Blabla bête des auteurs : Voilà le chapitre 25 ! Attention, de nombreux mystères vont être ici divulgués ! On espère que vous ne vous endormirez pas, c'est assez descriptif, et Lilulle (qui a fait les recherches historiques et la rédaction) n'a jamais été très pédagogue…Vous êtes donc prévenus, car ce chapitre, dans sa deuxième partie, lève le voile sur le secret des Quercevalles (comme l'indique le titre) et sur le lien que Drago aurait avec toute cette histoire ! (Car il y a un lien, si, si !)
La première partie c'est encore mieux ! C'est…une baston ! : D
Réponses aux reviews : Et zoup, rebelote pour ceux qui ne sont pas sur le site ou qui ne nous ont pas laissé de mails !
flo : Merci de ta review une fois de plus ! T'es pas la seule à te demander quand y aura un lemon enfin, le problème étant que…on a pas trop décidé quand il sera nous non plus en fait…Tout cela dépend de notre experte ès lemon, Maxou ! Donc on l'encourage : D Sinon, tu as bien raison…il semblerait que Voldychou, il soit pas très prêteur…
Lelia Black : Oui, nous aussi on est pour cette kermesse en faveur des orphelins des Mangemorts (Lilulle est dans l'humanitaire). Sauf qu'on voit bien Voldy tenir le stand de petits canards…et que chez nous, Dumby, il est pas mort (Ritsu, elle adore Dumby !) Et pour ta question principale (« Où est-ce que vous allez chercher ça ? »), on a bien peur de te répondre : dans notre cerveau. Ce qui n'est pas forcément très rassurant en soi…
kisa san : Merci d'aimer notre fic ! C'est cool qu'on te fasse délirer ! On est très contentes ! Et voilà la suite ! Yahou ! (PS : ton pseudo, c'est en rapport avec le personnage de Kisa de Fruits Basket, ou rien à voir ?)
Elodie : Merci pour ta review ! Et v'là la suite ! Pour une fois, on est pas à la bourre !
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 25
La Malédiction des QuercevallesLa calèche s'arrêta dans un crissement de roues et de sabots géants. Une voix forte retentit dans l'habitacle :
« Colline de Montalban, deux minutes d'arrêt ! Colline de Montalban ! »
Les trois adolescents descendirent prestement. Drago et Elianor se reparlaient à nouveau ; la jeune fille avait clôt leur dispute en achetant au blond sur le boulevard des Rêves Engloutis une boîte de Berlingots Farceurs et une Pomme Chantante au sucre qui avait hurlé du Doc Gynéco1 pendant tout le trajet ; les paroles avaient d'ailleurs fortement choqué les autres passagers, et Harry avait eu toute les peines du monde à retenir un fou rire en voyant un Malefoy rouge brique mangeant sa pomme qui hurlait à tue-tête : ''Viens voir le docteur non n'aie pas peur…''.
La colline de Montalban était isolée dans la garrigue, mais on distinguait au loin le moulin des Quercevalles, dont les ailes arrachées semblaient irréelles dans la torpeur du début d'après-midi, et plus loin encore en contrebas, les petites maisons bien alignées de Puysorciers. Le carrosse redécolla dans un grondement de tonnerre, et Eli se mit en route.
« Allez, plus vite on sera arrivés, mieux ça sera, je suis assez inquiète, j'espère au moins que maman a réussi à faire partir la marque des Ténèbres dans la cuisine ! Saleté de Mangemorts, je me demande comment ils ont fait pour entrer dans la Cacahouète qui est surprotégée, et s'ils n'ont rien volé… »
Elle aurait probablement continué ses élucubrations pendant longtemps si elle n'avait pas été interrompue par une explosion énorme qui, durant quelques instants, voila aux trois jeunes gens toute visibilité à moins de cinq centimètres du bout de leur nez.
« Qu'est ce que c'est ce bordel ? », fit la voix d'Eli dans la quasi-obscurité. « Lumos ! »
Un petit faisceau de lumière jaillit à quelques centimètres de Harry, qui distingua la silhouette floue et anxieuse de Malefoy à ses côtés. Cependant, le brouillard se dissipa vite. Et quand la visibilité fut redevenue normale, Harry se rendit compte qu'ils n'étaient plus seuls.
Autour des trois adolescents se tenaient une vingtaine de sorciers vêtus de larges capes noires et de masques voilant entièrement leurs visages. Elianor fut la première à réagir :
« Des Mangemorts ! », cria-t-elle.
Une voix de femme sortit de sous une des cagoules, pointant sa baguette vers Eli :
« Stupéfix ! »
Mais la jeune languedocienne fut plus prompte : elle roula sur elle-même dans l'herbe, et quand elle se releva, elle tenait entre ses doigts crispés sa baguette magique, prête au combat. À côté d'Harry, le Serpentard avait soudainement pâli en entendant la voix de la femme. Un autre des Mangemorts prit la parole :
« Tiens, tiens ! Mais qui voilà ? Le petit pote Potter ! On est chanceux aujourd'hui, on va pouvoir faire d'une pierre deux coups ! »
« Le Maître va être content ! », ricana un autre.
Harry resserra instinctivement sa main sur sa baguette magique et tira le blond par la manche de son pull pour le rapprocher de lui. À son grand étonnement le Préfet de Serpentard n'opposa aucune résistance, se laissant faire, semblant trop pétrifié de peur pour le repousser. Du coin de l'œil, il vit un des Mangemorts qui s'apprêtait à lui lancer un sort :
« Expelliarmus ! », hurla-t-il avant que l'homme n'ait eu le temps d'esquisser un geste.
Et avant qu'il n'ait repris ses réflexes, Harry le stupéfixa. La Mangemort se tourna vers lui et gloussa :
« Ooooh, on dirait que bébé Potter a fait des progrès depuis l'été dernier ! Mais pourquoi tiens-tu tant que ça à protéger mon cher petit neveu ? »
Et Harry reconnut alors sa voix. Bellatrix Lestrange. Derrière lui, Drago s'était cramponné à sa cape, le teint virant au verdâtre.
« Occupez-vous d'eux, je me charge de la gamine, on a pas de temps à perdre avec des enfantillages ridicules. », dit-elle d'un ton nonchalant aux autres Mangemorts.
Elle se tourna vers Elianor et hurla :
« Impedimenta ! »
Mais la jeune fille fut encore une fois plus prompte :
« Protego ! », cria-t-elle avant que le sort ne l'atteigne.
Le sort alla ricocher contre le bouclier, et frappa de plein fouet un autre Mangemort qui fut projeté à plusieurs mètres de là.
« Intéressant, intéressant tout cela… », fit Bellatrix. « Esquiver, c'est tout ce que tu sais faire, petite Quercevalles ? Mais il est des sorts qu'on ne peut dévier ! »
On ne voyait pas son visage, mais Harry, occupé à désarmer un autre Mangemort, pouvait presque voir le rictus qui déformait ses traits tant sa voix était sarcastique. Il entendit vaguement la femme hurler :
« Endoloris ! »
Le Gryffondor s'attendit à entendre des hurlements de douleur ; un sort de Bouclier ne pouvait pas repousser un Impardonnable…Pourtant, il ne se passa rien de tout ça. Juste la voix d'Elianor qui hurla encore plus fort :
« PROTEGO ! »
Suivi d'un cri étranglé de la Mangemort, qui pouvait s'interpréter soit comme de la fureur, soit comme de la stupéfaction. Cet instant de diversion valut à Harry de se faire frôler par un sort, qui lui roussit une mèche de cheveux. La prise de Malefoy sur son bras se resserra, et il entendit le blond marmonner à son oreille, comme une litanie –mais sa voix n'était pas pour autant suppliante :
« S'il te plaît…Ne les laisse pas m'emmener…Protège-moi d'eux…S'il te plaît… »
Harry, stupéfait (un Malefoy qui lui demande de le protéger, on a jamais vu ça !), recula de quelque pas, entraînant le Serpentard dans son sillage, la baguette brandie devant lui, menaçant. Il en avait presque la tête qui tournait, et le soleil lui fit mal aux yeux. Il entendit la voix du blond dans son cou. Il avait l'air effrayé et fasciné à la fois :
« Potter…Regarde…Elianor… »
Harry tourna les yeux vers la jeune sorcière française. Et resta bouche bée. Elle avait réussi à retourner le sortilège de Bellatrix Lestrange contre elle ; la Mangemort se redressait péniblement, la respiration sifflante, et le brun vit passer dans ses yeux aux paupières lourdes une lueur fugace de terreur à la vue de la jeune Française. Celle-ci était entièrement entourée d'un halo doré qui semblait vouloir brûler les rétines de tous les gens à proximité et elle tenait à deux mains sa baguette qui brillait d'une lueur surnaturelle. L'expression de joie féroce qu'elle avait sur ses traits faillit effrayer le Survivant. Drago pointa du doigt un mince rayon doré qui semblait-il était directement relié à la personne d'Eli et qui provenait de la haute montagne derrière elle.
« Qu'est ce que… ? », fit le blond.
Il n'eut pas le temps de prononcer autre chose, qu'un Mangemort l'avait rudement attrapé par le bras, l'éloigna de force d'Harry, profitant de cet instant de distraction de la part du Gryffy. Lequel se retourna, avec pour intention de poursuivre ce voleur. Un Avada Kedavra faillit le toucher, mais se contenta de déchirer sa cape et d'aller foudroyer un rocher non loin de là. La respiration courte, Harry lança des sorts à tort et à travers, touchant de çà et là quelques Mangemorts, toujours poursuivant celui qui tentait d'éloigner un Drago se débattant, hurlant et se cramponnant comme un fou à la moindre touffe de lavande qu'il pouvait agripper pour ralentir la progression de son ravisseur. Harry était presque arrivé à attraper les doigts tremblants que le Serpentard tendait désespérément dans sa direction quand soudainement, le Mangemort le tira brutalement à lui, plaquant Drago contre son torse, et rejetant sa cagoule, Harry vit avec effroi qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que de Lucius Malefoy lui-même.
« Tu ne croyais quand même pas que tu arriverais à me soustraire mon fils, Potter ? Regarde-le bien, car c'est la dernière fois que tu le vois… »
Il attrapa le menton de son fils entre ses doigts et tourna son visage vers un Harry horrifié. Drago avait l'air au dernier stade de la terreur. Ses yeux, normalement petits, étaient tellement écarquillés qu'ils lui mangeaient le visage, et exprimaient une épouvante à la limite de la démence. Avec choc, Harry se rendit compte que des larmes roulaient sur ses joues pâles, alors que le garçon articulait silencieusement la phrase :
« Ne le laisse pas m'emmener ! »
Lucius eut une mimique moqueuse, et sous les yeux effarés du Survivant, ils disparurent dans un 'pop !' sonore. Harry fut tellement bouleversé par ce qui venait de se passer qu'il faillit encore se prendre un sort mortel de plein fouet, si ce n'avait été un halo lumineux qui l'entoura brutalement, déviant le maléfice. Tout fut soudainement assourdi, comme si on l'avait plongé dans l'eau. Il entendait les hurlements des Mangemorts comme étrangement étouffés et lointains. Puis une autre voix, qu'il connaissait, susurra à son oreille :
« Tiens-toi prêt, pitchou, j'ôte la protection à trois…Un…Deux…Trois ! »
Dès que le halo doré s'estompa, il fut à nouveau propulsé au cœur de la bataille, et se rendit alors compte que la jeune sorcière avait visiblement pété les plombs : le cercle d'or autour d'elle avait considérablement enflé, et faisait ricocher les sorts que les Mangemorts avaient lancés à son encontre. Deux d'entre eux gisaient morts à terre, frappés par leur propre Avada Kedavra. De temps à autre, des faisceaux lumineux jaillissaient de la bulle et allaient frapper les Mangemorts, qui, à huit contre elle, ne parvenaient pas à la toucher. Soudain, la voix de Bellatrix les sortit de leur combat :
« Ça suffit, on a ce qu'on voulait ! On se retire ! » Elle se tourna vers Elianor en ricanant, et en évitant un des sorts. « Continue comme ça à t'en servir, et tu mourras dans deux mois, petite sotte ! »
Avec plusieurs 'plop' tous les Mangemorts transplanèrent d'un même mouvement, emmenant avec eux leurs camarades tombés. Aussitôt, la bulle dorée sembla s'affaiblir, puis, petit à petit, le faisceau menant à la montagne s'estompa peu à peu, et le bouclier d'or disparut, laissant une Elianor à genoux, visiblement épuisée, qui tenait sa baguette de ses deux mains tremblantes. Elle essuya lentement son front couvert de sueur et se redressa péniblement.
« Elianor…C'était quoi ce sort ? », fit Harry.
Aussitôt, un bruit précipité de trottinement se fit entendre, et le gros chat noir et blanc apparut au détour du chemin, l'air presque affolé. Il se mit à parler très vite en occitan à l'adresse de sa descendante, semblant furieux, et Harry réitéra sa question. Le chat tourna ses yeux d'émeraude brûlante vers lui, et dit d'un ton sec et en français :
« Elle a utilisé le pouvoir sacré de notre famille, je le lui avais pourtant formellement interdit ! » Il se retourna vers la jeune fille : « À quoi tu penses, petite couillonne ? Cette grande asperge de Bellatrix a raison, si tu continues comme ça, tu seras morte dans deux mois ! Ce pouvoir est trop dangereux à utiliser, rien que cet acte a dû écourter ta vie d'au moins cinq ans ! Regarde-moi quand je te parle, Elianor de Quercevalles ! », hurla-t-il.
Mais la jeune fille ne l'écoutait pas. Elle regardait Harry avec des yeux écarquillés, et parla d'une voix blanche, sans faire attention au chat qui beuglait à ses pieds :
« Où est-il ? Harry, où est Drago ? OÙ EST MON COUSIN ? »
oOoOoOo
Assise dans un fauteuil du salon, une tasse de café fort à la main, Elianor semblait particulièrement accablée. Harry se sentit bizarrement désolé de la voir dans cet état, et encore plus désolé de ne pas avoir su empêcher Lucius de reprendre son fils. Le papé lui avait dit que ce n'était pas de sa faute, qu'il avait fait ce qui était en son pouvoir, qu'à trois contre vingt, il ne fallait pas s'attendre à des miracles, et encore heureux qu'ils n'aient pas été tués ou blessés. Le papé semblait plus en colère contre le sort qu'avait utilisé la jeune fille, et lorsque Harry redescendit de la volière (il était allé envoyer Hedwige à Ron et Hermione pour raconter ce qui s'était passé), il entendit la mère d'Elianor qui s'était elle aussi mise à lui remonter les bretelles. Sa voix était angoissée, impérieuse, mais n'avait définitivement plus rien à voir avec la sorcière hypocondriaque et paranoïaque qu'il avait rencontré quelques semaines auparavant :
« Je croyais que tu avais compris quand je t'ai expliqué le soir de tes seize ans et demi que tu ne devais l'utiliser qu'en cas de nécessité absolue ! Eli, tu fous ta vie en l'air ! Tu te rends compte ? J'essaie de trouver quelque chose pour conjurer cette malédiction depuis maintenant plus de vingt ans, en vain, et toi, tout ce que tu fais, c'est réduire mon travail à néant en t'en servant à tort et à travers ! J'ai juré à votre père sur son lit de mort que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous empêcher de connaître le même sort que lui, Jo et toi ! Je ne veux pas que comme lui et comme tous les Quercevalles avant lui, vous ayez à vous servir de cet horrible artefact de magie noire pour dissimuler les apparences ! »
Harry entra dans le salon, le pas incertain, conscient d'être en trop. Mais Mme de Quercevalles ne sembla pas s'en formaliser. Elle lui fourra un mug de café bouillant dans les pattes et lui ordonna d'aller s'asseoir. Un peu mal à l'aise, Harry fit mine de s'intéresser au manteau de la cheminée et à son blason, quand la voix du papé le tira de sa contemplation :
« Cette armoirie t'intrigue, pas vrai ? »
Harry leva des yeux étonnés vers le chat. Qui eut un rictus sur ses babines, ce que le brun prit pour un sourire.
« J'ai parlé à ton directeur. Fameux sorcier, ce Dumbledore. Il m'a dit que suite aux événements récents, il serait bon que tu saches toute la vérité sur le petit Malefoy…enfin, plus précisément sur nous, qui sommes ses parents éloignés, que ça pourrait t'aider…Car après tout, s'il n'avait pas notre sang dans les veines, tout ceci ne serait probablement pas arrivé. »
Eli émit un petit bruit étranglé :
« Mais, tu vas lui raconter ? Le…la malédiction de notre famille, tout ça ? »
Le chat hocha la tête.
« Mais enfin, je croyais qu'en dehors de ceux de notre famille, personne ne devait être mis au courant ! Et encore, j'ai dû attendre mes seize ans et demi –c'est-à-dire il y a une semaine !– pour être au courant ! », protesta la jeune fille.
« Ça suffit Eli ! », intervint sa mère. « C'est une requête de Dumbledore en personne, il a exprimé son souhait à ton ancêtre qu'Harry soit mis au courant de tout cela. S'il l'a demandé, c'est qu'il y a une bonne raison derrière ! »
Le Gryffondor ouvrit la bouche, mais ne trouvant rien à dire, il la referma, alors que le papé, ayant capté l'attention des deux autres personnes présentes, s'éclaircit la gorge, et commença :
« Eh bien c'est une longue histoire, mais je pense que nous devrions commencer par le commencement. C'est-à-dire, ce blason gravé dans cette cheminée. »
L'Anglais regarda un instant le symbole gravé dans la pierre :
« C'est…euh…c'est vous, sur le blason ? »
Le chat eut un signe de tête affirmatif.
« Mais ce qui t'intéresse, c'est de savoir ce qu'est la Coupe, pas vrai ? »
Harry hocha timidement la tête. Un silence pesant régnait dans la pièce, et la mère et la fille ne quittaient pas le chat des yeux. Enfin, le papé se mit à parler :
« Cette histoire se confond plus ou moins avec celle de Beauxbâtons, bien qu'on ne l'enseigne là-bas que très partiellement…
–Autrefois, il y a plus de quinze siècles de cela, existaient en France deux tribus de sorciers rivales qui ne cessaient de s'affronter. L'une était située au nord de la Loire, et puisait ses racines dans la culture celte, alors que l'autre, qui s'étendait au sud du royaume, subissait des influences surtout latines. Leurs points de vue étaient trop différents pour qu'ils puissent s'entendre, aussi, après un affrontement épouvantable, les deux chefs de clan se retrouvèrent quelque part dans l'actuelle forêt de Brocéliande, face à face. Il s'agissait des plus grands sorciers français de leur temps –et probablement de tous les temps.
–La plupart des sorciers disent que leurs noms sont aujourd'hui perdus, mais il n'en est rien. Le chef du clan celte se nommait Childéric l'Inflexible, car il était essentiellement connu pour être hautain et particulièrement cruel. Son adversaire, le chef de la tribu du sud, était une sorcière elle aussi extraordinairement puissante, connue pour son habileté sans faille avec toutes sortes d'armes, et sa malignité. Elle avait pour nom Albina le Feu Follet, car elle était connue pour ne jamais rester en place. Cependant, lorsqu'ils se retrouvèrent face à face, étant de forces égales, leur combat dura de nombreux jours, peut-être même des mois. Et ils finirent par s'autodétruire mutuellement après avoir dévasté la majeure partie de la forêt de Brocéliande, qu'une centaine d'années plus tard, l'Enchanteur Merlin ramena à la vie.
–Mais en s'autodétruisant, ils produisirent des conséquences encore plus néfastes pour la magie du royaume : privés de chef, les rares survivants de la guerre errèrent sans but, et leur magie devint rapidement incontrôlable. Cette situation perdura pendant plus de trois cents ans, période pendant laquelle le royaume de France, autant sorcier que moldu, fut plongé dans un chaos inextricable, et ce jusqu'au 8ème siècle, où le fils d'un Maire du Palais auprès de la famille royale moldue naquit sorcier par le plus heureux des hasards. Suite à cette extraordinaire naissance, son père s'empara du trône au détriment de la famille moldue régnante, conférant de ce fait à son fils la royauté. Pour la première et dernière fois de l'Histoire de France les sorciers et les moldus français furent dirigés par un seul et même homme, qui rétablit la paix entre les deux tribus sorcières, et fonda Beauxbâtons après avoir retrouvé les deux baguettes des deux Grands Sorciers. Mais ce ne fut pas la seule chose qu'il trouva –même si on préfère l'avoir aujourd'hui oublié. »
Le chat fit un signe de tête vers la coupe taillée dans la pierre.
« La chose la plus importante qu'il ramena dans son palais d'Aix-la-Chapelle fut cette Coupe. Elle qui recelait un pouvoir magique énorme, qui maintint l'Empire durant toute la vie du Grand Roi, contenait le sang des deux Grands Sorciers. Mais à sa mort, ce Trésor fut perdu dans la ruine du royaume, dont l'unité ne lui survécut pas. À nouveau, la France sombra dans le chaos. Pendant deux siècles à nouveau, on perdit la trace de cette Relique, jusqu'à ce que le Comte de Foix la retrouve lors de la première Croisade, à Jérusalem, à la fin du 11ème siècle, et, la prenant à tort pour le Saint Graal, la ramena dans son Comté. Et c'est là que nous entrons en jeu, nous les Quercevalles.
–Mon père, Geoffrey de Quercevalles, entendit parler de ce Saint Graal, ramené par les Comtes de Foix, et que les religieux cathares vénéraient. Il comprit ce qu'il en était réellement, et persuada le clergé cathare –qui contrairement aux catholiques, ne persécutaient pas les sorciers– de lui confier le Calice, ou, comme on l'appelle ici, la Coupo Santo2. Seulement, il ne fut pas le seul à avoir vent de la rumeur, et Simon de Montfort, un mage noir très malfaisant habitant à la Cour du Roi moldu Philippe Auguste, décida de récupérer ce Trésor pour lui seul. Il partit en croisade contre les Cathares sous de faux prétextes religieux, et au bout d'un certain temps, réussit à déclencher la colère des sorciers méridionaux qui prirent part à la croisade contre les parisiens. Mon père étant mort, je pris la tête de la rébellion avec les Trencavel, que de Montfort avait agressé en premier.
–Et comme mon père m'avait transmis la Coupo Santo, je décidai, dans le bien des sorciers de la région, d'enchaîner le sort de ma famille au sien pour mieux la protéger de la cupidité des Croisés. C'était de la magie très ancienne, qui permettait à un sorcier, et à tous ses descendants, de bénéficier du pouvoir incommensurable d'une relique tout en payant en contrepartie 'le prix du sang'. À l'époque, j'avais pensé au bien de notre pays, pour chasser les mages noirs, et pas à ce que tout cela allait impliquer ultérieurement. En 1212, j'ai franchi un cap décisif en forgeant moi-même Sept Clés magiques, chacune reliée à une forteresse cathare différente : Quéribus, Aguilar, Puilaurens, Puivert, Usson et Montségur. Chacune formerait un maillon dans la chaîne protégeant la Coupo Santo, qui reposerait dans la septième forteresse de Peyrepertuse, non loin du manoir des Quercevalles. Tant que les six autres citadelles n'auraient pas été prises, Peyrepertuse serait inviolable, et les Sept Clés furent placées dans notre foyer.
–Bien sûr, nous avions pris toutes les mesures de sécurité pour empêcher les troupes de Simon de Montfort de retrouver nos familles, c'est-à-dire que moi et Roland Trencavel avions eu recours à un Gardien du Secret. Dans mon cas, j'avais pris le frère de ma femme…Amaury de Malefoy. »
Harry écarquilla les yeux :
« Malefoy ? Comme Drago ? »
« Exactement comme Drago. Amaury était un de ses ancêtres tout comme l'était Alba de Malefoy, ma femme. Malheureusement pour lui et surtout pour moi, j'ai dû le bannir de France après sa trahison. En 1217, il a donné à de Montfort l'emplacement de la Noisette au Pastis (le nom de notre manoir à l'époque) et lui a livré sa propre sœur et sa famille, sans compter les Sept Clés dont il se serait sûrement emparé si je n'en avais pas eu quatre sur moi, et deux confiées à Roland Trencavel ; la seule qu'il trouva fut celle de la forteresse de Montségur, qui n'avait aucune valeur sans les six autres. Mais ma femme Alba et deux de mes enfants, Aimeric et Colombina, ont été emmenés pour être brûlés vifs dans l'abbaye de Fontfroide. Seule ma fille cadette Aude a réussi à s'échapper en se cachant sous une armoire quand ils sont venus arrêter la famille. Par la suite, ce sont les Trencavel qui l'ont recueillie dans leur demeure de Puysorciers…Mais je n'ai pu rien faire pour les empêcher, je combattais déjà à l'autre bout de la province, à Carcassonne.
–Quand j'ai appris la nouvelle de leur mort, je me suis juré de les venger, et c'est ce que j'ai fait en tuant de mes mains de Montfort devant les remparts de Toulouse en 1218. Ce que je n'avais pas prévu, c'est qu'il aurait le temps de me maudire avant d'expirer, et de me lier pour l'éternité à cette relique que j'aimais tant, sous ma forme Animagus. »
Pendant quelques instants, un silence pesant s'installa, le temps qu'Harry digère ses informations. Finalement, il dit d'une voix hésitante :
« Alors ça veut dire que vous avez vraiment plus de huit cents ans ? »
Le chat cligna des yeux, et hocha la tête. Harry eut l'air stupéfait :
« Et…euh, cette coupe, c'est de là que vous tirez votre pouvoir ? C'est ça ? Mais quel rapport avec Dra…Malefoy ? »
Le papé eut l'air un instant sur le point de lui demander s'il n'allait pas bientôt subir une intervention visant à lui greffer des neurones, parce que visiblement il lui manquait quelques connexions, mais il se ravisa, passa sa patte sur son visage en signe d'exaspération, et expliqua :
« La Coupo Santo est une relique magique, et du fait du sortilège puissant qui relie les Quercevalles à elle, nous sommes tous liés par notre sang. Cela relève du même type de magie que celui qu'a utilisé ta mère pour te sauver : la magie du sang. Dans le cas des Quercevalles, notre tâche est de veiller sur le Calice, qui nous fournit un pouvoir incommensurable –comme tu as pu le constater il y a quelques heures avec Elianor– mais en contrepartie, cette relique exige un 'prix du sang', c'est-à-dire, la vie de chaque Quercevalles.
–Et depuis l'époque de ma fille Aude, depuis le jour où elle s'est sacrifiée pour récupérer la Clé de Montségur dont de Montfort s'était emparé, et reconstituer la protection autour de Peyrepertuse, cette vie s'arrête toujours et invariablement à 33 ans. Parfois même avant si le sorcier fait un usage abusif des pouvoirs du Calice. Mon arrière-arrière-petit-fils est mort à dix-neuf ans par exemple. Quant au père d'Elianor, il est mort depuis maintenant quinze ans, mais nous le cachons grâce à la technique du Horcrux. Juste avant sa mort, il a eu le temps de séparer un bout de son âme et de la placer dans un corps artificiel, qui permettrait de donner le change jusqu'à sa mort 'officielle'. Personne ne doit savoir cela, en dehors du ministère de la Magie. Nous utilisons des Horcrux depuis maintenant plusieurs siècles car il faut masquer notre malédiction aux yeux du monde. Nous ne pouvons pas nous permettre d'ébruiter un tel secret… »
Harry eut l'air stupéfait mais n'interrompit pas l'ancêtre.
« Bref, tu l'auras compris, quiconque possède du sang Quercevalles possède un lien puissant avec ce Calice. Or, Drago Malefoy est le descendant d'Amaury de Malefoy (il a perdu la particule 'de' en même temps que ses terres en France), et donc de ma femme, ce qui le fait descendre d'Aude et de moi –par alliance. Mais par sa mère Narcissa Black, il descend également des Quercevalles. La grand-mère de Narcissa était française, et Quercevalles de surcroît. Drago a donc des deux côtés du sang de notre famille, ce qui le rend probablement plus réceptif aux pouvoirs du Calice que ses parents –je ne crois cependant pas qu'il soit touché par la malédiction, car sa mère n'est pas morte et elle a dépassé les 33 ans…Cela explique comment les Mangemorts ont pu pénétrer dans cette demeure pourtant hermétiquement close à celui qui n'a pas de sang Quercevalles. Narcissa Black a une grand-mère Quercevalles, mais ce n'est pas elle qui est venue aujourd'hui, elle aime trop son fils pour vouloir le kidnapper…C'est plus probablement quelqu'un qui a rejoint les ténèbres. Il s'agit sans nul doute… »
« De sa sœur. », acheva Harry d'une voix blanche.
Guilhem hocha la tête.
« Exact. De sa sœur Bellatrix, qui, protégée par notre sang, a pu s'infiltrer sans trop de problème, une fois que les espions des Mangemorts ont pu récolter le mot de passe de la Cacahouète…ce qui a dû être simple étant donné que cette petite couillonne le hurle tous les soirs pour rentrer… » Il jeta un bref regard torve à sa descendante qui se tassa dans son fauteuil, et reprit : « On peut donc déduire de cela que la mère de Drago peut bénéficier de la protection de ce moulin comme sa sœur, mais n'a pas autant de pouvoir magique que son fils, qui a le sang du traître Malefoy dans ses veines –et donc de ma femme et de ma fille.»
« Donc, ça veut dire que Malefoy est un sorcier très puissant ? »
Le chat hocha la tête brièvement.
« Oui. Il ne le sera jamais autant bien sûr que Johan ou Elianor qui sont des héritiers légitimes et qui peuvent manipuler à leur guise les pouvoirs magiques de la Coupo, mais il existe tout de même une sorte de transmission involontaire, qui fait qu'il possède plus de particules magiques en lui…Et ça, Croquemort a bien dû le sentir… »
« Voldemort, papé. », corrigea machinalement la mère d'Eli.
« Croquemort, Voldemort, tout ça c'est pareil. Ils en ont de ces noms les mages noirs de nos jours ! », ronchonna le papé. « De mon temps, ils gardaient leur nom, voilà tout, aujourd'hui, il faut toujours qu'ils fassent leurs malins en inventant des noms grotesques ! »
À nouveau, la mère d'Eli dit d'une voix nonchalante :
« Enfin, grand-père Guilhem, étant donné que son vrai nom c'est Tom Elvis Jedusor, on peut quand même porter à son crédit que Tom, ça fait pas très crédible ou très effrayant, comme nom pour un mage noir… »
« Oui, ça fait plus nom d'acteur moldu par exemple.3 », renchérit Elianor.
Le papé la regarda d'un air effaré.
« Bah quoi ? Il aurait mieux fait d'être acteur ! Au moins, on aurait été tranquille, et le Dragouchou serait encore parmi nous. »
« C'est pas la question ! », beugla le chat. « Non, ce que j'essayais d'expliquer avant que tu ne viennes me perturber avec tes histoires de Tom, là, c'est que Drago doit sûrement receler le même genre de pouvoirs que les nôtres. »
« Dans ce cas, pourquoi ne pas simplement enlever un descendant direct de la famille ? Ça serait plus logique, puisque lui ne sait même pas se servir du pouvoir du Calice ! »
Le papé eut encore une fois ce qui s'apparentait à un sourire.
« Ça n'est pas si simple. J'en ai parlé avec Dumbledore, justement. Un Quercevalles juste comme ça ne lui apporterait rien, il faut qu'il y ait un lien entre lui et la personne. S'il a pris tant de risques pour récupérer le pitchounet, c'est qu'il y a un intérêt à le faire. Et d'après les informations dont nous disposons, ton directeur et moi, il semblerait que tout ça ressemble fortement à une forme très élaborée de magie rouge… »
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Notes :
(1) Chanteur moldu très à la mode en France à l'époque où se déroule cette histoire, à savoir en 1996…°Larme émue des autrices qui se rappellent de leur propre adolescence…°
(2)Note de Lilulle : encore une fois, l'expression n'est pas de moi ! En réalité, la Coupo Santo (d'ailleurs, prononcez 'Coupa Santa'…l'orthographe occitane, cherchez pas…argh !) est une coupe offerte par les Catalans aux Provençaux pour sceller leur amitié, et dont Frédéric Mistral tira un poème en provençal…
(3) Profitons-en pour rentre hommage à tous les Tom acteurs : entre autres, Tom Cruise, Tom Hanks, Tom Selleck, Tommy Lee Jones, et bien sûr le Tom préféré des fans de la saga Harry Potter, Tom Felton, qui nous le rappelons, joue Drago Malefoy entre deux parties de pêche (et merci à Ritsu pour cette info qu'elle a pêché sur le blog de l'acteur himself…).
Le sondage de Ritsuko !
Où Draco a-t-il été emmené ?
A/ À la kermesse organisée au profit des orphelins de Mangemorts…C'est lui qui doit faire la cérémonie d'ouverture avec son papa…
B/ Chez lui parce que sa môman voulait le revoir, il lui manquait trop. D'ailleurs c'est elle qui a organisé son enlèvement.
C/ Chez sa grand-mère parce que c'est son anniversaire et le comité 3ème âge des Mangemorts lui a préparé une fête.
D/ Chez Voldemort…pour subir une cure de désintoxication anti-Harry !
Dans le prochain chapitre : où Drago a de sérieux ennuis…
