Blabla bête des auteurs : Tadaaaaaaaam ! Et un chapitre de plus, un ! Mais où cette fic s'arrêtera-t-elle donc ? Oui, nous aussi on se le demande, fort heureusement, on commence à entrevoir le bout du tunnel ! Bref, la fin approche lentement, mais sûrement !
Cette semaine, sinon, Ritsu inaugure une nouvelle forme de sondage, motivée sûrement par la complexité de cette fan fic : la catégorie « Avez-vous bien compris ? ». On espère que c'est le cas…Y a qu'une réponse de juste parmi les quatre, concentrez-vous :D
Et dans la catégorie remerciements aux reviews anonymes : merci à Sabrina pour ton soutien!
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 27
Le témoignage de Dobby
Quelque part en banlieue parisienne…
Sitôt qu'Hedwige était revenue avec la missive de Harry dans le bec, porteuse de la très mauvaise nouvelle de l'enlèvement de Drago, Lorelei avait convenu qu'il valait mieux rentrer sur-le-champ et écourter le week-end. Elle ne voulait pas prendre le risque d'un affrontement avec des Mangemorts en pleine cambrousse bretonnante. Ron décréta que ce petit con décoloré allait même réussir à leur faire foirer Noël. Mais Lorelei lui colla un pain, et envoya une lettre à Beauxbâtons pour en prévenir Madame Maxime, faisant preuve pour la première fois de tout le sérieux qu'on pouvait attendre d'une Préfète. Tout le monde devrait rentrer chez soi le plus vite possible, avait-elle décrété. Aussi Hermione se retrouvait-elle en cette fin de dimanche après-midi particulièrement sombre, dans une rue de Bagnolet désertée à cause de la pluie, en compagnie d'Eymelie, David et Neville. L'enseigne du magasin de la mère d'Eymelie, 'Aux gâteaux enchantés', clignotait doucement dans la pénombre. La pluie qui tombait drue invita la Préfète Vampiglams à ouvrir plus vite qu'à l'accoutumée la porte menant à l'appartement situé au-dessus du local commercial, et à inviter les deux garçons à entrer à sa suite.
« Entrez, entrez, déposez vos manteaux là… »
Ils avaient débouché dans un couloir sombre et sinueux, où une patère était accrochée. Les garçons y pendirent leurs capes boueuses, tout comme Hermione, et ils suivirent Eymelie le long du corridor aux murs défraîchis. Sur la gauche, on pouvait voir une porte de service qui menait à l'arrière-boutique. Au fond, une porte vermoulue entrouverte donnait sur une cour entièrement pavée, où la pluie tombait régulièrement avec une petite musique chantante sur les couvercles des containers à ordures. Elle emprunta un escalier de bois qui sentait la vieille laque et dont la rampe branlait doucement, et ouvrit la porte de son appartement au premier étage. Il occupait tout l'étage, et au second, Hermione se rappelait qu'il y avait trois chambres de bonnes occupées par des étudiants, ce qui obligeait la famille Baccioni à fermer son appartement. L'une d'elles était libre en ce moment, et quelquefois Eymelie aimait s'y réfugier.
Quand ils entrèrent dans l'appartement, la télé marchait ; la mère d'Eymelie était étendue dans un sofa au salon et regardait une émission moldue.
« Papa n'est pas là ? », s'enquit la rouquine.
Sa mère leva le nez des programmes, essuya ses lunettes, et dit :
« Non. Une urgence. On l'a bipé. »
« Oh. » Pendant un moment, ce fut apparemment tout ce qu'Eymelie parvint à trouver à dire. Puis : « Rien de grave au moins ? »
Sa mère fit un geste fataliste.
« Bon, euh…on va dans ma chambre…euh, David et Neville sont passés, le temps que l'orage cesse… »
« Oui, oui… », fit sa mère d'un air absent. « Si vous avez besoin de quoi que ce soit, servez-vous dans le frigo les garçons… »
« Merci m'dame. », dit David, qui suivit l'instant d'après les deux jeunes filles et son correspondant dans la chambre de la rousse.
Une fois qu'il fut entré dans la chambre de la Préfète, il trouva celle-ci affairée à farfouiller dans différents livres d'astrologie. Enfin, elle en tira un, semblant satisfaite. David fronça les sourcils :
« Me dis pas que tu vas recommencer à faire les thèmes de tout le monde comme en cinquième pour voir qui allait sortir avec qui ? »
Eymelie eut un sourire mystérieux, et Hermione put lire sur la tranche du livre : Votre âme sœur est dans votre thème et vous ne le savez pas. La rouquine se tourna vers Neville.
« Dis-moi, Nev', il est né quand, et où, Drago ? »
Le garçon au visage lunaire fronça les sourcils. On aurait dit qu'il allait lui répondre : ''J'en sais foutre rien ma bonne dame, je ne fréquente pas ce genre de racaille'', mais il plissa les yeux et répondit avec un effort manifeste de concentration :
« Je crois…ma grand-mère est allée une fois rendre visite à sa mère, il me semble qu'elle disait que le manoir Malefoy était dans le comté du Wiltshire (1), dans le sud de l'Angleterre…Mais je sais pas si Malefoy est né là-bas, peut-être qu'il est né à Sainte Mangouste à Londres…Des fois, quand ça se passe mal, c'est ce qui arrive… »
Eymelie eut l'air mécontent, quelque chose qui s'apparentait à ''Tu m'aides pas du tout là…'' et elle soupira.
« En tous cas, son anniversaire est début juin, je me souviens que l'an dernier, il était furieux parce qu'il devait passer ses BUSE de Métamorphose le jour de ses seize ans. Il passait juste après moi en pratique et il arrêtait pas de râler. D'ailleurs, il a raté sa métamorphose la première fois et son pot à crayons a mordu McGonagall, qui lui a crié que c'était pas parce que c'était son anniversaire qu'elle lui mettrait un Optimal. »
Visiblement, Neville se remémorait avec délectation de cet instant précis de sa vie. Eymelie secoua la tête.
« Bon, bref, on sait qu'il serait né dans le sud de l'Angleterre, début juin 1980, mais ça nous avance pas, c'est trop vague pour faire un thème… »
« Pourquoi vous voulez faire son thème ? », intervint David.
Neville eut l'air soudainement très curieux lui aussi.
« Vous verrez bien. Mais de toutes façons, maintenant, on ne peut rien faire… »
C'était sans compter Hermione. Celle-ci était restée silencieuse pendant tout l'échange, et brusquement, elle se rua vers sa malle, fourragea frénétiquement dedans, et en tira un gros grimoire frappé aux armoiries de Poudlard. »
« Cékoiça ? », demanda le Fumoquette d'un air méfiant.
« Le livre de notre promo, bien sûr ! »
« Qué ? », s'entêta le brun.
Hermione eut l'air agacé –pourquoi les garçons ne comprenaient-ils jamais rien à rien ?
« Le livre de notre promo. L'année des BUSE, l'école réalise un livre sur les gens de la promo –une sorte de trombinoscope amélioré. En l'occurrence, nous, c'était la promo 1995-1996. » Elle tapota la couverture de cuir. « Là dedans, y a tous les gens de notre promotion, et tous les renseignements les concernant. »
Neville eut l'air abasourdi.
« Comment ça se fait que tu te trimballes avec ça, Mione ? »
« On sait jamais, je me suis dit que ça pouvait servir…Tu vois, j'avais raison ! »
Elle ouvrit le livre.
« Alors, Gryffondor, non…Poufsouffle…Serdaigle…Ah, voilà les Serpentard ! »
Comme tout était classé par ordre alphabétique, y compris les Maisons, Serpentard était logiquement la dernière des quatre. Elle feuilleta les quelques Serpentard avant le 'M', puis enfin s'arrêta sur une double page. Eymelie se pencha par-dessus l'épaule de sa correspondante, et les deux garçons firent de même, curieux et impatients. En lettres dorées s'étalait le nom du garçon, puis en lettres plus petites, ses fonctions (Préfet, Attrapeur de l'équipe de Quidditch de Serpentard, Trésorier du Club de Pêche à la Carpe Cracheuse de Feu du Yamato, membre du Club de Duel), avec une photo de lui dessous, en uniforme de Préfet de Poudlard, arborant cet air hautain que Hermione lui avait toujours connu, mais qu'elle voyait pourtant de moins en moins sur son visage ces derniers temps.
« Le Club de Pêche à la Carpe Cracheuse de Feu du Yamato ? Qu'est ce que c'est ce truc ? », demanda Neville.
« Sais pas. Ça existe pas à Gryffondor, et je connais pas d'animal qui s'appelle 'Carpe cracheuse de feu du Yamato'. Sûrement une couverture pourrie pour que les Serpentard fassent des conneries en toute légalité. », dit Hermione. « Enfin, on s'en fout. »
Elle se pencha sur les articles concernant la scolarité du jeune Malefoy ; comme pour tous les étudiants se trouvait résumés là le nombre de BUSE qu'il avait obtenues –autant qu'Hermione–, sa place dans la promo –juste derrière Hermione, sûrement à cause du pot à crayons mordeur– et un bref résumé sur sa vie. La Préfète de Gryffondor eut une exclamation triomphante :
« Là ! Regardez ! ''Drago Lucius Malefoy, né le 5 juin 1980 à 4h28 du matin, à l'hôpital Sainte Mangouste à Londres…'' Juste ce qu'on cherchait ! »
Eymelie s'empressa de jeter un sort compliqué sur le tableau magique. Aussitôt, une roue zodiacale apparut, et elle prononça les informations que Hermione venait de lui indiquer. Des traits commencèrent à apparaître et à s'entrecroiser, tandis que la roue pivotait légèrement, et pendant quelques minutes, les quatre occupants ne purent rien discerner de distinct. Enfin, tout sembla se calmer, et le thème apparut.
Hermione se pencha, mais elle n'avait pas encore beaucoup de pratique dans le domaine et ne vit rien de particulier. En revanche, Eymelie semblait surexcitée. Elle sautillait sur place, en tenant à bout de bras son livre.
« C'est ça, c'est ça ! »
D'un geste de la baguette, elle prononça une autre incantation, et une autre roue du zodiaque vint se superposer sur la première. Toute fière, elle se tourna vers ses trois camarades :
« Vous voyez quoi ? »
« Bin, deux thèmes l'un sur l'autre ? », hasarda David en remettant ses lunettes en place.
« Au-delà de ça ? »
L'Anglaise se pencha légèrement vers le tableau, et fut soudainement frappée de stupeur :
« Là…Les lignes… »
Elle se tourna vers Eymelie qui arborait un large sourire.
« Les ondulations du Serpent… »
« …elles s'emboîtent parfaitement l'une dans l'autre, oui. », termina la rousse. « Et c'est situé dans leur maison sentimental. »
« Euh… », dit Neville. « Moi j'ai rien compris… »
« Moi non plus. », renchérit David.
Le sourire d'Eymelie s'élargit davantage si c'était possible.
« C'est pas grave. C'est juste qu'on vient de trouver qui est l'âme sœur d'Harry Potter. Celle qui s'emboîte parfaitement à lui, et qui aura le pouvoir de repousser les ténèbres avec lui et tout le tralala… »
Neville avait blêmi, mais Hermione ne lui laissa pas le temps de prendre la parole :
« Il s'agit de Drago Malefoy. Si c'est vraiment ce petit con peroxydé notre dernier espoir, on doit le retrouver, et vite, avant que Vous-Savez-Qui en fasse je ne sais quoi. »
« Mais alors… », fit Neville en lorgnant d'un air effaré vers les deux thèmes superposés. « Ça veut dire que Harry va devoir s'emboîter dans Malefoy ? »
oOoOoOo
Dans le sud lointain…
Abasourdi, Harry venait d'entendre l'explication du papé sur la magie rouge et comment elle était très probablement reliée aux fées.
« Dumbledore pensait qu'il s'agissait du fait d'une des leurs en particulier, qui fut bannie du Royaume féerique pour justement avoir eu recours à de telles pratiques. Une fée très malfaisante, du nom de Thénoir. », fit le chat.
Harry était tellement horrifié qu'il ne savait plus quoi dire ni même penser.
« Récemment, nous en avons eu la confirmation. Lors de sa visite au ministère de la Magie, l'Auror Nymphadora Tonks s'est perdue après la salle des Prophéties, et a déboulé dans celle réservée exclusivement à celles que font les fées. Elles ne sont pas conservées (contrairement aux prophéties normales) mais il y a des registres, indiquant quel sorcier a quelle fée marraine. Naturellement, Tonks a voulu savoir qui était ta fée, elle a ouvert le registre de 1980. Et elle ne t'a pas trouvé –car tu n'as pas de fée marraine, ta mère s'y était opposée. En revanche, elle est tombée sur le nom du petit Drago, héritier unique et ultime de la famille Malefoy. Et il était indiqué noir sur blanc qu'en janvier 1981, la fée Thénoir l'avait 'béni', puis, en mars de la même année, la fée Pudding en avait fait de même. Or, un sorcier n'est sensé n'avoir qu'une seule marraine. Le fait qu'il en ait deux a amené l'Ordre du Phénix à s'interroger. Et nous avons donc découvert dans un premier lieu que cette Thénoir était une fée déchue, que Voldemort avait approchée, et qu'elle avait très probablement proféré un sort de magie rouge sur le bébé. À ce stade, nous ne savions rien d'autre. La fée Pudding, quant à elle, était une créature d'une immense mansuétude, également très puissante, car elle secondait la Reine des fées. Il apparut alors évident que celle-ci avait envoyé sa plus fidèle servante auprès du bébé pour déjouer les plans de Thénoir. »
« Mais alors, comment avez-vous trouvé ce qui s'était réellement passé ? », demanda Harry.
« Très simplement. Il ne faut pas oublier que Dumbledore avait alors un espion au manoir Malefoy. Un espion très discret, qui s'est empressé de tout raconter à Dumbledore quand il l'a convoqué. »
« Dobby… », fit Harry, pris d'une inspiration soudaine.
« Précisément. », sourit le chat. « L'ancien elfe de maison, qui adorait par-dessus tout ce petit bébé blond et qui ne le quittait jamais. Un soir, alors qu'il était descendu aux cuisines pour aller chercher un biberon, il trouva en revenant la porte de la chambre du bébé ouverte, et il assista au don de la fée Pudding caché derrière le chambranle de la porte. C'est le seul témoin de la scène, maintenant que la fée est très probablement morte entre les mains des Mangemorts. »
Harry ouvrit la bouche. Mais Eli le devança d'une courte tête :
« Ça veut dire que vous savez le contenu précis des deux prophéties ? »
Le chat hocha la tête gravement, et appela :
« Dobby ! »
Aussitôt, un 'plop' caractéristique se fit entendre, et la petite créature aux yeux globuleux apparut.
« Monsieur de Quercevalles, Monsieur ? », dit-il de sa voix nasillarde.
Le chat eut à nouveau un large sourire :
« Et si tu nous montrais ce que tu as surpris, ce soir de mars 1981 ? Que Harry voie ça par lui-même ? »
Dobby tourna ses gros yeux globuleux vers le Survivant et le gratifia d'un sourire édenté.
« Bien sûr que Dobby peut montrer à Harry Potter, Monsieur ! »
Il fit un claquement de doigt et Harry vit sa vision se brouiller nettement. Et soudainement, il se retrouva comme dans une Pensine. Probablement que les elfes de maison pouvaient invoquer leurs souvenirs sans avoir besoin d'un artefact tel que la Pensine en soutien.
Quand tout revint visible, le Gryffondor distingua une chambre proprette et vaste, au papier peint blanc à fleurs roses, avec des jouets de bébé éparpillés un peu partout. Et au milieu, un berceau de bois blanc nacré, au-dessus duquel flottaient deux voiles de mousseline vaporeuse. Harry aperçut Dobby caché derrière le montant de la porte, et il vit une des grandes fenêtres s'ouvrir doucement, pour laisser la place à une des plus jolies créatures que le brun n'ait jamais vues. Minuscule, ne dépassant pas les vingt centimètres, pourvue de deux paires d'ailes d'un mauve translucide, une jeune fille rondouillette entra dans la chambre de bébé en voletant doucement, ne déplaçant même pas les rideaux tant elle prenait de précaution. Harry s'approcha doucement d'elle. Ses cheveux étaient d'un noir bleuté et laissaient dépasser ses oreilles délicatement pointues, et ses yeux étirés, sans pupille mais rempli d'un turquoise profond, étaient parfaitement assortis à la petite robe de soie dont elle était parée. Elle tenait à la main un petit bâton blanc pourvu à une extrémité d'une pierre de couleur bleue.
Elle s'approcha doucement du berceau, et s'y pencha, un demi-sourire s'esquissant sur ses lèvres vermillon. Sa petite main ébouriffa les mèches blondes du bébé Drago endormi dans son lit, une tétine dans la bouche et une taie d'oreiller rose à la main. Au contact de la main féerique sur son front, le bébé émit un gargouillement qui fit rire la créature, d'un rire cristallin qui tinta encore longtemps après la fin du souvenir de Dobby dans les oreilles de Harry. Elle chuchota doucement à l'adresse de l'enfant endormi, et sa voix était aussi claire et limpide que son rire :
« Pauvre petit bébé…Tu es si mignon, quel dommage que tu sois né ici…Et quel destin funeste t'a forgé la Traîtresse… »
La fée prit une profonde inspiration, et après quelques instants de réflexion, elle tapota le front du chérubin avec sa baguette, et la pierre brilla soudainement d'un éclat plus intense. Enfin, elle prononça d'une voix sérieuse :
« Voici le Don que je t'accorde, moi, la fée Pudding :
Jusqu'à l'âge de dix-sept années
Un délai de plus je puis t'accorder.
La plus lumineuse des beautés en ma présence
T'es offerte comme présent pour ta naissance
Qu'ainsi le plus beau garçon jamais vu tu sois
Dans les yeux et le cœur de Celui-Qui-Survivra
Ainsi qu'au jour funeste de tes dix-sept ans
Tu ne sois plus comme la neige, pur et blanc
Et qu'enfin l'effroyable Lord Voldemort
Dans l'année qui suivra connaîtra la mort. »
La pierre bleue étincela vivement, puis s'éteignit doucement. La fée eut l'air accablée. Elle caressa doucement les joues rondes du poupon, et murmura :
« Ce n'est peut-être pas grand-chose, petit sorcier, mais c'est tout ce que je peux faire pour toi. Malgré mes pouvoirs, je ne peux annuler un sort de magie rouge ; seulement…le détourner un peu. Mais peut-être qu'un jour, ça te sauvera, qui sait ? »
Puis elle se pencha à nouveau sur le bébé Drago et l'embrassa délicatement sur le nez. Puis, aussi évanescente qu'elle était venue, elle repartit, et la fenêtre se referma sur elle.
Harry leva les yeux vers le papé quand la scène se fut évaporée.
« Je comprends pas bien ce qu'elle veut dire… »
Le papé consentit à lui divulguer le contenu de la première prophétie de la 'Traîtresse', et il sembla au Gryffondor qu'il perdait un bout d'intestin à chaque phrase que l'ancêtre lui sortait.
« Mais alors ça veut dire que Voldemort cherche à…enfin, qu'il a envoyé ses Mangemorts récupérer Drago pour puiser ses pouvoirs et donc euh qu'il euh… »
« …va se le tringler ? », termina obligeamment Elianor en sortant de sa robe de sorcière une cigarette roulée.
Sa mère se retourna vers elle, outrée :
« Eli ! Ne parle pas comme ça ! ET ARRETE DE FUMER CES SALOPERIES ! »
« Bin quoi ? Il doit pas se le tringler, peut-être ? »
Le chat passa sa patte sur sa figure en signe d'exaspération, tandis que Johan (qui était arrivé en cours d'explication) était secoué d'un fou rire muet.
« Dans le vocabulaire de la sorcellerie rouge, on dit jamais 'il va se le tringler'. », dit le papé d'un air blasé. « Il va le déflorer pour lier ses pouvoirs magiques aux siens dans un premier temps. »
L'estomac d'Harry menaçait franchement de renvoyer les victuailles à l'expéditeur. Déjà que lui avait été écœuré au-delà des mots quand le doigt de Voldemort lui avait effleuré la joue l'année précédente, il n'imaginait même pas…
« Et ensuite, une fois le lien créé, il n'aura qu'à avoir avec lui des rapports sexuels réguliers pour récupérer toutes les bribes de magie que le corps du pitchounet contient. Et ce, jusqu'à l'épuisement complet du gamin bien sûr. »
Le Gryffondor crut vraiment qu'il allait se trouver mal.
« Ça veut dire que…Voldemort est en train de le…de le… »
« …tringler ? », compléta à nouveau Elianor en tirant une bouffée sur sa roulée.
« Ton papé t'a dit de dire déflorer ! », hurla Mme de Quercevalles.
« Oui, bon, bin déflorer, si ça t'amuse. Ça revient quand même au même au final. »
Le chat poussa un soupir :
« Vous comprenez jamais rien ou vous le faites exprès ? » Il jeta un œil autour de lui et sembla en conclure qu'il était effectivement entouré de cas pathogènes de retard mental, car il continua : « Voldemort ne peut le déflorer avant le jour de ses 17 ans. Sinon, le sort de magie rouge n'est pas complet. S'il veut exploiter la puissance magique du petit Malefoy, il doit attendre sa majorité. Ça, c'était pour le Don de la fée Thénoir. Mais avec celle de la fée Pudding, qui est parvenue à détourner le sort de magie rouge, il existe une autre personne qui peut empêcher ça, qui peut s'unir à Drago sur-le-champ, pour profiter de sa magie et s'en servir pour annihiler Voldemort. »
Aussitôt, quatre paires d'yeux (trois humaines et une féline) se braquèrent sur Harry qui rougit jusqu'à la racine des cheveux.
« Vous voulez dire…moi ? »
« Non, le ministre de la Magie kazakh. », ricana Johan. « Bien sûr toi, crétin ! À ton avis, c'est qui, Celui-Qui-Survivra, celui qu'il doit séduire et aimer, dans la prophétie de la fée ? »
Harry resta bouche bée.
« Mais…euh…c'est…c'est impossible ! », chouina-t-il enfin en désespoir de cause.
Le papé secoua la tête :
« Ne dis pas que c'est impossible. Logiquement tu dois être attiré par lui comme un aimant. Il a été destiné à te séduire pour contrer les plans de Thénoir. L'Imperium auquel le soumettait son père et Voldemort était destiné entre autre à masquer cette attirance inévitable, mais il en est resté des bribes, puisque vous vous êtes haïs comme tu n'as jamais haï aucun autre élève. La haine cache parfois l'amour. »
Eli hocha la tête avec conviction :
« Alors maintenant, on va localiser ce petit gourgandin, on va le ramener, tu le tringles, tu récupères sa magie, et tu nous débarrasses de l'autre vieux pervers qui veut se l'enfiler jusqu'à épuisement, là. »
« Mais… », commença Harry, affreusement embarrassé.
« Fais pas ta pucelle effarouchée, l'autre soir au Korrigan's Hell, si t'avais pas été totalement défracté, tu l'aurais défloré sur la banquette et devant tout le monde ! », coupa la Française.
Harry s'empourpra furieusement, alors que la mère d'Elianor gueulait qu'on disait pas non plus 's'enfiler' mais 'faire l'amour'.
« Faire l'amour avec Voldemort ? », avait rétorqué sèchement sa fille. « Bel oxymore, vraiment, maman. Tu t'améliores. On va t'appeler Baudelaire si ça continue. »
Et tandis que les Quercevalles réfléchissaient bruyamment à comment retrouver la trace de Drago, Harry laissa son esprit divaguer. Il n'était pas sûr de vouloir le blond de cette manière-là, mais il ne pouvait pas nier que quelque chose chez Malefoy avait récemment changé. Ce qu'il savait pour sûr, c'est qu'il ne voulait pas que l'image qui se formait lentement dans son esprit, celle d'un jeune homme blond étendu dans un lit aux draps rouges ou noirs, sanguinolent et à bout de force, se réalise un jour. Il résolut qu'il aiderait à ramener le Préfet blond et qu'ensuite…advienne que pourra !
oOoOoOoOoOo
Notes :
(1) °°Petite anecdote…°° En tapant ce chapitre, ni Lulle ni Riri ne savaient où était situé le Malfoy's Manor, mais Lulle l'avait mis au hasard dans le sud de l'Angleterre (qui est plus champêtre ; on voit mal la Malfoy family crécher à Liverpool dans des corons pourris…). Et c'est en prenant son petit déj' en relisant vaguement l'Ordre du Phénix que Lulle vit cette phrase : « Lucius Malefoy, dans son manoir du Wiltshire… » Et le pire, c'est qu'elle avait presque trouvé l'endroit toute seule !
Le sondage de Ritsuko !
Dans la collection : « Avez-vous bien compris ? »
En quoi consiste le sort de magie rouge de Drago ?
A/ Drago doit coucher avec Harry pour récupérer ses pouvoirs et pour ensuite les retransmettre à Voldy en couchant avec lui (ça en fait, du sport !).
B/ Voldemort doit dépuceler Drago à ses 17 ans pour pouvoir récupérer ses pouvoirs magiques afin d'éliminer Harry.
C/ Harry doit coucher avec Voldemort pour le tuer (car c'est bien connu, Harry est mortel au pieu).
D/ On ch'en fout ! Ch'est quand qu'y baijent ?
Dans le prochain chapitre : où Rogue arrose les yuccas, où Drago change de look, où on contacte son avocat…
