Blabla bête des auteurs : Aujourd'hui publication du chapitre maudit (le numéro 13, eh oui déjà). Nous sommes gentilles de continuer à publier à ce rythme, pas vrai ? Aussi, ça serait chouette, pour ceux qui lisent sans laisser de reviews de nous faire part de leurs commentaires, hein, sinon ce rythme pourrait bien en pâtir. (Quoi, nous faire du chantage ? Never !)
Cette semaine encore, nous publions le lundi –ou plutôt le dimanche dans la nuit– car nous sommes de bonne humeur (une fois n'est pas coutume). Eh oui, Lilulle et Ritsuko ont eu leur résultat de partiels ! Il manque encore une note à notre petite Ritsu mais a priori elle a validé son semestre brillamment. Idem pour Lilulle qui a eu toutes ses notes et qui n'en revient pas d'avoir eu tous ses examens (même les oraux !). Bref, le 2ème semestre se présente très bien pour Lilulle qui fout rien, mais pour Ritsuko, avec des nouvelles matières, ça devient di-ffi-cile TT
On est très contentes d'avoir cartonné à la fac au 1er semestre, mais on veut quand même des reviews ! Nah mais !
Ceci mis à part, Maxwelloune, notre 3ème acolyte et Reine des Citronniers de Lukomax, est très fière d'avoir enfin terminé le premier lemon de cette fic, que vous retrouverez dans quelques chapitres…Elle s'attelle d'ores et déjà au lime que lui ont demandé ses deux folles de co-autrices (mais avec réticence, elle a dit à Lilulle que ça serait difficile pour elle)…Pour les couples de ces citronnades, hum, j'ai bien peur…qu'il vous faille continuer à lire !
Réponses aux reviews : Nous répondons ici aux reviews anonymes seulement :
tit'cerise : merci beaucoup de ton soutien ! Mais pour ta prochaine review, n'oublie pas qu'on est 3 à écrire…
Lelia Black : eh oui effectivement, Voldy sait beaucoup plus de trucs qu'il n'y paraît (tout comme les autrices héhé), notamment sur le p'tit Drago mais ça c'est normal, après tout, il connaît très bien le papa dudit jeune homme. Mais pour des raisons évidentes, on va taire ce que lui et nous savons…Quant au Quidditch…ouais peut-être bien !
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 13
Epouvantable massacre à la Forêt de Brocéliande
Le salon en question épousait la forme ronde du moulin, mais il était coupé en deux, lui donnant une configuration en demi-lune ; la charpente de bois qui tenait lieu de plafond montait à cinq mètres. Du côté rond trônait une énorme cheminée en pierre taillée. Au-dessus du manteau était gravé une sorte de blason : on pouvait y voir une sorte de large vasque qui crachait des étincelles (cela rappela vaguement à Harry la Coupe de Feu), et au-dessus, un animal qui ressemblait étrangement à un chat, la tête tournée vers la pièce, et qui semblait scruter de ses yeux perçants les gens présent dans la maisonnée. Sous le cartouche de l'écusson se déroulait un parchemin stylisé où on pouvait lire : Sempra Vigilantus Sum. Harry reconnut du latin : 'Je suis toujours vigilant'…Il fronça les sourcils, se demandant quelle pouvait être la raison de cette vigilance (sûrement un lien de parenté avec Maugrey Fol-Œil ?). À cet instant, la porte qui faisait face à celle par laquelle il venait d'entrer s'ouvrit à la volée sur la jeune fille qu'Harry avait vue hier au banquet et dans la cheminée. Elle paraissait bouleversée. Méli le remarqua aussi :
« Qu'est ce qui se passe ? Un problème avec ta mère ? »
La jeune fille secoua la tête, et Harry eut un haut-le-cœur quand il s'entendit demander :
« C'est Malefoy c'est ça ? Le sortilège n'a pas disparu ? Il a des séquelles ? »
La Française reprit son souffle, et expliqua d'une voix entrecoupée :
« Non, non, pas du tout, il va très bien, il s'est réveillé y a quelques temps, et ma mère s'occupe de lui…Non, le problème, c'est ça. Il vient d'arriver… », ajouta-t-elle en brandissant un journal.
Mélinée lui arracha presque le papier des mains, et au fur et à mesure qu'elle le parcourait, ses yeux s'agrandirent d'effroi. Elle finit par le lâcher, et porta sa main à sa bouche en un cri silencieux. Harry ramassa le journal, titré : Le Monde Sorcier, et se rappela qu'il ne parlait pas français –heureusement qu'il avait toujours sur lui un Idiomagum que Tonks lui avait donné, et qu'il s'empressa de mâcher. Dès que l'idiome lui parut compréhensible, il se plongea dans la lecture édifiante de la une et surtout de l'article qui lui était rattaché.
« Epouvantable massacre à la Forêt de Brocéliande,
par notre envoyé spécial, Fernandin Pataquès.
C'est un spectacle de désolation incompréhensible qui s'offre aux yeux de tous les reporters du monde entier amassés ici ce matin après la terrible nouvelle. Ce matin, très tôt, alors qu'il effectuait comme à son habitude sa petite tournée d'inspection aux abords de la Grande Forêt, le Gardien des Clés de Beauxbâtons, M. Ernestin Kougloff, est tombé par hasard sur un corps minuscule et atrocement ravagé.
Voici son témoignage que nous avons pu recueillir en exclusivité : ''C'était affreux. J'avais du mal à reconnaître quelle sorte de créature c'était à l'origine, tellement son corps était mutilé. Cela aurait pu très bien être un Botruc qu'autre chose. Mais quand je me suis approché, j'ai constaté que la pauvre créature n'était pas encore morte. Je l'ai donc ramassée, et j'ai remarqué immédiatement qu'elle possédait à l'origine une paire d'aile –en l'occurrence, elle n'en avait plus qu'une. Mon sang n'a fait qu'un tour, car j'ai compris qu'il ne pouvait s'agir que d'une fée, en l'occurrence, m'a-t-elle dit, la fée Gratinfromage. Malheureusement, je n'ai pu en savoir plus car elle s'est éteinte dans ma main.''
Conte cruel ou réalité ? M. Kougloff a tout de suite eu le bon réflexe en appelant le ministère de la Magie, qui a immédiatement envoyé une escouade d'Aurors sur place. Conscients que quelque chose n'allait pas au cœur de Brocéliande : les fées, créatures craintives et délicates, ne s'aventurent généralement pas au-dehors de leur domaine, et donc dans les sous-bois, là où M. Kougloff avait trouvé la fée Gratinfromage mourante.
C'est donc une première depuis 1736 : des représentants du Ministère ont pénétré dans le domaine réservé aux fées depuis le Grand Décret de 658, mais uniquement pour y trouver la pire désolation qu'ait jamais connu la Forêt de Brocéliande dans toute sa vénérable histoire. Les mots n'existent pas pour décrire ce que les Aurors les premiers arrivés sur place ont trouvé ; bien que le terrain ait été sommairement déblayé lorsque nos équipes sont arrivées, le spectacle de la dévastation est impressionnant, et tous n'hésitent plus à parler à présent d'un génocide organisé.
Il n'est plus une maison de fée qui soit debout, ni un foyer qui n'ait une mort à pleurer. Les rares survivantes du massacre ont été transportées d'urgence à l'hôpital des maladies magiques Lancelot Dulac dans la matinée, la plupart gravement blessées, les autres en état de choc. Ce qui s'est passé ici, nul ne le sait, bien que les Aurors présents affirment avoir vu flotter au-dessus de la Ville des Fées la Marque des Ténèbres. Toutefois, selon le ministère de la Magie Augustule Bonnefoy, rien ne laisse encore deviner la raison de cet abominable massacre par les armées de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Il rappelle en effet que les fées sont des créatures paisibles et bienfaisantes, qui n'ont que très peu d'interactions dans le monde des sorciers, et qu'aucune piste ne semblait pour le moment privilégiée quant au mobile du carnage. ''Une histoire de représailles face à une mésalliance nous paraît en effet fort peu probable, car les fées ne s'allieraient jamais avec Vous-Savez-Qui, pas plus qu'elles ne s'allieraient avec nous ; ce sont des créatures vivant en autarcie si ce n'est que pour quelques actes bien spécifiques. Ce crime est d'autant plus odieux qu'il est totalement incompréhensible.'', rappelle ce matin le ministre de la Magie dans une conférence de presse exceptionnelle.
Une cérémonie d'hommage sera organisée dans les jours qui viennent en la Cathédrale d'Escalibur sur Grelot (Bretagne), présidée par Siegfried Kervemec, le Grand Druide de Brocéliande, afin de permettre à la communauté des sorciers de se recueillir, ainsi qu'aux fées des quatre autres continents. La perte d'une si vaste communauté féerique est une tragédie pour le monde, et déjà affluent de tous les coins du globe les témoignages d'indignation et de condoléance envers la sorcellerie européenne déjà durement éprouvée par le retour de Vous-Savez-Qui il y a deux ans.
(Liste des victimes identifiées page suivante) »
Harry reposa le journal. Bien qu'il ne connaissait pas jusque là l'existence des fées, cette nouvelle l'ébranlait sérieusement. Voldemort était en France. Ou de moins, il savait qu'Harry y était. Oui, mais pourquoi massacrer des fées ? Harry n'avait rien à voir avec les fées, il n'en avait jamais côtoyé, ni même jamais vu. Il leva les yeux. Elianor semblait étrangement secouée, et Méli lui parlait. Il reprit contact avec la réalité, et se rendit compte que la Languedocienne hoquetait en répétant :
« Méli, oh, Méli…Ma marraine…ma marraine est dans les victimes identifiées… »
Mélinée lui tapotait affectueusement le dos.
« Toute la famille ira à son enterrement. », fit la voix du garçon brun qui venait d'entrer dans la pièce. « La marraine de mon père est morte, et la mienne aussi. Celle de maman est en état stationnaire, on vient d'avoir des nouvelles de l'hôpital. C'est vraiment épouvantable. »
Il secoua la tête.
« Vous avez des marraines ? », fit Harry d'un air interloqué.
Mélinée prit sur elle de lui expliquer :
« Oui, c'est une ancienne tradition médiévale et européenne. Tous les enfants nés dans des grandes familles de sorciers ont une fée marraine, qui est invitée au baptême, un peu comme dans cette histoire moldue dont m'a parlé Eymelie, la Belle au Doigt Rampant, ou chais plus quoi. En tous cas, elle dote le bébé d'un pouvoir particulier, ou d'un destin à accomplir ; en général, c'est ça qui rend les sorciers issus des grandes familles ''de sang pur'' si arrogants, ils savent qu'ils ont un don particulier comparé aux autres sorciers. Les Quercevalles sont une grande maison de sorciers français, ainsi que celle de la mère d'Elianor, les Trencavel. Ça explique qu'ils aient une marraine. Nous, comme on est Arméniens, ça ne se faisait pas chez nous, donc j'en ai pas. »
« Ça se fait, en Angleterre ? », questionna Harry. Ça se trouve, il l'ignorait, mais peut-être avait-il une marraine ? Après tout, les Potter n'étaient-ils pas une vieille famille ?
« Hmmm, je sais pas trop, mais je pense que oui, dans les grandes familles, comme ici… »
Harry regarda Elianor. Elle tenait le journal et caressait pensivement de son pouce un nom : Fée Tartiflette…
oOoOoOo
La suite de la journée fut plus calme, bien que Malefoy, plus pâle que jamais et encore un peu fiévreux, exigeât qu'Harry sorte de sa chambre.
« Je veux pas que le Balafré puisse aller raconter que je suis mourant à la Belette, à Grandes Dents, et à tous ses copains de Gryffondor. Ils seraient tous trop contents. », toussa-t-il d'un air indigné.
Elianor eut l'air un peu gênée.
« Ça doit être les médicaments qui le font délirer… »
« Non, je pense pas. », fit Harry en sortant. « Ou alors, il en prend souvent, parce qu'il est toujours comme ça avec moi. »
« C'est vrai ? »
Inexplicablement, la cousine du blond semblait enchantée de la nouvelle.
« C'est super ! », confirma Mélinée. « Ça veut dire que sa personnalité n'a pas été trop altérée par le charme ! Malgré la durée, c'était un Imperium léger qu'on lui avait imposé…Il paraît que certaines fois, la personne libérée devient folle ou schizophrène tellement sa personnalité a été aspirée par le marionnettiste… »
Du coup, les trois adolescents durent se résigner à aller jouer hors de la chambre du malade –sous l'injonction impérieuse de la mère d'Eli. Cette dernière, se rappelant qu'Harry jouait au Quidditch, lui proposa une petite séance d'entraînement dans la garrigue. Mélinée les suivrait à distance et s'occuperait de compter les points (elle avait toujours été nulle en Quidditch, mais depuis le temps qu'elle faisait la majorette, elle connaissait parfaitement toutes les règles du jeu par cœur, et était même quelquefois amenée à commenter le match). Harry ne regretta pas un minute son après-midi, car la Française était une bonne joueuse, et elle méritait largement l'honneur d'avoir été nommé Capitaine d'équipe. Mais pour jouer en un contre un, il y eut un problème, car les deux jeunes gens ne jouaient pas au même poste dans leur équipe scolaire. Harry voulait jouer à attraper le Vif d'Or, alors qu'Eli soutenait qu'ils feraient mieux de s'entraîner à se passer le Souaffle.
Finalement, Méli déclara qu'ils feraient un simple entraînement sans point, et qu'ils occuperaient à tour de rôle tous les postes. Ils insistèrent quand même sur le poste de Poursuiveur, car Vampiglams devait jouer le mois prochain contre les Chalalard, et Eli avait besoin de beaucoup s'entraîner –l'équipe de Chalalard était la plus redoutée de Beauxbâtons en raison de la carrure et du manque de fair-play de ses joueurs…Et l'après-midi passa ainsi, entre feinte de Wronsky ratées et Cognards fous lâchés au-dessus de la garrigue languedocienne.
Ils rentrèrent au moulin vers six heures du soir, complètement moulus. Aussitôt, Johan (Harry avait finalement réussi à connaître le nom du grand frère d'Elianor) leur apprit que Drago allait mieux, et qu'il s'était même levé, mais qu'il était toujours d'une humeur massacrante.
Effectivement, ils trouvèrent le blond assis sur le lit dans sa chambre. Il lisait le même journal qu'Harry avait dévoré le midi même, et semblait d'une lividité sans équivalent. Ce n'était pas dû à sa maladie cette fois. Ses mains blanches étaient secouées de tremblements et ses avant-bras nus étaient parcourus de chair de poule. À l'entrée de ses camarades, il leva des yeux délavés sur Harry et susurra quelque chose d'inintelligible, comme si la nouvelle rapportée dans le journal lui avait porté un choc si rude qu'il ne se rappelait plus comment utiliser ses cordes vocales correctement.
« Quoi, Malefoy ? Parle plus fort, j'entends rien… »
Le blond sembla sortir de sa torpeur, et se reprit de son ton froid habituel :
« J'ai rien à te dire Potter. Toute cette histoire, c'est encore de ta faute. »
Bizarrement, Harry se sentit blessé. Non pas parce qu'on lui reprochait d'être à l'origine d'un horrible massacre, mais juste parce que c'était Malefoy qui le lui reprochait. Il se força à prendre un air détaché :
« T'es qu'un crétin congénital Malefoy. Et ça, au moins, c'est pas de ma faute. »
« Hé, vous engueulez pas ! », protesta Elianor en s'interposant. « Harry, mon cousin est malade, il délire encore à cause de la fièvre, c'est pas la peine de le prendre au sérieux ! »
« T'as entendu, Potter ? Chuis malade, t'as pas honte de venir me contrarier jusque dans mon lit ? »
''Y a des tas d'autres choses que je te ferais bien dans ton lit'' songea instantanément l'esprit d'Harry. Il se donna aussitôt une magistrale baffe mentale. Non, il ne venait pas de penser ça. Mais qu'est ce qui lui arrivait ? Depuis quelques temps Harry ne se reconnaissait plus. Fichu pays de coureurs de jupons (et de caleçons) invétérés qui déteignait sur lui !
« Bon, euh, on va aller prendre le souper. », dit Eli d'une voix incertaine, soucieuse de désamorcer les conflits. « Drago, reste à ta chambre, je vais dire à Kandinsky de t'amener un plateau repas… »
De fait, Harry ne revit pas le colérique Préfet Serpentard de toute la soirée, mais prit le dîner en compagnie d'Eli, Mélinée et de la mère de la famille. Apparemment, Johan avait trouvé mieux à faire, et M. de Quercevalles –qu'il n'avait pas encore vu– rentrait tard le soir du fait de ses obligations professionnelles. La cousine de Malefoy avait expliqué qu'il était un Médicomage très réputé, et qu'il était souvent retenu à l'hôpital où il travaillait. Ce soir-là sûrement plus que tout autre soir, avec cette histoire…Harry hocha la tête, après tout, il en allait de même en Angleterre.
En revanche, il ne put s'empêcher de constater que Mme de Quercevalles quant à elle ne semblait pas très occupée. Elle passa tout le repas à faire goûter ses plats à l'elfe de maison et à guetter anxieusement s'il mourrait dans d'atroces souffrances au bout de treize minutes (« Généralement le temps qu'un poison met à agir », avait-elle expliqué devant l'air ébahi d'Harry) avant de se décider à manger.
Au bout d'un moment, Harry n'y tint plus :
« Il y a des gens qui vous veulent du mal ici ? Je veux dire, un peu comme un Voldemort français ? »
La mère d'Eli prit un air tragique :
« Voldemort et tant d'autre, mon petit…Faire partie d'une aussi illustre famille que les Paturelles de Quercevalles est un honneur immense, mais c'est comme tout, il y a toujours un prix à payer…Et ce prix, c'est des menaces permanentes sur notre maison, telle l'épée d'Arthur suspendue au-dessus de nos têtes ! »
Harry était interloqué d'une part de ce discours totalement loufoque et d'autre part qu'elle prononce le nom de Voldemort avec tant de légèreté ; mais il remarqua que derrière le dos de sa mère, Elianor faisait de grands signes signifiant à peu de choses près : 'Elle est complètement paranoïaque, ne l'écoute pas…'
Après le repas, ils restèrent un peu dans le salon à discuter. Mme de Quercevalles s'était assise dans un coin, un énorme livre sur les genoux et semblait plongée dans la lecture. Harry parvint à distinguer sur la tranche le titre du livre : Déjouer le Mauvais Œil qui menace votre Foyer. Décidément, songea-t-il, sa fille avait raison : elle devait être dérangée quelque part…Elle lui rappelait vaguement Sybille Trelawney mais en version hypocondriaque…Les trois ados passèrent la soirée à jouer au Pictionnary sorcier, puis vers onze heures, Harry décida d'aller se coucher, et les deux filles l'imitèrent.
Sa chambre était située au deuxième étage de la maison, dans le quartier des invités, non loin de celle où Malefoy dormait. Le Survivant n'en revenait pas. La maison des Quercevalles était vraiment immense pour seulement quatre personnes… (C'était bien des aristos de la haute société sorcière comme les Malefoy, à la différence notable qu'ils avaient apparemment des idées moins nauséabondes, puisque jusqu'à présent aucun d'entre eux n'avait prononcé le mot Sang-de-Bourbe.) Le moulin disposait de quatre étages en tout ; le rez-de-chaussée était composé de l'énorme salon et de la cuisine –qui occupait l'autre moitié de la demi-lune. Au milieu, un énorme escalier en spirale menait aux étages. Le premier était celui qui menait aux appartements des gens de la famille, le second était celui où lui, Mélinée et Malefoy se trouvaient, et le troisième disposait d'une bibliothèque gigantesque et de la volière, située dans les combles. Harry n'avait pas eu le temps de tout visiter, mais il croyait Mélinée sur parole.
Cependant, il n'arrivait pas à trouver le sommeil. Quelque chose l'angoissait et il ne parvenait pas à savoir quoi. Il finit par sombrer dans une torpeur agitée. Il voyait Voldemort agiter un trousseau où pendaient sept clés brillantes, et les clés se transformaient petit à petit en têtes de fées réduites, et Voldemort ricana qu'il allait en faire autant avec Malefoy…Harry se réveilla à ce moment-là en sursaut et en sueur. Il jeta un œil à son réveil Vif d'Or qui voletait dans la pénombre, pour se rendre compte qu'il était un peu plus d'une heure du matin. Assoiffé, il chaussa ses pantoufles, ayant dans l'idée de gagner la cuisine afin d'aller s'y désaltérer.
Harry descendit prudemment les escaliers, prenant garde à ne pas faire de bruit, et déboucha enfin dans la cuisine. Il alla ouvrir le gros frigo (qui fonctionnait grâce à un maléfice de Gel Perpétuel et non grâce à l'électricité bien entendu) et sortit une carafe de lait, quand un bruit provenant de la salle voisine faillit la lui faire lâcher. ''Il y a encore quelqu'un dans le salon à cette heure !'', songea-t-il, le cœur battant à tout rompre. N'ayant pas usurpé sa réputation de fouineur invétéré(1), il se dirigea vers l'entrebâillement de la porte qui donnait sur le grand salon. Le feu de cheminée crépitait toujours dans l'âtre.
Il distingua la forme de Mme de Quercevalles qui s'était redressée, droite comme un i, et elle semblait parler dans le vide. Harry se rendit compte qu'elle ne marmonnait pas toute seule quand il entendit la voix du grand frère d'Elianor lui répondre. Il était dans l'entrée et visiblement il enlevait une capeline de voyage.
« Tout s'est bien passé, mon chéri ? », chuchota la mère de famille –Harry dut tendre l'oreille pour entendre ce qu'elle disait.
Le garçon entra dans la pièce. Ses cheveux bruns et courts étaient passablement ébouriffés, et il avait l'air de quelqu'un qui avait fait un long voyage.
« Aucun problème maman. Tout s'est passé comme prévu, je te rassure…Je suis allé le récupérer à Montalban, il arrive…Mais pourquoi vient-il ici en pleine nuit ? Pourquoi faire tant de mystère ? »
La mère d'Elianor joignit les mains :
« Enfin, Johan ! Nous ne pouvons pas nous permettre d'ébruiter une telle nouvelle…Comme il avait eu l'amabilité de faire part de ses craintes au chef de cette famille, il est juste que nous les lui confirmions…Et c'est d'autant plus urgent après les événements de la nuit dernière, tout cela est très inquiétant. Il faut préserver le secret pour que nous puissions prendre ensemble les bonnes décisions concernant la sécurité de ce petit Malefoy ; après tout, il fait partie de cette famille, son arrière-grand-mère est une Quercevalles, mon chéri. Et puis, imagine un peu si Harry savait cela ! »
La respiration d'Harry s'accéléra. Elle s'interrompit, se tournant vers l'entrée :
« Bonsoir ! », dit la voix polie de Mme de Quercevalles. « Avez-vous fait bon voyage ? »
« Très bon voyage, merci, très chère Aélis. Bien que je prendrais bien une petite tasse de thé avec grand plaisir… », répondit une voix qu'Harry ne connaissait que trop bien.
À ces mots, Harry sursauta, et colla son œil autant qu'il put dans l'embrasure de la porte du salon. C'est alors que la porte de l'entrée s'ouvrit, et le Gryffondor s'empêcha de justesse de pousser un cri de stupeur.
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Notes :
(1) Mais alors, c'est lui que Maugrey aurait dû changer en fouine en 4ème année ?
Le sondage de Ritsuko !
Qui est l'invité de Mme de Quercevalles?
A/ Voldemort, qui veut tester un nouveau sortilège du Guili-guili ultime de la mort, sur le Survivant pour voir s'il y survivra…
B/ Rogue, qui a décidé de faire chier le Ryrynouchet jusque pendant le week-end…
C/ Le père de Lilulle qui vient déposer quelques vannes pourries ! (Cf. les chapitres ultérieurs, vous comprendrez…)
D/ Mystère et boule de gomme, de toute façon on le saura au chapitre suivant…
Petit bonus :
Cette semaine, notre très cher Sam Elbereth a eu la gentillesse de nous faire parvenir un sondage de son cru sur le chapitre 12, alors vous pouvez aussi y répondre !
À quoi servent les Sept Clés ?
A/ À ouvrir une porte menant à un passage secret.
B/ Ce sont les surnoms des Sept Grands Mages de la confrérie de la Serrure.
C/ Elles représentent les Sept Passages obligatoire vers l'Immortalité.
D/ Ce sont les Clés des chambres du Moulin des Quercevalles.
E/ À rien. C'est juste une légende folklorique.
Dans le prochain chapitre : où le papé parle de son passé avec le mystérieux visiteur, et où Harry et Mélinée ont une prise de bec mémorable à propos de notre Serpentard préféré !
