Blabla bête des auteurs : Cette semaine, petit retard, mais c'était à cause des exams de Lilulle qui finissaient lundi midi. Donc on poste le lundi après-midi… (Intervention de Lilulle : « Merci à tous ceux qui m'ont encouragée pour mes partiels ! Maintenant c'est fini, donc je suis à vous pour les réponses, les reviews, les nouvelles fics… »)
À part, ce chapitre voit donc arriver le premier petit citron de notre grande Maxwell-sama (vous excitez pas, c'est pas un Harry/Drago) et s'il vous paraît un peu bizarre, c'est normal, Lilulle l'a adapté un peu pour coller au contexte (mais on est jamais sûr du résultat dans ces cas-là)…Bref, nous nous sommes posées la question de savoir si on devait changer de rating pour l'histoire, pour la mettre en M ; pour l'instant on l'a laissée en T mais si vous pouviez nous donner vos avis, ceux qui s'y connaissent en rating…Voili voilou…
Réponses aux reviews : Merci à flo pour sa review! Pour répondre à ta question (portant sur la pipe) bin…on en avait pas envie tout de suite ! On voulait vous faire tous poireauter voilà la vérité mwéhéhéhé ! Et puis merci aussi à la review anonyme sans nom (c'est une erreur de manip' ou c'est fait exprès ?) : apparemment, qui que tu sois, tu as aimé nos dés, et ça c'est bien ! (On remercie donc les dés pervers d'un pote de fac de Lilulle qui les avait sortis une fois en droit administratif de 2ème année pour réveiller les gens…) Pour Harry et Drago, c'est comme tout le monde, va falloir attendre…
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 22
Gueule de bois
Quand Ron eut terminé de faire son gage, ce fut pour se rendre compte que Harry s'était carapaté lui aussi, avec Eli et Eymelie. Max réprima un bâillement et éteignit son mégot, et Lorelei battit le rappel.
« Bon, puisque tout le monde est stone dead, on va pioncer ! », hurla-t-elle en jetant un œil à sa montre. « J'y crois pas, Calisson, Coco-Girl et Cicatrice se sont barrés au plumard pendant que machin s'occupait d'Encyclopédie…Pas croyab' ! Au fait, super léchouille, Poil de Carotte ! »
Ron, passablement éméché, rigola stupidement, alors qu'Hermione se dirigeait vers leur chambre en titubant.
''Bien blindés, les Rosbeefs…'', songea la Préfète française, incrédule.
Arrivés dans la pièce, Hermy le regarda, une fois n'est pas coutume, avec un air totalement abruti et vitreux, et loucha en montrant le lit.
« Dis, Rony chéri, comment c'est qu'on fait déjà pour les séparer, les…euh…comment déjà ? Hic ! Les plumards, là ? »
'Rony chéri' ricana bêtement (une fois est coutume ?) et haussa les épaules :
« Y a qu'à pas le séparer le plumard, hips ! » Il s'approcha d'Hermione et la prit langoureusement par la taille. « Dis, Hermignonne, et si on faisait l'amour tous nus ? (1) »
La Préfète de Gryffondor pouffa :
« Ah oui, ça pourrait être drôle, tous nus, j'y avais jamais pensé avant, dis donc ! »
À la lumière de cette idée de génie, Hermione se rapprocha de son rouquin préféré et lui empoigna maladroitement le t-shirt avec l'intention visible de mettre en pratique cette histoire rocambolesque de faire l'amour tous nus. Sans attendre une seconde de plus elle laissa cinq années de frustrations (plus deux pichets de liqueur de pêche et trois choppes de Chouchen) guider ses gestes. Elle emprisonna les lèvres de Ron, lui dévorant la bouche. Elle ne s'arrêta pas en si bon chemin, elle profita de la surprise de sa victime pour lui rouler la galoche du siècle (enfin, ex-aequo avec le roulage de patin en règle du Drago auquel Harry était en train de procéder dans la chambre voisine).
Elle n'écoutait plus du tout son côté encyclopédique et psychologue de comptoir, qui lui hurlait que c'était sûrement une énorme erreur, que leur amitié allait forcément en pâtir, voire être totalement détruite, et qui leur faudrait sûrement une psychothérapie de quinze ans pour remettre les choses d'aplomb entre eux. Au lieu de ça, elle fit taire son côté freudien, et serra encore plus fort Ron contre elle, se pressant tout le long de son corps.
Ron n'était pas en reste, il avait ce soir-là les mains pleines de doigts et les lèvres demandeuses. Enfin, il avait son Hermione rien que pour lui, et pas Krum. C'était lui qu'elle embrassait, et pas cet abruti de yaourt bulgare écrémé. Il laissa ses mains passer sous le chemisier fleuri de sa nymphe des bibliothèques (2). Ses doigts caressèrent la peau délicate, qui se hérissa sous leur passage. Finalement, il retira entièrement le chemisier d'Hermione, impatient de pouvoir enfin voir son corps libéré de toute trace de cape, chemisier, et autre manuel de Métamorphose. Il resta éberlué, et rigola bêtement :
« Wow, Hermignonne, tu fais comme Mélinée, tu rembourres tes soutiens-gorge aussi ? Hi, hi ! »
Hermione, bien sûr, était trop perdue dans les méandres alcoolisés et euphoriques pour prendre au sérieux la phrase du plus jeune fils Weasley, et de toutes façons, l'instant d'après, le soutif et son rembourrage partirent se faire la malle sur la lampe de chevet.
Hermione gémit légèrement, quand les mains de Ron lui caressèrent le ventre. Elle voulait sentir ses mains sur elle, son souffle près de son oreille, après presque cinq ans d'attente, c'était que justice, quoi. Tout cette excitation rien que pour elle, même s'ils étaient tous deux à moitié fracassés, c'était quelque chose de sensationnel. Il fallait qu'elle le sente brûler de désir pour elle, et rien que pour elle, car Herm' était toujours la meilleure en tout, et le lit ne devait pas faire exception. À chaque nouvelle caresse que Ron lui procurait, elle sentait son propre désir et son excitation augmenter. Toujours plus haut, toujours plus chaud. Jamais elle n'avait ressenti autant de plaisir. À part peut-être la fois où elle avait trouvé un manuel dans la Réserve de la bibliothèque de Poudlard signé de l'Enchanteresse Viviane elle-même.
La jolie brune décida de tout mettre en œuvre pour que Ron aussi éprouve autant de plaisir qu'elle. Elle lui retira son t-shirt, ce faisant en lui coinçant trois fois la tête dans l'encolure, et elle en profita pour lui caresser la peau au passage. L'embrassant de nouveau, elle se frotta contre lui, glissant sa cuisse contre l'érection grandissante du roux. Sans plus tarder, ce dernier pris ce frottement comme un signe pour achever de la déshabiller. Il prit son temps, voulant immortaliser le moment où il la découvrirait pour la première fois. À moins que ce ne fût sa tête qui tournait tellement qu'il ne pouvait aller plus vite que ça.
Ses mains suivaient le même chemin que ses yeux, mémorisant chaque grain de sa peau. Il finit par la soulever et la porter vers le lit, où il la déposa amoureusement. Il se sépara également de ses derniers vêtements en titubant légèrement, avant de la rejoindre dans les draps. Avant de s'affaler sur le matelas, le roux songea avec bonheur qu'il serait au moins meilleur qu'Harry dans un domaine : il serait le premier des deux à ne plus être puceau ! (Et toc !)
Hermione imprima mentalement l'image de Ron nu et excité, afin de s'en souvenir toute sa vie. Elle le fit s'installer au dessus d'elle, pour sentir son poids sur elle. Le fait de se sentir dominé par Ron l'excitait un peu plus, et ça, combiné aux vapeurs d'alcool persistantes, lui donnait l'impression d'être en feu. Lascivement elle commença à frotter son bassin contre celui de son futur amant, les entraînant tous les deux plus haut dans leur extase.
Ron s'était mit en devoir d'embrasser Hermione sur chaque partie de son corps : son visage, ses jambes, sa poitrine, son ventre. C'était comme s'il mourrait de faim et qu'Hermione était sa seule nourriture qu'il s'appliquait à dévorer consciencieusement. Il s'abreuvait de ses soupirs de plaisir, de ses gémissements, ou encore de ses cris, quand il laissait ses dents lui érafler la peau. Il se nourrissait du plaisir d'Hermione, renforçant le sien par ce même biais. Tous ses sens alimentaient son désir. L'alcool brouillant sa perception de la réalité, Ron se sentait progressivement devenir fou : fou de désir pour son Hermione tant désirée (surtout depuis qu'elle avait réduit ses dents en 4ème année).
La jeune fille, quant à elle, n'était plus qu'une masse gémissante de plaisir. Elle n'en pouvait plus d'attendre (ce qu'il pouvait être lent quand il s'y mettait !). Elle voulait le sentir en elle, tout de suite. Dans l'espoir de se faire comprendre par son partenaire, elle encercla la taille de ce dernier avec ses deux jambes. Elle ne pouvait plus prononcer la moindre parole, et elle espérait que Ron la comprendrait malgré tout –sinon il faudrait se résoudre à procéder à une implantation de neurones sous ses cheveux carotte. Fort heureusement, il s'avéra que le jeune homme était bien plus rapide à la comprenette dans ce domaine qu'en potions ; la nouvelle position plaçait le sexe de Ron exactement à l'entrée d'Hermione, qui gémit plus fort en sentant son but approcher, et celui-ci comprit instantanément le message de sa désormais petite copine. Aussi ne perdit-il pas plus de temps que nécessaire. Doucement, pour ne pas blesser Hermione, qui était encore vierge, il entra en elle. Malgré toutes ses précautions, Hermione se crispa un peu sous la douleur de la première pénétration. Cependant le plaisir d'avoir Ron enfin joint à elle, se mêlait à cette douleur, aussi encouragea-t-elle Ron à continuer. Une fois complètement à l'intérieur de la chaleur et de la moiteur de sa bien-aimée, Ron attendit un peu pour reprendre le contrôle de lui-même.
Lentement il commença ses mouvements de va et vient à l'intérieur de la jeune fille, qui allait à la rencontre de ses coups de reins. Bientôt leur rythme s'accéléra et leurs gémissements devinrent plus bruyants, plus sauvages. Le passage d'Hermione massait divinement le sexe de Ron, et le bassin de celui-ci, qui s'appuyait contre elle, offrait un frottement parfait pour Hermione. Leur plaisir augmentait de plus en plus. Soudain, ils se cambrèrent tous deux, leurs orgasmes les surprenant. Leurs cris de jouissance émerveillée réveillèrent tous les habitants de la tente, sauf ceux plongés dans un profond coma éthylique ou trop occupés eux-mêmes pour entendre quoi que ce soit. C'est-à-dire qu'ils ne réveillèrent pas grand monde au final.
Enfin leurs souffles reprirent un rythme normal, tout comme les battements de leurs cœurs, et ils retombèrent l'un sur l'autre, épuisés. Avant que le sommeil ne les trouve enchevêtrés l'un sur l'autre, Hermione eut la présence d'esprit de conjurer une couverture qui vint les protéger.
Lorelei se retourna en grognant dans son oreiller dans la chambre voisine. À côté d'elle, totalement dézingué, ronflait Maxime. Elle pesta :
« P'tain, z'ont l'alcool sportif les Angliches ! Heureusement que j'avais pas apporté l'hydromel au gingembre de la mémé de Quimperlé ! Groumpf ! »
Elle attrapa sa baguette et balança, furax, un sort de silence.
« Bonne nuit. », fit-elle pour elle-même.
« M'ci maman Ours. », lui répondit Max entre deux ronflements.
oOoOoOo
Le lendemain matin (ou plutôt : après-midi…)
Quand Eymelie se réveilla, le soleil était déjà haut dans le ciel. David, vautré dans le lit à côté d'elle, n'était pas encore réveillé. Elle soupira, passa une main dans ses cheveux rouges en bataille, se leva péniblement, se prit les pieds dans la guitare du garçon qui traînait au pied du lit, et parvint enfin à sortir de la chambre. Apparemment, pas grand monde était debout. N'eut-elle perçu un mouvement vers le fond de la tente, elle se serait crue seule à être éveillée, et pourtant, il était relativement tard. Treize heures quarante-cinq même, lui apprit la pendule. Lorelei, en chemise de nuit bleu foncé, était assise à la table de la cuisine, l'air maussade et très mal lunée. La Préfète rejoignit sa consœur, et s'attabla gaiement en se conjurant une tasse bien chaude d'Earl Grey.
« Ça va ? T'as l'air…hmmm, pas très en forme à vrai dire. »
Lorelei leva vers elle des yeux bleus cernés de noir.
« J'ai l'air d'avoir bien dormi ? Entre ces deux tarés qui orgasmaient dans la piaule à côté (pas de Chouchen pour ceux-là au fait), Max qui m'a prise pour maman Ours toute la nuit et tout le reste… »
« Ow…Excuse…Je savais pas. C'est qui les deux tarés ? Eli et Lucas ? »
La blonde eut un geste d'impatience.
« Non. Eli était encore assez lucide pour jeter un sort de silence sur leur chambre. C'est les deux Angliches, Encyclo et Carotte. » Elle tartina pensivement un petit pain au lait. « Terrible, quel bordel ils ont fait, y devaient en avoir sacrément envie depuis au moins dix ans, ces deux-là ! J'ai été obligée de me lever pour jeter un sort de silence sur ma piaule ! »
À ce moment-là, un grand bruit se fit entendre du côté des chambres justement, et bientôt, un Drago à moitié réveillé, qui avait apparemment renversé un service à thé au passage, se dirigea à tâtons vers la cuisine. Les deux Préfètes Vampiglams le regardèrent faire, totalement effarées. Il n'avait pas grand-chose à voir en cet instant avec le petit merdeux aristocratique, froid et arrogant, qu'Elianor avait dû se coltiner au début du séjour. Ses cheveux blonds étaient totalement ébouriffés, le t-shirt de son pyjama était de guingois et laissait voir une épaule entièrement dénudée ; ses yeux gris étaient encore bouffis de sommeil, et il tenait à la main quelque chose qui avait dû être une taie d'oreiller, d'une couleur rose fané. Il s'affala dans la première chaise venue, et marmotta :
« Kess'ya-à-manger-c'matin ? »
Eymelie sourit avec douceur, et étonnamment, Lorelei ne hurla pas.
« Qu'est ce que tu voudrais ? Thé ? » Le garçon hocha la tête, et Eymelie invoqua une tasse d'Earl Grey fumant. « Ensuite ? Pain au chocolat ? Croissant ? Céréales ? »
« Porridge et bacon bien grillé. », renifla le blond.
Une fois tout sur la table, le Serpentard commença à manger sans hâte et donc à se réveiller un peu mieux. Lorelei lui demanda gentiment :
« Alors, t'as bien dormi ? »
Drago leva vers elle des yeux un peu moins collés.
« Moui. Mais j'ai fait un rêve bizarre. » Il prit une gorgée de thé. « J'ai rêvé que quelqu'un m'embrassait pendant que je dormais, et… »
Il s'empourpra légèrement, mais ne poursuivit pas. Eymelie et Lorelei échangèrent un regard amusé. Le 'rêve' avait bien dû aller un peu plus loin, mais comme il s'était assis normalement, pas trop loin non plus. Eymelie mordit dans un pain aux raisins.
« Attention à ne pas faire ce genre de rêves trop souvent quand tu dors avec quelqu'un, ça pourrait le gêner… », dit-elle.
« …ou pas. », compléta judicieusement Lorelei.
L'étudiant anglais prit une teinte coquelicot des plus adorables, mais Eymelie décida de ne pas le gêner davantage. Elle se tourna vers la blonde :
« C'était quoi, alors, l'autre truc ennuyeux dont tu parlais ? »
L'autre Préfète eut un geste d'impatience, et désigna un grand hibou aux plumes dorées, perché sur un des fauteuils du salon.
« C'est Korrigan. Il m'a réveillée à une heure, ce con. Il vient de la part de mon père. » Drago la scruta d'un air interrogateur ; encore une fois, Lorelei ne le renvoya pas chier comme elle l'aurait fait d'habitude. « Mon paternel, c'est Tristan Kervemec. C'est le Vice-druide de Brocéliande ; le Druide en chef, c'est mon grand-père Siegfried. Comme chuis l'aînée, je deviendrai Grande Druidesse à leur mort, donc je suis toujours tenue informée de tout ce qui se passe là-bas. Et ce matin, il m'a envoyé Korrigan, notre hibou, pour me prévenir d'un problème. Rapport à cette histoire pas claire avec les fées y a trois semaines, tout ça. »
Eymelie fronça un sourcil :
« Pourquoi ? Qu'est ce qui se passe ? Y z'ont découvert quelque chose d'autre ? »
Lorelei prit une autre gorgée de café, et hocha la tête :
« Ouaip. Comme mes vieux connaissent la forêt par cœur, ils ont aidé les Aurors à faire le boulot de déblaiement et à reconnaître les cadavres, établir les listes officielles, tout ça…Seulement, y a eu un bug. Y se sont rendus compte qu'il manquait une fée à l'appel, introuvable tant chez les morts que chez les vivants. Et pas n'importe laquelle. »
Cette fois, Eymelie et Drago zyeutaient impatiemment vers la blonde, afin de savoir le fin mot de l'histoire.
« Oui, il en manquait une, et personne n'est en mesure de savoir où elle est. Une des plus puissantes, une conseillère de la Reine elle-même (qui est toujours hospitalisée dans un état grave à l'hôpital des maladies magiques Lancelot Dulac) : la fée Pudding. »
Un grand braoum ! fit sursauter les deux jeunes filles. Interloquée, Lorelei se tourna vers le Préfet Serpentard qui était tombé au bas de sa chaise.
« Bah qu'est ce que t'as ? Tu la connais, la fée Pudding ? »
Le garçon se releva. Ses yeux étaient légèrement exorbités, comme s'il venait d'apprendre quelque chose d'horrifiant, mais il secoua la tête.
« Non, non, je la connais pas. Pas du tout. Du tout. »
Lorelei haussa un sourcil sceptique, preuve qu'elle ne croyait pas le moins du monde à cette dénégation véhémente.
« Quoi, c'est ta marraine, la fée Pudding ? »
Les yeux gris de Drago s'écarquillèrent encore plus. On aurait dit une fouine prise dans les phares aveuglants d'une voiture qui s'apprêtait à la renverser.
« Mais…non ! Pas du tout ! Mais non, qu'est ce que tu vas chercher, pas du tout… »
Eymelie eut un petit rire sarcastique :
« Te casse pas va, on a compris. » Elle remplit son verre d'un jus rouge, en but une lampée, et le reposa sur la table, fixant le blond de ses yeux d'un vert presque hypnotique : « Bon, alors, qu'est ce qu'elle t'a prédit à ta naissance, la fée Pudding ? »
Les mains du garçon blond tremblaient tellement fort qu'il renversa du porridge sur la table.
« Je ne sais pas, c'est pas ma marraine, j'ai pas de marraine, laisse-moi avec ça ! »
Eymelie allait rétorquer quelque chose, mais un coup de coude de Lorelei dans ses côtes la retint. La grande Préfète murmura :
« Lâche-le, ça sert à rien. Y dira rien. »
La rouquine ne répondit rien, se contentant d'une moue maussade. Fort heureusement, ce fut le moment que choisirent Lucas et Eli pour débarquer. Le premier portait un caleçon à rayures bleues et blanches et une chemise jaune brodée de l'écusson de Fumoquette ; la jeune fille portait aussi un t-shirt jaune qui lui descendait presque jusqu'aux mollets. Quand elle se tourna pour prendre le sucre dans un des placards, les autres purent voir dans son dos le dessin d'un gros ouistiti qui souriait de toutes ses dents en lançant des clins d'œil aguicheurs, avec ce qui semblait être un énorme pétard dans la bouche. Don't smoke nicotine, pot is much better, disait la légende écrite sous le singe en lettres rouge sang. Quand elle alla s'asseoir, elle remarqua que Drago la regardait d'un air interloqué. Elle invoqua un chocolat au lait.
« Bah quoi ? Y te plaît pas mon t-shirt ? C'est Max qui l'a dessiné. » Le Serpentard ne répondit rien, et la jeune Capitaine de Quidditch se tourna vers son copain : « Tu peux m'passer la confiture de fraise, s'te plaît, Lulu ? »
À nouveau un grand fracas ; Drago avait laissé tomber sa cuillère par terre. Les quatre Français le regardèrent à nouveau comme s'il sortait d'un hôpital psychiatrique.
« Euh, non…C'est euh…ma mère. Elle appelle tout le temps mon père Lulu aussi. Pour le faire chier. », bafouilla-t-il misérablement en ramassant l'ustensile.
« Ah ? Ton père s'appelle Lucas aussi ? », fit ledit Lucas.
« Non, Lucius. »
« Lucius ? C'est très con comme prénom. », rétorqua Elianor en tartinant la confiture sur un toast. « Il se prenait pour un empereur romain, ton grand-père ? Déjà que Drago c'est bizarre… »
La conversation fut interrompue par l'arrivée successive de Méli, Neville et David ; ce dernier jetait d'ailleurs des regards noirs au pauvre Gryffondor qui avait osé partager la chambre de son ex. Vers les trois heures de l'après-midi enfin, tout le monde fut à peu près debout, même Ron et Hermione, qui semblaient étrangement tendus et n'osaient même plus se regarder en face. Malika, Dean et Seamus étaient déjà partis de bonne heure le matin. Ils avaient tenu à aller visiter la ville de Pont-Aven, dans le Finistère, et avaient laissé un mot sur la table de la cuisine.
Harry, lui, s'était levé au moment où Eymelie avait commencé à préparer un énorme plat de spaghetti carbonara –à vrai dire, c'était plus une marmite qu'un plat, mais y avait douze bouches avides à nourrir. Son grand-père était italien, aussi adorait-elle cuisiner des pâtes en tout genre et à toute heure du jour et même de la nuit. Juste au moment où un Drago sceptique lui faisait remarquer que touiller magiquement les spaghetti serait beaucoup moins fatiguant pour son poignet, il sentit un souffle dans sa nuque et une voix rauque susurrer à son oreille :
« Et depuis quand un Malefoy se soucie-t-il des délicats poignets des Sang-de-Bourbe ? »
Le blond fit un bond d'environ quinze mètres de haut, et se tourna furieux vers le Gryffondor à lunettes :
« Potter, espèce de crétin ! J'ai failli faire une attaque ! Ça va pas non ? Je m'inquiète pour qui je veux d'abord ! »
Eli, non loin de là, ricana :
« Pas sûr que Papa Lulu approuverait pour le coup… »
Drago lui jeta un regard qu'il espérait noir, mais Elianor lui renvoya un sourire goguenard et lui tira la langue, preuve qu'elle n'était pas le moins du monde impressionnée. Enfin, quand le Serpentard eut réussi à bloquer sa cousine dans un coin, à lui verser l'intégralité du pot de confiture de fraise dans les cheveux, et que celle-ci lui eut tartiné le nez et les joues au Nutella en représailles, Eymelie annonça que les spaghetti étaient fins prêts, et ils purent passer à table. Eli avait une serviette sur ses cheveux mouillés, et grogna à l'adresse de son cousin qui revenait avec elle de la salle de bains :
« Barbare ! », couina-t-elle en lui pinçant l'avant-bras.
« Gribouilleuse ! », lui rétorqua le blond.
Harry quant à lui, était resté légèrement surpris par le comportement du blond –jamais le Malefoy de Poudlard ne se serait comporté de la sorte. Ron avait l'air suspicieux, tout comme Neville. Seule Hermione arborait un léger sourire indulgent, comme un professeur ravi de voir un élève lui rendre un bon devoir. Harry haussa un sourcil interrogateur, et l'entraîna un peu à l'écart :
« Mione ? », lui souffla-t-il dans l'oreille. « C'est quoi ce sourire ? Depuis quand tu regardes Malefoy comme ça ? »
Hermione se retourna vers lui, le même sourire accroché à ses lèvres.
« C'est parce qu'il redevient peu à peu lui-même, voyons ! Depuis quand il n'a pas prononcé le mot Sang-de-Bourbe ou même Weasmoche… ? J'ai lu dans l'Almanach des Sortilèges de Grands Pouvoirs à la bibliothèque de Beauxbâtons que l'Imperium se dissipait lentement, mais qu'au bout de deux semaines à peu près, l'individu reprenait entièrement les traits de caractère qu'il aurait eu sans le sort…C'est encourageant, non ? On voit de plus en plus Lucius Malefoy s'effacer chez lui… »
Sur ce, elle s'éloigna pour s'asseoir à table, à côté d'un Ron qui devint immédiatement aussi rouge que ses cheveux. Harry les rejoignit peu après, préoccupé. De fait, depuis que le blond redevenait 'lui-même', et non plus la pâle imitation de son père qu'il avait toujours été jusque là, il se sentait étrangement troublé. Rien que la nuit dernière…Le Golden Boy rougit, et touilla ses pâtes. Ne plus y penser, ne plus y penser, ils étaient bourrés tous les deux, de toutes façons…Ça ne comptait pas.
oOoOoOoOoOo
Notes :
(1) Attention autre vanne du même pote à Lilulle –toujours déposée auprès des Vannes Vaseuses !
(2) Sommes-nous champêtres !
Le sondage de Ritsuko !
À votre avis, qui est la fée Pudding par rapport à Drago?
A/ Sa vraie mère (elle a dû avoir mal pour l'accouchement!)
B/ Sa petite amie (et il la cache dans sa taie d'oreiller le jour…)
C/ C'est sa marraine, mais il veut pas le dire parce qu'elle est trop moche (c'est la honte pour un Malefoy!)
D/ La fée Pudding est le nom d'emprunt que prend Voldy pour ses missions top secrète d'infiltration chez les fées!
Dans le prochain chapitre : où Harry et compagnie découvrent une boîte de nuit assez spéciale, où on parle chiffons, où y a des Korrigans au plafond…et où Voldy fomente encore des trucs pas clairs !
