Blabla bête des auteurs : Petit retard de 24 heures cette semaine encore, mais cette fois justifié ! Hier avec la défaite de nos Bleus chéris, on était pas top motivation pour poster ! Mais bon, c'est pas grave, vive les Bleus et vive nous quand même !
Voilà donc le chapitre 29 qui arrive, et avec lui, les impressions de vos auteuses :
Lilulle : J'l'aime pô ce chapitre. Il est super chiant ! Pis on apprend pas grand-chose…
Ritsu : Mais non, mais non, ça s'appelle un chapitre de transition, voilà tout…
Lilulle : Mouaif…
Ritsu : Vivement le chapitre prochain, elle nous fait une déprime là…
Réponse aux reviews :
Flo : Oh, oh ! Un sondage ? Alors le problème, c'est qu'on y a pas réfléchi encore à cette problématique (''Mais comment lui enlever le collier ?'') et donc en gros on s'est embourbées toutes seules ! Mais on s'en sortira ! Mais pourquoi pas ta réponse C? Allez, soyons sadiques ! Lol ! Non en vérité, ça serait plutôt E: Une technique top secrète de la mort qui tue que tes auteuses préférées vont bien sûr inventer en deux temps trois mouvements grâce à leurs cerveaux géniaux ! Allez bizoux et encore merci pour ta review !
summertime02 Merci pour ta review ! Ça fait plaisir de voir que notre dur labeur de recherches (lol) est pris au sérieux ! On espère que la suite te plaira en tous cas ! (On fait tout pour !)
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 29
Rendez-vous au Ministère !
Harry passa une nuit difficile après toute ces révélations. Il se tourna et retourna toute la nuit dans son lit, ne parvenant pas à trouver le sommeil. Au vu des événements de la veille, il avait été décidé qu'il resterait dormir chez les Quercevalles, car rentrer chez les Astadourian dans un contexte aussi troublé n'était pas forcément très prudent (surtout pour le Survivant) ; les protections autour de la Cacahouète avait été renforcées, si bien que quelqu'un qui n'était pas directement issu de la famille proche n'aurait pas pu poser le petit orteil dans le jardin de la propriété sans être repéré. De plus, le Ministère français de la Magie avait cru bon de rajouter deux brigades d'Aurors pour patrouiller dans les environs.
Quand enfin Harry s'endormit, ce fut d'un sommeil inquiet et heureusement, sans rêve. Depuis l'an dernier, le Lord noir n'avait plus eu l'occasion de pénétrer ses rêves, et il pouvait à nouveau dormir tranquillement.
Le lendemain matin, ce fut Elianor qui le réveilla en le secouant légèrement par les épaules, alors que le soleil venait tout juste de se lever dans le ciel clair du Languedoc.
« Harry ! Lève-toi ! On est déjà en retard ! Dépêche-toi ! Le petit déj' est prêt à la cuisine ! »
Totalement dans la semoule, Harry tâtonna à la recherche de ses lunettes, et une fois qu'elles furent sur son nez, il gémit :
« En retard ? Mais c'est à peine sept heures et demie du matin ! Tu plaisantes ! »
« J'ai jamais été aussi sérieuse, et je te signale en passant qu'on a un rendez-vous urgent dans une heure ! Dépêche-toi, ma mère est déjà prête à partir ! »
Le Survivant descendit plus ou moins en titubant dans l'escalier, jusqu'à la cuisine, d'où émanaient de délicieuses senteurs de café et de viennoiserie. La mère d'Eli s'y trouvait déjà, surveillant d'un œil la cafetière qui versait dans deux bols un café bouillant, et de l'autre lisant l'équivalent français de la Gazette du Sorcier –à savoir, le Monde Sorcier. Elle lui fit signe de s'asseoir en face d'elle, et un large bol jaune vif orné d'olives noires vint se placer devant lui en se dandinant légèrement. Eli s'assit à ses côtés, et avala d'une traite le contenu de sa tasse qui gloussa doucement.
« Dépêchez-vous, les enfants, nous sommes attendus. », fit juste Mme de Quercevalles.
« Où ça ? », s'enquit Elianor tout en détachant un bout de son croissant.
« Au Ministère, à Paris. »
Sur ce, Johan entra dans la pièce, mâchonnant un curieux biscuit d'apparence très dur, de forme oblongue, ressemblant à une sorte de barque (1).
« Le Ministre prend l'affaire très au sérieux. », dit le jeune homme brun. « Il en va de l'honneur de notre pays : un de nos hôtes anglais se fait enlever, alors que nous avions promis la sécurité à votre Ministre, ça fait moyen sérieux devant le Conseil Européen des Sorciers…Et en ce moment, notre pays n'a pas besoin de ça… »
« Pourquoi ? », demanda naïvement Harry, qui forcément, n'y entravait que dalle dans les histoires politiques locales.
« Disons simplement qu'il y a quelques tensions en ce moment entre le Ministre de la Magie et le chef des Aurors, et que ça décrédibilise pas mal la France sorcière… »
« Ah ? »
« Oui. Enfin, c'est pas très important pour le moment. », intervint la mère d'Elianor. « Jo, arrête d'embêter Harry avec ces histoires. Tout le monde s'en fiche bien de toutes façons… »
Johan eut l'air presque vexé, mais ne releva pas. Il ajusta sa cape de voyage, et s'excusa de son départ, qu'il avait un rendez-vous. Sa mère sortit à sa suite, et Harry entendit des éclats de voix.
« Qu'est ce qui se passe au juste, avec ton frère ? »
Elianor eut un geste fataliste.
« Je crois bien que son boulot, à la boutique de confiserie magique, c'est une couverture pour ses activités…réelles. J'en sais pas plus, mais pour un simple vendeur de confiseries ensorcelées, je trouve qu'il sort bien souvent, y compris tard dans la nuit. Maman s'inquiète beaucoup pour lui ; elle me dit rien, mais je sais qu'elle me cache quelque chose. Surtout que depuis quelques temps, il est assez remonté contre le pouvoir en place. Il arrête pas de bassiner tout le monde avec le chef des Aurors… » Elle fronça les sourcils, comme si elle réfléchissait. « Je veux dire, d'accord, ce type, c'est une ordure, il déteste les familles puissantes comme les nôtres parce qu'il n'en fait pas partie et que nous refusons de se soumettre à son autorité…Et puis, il a souvent recours à des méthodes peu respectables pour faire avouer les suspects, mais son rôle est quand même de se battre contre les Mangemorts…C'est pas un boulot facile…Quelquefois, il ne doit pas avoir le choix quant aux moyens à employer… »
Ce portrait rappela étrangement à Harry Barty Croupton. Apparemment, la France connaissait les mêmes problèmes éthiques que le Royaume-Uni en matière de procédure pénale et de droits du sorcier. En un sens, c'est rassurant de savoir que ses voisins rament aussi. Elianor envoya son bol dans l'évier d'un coup de baguette.
« Ça m'étonnerait pas qu'il fasse partie de l'Ordre du Phénix, tiens. »
Harry la regarda avec des yeux ronds.
« L'Ordre du Phénix ? Mais…y a que des Anglais, dedans ! C'est pas possible qu'il y soit ! »
La jeune Française le foudroya du regard, presque condescendante :
« Bin voyons ! Quand vous, les Anglais, vous arrêterez de vous regarder le nombril, peut-être que vous vous rendrez compte qu'il y a d'autres pays de l'autre côté de la Manche ! Et que Voldemort y fait pas mal de dégâts aussi ! Tu crois peut-être que cette histoire stupide de Sang-pur s'est arrêtée à l'entrée du tunnel sous la Manche ? Voldemort sait qu'il y a en France des sorciers aussi puissants que Dumbledore, et mon ancêtre en fait partie ! Il est aussi intéressé par notre pouvoir que par ta chute à toi, je te signale ! Sa cupidité n'a pas de frontière, et lors de la première guerre, les sorciers français aussi se sont entredéchirés, qu'est ce que tu crois ? L'Ordre du Phénix est une fraternité magique internationale créée pour l'anéantir, comme il y en a eu tant d'autres dans le passé –celle pour anéantir Grindelwald en 1945, par exemple : c'était un sorcier allemand, mais des sorciers anglais et français ont également prêté main forte pour l'anéantir…Ça explique qu'il y ait dedans des sorciers de toutes les nationalités. Exactement comme il y a des Mangemorts de toutes nationalités ; ici aussi, on en a. La bêtise ne s'arrête pas aux frontières, ça serait trop simple ; des sorciers français croient aussi en la prétendue supériorité des Sang-purs… »
Harry resta bouché bée quelques instants. Lui qui pensait jusqu'alors que la guerre contre Voldemort était avant tout un conflit purement anglo-anglais, le voilà qui tombait de haut ! Mais avant qu'il n'ait eu le temps de répondre, la mère d'Elianor fit irruption dans la cuisine :
« Harry, dépêche-toi d'aller te doucher et t'habiller, on va bientôt activer la cheminée pour que vous puissiez aller à Paris. »
oOoOoOo
Comme à son habitude, Harry atterrit au ministère français de la magie à plat ventre en sortant de la cheminée. Et Elianor, qui arrivait juste derrière lui, se prit les pieds sur lui, et se vautra elle aussi, en l'écrasant au passage. Ce qui eut pour effet de les rendre totalement ridicules devant pas moins d'une vingtaine de personnes amassées dans la salle où ils étaient arrivés, à savoir, un espèce de grand hall plein d'ascenseurs, un peu comme au ministère anglais de la magie. Harry eut à peine le temps de se relever qu'un portier arrivait en courant vers eux :
« Ah, Madame de Quercevalles, vous voilà…Le ministre vous attend, au troisième étage… »
La mère d'Elianor, qui venait de passer par la cheminée à la suite de sa fille, ramassa dignement son sac qui avait été propulsé à quelques mètres par son atterrissage dans la cheminée, et hocha la tête en remettant ses lunettes sur son nez. Elianor pouffa.
« Tu verras, d'ici quelques années, tu t'y feras, à la poudre de Cheminette. Ça fait trente ans que maman s'entraîne, aujourd'hui, elle arrive presque à ne plus perdre ses lunettes en arrivant… »
Alors que sa mère lui fila une tape à l'arrière du crâne, ils progressèrent tous trois jusqu'aux ascenseurs, précédés par le portier, qui appuya sur le bouton d'appel de l'ascenseur. Quelques secondes plus tard, la cabine s'immobilisa en chuintant en face d'eux. Une voix féminine annonça en français :
« Troisième étage. Coopération Magique Internationale. »
Harry, Elianor et la mère de cette dernière suivirent le portier, qui les conduisit jusqu'à une porte de bois poli où l'inscription ''Ministre délégué à la Coopération Magique Internationale'' scintillait sur une plaque de cuivre ; le gardien frappa trois coups brefs et s'effaça pour les laisser entrer. À sa grande surprise, Harry constata que le bureau était bien rempli. Et de surcroît, par des gens qu'il connaissait pour la plupart d'entre eux. À savoir Dumbledore, Tonks, Rogue, Shackelbolt (qui était rentré pour l'occasion de Bulgarie), Lupin, mais également Madame Maxime et Pètesec, ainsi que Rufus Scrimgeour, le nouveau ministre de la Magie anglais, et un grand homme brun qui portait de fines moustaches et était vêtu très élégamment.
Harry ne manqua pas de remarquer, sur la table du ministre, que le papé était déjà arrivé, et discutait avec animation avec Scrimgeour. Non loin de là se tenaient également Lorelei, accompagnée d'un vieil homme voûté qui portait une longue barbe grise et une ample robe blanche ornée de motifs runiques brodés d'or. Il conversait avec une délicate sorcière blonde vêtue elle aussi d'une robe blanche d'une dentelle très ouvragée, mais très moulante –ce qui lui allait très bien, décida Harry. Dumbledore adressa un sourire encourageant aux nouveaux arrivants.
« Harry, tu connais déjà Madame Maxime et le professeur Pètesec, je suppose. », dit le vieux mage.
Les deux susnommés se tournèrent vers lui. Madame Maxime eut un sourire indulgent à l'égard du jeune Anglais, mais Pètesec le foudroya du regard, ainsi (et surtout) qu'Elianor. Dumbledore poursuivit, en désignant un petit homme brun d'une trentaine d'années que Harry n'avait pas remarqué jusqu'à présent, et qui discutait non loin de là avec deux ou trois autres sorciers et sorcières –dont Tonks :
« Colas de Nagy, actuellement Chef des Aurors et des Langues-de-Plomb français. Il est chargé de coordonner et de mener les recherches sur Drago. »
L'homme opina du chef et esquissa un mince sourire à l'adresse de Harry. Ce dernier sut immédiatement qu'il n'aimerait pas cet homme. Il portait sur son visage, ou tout au moins, dans ses yeux, quelque chose de fourbe. De plus, selon Johan, il était partisan de méthodes pour le moins expéditives en ce qui concernait la lutte contre les Mangemorts.
Dumbledore était passé à la suite des présentations, sans plus s'attarder :
« Le Ministre français de la Magie, Augustule Bonnefoy. »
L'homme fin et élégant qu'Harry avait remarqué s'avança légèrement et le salua.
« Ma fille Maryka est à Beauxbâtons en cinquième année à Barbiepouff. Elle m'a beaucoup parlé de vous. », dit-il d'une voix un peu pompeuse qui rappela à Harry le Préfet de Poufsouffle Ernie Macmillan, ou Percy Weasley, au choix.
Elianor fit une tête qui se passait de commentaire. Visiblement, Maryka Bonnefoy et elle n'étaient pas dans les meilleurs termes. Dumbledore mena Harry auprès de Lorelei.
« Voilà Lorelei, ta petite camarade, mais elle est venue ici en qualité de future Grande Druidesse de Brocéliande, accompagner son grand-père, Siegfried, l'actuel Grand Druide. »
Le vieux monsieur un peu voûté se pencha encore un peu plus pour arriver à hauteur d'oreilles de Harry (visiblement, il devait dépasser le mètre quatre-vingt-dix quand il se tenait droit), et dit :
« Enchanté de vous rencontrer. Il paraît que votre rôle lors de la dernière guerre a été déterminant…J'ai bien peur qu'il ne vous faille tout recommencer à nouveau… »
« Siegfried Kervemec est une des figures emblématiques de la Résistance française à Voldemort, mais aussi à Grindelwald. », expliqua gravement Dumbledore.
« C'était le bon vieux temps. », confirma le vieux Druide en hochant la tête.
Dumbledore se tourna vers la jolie blonde.
« Harry, tu connais Narcissa, la mère de Drago, je suppose ? »
Harry ouvrit des yeux ronds. Bien sûr qu'il la connaissait. Seulement, il ne l'avait pas reconnue. Il l'avait vue une fois lors de la Coupe du monde de Quidditch il y avait de ça deux ans et demi, mais à l'époque il était trop occupé à insulter son fils pour vraiment l'avoir remarquée. Le garçon comprit en un éclair d'où le Préfet blond tirait toute son incandescente beauté. Autrement dit, pas de Lucius.
« Elle est venue à Paris pour être au plus près de l'enquête afin d'en suivre les évolutions sur l'enlèvement de son fils… », expliqua obligeamment Dumbledore.
De Nagy s'approcha.
« Bien entendu, toutes nos équipes sont sur la piste de la transplanation des ravisseurs. Vous savez que notre ministère fera tout pour retrouver un jeune garçon aussi important que le petit Drago. Je supervise moi-même les opérations, et nous ne reculerons devant aucun sacrifice pour le récupérer. Il en va de la sécurité sorcière internationale, si j'en crois le rapport que m'ont remis récemment les Langues-de-Plomb… »
Harry jeta un coup d'œil à Elianor, pendant que de Nagy continuait sa tirade. Elle tirait une tête de six pieds de long, manifestement répugnée par ce discours mielleux. Il était évident que les Quercevalles ne portaient pas en leur cœur le chef suprême des Aurors, à en juger également par le fait que Madame de Quercevalles s'était manifestement éloignée, pour discuter avec le papé. Tous deux parlaient à voix basse tout en jetant autour d'eux des regards soupçonneux.
Bonnefoy regagna son bureau et se racla la gorge ; aussitôt toutes les conversations moururent.
« Bien. Comme vous ne l'ignorez pas, je vous ai tous convoqués dans ce bureau ce matin afin de nous entretenir des différentes pistes à suivre concernant l'affaire du jeune Malefoy. Si vous êtes ici, c'est que vous avez un rôle à jouer dans cette histoire, et je veux que rien de ce qui se dira ici ne soit répété nulle part, est-ce clair ? »
Tout le monde opina docilement du chef, mais Harry savait déjà qu'il répèterait tout à Hermione et Ron, tout comme il devinait qu'Elianor et Lorelei iraient tout répéter à Eymelie et Mélinée.
« Bien. Tout d'abord, nous allons écouter le rapport des différentes enquêtes –françaises et anglaises –qui ont été menées. »
S'ensuivit un long exposé du vieux Druide breton sur l'énigme des fées, suivi des interventions de de Nagy et de Shackelbolt (qui était devenu Chef des Aurors entre temps) sur les avancées peu probantes d'une longue enquête. Harry n'apprit rien de bien neuf sur le sujet, le papé lui ayant déjà quasiment tout raconté, hormis peut-être que l'enquête s'orientait visiblement sur la piste d'un éventuel rapatriement de Drago en Grande-Bretagne.
« Les traceurs de transplanation indiqueraient que ses ravisseurs se dirigeaient vers le nord…Ils sont probablement rentrés en Grande-Bretagne, dans la tanière des Mangemorts à tous les coups. Parce qu'on voit quand même mal Vous-Savez-Qui s'installer à Béthune… », conclut de Nagy.
« Ah non et pourquoi ça ? », s'enquit poliment Dumbledore.
« Parce que personne sain d'esprit n'aurait envie d'acheter une maison de vacances à Béthune. Même pas un mage noir. », rétorqua le chef des Aurors.
Bonnefoy mit un terme au débat.
« Ça n'est pas le problème, messieurs ! », trancha-t-il. « Nous sommes ici pour retrouver Drago Malefoy. Sa mère compte sur nous. »
Le papé se redressa sur ses pattes.
« Et indéniablement, le fait qu'il soit apparenté à notre famille peut l'aider. »
De Nagy eut l'air agacé :
« Evidemment, nos experts se cassent la tête sur cette affaire depuis hier soir, mais vous, Guilhem, vous arrivez avec votre clan tribal, vos grigris ancestraux et vous allez le retrouver illico presto… »
Le chat se redressa sur ses pattes d'un air indigné.
« Comment osez-vous ? »
Bonnefoy lui aussi avait l'air outré.
« Colas, vous êtes fous ! Qu'est ce qui vous prend d'insulter ainsi l'une des familles les plus anciennes que compte la France sorcière ? Dépositaire d'un pouvoir millénaire ? »
De Nagy eut un sourire narquois.
« Il est temps que ce pays arrête de se tourner sans arrêt vers son passé…Les vieilles familles sorcières…Ma famille faisait encore partie du peuple moldu des Magyars il y a de ça cent ans, avant qu'ils ne viennent s'installer en France, et je suis aujourd'hui le chef des Aurors de ce pays, alors même que mes parents n'étaient pas sorciers. Pouvez-vous me citer une seule chose que les vieilles familles sorcières aient faite pour ce pays au cours du siècle écoulé ? Elles se complaisent dans leur statut de privilégiés… »
Le papé, toujours perché sur le bureau du ministre, semblait se gonfler d'une fureur qui n'avait pas d'équivalent.
« Vous n'êtes qu'un sale arriviste ambitieux, de Nagy. Nos vieilles familles sont peut-être immobiles à la surface, mais si nous n'étions pas là depuis des temps immémoriaux, alors notre société se serait écroulée depuis bien longtemps. Nous sommes les piliers de la sorcellerie française, même si vous vous refusez à l'admettre. Je ne nie pas l'apport des sorciers de sang moldu, et je les respecte en tant que sorcier, mais les familles sorcières ont aussi leur utilité. Vous avez beau ne pas croire à des magies ancestrales et traditionnelles telles que l'amour, mais si elles n'existaient pas, et si nous n'en étions pas les dépositaires, alors Voldemort aurait gagné cette guerre depuis longtemps. Il aurait réussi à tuer ce garçon-là. »
Le silence s'abattit dans la pièce. De Nagy était blanc de rage. Il replia d'un claquement sec ses dossiers.
« Très bien. » Il tourna la tête vers son supérieur. « Monsieur le ministre, si vous voulez mes rapports sur cette affaire, vous savez où me trouver. »
Et sans prononcer un mot de plus, il quitta le bureau, accompagné de deux ou trois collaborateurs. L'ambiance était à couper au couteau dans la pièce, lorsque la porte claqua sur lui.
« Oh là là…Papé… », souffla Elianor, abattue.
« À ce que je vois, Guilhem, huit cents ans au compteur, mais toujours aussi prompt à défendre les intérêts de votre famille… », constata calmement Dumbledore. Il se tourna vers ses compatriotes : « Décidément, ces Français sont incorrigibles. On convoque une réunion pour avancer dans cette affaire, et au final on en ressort encore plus embrouillé… »
Bonnefoy, tout comme Scrimgeour, semblait particulièrement gêné. Et Harry pensait comprendre l'inconfort de sa situation, entre son chef des Aurors, parvenu arriviste et assoiffé de pouvoirs, et une vieille famille de la sorcellerie parmi les plus puissantes du pays. Harry se doutait d'ailleurs bien que les Quercevalles n'étaient pas la seule famille à s'opposer aux méthodes de de Nagy. Probablement que la vieille lignée des Kervemec, mais aussi sans nul doute celle des Astadourian, réprouvaient totalement le chef des Aurors et ses discours radicaux. Bonnefoy poursuivit d'un ton hésitant :
« Bien, euh…dans ce cas, je pense qu'il serait sage de…remettre cette réunion dans un contexte un peu moins…troublé. »
Suivi de son homologue anglais et des quelques attachés, ils quittèrent la salle. Le Directeur de Poudlard se tourna vers Rogue et lui adressa un regard significatif. Le professeur de potions inclina doucement sa tête graisseuse, et quitta la pièce, comme à son habitude, dans un tourbillon de capes noires.
Avisant qu'il ne restait guère plus que les Quercevalles et les Kervemec en plus de lui-même et de ses propres alliés, Dumbledore se tourna aussitôt vers Guilhem :
« Guilhem, vous disiez que le fait que le jeune Drago ait un lien de parenté avec les vôtres pouvait jouer en notre faveur… »
Le papé prit quelques instants pour se calmer.
« Bien sûr. Mais je ne suis pas sûr de pouvoir en expliquer les raisons ici. »
Lupin eut un sourire aimable.
« Voyons, Guilhem, nous savons tous ici le secret de votre famille, assurément. Aussi bien les membres de l'Ordre comme Remus ou Nymphadora, que Madame Maxime, qui est habituée aux frasques des membres de votre famille, ou encore les Kervemec qui sont dépositaires eux-mêmes de nombre de secrets enfouis…Quant à Narcissa, sa grand-mère était une Quercevalles, et en vingt ans de mariage avec Lucius Malefoy, je crois bien qu'elle n'a jamais mentionné le secret familial. »
La jolie femme blonde sourit d'un air triste.
« Je n'irai pas vous trahir maintenant. Ce qui m'importe à présent, c'est de retrouver mon fils sain et sauf… »
Le gros chat noir et blanc hocha pensivement la tête.
« Oui, bien sûr. C'est l'important. Le problème n'est pas là ; ce n'est pas en vous tous que je n'ai pas confiance. C'est au ministère que je ne me fie pas, et les secrets que j'ai gardé tout au long de ces décennies sont capitaux. Je ne peux pas les divulguer ici. Nous pourrions être espionnés. Je ne fais surtout pas confiance à de Nagy ; ce cafard arriviste nous jalouse, comme il jalouse tous ceux qui ont plus de pouvoir que lui. Il ne vaut pas mieux que de Montfort ou que ce Voldemort. »
Dumbledore acquiesça.
« Oui. Il vaut mieux trouver un endroit plus au calme. Plus discret… »
oOoOoOo
Quelques temps après, la douzaine de personnes présentes dans le bureau du ministre de la Coopération Sorcière Internationale (qui était arrivé en retard, précisément au moment où l'Ordre et ses alliés avaient décidé de s'en aller parler au calme) s'étaient retrouvés dans l'arrière salle d'une brasserie, dans une rue perpendiculaire au célèbre boulevard parisien des Rêves Engloutis.
Le café où ils se trouvaient, La Rose des Tempêtes, était l'une des plus vieilles brasseries sorcières françaises, et avait autrefois accueilli en son sein bien des sorciers célèbres, comme Nicolas Flamel en personne, ou Nostradamus, qui y avait rédigé quelques-uns de ses fameux quatrains, ou bien encore Léopoldine Hugo, dont les aquarelles animées décoraient les murs depuis un siècle et demi (son père l'avait protégée aux yeux du monde moldu en la faisant passer pour morte noyée, mais il n'en était rien, elle avait en réalité vécu jusqu'à un âge avancé et restait à ce jour une des plus grandes peintres que la sorcellerie mondiale ait jamais connu). Harry était plongé dans la contemplation béate de l'une de ses aquarelles, représentant un petit garçon vêtu d'une marinière 19ème siècle, s'amusant avec un cheval en bois qui s'ébrouait autour de lui.
« C'est mon arrière arrière arrière grand-oncle. », fit alors Elianor. « Léopoldine Hugo a fait des portraits de toute la haute société sorcière de l'époque. Il y a un très beau portrait des ancêtres de la famille Astadourian chez eux qu'elle a réalisé en 1874. »
Les Astadourian avaient quitté leur patrie natale au 17ème siècle, à cause d'une invasion de loups-garous venus de la Turquie voisine, et étaient considérés, à l'instar des Kervemec ou des Quercevalles, comme une grande famille sorcière française. À l'heure actuelle cependant, le Parlement sorcier de Constantinople refusait toujours de reconnaître que les sorciers turcs avaient sciemment envoyé des hordes de loups-garous dès 1611 en Arménie, dans le but de supprimer les sorciers arméniens. Ceux-ci représentaient alors une importante source de résistance à leur autorité dans la région. Mais depuis ces temps-là, les Arméniens étaient unanimement reconnus comme les meilleurs chasseurs de loups-garous qui soient –ce qui avait d'ailleurs poussé Lockhart à usurper l'identité de l'un d'entre eux pour rédiger un de ses livres. Harry préférait s'imaginer que les Astadourian ignoraient que Lupin était un loup-garou.
« Bien. Je suppose que nous sommes relativement à l'abri d'oreilles indiscrètes à présent pour pouvoir parler librement ? », commença Pètesec d'un ton narquois.
Le papé, assis sur la table de marbre rose, zyeuta quelques instants autour de lui d'un air soupçonneux. L'arrière salle était bel et bien déserte, et maintenant que leurs consommations étaient arrivées, le serveur ne risquait pas de les déranger dans leur colloque.
« Ça devrait aller. », concéda-t-il au bout de quelques minutes. Il se redressa légèrement sur ses pattes, et commença à parler : « Bien, le fait est que l'arrière-grand-mère de Drago est une Quercevalles. De la branche cadette, mais une Quercevalles quand même. »
« Comment ça, de la branche cadette ? », s'enquit alors Narcissa.
Le chat tourna vers elle ses yeux de jade luisant.
« C'est simple. » Il sortit d'on ne sait où un long parchemin jauni qu'il déroula sous les yeux ahuris de la plupart des convives. « Ça, c'est notre arbre généalogique. Et notre famille est divisée en deux branches principales qui sont toujours restées étroitement en lien. »
Il désigna la partie médiane de l'arbre (dont le premier nom remontait à 125 après Jésus Christ, un certain Julius Quercevallus), où on pouvait lire en lettre magnifiquement calligraphiées : Athanase de Quercevalles, 1122-1192, relié à Aphrodite Stoquefiche (1125-1201). En-dessous, l'arbre se divisait en deux, où on lire voir Geoffrey de Quercevalles (1156-1209), et à côté, Constantin de Quercevalles (1161-1203).
« Mon oncle, Constantin, est le fondateur de la branche cadette des Quercevalles actuelle. Ils sont partis s'installer dans l'ancienne Phocée en 1198 et n'ont pas participé à la guerre contre Simon de Montfort. Mais ce sont des membres de notre lignée à part entière, et votre grand-mère Albertine, Narcissa, était l'une des leurs. » Il désigna la lignée qui descendait de Constantin, et effectivement, au bout de l'arbre se détachait le nom de Drago. « Quand la nécessité s'est faite sentir, ils ont tout de suite accouru à notre secours, c'est pourquoi ils restent étroitement lié à la branche aînée. Mais il va sans dire que notre branche principale détient le plus de pouvoir sur la relique, sur la Coupe Sacrée. Or, il est arrivé dans notre famille ces dernières années un événement très important, pour ne pas dire capital, qui ne s'était pas produit depuis ma fille Aude, à vrai dire. »
Harry jeta un œil interrogateur à Elianor, qui avait la bouche ouverte. Visiblement, elle était aussi surprise que lui. Le chat posa l'arbre généalogique à plat sur la table.
« Regardez bien ma lignée. Est ce que vous ne remarquez rien ? »
Harry, comme les autres, se pencha sur le parchemin jauni. Au bout de quelques secondes, Dumbledore se releva, un sourire énigmatique plaqué sur son visage ridé. Le Survivant sut qu'il avait trouvé –ou peut-être savait-il déjà ?
Harry retourna à son étude du parchemin, ne remarquant rien de particulier. Aude…Alceste, Lothaire, Rufus, Adalbert, Eudes, Clotaire, Agnan, Grégoire, Maximilien, Anicet, Rodolphe, Alphonse…Découragé, il releva la tête. Le papé le regardait d'un air malicieux. Les autres, hormis Dumbledore, semblaient aussi perplexes que lui, y compris Elianor. Sa mère en revanche, se tenait en retrait, la mine sombre.
« Vous ne remarquez toujours rien ? », fit le papé en regardant plus particulièrement dans la direction de Harry et Elianor.
« Euh, non… », fit cette dernière.
« Qu'est ce qu'on est censé remarquer là-dedans ? », s'impatienta Pètesec. « Que votre lignée affectionnait manifestement les prénoms masculins grotesques ? »
L'homme à l'apparence d'animal eut un sourire espiègle.
« Précisément, Nathaniel. Vous ne voyez toujours pas ? »
Harry se pencha à nouveau sur l'arbre généalogique des Quercevalles. Et c'est là que l'évidence le frappa de plein fouet…
oOoOoOoOoOo
Notes :
(1) Explication pour les non-Marseillais, ça s'appelle une Navette et c'est ce qu'on mange pour la Chandeleur, pour fêter l'arrivée par la mer de la Vierge (d'où la forme de barque)…
Le sondage de Ritsuko !
À votre avis, quel secret cache l'arbre généalogique de la famille de Quercevalles ?
A/ Un secret réservé aux filles !
B/ Elianor est en fait un garçon ! (Un mec ? Un mec ? Où ça ?)
C/ Elianor est la seule qui pourra sauver Drago !
D/ Euh…Joker ! C'est trop compliqué ces histoires de famille…Rien compris… ô.O
Dans le prochain chapitre : où Drago fait le ménage et apprend des choses, où Elianor a le GirlPower, et où Ron découvre le monde merveilleux des Moldus…
