Blabla bête des auteurs : Euh bon, d'accord…On a une semaine de retard ! Mais ça, c'est juste parce qu'on veut garder notre avance sur les publications et qu'elle a tendance à se rétrécir de plus en plus –avec les partiels, on a pas eu le temps de continuer beaucoup…Bref, une fois qu'on l'aura finie, cette fic, il n'y aura plus de retard de ce genre ! Et de votre côté, continuez à reviewer !
Sinon, nous concernant, Ritsu vient de finir ses partiels et doit juste rendre prochainement son mémoire, après quoi elle pourra pleinement à nouveau aider Lilulle à écrire des fics, elle qui est totalement en vacances ; eh oui, elle a appris très récemment qu'elle avait eu sa licence ! (Lilulle : ''No rattrapage en juin ! Yeeees !'')
Voili voilou !
Réponses aux reviews : Comme d'hab', les reviews anonymes :
flo : Merci beaucoup de continuer de nous reviewer ! À ce qu'on constate, beaucoup de monde est emballé par le Korrigan's Hell ! Faudrait vraiment penser à faire une boîte comme ça. Sinon, on pense que Harry n'a pas de fée marraine, car il n'est pas issu d'une famille sorcière intégriste : la preuve, son père a épousé une sorcière d'origine moldue…Donc…
Lelia Black : Hé bin, il a la pêche ton Voldy pour faire tout ça dans la même soirée, dis donc ! En tous cas, c'est clair qu'à Poudlard, c'est pas trop la fête…La Bièraubeurre, sûr qu'y a même pas d'alcool dedans ; fff, c'est quoi ces djeunz ? … :D
Rachel Malfoy : Merci d'aimer notre fic ! On essaie de publier régulièrement si on peut, mais bon, des fois…C'est dur ! Et puis juste comme ça, on est trois…pas une… :D
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 24
Départ précipité
Harry ouvrit les yeux en grognant. Quelqu'un lui secouait violemment l'épaule. Il chercha à chasser l'importun d'une main, mais on insista. Une grosse voix bourrue aboya à son oreille :
« Hé, m'sieur ! Faudrait vous lever, on va fermer le club, et tous vos copains vous attendent… »
Le Survivant poussa un grondement étouffé, tâtonna pour retrouver ses lunettes qui avaient glissé à terre ; une fois qu'il les eut remis sur son nez, il put voir distinctement qu'il était étendu de tout son long sur la banquette de la boîte. Ou plus précisément, sur Malefoy, qui ronflait lui aussi de tout son saoul, les cheveux en bataille tel un Potter blond.
« Faudrait réveiller aussi votre copain. », fit remarquer le videur d'un ton peu amène.
Harry se gratta la tête, se dégagea de l'étreinte du blond, s'assit, et commença à secouer doucement le Serpentard. Eymelie arriva près d'eux en vacillant légèrement ; elle avait visiblement l'air mal en point.
« Dis, euh, t'aurais pas gardé la boîte de Doliprane par hasard ? Puis dépêche-toi de le réveiller, Lorelei nous attend là-haut, elle est furieuse. »
« Quelle heure c'est ? », dit Harry en étouffant un bâillement.
« Bientôt cinq heures. Grouillez-vous, tout le monde est déjà dehors. »
Au bout de dix minutes, Harry parvint à faire émerger Malefoy. Il était vraiment dans un sale état, les yeux pochés, totalement débraillé, et ne pouvait pas marcher seul. Harry et Eymelie durent le soutenir lors de la remontée vers le dolmen d'entrée, ce qui était dur étant donné qu'ils avaient eux-mêmes du mal à tenir sur leurs jambes. Enfin, l'air frais de la fin de nuit leur fouetta le visage, indiquant qu'ils étaient dehors.
« Vous en avez mis un temps ! », ronchonna la Préfète blonde qui piétinait à l'entrée du dolmen.
« Houlà, qui l'a mis dans cet état, Malefoy ? », demanda Neville en avisant la chemise presque entièrement ouverte sur le torse pâle du blond.
Mélinée, assise dans un coin, semblant exténuée, dit :
« Bah c'est Harry, tiens, ils étaient pétés comme des coings hier soir. Au début il a commencé à le décoiffer en disant qu'il allait lui trouver une autre coupe de cheveux, un truc du genre, puis après j'sais pas, ils ont commencé à se chauffer mutuellement, et Harry a voulu lui enlever sa chemise, mais il était trop bourré pour y arriver, il a fini par laisser tomber à mi-chemin en disant que les boutons s'enfuyaient en le voyant. Pis y avait aussi une histoire de boxer avec des dragons… » Elle étouffa un bâillement. « Merlin, ils se sont roulés de ces galoches, ça va donner aux Barbiepouff de quoi potiner pendant des mois…Heureusement qu'ils se sont écroulés ivres morts avant de faire quelque chose de plus poussé… »
« En tous cas, on a bien rigolé. », conclut Eymelie alors que Harry jetait un œil horrifié à Mélinée ; Malefoy, lui, était encore tellement torché qu'on aurait pu lui annoncer que Voldemort avait décidé de reprendre le poste vacant de papa Noël qu'il n'aurait même pas levé un sourcil.
« J'ai bien vu les Barbiepouff de l'autre côté de la salle. Dumoulin essayait de les encourager, elle arrêtait pas d'hurler, mais Pothier et Parkinson sont intervenues ; je crois même que Pothier a voulu balancer un cocktail sur Harry pour le calmer (Parkinson l'aurait plutôt assommé à coups de chaise), mais elle a pas eu à le faire, ils se sont calmés seuls… », acheva Mélinée.
« Parlons-en, des Barbiepouff et des Chalalard ! », grogna Elianor.
Elle était occupée à appliquer un énorme steak dégoulinant sur la joue de Lucas. Lorelei avait l'air elle aussi totalement furieuse.
« Ce crétin congénital de Benoît s'est mis en tête de draguer Elianor pendant que Lucas était allé chercher des boissons, forcément ça a mal fini… »
Lucas grogna quand Elianor appuya plus fortement contre sa joue meurtrie.
« N'empêche que je lui ai pété le nez, à ce gros con ! »
« Quelqu'un a vu aussi le Scroutt à pétard en tutu vert fluo ? », dit Maxime en allumant une autre cigarette. « À un moment il a même fait trois fois le tour de la salle sur son dard…Wow… »
Lorelei lui arracha sèchement la cigarette des mains et la piétina furieusement. Max avait les yeux bizarrement rouges.
« Ça suffit maintenant ! Vous êtes qu'un ramassis de toxico et de pochetrons ! Entre le shooté qui voit des tutus verts sur le dance-floor, l'autre grand con qui se frite dans les chiottes avec un Chalalard et les deux ahuris qui copulent sans scrupule sur une banquette quand tout le monde les regarde…J'en ai marre, je me casse d'ici ! », hurla la grande blonde.
Elle s'éloigna à grandes enjambées rapides, alors que David lui courrait après pour essayer de la rattraper et de la calmer. Ils disparurent dans la lande. Méli jeta un œil soucieux aux deux Anglais.
« Bon, allez, on va peut-être rentrer maintenant, il se fait tard…ou tôt… »
Lucas se dévoua pour porter un Drago toujours ivre mort sur son dos –c'était le plus grand et le plus fort des garçons restants. Eli soutenait un Maxime titubant, aidée de Méli, et Neville, Harry et Eymelie fermaient la marche. Quand ils arrivèrent devant la tente de cheikh saoudien, David les attendait devant, l'air penaud.
« Lorelei est vraiment furax. Elle est partie se coucher direct, et je crois qu'on devrait prendre Maxime avec nous, Eym'. », dit-il à l'adresse de la Préfète rousse. « Si jamais il la réveille, on va tous finir transformés en bouse de dragon… »
La jeune fille hocha la tête. Lucas entra sous la tente, Drago toujours accroché dans son dos comme un bébé koala.
« Je vais aller le déposer dans votre chambre, il s'est endormi, évite de le réveiller quand tu te coucheras… », expliqua-t-il à Harry qui le suivit.
Toujours avec l'aide du grand Fumoquette, ils le mirent en pyjama et le glissèrent dans les draps. Après le départ du Français, qui lui glissa au préalable ''Et pas trop de cochonneries tous les deux, Mélinée ne voudrait pas avoir à nettoyer ça'', Harry se changea rapidement lui aussi, et se coucha aux côtés du blond qui dormait déjà à poings fermés, assommé par les quelques cocktails qu'il avait ingurgité plus tôt. Le Golden Boy fronça les sourcils, essayant de se souvenir de ce qui s'était passé dans la boîte, mais son cerveau refusait obstinément de lui obéir. Il finit par s'endormir, d'un sommeil lourd peuplé de dragon Melvin Clein qui crachaient du feu…
oOoOoOo
Le lendemain, ou plutôt l'après-midi, ce fut un effroyable tintamarre qui réveilla Harry. Comme si toutes les casseroles de la cuisine s'étaient toutes renversées en même temps. À en juger par le hurlement qui suivit le bruit, c'était effectivement quelque chose de ce genre-là, car la voix d'Eymelie piaula :
« Merde Eli ! Tu peux pas faire un peu attention ! Regarde ça ! Y a de la sauce tomate partout maintenant, t'es contente ? »
Harry se passa pâteusement la main dans ses cheveux en bataille, cligna des yeux quelques instants, avant de se rendre compte qu'il n'y voyait rien du tout, et que quelque chose de lourd couché sur lui l'empêchait de se lever. Avant qu'il n'ait eu le temps d'esquisser un geste, il entendit dehors un pas précipité, et la voix agacée d'Elianor retentit :
« Mais merde comme si c'était de ma faute ! J'ai pas dit à ce crétin de hibou d'atterrir dans ton plat de lasagnes ! »
« Ce crétin de hibou appartient à ton frère, tu devrais pourtant le maîtriser, non ? »
« Mon frère, c'est pas moi ! Et lâche-le maintenant, que je puisse au moins lire le mot qu'il amène ! »
Le Gryffondor essaya de se surélever un peu, provoquant un grognement de la masse étalée sur lui. Un grognement…Le temps que l'information monte à son cerveau, il se figea quelques secondes après, alors que la 'chose grognonne sur lui' raffermissait sa prise sur sa taille, et enfouissait dans son haut de pyjama quelque chose qui ressemblait fortement à un nez.
« Malefoy ! », suffoqua le brun.
Au lieu de se réveiller, le blond –car c'était évidemment lui qui avait dérivé pendant son sommeil– s'étala encore plus sur Harry. Le brun poussa un soupir, et se résolut à jouer son rôle d'ours en peluche géant. Après tout, il lui devait bien ça, car d'après ce que lui avait dit Eymelie la veille en revenant, il avait allègrement profité de l'état d'ébriété avancé du beau Serpentard sur la banquette. Même si Harry, passablement saoul, ne se souvenait plus de rien hormis une vague histoire de cancer des cheveux et de chemise trop puritaine qu'il fallait absolument dévergonder. À cet instant, Drago, visiblement en plein dans un rêve merveilleux, eut un mouvement de hanche sans équivoque accompagné d'un petit couinement, ce qui fit grimper de plusieurs degrés la température corporelle du Gryffondor.
Mais avant que le Gryffy n'atteigne un point de non-retour comprenant un molestage en règle de ce petit blond pyromane, un cri de stupeur se fit entendre derrière la porte. C'était sans aucun doute possible la voix d'Elianor. À nouveau, un bruit de verre cassé, Eymelie qui peste, puis un bruit de pas se rapprochant de leur chambre, et brusquement, la lumière du jour inondant la pièce, dévoilant ce que Harry aurait voulu garder pour lui à tout jamais : les deux pires ennemis de Poudlard, étalés l'un sur l'autre, le blond blotti dans les bras du Gryffondor, la tête nichée contre sa poitrine. Mais Eli n'avait pas l'air de s'en préoccuper plus que ça ; elle fonça directement sur eux, attrapa son cousin par le col de son pyjama, et le secoua comme un prunier, sous les yeux d'un Harry atterré.
« Drago ! Drago ! Lève-toi ! On doit rentrer ! Dépêche-toi, réveille-toi ! Drago ! »
Ce fut seulement là qu'il se rendit compte que de grosses larmes brillantes roulaient rapidement sur les joues de la jeune fille. Il arracha le blond à sa poigne, et le Serpentard, ahuri d'avoir été tiré de son rêve de cette façon si brusque, retomba directement dans les bras du Golden Boy.
« M'enfin, qu'est ce qui te prend, t'es malade ! », chouina Harry. Il jeta un œil à son réveil Vif d'Or qui voletait autour de la table de chevet. « C'est que onze heures et demie ! »
« Groumpf ! », approuva le Serpentard en retournant s'assoupir dans le confort et la chaleur des bras du Survivant.
Eli se laissa tomber sur le matelas, et se mit à hoqueter de plus belle.
« Y a quelque chose qui va pas ? », demanda Harry en caressant inconsciemment la tête blonde du garçon dans ses bras.
La jeune fille mit encore quelques temps à se calmer, pendant lequel Eymelie les rejoignit, ainsi que Hermione. Cette dernière jeta un regard intrigué au Serpentard endormi dans les bras même de son meilleur ami mais elle eut l'intelligence de ne rien dire. Enfin, la Languedocienne parla :
« C'est…Félibrige, le hibou de Johan…La Cacahouète…La Cacahouète vient d'être attaquée par des Mangemorts ! On doit rentrer maintenant ! Ils ont réussi à percer la barrière de protection du moulin, même maman ne sait pas comment ils ont pu faire ça…Papé pense que c'est sûrement quelqu'un qui possède du sang Quercevalles, mais…aucun des nôtres ne rejoindrait Voldemort ! Nous sommes des bons sorciers ! Nous nous sommes toujours opposés aux mages noirs, de tous temps ! »
Ses sanglots repartirent de plus belle.
« Est-ce que quelqu'un a été blessé ? », demanda Harry d'une voix rauque.
La blonde nia de la tête :
« Non…Maman était dans son laboratoire et peaufinait sa Goutte du Zombie quand elle a entendu des cris au rez-de-chaussée, et Johan se battait avec quelqu'un vêtu d'une robe noire avec un masque sur la tête. Mon frère a failli être stupéfixé, et pendant qu'il se relevait, le Mangemort a réussi à en faire entrer d'autres…Ils ont tout saccagé, mais apparemment ils n'ont pas trouvé ce qu'ils cherchaient. Et comme le papé est rentré avant, il a réussi à les faire fuir en utilisant la…enfin, il a réussi à les faire partir…Mais je dois rentrer…On sait jamais… »
Durant le récit de sa cousine, Drago s'était enfin réveillé mais n'avait pas bougé de sa place. Il la dévisageait fixement et ses yeux gris avaient un reflet de terreur pure. Il sembla à Harry qu'il se raccrochait plus encore à lui.
« Ce qu'ils cherchaient, c'est moi. », croassa le Serpentard d'une voix enrouée.
Sa cousine le dévisagea avec incrédulité :
« Ne dis pas n'importe quoi ! Pourquoi est ce qu'ils te chercheraient ? »
Harry eut un léger rire :
« Oui, après tout, t'es pas un futur Mangemort ? Pourquoi ils te chercheraient ? Pour te tatouer de force ? »
Dès qu'il eut fini de parler, le brun sut qu'il n'aurait pas dû dire ça. Le corps serré contre lui se raidit brutalement, et Drago le repoussa violemment.
« T'as raison, Eli, faut rentrer tout de suite, ça peut être grave. », fit le blond en se levant. Un peu trop promptement d'ailleurs, car il dut se rattraper à la table de chevet pour ne pas tomber à la renverse. Visiblement, la cuite de la veille avait laissé des traces.
Eli le regarda s'habiller en titubant, et haussa un sourcil d'un air perplexe :
« T'es sûr que ça va aller ? »
Harry s'était levé à son tour et avait rattrapé le blond par le bras, le forçant à venir se recoucher. Ce dernier essaya de repousser l'étreinte du Gryffondor, mais en vain.
« Lâche-moi, Potter ! Je peux marcher seul ! », cria-t-il en désespoir de cause.
Harry l'ignora et raffermit sa prise autour de la taille du Serpentard gigotant.
« Bien sûr qu'il va pas, il s'est pris une cuite magistrale hier soir. Je vous accompagne à la Cacahouète. » Il se tourna vers son amie : « Le temps qu'on se prépare, Mione, tu peux lui faire une Potion Rabote-Tête ? (1) »
La brune eut un sourire indulgent, et hocha la tête :
« Bien sûr Harry, mais je crois que tu devrais le lâcher…Eymelie m'a raconté que vous vous étiez suffisamment illustrés hier soir dans le domaine… »
Harry rougit furieusement, mais ne répondit rien. Hermione eut un sourire radieux et sortit de la chambre. Le genre de sourire qu'elle arborait quand elle avait réussi un contrôle où tout le monde s'était vautré. Le genre de sourire qui ne présageait rien de bon. Les deux Françaises restèrent un instant bouche bée à contempler le 'couple'.
« Vous sortez ensemble alors ? », dit finalement Elianor.
Drago tenta en vain de se dégager des bras de Harry.
« Mais ça va pas non ? Vous êtes complètement folles dans ce pays ! Vous avez une idée de ce que mon père va me faire si jamais il entend un truc pareil ? »
Eymelie haussa les épaules :
« Ton père est pas là. Après ce que vous avez fait hier soir au Korrigan's, je considère personnellement que vous êtes en couple… »
« En tous cas, déjà, tu nies pas, cousin ! Courage Harry, accroche-toi, bientôt, tu pourras lui péter sa fleur ! (2) »
C'est à ce moment-là qu'Elianor et Eymelie furent violemment expulsées hors de la chambre par un jet de coussins, de traversins et de lampes de chevet, le tout accompagné de jurons très imagés d'un Serpentard fou furieux, qui tourna ensuite sa fureur envers le Survivant qui contenait à grand peine un fou rire.
« Espèce de salaud ! C'est quoi cette histoire de fleur encore ? Tu vas encore me persécuter longtemps ? ET LÂCHE-MOI À LA FIN ! »
« Non. », dit Harry en raffermissant sa prise sur la taille svelte du blond et en le forçant à se recoucher. « Tant que t'es pas en état de te lever, tu restes au lit. Moi je vais aller me doucher et m'habiller, et toi, pendant ce temps, tu te reposes, parce que je ne veux pas avoir à te porter jusqu'à chez Elianor comme Lucas t'as porté hier soir. »
Et sans ajouter un mot de plus, Harry le planta là.
oOoOoOo
Une heure et demie après, les trois déserteurs furent enfin prêts pour le départ –il fallut bien trois quarts d'heure à Drago pour se préparer convenablement (s'habiller décemment, se coiffer, se brosser les dents, faire une manucure…n'est pas Prince des Serpentard qui veut !). Harry dut aller le chercher manu militari dans la salle de bains, lui fit passer d'office sa belle cape de voyage Burburry, et le jeta hors de la tente alors même que le blond couinait d'indignation qu'il n'avait même pas eu le temps de terminer son peeling. Bien sûr, Ron se moqua copieusement de lui et reçut en échange un Sortilège de Foloreille. Tandis que le roux se tenait les deux oreilles pour les empêcher de trop remuer, Lorelei expliqua qu'ils devraient se rendre à Carnac en empruntant une calèche qui passait non loin de là, au Cheminoterminus plus précisément, qui se trouvait derrière un pub sur la grand'place de la ville, et qui s'appelait À la Braguette de Merlin.
« Pourquoi tous les pubs ici ont des noms à la limite de l'indécence ? », demanda Harry à Elianor tandis que tous trois faisaient route vers l'arrêt de calèche.
Eli eut un haussement d'épaules perplexe :
« Chais pas. C'est vrai que par chez nous, c'est plus soft… »
Elle stoppa au niveau d'un menhir couvert de mousse, gratta un peu dessous, et sembla trouver ce qu'elle cherchait, à savoir quatre lettres : S.N.C.F.
« Ça veut dire quoi ? », demanda Drago interloqué.
« Service National de Calèche Filantes. Faut faire signe et ils viennent nous chercher…J'espère que leur grève est finie… » Elle leva sa baguette, marmonna une incantation qui produisit quelques étincelles bleutées.
Aussitôt, un grand bruit déchira le ciel, et la jeune fille dut empoigner les deux garçons pour les mettre à l'abri derrière le menhir. L'instant d'après, une énorme calèche bleu foncé, tirée par une douzaine d'énormes chevaux noirs, stationnait à l'endroit exact où s'était trouvé Drago trente secondes auparavant. Un marchepied descendit lentement, et Eli entraîna les deux garçons derrière elle. Elle parlementa quelques instants avec le contrôleur, un sorcier à la moustache poivre et sel, et Harry en saisit quelques bribes :
« Au Cheminoterminus de Carnac ?…Vous allez où ensuite ? Puysorciers ? Oh, c'est beaucoup plus simple d'y aller par calèche…Oui, on s'arrête Place de la Rose des Vents, une demi-heure, mais c'est plus simple pour vous, parce qu'à Carnac, y a souvent des pannes de cheminées, vous savez ce que c'est… »
Finalement, Elianor paya les deux Gallions et soixante Mornilles (3) que coûtaient les billets, et guida les garçons jusqu'à une table à quatre.
« Bon, je me suis arrangée, on a deux heures de trajet, mais c'est direct, on aura pas de changements à faire, et il nous dépose sur la colline de Montalban, c'est beaucoup plus près de chez moi que Puysorciers…Vu l'état de Drago, c'est plus prudent. »
Drago ronchonna mais ne dit rien. Harry, d'humeur très taquine, lui caressa les cheveux :
« Mais voyons, mon Dragounet, c'est pas la peine de te mettre dans cet état, ça arrive à tout le monde de finir bourré en boîte… »
Le blond le fusilla du regard :
« Un Malefoy n'est jamais bourré ! », aboya-t-il.
Harry lui lança un regard langoureux :
« Ça veut dire que tu étais parfaitement conscient de tes actes hier soir ? Intéressant, je te savais pas aussi empressé… »
Le blond prit un air outré, puis boudeur, puis se tourna vers la fenêtre en faisant mine de regarder dehors. Elianor quant à elle eut une moue amusée. Puis à nouveau, elle se tourna vers son cousin :
« Dis-moi, ta fée marraine, c'est bien la fée Pudding ? Lorelei m'a dit ça hier, et ça me turlupine…Tu sais qu'on ne l'a toujours pas retrouvée ? »
Le Serpentard se retourna d'une traite, les joues virant au rose vif, et Harry dévisagea la Française avec stupéfaction. Comment n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Issu d'une des plus vieilles familles anglaises, il était évident que Malefoy avait une fée marraine ! Mais le blond ne l'entendait pas de cette oreille :
« Pas du tout ! C'est pas ma fée marraine ! N'importe quoi ! »
Eli croisa ses bras sur sa poitrine :
« Très bien. Et c'est qui alors ? »
« Ça, c'est pas tes oignons ! »
« Drago, me parle pas sur ce ton, je te préviens… »
Harry les regarda un moment s'engueuler, jusqu'au moment où aucun des deux ne savaient plus vraiment la raison pour laquelle ils s'enguirlandaient. Le voyage jusqu'à Paris et sa place de la Rose des Vents fut extrêmement tendu, avec les deux cousins, face à face, qui ne cessaient de se lancer des Avada Kedavra par le regard. Harry soupira.
oOoOoOo
Hermione leva les yeux vers la calèche qui venait de s'envoler en direction de Paris, puis se tourna vers Eymelie qui était à côté d'elle.
« C'est bizarre qu'Harry ait voulu accompagner Elianor et Drago à la Cacahouète… », commença Eymelie.
« Ça a un lien avec Voldemort, c'est pour ça qu'il y va sûrement… », dit la Gryffondor.
Les deux jeunes filles se regardèrent du coin de l'œil.
« T'y crois toi à cette version ? », demanda finalement la Française.
Le sourire de la brune s'élargit légèrement.
« Officiellement ça doit être quelque chose de ce genre…Officieusement, je crois qu'il y a quelques vérifications de base à faire, qu'on a pas pensé à faire en temps utiles pour une très bonne raison… »
Eymelie mit ses mains dans ses poches, et articula lentement :
« Tu penses à ce que je pense ? »
Le sourire d'Hermione lui bouffait le visage d'une oreille à l'autre :
« Bien sûr, mademoiselle Baccioni, il semblerait qu'un petit thème astral soit de rigueur en rentrant chez vous…Après tout, nous n'avions pas pensé à cette voie-là, mais…pourquoi pas ? »
Eymelie avait l'air enthousiaste :
« Tu connais sa date de naissance et tout ça ? »
Hermione haussa les épaules :
« Non, mais je la trouverai. »
« Parfait. Je suis sûre…sûre qu'on va trouver quelque chose de ce côté-là…Mister Malefoy… »
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Notes :
(1) Référence à la blague du papa de Lilulle qu'il sort le lendemain d'une fête très arrosée où elle rentre en rampant sur le trottoir (ceci restant rare, Lulle est sérieuse !) : « Si on lui rabotait la tronche il en tomberait des copeaux de bois ! » Rapport à la gueule de bois évidemment…
(2) Expression très champêtre d'une copine des Lukomax. Pour ceux qui auraient pas capté, ça revient à dire dépuceler…
(3) Un billet, normalement, c'est un Gallion, mais Elianor paye que soixante Mornilles parce qu'elle a une carte jeune sorcier 15-25 ans…
Le sondage de Ritsuko !
Que vont trouver nos amis à la Cacahouète ?
A/ Voldemort en train de pique-niquer sur la pelouse (il profite du microclimat du Midi).
B/ Rien : les Mangemorts ont eu le temps de tout détruire, tout est en ruines…
C/ Rien de spé. C'était juste un poisson d'avril de Johan un peu en avance. N'oublions pas qu'il a inventé les DévergonDés…
D/ Ils vont trouver les Mangemorts qui, en fait, avaient prévu d'envahir le jardin pour organiser une kermesse au profit des orphelins de Mangemorts.
Dans le prochain chapitre : où on se bastonne enfin contre les méchants, où quelqu'un disparaît, et où Harry apprend quelques-uns des secrets si bien préservés des Quercevalles…
