Blabla bête des auteurs : Et voilà le chapitre 11 ! Pas grand-chose à dire, sauf que Lilulle était très fière de son invention pour ce chapitre ! Et on espère que vous aimerez aussi ! N'oublions pas qu'elle a inventé ça dans un hôtel rempli de vieux hystériques à Noël… (Exploit s'il en est !)
Quelques petites précisions pour la suite de la fic : à l'heure actuelle, nous avons encore quelques chapitres d'avance, mais ça risque de fondre assez rapidement, car Lilulle et Ritsuko ont repris les cours, et comme chaque étudiant sait, le deuxième semestre est souvent déterminant, donc ça veut dire, moins de temps pour continuer à taper (surtout que Lukomax a d'autres fics en cours…). Mais bon dans la mesure du possible, le rythme d'un chapitre par semaine devrait se maintenir !
Concernant les citrons, nous sommes d'ores et déjà en mesure de vous annoncer qu'il s'agira d'abord d'un Ron/Hermione (Maxou-sama va bientôt s'y atteler), qui sera suivi d'un Harry/Drago (si vous êtes sages et que vous reviewez toujours, sinon…)
Et maintenant, place à la lecture !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 11
HayArtchig, Cahouète, Komintern et les autres
En pleine nuit, dans la garrigue obscure…
Elianor tenait sa baguette allumée devant elle, fermement résolue à trouver son papé. Elle savait obscurément qu'il en savait beaucoup plus qu'il n'avait voulu le dire. Son père avait trouvé après de longues recherches dans ses encyclopédies de médicomagie qu'un sort d'une telle puissance ne pouvait être brisé de la sorte, et que l'emploi du médicament à prescrire devait se faire avec le plus grand soin. Or, dans le cas du Sortilège de la Marionnette, la Liqueur d'Avatar était préconisée, de même que la Goutte de Renaissance, mais c'était les deux seules –sous peine d'aggraver le cas du désenvoûté, voire de provoquer sa mort. Le papé n'avait pas pu lui indiquer ça au hasard.
« Papé ! Ont sès ? Papé ? », appela-t-elle.
Déjà un quart d'heure qu'elle arpentait la lande, et pas de trace du chat. Elle entra dans une zone particulièrement sombre de la lande, car cachée dans l'ombre de la forteresse médiévale. Sans savoir pourquoi, elle frissonna légèrement, resserrant sa cape noire autour d'elle.
« Papé ? Papé ? Dé qué fas ? »
Un craquement retentit derrière elle, et Eli se retourna d'un bloc. Mais toujours rien n'était visible dans la lueur tremblotante de la baguette. Et soudain, elle sentit comme quelque chose qui lui agrippait le mollet. La jeune fille poussa un hurlement strident en trébuchant et tombant à terre. Elle sentit quelque chose de mouillé dégouliner le long de sa jambe. Du sang…Et brusquement, un éclair blanc aveuglant. Toute tremblante, elle se redressa, serrant dans son poing moite sa baguette, prête à faire face à son agresseur, quand elle tomba nez à nez avec…de longues moustaches blanches. Elle sauta au cou du chat :
« Papé ! J'ai cru que j'allais mourir, je crois que la tarentule de garrigue que tu cherchais depuis quelques temps m'a mordu la jambe ! »
Dans la lueur vacillante de la baguette magique, le chat eut l'air sceptique :
« Impossible que ça soit elle, je l'ai tuée tout à l'heure… », dit-il en exhibant le cadavre d'un arachnide qu'il avait jeté dans un sceau avec sa baguette magique –une sorte de morceau de bois fossilisé depuis le temps.
« Iiiiiiiiiirk ! », fit Elianor en reculant prestement.
« Je ne sais pas ce que c'est…En tous cas, la chose qui t'a attaquée avait une empreinte magique très forte, et je n'aime pas ça du tout…Montre-moi ta blessure, je vais te soigner. », continua le chat. Une fois qu'il eut cautérisé la plaie, il poursuivit : « Quelque chose d'anormal se tapit ici. Est-ce que tu n'es pas folle de sortir la nuit toute seule ? »
« En fait, je pensais te trouver assez vite… »
« Tes parents t'ont jamais dit que c'est pas une heure pour se promener pour les jouvencelles ? Petite couillonne ! »
Après l'engueulade de rigueur, le papé se décida à rentrer en compagnie de sa descendante, et elle put enfin lui parler de ce qui la préoccupait, à savoir comment il avait pu deviner quelle potion administrer à Drago, et comment il avait pu rompre le sortilège.
« À qui tu crois parler, petite couillonne ? Moi, Guilhem de Quercevalles, le plus grand sorcier de la famille ! »
« Guilhem dit 'Gugu' pour les intimes, bien sûr, hein, papé Gugu ? », railla Eli.
Après s'être pris un 'Arrête de m'appeler comme cette petite couillonne de Mélinée Astadourian', suivi du 'petite couillonne' de rigueur, le papé poursuivit :
« Pour rompre le sortilège, c'est simple, il était déjà considérablement affaibli par la protection magique de la Cacahouète au Pastis. C'est visiblement ça qui a provoqué ses malaises à répétitions : il y a une protection magique à Beauxbâtons équivalente à celle de chez nous, et le sort luttait pour exister en lui, et ça l'a achevé en arrivant ici, voilà tout. Ton père n'est qu'un bastarot (1) de première de ne pas avoir vu ça, tout Médicomage qu'il soit. Pour le reste, je n'ai eu qu'à lever le restant du sort. Et ce n'était pas très dur de deviner qu'il s'agissait du Sortilège Impardonnable de la Marionnette, car sa brutale montée de fièvre ne pouvait être due qu'à un des Trois Impardonnables. Comme je t'ai dit, la protection de la Cacahouète au Pastis est si puissante qu'elle aurait annihilé le contrecoup d'un désenvoûtement normal ; j'ai compris qu'il s'agissait d'un des Impardonnables. Et comme il n'était ni mort, ni en train de se faire torturer… »
« C'était logique qu'il soit sous le Sortilège de la Marionnette… », chuchota Elianor. Son univers s'éclairait brutalement, comme si on lui avait braqué une lampe de commissariat moldu sous le nez.
« Exactement. Donc, il fallait lui administrer la Liqueur d'Avatar, afin qu'à son réveil il soit moins perturbé par la prise de contrôle que son esprit a eu à subir, car elle aide le sorcier à régénérer ses pouvoirs. Et comme ta mère en a toujours un flacon dans sa coiffeuse… »
« Dans ce cas, pourquoi est ce que tu n'as pas dit tout de suite que tu savais de quoi il souffrait ? Pourquoi est ce que t'as laissé papa farfouiller dans tous ses manuels et mariner dans ses potions ? »
« Bah ça m'amusait bien de parier sur combien de temps vous mettriez à vous en apercevoir…En plus le gamin Malefoy est hors de danger pour le moment, donc… »
Elianor donna une tape sur le postérieur félin.
« Sale bête vicieuse et sadique ! »
« On parle pas comme ça à son ancêtre ! Petite couillonne ! » Le chat renifla d'un air dédaigneux. « Je parie que vous avez encore mis du temps à vous rendre compte que le seul remède pour calmer sa fièvre était de la poudre de Salicorne, et que pour lui assurer un repos paisible, rien ne valait une bonne infusion de tilleul à laquelle on ajoute 2 cuillères à café de Goutte du Zombie ? »
Eli resta bouche bée.
« Oui, c'est exact…Portalis vient de partir demander une fiole de Goutte du Zombie à la mère de Mélinée, il n'en reste plus dans l'armoire à pharmacie, maman l'a terminée le mois dernier, elle disait que le Dahus des montagnes lui envoyait des cauchemars… »
Le chat eut l'air sceptique :
« Ah, faut toujours que ta mère s'invente des sortilèges et des enchantements…En même temps, ton père a un vrai deuxième boulot à temps plein avec elle. Elle devrait le payer… »
Ils arrivèrent à la Cacahouète, et au moment où Elianor prononçait la comptine pour y entrer, Portalis les coiffa au poteau en pénétrant directement par la fenêtre de la chambre d'invité. Il semblait porter quelque chose de lourd, et ils se rendirent compte, une fois montés dans la chambre de Drago, qu'effectivement, le hibou ramenait une petite fiole de Goutte du Zombie, dûment étiquetée par les soins de Léna Astadourian, la mère de Mélinée. Le père d'Eli était en train d'en verser un peu dans un bol fumant, alors que sa mère, qui était descendue, lui disait de lui en garder un flacon, car sa potion était en préparation (la Goutte du Zombie devait infuser 33 jours avant d'être prête). Peu après qu'il l'ait fait boire au malade, les tremblements de Drago cessèrent lentement, et il sembla sombrer dans un profond sommeil sans rêve. Le papé se percha sur un des montants du lit à baldaquins et se racla la gorge.
« Il est possible qu'il se lève cette nuit, mais n'en tenez pas compte, il sera toujours plus ou moins sous l'effet de la Goutte –un somnambulisme conscient en quelque sorte. Demain matin, avant que la Goutte du Zombie ne cesse de faire totalement effet, vous appliquerez un cataplasme de concentré surpuissant d'Avatar sur son ventre, et quand il se réveillera complètement, ça devrait aller un peu mieux. », énonça-t-il d'un ton assuré.
Ses descendants hochèrent la tête, et finalement, le père d'Eli, remontant ses lunettes sur son nez d'un air perplexe, dit à sa fille :
« Eli, s'il te plaît, envoie Portalis à l'hôpital demander de la poudre d'Avatar surpuissant…C'est un médicament assez rare, nous n'en avons pas ici…D'ailleurs, le fait que nous ayons de la Liqueur est déjà assez exceptionnel…Vous pouvez remercier votre mère… »
La mère en question eut un reniflement.
« Heureusement que je suis là. », fit-elle juste. « Sinon, je sais pas où il serait, ce petit. », ajouta-t-elle en désigna la tête blonde endormie qui dépassait des draps.
« Oh, sûrement aux prises avec une très forte fièvre et des cauchemars atroces, c'est tout. », répondit le papé comme si ça coulait de source.
Elianor monta les marches de la volière située au tout dernier étage du moulin de la Cacahouète. Elle était à vrai dire assez vaste, et il n'y avait pour le moment que deux hiboux qui l'occupaient : Portalis, celui de son père (et par extension, de la famille entière) et celui de son frère, Félibrige, un petit hibou blanc, qui n'était d'ailleurs pas là (sûrement encore en train de chasser les mulots dans les champs adjacents de Puysorciers). Elle appela doucement le gros hibou noir, et lui accrocha à la patte l'ordonnance de son père.
« Il faut que tu portes ça à l'hôpital des maladies magiques Lancelot Dulac, au service de la Pharmacopée Magique, tu as bien compris ? C'est urgent, ne t'attarde pas en route, et je te donnerai un calisson de Johan… »
Le hibou poussa un hululement grave, et s'envola aussitôt. La jeune sorcière poussait la porte de la volière pour redescendre, quand elle entendit un froissement de plumes dans son dos. Portalis venant de partir, il ne pouvait s'agir que de Félibrige, pensa-t-elle en s'engageant sur la première marche. Mais un hululement clair et affirmé, bien différent du cri du petit hibou blanc, la fit se retourner. Une grosse chouette polaire se tenait sur un perchoir inoccupé, et la fixait de ses yeux dorés. Intriguée, Elianor s'approcha de l'animal :
« Salut toi ! T'es qui ? Je t'ai jamais vue…Tu es très jolie en tous cas, ma belle…Est-ce que tu veux bien me donner ta patte, que je voie à qui est destiné ton parchemin ? »
La chouette eut un hululement affirmatif et tendit une de ses pattes à laquelle était attachée un petit rouleau. Dessus, Elianor put lire son nom, écrit par une plume familière.
« Tiens, c'est Méli qui t'envoie ? Elle a une nouvelle chouette ? C'est curieux… »
Elle déplia la lettre de son amie, et en lut le contenu :
« Coucou Eli,
J'espère qu'Hedwige te trouvera sans problème ; c'est la chouette d'Harry, il m'a dit qu'elle était très intelligente. J'ai préféré ne pas envoyer Erevan, on sait jamais, mes parents pourraient en avoir besoin, et je ne tiens pas à ce qu'ils découvrent que je t'ai envoyé un hibou. Ma mère a bien reçu Portalis, qui demandait une fiole de Goutte du Zombie pour ton cousin, et elle l'a renvoyé. Cela inquiète Harry ; il m'a dit que Drago n'était pas son petit ami et qu'ils étaient même ennemis depuis leur tout premier jour d'école. Il n'empêche qu'il s'inquiète quand même un peu beaucoup.
Je viens de recevoir un hibou d'Eymelie il y a quelques minutes, il faut absolument qu'on parle. Elle vient de trouver quelque chose d'étrange, et avec tous ces événements, ça ne peut être anodin. Nous avons prévu de nous retrouver en Cheminoconférence à minuit (Eymelie ira squatter la cheminée de David comme toujours). La clé du réseau, c'est comme d'habitude. Sois près de ton feu. À tout à l'heure.
Bisous roses et magiques,
Méli.
PS : Renvoie Hedwige chez Lorelei pour la prévenir aussi, et renvoie-moi ta réponse par hibou. »
Elianor replia d'un air dubitatif le parchemin. Qu'est ce qu'Eymelie avait bien pu trouver qui justifiât d'une réunion express par Cheminoconférence ? La dernière fois qu'elles avaient convoquées une telle réunion, c'était quand Lorelei s'était aperçue que les Barbiepouff complotaient contre leur équipe de Quidditch…
Elle gribouilla une brève explication sur un bout de parchemin, le rattacha à la patte de la chouette, écrivit le nom et l'adresse de Lorelei, et tendit une cacahouète à la chouette :
« Tiens ma belle, une cacahouète au pastis, la spécialité de la famille. Fais attention, c'est assez fort. »
Elle lui flatta les plumes, et laissa la chouette repartir en zigzag dans le ciel nocturne. (Ah, le pastis, quand on est pas habitué, ça fait toujours ça…) Puis elle agita sa baguette, prononça : 'Accio Félibrige !' et quand il fut là, elle renvoya comme indiqué sa réponse à Mélinée. Avec un peu de chance, Johan ne s'apercevrait pas de l'emprunt de hibou.
oOoOoOo
Minuit moins cinq, salon de David Stern…
Eymelie se frottait les mains. Elle avait prévenu David dans la soirée qu'elle devait venir chez lui pour se servir de sa cheminée. À vrai dire, le garçon y était assez habitué, car Eymelie n'habitait pas très loin, à peine à quelques rues, et comme elle n'avait pas de cheminée chez elle, elle squattait souvent chez lui. Du coup, le Fumoquette était toujours au courant de toutes les histoires vaseuses qui circulaient dans l'autre maison. Mais ça n'était un problème pour personne car les Fumoquette avaient toujours été apparentés aux Vampiglams, et leur lien était indéfectible. De plus, les parents de David n'étaient jamais chez eux : sa mère était Médicomage de nuit, et son père était urgentiste dans un hôpital moldu, et il avait pris la tranche horaire de nuit pour correspondre avec celle de sa femme, maintenant que les enfants étaient grands. Cela présentait un avantage certain pour les petites combines d'adolescents, qui disposaient de la maison pour la nuit.
« Vous pourrez y participer, si vous voulez. », avait inutilement précisé Eymelie en s'agenouillant près de la cheminée. David y participait toujours, ou du moins, écoutait toujours, et Neville, qui était logé chez lui, semblait aussi intrigué à l'idée d'une Cheminoconférence convoquée à cette heure indue. Quant à Hermione elle ne tenait déjà plus en place.
La Préfète française saisit une poignée de poudre de Cheminette, et la lança dans l'âtre, alors que la pendule sonnait les douze coups de minuit :
« Komintern sur le réseau BBVF ! », prononça-t-elle d'une voix distincte.
Il y eut un énorme flamboiement dans le feu de cheminée, qui vira au vert vif, et puis il se calma, et Eymelie passa sa tête pour voir qui arrivait.
« Flûte, chuis encore la première… », constata-t-elle, déçue, en s'éloignant légèrement.
Alors qu'elle disait ça, une tête apparut dans le feu. Eymelie ne savait pas si c'était des résidus de poudre de Cheminette, mais la tête semblait avoir les cheveux émeraude. Une voix annonça :
« HayArtchig (2) sur le réseau BBVF ! », immédiatement suivi de : « Invité d'HayArtchig : Vif d'Or. »
Eymelie sourit alors que la tête d'Harry apparut suite à celle de Mélinée. Hermione se connecta sous les directives d'Eymelie, sous le nom d'Elfette. David se pencha légèrement pour se connecter suite aux deux filles. La réunion lui semblait prometteuse, et il fit signe à Neville d'en faire autant :
« Choisis un surnom, vieux. »
« Euh…Le nom de mon crapaud, ça va ? »
« Ouais, ça va. Penche-toi dans le feu, et répète : Trevor, invité de Kibboutz, sur le réseau BBVF. »
Après que Neville, alias Trevor, ait réussi à se connecter (ce qui ne fut pas une mince affaire, car il se trompa dans le nom du réseau et se retrouva dans la cheminée de l'Elysée par inadvertance ; heureusement, personne ne s'en rendit compte, sauf un garde républicain qui passait par là, et qui décida suite à cela d'aller se coucher car il se faisait visiblement tard), les six adolescents commencèrent la conférence, mais il manquait encore Elianor et Lorelei. Il fallut attendre minuit douze pour entendre résonner dans l'âtre :
« Cahouète sur le réseau BBVF ! »
« Pas trop tôt ! », gronda la voix de Mélinée visiblement fort mécontente.
« Désolée, ma mère a fait un malaise, et je dois déjouer la vigilance du papé… », fit la tête d'Eli dans l'âtre des Stern, se tournant vers la tête de Méli d'un air navré.
« Menteuse, t'as une cheminée dans ta chambre ! », beugla l'Arménienne.
Eymelie fit usage de son autorité de Préfète pour ramener le calme. Une fois la dispute entre les deux filles terminée, elle reprit la parole :
« Bien, je vois que tout le monde a eu le message…Enfin, sauf Lorelei…Qui lui a envoyé un hibou pour la prévenir ? »
« Euh, c'est moi, comme Mélinée m'a demandé, je lui ai envoyé Hedwige en début de soirée… »
Eymelie fronça les sourcils :
« Apparemment, elle ne l'a pas encore eu…C'est curieux…Hedwige est rentrée chez toi, Méli ? »
« Non, d'ailleurs, je commence à m'inquiéter, d'habitude elle met moins de temps que ça… », dit Harry d'un ton perplexe.
« Bon, pas de panique, on verra ça plus tard, Hedwige est futée tu m'as dit. Elle retrouvera bien son chemin. Et puis, du Languedoc à la Bretagne, y a une trotte, c'est normal qu'elle mette du temps. », conclut Mélinée. « C'est pas la question de la soirée. »
« Oui, si je vous ai réuni ce soir, c'est que j'ai trouvé quelque chose d'étrange. Il fallait absolument qu'on en parle d'urgence. C'est par rapport au thème astral d'Harry. Je voulais apprendre à Hermione à faire un thème, et elle a choisi de faire celui d'Harry, seulement voilà, il y a quelque chose qui ne colle pas dedans. »
Harry soupira. Evidemment, il fallait que ça ne colle pas. Eymelie poursuivit :
« J'ai établi sa carte du ciel, et j'avoue que je n'ai jamais vu de ciel aussi mauvais. Ça donnait presque envie de se suicider directement. Je veux dire, si j'avais eu un ciel pareil, c'est ce que j'aurais fait sans hésiter. La seule chose à peu près marrante de tout son thème, c'est qu'il chante sous sa douche ''2 Become 1'' des Spice Girls et ''Everybody'' des Backstreet Boys… »
Tous les Français ricanèrent bêtement (ils étaient beaucoup plus au fait des tubes moldus que leurs homologues anglais), Hermione le regarda avec des yeux ronds (c'était elle qui écoutait ça depuis ses dernières vacances passées chez ses cousins moldus et Harry avait toujours clamé haut et fort que c'était de la daube) ; quant à Ron et Neville, ils n'avaient encore pas compris l'allusion aux chanteurs moldus. Le Golden Boy rougit. Mais Eymelie se tourna vers Harry.
« À part ça, je n'ai jamais vu un destin de merde pareil. L'ombre s'étend partout sur toi, et la présence de la Mort ne cesse de grandir dans ton thème depuis deux ans, c'est effarant. En fait, la présence maléfique dans ton thème est clairement tracée comme les ondulations d'un serpent. Et ce serpent-là est proche de t'engloutir dans un avenir très proche, malgré la présence d'un homme puissant à tes côtés, car ce sorcier est apparemment vieillissant. Pour résumer, je dirais que d'ici un an va se produire un événement extrêmement néfaste pour toi et la communauté sorcière internationale ; j'ai daté ça un peu avant le solstice d'été de l'année prochaine. »
Harry déglutit difficilement. Eymelie poursuivit :
« Suite à cela, l'ombre s'étendra, quasiment partout, et deviendra invincible. »
Un silence lourd comme le plomb s'abattit parmi les Cheminoconférenciers. La voix de David, étrangement aiguë, le rompit :
« Mais y compris en France ? »
« J'ai dit la communauté sorcière internationale et quasiment partout. », fit Eymelie. « Il semblerait que le Maître des Ténèbres ait repris ses activités. Et que bientôt même la France sorcière sera à sa botte. Nous connaissons tous et toutes des sorciers et des sorcières à Beauxbâtons dont les familles sont clairement partisanes de Vous-Savez-Qui, et même des dirigeants moldus prêts à collaborer avec un tel pouvoir… »
Le silence retomba, et cette fois, personne n'eut le cœur de le briser. Cependant, au bout de quelques minutes, la voix de la cheminée résonna à nouveau :
« Chouchen sur le réseau BBVF ! Invité de Chouchen : QuidditchBoy. »
La tête de Lorelei et celle de Ron apparurent subitement dans l'âtre de la cheminée de David ; Eymelie fronça les sourcils.
« T'es en retard. C'est minuit vingt-huit. », énonça la Préfète.
« Ouais, bin ma grosse tu diras ça à l'abruti qui m'a envoyé une chouette bourrée ! » Eli rougit mais ne dit rien (le pastis avait encore frappé). La Vampiglams reprit : « Salut, Stern, qu'est ce que tu fous là ? Baccioni squatte encore ton âtre ? »
Mais les autres n'avaient pas le cœur à rire, et ce fut Mélinée qui se dévoua pour expliquer la situation à la grande Préfète. À la fin, interdite devant de telles révélations apocalyptiques, même elle ne put que souffler :
« Merde alors, pauvre Cicatrice, on est vraiment mal barrés ce coup-ci…Fais quelque chose ! »
Eymelie se racla la gorge :
« Mais je n'ai pas fini. Il semblerait qu'il y ait une alternative à cela, une échappatoire. Tout n'est pas perdu, même si cet espoir est très mince. »
Les adolescents se tournèrent vers elle, suspendus à sa parole…
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Notes :
(1) 'Abruti, imbécile' en patois languedocien…
(2) De l'arménien 'Hay' signifiant « Arménienne » et 'Artchig' signifiant « Fille » : Fille d'Arménie.
Le sondage de Ritsuko !
Que pensez-vous des Cheminoconférences ?
A/ Trop cool ! C'est comme un genre de MSN pour sorciers…Est ce qu'y a des émoticônes, et est ce qu'on peut wizzer ?
B/ Bah faut avoir une cheminée sinon ça sert à rien…C'est pas très pratique…
C/ Pas mal, mais est ce que ça peut faire des bouchons de cheminée à Noël avec le Père Noël ?
D/ Y a de la place pour combien de personnes dans une cheminée au fait ?
Dans le prochain chapitre : où le mystère autour de Drago s'épaissit, où Méli et Harry débarquent à la Cacahouète pour un week-end mouvementé…Et où on apprend enfin quelle est l'étrange langue que parle le papé !
