lui restait que deux personnes à satisfaire : Albus et Voldemort.
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Dévoilant ses canines proéminentes, Fenrir sortit tranquillement de la ruelle dans laquelle il s'était caché pour faire sa part de boulot. La tête que le gosse avait tirée en le voyant… Il devait absolument mettre ce souvenir dans une pensive. Premièrement pour se marrer à volonté, deuxièmement pour se foutre du Septième quand l'occasion se présenterait, et troisièmement pour le montrer à Severus.
Fenrir perdit son sourire et soupira. Certes c'était marrant de faire peur au gamin, mais il allait falloir remédier à ça, ils devaient s'entendre, pas se haïr.
Une fois sûr que personne ne le suivait, il transplana pour rejoindre les autres, même s'il était persuadé que Sierra le congédierait aussi sec.
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« Fenrir, tant qu'on n'aura pas un peu parler avec Harry, le mieux serait que tu restes à l'écart, s'il te plait. »
Bah tient, quelle surprise. Il rassura la Première, qui affichait une moue désolée, d'un geste de la main, et sorti du salon pour rejoindre ses quartiers.
Sierra soumit la même demande à Aktar, pensant qu'une femme seule serait sans doute plus rassurante qu'un homme noir, géant, et au visage patibulaire. L'homme, complètement d'accord avec ça, et franchement pas à l'aise à l'idée de rassurer qui que ce soit, partit sans demander son reste.
La seule femelle Kanthoalai prit place sur les coussins, et mit la tête du Septième sur ses genoux. Elle commença à fredonner un air doux tout en caressant ses cheveux.
Sierra n'avait pas d'enfant, et elle était très loin de posséder la fibre maternelle, mais elle connaissait l'histoire de Harry Potter dans les détails, Severus ne tarissant pas d'éloges à son propos. Pourtant le Maitre des potions savait rester objectifs quand il s'agissait des conditions de vies de l'enfant. Il n'irait jamais jusqu'à compatir, la pitié étant à ses yeux une insulte, mais il reconnaissait que Harry Potter n'avait pas eu, n'avait pas, et n'aurait sans doute jamais, une vie facile.
Alors la Première était prête à faire un effort avec le petit. Il était le plus important d'entre eux, et il devait avoir un esprit fort pour agir. Sans lui, ils ne pourraient rien faire. Sans lui, rien ne changerait. Sans sa présence, ils n'étaient que des sorciers lambda.
Elle sentit Harry remuer légèrement sous sa main, cherchant un peu plus de contact inconsciemment, encore perdu dans le brouillard de cette phase entre le sommeil et le réveil. Ce n'est qu'après une poignée de secondes qu'il se figea avant d'ouvrir les yeux en grands et de fixer la brune au-dessus de lui.
Le blond ouvrit la bouche, lâcha un râle de surprise et se jeta sur le côté pour échapper à cette potentielle menace.
Sierra regarda avec fascination la position du Septième et son apparence. Les écailles, les griffes, les crocs, les pics… Toutes ses armes étaient sorties, inconsciemment au vu de son regard perdu. Il se tenait accroupi, une main au sol et une deuxième légèrement surélevée, un léger grondement sortait de sa gorge. Qu'il soit perdu ou non, il était clairement menaçant.
La Première lissa les plis sur sa jupe en souriant, ne quittant pas des yeux Harry. Oh oui, ça allait être très divertissant !
La suite bientôt….
