Cerf, cerf, ouvre-moi!
Merci pour vos reviews, je suis très contente que ça vous plaise! Alors, la suite, pour vous remercier! Je suis gentille, hein?
Disclaimer: Je ne suis toujours pas JKR, ça n'a pas changé en trois jours! Et la comptine n'est pas de moi non plus. Et oui, après tout, je ne fais qu'imaginer les pires emmerdes pour Severus, et à lui de s'en sortir!
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Expelliarmus
« Donne-moi une bonne raison de ne pas te faire sauter la tête. »
Snape lui lança un regard sombre, et James faillit s'y noyer. Son souffle était erratique. Avait-il couru ?
« Ca va laisser des traces. »
Jusqu'à où un homme désespéré est-il prêt à aller ? Le jeune homme avait peur d'apprendre la réponse. Le cynisme ne lui allait vraiment pas au teint.
« Laisse-moi entrer, Potter. Et relève vite tes protections sur la porte. Tu ne voudrais pas d'un cadavre devant chez toi ? »
Cerf, cerf, ouvre-moi ! Ou le chasseur me tuera…
Etrangement, James obéit. Il tira d'un geste brusque Snape –Snape ! Snape, le Mangemort ! L'amoureux transi de Lily ! – dans l'entrée, et repoussa la porte bruyamment avant de plaquer la silhouette noire et graisseuse contre le battant de bois. Le serpent persifla.
« Si tu t'occupais de la sécurité de ta femme et de ton gosse avant de me casser la gueule ? »
La main serrée autour de la gorge du Mangemort, James leva sa baguette vers la porte. Sort de protection, Confusion, Blocage, Dissimulation…
Il sentait le corps exténué de Snape à côté du sien, sa poitrine se baissant et se gonflant douloureusement, sa respiration hachée et grinçante. Il l'aurait achevé, rien que pour rendre service.
« Il y a des chances que Black m'ait lancé un sort de Détection. »
James cilla, ses yeux s'étrécirent et sa poigne se resserra.
«Cette foutue Lestrange ! Pas encore habitué. »
Il haussa les sourcils. Bellatrix Black, récemment Lestrange ? La cousine de Sirius ? Encore une fois, sa baguette s'éleva.
« Finite Incantatem. »
Le maléfice persista, James jura. Il murmura une incantation en runique, prononça quelques sortilèges d'Annulation, et enfin, la pression diminua.
Et enfin, il réalisa pleinement ce qui venait de se passer.
« Putain, Snape, t'as vingt secondes pour m'expliquer pourquoi tu débarques chez moi, minuit passé, chez moi, dont l'adresse n'est connue que d'une poignée de personne, avec à tes trousses, à ce que tu me racontes, une ribambelle de Mangemorts en furie –ce que tu es, par ailleurs ! »
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Il est sympa, le Potter. M'expliquer en vingt secondes ? Au diable les plans foireux de Dumbledore ! Il est temps que je prenne des vacances. Par Merlin, Le Binoclard vient de me sauver la vie ! Pour la première fois de toute son existence, il a su faire preuve d'un peu de jugeote !
« Il faut que je parle à Lily, Potter. »
Potter, qui justement, avait l'air parfaitement effrayant, avec sa baguette pointée vers lui et cette tête de déterré.
« Quinze secondes ! »
Merde, il était du côté des gentils, maintenant ! Non ?
« J'étais en mission pour l'Ordre. Potter, laisse-moi parler à Lily. Elle m'écoutera.
-En mission pour l'Ordre? –il paraissait un peu confus- Je ne te laisserai sûrement pas lui parler ! De toute manière, elle n'est pas là.
-Oui, une putain de mission de sabotage, suicidaire. »
Un sale coup de Dumbledore.
« Comment ça, Lily n'est pas là ? »
Son cœur eut un raté. Encore. Stupide crétin. Pathétique.
« T'es allé faire le kamikaze ? » s'étonna Potter, et il baissa sa baguette de quelques centimètres. Puis, son regard se durcit à nouveau. « Non. Elle est sortie. »
Conversation à deux sujets. Génial. Snape commençait à être habitué à cette manie bizarre. Putain, Dumby laisse sa trace partout où il passe !
« Appelle ça comme tu veux, en tout cas Malfoy va morfler. »
Le sourcil droit du binoclard se leva. Impressionnable, le Potter ?
« Partie où ?
- Malfoy ? C'était vraiment suicidaire. Bizarrement, j'ai du mal à croire que tu sois passé du bon côté. Etrange, non ? De ne pas te faire confiance, toi qui trainais avec Mulciber et Avery. Toi, le mage noir en puissance. »
Snape grogna. Il était un Mangemort, effectivement. Un Mangemort très bien vu de Voldemort, par ailleurs. Et voilà qu'un amour d'enfance –son premier, et dernier ? amour- se repointait, en danger de mort. Ah, sentiment, quand tu nous tiens…. Fallait la voir, la transformation à l'état de larve rampant aux pieds de Dumbledore !
« Elle est allée chez une amie. Mais d'abord, en quoi ça te regarde ? T'as perdu toutes tes chances de ce côté-là depuis bien longtemps. »
Ah. Potter le possessif et jaloux montrait son nez. Severus esquissa un rictus. Qu'il était jouissif de voir son ennemi souffrir du même mal dont lui-même avait souffert durant de longues années !
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Et, effectivement, James était possessif et un peu jaloux.
Snape arrivait chez lui comme un lapin effrayé…«Lapin, lapin entre et viens »… poursuivi par il-ne-savait-que-trop-bien-quels sadiques psychopathes, et en plus il se permettait de faire des réflexions sur Lily ! Alors, oui, il sortait ses griffes et hérissait le poil, c'était légitime, non ? De toute manière, rien ne lui prouvait encore que le graisseux était du bon côté.
« Ce n'est pas moi, le dernier mage noir en date ! Je suis un agent double. Tu la laisses sortir avec les tueurs de Moldus qui se promènent dehors !? »
Le sang de James ne fit qu'un tour.
« Comment ça, je la laisse !? C'est une femme, bordel, elle fait ce qu'elle veut, ce n'est pas un objet !
-Bien sûr que ce n'est pas un objet ! Mais ses parents sont moldus, et elle est recherchée. Qu'est-ce que tu crois qu'il va lui arriver si on la trouve ?
-Putain, c'est quoi ton problème ? » hurla le jeune homme, hors de lui. Sa baguette, pointée vers Snape fit des étincelles et le graisseux recula, pas effrayé mais prudent. « C'est pas come si son sort t'importait ! Si c'était le cas, tu serais pas devenu un foutu bouffe-cadavre !
-Bah comme tu vois, j'en suis plus un, crétin ! »
James se calma, mais sa respiration restait rapide, et il fusilla Snape du regard, se retenant de peu de lui sauter à la gorge. Merlin, qu'il le haïssait !
« Je devrais appeler Dumbledore.
-Fais ça, cracha Snape. »
James eut un temps d'hésitation en ne remarquant aucune peur ou angoisse dans les yeux de l'homme. Juste de la colère et de l'agacement. Après tout, peut-être disait-il la vérité.
« Bon, soupira-t-il. Admettons que tu n'aies pas menti sur toute la ligne… (il ignora le regard que Snape adressa au plafond) Pourquoi le professeur Dumbledore t'aurait-il envoyé en mission impossible ? »
Le Slytherin parut surpris de la question. Il haussa les épaules.
« Les voies de Dumbledore sont impénétrables. »
James réprima un sourire.
« Mais encore ? »
Snape paraissait s'ennuyer ferme. Malgré la menace de mort qui pesait toujours sur sa tête.
« Je pense qu'il espérait quand même que je survive. Un homme d'espoir, Dumbledore. Il croyait en mes talents de fuyard et de lâche, j'imagine. Il a du renoncer à son premier avis sur moi : que j'étais un cas désespéré.
-Tu ne l'es pas ? » interrogea James, très sceptique.
Etrangement, Snape sembla prendre plusieurs années.
« Plus depuis quelques temps. Des fois, le pire révèle le meilleur. »
Il parlait chinois, mais James n'osa pas demander des explications. Intimidé ? persifla une petite voix au fond de sa tête.
« Comment as-tu appris notre adresse ? reprit-il, pour retrouver une contenance.
-Je l'ai entendue, par hasard. »
La méfiance revint, plus aigüe que jamais.
« Entendue par hasard ?
-Black et Lupin. »
Par Merlin, où avait-il donc pu croiser Remus et Sirius !? Snape dut lire dans son regard interrogatif.
« Au QG de l'Ordre. »
Le doute, encore. Dumbledore lui ferait-il à ce point confiance ? Pourquoi Snape se rendait-il au QG, et participait apparemment activement à l'Ordre, sans pour autant assister aux réunions ?
A nouveau, il fut transparent.
« L'espion. Il ne faut pas qu'il sache que je suis une taupe.»
L'espion ? Le graisseux savait même qu'il y avait un espion ?
« Eh bien, tu l'appelles, finalement, ou pas, Dumbledore ? » lâcha le prétendu agent double, accusateur et impatient. Ceci dit, bonne question. L'appelait-il ? Il fallait qu'il vérifie les dires de Snape, mais d'un autre côté, il répugnait à le laisser rien que quelques secondes sans surveillance, fût-il ligoté, assommé ou même stupéfixé.
Et qu'est-ce que j'en pense, moi, d'abord ? s'interrogea James. Pas con. Qu'est-ce qu'il en pensait ? Les détails que Snape lui fournissait collaient. Il était très peu probable qu'il ait appris leur adresse dans la rue, et Dumbledore ne l'aurait pas laissé accéder au QG s'il n'avait pas entièrement confiance en lui. De plus, Snape était réellement poursuivi par des Mangemorts. S'il n'avait pas été du bon côté, Voldemort aurait été depuis bien longtemps au courant de leur cachette, non ? Mais qu'est-ce qui me dit qu'il ne va pas débarquer d'une minute à l'autre ? La peur lui saisit l'estomac, les tripes. Putain, tu sors de Gryffindor, bordel !
« J'ai une meilleure idée. Tu écris une lettre à Dumbledore, tu lui demandes de débarquer vite fait ici. Je vérifie. Un mot de travers, et si t'es pas mort, c'est que t'es pas dans un bel état. Compris ? »
Les hiboux pouvaient être très rapides. Il l'espérait. Vraiment. Quel autre choix avait-il, de toute manière ? Il n'y avait aucun moyen de surveiller les discussions par l'intermédiaire de la Poudre de Cheminette, et il était hors de question de transplaner et laisser Snape seul dans l'appartement. Apparemment, le graisseux devait être arrivé aux mêmes conclusions, car il ne rechigna pas.
Pas du tout l'attitude d'un coupable.
James se sentit un peu rassuré. Un tout petit peu.
