Blabla bête des auteurs : Voilà déjà le 26ème chapitre ! Et dire qu'au début, on pensait juste faire une fic toute bête sans queue ni tête ! Espérons qu'on arrivera à la finir ! (Parce que là…ça commence franchement à traîner en longueur tout ça…On en voit qui s'endorment devant leur écran et tout…)
Sinon, cette semaine, suite à tout plein de gens qui nous ont demandé si on avait été influencées par le Da Vinci Code en écrivant l'intrigue de cette histoire, on voudrait juste leur apporter une précision. Même si personne ne nous croira, non, nous n'avons pas écrit en pensant au Da Vinci Code, car ces chapitres ont été tapés avant la sortie du film ! Même s'il est effectivement fait mention du Graal, le Graal est avant tout un mythe populaire : pourquoi toujours le rattacher au bouquin de Dan Brown ? En l'occurrence dans la région natale de Lilulle (le Languedoc-Roussillon), marquée donc par les Cathares et les Templiers comme chacun sait, il existe une forte croyance populaire comme quoi les Cathares ou les Templiers possédaient un trésor que leur jalousait le pape, et beaucoup croient que c'est en fait le Graal dont il s'agissait. Donc en fait, on s'est plus inspirées de cette croyance locale que du Da Vinci Code, et c'est pas les légendes locales qui manquent à ce sujet : par exemple, l'histoire de l'abbé Saunière à Rennes-le-Château –tiens, Saunière, comme le mec du Da Vinci Code…Est ce que finalement, ça serait pas Dan Brown qui aurait pompé dans nos légendes ?
Voili voilou pour la petite précision de la semaine :D
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 26
Captif !
Bien loin de la France…
Quand il reprit ses esprits, et ouvrit ses yeux, il se rendit compte avec terreur que la garrigue avait totalement disparu. À la place, il se tenait dans un cimetière lugubre, envahi de végétation, qui grimpait sur des tombes moussues et visiblement abandonnées depuis un certain temps. Il n'eut le temps que d'apercevoir en haut d'une colline une vieille bâtisse d'aspect sinistre, qu'une poigne le saisit brutalement à la gorge et le plaqua contre une pierre tombale, le serrant si fort qu'il en eut mal à respirer et que ses yeux lui piquèrent. Il se força à faire le point, mais son cerveau manquait cruellement d'oxygène et sa vue était embrumée par des étoiles. Après qu'il eut émis un gargouillement indiquant que son asphyxie était proche, la main se desserra, et Drago vit enfin clairement le visage de celui qui l'étranglait –même s'il n'avait pas eu le moindre doute depuis le début. Son propre père, qui le dévisageait avec une expression de répulsion extrême, comme s'il n'avait été qu'un Véracrasse dégoûtant qui venait de se rouler dans une bouse d'hippogriffe. Même Potter ne l'avait jamais regardé de la sorte. Même pas Weasmoche…enfin, peut-être Weasmoche, mais c'était bien le seul point de comparaison qu'il avait.
« Tu m'as profondément déçu, Drago. », fit juste la voix glacée de son pater, qui le relâcha, le laissant s'affaler, pantelant, contre la dalle de pierre froide.
Le blondinet ne vit même pas son père sortir sa baguette, ni même prononcer l'incantation, qu'il sentit brutalement des milliers de piques d'acier lui lacérer la peau, marque de fabrique bien connue du Doloris. Quelques mois sans ce sortilège semblaient l'avoir à nouveau rendu très vulnérable à ses effets, car le jeune Serpentard se mit à hurler comme jamais il n'avait hurlé dans sa vie, sentant que son crâne n'allait pas tarder à exploser si son père n'interrompait pas bientôt le sortilège. Enfin, au bout d'un moment qui lui parut une éternité (une minute vingt-deux en réalité), le sort cessa. Tremblant de tous ses membres, Drago tenta de se recroqueviller sur lui-même, quand la canne paternelle s'abattit sur ses jambes.
« Debout ! », cracha le pater familias.
Mais malgré les coups, Drago ne put parvenir à se hisser sur ses jambes qui tremblaient sous son poids et refusaient de le porter. Son père le saisit par le col de sa cape, et entreprit de le traîner à travers le cimetière désert.
« Tu es pitoyable. Indigne des Malefoy. Indigne de ton sang et de ton rang. Tu as de la chance que le Seigneur ait besoin de ta misérable personne, sinon je t'aurais achevé ici même. »
Il s'arrêta à la sortie du cimetière et dévisagea le visage baigné de larmes de son fils unique. Puis avisa la superbe cape de voyage dans laquelle il était enveloppé.
« Qu'est ce que c'est que ça encore ? Encore une des inventions de ta mère ? »
Il arracha la belle capeline noire doublée de tissu marron à carreaux et l'envoya valdinguer. Puis sans cérémonie, il se débarrassa méchamment aussi du beau pull turquoise que portait le petit blond, ce faisant, arrachant plusieurs boutons à la chemise blanche de son fils qui sanglota de plus belle. Puis il examina la peau blanche presque entièrement cicatrisée des plaies qu'il lui avait lui-même infligé :
« Il n'y a pas à dire, le père de ta chère cousine n'a pas usurpé sa réputation…Presque entièrement guéri… » Il attrapa le menton pointu de son héritier. « Tant mieux. Le Seigneur des Ténèbres ne t'appréciera que plus. »
Drago, dans un état semi conscient, entendit cette phrase et il sentit ses cheveux se hérisser sur sa nuque. Il eut un mouvement de recul dérisoire qui n'échappa cependant pas à Lucius, qui resserra sa prise autour du poignet fin de son fils.
« Allez, Drago, tu ne voudrais pas faire attendre ton Maître n'est ce pas ? Ne fais pas l'enfant, il connaît des techniques pour te punir bien plus raffinées que les miennes…(1) »
Epouvanté par les paroles de son géniteur, le Serpentard essaya de se soustraire à l'emprise paternelle, mais sans aucun succès, le Doloris l'ayant plus affecté qu'il ne voulait le reconnaître. Il ne put rien faire lorsque son père le traîna le long du sentier tortueux qui menait à la vieille demeure, à part hurler et se tortiller dans tous les sens. Toutefois, quand son père lui envoya un autre Doloris et le menaça de le mettre sous Imperium à nouveau, le blond se calma, et se laissa docilement porter jusqu'à la porte d'entrée, comme une poupée désarticulée. Après le deuxième Doloris, plus long et plus douloureux, il s'était rapidement aperçu qu'il ne pouvait plus mettre un pied devant l'autre sans s'effondrer, aussi Lucius l'avait-il pris dans ses bras pour gagner du temps.
Il vit défiler devant ses yeux gris délavé une succession de corridors poussiéreux, de portes closes à la peinture défraîchie, une rampe d'escalier branlante, et à nouveau d'autres couloirs, et enfin, Lucius cessa de marcher, et le laissa tomber à terre. Il leva les yeux vers son père, et crut déceler l'espace d'un instant un éclair de quelque chose qui ressemblait à de la pitié. Mais il se prit à songer que ça ne pouvait être qu'une illusion, car l'instant d'après, Lucius Malefoy avait repris son masque de mépris et de dégoût. Son père le dépassa d'une enjambée, et toqua à la porte. Une voix glacée lui répondit d'entrer. Les entrailles du garçon se nouèrent ; alors que son pater ouvrait la porte et entrait, un énorme serpent blanc sortit, et vint se lover à côté du corps martyrisé du Préfet Serpentard.
« Je l'ai ramené, Maître, il vous attend dehors, avec Nagini. », fit la voix de son père.
À ses côtés, le serpent émit un bref sifflement, et la voix glaciale reprit :
« Je t'avais dit de ne pas encore utiliser de Doloris contre lui. Il me le faut en bon état ! Tu as vraiment du pudding à la place du cerveau, Lucius ! Amène-le moi maintenant ! »
Lucius ressortit, souleva son fils par le col de ce qui restait de sa chemise, et le tracta sur ses jambes chancelantes, jusque dans la pièce éclairée seulement par un feu de cheminée. L'aîné des Malefoy balança dédaigneusement le corps du plus jeune au pied d'un fauteuil, duquel s'éleva une voix glacée et satisfaite :
« Laisse-nous, Lucius. »
Malade de terreur, Drago n'osa même pas lever la tête quand il entendit la porte se refermer sur son père, et resta le nez dans la poussière. Il avait l'horrible conscience d'un regard braqué sur sa nuque et du corps reptilien de Nagini qui se déplaçait en ondulant non loin de lui. Et soudain, des longs doigts squelettiques se refermèrent sur son cou, et avec une force surprenante l'arrachèrent au sol, pour le mettre au niveau de deux yeux rouges et cruels. Drago dut réprimer une violente nausée à la vue du Maître de son père, et il comprit immédiatement pourquoi sa mère justifiait qu'elle ne travaillerait jamais pour le Seigneur des Ténèbres, en le qualifiant « de pas glamour et d'aussi esthétique qu'un Strangulot » : c'était un être immonde, à la face blafarde et aplatie comme celle de son serpent adoré, éclairée par deux prunelles rougeoyantes et terrifiantes. Drago comprit aussi pourquoi Potter était revenu si choqué à l'issue de la troisième tâche, à la fin de la quatrième année. Ce type n'avait plus rien d'humain, songea le blondinet, en étant parcouru d'un spasme de révulsion.
Et sans qu'il s'y soit préparé, il reçut un violent choc latéral au niveau de la pommette gauche, qui le sonna quelques secondes. Autrement dit, une taloche. Suivie bientôt d'une seconde sur l'autre joue. Sonné et effrayé, le blond leva quand même ses yeux gris vers Voldemort, dont la bouche s'étira dans un sourire qui n'augurait rien de bon.
« La première, c'est pour avoir failli mettre mon plan en péril, petit porc lubrique. Et la seconde, c'est pour avoir osé penser que je n'ai plus rien d'humain. »
Les yeux gris à nouveau s'agrandirent, et il ne put s'empêcher de penser que son père lui avait dit que le Seigneur des Ténèbres était le meilleur Légilimens que la Terre n'ait jamais porté. ''Et merde !'', songea le jeune Malefoy.
« Comme tu dis. », sourit le Lord Noir. « Je ne savais pas que Lucius t'avait si mal éduqué…Pas étonnant qu'il ait dû te mettre sous Imperium…Tu es un vilain petit garçon mal élevé, tu le sais ? »
Visiblement, Voldemort s'amusait comme un fou, se délectant de l'expression horrifiée gravée sur les traits aristocratiques du dernier des Malefoy lorsqu'il passa son long doigt blafard sur sa joue.
« Mais moi, je n'ai pas la patience de tes parents, je suis pas assistant en puéricultrice… »
Drago se prit encore une tarte pour avoir osé penser quelque chose comme : ''Bin mon vieux si c'était le cas voudrais bien voir la gueule des mômes de ta crèche !'', et le Seigneur Sombre poursuivit :
« Si tu es encore en vie, et si précieux, c'est qu'il y a une raison à cela, tu t'en doutes…Lord Voldemort ne s'encombre jamais de parasites inutiles tels que toi… »
Et brutalement, il propulsa le garçon blond contre le mur de la pièce, mais avant que Drago n'ait eu le temps de retomber au sol, des chaînes d'acier s'enroulèrent autour de ses poignets, et lui firent lever les mains au-dessus de sa tête. Après avoir essayé de tirer dessus en vain, le jeune Serpentard essaya de s'exhorter au calme, en fermant les yeux et essayant de penser à autre chose. Depuis sa petite enfance, depuis que son père le battait, les espaces sombres et confinés, associés à des chaînes, le faisaient atrocement paniquer, mais il avait dans l'idée que montrer sa plus grande terreur au mage noir n'était vraiment pas une bonne idée.
« Tu n'aimes pas ça, pas vrai, petit serpent ? Ça te rappelle sûrement de mauvais souvenirs, je suppose… », fit ledit mage noir en se levant lentement de son fauteuil, dominant le blond de toute sa taille. Il se rapprocha doucement, comme une énorme araignée blafarde et décharnée qui aurait pris dans sa toile un joli moucheron doré. « Est-ce que tu voudrais savoir pourquoi tu es si précieux, petit Malefoy, alors même que ton père est un crétin d'aristocrate bouffi d'orgueil et ta mère une hystérique seulement préoccupée à assortir ses escarpins à ses boucles d'oreilles ? »
Drago sentit une bouffée de colère lui monter au visage lorsque Voldemort parla de sa mère en des termes aussi peu élogieux, mais il n'était pas en position de discuter sur l'adjectif ''hystérique'' ; son courroux dut quand même transparaître, car le sorcier ricana d'un rire froid et sans joie.
« Ne pas insulter ta maman, hein, petit dragon ? Alors, tu n'as pas répondu à ma question : tu veux savoir ce qui te rend si spécial ? »
Comme Drago gardait obstinément le silence, le Lord noir sortit nonchalamment sa baguette, et prononça doucement :
« Oh, je vois, tu veux faire comme ton grand ami Potter ? Impero ! Réponds-moi ! »
Drago sentit sa tête se vider lentement. Il savait qu'il devait combattre ce sortilège, il le devait, mais il n'avait jamais eu la force de caractère d'Harry Potter. Lui, il n'était qu'un petit gamin pourri gâté…Au bout d'un long moment, il laissa sa tête retomber contre sa poitrine et laissa couler un faible ''Oui'' entre ses dents. Il sentit les doigts de Voldemort ébouriffer ses mèches blondes :
« Bien, bien, tu vois, quand tu y mets du tien petit dragon…Je vais donc t'expliquer pourquoi tu es si important, pourquoi ton cher papa t'a soumis à l'Imperium toutes ces années…Après tout, je te dois bien ça, tu vas passer au moins six mois ici, enfermé. Il faut que tu saches pourquoi. Après tout, chaque détenu a le droit de savoir pour quel motif il est incarcéré (2), comme dirait ton nouveau mentor, ce bon vieux Dumbledore… »
Drago sursauta faiblement, mais il se sentit soudainement très las, comme si le contrecoup des Doloris paternels se manifestaient à présent. Il ne se sentait pas de taille à lutter contre le plus grand mage noir de tous les temps, de toutes façons. Il baissa les yeux et laissa tout son poids reposer sur ses bras suspendus, alors que le Seigneur noir commençait à parler, sa voix toujours aussi atone et glaciale.
« Bien, je suppose que tu n'ignores pas que tu as, comme tous les enfants issus de grandes familles sorcière, une fée marraine ? »
Drago hocha vaguement la tête. Voldemort souleva sa tête en lui empoignant les cheveux :
« Et tu sais comment elle s'appelle, ta fée marraine ? »
Le blond poussa un gémissement plaintif :
« Laquelle ? », geignit-il.
Là, Voldemort eut une réaction inattendue. Il poussa un cri de rage, et gifla encore plus violemment le garçon, qui hoqueta sur le coup de la surprise et de la douleur.
« Tu savais qu'il y en avait deux, tu le savais, petite vermine ! Qui te l'a dit ? », siffla-t-il, plissant ses yeux rouges et tirant encore plus sur les cheveux blonds.
Les larmes aux yeux, Drago balbutia le nom de son ancien elfe de maison :
« Do…Dobby me l'a dit quand j'avais…dix ans…Il l'a vue…faire son don… »
« Dobby, l'elfe de maison, c'est ça ? »
Tout à coup, le Seigneur des Ténèbres eut l'air plus songeur qu'en colère. Il s'éloigna un peu de son jeune prisonnier, et commença à marcher de long en large, ses longues robes noires tourbillonnant autour de lui (3) :
« Bien sûr…Ça explique que ce vieux fou soit au courant depuis au moins le mois de juin…Ça explique l'avance qu'il avait sur nous en la matière… » Il se retourna vers Drago et darda sur lui ses impitoyables yeux rouges : « Mais maintenant, nous sommes lui et moi sur un pied d'égalité. Même plus que ça. Maintenant, c'est moi qui suis en avance sur lui. » Le sourire sur sa face plate s'élargit. « Parce que j'ai en ma possession l'atout le plus formidable contre lui et son stupide Potter : toi ! »
Les yeux pâles de Drago s'écarquillèrent de surprise, alors que le sourire de Voldemort s'élargissait encore plus, lui donnant un air féroce.
« Tu ne sais pas le contenu des prophéties de tes deux fées marraines ? Ton père et ta mère ne t'ont jamais révélé le contenu de la première, n'est ce pas ? Ton père parce qu'il se doutait –malgré sa stupidité naturelle– que te maintenir dans l'ignorance serait sûrement le meilleur moyen de voir la chose arriver, et ta mère parce qu'elle refusait d'y croire et se persuadait que ça n'arriverait pas si on ne t'en parlait pas. Quant à la deuxième…personne à part ce stupide elfe de maison et toi-même n'en connaissait l'existence, et Dobby n'a pas jugé utile de te la divulguer dans son intégralité –de toutes façons, il n'a même pas dû en comprendre la portée. »
Drago suivait les allées et venues du mage noir d'un air inquiet. Il n'avait jamais vraiment prêté d'attention à cette histoire de fées quand Dobby lui avait révélé qu'il avait surpris, une nuit, l'une d'entre elles, penchée sur son berceau, quelques semaines après que sa première marraine eût prononcé ses vœux. Il ne devait pas avoir plus d'un an à cette époque, de toutes façons, il ne s'en souvenait pas…En fait, il avait commencé à se dire que quelque chose clochait visiblement au moment du massacre des fées de Brocéliande par les armées de Voldemort, et ses soupçons s'étaient accentués depuis la révélation de Lorelei. Il savait, Dobby lui avait précisé, que sa deuxième marraine s'appelait Pudding, et c'était à peu près tout ce qu'il en savait. Et là, maintenant, on lui apprenait qu'on le séquestrait, qu'on le molestait pour cette sombre histoire ! Imperceptiblement, il fronça les sourcils. Ce dont s'aperçut bien sûr son Maître.
« Tu te demandes ce que cette histoire de fée marraine vient faire là-dedans, bien sûr. » Son sourire se fit mielleux. « C'est le centre du problème. Figure-toi que si même j'avais entendu parler en partie de la prophétie, je voulais avant tout m'en prémunir. C'est en partie pourquoi j'ai créé des Horcruxes, mais ça, ton père a dû t'en parler…Bien sûr, j'ai voulu aller plus loin que cette chose qui me permettrait, en cas de malheur, de simplement survivre. Il me fallait quelque chose qui me fournirait une source absolue de pouvoir. Et j'avais eu connaissance, durant mes longues recherches, d'un objet particulièrement puissant. L'équivalent des objets des Quatre Fondateurs de Poudlard que j'avais utilisés pour placer mes Horcruxes, mais en France. La Coupe Sacrée qui avait recueilli le sang des deux plus grands sorciers français, dont la puissance dépassait mes rêves les plus fous. Cependant, cette Coupe était aux mains d'une redoutable famille de sorciers français qui ne l'avait pas laissée échapper un instant à sa vigilance. Et je savais qu'il venait de naître au sein de leur famille un héritier qui reprendrait leur flambeau. C'était impossible d'espérer quoi que ce soit de ce côté. C'était une forteresse imprenable. Même pour moi. »
Drago écoutait les paroles du mage noir, bouche bée. Il avait vaguement conscience que c'était son histoire que Voldemort déroulait lentement. Il se demandait juste quand il allait entrer en scène.
« C'est à ce moment que j'ai appris un peu par hasard le lien qui unissait les Malefoy –famille de mon bras droit– aux Quercevalles, et encore plus extraordinaire, j'appris que Lucius était marié avec une petite-fille de Quercevalles. Une personne qui possédait ce sang dans ses veines était unie avec le descendant de celui qui les avait trahis, mais dont la sœur avait été mariée au fondateur des Quercevalles. Et je compris aussitôt ce que cela signifiait. Le bébé qui allait naître de cette union verrait courir dans ses veines le sang des Quercevalles, mais aussi celui des Malefoy, dont la famille actuelle descend également. Autrement dit, que ce bébé serait un sorcier très puissant, presque aussi puissant que Aude de Montségur, elle aussi issue d'un Quercevalles et d'un Malefoy. Quel hasard ! »
La tête de Drago commençait sérieusement à lui faire mal. Il ne comprenait rien à cette histoire. Est-ce que les Malefoy descendaient aussi des Quercevalles ? Qui était Aude de Montségur ? Et pourquoi le Lord lui parlait-il de tout ça à lui ? Le Seigneur noir lui donna une pichenette sur le front, et sourit :
« Tu ne connais pas Aude de Montségur ? Quel petit cancre tu fais ! Morte à 33 ans dans la forteresse du même nom, justement en reforgeant une des légendaires sept clés qui avait été perdue pendant une bataille. Elle fut sans conteste une des plus grandes sorcières de son époque. Mariée avec un sorcier d'origine partiellement moldue. Elle a fait de la famille Quercevalles ce qu'elle est, et encore ce qu'il en reste aujourd'hui n'est que des reliquats. Au faîte de sa gloire, peu après sa mort, la famille exerçait son influence en sous-main sur toute la région. Mais Aude avait à mon sens un grand défaut. »
Il fit une pause et planta ses yeux de braise dans ceux de son jeune prisonnier. À nouveau un rictus cruel sur sa face plate.
« Elle détestait la magie noire et répugnait à gouverner les autres. Elle a éduqué tous ses fils dans le respect des autres et dans la magie blanche. Les Quercevalles ont toujours, et de tous temps, été de redoutables traqueurs de mages noirs. »
Il se rapprocha de Drago.
« Aussi quand j'ai appris quelques temps plus tard que Narcissa était enceinte et qu'elle attendait une petite fille, j'ai tout de suite pensé à un plan pour m'emparer de ce pouvoir, tout comme aurait pu le faire le mari d'Aude de Quercevalles s'il n'avait pas été trop niais pour ne pas s'apercevoir du potentiel magique de sa femme. Alors j'ai contacté une fée. La fée Thénoir, qui avait été bannie par leur Reine pour avoir utilisé des sorts de magie noire et rouge. Mais une fée conserve toujours son pouvoir, même bannie…Elle serait la fée marraine de la petite Malefoy, et la doterait d'un destin bien particulier, celui que j'avais planifié pour elle. Bien sûr, convaincre Lucius n'a pas été trop dur, il aurait fait n'importe quoi pour son Seigneur et continue de bien le servir encore maintenant. »
Drago déglutit péniblement, et s'agita nerveusement, faisant cliqueter les chaînes au-dessus de sa tête. Il ne savait pas que ses parents avaient eu une fille avant lui…
« Seule sa femme a opposé quelques résistances, mais a finalement fini par capituler. Sûrement ton père lui a-t-il acheté les derniers escarpins à la mode et le sac assorti pour la calmer. Bref, tout était prêt pour la naissance de la petite fille. Vélane, ils avaient même prévu de l'appeler. »
Instinctivement, Drago se raidit en comprenant. La petite fille dont Voldemort parlait depuis tout à l'heure, c'était lui (4). Le sourire moqueur du mage noir s'accentua quand il sentit dans la tête du garçon blond une vague de terreur s'immiscer lentement. Il continua sur un ton presque doux :
« Seulement, quand la petite Vélane est arrivée, il s'est avéré qu'il s'agissait en fait d'un petit garçon, que ses parents, après mûre réflexion et surtout une consultation très aléatoire de l'Almanach des Créatures Magiques, décidèrent d'appeler Drago. Cela ne me plaisait pas plus que ça que cela soit un garçon, mais peu importait, le temps pressait, le moment de la prophétie approchait et je voulais m'assurer de recouvrer mon pouvoir si cela se passait mal. La fée Thénoir est quand même venue au manoir Malefoy, et a jeté comme prévu un sort de magie rouge sur le petit Drago quand il eut atteint six mois. »
Le blond recula, comme frappé par la foudre, mais ne put reculer bien loin sans se retrouver entravé par ses chaînes. Voldemort huma l'air avec ses narines de serpent, et poursuivit :
« Oui, un puissant sort de magie rouge, très ancien. Les fées peuvent le faire, mais il y a longtemps que l'usage de ce type de magie a été prohibé, et quel dommage…Quelques pays l'autorisent toujours, comme l'Inde, mais ils l'encadrent bien sûr très strictement. Dans ton cas… » Il arrêta de faire les cent pas. « Le sort qu'elle a lancé sur toi, petit Malefoy, visait à te forger un destin. Le destin que je lui avais demandé de te forger, naturellement, pour que tu puisses me servir plus tard, et décupler mon pouvoir déjà existant. En un mot : me rendre invincible. »
Il fit un geste nonchalant de sa baguette magique, et une silhouette en sortit, pâle, comme holographique. Une créature fine, vêtue d'une guêpière rouge vif, et de bottes en cuir noir montant jusqu'au dessus de ses genoux, apparut. Ses cheveux étaient d'une couleur très foncée, obscurs comme de l'encre de Chine, ramenés en deux macarons désordonnés dont les mèches folles tombaient devant deux grands yeux sombres et tellement étirés en amande qu'on ne distinguait pas ses pupilles ; dans son dos battaient quatre ailes translucides d'une teinte carmin très clair.
« La fée Thénoir… », souffla Drago.
Le mage noir eut un ricanement amusé :
« Tu la reconnais ? Etrange, tu l'as pourtant vue quand tu n'avais que six mois…Ecoute ce qu'elle va dire…ou plutôt, ce qu'elle a dit… »
Drago se tourna vers l'image de réminiscence, quand la fée ouvrit la bouche, et prononça d'une voix cristalline mais glaciale :
« L'enfant gardien d'un immense pouvoir
Appartiendra tout entier au Seigneur Noir.
Durant pas moins de dix-sept ans
La puissance ira en lui croissant.
Peu avant le solstice d'été,
Au jour même de sa majorité
Ce pouvoir entre les bras
De mon Seigneur se déversera,
Seulement s'il reste aussi pur et blanc
Que la neige étincelante dans les champs. »
Drago déglutit péniblement alors que la frêle silhouette surgie du passé s'estompait petit à petit.
« Je…Je ne comprends pas… », bafouilla-t-il.
Mais à voir sa lividité, il n'avait que trop bien compris la prophétie. Voldemort eut un sourire doucereux :
« Sais-tu ce qu'est la magie rouge, petit dragon ignorant ? »
Le blond nia de la tête, essayant de se dégager de ses liens pour s'éloigner au maximum de ce serpent répugnant qui l'écœurait.
« La magie rouge est une partie de la magie beaucoup moins connue que la blanche ou la noire mais qui dispose de nombreux avantages. En deux mots, elle permet à un sorcier d'accroître son pouvoir en utilisant une autre personne, par le biais de relations sexuelles avec elle, qui permettront à celui qui a jeté le sort de puiser dans le pouvoir de l'autre. Une sorte de Kama-Sutra, mais à sens unique, visant à accroître la puissance d'un seul sorcier. Bien entendu, plus celui qui fait l'objet du sort possède une empreinte magique puissante, plus celui qui en est le bénéficiaire verra sa force augmenter… »
Le mage noir se rapprocha dangereusement de Drago :
« Bien sûr, la contrepartie généralement exigée dans de tels cas est la virginité de celui ou celle qui doit transmettre son pouvoir, car la magie rouge, très puissante, ne souffre pas d'interférences pour fonctionner à son maximum. Mais je crois que c'est encore ton cas, n'est ce pas ? De peu, mais tu l'es encore, n'est ce pas ? »
Le plus jeune Serpentard crut qu'il allait se trouver mal. Il battit des paupières, totalement interloqué, et essaya en vain de dégager ses poignets.
« Mais…Mais… », bredouilla-t-il. « Je…ne…Vous… ? »
Voldemort prit un air encore plus hypocrite :
« Tu as entendu la prophétie, n'est ce pas ? Et tu crois que Lord Voldemort renoncerait à la source de pouvoir que tu représentes juste à cause de tes pudibonderies ? Au soir de tes 17 ans, tu seras entièrement mien, tu entends ? »
Il avança vers le jeune captif terrifié.
« D'ici là, je peux bien sûr être indulgent et t'habituer lentement à ta future nouvelle condition… »
Une lueur d'horreur s'alluma au fond des prunelles grises :
« Non… », geignit Drago. « Non… »
oOoOoOoOoOo
Notes :
(1) Dont la redoutable technique du Guili-guili de la mort qui tue que nous mentionnons dans le sondage de Ritsu il y a de ça quelques chapitres…
(2) Et voilà, encore un reliquat de procédure pénale de 2ème année, veuillez pardonner Lilulle qui rédige, elle est incorrigible…
(3) Rappelons à nos chers lecteurs que cette technique fait l'objet d'un brevet déposé par Rogue. Heureusement, Voldychounet a demandé la permission d'utiliser aussi cette technique, donc il a le droit de faire tourbillonner ses robes noires.
(4) C'est pas qu'il est long à la comprenette le Dragouchounet, mais bon, après tout, il est blond, ne soyons pas trop sévères… O.ô
Le sondage de Ritsuko !
À votre avis, que va faire Voldemort à Drago ?
A/ Il va lui xxxxxx une xxxx !
B/ Il va prendre un bain avec lui parce qu'il en a marre de n'avoir que son vieux canard en plastique pour toute compagnie…
C/ Il va lui demander de faire un strip-tease (les trois Lukomax : °bave° )
D/ Rien. Tout ça c'était une blague, Drago a été piégé par « Sorcier Surprise » et c'est même Dumbledore qui s'est déguisé en Voldemort pour lui faire peur…
Dans le prochain chapitre : où Hermy et Eym' font une découverte zodiacale, où Harry découvre qu'il est encore visé par une Prophétie…
