Blabla bête des auteurs : Et voilà enfin le chapitre 23, qui montre une fois de plus l'énorme capacité inventive de notre Ritsuko qui a beaucoup d'imagination dès que ça concerne des lieux de débauche… :D

Bref, nous vous informons que c'est un de nos chapitres préférés à nous, les auteuses ! Et c'est aussi le dernier où l'action est disons, limitée. Dès la semaine prochaine, ça va bien bouger ! D'ici là, continuez à nous reviewer, où il pourrait bien nous arriver d'oublier de poster aussi… (Après tout, Lilulle, qui est chargée de poster, est en vacances (encore ?) dans le sud de la France où elle n'a pas l'ADSL alors…)

Réponses aux reviews : Une fois n'est pas coutume, petits remerciements rapides ! Tout d'abord, merci à Lelia Black pour ses deux reviews et sa fidélité ! Bien sûr qu'y aura tout plein de couples à la fin du week-end ! Le mystère des fées, ça, par contre, c'est top secret, mais bientôt dévoilé promis ! Et merci à Corail de continuer à nous lire et à nous encourager !

Bonne lecture à tous !


oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo

Chapitre 23

Le Korrigan's Hell

Si Harry pensait se reposer ce samedi, c'était sans compter la grande Préfète blonde, qui avait prévu tout un programme, à savoir, la visite des alignements de Carnac, qui recelait une très grande puissance magique, puisqu'ils avaient été élevés durant la préhistoire par les premiers sorciers qui peuplaient la Gaule à cette époque. Une fois qu'ils eurent passé deux heures à slalomer entre les pierres moussues et dressées vers le ciel orageux, les pieds dans une bouillasse infâme, et qu'Eymelie ait commencé à s'enrhumer à en juger par les éternuements frénétiques qui la secouaient depuis une bonne demi-heure, Lorelei consentit à battre en retraite, et accepta d'activer un autre Portoloin en forme de coiffe bigoudène pour les amener boire une Bièraubeurre à Loctudy, un petit village du Finistère qui avait d'excellentes tavernes sorcières.

Lorsqu'ils entrèrent au Dolmen Lubrique, la taverne préférée de Lorelei, mais qui n'inspira pas plus confiance que ça aux cinq Anglais, ils étaient tous trempés comme des soupes. L'endroit était relativement sombre, mais il fallait dire que le temps dehors était tellement mauvais que cela pouvait l'expliquer. Des drapeaux à rayures noires et blanches et ornés de queues d'hermine étaient accrochés au mur, et on entendait en fond musical des sons stridents d'une cornemuse visiblement mal accordée.

« Tu joues de la cornemuse, Londubat ? », avait demandé Drago en égouttant d'un air écœuré ses cheveux blonds.

« Euh, non… », fit Neville.

« Ah ? Bizarre. J'aurais pourtant juré que c'était toi qui en jouais. »

Il eut un grand sourire, et Ron le menaça encore de lui casser la gueule. Harry se renfrogna. Peut-être qu'il ne disait plus 'Sang-de-Bourbe', mais il restait quand même un petit con de première en ce qui concernait d'insulter les autres…Finalement, le Survivant eut soudain beaucoup moins de remords d'avoir un peu profité de son taux d'alcoolémie de la veille, et ne regretta aucun des doigts qu'il avait posé sur la peau blanche du Serpentard. Il pensa avec férocité que si jamais il disait au blond qu'il avait gémi entre ses mains cette nuit-là, celui-ci serait tellement mortifié qu'il n'oserait même plus vanner Neville pendant les quinze prochaines années, de peur que Harry n'aille le répéter partout.

Lorelei leur trouva une table assez grande pour les accueillir tous les douze, mais tout de même assez petite pour qu'ils dussent tous s'y entasser les uns contre les autres. Harry se retrouva collé entre Drago et Mélinée. Il entendit vaguement la voix de la Préfète demander qui voulait une Bièraubeurre, et il dut jouer des coudes pour lever le bras.

« Alors on veut huit Bièraubeurres, deux coupes d'Hydromel flambé, un Whisky Pur Feu, et un Nectar d'Ambroisie ! Et aussi mets-nous une caisse de Chouchen fait maison, on sait jamais. Sur le compte de mon père. »

Harry pensait que tout le monde aurait pris une Bièraubeurre ; il ne fut guère surpris de constater que Malefoy, en tant que bon fils à papa qui se respecte, avait pris un Nectar d'Ambroisie, soit une des boissons les plus rares et les plus chères qui existe. Le Whisky Pur Feu était allé rafraîchir le gosier de Maxime, et les deux Hydromels ceux de Lorelei et Lucas.

Quand ils rentrèrent enfin à la tente à vingt heures passées, Lorelei tenait dans sa main une caisse réduite de Chouchen, et David et Neville s'appliquaient à soutenir Max qui avait finalement commandé trois Whisky supplémentaires. Lorelei était bien évidemment furieuse :

« C'est dégueulasse, j'avais prévu une soirée Chouchen, et lui, il est déjà bourré ! »

Harry ouvrit des yeux ronds derrière ses lunettes, et se pencha vers Mélinée pour lui demander à l'oreille :

« Mais qu'est ce que vous faites de vos week-ends, à part vous pinter la gueule ? »

Mélinée eut l'air surprise :

« Bah…Vous faites pas ça, vous ? »

« On a pas le droit de ramener d'alcool dans les enceintes de Poudlard ! », fit Hermione d'un ton outré.

« Oh. Mes pauvres. », fut à peu près le seul commentaire de la jeune fille. « Mais non, c'est pas la seule chose, de toutes façons. Y nous arrive de nous envoyer en l'air, des fois. Mais ça devient très rare. », acheva-t-elle en balançant un regard meurtrier à David.

Neville ouvrit la bouche, stupéfait, et Ron rougit jusqu'au lobe des oreilles. Mais Elianor était cependant globalement d'accord avec Harry.

« On va pas rester là à picoler encore toute la soirée ? On l'a déjà fait hier ! C'est nul ! Et pour ce qui est de s'envoyer en l'air, on l'a aussi fait hier, même bourrés ! »

Ron devint si cramoisi qu'Harry s'attendit presque à voir de la fumée lui sortir des narines.

« Bah quoi ? », fit Lorelei. « Eli a raison, ne niez pas, bande de pervers ! Presque tout le monde a pris son pied cette nuit, sauf moi évidemment…Lulu et Eli, Ron et sa copine, et j'ai même entendu le petit blond gémir tôt ce matin en allant boire un coup à la cuisine ! »

Drago, qui était en train de boire un thé, lâcha la tasse dans un fracas impressionnant, alors que ses quatre compatriotes se tournaient vers lui. Ses joues pâles prirent une intéressante couleur rose :

« N'importe quoi ! », couina-t-il.

« Pas du tout ! J'ai très bien entendu ! D'ailleurs, t'avais à peu près cette voix… »

Mélinée se tourna d'une traite vers Harry :

« Vous avez baisé ? »

Harry se gratta nerveusement les cheveux, l'air penaud :

« Je dirais pas ça comme ça, euh…je me souviens pas très bien, j'étais un peu bourré…euh… »

« Qu'est ce que tu m'as fait Potter ? », hurla Malefoy d'une voix soudainement suraiguë.

Harry prit un air ahuri :

« Mais rien, rien du tout, c'est toi qui a dû t'exciter tout seul en rêvant… »

Il aurait bien voulu répondre autre chose, mais il avait capté le regard dégoûté de Ron au passage. Mieux valait ne pas faire de vague, et en plus cette réponse semblait gêner encore plus Malefoy qu'autre chose. Le roux sauta sur l'occasion :

« Alors, la fouine, comme ça, on fait des rêves cochons au lit avec Harry à côté ? Vilain petit sorcier, elle le sait ça, maman Malefoy, ou elle pense toujours que son bébé est tout naïf ? On en prend bien soin, du précieux manche à balai Malefoy vingtième du nom, au moins ? Histoire qu'il engendre une future génération de Mangemorts ? Enfin, une fois que tu ne seras plus puc… »

Le rose aux joues du blond disparut instantanément ; il était devenu livide, et sans crier gare, se jeta sur Ron, sans même prendre la peine d'essayer de lui jeter un sortilège avec sa baguette magique. L'offense devait vraiment être profonde pour qu'il en oublie qu'il était un sorcier indigne de se battre comme un vulgaire moldu. Ils roulèrent à terre, en grognant de rage, et il fallut l'aide de Lucas, Lorelei, Harry, Eli et Eymelie pour les calmer. Harry et Eli, chacun accroché à un bras du blond, l'éloignèrent de Ron, alors qu'Hermione se précipitait vers son très récent petit ami pour le relever. La sorcière du Languedoc fit un signe de tête au Survivant :

« Aide-moi, on va le ramener dans votre chambre, mieux vaut l'éloigner… »

Les deux adolescents traînèrent le garçon dans la chambre à l'écart. Le corps du blond tremblait convulsivement lorsqu'ils l'allongèrent sur le lit. Mélinée entra à cet instant à leur suite. Elle avisa le Serpentard, et sortit de la poche de sa robe une petite fiole :

« C'est un calmant. C'est ma mère qui le fabrique. Ça aide les gens à se remettre d'aplomb. » Elle le fit boire, puis caressa doucement ses cheveux, alors qu'Eli lui tenait la main. « Il a pas l'air d'aimer qu'on insulte sa famille… »

« Tu connais quelqu'un qui aime ça ? », aboya Elianor. « Et en plus, ton copain a insulté son précieux manche à balai –à mon avis c'est limite plus grave que sa famille… »

Quand le blond se fut calmé, ils revinrent au salon où Hermione terminait de panser une plaie qui saignait sur la lèvre de Ron. Entre temps, Lorelei avait eu le temps de réfléchir au programme de la soirée.

« On ira en boîte de nuit. Une boîte sorcière bien sûr. Y en a une pas loin dans la lande, un peu plus haut, vous verrez, elle est sympa… »

« Le Korrigan's Hell, je suppose ? », fit Eli dans un soupir.

« Tu supposes bien ! », renchérit la Préfète, ravie.

« Elle est pas bien ? », s'inquiéta soudainement Harry, se souvenant du pub louche de Loctudy.

« Oh, si elle est bien… », fit Eli d'un ton pas convaincu. « Très bien même. Ils ont même des salons privés si tu veux t'isoler. Et des spectacles privés aussi. »

« Tu nous amènes dans un bar à putes ? », s'écria une Hermione outrée. « Je refuse de venir ! »

« Si Mione vient pas, je viens pas non plus ! », fit Ron.

« Bien sûr. », fit Lorelei. « Pas besoin de gogo-danceuse pour toi, veinard ! » Elle se tourna vers les autres : « C'est pas un bar à putes, et vous venez, c'est obligatoire ! »

Drago essaya de prétexter un mal de tête atroce et fulgurant, mais Eymelie lui envoya en pleine poire une boîte de médicaments moldus appelés Doliprane, et Lorelei accompagna son geste de la phrase énigmatique :

« Garde les Dolipranes à portée de main, Harry Poppers (1). À mon avis, il est du genre à faire le coup de la migraine pour pas passer à la casserole, ton beau blond ! »

oOoOoOo

Ils marchèrent quelques temps dans la lande, assez longtemps pour que Harry ait mal aux pieds, quand enfin, Lorelei les fit stopper au niveau d'une clairière, avec en son centre une petite mare boueuse. Non loin de là se dressait un dolmen, dont la silhouette massive se découpait dans la nuit tombante. La grande Préfète blonde fit avancer jusqu'au dolmen ses neuf compagnons (Seamus, Dean et Malika n'étaient toujours pas revenus de Pont-Aven, et Hermione et Ron avaient décidé de rester à la tente, pour ''la surveiller''). Neville trébucha dans la boue bien deux ou trois fois, se rattrapa à Harry la troisième fois, et faillit les faire tomber tous les deux. Maxime n'arrivait pas à allumer son pétard (visiblement, les vapeurs du Whisky étaient difficiles à dissiper), Lucas racontait des blagues de cul ou affreusement horribles à Eli, Eymelie et Mélinée qui hurlaient de rire dans le noir ; quant à Drago, il n'arrêtait pas de se plaindre depuis un certain temps que la boue allait tacher sa jolie robe de velours.

« …et là, la mère lui dit : ''Pas de bras, pas de chocolat !''… », acheva Lucas tandis que les trois filles poussaient des hurlements scandalisés devant le cynisme de sa blague.

« Mais taisez-vous à la fin ! », hulula Lorelei. « On est arrivés, un peu de tenue merde ! »

Les trois Anglais firent une moue éloquente, surtout Drago, qui inspectait ses bas de robes d'un air boudeur, en pestant contre ces saletés de marécages qui avaient foutu en l'air sa nouvelle cape de voyage de chez Burburry (2) que sa môman lui avait acheté pour son séjour en France.

« C'est là ? Où ça là ? Y a rien du tout, là ! », fit remarquer Neville. « T'y es déjà venue ? », demanda-t-il à l'adresse d'Eymelie.

« Non, mais j'en ai beaucoup entendu parler…J'ai hâte de voir à quoi ça ressemble, si c'est si fantastique que ça… »

Lorelei fit reculer tout le monde, et sortit sa cravache magique avec un air théâtral. Elle se plaça face au dolmen, entre les deux piliers principaux, et prononça :

« Cuite au Grand Marnier ! »

Aussitôt, l'espace vide entre le linteau supérieur et les deux pierres qui le supportaient se brouilla lentement, comme si un rideau d'eau tombait lentement. La jeune Batteuse de Vampiglams fit une élégante révérence :

« Après vous, m'sieurs dames ! »

Comme les autres hésitaient visiblement, Eli s'engagea la première, et traversa le rideau d'eau d'une traite. Harry contourna le dolmen, pour constater que la jeune fille n'avait pas réapparu de l'autre côté. Cela lui rappela douloureusement une autre Arche dans la salle des Mystères du ministère de la Magie à Londres, mais il était quasiment sûr qu'Eli n'était pas partie pour de bon, elle.

« Hé, Cicatrice, c'est quand tu veux, on va pas rester la nuit à contempler le cul du dolmen mon gros ! »

Harry traversa le rideau opaque à son tour. Il n'en ressortit pas mouillé, tout juste une vague de fraîcheur le fit frissonner. Lorelei le suivit de peu, et il l'entendit dire :

« C'est bon, on est tous arrivés ! »

Un énorme black aux biscotos saillants et aux lunettes de soleil fit un bref signe de tête, et donna un coup de baguette vers l'endroit d'où ils venaient, sans dire un mot. Il portait un uniforme entièrement noir, si ce n'était qu'un minuscule dessin représentant un lutin sur le côté droit de sa poitrine. Quand il se retourna, Harry vit marqué dans son dos en lettres rouges enflammées Korrigan's Hell Staff. Un second type du même acabit était en train de créer des problèmes à Lucas, en lui disant qu'il ne pouvait pas rentrer avec ses baskets moldues, ce à quoi Malefoy avait renchéri qu'effectivement, les sapes moldues étaient vraiment de très mauvais goût, et il fit partager sa mauvaise expérience de la grande rue moldue londonienne où il avait été acheté des habits horribles pour passer inaperçu dans ce train moldu.

Tandis que Lucas métamorphosait ses baskets N°°° en deux babouches dorées extrêmement ridicules mais bel et bien sorcières (le videur avait oublié de mentionner de quelle genre de chaussures il voulait parler en disant ''chaussures sorcières''), Malefoy continuait à raconter à une Eli perplexe ce qu'il avait dû endurer parmi tous ces moldus abominables, et cette vendeuse gloussante qui n'avait cessé de lui tripoter les fesses en lui faisant essayer des pantalons rêches et horriblement étroits qu'on appelait 'jeans'. Du coup, il détourna l'attention du portier (les babouches y étaient aussi pour beaucoup), et ils purent entrer dans le night club même avec Maxime qui était pourtant rond comme une queue de pelle.

Ils pénétrèrent sous une arche de pierre assez humide, descendirent une volée de marches assez glissantes, et finalement arrivèrent devant une grosse porte noire, où s'étalaient encore le nom de la boîte de nuit en rouge flamboyant, ainsi que leur mascotte. Le petit lutin clignait de l'œil, soufflait des baisers ou faisait des gestes obscènes. Un gros black posté devant la porte les dévisagea brièvement, et ouvrit la porte. Ils durent encore passer au vestiaire et payer une Mornille pour y déposer leurs lourdes capes –« Heureusement que la Belette est pas là, il aurait dû hypothéquer sa maison pour payer le vestiaire », fit spirituellement remarquer le Serpentard– avant de pouvoir entrer dans la boîte proprement dite. Harry fut tout de suite époustouflé, et comprit pourquoi ils avaient dû déraper dans les escaliers et pourquoi de l'eau filtrait entre les pierres. Le night club Korrigan's Hell était situé sous la petite mare boueuse. Qui, vue d'ici, n'avait rien de petite ou de boueuse.

La salle qui s'offrait à son regard était à proprement époustouflante. Le Gryffondor à lunettes en eut presque un instant du mal à respirer. Le hall était gigantesque, de forme sphérique, çà et là se dressaient des podiums illuminés où dansaient déjà des sorciers et sorcières, et en son centre, un énorme bar circulaire occupait tout l'espace. De part et d'autres de la salle partaient des couloirs, huit au total, compta Harry, et qui donnait à l'endroit des airs de pieuvre géante. Au plafond, suspendus dans des cages dorées volaient de petits lutins rouges et mauves, aux oreilles pointues et aux dents acérées, qui poussaient des cris aigus de temps à autre.

« Qu'est ce que c'est que ça ? »

« Des Korrigans, Potter. », fit une voix froide à ses côtés. « T'écoutes donc jamais en cours ? »

Si Hermione avait été là, il aurait dit que c'était elle qui avait répondu, comme elle répondait immanquablement à chacune de ses questions. Mais là, elle n'était pas là, et la personne qui lui avait répondu était indéniablement un garçon blond à l'air passablement exaspéré.

« Oh, la ferme, Malefoy, quand j'aurais besoin de tes conseils, je te sonnerai. », rétorqua-t-il plus par habitude qu'autre chose.

Le blond eut une moue offusquée, et s'éloigna en haussant ostensiblement les épaules. Harry ne chercha pas à le retenir, trop occupé à regarder les murs de la vaste salle. Qui, en fait, n'étaient pas des murs, mais bien des vitres. D'immenses baies vitrées, même, qui donnaient sur le fond de la mare –qu'il aurait plus volontiers qualifiée de lac à présent. Bizarrement, l'eau était assez lumineuse, et il se rendit compte avec stupeur que cela devait provenir de tous les poissons multicolores et fluorescents qui nageaient dedans, illuminant aussi la piste de danse aussi fortement que les spots moldus auraient pu le faire. Non loin de là, dans l'eau, se détachaient les huit tentacules qui partaient de la salle principale, chacun terminé par une sorte de petite boule, qui devait être selon toute probabilité des salons privés. Lorelei remarqua son air ébahi :

« T'as vu, c'est rudement chouette, non ? Ils l'ont aménagée dans la mare de Morteflaque…C'est une des plus grandes boîtes de France. Avec le Calisson Club d'Aix-en-Provence, bien sûr… »

« Ça, c'est le night club préféré des Quercevalles ! », fit Méli en donnant un coup de coude dans les côtes d'Eli. « Chuis étonnée qu'elle y ait pas emmené Drago encore… »

« Pas eu le temps. », maugréa ladite Elianor.

Elle semblait soudainement contrariée, et les autres s'aperçurent vite de la raison de sa mauvaise humeur. Un peu plus loin sur la piste se déhanchait un groupe d'une quinzaine de jeunes gens, que Harry n'eut aucun mal à identifier : des Chalalard et des Barbiepouff, sans compter trois Serpentard (Parkinson, Zabini et Nott). Elianor grinça des dents en avisant une jeune fille très brune aux yeux glacés :

« Salope de Dumoulin, jusqu'ici il faut que tu viennes m'emmerder ! »

La jeune fille en question s'approcha d'une démarche féline ; elle portait un haut de dentelle noire et un pantalon de cuir moulant de la même couleur, ainsi que des escarpins aux talons vertigineux. La seule note de couleur était le bleu de givre de ses yeux qui scintillaient d'une lueur malfaisante lorsqu'elle aperçut le groupe qui venait d'arriver. Elle arriva à hauteur d'Eli :

« Alors, Quercevalles, on s'est bien amusée à m'envoyer en Terre Adélie, y paraît ? Fais attention, un de ces jours, ils pourraient bien décider d'en avoir marre de tes conneries et de te virer une bonne fois pour toutes, espèce de dégénérée ! »

Harry vit distinctement chaque muscle du corps d'Eli se tendre imperceptiblement. Lucas la retint par le bras.

« Ça n'en vaut pas la peine… »

Opale prit à partie ses amis :

« Et en plus elle sort avec cet espèce de grand crétin au sang de bourbe ! L'héritière des Quercevalles et des Trencavel, quelle honte, quelle traîtrise ! »

Les Serpentard (surtout Pansy) poussèrent des huées, avec les autres Barbiepouff, alors que les Chalalard se contentaient d'un air dédaigneux.

« Je te conseille de te casser, Dumoulin, si tu veux pas finir sur Pluton ce coup-ci. », gronda Lucas.

Clothilde Pothier, la Préfète blonde de Barbiepouff, avait agrippé le bras de sa congénère :

« Allez, viens, laisse ces nazes entre eux, on va pas gâcher la soirée… »

Avec un rire moqueur, la brune s'éloigna accompagnée de ses amies. Harry vit qu'ils se dirigeaient vers le fond de la salle, mettant ainsi le maximum de distance entre les deux groupes. Le Gryffondor à lunettes vit avec satisfaction que Malefoy n'avait pas suivi l'altercation ni même remarqué ses trois condisciples de Serpentard, étant donné qu'il était déjà assis sur une banquette dans un coin, avec Mélinée et Eymelie, et que tous trois semblaient plongé dans une conversation passionnante. Harry s'approcha discrètement de la table, espérant se glisser dans la conversation, mais vit avec horreur qu'il n'y comprenait rien ; non pas qu'il n'avait pas pris son Idiomagum, mais tout simplement parce que le sujet le dépassait.

« Non, j'en mets juste une pointe le matin, pour les tenir en place, parce que si tu en mets trop, après, ça fait tout de suite effet gras. », disait Drago en jouant avec ses mèches platine.

« Moi de toutes façons, je peux les arranger comme je veux, je suis à moitié Métamorphomage, ma sœur me déteste pour ça. », répondait Mélinée.

« Oui, ça doit être pratique, le matin je perds toujours un temps fou à la salle de bains, alors depuis la deuxième année, je suis toujours le dernier du dortoir à aller me doucher le matin, comme ça en plus j'évite Pansy qui va déjeuner très tôt… »

« Oui, moi je me souviens, c'était Lorelei qui prenait toujours tout son temps, pendant nos deux premières années à Beauxbâtons, quand on était en dortoir. Et Méli mettait toujours quarante ans à s'habiller. »

« Il faut toujours bien choisir ses habits assortis. », protesta Mélinée. « Vous, vous avez pas ce problème, vous avez des uniformes, mais nous, à part pour les occasions spéciales, on est pas tenus de les mettre, alors c'est la lutte tous les matins… »

« À ce propos, j'adore ta cape Burburry, tu l'as achetée à Londres ? »

« Oui. », dit Drago, tout fier. « C'est ma mère qui me l'a achetée. Elle adore faire les boutiques avec moi, elle m'achète toujours des trucs super chouettes. L'autre jour, elle m'a acheté des boxers Melvin Clein terribles, les nouveaux modèles avec des dragons qui bougent… »

« Oh, ceux où y a marqué 'I'm on fire' et qui crachent du feu quand le mec bande ? », s'écria Mélinée très fort en battant des mains.

« Euh… », avait dit Drago, très gêné tout à coup.

Et la conversation continuait comme ça, jusqu'au moment où, ayant abordé le sujet des jeans moldus, Eymelie se rendit compte de la présence de Harry qui n'avait pas pipé un mot, sidéré, probablement en train d'imaginer un certain Serpentard vêtu seulement d'un boxer Melvin Clein où tous les dragons rugiraient des torrents de feu en chœur.

« Et toi, t'en penses quoi, des jeans ? Tu préfères les baggy, chuis sûre ? », demanda la Préfète rousse.

Harry, dont le sens de la mode se limitait à trouver moches les fringues dont les Dursley l'accoutraient quand il était petit, ne trouva pas grand-chose à dire.

« Il y connaît rien, lui, enfin ! », intervint Mélinée. « C'est un mec ! »

« Hey ! », protesta le blond. « Ça veut rien dire ! Je m'y connais en mode, et chuis un garçon aussi. »

« Bin, pas tant que ça. », dit Mélinée. « Tout à l'heure, t'as bien dit que tes parents pensaient avoir une fille, et que le Gynécomage leur avait dit ça depuis le début de la grossesse, non ? Même que tu devais pas t'appeler Drago, à la base, et… »

« Tais-toi ! », cria Drago en bâillonnant la jeune fille aux cheveux turquoise.

Harry s'assit sur la banquette à côté de la Méli bâillonnée.

« Non, au contraire, laisse-la raconter, je trouve ça très intéressant, moi, tout ça, la Genèse de Drago Malefoy, ou comment il devint l'horrible Serpentard qu'on connaît tous… »

Une légère teinte de rose empourpra les joues pâles du blond, et Mélinée se dégagea :

« Oui, normalement, Drago devait être une fille ! Et quand il est né, tout était déjà préparé en rose, c'est pour ça que jusqu'à deux ans, il a porté des vêtements de fille et que sa chambre était toute rose ! Normalement, il aurait dû s'appeler Vélane, et comme ses parents ont été pris au dépourvu quand il est arrivé avec un kiki… »

Harry étouffa un rire, et Malefoy le fusilla du regard.

« …sa mère a ouvert un Almanach des Créatures Magiques, et elle est tombée sur la page des dragons. Donc elle voulait l'appeler Dragon, mais son père a eu pitié de son fils et en allant le déclarer à l'état civil sorcier, il a enlevé le 'n' final en pensant que ça ferait moins tarte. »

« Ce qui, bien sûr, n'est pas le cas. », conclut méchamment Harry. Il se pencha lentement vers Drago : « Alors comme ça, Malefoy, ton kiki est tellement petit que le Gynécomage l'a loupé à l'examen prénatal ? »

« Laisse mon kiki tranquille, espèce d'obsédé ! », bouda le blond.

« J'examinerai ça tout à l'heure dans notre chambre quand tu seras tellement bituré que tu ne te souviendras de rien ! », rétorqua Harry avec un sourire sadique. « Je jetterai aussi un œil à tes boxers, voir si ça crache vraiment du feu, ces machins-là… »

D'un air dégoûté, Drago repoussa le cocktail qui était poussé devant lui.

« Sale Gryffondor pervers, j'aurais dû me douter que tu m'avais fait des trucs pas nets hier soir… »

Tout occupés à leurs chamailleries, ils ne virent pas que quelqu'un les observait d'un œil intéressé dans un coin. Surtout lorsque, bien plus tard dans la soirée, et après quelques cocktails bien aromatisés, un Harry passablement éméché plaqua un Drago hébété par l'alcool contre la banquette dans le but de lui ébouriffer ses cheveux, en hurlant à tue-tête que le gel donnait des cancers de cheveux. Le blond ne chercha d'ailleurs même pas à se débattre alors qu'Harry avait visiblement entrepris de lui faire sa coupe pétard made in Potter ©. Les deux filles, bien trop cuites pour se rendre compte de quoi que ce soit, ricanaient bêtement. Mais l'observateur n'en perdit pas une miette, notant le fait que le Serpentard avait fermé les yeux et semblait s'être sensiblement détendu sous les cajoleries affectueuses du Gryffondor ivre…

oOoOoOo

Bien loin de là…

Le feu perdit légèrement sa couleur verte, pour redevenir normal. Le Seigneur des Ténèbres, assis dans son gros fauteuil devant l'âtre, se caressa pensivement le menton, l'air songeur. Il arracha ses yeux rougeoyant où se reflétaient les flammes, pour appeler de sa voix glacée :

« Queudver ! »

Un bruit de pas précipité se fit entendre de l'autre côté du couloir, et la porte s'ouvrit en grinçant légèrement.

« Oui, maître ? », fit la vile créature.

Voldemort ne prononça pas un mot, mais se saisit du bras gauche du petit homme, et appuya son long doigt blafard sur la marque des ténèbres qui s'assombrit aussitôt. Aussitôt, comme si elle s'était trouvée dans la pièce voisine, apparut Bellatrix Lestrange.

« Vous nous avez appelés, Maître ? », s'enquit-elle doucement.

Voldemort eut un demi-sourire.

« Oui. Et ça tombe bien que tu sois arrivée en premier. Je viens de terminer une petite discussion très instructive avec mon espion en France. Il semblerait que ton cher petit neveu profite de sa liberté de mouvement toute neuve pour faire à peu près n'importe quoi… »

Bellatrix fronça un sourcil, l'air un peu perplexe.

« Comment ça, Seigneur ? »

Elle vit l'œil de son seigneur s'assombrir soudainement.

« Il a été vu dans une boîte de nuit en Bretagne. Visiblement en train de flirter outrageusement avec Potter sur une banquette. Naturellement, tous deux étaient ivres morts. »

La Mangemort commit l'erreur d'avoir un sourire amusé, et encore une fois, un verre de vin rouge alla s'écraser contre le manteau de la cheminée.

« Et ça te fait rire ? Bécasse ! », hurla le Seigneur noir. Il saisit sa suivante à la gorge : « Tu sais ce que ça veut dire, Bella, n'est ce pas ? »

La femme retomba à terre, à bout de souffle.

« Oui, maître, je sais, pardonnez-moi…Je…hum…Quels sont vos ordres ? »

À cet instant, la porte s'ouvrit à nouveau, laissant passer le mari de Bellatrix, suivi de Malefoy père, d'Avery, Nott et Macnair. Voldemort eut l'air satisfait.

« Bien. Je ne pensais pas déclencher mon plan si tôt, mais les événements s'enchaînent plus vite que je ne l'aurais cru… »

Il coula un regard meurtrier à Lucius qui voulait sans nul doute possible dire ''Ton fils est un horrible petit gourgandin qui se laisse dévergonder en pleine boîte de nuit et devant tout le monde par un Survivant lubrique, c'est comme ça que tu l'as élevé ?'' et poursuivit d'un ton polaire :

« …aussi, je décide que ça commencera dès demain matin. J'espère qu'il sera encore temps…J'ai confié à mon espion sur place le soin de faire en sorte qu'il soit encore temps d'agir… » Autre regard assassin envers le géniteur du Préfet de Serpentard. « Je crois que tu sais quoi faire, Bellatrix ? »

Celle-ci eut un demi-sourire et hocha la tête avant de transplaner, suivie bientôt par les autres Mangemorts.

« Bien. », fit Voldemort, paraissant satisfait. « Que ton sang nous soit utile à tous… »

oOoOoOoOoOo

Notes :

(1)Ce jeu de mots super drôle n'est pas nous (mwarf !), mais c'est le titre d'une chanson d'Indochine en duo avec les Wampas ! (Rendons à César ce qui est à César…)

(2) Grand tailleur sorcier d'Angleterre installé au Chemin de Traverse, et qui compte une branche moldue installée à Londres également (changez un des 'u' en 'e' si vous voulez trouver le nom de la succursale moldue !).

Le sondage de Ritsuko !

Quel est le plan de Voldy ?

A/ Aller dépuceler Drago avant qu'Harry ne s'en charge.

B/ Rejoindre les djeun'z en boîte (lui aussi il a le droit de s'éclater ! Non mais !)

C/ Il veut surprendre Ron et Hermione en flagrant délit de fabrication de bébé dans la tente.

D/ Il veut voler le boxer à dragons de Drago.

Dans le prochain chapitre : où tout le monde a la gueule de bois, et où les hiboux sont des oiseaux de mauvaise augure (surtout celui de Johan)…