Blabla bête des auteurs : Un petit blabla bref cette semaine (une fois n'est pas coutume !) car nous sommes occupées ! Partiels, mémoire, tout ça, ça prend du temps ! Tout ça pour vous dire qu'on espère que vous allez aimer ce petit chapitre, et en particulier nos DévergonDés. On en est très fières mine de rien !
Petite dédicace de Lilulle : merci boucoup à tit'cerise et lelia black de m'avoir souhaité bonne chance aux exams ! Ze suis z'émue :D
Réponses aux reviews : Merci beaucoup à Flo et à Corail pour leur petite review ! Pour répondre à Corail, on a pour habitude de publier soit le dimanche soir, soit le lundi ! Voili voilou !
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 21
Jeux de DévergonDés
Le match de Nox Quidditch se termina sans incident grave. Ron se prit bien sûr un Cognard, mais il fut impossible de savoir de quel Batteur il provenait –peut-être même d'un de sa propre équipe –et Max faillit mettre le feu à son propre balai en essayant d'allumer une cigarette. Harry n'avait jamais vu quelqu'un capable de manier une Batte au Quidditch tout en fumant de l'autre main. Pas même les jumeaux Weasley.
Bien évidemment, le match dura beaucoup plus longtemps qu'à l'accoutumée, car pour attraper le Vif d'or dans l'obscurité, ce fut vraiment difficile même pour Harry. Il y arriva pourtant au bout de deux heures trente-deux de match, alors que le score était de cent vingt à trois cents dix en faveur de l'autre équipe –Eymelie n'était pas Gardienne titulaire contrairement à Ron. Ainsi donc, bien que ce fut le Survivant qui ait attrapé la petite balle dorée, il furent battus deux cent soixante-dix à trois cents dix. Comme la Bulgarie par l'Irlande à la Coupe du Monde il y avait de cela deux ans.
« On est les meilleurs ! », pérora Seamus.
« Grâce à moi ouais ! J'ai bloqué des tas d'attaques ! », ronchonna Ron en se tamponna son œil au beurre noir avec une énorme entrecôte.
« C'est surtout parce que j'étais pas en forme. », dit Elianor d'un ton égal en se dirigeant vers la tente. Elle regarda par-dessus son épaule et cria : « Preum's à la salle de bains ! »
Et elle disparut vite fait bien fait à l'intérieur de la tente. Sur ce, Mélinée déclara qu'elle prenait la deuxième salle d'eau, celle qui jouxtait le hammam. Et comme Mélinée prenait tout son temps sous la douche, Eymelie, Maxime, Malika et Seamus eurent le temps de passer après Elianor avant qu'elle ne sorte, à la grande fureur de Lorelei qui tambourina une heure à la porte. Enfin, sur les coups de quatre heures, tout le monde fut à peu près lavé et en pyjama :
« On va pas s'arrêter en si bon chemin ! », beugla Lorelei, assise non loin du feu. Elle invoqua une caisse de bois qui tomba par terre avec un grand fracas. « De la part du grand-père de Pont-Aven ! », expliqua-t-elle en ouvrant le coffre.
« Qu'esseu c'est ? », demanda Seamus d'un air effaré.
« Du Chouchen fait maison ! »
« Ah non, moi j'en ai marre, je vais m'pieuter ! », ronchonna Malika en se levant prestement, suivie de Dean.
Il apparut vite que l'heure tardive en découragea plus d'un à goûter au Chouchen. Neville et Seamus partirent se coucher également. Même Lucas déclara qu'il allait faire une petite balade au clair de lune avant de se coucher, et quitta la tente. Lorelei le regarda comme s'il venait de Mars, mais ne le retint pas. À la grande surprise des trois Gryffy, Elianor ne chercha pas à le suivre, continua à rouler tranquillement sa nouvelle cigarette à la cannelle d'Inde, et commença à la fumer nonchalamment.
« Bon, eh bin tant pis pour les gros nazes qui se barrent, ça fera plus de Chouchen pour nous voilà tout ! », grommela la Bretonne.
« Je peux aussi invoquer une bouteille d'alcool de pêche ? », proposa Mélinée.
Elle n'attendit pas la réponse, et d'un léger coup de baguette, fit apparaître deux bouteilles remplies d'un liquide ambré. Aussitôt, Harry vit Malefoy prendre un air suspicieux, mais il ne dit rien.
« Et si on faisait un strip-poker ? », proposa Eymelie.
« Ah non, pas assez original, David va encore se retrouver à poil au bout de cinq donnes, c'est pas intéressant. », contra Mélinée. Elle se tourna vers Eli, qui faisait brûler un marshmallow dans le feu : « Tu veux pas aller chercher…hum, ce que tu sais ? »
Eli eut un sourire entendu.
« Oh, oui, bien sûr ! » Elle se leva et se dirigea vers sa chambre. « Je reviens, bougez pas. »
Effectivement, elle revint deux minutes après, le poing gauche fermé, et un sourire en coin qui ne présageait rien de bon. Elle s'assit au coin du feu, ricana légèrement dans la barbe qu'elle n'avait pas, et ouvrit sa paume. À l'intérieur reposaient deux petits dés. Le premier était blanc avec des points noirs, et le deuxième noir à points blancs. Bref, des dés ordinaires.
« On va jouer aux dés ? », cracha Malefoy d'un air dégoûté. « C'est nul ! Quitte à prendre des jeux moldus autant prendre des jeux intéressants ! »
« C'est pas n'importe quels dés ! », chantonna Mélinée.
« Hé oui ! », renchérit Elianor, visiblement enchantée. « Faites les passer entre vos mains, et prononcez chacun à votre tour votre nom et prénom. »
Sur ce, elle fit la démonstration illico en se nommant, puis les passa à Mélinée qui fit de même, puis ainsi de suite. Harry n'osa pas refuser, mais se demanda à quoi cela rimait. Même Hermione avait l'air perplexe. Enfin, quand les dix personnes autour du feu se furent nommées, Mélinée récupéra les dés et sortit sa baguette magique.
« Bien, par ce rituel, vous êtes maintenant magiquement liés à ce qui va suivre…Mesdemoiselles et messieurs, j'ai l'honneur ce soir de vous présenter une création inédite de mon grand frère Arakel et du grand frère d'Eli, Johan : les DévergonDés ! » Elle leur tapota dessus en prononçant à voix basse une incantation.
Aussitôt après un bruit strident remplit la tente. Eli fit une petite révérence :
« Et v'là ceux qui vont nous pourrir la soirée : Délateur et Dépravé ! En vous nommant, vous leur avait révélé aussi votre secret le plus intime : bref, leur arme ultime ! »
Et Harry comprit d'où venait le caquètement insupportable : à la place des six points qui indiquaient normalement le chiffre 6 sur une des faces, était apparue une minuscule figure. Deux petits yeux noirs et brillants, un simple point d'encre pour le nez, et une grande bouche qui ne cessait de hurler. Des insanités, ne manqua pas de remarquer Harry.
« C'est quoi le but du jeu ? », demanda Malefoy, l'air légèrement méfiant.
Mélinée eut un sourire triomphant :
« Lance-les et tu verras ! »
Malefoy eut un regard suspicieux, puis finalement prit les dés, et les jeta sur le tapis par terre. Aussitôt, le dé blanc se mit à crier d'une voix gouailleuse :
« Drago Lucius Malefoy, tu vas faire le tour de la tente… »
« Quoi ? », hurla Drago. « Qu'est ce que c'est que ce gage à la con ? »
Elianor inclina la tête :
« Attends, ça c'est juste celui de Délateur. Dépravé n'a pas encore rendu son verdict… »
Elle avait à peine achevé sa phrase qu'une voix salace hurlait :
« …tout nu et treize fois ! »
Le dé noir regarda Malefoy en ricanant ouvertement. Le blond pâlit :
« Ça va pas ? Vous êtes fous ? Moi, courir nu autour d'une tente ? »
« Allez, sois marrant pour une fois ! », se moqua Ron. « Fais-nous voir les bijoux de la famille Malefoy, qu'on rigole un peu ! »
« JAMAIS ! », hurla littéralement le blond.
« Oh, mais si jamais tu le fais pas… », commença Dépravé.
« …on te poursuivra et on te harcèlera… »
« …jusqu'à ce que tu le fasses, sinon… »
« …on divulguera ton secret le plus intime ! », triompha Délateur.
Le Prince des Serpentard se tourna vers Méli, l'air désemparé.
« Je…Je veux rejouer ! »
Mélinée eut une moue indulgente :
« Bon, comme t'as été le premier…C'est d'accord, tu peux rejouer. Hein, Dé et Dé ? »
Les deux dés faisaient visiblement la gueule, mais finirent par accepter en bougonnant qu'ils n'accepteraient plus de dérogations après ça. La main tremblante, Malefoy relança les deux dés. Ils s'immobilisèrent et aussitôt Délateur prononça avec un malin plaisir :
« Embrasse Harry Potter… »
Et Dépravé eut un rictus satanique :
« Sur la bouche, et fous-y la langue ! »
Un gros blanc suivit cette déclaration. Les regards se tournèrent vers Harry. Drago quant à lui était à présent tellement pâle qu'on aurait pu voir à travers lui. Il secoua la tête :
« Je peux pas faire ça ! », protesta-t-il.
« Oh que si tu vas le faire… », ricana légèrement Dépravé.
« Sinon je vais révéler à tout le monde ta vilaine petite manie honteuse, à savoir que tu te tripo… »
« MAIS TAIS-TOI ! », hurla le Serpentard, à présent rouge comme s'il était resté quatre heures en plein soleil dans le Sahara.
« Non, te tais pas ! », contra Eymelie, qui bavait littéralement. « Moi j'veux savoir le secret honteux, allez, Délateur, fais péter… »
« Ouais, accouche, de toutes façons, la fouine roulera jamais de patin à Harry ! », approuva Ron.
« Taisez-vous ! », cria encore le blond. « Je…je vais le faire ! »
« Ouah, c'est que ça doit être sacrément honteux ! », s'exclama Eli.
« T'm'étonnes… », marmonna Maxime, déjà à moitié dans les vapes.
Les dés ricanèrent et se mirent à beugler en chœur :
« Allez, allez, Blondie, roule-lui une pelle ! »
Et les huit autres ados reprirent le slogan. Malefoy eut l'air gêné, mais Harry l'était au moins autant que lui :
« Dites, c'est pas moi qu'ai tiré les dés, pourquoi je dois subir les conséquences ? »
Ron, hilare, le poussa du coude :
« Allez, Harry, c'est pas grave, on va rigoler ! »
« Parle pour toi… », marmotta le brun à lunettes.
Harry n'avait pas trop envie de se faire ridiculiser en public ; pour ce qui concernait Drago, ça ne le gênait pas outre mesure. Il préférait que ça soit lui plutôt que Ron par exemple –même s'il aimait beaucoup le rouquin, y avait des limites, il était comme son frère… !
Sous les ricanements des deux dés Drago s'approcha gauchement d'Harry. Il semblait affreusement gêné.
« Je…je suis désolé… », balbutia-t-il maladroitement.
« T'aurais pu avoir un secret moins honteux. », rétorqua sèchement Harry.
« Un secret honteux, c'est fait pour être honteux. », expliqua sagement Hermione. « C'est normal qu'il ne tient pas à ce que ça se sache… »
Avant que le pauvre Serpentard n'ait eu le temps de plus s'approcher, le Survivant le stoppa net :
« Est-ce qu'on peut pas s'isoler ? Je veux dire, devant tout le monde…avec la langue…euh… »
Mélinée hocha la tête :
« Oui, vous êtes trash ce soir pour un début… »
« On est toujours comme ça ! », hurlèrent les dés.
Elianor secoua la tête.
« Soit, sans la langue ça ira. Pour cette fois, et parce qu'on est pas assez bourrés. À ce propos, Mél, sers-nous du Chouchen et de la liqueur…Mais après ça, si les Dés veulent que tu lui tailles une pipe, Drago, je te préviens, tu devras la lui tailler ! Plus de dérogations à partir de maintenant ! »
Il y eut quelques rires nerveux, et la voix de Ron demanda si les Dés pouvaient vraiment demander ce genre de choses, et Mélinée raconta alors comment les propres créateurs des Dés s'étaient retrouvés piégés, et Arakel avait dû lécher les orteils de Johan.
Pendant que les verres se remplissaient, Drago se pencha doucement sur son ennemi juré, et effleura timidement ses lèvres. Il tremblait légèrement contre Harry, mais le Survivant eut à peine le temps de sentir son odeur sucrée et la douceur de ses lèvres contre les siennes que le blond s'était retiré, rouge comme un homard.
« Alors ? », brailla Ron qui visiblement n'en pouvait plus de rire. « C'était comment, comparé à Cho ? »
Harry fronça les sourcils, cherchant l'adjectif approprié.
« Hum…Moins humide ? »
oOoOoOo
Au bout d'une heure de ce jeu stupide, les adolescents décidèrent d'aller se coucher, non sans avoir réalisé quelques paris stupides et découvert quelques vérités à la con (merci Délateur). Entre autres, Max avait dû fumer un bout de tapis (mais ça ne lui fit rien du tout), Eymelie dut passer une demi-heure sous sa forme Animagus, et comme elle ne la maîtrisait pas, elle fut obligée de rester toute la soirée le visage constellé de gros point noirs, sans compter les deux petites antennes au sommet de son crâne. Méli dut faire un strip-tease à David. Comme elle refusa catégoriquement, tout le monde apprit qu'elle prenait en cachette les potions Augmente-bonnet de sa mère pour passer du B au D en toute discrétion. Lucas, qui était revenu entre temps, refusa de porter seulement un string rose toute la soirée (« Jaune, d'accord, mais rose, certainement pas ! », avait-il dit), et tout le monde apprit qu'il avait failli coucher avec Maxime un soir où ils s'étaient défoncés à la feuille d'oranger hurleur de Bolivie, mais qu'ils s'étaient endormis juste avant de le faire.
« Heureusement, sinon, le lendemain, j'aurais pu m'asseoir sans problème sur un pot de yaourt sans le déformer ! (1) », rigola Lucas.
Curieusement, personne ne sembla choqué outre mesure, à part peut-être Ron qui avait ouvert la bouche et ne semblait plus se rappeler comment la refermer.
« C'est des choses qui arrivent souvent avec l'oranger hurleur bolivien. », commenta laconiquement Elianor en faisant griller un autre marshmallow. « Je me rappelle, une fois, avec David, on… »
« Tais-toi ! », cria le susnommé. « C'est mon secret honteux, merde ! »
« Ah bon ? Autant pour moi… »
Et pendant que Lucas demandait à David c'était quoi ce secret honteux qui concernait son Eli, Maxime se dessapait à cause d'un nouveau gage. Peu après, Harry dut faire le poirier jusqu'à ce qu'il ait bu la tête à l'envers un carafon de liqueur de pêche. Enfin, quand il eut fini son gage, ce fut pour se rendre compte que tout le monde était plus ou moins bourré, et que Drago n'était plus là, ainsi que la Préfète rousse de Vampiglams et la Languedocienne. Un peu étourdi par sa beuverie renversée, il décida d'aller faire quelque part dehors, profitant du fait que l'attention des autres était détournée par Ron qui devait lécher les pieds d'Hermione (qui heureusement sortait de la douche), et Mélinée disait que les dés commençaient à fatiguer s'ils donnaient le même gage que celui de Johan et d'Arakel…
Harry fit quelques pas dehors, se secouant la tête pour l'empêcher de trop tourner. C'est alors qu'il entendit des murmures. Devant lui brillait un point lumineux et rougeoyant. Une cigarette. Et deux formes sombres. La première disait :
« Tu fumes trop. Je te comprends pas, tu disais y a pas une semaine que tu allais rembarrer Max quand il essaierait de te refiler ses merdes, et là t'en as jamais autant fumé ! »
Harry reconnut la voix moralisatrice de la Préfète aux cheveux rouges.
« Et puis, pourquoi tu sors tout d'un coup avec Lucas ? Tu disais que tu voulais pas t'engager et…et…je te comprends plus Eli… »
L'autre silhouette haussa les épaules, et le point rouge s'embrasa un peu plus. Une volute de fumée flotta dans l'air. Elle avait la forme d'une tête de mort.
« Tu sais, Eym, je vais crever. »
Eymelie tourna vivement la tête ; malgré l'obscurité Harry était sûr que ses yeux étaient exorbités.
« Bien sûr que tu vas crever ! Comme tout le monde ! C'est maintenant que tu découvres ça ? Mais c'est pas une raison pour faire n'importe quoi… »
Elianor se tourna vers son amie.
« Non, tu comprends pas. Je vais crever avant vous tous. »
« Dis pas de bêtises. Personne ne peut savoir l'âge auquel il va mourir, enfin, Eli, t'es défoncée ou quoi ? »
Eli tira encore une bouffée, et reprit d'une voix calme :
« Lundi dernier c'était mes 16 ans et demi. Ma mère…m'a expliqué certaines choses. Eym, tu comprends pas. Je le sais parce que c'est mon destin. C'est celui de ma famille entière. » La jeune fille se tut quelques instants, et reprit : « Ma mère m'a filé le contenu exact de la prophétie que ma marraine la fée Tartiflette a faite à ma naissance. »
« Et alors ? »
« Alors ? J'ai pas compris sa prédiction. C'était bizarre. Je la connais par cœur, ça disait :
''Jolie petite Princesse de haute lignée
Comme tous les siens a funeste destinée.
À ses courtes années restantes ici bas
Les combler de bonheur je peux déjà.
La richesse, la beauté, l'intelligence
Ne la flatteraient qu'en apparence,
Aussi je préfère lui faire don
D'un cœur qui soit très bon.
Sa famille et ses amis seront son précieux trésor,
Ainsi qu'aider les démunis jusqu'à sa proche mort.'' »
« Ta marraine s'est peut-être trompée, tu sais, ''courtes années'', à une échelle de fée, ça doit être soixante-dix ans… »
« C'est ce que j'ai pensé aussi, mais ma mère m'a appris qu'y avait une putain de malédiction sur ma famille, et qu'on la révélait à chaque Quercevalles quand il avait atteint ses seize ans et demi. »
« Pourquoi seize ans et demi ? »
« Parce que ça sera la moitié de notre vie. Quoi qu'on y fasse, un Quercevalles ne dépassera jamais l'âge de trente-trois ans…Le pouvoir magique énorme de la famille se paye comme ça. Il nous consume tous avant l'heure. »
Eymelie se tut, songeuse, puis sa voix recommença à parler :
« Enfin, Eli, c'est ridicule, tu as encore ta grand-mère…ton père…et ton papé Gugu ? Il a huit cents ans au compteur… »
Elianor eut un petit rire sans joie :
« Ma grand-mère, c'est la mère de ma mère, une Trencavel. J'ai jamais connu les parents de mon père. Le papé Gugu, c'est un cas spécial, et mon père…comment dire, n'est partiellement plus en vie. »
Harry fut tellement estomaqué qu'il faillit crier, mais se retint à temps. Le père d'Eli, mort ? Mais alors, qui avait soigné Drago ? Qui avait écrit à la mère de Mélinée pour lui demander la Goutte du Zombie ? Apparemment, il n'était pas le seul que cette révélation stupéfiait littéralement ; un grand boum ! se fit entendre, indiquant qu'Eymelie était tombée du dolmen sur lequel les deux jeunes filles se trouvaient.
« Qu'est ce que tu veux dire, partiellement plus en vie ? Ton père était bien vivant y a un mois de ça quand chuis venue chez toi ! »
Elianor secoua la tête :
« M'en demande pas plus. Je saurais même pas bien l'expliquer. Mais ce que je sais, c'est que désormais, pas question de rater quelque chose. Alors je profiterai de chaque jour comme si c'était mon dernier ! » Harry fit la forme de la Française étendre les bras, comme si elle cherchait à happer le monde. « Je sais que j'ai plus que seize ans au maximum à en profiter, et peut-être même moins que ça si jamais je m'en sers…Parce que dans ce cas, ma vie se consumera plus vite… » La jeune fille renversa sa tête en arrière. « Dis, tu trouves pas que cette nuit est la plus belle qu'on ait jamais vu ? Ecoute comme les étoiles elles scintillent ! »
« Je crois surtout que t'es complètement éclatée, que t'as trop bu, et que tu devrais aller te coucher, maintenant, Eli ! »
Et sur ce, Eymelie écrasa le mégot, et raccompagna Elianor dans la tente. Harry resta encore quelques instants dans l'obscurité, à réfléchir. Ainsi, il y avait vraiment quelque chose avec la famille d'Eli ; ce n'était pas seulement les élucubrations délirantes de Hermione. Nul doute que ce quelque chose concernait aussi Drago, puisqu'il partageait en partie le même sang. Il semblerait bien qu'au final, Hermy et ses histoires farfelues de croisades et de Graal avait peut-être raison…Après tout, la Française avait dit que sa vie était écourtée du fait d'un pouvoir immense, et pourrait l'être encore plus si elle l'utilisait.
''Un mystère de plus…'', songea le Survivant en levant la tête vers les étoiles. ''C'est vrai qu'elles sont belles cette nuit…''
oOoOoOo
Quelques temps après, Harry entra dans la tente, et se dirigea mécaniquement vers sa chambre. Il se mit en pyjama (c'est-à-dire en caleçon rouge et en T-shirt large orné d'un lion (2) ), et s'apprêtait à se coucher, quand il vit une tête blonde dépasser des draps. Le Survivant se prit la tête dans les mains :
« Merde, c'est quoi la formule pour séparer les lits déjà ? Fait chier, je vais pas aller réveiller Lorelei juste pour ça… »
Puis, pris d'une fatigue soudaine, il se glissa dans les draps. Comme le blond s'était étalé, il dut pousser un peu le Serpentard. Qui geignit dans son demi sommeil. Il ne fallut pas longtemps à Harry pour comprendre :
« Oh Merlin ! Malefoy, mais t'es ivre mort ! »
Le Gryffondor se fit la remarque qu'il aurait dû le voir de suite. La délicieuse personne de Drago Malefoy, vêtue d'un shorty et d'un t-shirt de soie grise à demi relevé sur un ventre pâle et impeccablement plat, exhalait une suave odeur d'alcool de pêche dans toute la chambre. Ses joues étaient bien trop rouges pour qu'il n'ait rien à se reprocher. Quand Harry tenta de le pousser encore un peu plus sur le côté, le garçon papillonna doucement des paupières. Ses iris gris perle étaient dangereusement sombres et vitreux, signe qu'il était encore plus ou moins endormi. Doucement, il sembla chercher quelque chose en tâtonnant, agrippa à moitié le t-shirt de Harry, et gémit :
« Hmmm…Doudou… ? »
« Euh… », dit Harry, bien gêné. « Non, moi c'est Harry…euh… »
Le Serpentard eut l'air triste dans son demi-sommeil, referma ses yeux d'argent et fit une moue déçue en répétant 'Doudou'. Harry eut une brusque inspiration, et demanda gentiment :
« Dis, c'était ça, ton secret honteux ? Ton doudou ? »
Le blondinet eut un sourire heureux –limite béat –et marmonna :
« Voui. C'est mon doudou…parce que j'aime bien l'avoir quand…mais je devrais pas… »
« Tu devrais pas quoi ? »
« Faire ça…Père me l'a interdit, il dit que c'est sale et obscène de se toucher, et moi…parce que moi je dois être propre et pur…Mais quand j'ai mon doudou, je peux le faire, il me l'a permis, mon doudou… »
Harry était en train de se demander s'il avait bien entendu : est ce que le blond si froid et distant était en train de lui avouer dans son demi coma éthylique qu'il se tripotait, qu'il se briquait la tige, quoi, seulement quand il avait son doudou ? Ce dernier émit justement un bruit qui retourna l'estomac du brun.
« Merde, est ce qu'il vient de…ronronner ? », souffla un Harry stupéfait.
Il baissa les yeux vers son coloc'. Bien que légèrement décalé, il continuait à prendre beaucoup de place, ses bras pâles étendus en croix, ses cheveux blonds coulant sur l'oreiller autour de la tête.
« C'est vrai qu'il est mignon… », remarqua le Survivant à voix basse. « Si fin, si blond…Comme un ange… » Il caressa doucement la joue du blond endormi. « Depuis qu'il est plus sous l'Imperium…c'est…comme si c'était une personne différente… »
Il sursauta presque en remarquant qu'il avait pensé ça, et puis, les vapeurs alcoolisées aidant (venant de lui autant que de Drago), l'esprit embrumé, Harry se pencha doucement, et sans même y réfléchir, embrassa doucement les lèvres roses du Prince des Serpentard. Un goût sucré de pêche et de Chouchen envahit aussitôt ses papilles, alors que son colocataire gémissait doucement sous lui en se cramponnant plus fort à son t-shirt, tout en cherchant à l'attirer tout contre lui.
Dans la pièce voisine, sur la table de chevet de Méli, Délateur ouvrit un œil, et bouscula Dépravé :
« Quoi ? », ronchonna ce dernier.
« Ça y est, le p'tit blond, il a fait son premier gage. »
« Quoi, y court tout nu autour de la tente à c't'heure-ci ? », ronchonna le dé noir.
« Mais non ! Y fout enfin la langue… »
« Eeeeeeeeeeeeh ooooooh ! C'est pas fini ce bordel ? Y en a qui dorment ! », beugla la voix de Mélinée dans l'obscurité, en tapant du poing sur la table de chevet.
oOoOoOoOoOo
Notes :
(1) Blague authentique d'un pote de fac à Lilulle et déposée au brevet des Vannes Vaseuses !
(2) Gryffondor jusqu'au plumard le Ryry…
Le sondage de Ritsuko !
Que pensez-vous des Dés ?
A/ Géniaux ! Les gages sont supers ! Ça change d'action/vérité !
B/ Eh ! On a pas les mêmes qui existent déjà en version moldue ?
C/ Franchement, on a vu plus original !
D/ Mais qu'est ce que c'est que ce jeu débile ? N'importe quoi !
Dans le prochain chapitre : où des couples se forment, où Lorelei ne peut pas dormir, où le mystère du massacre des fées à Brocéliande s'épaissit…
