Blabla bête des auteurs : Et voici venir le chapitre préféré de Lilulle ! Il faut dire qu'elle a beaucoup rigolé pour l'écrire avec Ritsuko…Hum, hum, on voit le résultat…Vive les pensées serpentardesques ! Et en plus ce chapitre est un peu plus long que les autres ! Bon, pas de beaucoup, mais il fait quand même sept pages au lieu de cinq normalement ! Woow, quel effort…

Sinon, concernant nos vies en général (comment ça, on s'en fout ?) Maxoune notre troisième acolyte a récupéré internet, ce qui signifie qu'on aura moins de mal pour se concerter, notamment concernant les lemons !

Réponses aux reviews : Merci à Miellina et à tit'cerise pour leur soutien sans faille ! Vous pensez vraiment que c'est la B la réponse les filles ? Ahah…Mystère ! Et pour Lelia Black, on est super contentes que tu aimes nos personnages ! Effectivement on s'est inspirées de gens qu'on connaît très bien –mais ceux qu'on connaît sont…pires que ça en fait ! Et pour Lulu, tu vas avoir la réponse là, maintenant, en descendant un peu !

Bonne lecture à tous !

oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo

Chapitre 16

Le secret de la Pensine de Méli

Quand Harry sortit de ses pensées, ce fut pour se rendre compte que les deux filles s'étaient arrêtées de parler et le regardaient. Eli demanda lentement :

« T'étais pas au courant de ça ? Ça fait cinq ans que t'es en cours avec lui, et tu t'en étais pas rendu compte ? »

Harry fit non de la tête. À vrai dire, depuis qu'il avait refusé de serrer la main du blond, il n'avait plus cherché à en savoir plus sur son ennemi. Le fait de savoir qu'il était battu par son père l'aurait laissé indifférent quelques temps encore auparavant –quoique, le Survivant avait quand même un grand cœur…Mais aujourd'hui, cette nouvelle lui faisait l'impression d'un énorme trou dans la poitrine. La voix de Mélinée interrompit encore ses pensées :

« Tu comprends, il m'a fait promettre de ne rien dire à personne, il en a tellement honte…Il ne voulait pas que je te le dise ni à toi, ni à Eymelie. Il pensait que vous le répèteriez aux Gryffondor… »

« Mais maintenant, tu peux tout nous dire, pas vrai ? », fit Elianor en prenant son air de bébé cocker abandonné dans un carton le soir de Noël. « Maintenant qu'Harry et moi, on sait tout ! Tu vas pas me renvoyer chez moi à cette heure-là ! »

Harry fronça les sourcils :

« Oui, au fait, comment es-tu arrivée ici ? »

La jeune fille haussa les épaules :

« J'étais tellement en colère, j'ai attrapé la serviette de Drago et je l'ai transformée sans vraiment réfléchir en Portoloin pour venir ici. » Elle désigna une serviette éponge blanche jetée sur un petit canapé de velours rose.

Harry était ébahi (la serviette qui avait servi à envelopper le corps nu et mouillé du Serpentard, gaaaah !). Il n'avait jamais entendu parler d'un truc pareil.

« Tu…arrives à fabriquer des Portoloins en sixième année ? »

« Oui, mais seulement quand je suis très en colère, parce que je peux libérer mon pouvoir magique à pleine puissance. Mais notre famille est bizarre je t'ai dit. Il paraît qu'on recèle dans notre sang une puissance magique immense. Mais je sais pas pourquoi. »

Méli hocha la tête :

« Oui. Son frère faisait n'importe quoi quand il était à l'école mais c'était un des plus brillants de la promo, même s'il en foutait pas une. Créer un Portoloin quand elle est particulièrement en colère, c'est pas le pire qu'elle ait fait… »

« Ouais, une fois en troisième année, j'ai fracassé la tribune de Barbiepouff sur le stade de Quidditch, quand cette connasse de Wong avait ensorcelé mon balai pour qu'il repousse le Souaffle. »

« Oui, je m'en rappelle. Je t'avais jamais vue autant en colère… »

« Mais maintenant le problème, c'est que je suis plus très sûre de pouvoir recréer le Portoloin pour repartir… »

Mélinée affirma qu'elle enverrait Erevan à la Cacahouète pour dire qu'elle passerait la nuit chez elle suite à un accident de Portoloin mal réglé. Enfin, quand le hibou familial fut reparti, les trois jeunes gens purent reprendre la conversation qui les intéressaient : Malefoy (une fois n'est pas coutume pour Harry).

Mais Mélinée ne voulut pas raconter :

« Non, ça serait trop long, trop chiant, je préfère vous montrer, ça ira beaucoup plus vite, je me sens pas de tout raconter…M'soule. »

Elle se dirigea vers un coffre fuchsia qu'Eli avait écrasé mais qu'elle avait réparé, et l'ouvrit. Elle farfouilla quelques instants dedans et en tira un petite bassine de marbre rose, où étaient gravé en caractère calligraphique : M.R.A. Le cœur d'Harry bondit dans sa poitrine, et Elianor confirma ce qu'il avait déjà compris :

« Mélinée, qu'est ce que tu fous avec ta Pensine ? Tu vas pas nous montrer ça ? »

« Pourquoi pas ? Si moi je l'ai vu par Légilimencie, c'est resté dans mes pensées, il suffit de les extraire… »

Elle joignit le geste à la parole, porta sa baguette rose à sa tempe, et un filet argenté s'en écoula. D'un mouvement fluide, elle fit tomber la pensée dans la bassine, et y trempa doucement sa baguette dans un mouvement circulaire.

« Voilà, ça devrait être à peu près bon… », commenta-t-elle d'un air égal, comme si elle venait de retirer un gâteau au yaourt du four.

Harry était de plus en plus interloqué : les sorcières de cette école étaient décidément très douées…Arriver à faire des choses pareilles…Lui-même n'avait jamais mis de pensée dans une Pensine. Il n'avait même pas idée du mode opératoire pour y parvenir.

Mélinée leur fit signe de s'approcher :

« Bon, je vous accompagne pas, je connais l'histoire par cœur… »

D'un geste de tête, Eli l'invita à la rejoindre au-dessus du petit bassin. La pensée de Méli y clapotait doucement.

« À trois ! », lui indiqua Elianor. « Un…deux…trois… »

oOoOoOo

Harry n'aimait pas les Pensines, car en règle générale, il se faisait toujours mal aux fesses en tombant dans la pensée. Et comme il était toujours en fraude pour regarder dans les pensées des autres, ça n'arrangeait rien du tout. Pour la première fois, il pénétrait dans les pensées de quelqu'un qui l'avait autorisé et même incité à le faire.

Il regarda autour de lui. Sans grande surprise, il était dans le couloir de chez Elianor. Rien de surprenant, c'était là que tout s'était passé…À côté de lui, Elianor se relevait péniblement. Visiblement elle avait autant de mal que lui avec l'atterrissage. Devant eux, Mélinée venait de sortir de sa chambre, et au fond du couloir, Harry vit son autre moi s'éloigner. Mais la Méli des souvenirs ne le vit pas ; elle avait remarqué le bouton de porte que Malefoy avait fait tomber en la claquant violemment au nez de Harry l'instant d'avant. La jeune fille le ramassa, et le remit en place, quand la porte se rouvrit sur le Malefoy le plus décoiffé qu'Harry n'ait jamais vu. Comme l'avait dit Méli, on aurait juré qu'il avait pleuré ; ses yeux gris d'habitude froids et inexpressifs étaient brillants et orageux, le blanc de l'œil rouge.

« Qu'est ce que tu veux encore Pott… »

Il s'interrompit en se rendant compte que ce n'était pas Potter.

« Excuse-moi, je voulais pas te déranger…Euh…Chuis Mélinée. Mélinée Astadourian, la corres' de Harry, tu te souviens ? »

Le blond hocha vivement la tête, et s'apprêtait à refermer la porte, quand Méli glissa son pied dans l'entrebâillement pour l'empêcher de le faire.

« Attends ! Euh…Je veux pas paraître ennuyeuse, mais t'as l'air vraiment pas très bien…Tu veux que j'aille prévenir quelqu'un ? »

« Non, je ne veux pas. »

Malefoy semblait au bord des larmes, et Mélinée insista : il pourrait au moins la laisser entrer, elle ne dirait rien…

« Quelquefois, ça soulage, de parler à quelqu'un qu'on ne connaît pas, Eymelie m'a dit que les moldus appellent ça 'aller chez le spychianalyste'. », avança même la jeune fille. « Et puis, si ça peut te remonter le moral, je sais invoquer une bouteille d'alcool de pêche que ma mère fabrique… »

Avec un soupir résigné, Drago ouvrit la porte. Méli entra dans la chambre, et invoqua aussitôt une grande bouteille remplie d'un liquide ambré, et deux verres à pied. Elle en versa dans le premier verre et le tendit au Serpentard.

« Alors, si tu me racontais ce qui ne va pas ? »

Harry se tourna vers Elianor :

« Et elle croit que Malefoy va lui déballer sa vie comme ça ? », s'étonna-t-il.

La jeune fille eut un rictus carnassier :

« Ne sous-estimes pas le pouvoir de la crème de pêche de maman Astadourian… »

Effectivement, Malefoy avait l'air méfiant, au premier verre, et refusa de dire quoi que ce soit. Puis au bout du troisième verre, il semblait déjà beaucoup plus décontracté, limite joyeux. Il avait déboutonné les trois premiers boutons de son pyjama à rayures, et s'éventait distraitement.

« Tu veux pas que j'ouvre la fenêtre ? Fait très chaud d'un coup… »

Harry aussi avait tout d'un coup très chaud. Jamais encore il n'avait remarqué la finesse de ces clavicules blanches, la délicate naissance des pectoraux du blond. Il faut dire qu'il jouait depuis deux ans dans l'équipe de basket de Poudlard (une création de Dumbledore qui avait trouvé l'idée chez les Moldus). Les règles étaient les mêmes que chez les Moldus, sauf que le ballon insultait parfois les joueurs quand ils rataient un panier. Bref, tout ce sport, ça aidait, niveau muscle (1).

« Si tu veux. », fit Méli, assise sur le lit, sirotant tranquillement son premier verre. « Je te ressers ? », dit-elle en brandissant le quatrième verre du blond.

Celui-ci revint après avoir ouvert la fenêtre, le pas incertain, et prit le verre qu'il vida. Au bout du sixième verre, Mélinée sembla juger que c'était bon. Elle reposa son deuxième verre sur la table de nuit. À ses côtés, le blond avait l'air perdu et les yeux vitreux.

« Alors, raconte-moi. Pourquoi t'as l'air si malheureux ? »

Et là, Malefoy fit quelque chose qui stupéfia Harry : il éclata en sanglot, tout en hoquetant des phrases incompréhensibles.

« Wow, il a l'alcool de pêche triste, ton pote…Moi en général je rigole très fort et je dérègle tous les objets magiques à deux kilomètres à la ronde…Ça doit être pour ça que Méli veut plus que j'en boive d'ailleurs… », commenta Elianor. « Regarde-moi cette gourgandine arménienne, elle en profite à peine… »

Mélinée était penchée sur le blondinet et s'efforçait de le réconforter :

« Allons, faut pas te mettre dans un état pareil, c'est qu'une poignée de porte, tu l'as même pas cassée en plus… »

Le Serpentard se redressant, le visage encore ruisselant :

« Mais…c'est p…pas…po-pour ça…Hic ! C'est…à c-cause d…de mon pè…pè-père… » Il s'essuya le nez sur sa manche : « …I…il est pas gen-gentil…a-avec moi. Hi-hips. »

« Pourquoi ? Est-ce qu'il te punit quand t'as des mauvaises notes ? », demanda doucement Méli en lui caressant gentiment le bras.

Le blond éclata d'un rire presque hystérique. Il eut un hoquet et poursuivit :

« Il me punit…hic ! t…toutout le t-temps…Il m…m'a m-mis s-s-sous…Imperium…hic !...en p-pre…prem…première année p-pour que je s-sois b-b-bien s-sage…Et qu…quand m…ma…maman est p-pas là, i-il… »

Le blond s'arrêta, les yeux dans le vague.

« Eh bien ? », fit Méli, qui avait déjà changé de couleur. Nul doute qu'elle ne s'attendait pas à ça. « Il fait quoi, quand ta mère est pas là ? »

« M…maman ? », couina Drago. « E…elle est g-gen-gentille ma ma-maman… »

« Et ton papa ? »

« Non…Lui…i-il est méch-chant avec moi. Il m-me ta-tape. D-des fois, i-il m-m-m'env-voie le-le D…D…Do…Doloris…qu…quand j-je s-suis méchant hic. »

Le blond retomba sur le lit et ses sanglots reprirent de plus belle. Harry eut envie de mourir en voyant ce spectacle. Impossible qu'il simule ça, ou qu'il l'invente : il était saoul comme Hagrid à la puissance dix !

Mélinée se pencha sur le blond, caressa doucement son dos pour l'apaiser.

« Allons, il est pas là, ton père…Calme-toi. Ça va aller. »

Au bout de cinq minutes enfin, les pleurs cessèrent, et le blond reprit d'un ton entrecoupé de hoquet :

« Il m'a dit…hic !...que je d-devais r-rester p-pu…pur…Que l'Imp…Imperium c'é-était pour ç-ça. Q…que j-je devais g-gar-garder ma pu-pureté… » Il tourna des yeux ruisselants vers la jeune sorcière française. « P-pourquoi m…moi je peux pas av-voir hips ! de co-copines ? P-pour…pourquoi ? »

Mélinée paraissait gênée.

« Tu veux dire que ton père t'interdit d'avoir une petite copine ? Même pour un flirt ? »

Le blond acquiesça avec un large sourire malheureux.

« Y…dit qu…qu'il me t-torturera j-jusqu'à ce…ce que je m'év…m'évanouisse si je…le désho…hips…nore… »

« Mais il est fou son père ! », s'épouvanta Elianor. « Il m'aurait déjà dépecée si j'étais sa fille ! »

Harry acquiesça :

« Il est peut-être un peu démodé…Vierge au mariage ça se fait peut-être encore dans les grandes familles sorcières… ? »

« Mais pas du tout ! », piailla Elianor avec indignation.

Cependant, Mélinée parut réfléchir, et posa finalement sa main sur l'épaule du blond :

« Dis, Drago, est ce que tu m'autorises à regarder dans ton esprit ? »

Drago faillit lui tomber dessus :

« Oooooooh oui alors… », ronronna-t-il presque. « M…mais u-uniquement hic !...s-si tu m…me f-f-fais un bi-bi-bibisou… »

« Me dis pas qu'elle lui a roulé une pelle ! », hurla littéralement Harry.

« Bin calme-toi enfin ! Et y a rien de mal à ça…C'est lui qui demande. », dit Elianor.

Méli, qui n'entendit pas le cri d'Harry, se rapprocha du blond et lui déposa un léger baiser au coin des lèvres.

« Voilà. Je peux regarder maintenant ? »

Drago fit une moue que Harry trouva irrésistible.

« C'est pas hips…un vrai…bi-bisou. M-moi je di-disais s-sur la bou…bouche. C'est pas du jeu hic. Si-si je l'av…avais demandé à…à Po…Potter, il l'aurait fait lui hic. C'…c'est un hé…héros…M…mais y m'ai-aime po…J-je lui ai rien f-fait en pl…plus. »

Méli se rapprocha de lui, sa baguette levée :

« Drago, je t'ai fait un bisou comme promis. Et je suis sûre que si tu lui demandes, Harry t'en fera un sur la bouche… »

« Y…y dor-dormirait au-aussi a…vec moi ? Hic ! »

« Oui, aussi. Il dormirait avec toi, il te ferait des câlins, et des tas de trucs qui feraient attraper une crise cardiaque à ton père. Mais maintenant, arrête de bouger, je vais lire dans ton esprit, je t'ai fait le bisou, alors j'ai le droit ! »

Eli flanqua un coup de coude dans les côtes d'Harry, qui était épouvantablement rouge –même ses lunettes semblaient l'être.

« C'est vrai ça ? Tu lui ferais vraiment tout ce que son père ne voudrait pas qu'il fasse avant son mariage ? »

« Mais non ! », protesta Harry.

« Tsss tsss…Tu dirais jamais non à un cul pareil ! », fit Eli en gesticulant vers Drago qui était vautré sur le lit.

Harry en avala sa salive de travers et s'étouffa.

« LEGILIMENS ! », hurla la voix de Mélinée, les ramenant tous deux à la réalité.

Bientôt, la chambre s'estompa, et Harry sut avant même que quelque chose apparaisse qu'ils étaient dans le crâne du blondinet, dans ses pires cauchemars.

oOoOoOo

Quand à nouveau tout fut distinct, ils se trouvaient tous deux dans un couloir de pierre suintant d'humidité. Et le sang d'Harry se glaça. Au bout du couloir, il venait d'entendre un hurlement strident. Ce n'était pas la voix de Malefoy. Ce n'était pas sa voix actuelle en tout cas. C'était une voix d'enfant, de tout petit garçon, même. Elianor lui attrapa la main et l'entraîna vers le fond. Ils entrèrent dans un cachot lugubre et humide.

Debout se tenait Lucius Malefoy, l'air plus jeune d'une dizaine d'années. Sa baguette était levée, et émettait des étincelles rouges et menaçantes, en direction d'un tout petit garçon blond qui ne devait pas avoir plus de cinq ans, recroquevillé dans un coin de la pièce. Malgré les années, Harry le reconnut instantanément. C'était Drago sans aucun doute possible. Ses cheveux blonds étaient plus longs, et s'entortillaient en jolies boucles dorées qui tombaient sur ses épaules frêles et nues. Il était vêtu de loques répugnantes et lacérées (au moins aussi sales que celles que portaient Dobby quand il était à leur service), et il était prostré sur lui-même. Ses joues étaient salies par les pleurs qu'il essuyait de sa petite main tremblante.

« Arrête de pleurer, Drago ! », crachait son père. « Je t'ai dit cent fois qu'un Malefoy ne pleure jamais. Comment veux-tu entrer au service du Seigneur des Ténèbres s'il revient ? Un simple Doloris et tu pleurniches comme une fillette…Lamentable… »

Harry eut un haut-le-cœur.

« Mais son père est fou ! », répéta Eli. « Ce n'est qu'un enfant ! On ne peut pas soumettre un enfant à un Doloris sans qu'il pleure ! »

Un deuxième éclair rouge traversa l'espace, et Harry n'eut le temps d'entendre qu'un long hurlement et de voir le petit corps tressaillir de douleur, avant d'être aspiré vers un autre souvenir.

Cette fois-ci, c'était un parc. Le parc derrière le manoir Malefoy. Drago, âgé cette fois-ci d'une dizaine d'années, se tenait sous un saule pleureur, assis sur un banc de pierre. Il dessinait sur un carnet le paysage qui s'étendait devant ses yeux, s'appliquait à reproduire les magistrales pierres dressées du cercle de Stonehenge, qu'on voyait se détacher un peu plus bas dans la vallée. Cependant, un air effrayé se peignit sur ses traits quand il se rendit compte que son père approchait à grands pas. Lucius était à peine arrivé à la hauteur de son fils qu'il lui asséna un coup de canne magistral dans le ventre. Le carnet de croquis tomba à terre. Drago leva ses bras pour se protéger :

« Père, je n'ai rien fait, je n'ai rien fait ! », implora-t-il.

« Rien fait ? Ta mère m'a raconté votre escapade au Chemin de Traverse, pour t'acheter des robes neuves pour ta rentrée…Tu as encore trouvé le moyen de me désobéir… »

« Non, père, je vous jure, je n'ai rien fait… »

« SILENCE ! Ta mère m'a dit que tu avais parlé à Potter chez la couturière…À Potter ! »

Les yeux gris du garçon étaient dilatés de terreur.

« J…je savais pas que c'était lui ! Je le jure ! »

Lucius eut un rictus mauvais :

« Tu sais que tu ne me laisses guère le choix, Drago. Tu iras à Poudlard, mais tu iras sous mon contrôle le plus étroit ! »

Des larmes brillantes roulèrent sur les joues de Drago :

« Non, pas l'Imperium…Pas ça…Je vous jure que je ne lui parlerai plus, père…Je vous le promets… »

Le crayon au fusain que Drago tenait dans sa main roula sur l'herbe alors que retentissait le sortilège de la torture. Harry ferma les yeux. Il ne pouvait pas voir ça. Quand il les rouvrit, Drago était appuyé sur le banc, la respiration entrecoupée, et Dobby était à ses côtés.

« Maître Drago souffre, mais Dobby va bien s'occuper de lui… », disait le petit elfe en épongeant doucement une plaie ouverte à la jambe du blond. « Dobby aide Maître Drago. Mais Maître Drago devrait être plus sage avec son père et ne pas lui désobéir… »

Drago acquiesça douloureusement, alors que le souvenir s'estompait. À cet instant, Harry regrettait presque d'avoir libéré l'elfe de la maison des Malefoy, car après son départ, qui avait pris soin du blond ?

À nouveau, ils atterrirent dans les cachots. Mais cette fois, le souvenir avait l'air plus récent. Il devait dater de quelques mois auparavant tout au plus –juste avant que Lucius Malefoy ne se fasse arrêter– peut-être pendant les vacances de Pâques de la cinquième année. Comme dans le premier souvenir, il était occupé à faire souffrir son fils âgé cette fois d'une quinzaine d'années.

« L'autre jour, le père de Théodore Nott m'a raconté que tu étais de plus en plus proche de miss Parkinson. Avec tout le respect que je porte à cette grande famille de sorciers, aurais-tu par hasard oublié ce que je t'ai dit ? »

Drago, étendu par terre dans des miettes de vêtements déchirés, sanglotait. Il leva des yeux gris délavés de larmes vers son père et balbutia :

« Je…je sors pas avec elle père ! Je le jure, j'ai…j'ai jamais rien fait avec elle ! »

« Ah oui ? Et la fois où Zabini t'a surpris en train de l'embrasser ? »

« Mais c'est elle ! Je l'ai repoussée ! », couina Drago d'un air terrifié.

« Tu sais ce que je t'ai dit. Si jamais tu te donnes à quelqu'un, Drago, je risque de ne plus être aussi patient que jusqu'à présent…Endoloris ! »

Le Survivant regarda d'un air horrifié le corps du blond parcouru de spasmes de douleur, entendit les hurlements de souffrance…Il se rappelait cette sensation horrible quand Voldemort l'avait lui aussi soumis au Sortilège dans ce cimetière sinistre. Aussi étrange que cela paraissait, il avait mal pour Malefoy Jr.

Harry agrippa le bras d'Eli :

« Je veux revenir dans la chambre. J'en ai assez vu, je ne supporte plus… »

Elianor hocha la tête. Contrairement à Harry, elle avait l'air de savoir exactement comment naviguer dans une Pensine car l'instant d'après, ils se retrouvèrent dans la chambre de Drago à la Cacahouète. Mélinée venait aussi de sortir des souvenirs du garçon, et semblait bouleversée. Elle le prit doucement dans ses bras, et Malefoy se laissa aller contre elle. La voix du garçon était encore hésitante, mais il semblait avoir un peu dégrisé :

« Tu…tu as vu mon père ? », demanda-t-il d'une voix inquiète.

Méli hocha la tête, et embrassa doucement les cheveux blonds.

« Oui. Mais ne t'inquiète pas. Ici, il ne peut plus t'atteindre. Ici, même Tu-Sais-Qui ne peut rien contre toi. Eli m'a dit que ton arrière-grand-mère maternelle était une Quercevalles. Tu es protégé par ce sang, tu sais. La famille d'Eli (donc la tienne) dispose d'une des protections magiques les plus élaborées de tout le monde de la sorcellerie. Elle ne s'explique pas, mais elle existe. La famille d'Eli dispose d'une source de pouvoir énorme ; ils te protègeront contre ton père qui n'est pas un des leurs. »

La jeune fille se détacha lentement du blond :

« Y a quelque chose que je comprends pas. Pourquoi ton père tient tant à ce que tu restes vierge ? »

Malefoy rougit violemment. Harry était stupéfait ; s'il avait dû dire que quelqu'un dans l'école n'était définitivement plus vierge depuis belle lurette, c'était bien sur Malefoy qu'il aurait misé.

« Je ne sais pas… », avoua le blond. « C'est même pas une tradition chez nous…Ma mère a toujours dit que mon père était un coureur de jupons avant et même après leur mariage. Et elle m'a toujours dit qu'elle était sortie avec des tas de gars à Poudlard avant que sa famille la colle d'office avec mon père… »

Il enfouit sa tête dans le cou de la jeune fille en marmonnant d'un air perdu :

« Je comprends pas pourquoi…J'ai toujours essayé de faire tout ce qu'il voulait, mais ça ne suffisait jamais… »

Mélinée lui caressait doucement le dos en murmurant à son oreille des mots réconfortants.

Et lentement, la scène se fit de plus en plus brumeuse, et Harry comprit que le souvenir était fini. Il reprit contact avec le sol de la chambre de Méli en même temps qu'Elianor…

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Notes :

(1) D'ailleurs, si quelqu'un pouvait nous expliquer pourquoi dans quasiment toutes les fics, Harry et Drago sont décrits comme 'musclés par le Quidditch'…Non parce qu'un sport où tu te contentes de monter sur un balai, on voit pas trop comment ça peut muscler, honnêtement…Et l'idée de Drago qui joue du basket ? Tout simplement Lilulle qui a trouvé un fond d'écran de Drago avec un ballon de basket à la main…

Le sondage de Ritsuko !

Pourquoi Drago doit-il rester pur ?

A/ Parce que son père a besoin d'un jeune garçon vierge pour l'offrir en sacrifice lors d'un rituel de magie noire.

B/ Pour rien, Lulu, il aime bien juste torturer son fils –et quoi de pire pour un ado que de pas pouvoir soulager ses hormones ?

C/ C'est à cause d'un pari que Lucius a fait avec Rogue. Severus pensait que Drago serait un playboy (comme son paternel), et Lulu, vexé, lui a parié toute sa fortune que non…

D/ Lulu veut éviter toute concurrence, il veut rester le meilleur coup des sang pur, hors de question de se faire doubler par son fils !

Petit bonus : Le trio Lukomax vient de décider de faire bénéficier ses lecteurs chéris d'un petit bonus exclusif. Donc, pour ce chapitre, ceux qui nous laisseront une review non anonyme ou à défaut, avec une adresse mail, auront le bonheur de recevoir dans leur boîte un petit cadeau débile. (Eh oui, on s'amuse comme on peut quand nos facs sont bloquées…La jeunesse désoeuvrée…)

Dans le prochain chapitre : où on palabre, où on fume pas que du tabac, et où des scandales se dévoilent…