Blabla bête des auteurs : Ah là là, déjà le chapitre 28 ! S'il vous paraît très bizarre, c'est normal, car une fois n'est pas coutume, il a mis à contribution les trois paires de petites menottes de notre collectif d'auteuses folles ! Eh oui, une froide soirée de début de printemps, trois heures du matin chez Lilulle, avec une bouteille de vodka à portée de main…Voilà le résultat ! Maxou a même fait un tout petit lime ! (Mais vraiment tout petit !)
Sinon le retard léger cette semaine est dû, vous vous en doutez, aux lendemains de match qui déchantent, looool ! Bref, la France est passée en demi-finale, et avec elle, une nuit carabinée… ¤.¤
Réponse aux reviews :
Flo : Merci encore pour ton soutien ! C'est pas grave que t'aies pas reviewé avant ! On te pardonne allez :D
Morganne : Merci pour ta review ! Effectivement, on est plusieurs à écrire, donc c'est bien « notre » fic ! Et quant à savoir où ça va mener…On en sait pas grand chose nous-mêmes…Lol !
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 28
Dans la tanière de l'Héritier
Avec une demi-heure de retard (les Magicobus ont parfois du retard, mais moins qu'en France), Severus Rogue arriva au manoir Jedusor, pour répondre à l'appel de la Marque des Ténèbres qu'il avait sentie brûler quelques temps auparavant. Malheureusement il n'avait pas pu arriver avant car il avait un cours avec des deuxième années de Gryffondor et Poufsouffle. Comme la promo (issue des années 1983-1984) était particulièrement turbulente (1), quelques chaudrons avaient encore pété, et il avait fallu nettoyer tout ce bordel convenablement. Bref, il n'avait pu se libérer sur-le-champ même si sa Marque lui brûlait atrocement le bras, il avait dû coller des élèves et leur faire tout ranger.
Lorsqu'il arriva dans le salon du manoir, il le trouva vide, et s'installa dans un fauteuil en attendant. Il ne resta pas seul longtemps. Nagini se faufila dans la pièce en sifflant, et quelques secondes plus tard, le Seigneur des Ténèbres fit son apparition. Il avait revêtu sa cape de voyage et arborait un air plus satisfait qu'à l'accoutumée.
« T'es en retard, Severus. Heureusement, j'avais de quoi m'occuper. Bon, j'y vais, tu sais que j'ai peut-être trouvé la piste d'une relique de Godric Gryffondor pour tu sais quoi, donc je te laisse la responsabilité de mon manoir. Lucius est trop con pour en prendre soin, à chaque fois il oublie de sortir Nagini, et il arrose pas mes yuccas. Bref, tu prends soin de tout, et surtout de ma garantie pour la victoire finale. Et n'en profite pas ! »
Rogue haussa les sourcils :
« Mais non voyons. J'oserais pas, et puis, c'est mon filleul, beurk, quoi. Et vous savez bien que je n'oublie jamais de sortir Nagini promener dans le cimetière. »
Nagini émit un sifflement radieux et cligna des yeux amoureusement. Il attendit que la porte d'entrée se ferme avant d'aller arroser les yuccas et trier le courrier –autant prendre un peu d'avance. Puis il monta à l'étage dans l'intention de jeter quelques sortilèges anti-cafards et anti-intrusion pour les Mangemorts trop curieux. Il désinfecta le salon où quelques Doxies traînaient encore, et se dirigea vers la chambre du Maître, où il prononça le mot de passe pour entrer ('Dedecus meus Dracum est' (2)). Tous les Mangemorts n'y avaient pas accès ; en fait, il était l'un des rares à avoir ce privilège, avec Lucius et Bellatrix –quoique depuis l'épisode du ministère, le Maître était beaucoup moins enclin à leur lancer des fleurs, à ces deux abrutis. De toutes façons, le mot de passe avait été exprès choisi long, compliqué, et en latin : jamais les Mangemorts ne s'en seraient souvenu (Bellatrix avait dû quant à elle l'écrire dans son journal pour s'en rappeler).
La vaste pièce était à moitié plongée dans la pénombre ; seule une lampe de chevet émettait une lueur rougeâtre et inquiétante, et assise au bord du lit, se détachait une silhouette prostrée sur elle-même. En se rapprochant, le maître des Potions distingua des cheveux clairs étalés sur le couvre-lit noir, et entendit des sanglots étouffés par les bras dans lesquels le garçon avait enfoui son visage.
« Drago ? », tenta Rogue.
La forme sursauta violemment et se retourna d'un bloc vers le nouveau venu. Rogue constata qu'effectivement, il s'agissait du dernier des Malefoy, et qu'il avait beaucoup pleuré, car ses yeux étaient rougis et vitreux. Dès qu'ils se posèrent sur la haute silhouette de son professeur, le blond se leva en chancelant, prenant appui sur le lit, et avança d'un pas vacillant vers son aîné, puis, comme s'il était épuisé, s'effondra dans ses bras, presque à demi conscient. Rogue n'eut le temps que de refermer ses bras sur le corps frêle avant qu'il ne s'écroule par terre. Il sentit que Drago reniflait bruyamment contre sa cape, visiblement en train de la lui saloper. Il en serait quitte pour la porter au pressing, mais il n'eut pas le cœur à repousser son élève. Celui-ci, seulement vêtu d'une courte tunique rouge qui lui arrivait à mi-cuisses, et d'un collier de mithril brillant qui encerclait son cou, semblait avoir grand besoin de réconfort. Rogue s'éclaircit la gorge, visiblement gêné :
« Euh…Drago, qu'est ce qui s'est passé ? Que vous arrive-t-il ? »
À nouveau, un reniflement lui répondit. Rogue jeta un sort d'Evanesco pour supprimer les écoulements nasaux fort gênants du blond, et réitéra sa question, tout en ramenant son élève jusqu'au lit pour l'y asseoir. Enfin, au bout de cinq minutes, Drago fut à peu près capable de parler normalement sans hoqueter ou éclater en sanglots intempestivement. Il entama alors, bien que récalcitrant (mais Rogue savait y faire, après tout ça faisait six ans qu'il le côtoyait quotidiennement), le récit de ce qui lui était arrivé depuis sa capture.
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Flash-back…
Les chaînes tombèrent d'elles-mêmes autour des poignets de Drago, qui manqua de s'écrouler par terre. Mais il n'eut pas le temps de toucher le sol, que le Lord Noir l'avait attrapé par l'avant-bras et le traîna à sa suite dans un des couloirs sombres du manoir. De sa main inoccupée, Voldemort invoqua un fin lacet qui semblait fait d'argent pur en fusion ; celui-ci vint lentement se nouer derrière la nuque de Drago, en prenant autour du cou gracile du blond la consistance d'un collier métallique. Ce dernier couina de surprise et tenta de se dégager de l'étreinte que les doigts glacés exerçaient sur son poignet.
« Mais c'est quoi ce truc froid ? », gémit-il.
« Ce truc froid ? Un collier de mithril pur. Autrement dit, ma garantie que tu ne franchiras pas la porte de ce manoir sans ma permission. »
Le mithril, métal extrêmement précieux s'apparentant à l'argent, était extrait dans les mines naines et généralement forgé par eux ; étant donné que c'était l'un des métaux les moins maniables et les plus magiques au monde, il fallait une sacrée dose de dextérité pour en faire ne serait-ce qu'une cuillère à café. Alors quand Drago sentit le collier ouvragé contre sa peau, il sentit que Vous-Savez-Qui n'avait probablement pas usurpé sa réputation. En outre, le mithril une fois façonné exécutait toutes les doléances de celui qui l'avait modelé, tout sorcier qui se respecte savait cela. Drago était coincé dans cette affreuse maison…
Ils entrèrent dans une pièce qui s'avérait être la chambre du Seigneur des Ténèbres, et dès que Drago aperçut le lit, il redoubla d'efforts pour échapper à son geôlier (il était blond, mais il avait quand même compris de quoi il retournait). Celui-ci raffermit sa prise sur le poignet du jeune homme, pour le propulser sans douceur sur le matelas. Puis il lui lança un sort pour transformer ses vêtements, déjà précédemment mis à mal par Lucius, en légère tunique transparente de couleur rouge, sans même daigner lui laisser de sous-vêtements. Le jeune homme laissa échapper un autre couinement assez peu viril, en sentant un courant d'air effleurer sa peau désormais nue.
« Mes vêtements ! Où ils sont partis ? », bredouilla-t-il à présent transi de terreur, se repliant sur lui-même.
« Brûlés. De sorte qu'il n'y ait pas de trace de ta présence ici. Mieux vaut être prudents, n'est ce pas ? Tu m'es si précieux. »
Drago pâlit brusquement. Son doudou adoré se trouvait dans la poche de son pantalon ! Un sourire mauvais éclaira le visage blafard du Seigneur des Ténèbres, et il sortit de la doublure de sa cape l'objet des pensées de Drago : à savoir, la vieille taie d'oreiller rose délavé. Le blond se raidit et ses yeux s'écarquillèrent de stupeur.
« Est ce que par hasard, c'est cette chose immonde que tu cherches ? », fit Voldemort avec un air sournois. « Mais attention : au moindre écart de conduite, ton doudou subira le même sort que ton boxer Melvin Clein… »
Le Serpentard baissa la tête, vaincu, et semblait en apparence accepter son sort (3). Voldemort laissa un sourire satisfait glisser sur son visage. Enfin, Drago devenait raisonnable, maintenant les choses sérieuses pouvaient commencer. Il se pencha sur le jeune homme et approcha ses longs doigts squelettiques de la chevelure soyeuse. Il les laissa glisser jusqu'au collier argenté qui ornait désormais le cou fin du garçon. Drago ferma les yeux pour échapper à cette réalité atroce. L'autre main, celle qui ne lui caressait pas les cheveux, mais qui se glissait le long de sa cuisse, le ramena bien vite au temps présent. Mû par un instinct de préservation, il repoussa la main audacieuse, et se recula en criant :
« Non, pas ça ! Harry, aide-moi ! »
Il eut beau plaquer ses mains contre sa bouche, se rendant compte de sa boulette, c'était trop tard. Les yeux du seigneur noir se rétrécirent brusquement sous l'effet de la colère.
« Comment ? », tempêta-il. « Tu as bien dit Harry ? Comme ce petit morveux à lunettes ! Ainsi, c'était vrai que lui et toi aviez passé un moment très plaisant en France… »
Drago essaya de nier en secouant frénétiquement la tête. Ses efforts ne devaient cependant pas être bien convaincants car Voldemort ressortit le doudou de sa poche et lança le sort 'Incendio', qui consuma lentement le doudou dans des flammes bleuâtres pour finalement le réduire en cendre. Le dernier Malefoy suivit d'un regard horrifié la lente agonie de son doudou adoré, en retenant à grand-peine ses larmes de couler. Le descendant de Serpentard ne laissa pas le temps au garçon de se remettre du choc pour reprendre son exploration. Avec un peu de chance Drago aura compris qu'il ne devait plus prononcer le nom du Survivant en la présence de son nouveau maître.
Cette fois-ci, aucune résistance ne lui fut opposée quand sa main remonta le long de la cuisse du blond. Ce dernier était toujours dans un état second et ne semblait pas se rendre compte de ce qui se passait autour de lui. Seule une litanie sortait de sa bouche, répétant sans discontinuer : « Mon doudou, non…mon doudou… », en ravalant de plus en difficilement ses larmes.
Le Seigneur des Ténèbres avait décidé d'utiliser cette première approche pour découvrir ce qui allait lui appartenir entièrement dans un peu moins de six mois. Il fallait dire aussi qu'il voulait avoir un petit avant-goût de ce corps svelte qui semblait très alléchant, à peine caché par le voile pourpre qui le recouvrait. Le jeune homme ne semblait plus aussi maigre qu'il y a quelques temps –apparemment son séjour chez ces cinglés de Quercevalles lui avait assez réussi, surtout la bouillabaisse de la mamie de Marseille. Sa maigreur avait laissé place à des muscles plus saillants et à des courbes qui n'avaient plus rien de rachitique, bien qu'il restât mince.
D'un coup de baguette, le Lord Noir retira la tunique, qui alla se percher à un montant du lit. Ce qui eut pour effet d'enfin provoquer une réaction chez le Serpentard : il essaya de cacher les joyaux de la famille Malefoy avec un coussin, et par ce faire, tenter de conserver le peu de dignité qui lui restait. Malheureusement, le coussin ne fit pas long feu sous le 'Wingardium Leviosa' que lança Voldemort. Il se retrouva donc nu et sans défense sous le regard inquisiteur du maître de son père. Celui-ci ne se contenta d'ailleurs pas de laisser ses yeux se poser sur le corps du blond, ses mains ne tardèrent pas à se joindre à l'exploration. Des frissons de dégoût parcoururent l'échine de Drago, qui essaya de repousser les mains trop inquisitrices à son goût. En vain. Ses doux cheveux blonds se hérissèrent sur sa nuque en sentant le souffle du Seigneur Noir tout contre son cou.
« Finalement, je ne suis pas si déçu que ça que tu sois un garçon. », susurra le plus âgé à l'oreille de l'adolescent, une fois qu'il fut satisfait de son évaluation. « On va s'arrêter là pour le moment, le temps me fait défaut, mais la prochaine fois je ne me contenterai pas de ça. On fera des travaux pratiques pour ton apprentissage. Tâche de ne plus me décevoir. À l'avenir, me satisfaire sera ton rôle, ne l'oublie jamais. »
Drago regarda avec un soulagement non dissimulé le Seigneur des Ténèbres se lever et le libérer de son poids, puis se diriger vers la porte en rajustant convenablement sa robe de sorcier. L'homme disparut quand cette dernière se referma sur lui, et le jeune homme s'empressa de remettre le seul vêtement qu'on lui avait laissé, avant de s'effondrer près du lit, en larmes.
Fin du flash-back…
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Rogue baissa les yeux sur la tête blonde. Drago s'était enfin tu, mais ses reniflements avaient repris de plus belle, et ses doigts fins se crispaient sur la tunique pourpre.
« En plus, le rouge, ça me va même pas comme couleur… », hoqueta son élève en guise de conclusion.
Le maître des potions ne put que reconnaître là l'influence de Narcissa ; elle ne pouvait décidément pas renier son fils. L'adolescent leva ses yeux pâles encore embués de larmes, renifla, et demanda d'une voix tremblante à son mentor, en s'accrochant du mieux qu'il put à sa robe noire :
« Dites, qu'est ce qu'il va me faire la prochaine fois, le Maître ? Est ce qu'il va me violer ? Est ce que c'est vous, l'espion dont il parlait ? C'est vous qui m'avez livré à lui ? »
Il semblait si désespéré que le prof sentit qu'une réponse positive aurait dans son esprit à peu près les mêmes conséquences que Little Boy sur la ville d'Hiroshima. Aussi prit-il le ton le plus doux qu'il put trouver en lui-même, ce qui ne fut pas facile (c'est Rogue quand même, pas un Bisounours !), pour répondre :
« Bien sûr que non, Drago, ne soyez pas stupide, jamais je ne vous aurais livré à lui. J'ai su depuis le début ce qu'il comptait faire de vous, ainsi que votre père Lucius. Mais à la différence de Lucius, je ne suis pas fou au point de provoquer la colère de votre mère. Si jamais elle apprend que vous avez été enlevé… »
Il laissa intentionnellement la fin de la phrase en suspend ; il ne fallait de toutes façons pas être Trelawney pour prédire la réaction de Narcissa dans pareil cas. Elle débarquerait sur place et étriperait tout le monde pour avoir osé toucher à son bébé blond chéri à elle qu'elle avait. Severus Rogue était même persuadé que dans sa fureur, elle n'aurait même pas peur d'aller péter le nez à Voldemort (même s'il n'en avait plus). Une mère en colère est probablement la chose la plus mortelle au monde (4).
« Elle…Elle est au courant, pour la prophétie, pas vrai ? », demanda Drago d'une voix hésitante.
« Oui. Mais votre mère n'a jamais cru au pouvoir des fées. Elle préférait se voiler les yeux comme ça, en se disant que ça n'arriverait pas car la prophétie ne marcherait pas –sauf que là, elle sera obligée d'en tenir compte. C'est vrai que pour elle, la fée Clafouti s'était bien gourée en lui prédisant un brillant avenir comme créatrice de mode… »
Il était vrai qu'après Poudlard, elle avait entamé des études de styliste dans une école moldue de Londres, contre l'avis de ses parents et de sa sœur aînée Bellatrix (par contre sa petite sœur Andromeda l'avait vivement encouragée, avant de se casser de la maison familiale pour se marier avec un Moldu). Puis ses vieux l'avaient collée d'office avec ce macho de Lucius Malefoy quand elle eut 23 ans et son diplôme de styliste en poche, et deux ans après, le petit Drago naissait, coupant tout espoir de commencer jamais une vie de femme active –d'où son amertume à l'égard des fées.
Cette parenthèse sur la vie de sa mère faite, Drago releva la tête, les yeux brillants d'espoir :
« Ça veut dire que peut-être ça marchera pas ? Que cette prophétie peut ne pas se réaliser ? »
Le visage de l'homme brun, qui s'était un instant éclairci à l'évocation de Narcissa Malefoy, se rembrunit aussitôt.
« J'ai bien peur, Drago, que cette prophétie-là ne se réalise. La fée Thénoir et la fée Pudding étaient de grandes fées de leurs temps. La fée de votre mère était une loufoque, un peu excentrique… » Il se rapprocha de l'adolescent et chuchota : « Le Lord ignore toujours le contenu exact de la prophétie de votre deuxième fée marraine –selon moi, la légitime –car elle a préféré s'éteindre plutôt que de parler. Mais moi, je la connais. »
Les yeux gris s'agrandirent de stupéfaction :
« Mais alors, pourquoi est ce que vous ne le dites pas à…à Vous-Savez-Qui ? »
Rogue serra les dents.
« Ça, il me semble que ça ne vous regarde pas, Drago. », rétorqua-t-il un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
Devant le regard blessé du garçon, il essaya de reprendre un peu plus calmement :
« Vous avez encore quelques jours de répit. Le Seigneur est parti pour quelques temps à la recherche d'une relique dont il a besoin, il ne devrait pas rentrer avant au moins une bonne semaine (5). Vous ne devriez pas rester dans cette chambre, il y en a d'autres qui vous conviendront mieux je pense. »
Il conduisit le blondinet dans une autre chambre, où il pourrait dormir sans avoir à souffrir de pénibles réminiscences, et pour l'occuper, lui fit nettoyer la cuisine au rez-de-chaussée, qui était devenue une vraie réserve de créatures magiques en tout genre. Drago trouva même un Strangulot dans un des tuyaux sous l'évier.
Quand enfin, la nuit tomba sur les hauteurs de Little Hangleton, Drago avait fini de nettoyer la cuisine et avait aidé son protecteur à se débarrasser des Doxy du salon, le tout sous les allées et venues incessantes des Mangemorts. Rogue surprit même un regard plus ou moins concupiscent de Macnair sur la fine silhouette court vêtue du jeune Préfet Serpentard, à tel point qu'il dut aller faire une mise au point avec l'ancien bourreau, afin que le petit blond ne risque pas de se faire molester –sans aller jusqu'à sa défloraison, comme aurait dit le papé. Il ne put rien faire en revanche quand Lucius rentra et asséna plusieurs coups de canne à son fils pour ne pas lui avoir répondu assez vite, pour ne pas l'avoir servi assez vite, ou simplement pour être habillé comme une vulgaire petite catin –même s'il savait pertinemment que c'était son propre Maître qui était à l'origine de cette fine tunique, et que son fils n'aurait probablement jamais porté ça de son plein gré. Le maître des Potions conseilla au garçon de battre en retraite dans sa chambre, et dans la mesure du possible, de n'en ressortir qu'en sa présence, car les Mangemorts, même s'ils craignaient Voldemort, ne se priveraient pas de lui faire du mal, surtout que les rumeurs concernant sa prétendue 'relation' avec Potter s'étaient particulièrement bien répandues ici.
Suivant les conseils avisés de son professeur principal, Drago se retrouva donc bientôt après le départ de Rogue, seul dans sa chambre, qu'il avait verrouillée à la moldue (on lui avait confisqué sa baguette). Esseulé, ses pensées se mirent à vagabonder, pour ne revenir en fin de compte que sur une seule personne. Potter. Il revoyait ses cheveux noirs en bataille, sa stupide cicatrice en forme d'éclair, ses lunettes rondes, ses grands yeux d'un vert étincelant. Auparavant, ces yeux-là scintillaient toujours de colère ou de hargne envers lui. Mais depuis quelques temps, depuis que l'Imperium de son père avait cessé de faire effet, depuis que Drago pointait timidement le bout de son nez pointu sous le Malefoy qu'il avait toujours été, ses yeux verts ne brillaient plus de colère. Au contraire.
Il s'en était rendu compte vraiment au Korrigan's Hell, la veille. Bien que sévèrement influencé par l'alcool, les yeux de Potter n'avaient pas pu mentir à ce point, quand il l'avait regardé avant de l'embrasser en rigolant. Le garçon ne put s'empêcher de comparer les cajoleries taquines du Gryffondor, ses mains chaudes qui cherchaient à déboutonner maladroitement ses boutons de chemise, aux manières brutales et possessives du Seigneur des Ténèbres, qui n'avait même pas pris la peine de lui enlever ses vêtements à la main. Et ses doigts glacés…Drago constata avec effroi qu'à choisir entre les deux, il préfèrerait les câlins avinés mais sincères de son meilleur ennemi (et comme on le comprend !).
Cette prise de conscience le terrifia presque, et c'est d'un sommeil inquiet et agité qu'il s'endormit finalement, la tête pleine de Harry qui venait le chercher…
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Un manoir dans le Wiltshire…
Anarazel (6) somnolait paisiblement dans la volière quatre étoiles du manoir Malefoy (mangeoire diététique approvisionnée avec des grains bio selon les besoins nutritionnels de l'animal, eau de source à l'abreuvoir, climatisation automatique au-delà de 20°C…) quand il fut brutalement réveillé par des hurlements suraigus, à la limite de l'hystérie, et des bruits de bris d'objet qui résonnaient dans la vaste demeure. Quelques instants plus tard, alors que le majestueux volatile clignait des yeux d'un air ahuri, un gros hibou postal qui venait de Pré-au-Lard vint se poser à ses côtés, but un peu, et le regarda d'un air compatissant, celui qui disait : ''Courage, vieux, va t'en falloir, tu sais pas ce qui t'attend en bas, c'est terrible''. Effectivement, la voix de sa maîtresse retentit bientôt pour l'appeler. Avec appréhension, il déploya ses ailes, et alla s'engouffrer par la fenêtre du grand salon.
Il trouva une ambiance digne de Waterloo le 19 juin 1815 au petit matin. Le salon était parsemé de débris d'objets divers, et au milieu de toute cette pagaille était prostrée sa maîtresse, dans un état visiblement proche de la crise de nerfs. Whoopily, une petite elfe du manoir, lui tapotait doucement le dos, l'air embarrassé. Puis Narcissa se redressa, et une lueur meurtrière brûlait dans ses yeux de glace, ne présageant rien de bon. Elle tenait dans une de ses mains délicates un parchemin tout froissé, frappé visiblement aux armoiries de Poudlard.
« Viens ici, Anarazel, j'ai une lettre à te donner. »
Elle se dirigea vers le secrétaire ouvragé, déplia la tablette d'écriture, prit une plume de paon, déplia un parchemin et se mit à gratter frénétiquement. Puis elle tendit la missive au hibou grand-duc qui tendit obligeamment la patte. L'animal jeta un œil dubitatif sur l'adresse : Maître Lesembrouilles, Avocat au Barreau Sorcier de Londres, 231, Chemin de Traverse, Londres. L'avocat de la famille Black ? Le hibou la scruta d'un air interrogateur ; Narcissa hocha sa tête blonde, et renifla doucement (mais avec élégance, c'est une Black doublée d'une Malefoy tout de même). À ses pieds, Whoopily se tordait les mains avec inquiétude :
« Maîtresse, vous êtes vraiment sûre de vouloir faire ça ? »
La jeune femme ne lui adressa pas un regard, mais répondit d'une voix pleine de joie cruelle, le regard scintillant :
« Oh que oui ! Mes parents sont morts, et je me fiche bien de ce que Bella peut bien penser. Andromeda avait raison. Cette fois, Lucius a dépassé les bornes. S'en prendre à mon fils ! Le livrer en pâture à ce monstre ignoble et surtout moche ! C'est décidé, cette fois, je demande le divorce ! Prépare mes malles, je vais chez Ted et Andromeda, ils sont prévenus. Prends les affaires de Drago aussi, je compte demander la garde exclusive et faire déchoir son père de son droit de visite. Préviens aussi Bumbleby : vous êtes tous les deux des elfes de la famille Black, donc vous me suivez. »
Elle siffla le hibou postal et lui remit une missive pour Poudlard.
« Porte ma réponse à Dumbledore. » Elle se tourna vers Whoopily qui la regardait toujours de ses grands yeux saumâtres et larmoyants : « Devancez-moi chez les Tonks ; je pars en France quelque temps, éclaircir cette affaire. Il ne sera pas dit que je les laisserai m'enlever mon fils chéri sans rien faire. »
Elle souleva un petit sac de voyage, duquel dépassait le manche d'un rouleau à pâtisserie, et transplana dans un 'pop' délicat.
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Notes :
(1) Dont trois petites dindes débiles qui se faisaient appeler le Trio Lukomax et qui étudiaient pourtant à Gryffondor : Maxoune qui avait un fouet et battait ses camarades avec, y compris ceux de sa Maison ; Ritsuko qui racontaient toujours des cochonneries qui faisaient rougir même les Serpentard les plus salaces de 7ème année ; et enfin Lilulle qui espionnait son Préfet blond préféré sous la douche à l'aide de la cape d'invisibilité qu'elle piquait à Potter contre divers paiement douteux…
(2) Littéralement : ''Mon vice est Drago''…Pour la traduc' latine, on est pas sûres, ça remonte à siiiiiiiii loin le latin…Si y en des plus calés…
(3) Pour comprendre cette attitude insensée (se sacrifier pour une vieille taie d'oreiller), il est impératif de posséder soi-même un doudou…Sinon, bin, c'est totalement inexplicable –voire même débile.
(4) Après les chansons de M. Pokora, la langue de bœuf et les cours de droit civil des biens à 8 heures le lundi matin bien sûr.
(5) En fait, Voldy avait raconté cette histoire de relique de Godric Gryffondor pour donner le change. Quelques jours plus tard, Rogue, en rangeant les papiers de son Maître et en vérifiant les comptes des Mangemorts, trouverait une facture adressée à Mr Tom Jedusor, pour une réservation de huit jours au Club Med aux Maldives.
(6) Explication de Lulle :
Pour ceux qui se demandent depuis le premier chapitre ce que veut dire le nom du hibou des Malefoy, voilà l'explication que j'ai trouvée dans une encyclopédie sur les démons : « Anarazel : l'un des démons qui ébranle les fondements des maisons, excite les tempêtes, sonne les cloches à la mi-nuit, fait paraître les spectres et inspire les terreurs nocturnes. » Perso, je trouvais que pour le hibou des Malefoy, ça le faisait pas mal, l'inspirateur des terreurs nocturnes… ô.O
Le sondage de Ritsuko !
À votre avis, que va faire Narcissa ?
A/ Elle va aller récupérer son fils à la chacale avec son rouleau à pâtisserie.
B/ Elle va demander le divorce de Lucius pour ensuite épouser Voldemort, comme ça elle pourra récupérer son fils en douce.
C/ Elle a envoyé un hibou à son avocat pas seulement pour le divorce, mais aussi parce qu'elle veut savoir pour combien elle en prendra pour Azkaban si elle tue son mari elle-même.
D/ Elle va attraper son mari et tous les autres Mangemorts pour les ramener à Azkaban contre une rançon.
Dans le prochain chapitre : où Harry découvre les arcanes de la politique, où le papé crée un incident diplomatique…
