Blabla bête des auteurs : Coucou tout le monde ! Merci beaucoup pour toutes ces reviews ! C'est à n'y rien comprendre, plus on trouve le chapitre nul, plus on a de reviews…Bref…Voilà le chapitre 30, qui est légèrement mieux (et là, personne nous écrira).
Sinon, une mauvaise nouvelle (ça ne pouvait pas durer, toutes ces bonnes nouvelles) : on vous prévient d'ores et déjà qu'il va nous être difficile de poster entre le 29 juillet et le 19 août, pour deux bonnes raisons. Ritsuko part en vacances durant ce laps de temps –donc si elle s'avance dans les sondages à la limite, bon –et Lilulle déménage mi-août, ce qui fait qu'elle aura peut-être une connexion internet aléatoire. Donc nous allons faire notre possible pour continuer à publier durant ce laps de temps, mais on ne peut rien promettre du tout !
Réponse aux reviews :
Sailor Ocean : Bravo t'as deviné ! Félicitations ! Quelle perspicacité ! C'est cool que tu te marres en lisant notre fic, on est toujours contentes d'apprendre qu'on fait rire ! Sinon, note bien : nous sommes trois ! Gros bizoux !
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 30
La seule qui puisse le trouver !
Little Hangleton, Angleterre…
Le lever du soleil, en ce lundi 20 décembre 1996, avait été baigné d'une inquiétante lueur rougeâtre qui sembla perdurer longtemps après l'aurore, ensanglantant les collines entourant le village. Quand Rogue arriva au manoir Jedusor, sur le coup des onze heures, il le trouva silencieux ; il avait viré les Mangemorts lui-même la veille, en disant qu'il ne souhaitait pas passer son temps à ranger le bordel que ceux-ci pourraient y mettre en l'absence du Seigneur Noir (un peu comme un père de famille qui envoie ses enfants adolescents chez ses grands-parents en son absence, de peur de retrouver la maison jonchée de bouteilles de bière vides). En son absence, Rogue préférait que ceux-ci retournent à la ''vie civile'', en tant qu'agents dormants, jusqu'à ce qu'il revienne pour leur donner ses instructions. Plus question pour eux de mettre les pieds à Little Hangleton. Même Lucius, avait dit le maître des potions quand le blond lui avait demandé, car il avait fait à lui tout seul un nombre de bourdes équivalent à toutes celles des Mangemorts réunies ces vingt dernières années, et ne devait sa vie sauve qu'au fait qu'il avait obligeamment conçu et fourni l'arme qui allait peut-être venir à bout du Survivant. Donc, Rogue avait le double des clés, afin qu'il s'occupe d'entretenir les yuccas, de nourrir Nagini, de veiller sur son 'trésor de guerre' et de ramasser le courrier. Mais il allait découvrir qu'il était difficile de se débarrasser de tous les Mangemorts –surtout ceux de haut rang.
Le professeur de potions monta instinctivement à l'étage, pour trouver seulement Nagini endormie sur le tapis devant le lit vide de Drago. Mais le jeune homme ne s'y trouvait pas. Finalement, il le retrouva dans le salon. Le garçon contemplait en silence le paysage alentour depuis la baie vitrée crasseuse du salon, et sur ses traits aristocratiques était gravée une expression attristée. Il portait encore l'affreuse robe rouge, et pour cause. Le Seigneur ne lui avait rien donné d'autre. Rogue poussa un soupir, et lui jeta un sac.
« Tenez, habillez-vous décemment, au moins tant que le Seigneur des Ténèbres ou votre père ne sont pas là. »
Drago l'ouvrit sans un mot, et en sortit un boxer, un baggy large orné d'un dragon couleur de jade sur la jambe droite, un polo orné des initiales LV d'un vert émeraude vif brodées sur la poitrine, et une lourde cape de sorcier avec une capuche en fourrure d'une couleur nacrée. Le tout de la même couleur, un blanc éblouissant, presque aveuglant.
« Qu'est ce que c'est que ça ? », fit le blond en constatant avec stupeur que toutes les fringues étaient de marque, de grands couturiers français, et que la capuche en fourrure de lion à glace de Sibérie avait bien dû coûter l'équivalent d'un kilo de poudre de corne de licorne.
Rogue haussa les épaules :
« Le dernier chic à la française, paraît-il. »
« Vous avez fait les courses pour moi ? », demanda Drago d'un air ahuri, en imaginant clairement son parrain dans une boutique haute couture (parquet poli, murs nacrés, éclairage tamisé, fauteuils de grand designer), en train de demander à la vendeuse quel était le dernier modèle de petit polo griffé qu'elle lui conseillait pour son filleul de seize ans…
« Bien sûr que non. », rétorqua Rogue. « C'est votre mère qui me les a confiés pour vous. »
Drago eut l'air encore plus abasourdi.
« Elle…elle sait où je suis ? Et les autres aussi ? Vous leur avez dit ? Est-ce qu'ils vont venir me chercher ? »
La mine déjà cireuse du maître des donjons de Poudlard s'assombrit davantage.
« Non. Le Seigneur des Ténèbres a pris toutes les précautions nécessaires en ce sens. Il a eu recours à un Gardien du Secret pour dissimuler le manoir Jedusor aux yeux inopportuns. Et ce n'est pas moi. »
Drago eut une moue déçue, mais s'empressa néanmoins de monter se changer dans sa chambre. Quand il revint, tout de blanc vêtu –mais sans la lourde cape, quand même, il faisait une chaleur de serre tropicale dans la maison, à cause de Nagini, qui, étant un anaconda albinos, née en Amazonie brésilienne, ne pouvait supporter une température inférieure à 23°C –son parrain était déjà installé dans un fauteuil et semblait l'attendre. Il laissa à peine le temps à son filleul de s'asseoir.
« Bien. Comme vous le savez, le Seigneur est parti pour quelque temps en…hum, en mission secrète. Comme je vous l'ai dit, je ne suis pas le Gardien du Secret pour cette maison, ce qui me laisse dans l'impossibilité d'indiquer à qui que ce soit l'emplacement de votre prison –même s'il me semble évident qu'il devient urgent de vous sortir de là au plus vite, de préférence avant que le Seigneur des Ténèbres ne soit de retour… »
Drago hocha vigoureusement la tête en guise d'approbation.
« …et c'est aussi l'avis que partage votre mère. »
L'homme aux cheveux gras se pencha vers le blond.
« Il faut que je vous apprenne, Drago, que comme prévu, votre mère est, depuis l'annonce de votre disparition, dans un état de nerf épouvantable, et qu'elle a quitté le manoir Malefoy. Probablement pour toujours. »
« Comment ça ? »
« Je veux dire par là qu'elle a demandé le divorce d'avec votre père. Elle le rend responsable de votre disparition –et elle n'a pas tort. Elle refuse catégoriquement de vous laisser aux mains du Seigneur Noir. »
Il fallut quelques minutes à Drago pour qu'il reprenne ses esprits. Ses parents allaient divorcer, bordel de merde !
« Mais il y a plus urgent en attendant. Vous. Je pense que Dumbledore, même s'il ne sait pas où se trouve le quartier général des Mangemorts, a un plan pour vous sortir de là. Et il peut compter sur l'aide de vos parents éloignés –les Quercevalles. D'après ce qu'il m'a dit, il y a en plus une sorte de…'prophétie', qui vous relierait au Seigneur des Ténèbres, mais que seul Potter aurait le pouvoir de contrer. »
« Potter ? », s'écria le blond avec un air totalement interloqué.
Rogue, se méprenant sur son expression faciale, pensant qu'elle reflétait la consternation la plus absolue, poursuivit :
« Je sais que vous et Potter ne vous entendez pas du tout (et je vous comprends bien), mais malheureusement, il va falloir compter avec sa collaboration en la matière. Et nous ne pouvons passer outre cet état de fait pour anéantir le Don qu'a fait la fée Thénoir, car c'est la fée Pudding elle-même qui vous a lié à lui. Personnellement. »
Un lourd silence suivit ses déclarations. Au bout de quelques minutes, Rogue se racla la gorge, et un Drago rouge écrevisse demanda timidement :
« Et par 'lier à lui', vous entendez quoi, au juste ? »
Le professeur prit un air digne :
« Il semblerait que vous devrez faire avec Potter ce que vous auriez dû faire avec le Seigneur des Ténèbres afin de briser le sort de magie rouge que la fée Thénoir vous a jeté, pour que le Seigneur des Ténèbres ne puisse plus se servir de votre magie. À la place, il est vraisemblable qu'elle servira à Potter pour battre le Seigneur. Donc, si vous ne vous unissez pas à Potter, vous deviendrez une arme redoutable. Si le Seigneur Noir pouvait puiser directement dans vos pouvoirs comme il en a l'intention… »
« …ce serait la fin du monde sorcier, je suppose ? », soupira Drago.
« Oui. Voilà pourquoi je préfère vous prévenir que même si l'Ordre vous sauve avant que cela n'arrive, il y a de forces chances que vous soyez plus ou moins obligé de vous unir à Potter le plus vite possible… » Air ahuri du blond. Rogue précisa d'un ton agacé : « Que vous ayez des rapports sexuels avec lui, quoi ! »
Drago ouvrit des yeux ronds, puis secoua sa tête blonde en signe de dénégation. Non, il ne pouvait pas être en train d'avoir une conversation sur ce sujet-là avec Rogue. Hallucination auditive, décida-t-il mentalement.
« Bref, quand vous rentrerez, si l'Ordre trouve un moyen de vous ramener, je suis au regret de vous informer que vous devrez quand même payer de votre personne. Mais à choisir entre ce stupide Gryffondor myope et le Seigneur Noir…Je crois quand même que vous préfèrerez Potter… »
L'aspect vitreux des yeux gris de Drago apprit cependant au professeur de potions que visiblement, un ou deux circuits intégrés du blond venaient de griller simultanément. Il n'aurait pas été surpris de voir de la fumée lui sortir des oreilles. Il décida d'arrêter là les dégâts. Après tout, quand ils l'auraient récupéré, Dumbledore aurait tout le temps de lui expliquer de quoi il en retournait.
« Drago ? » Le blond n'eut une réaction que quand son parrain lui agita la main devant le visage. « On va dire à un elfe de maison de vous préparer quelque chose à manger. Vous êtes trop pâle et trop maigre. Si Narcissa apprend que je vous ai laissé dépérir, ça va encore me retomber dessus… »
Le jeune Serpentard hocha la tête d'un air absent, mais suivit néanmoins son parrain, encore plongé dans ses pensées sur ce qu'il venait d'apprendre.
oOoOoOo
À la Rose des Tempêtes, Paris…
Harry releva la tête et fixa le papé dans les yeux. Des prénoms masculins grotesques…Les descendants directs des Quercevalles…Si on ne comptait pas les épouses, les pièces rapportées à la famille…Il n'y avait que des prénoms d'hommes sur l'arbre ! Aucune petite fille n'était née dans le sein de la famille depuis Aude de Montségur. Sauf à la dernière ligne. Harry lut le petit nom, insignifiant, tout au bout de la dernière feuille de l'arbre. Elianor de Quercevalles (1980- ).
« Il n'y a aucune fille. »
Le chat se mit à arpenter la table de marbre.
« Exactement ! Il n'y a aucune fille ! Absolument aucune héritière n'est née dans cette famille depuis la naissance d'Aude de Montségur, ma propre fille, en 1213 ! »
« En quoi est-ce important ? », intervint Lupin. « En France, ce sont les garçons qui héritent, ça devrait plutôt être une bonne chose… »
Guilhem eut un rire amer.
« Détrompez-vous ! Cette absence d'héritière est en quelque sorte une malédiction dans la malédiction. Car si je suis un sorcier effectivement parmi les plus puissants, et ce, grâce à la puissance que notre sang a acquise en liant son destin à celui de la Coupe, ma fille, Aude, s'est sacrifiée pour la protéger. Par ce geste, elle a donc renforcé les liens entre la Coupe et notre famille, mais elle s'est aussi prémunie pour l'avenir. À savoir qu'elle a prévu, en mourant, un héritage pour ses successeurs. »
« Un héritage ? », fit Lupin, incrédule. « Mais Aude est morte en 1246, ça signifie que vous avez bien dû le trouver depuis, cet héritage ? »
Le papé cessa de faire les cent pas.
« Malheureusement non. Car ma fille n'a jamais fait confiance à ses congénères mâles. Pas même à son propre mari, ou à ses propres fils. Je suppose que la trahison de son oncle a dû lui laisser un arrière-goût amer.
–Toujours est-il qu'en mourrant, c'est elle qui a forgé au prix de sa vie la sixième clé, la clé de Montségur, celle qui donnait accès à la forteresse de Peyrepertuse…Et croyez-moi, elle s'est arrangée pour que cette clé si précieuse ne tombe jamais entre de mauvaises mains. Elle a donc ajouté une condition spécifique. À savoir, que seule l'héritière de la branche aînée des Quercevalles pourrait toucher la Clé de Montségur, et procéder à l'ouverture des Sept Citadelles gardiennes de la relique. En vertu de quoi, aucun homme ne pouvait s'approcher du Calice contenant le sang des deux Grands Sorciers ; bien sûr, je n'ai appris ce bidouillage qu'aux dépens de son propre fils Alceste qui est mort en essayant d'ouvrir de force la sixième forteresse, quelques années après la mort d'Aude. Elle n'a jamais fait confiance aux hommes, et elle a laissé derrière elle un parchemin expliquant les raisons de son geste. Elle pensait qu'un homme ne pourrait faire qu'une utilisation belliqueuse du Calice, et qu'une femme saurait mieux s'en servir. »
À côté de Harry, Elianor avait perdu plusieurs strates de couleurs.
« Si je comprends bien, la forteresse de Peyrepertuse –celle qui abrite cette relique –est hermétiquement restée fermée à toute intrusion extérieure depuis 1246 ? », déduisit Lupin, légèrement incrédule.
« Exactement. Depuis sa mort, il n'est né dans la famille aucune héritière. Des générations et des générations de fils se sont succédées sans succès ; une vraie malédiction. Un de mes descendants, Sigismond, né en 1645, a eu quatorze fils en quinze ans, dans l'espoir d'avoir une fille et de briser ce cercle vicieux, mais en vain. Cela, jusqu'en 1980, où enfin une fille est venue au monde dans notre branche de la famille. Enfin une héritière pour Aude de Montségur, après presque huit cents ans d'attente ! »
« Je ne comprends pas bien. », interrompit Pètesec. « Vous dites qu'Elianor serait la seule à pouvoir se servir des pouvoirs de la relique, et pourtant, son frère Johan savait très bien en manipuler les pouvoirs lui aussi quand il était élève à Beauxbâtons…Il n'y a qu'à ouvrir les registres de sa scolarité pour le voir. Il a eu plus de retenues à lui seul que tous les élèves de la décennie passée… »
« Oh, bien sûr, nous avons accès aux pouvoirs élémentaires de cette Coupe. Mais ses pouvoirs les plus précieux restent scellés en l'absence de la personne compétente pour ouvrir les bonnes portes. Et notamment le pouvoir de relier chaque membre de la famille à la Coupe. Autrement dit, grâce à Elianor, nous pourrions essayer de localiser Drago. Si les Sept Portes des forteresses étaient ouvertes, Eli pourrait se servir du pouvoir de la Coupe pour le retrouver. Si tous les membres de notre famille sont liés à cette Coupe, alors elle devrait pouvoir le trouver. Et je sais qu'elle saura se montrer digne de son ancêtre. Les pouvoirs dont elle a fait preuve depuis quelques temps sont très impressionnants. »
Elianor avait l'air abasourdi.
« Mais…C'est ridicule ! », balbutia-t-elle. « Enfin, papé, tout le monde sait que tu es la personne qui sait le mieux utiliser les pouvoirs de la Coupe ! »
Le papé secoua la tête en signe de dénégation.
« Oh, non, ma fille. La sorcière qui a le mieux utilisé la force de cette relique était ton ancêtre Aude. Même si c'est moi qui ai procédé à la fabrication des Sept Clés, c'est elle qui a compris comment s'en servir au maximum. Et c'est aussi elle qui a forgé la sixième clé, celle de Montségur. Et pour qu'elle en meure –alors que j'en avais moi-même forgé sept sans aucun dommage –il faut qu'elle ait procédé à quelque chose de très dangereux. Si elle a jugé utile de ne confier ce pouvoir qu'à l'une de ses descendantes, c'est peut-être qu'elle avait compris quelque chose que je n'ai fait qu'entrevoir…Mais en cela, je ne peux t'aider, Elianor. Je crains que tu ne doives le découvrir seule, une fois que les Sept Portes seront ouvertes… »
Harry vit qu'Elianor jetait un regard effrayé à sa mère.
« Harry, lui, il y est allé, au QG de Voldemort ! », protesta vivement la jeune fille.
Le papé eut une sorte de mimique désolée.
« J'ai bien peur que même si nous connaissons, à peu près, l'emplacement du QG de Voldemort –c'est-à-dire Little Hangleton– il n'ait eu recours à un Gardien du secret pour le dissimuler. Auquel cas, même en nous rendant sur place, nous n'y verrons rien d'anormal, et ce même si le gamin était sous nos yeux…Non, pitchounette, il n'y a qu'un pouvoir qui peut nous aider en la matière. Celui du Calice Sacré, qui pourrait éventuellement permettre de passer outre ce sortilège. » Il se tourna vers l'assemblée. « Et nous ne connaissons qu'une seule personne ici qui puisse avoir un accès direct à cette relique : ma descendante ! Elle est la seule qui puisse trouver Drago ! »
Ce fut le moment que choisit Shekel, le hibou jaune clair de David, pour arriver dans le bistrot dans un tourbillon de plumes mordorées.
« Eh oh, on est pas dans une volière ici ! Y a une entrée hiboux là-bas ! », hurla le tenancier.
oOoOoOo
Très tôt le matin, région parisienne…
Un coup de sonnette stridente tira Hermione de son sommeil. Elle mit plusieurs secondes à habituer ses yeux à l'obscurité relative qui régnait dans la pièce. Le soleil blafard des petits matins sales de la capitale française filtrait doucement à travers les persiennes en bois des volets de la chambre d'Eymelie, et la jeune fille distingua au-dessus de sa tête le lit mezzanine de sa correspondante. Celle-ci avait enlevé son bureau qui se trouvait normalement sous la mezzanine, pour mettre un lit à l'attention de son invitée anglaise, et hier au soir, elle avait conjuré deux matelas et deux duvets de plumes d'oie pour David et Neville qui dormaient non loin de là, par terre. Il avait fait un temps de chien toute la soirée, et finalement le jeune homme avait préféré appeler ses parents pour dire qu'ils passeraient la nuit chez Eymelie, lui et Neville. Bien sûr, ils auraient pu utiliser un parapluie pour traverser les trois rues qui séparaient les deux domiciles, mais la vérité, c'était que David et Neville avaient surtout voulu prolonger leur week-end et passer une soirée entre amis, et que la pluie est parfois une très bonne excuse pour ça.
Hermione pensa qu'elle avait rêvé, quand un autre coup de sonnette la détrompa. Un bruit de pas se fit entendre. Le père d'Eymelie, qui se levait toujours très tôt le matin à cause de son travail de lieutenant de police, sortait de la cuisine où il prenait son petit déjeuner, et se dirigeait visiblement vers la porte d'entrée. La jeune Gryffondor jeta un œil au réveil d'Eymelie, en forme de hibou qui voletait doucement au-dessus de leurs têtes. Il indiquait 7 : 45. La veille, les quatre amis s'étaient couchés sur le coup de deux heures du matin. Mais pour Hermione, une nuit de cinq heures quarante-cinq n'était pas forcément courte : elle avait l'habitude des nuits de trois heures en période d'examens. C'est pourquoi après quelques instants de flottements, au moment où le père d'Eymelie trifouillait dans la serrure pour ouvrir la porte d'entrée, Hermione était parfaitement éveillée.
« Oui ? »
« M'sieur Baccioni ? », fit une voix claire et forte que la jeune Anglaise reconnut immédiatement.
« Oui ? Ah, mais je te reconnais ! Tu dois être une des camarades d'école d'Eymelie, sûrement ? »
« Ouais. Chuis Lorelei Kervemec, en fait, chuis dans la classe de votre fille, et je voulais vous demander si ça ne vous gênait pas de prendre mon corres' anglais pour ce matin, parce qu'on a une obligation familiale assez urgente, là… »
« Oh, mais bien sûr… »
« Ça vous gêne pas ? »
« Non, pas du tout. Seulement, je dois vous prévenir qu'Eymelie et les autres dorment encore… »
« Les autres ? »
« Oui, Eymelie, Hermione, le petit David et son correspondant…Ils sont restés à la maison hier soir. Il faisait vraiment trop mauvais pour qu'ils puissent rentrer, paraît-il… »
Une autre voix, colérique celle-là, s'éleva :
« Et ils dorment où ? »
« Eh bien dans la chambre d'Eymelie, bien sûr. Ils ont dû faire une sorte de pyjama party… »
« Pyjama party mes fesses… », rouméga la voix du rouquin.
Hermione eut un sourire attendri devant la jalousie de son petit ami, et se leva. Au moment où le père d'Eymelie prenait congé de Lorelei et laissait entrer Ron dans l'appartement en lui disant qu'il pouvait aller regarder la télé en attendant que les autres se lèvent, Hermione ouvrit sans bruit la porte de la chambre d'Eymelie.
« C'est quoi, au juste, la 'télé' ? », était précisément en train de demander le rouquin au père d'Eymelie.
Celui-ci avait l'air un peu effaré, et parut carrément soulagé quand il vit Hermione sortir de la chambre :
« Euh…ah, ta petite camarade est levée, tu devrais peut-être le lui demander ? », et sans plus attendre, il repartit à la cuisine.
Monsieur et Madame Baccioni avaient été on ne peut plus ravis d'apprendre que les parents d'Hermione n'étaient pas sorciers, et qu'en conséquent, le monde des Moldus n'avait aucun secret pour elle. Comme tous les parents Moldus de sorciers, ils avaient tendance à redouter les amis purement sorciers de leur fille, et se sentaient parfois totalement déroutés par ce monde parallèle où les gens ne savaient pas se servir d'un téléphone et lui préféraient des volatiles répugnant qui avaient tendance à déféquer un peu partout. Les rares fois où Elianor, Mélinée ou Lorelei, toutes trois issues de familles sorcières, étaient venues, elles avaient presque failli mettre le feu à leur maison.
Hermione soupira, et intima à son tout récent petit ami de la suivre au salon où elle prit un bâton noir, appuya sur une touche, qui fit s'allumer une grosse boîte noire, dans laquelle défilèrent des images, accompagnées d'un flot de hurlements stridents en français. Ils restèrent un long moment, peut-être une demi-heure, à regarder d'un air hébété les dessins animés criards qui passaient dans le petit écran.
« Ah, c'est donc ça, la télébison… », dit au bout de tout ce temps Ron, qui essayait visiblement désespérément d'engager une conversation.
« …vision, Ron. »
« C'est ce que je disais. »
« Si t'avais pris Etudes des Moldus au lieu de Divination –qui, entre nous, ne sert à rien –tu le saurais… »
« C'est pas grave, Ginny l'a pris, je regarde ses notes… »
Un silence un peu gêné s'installa entre les deux. Apparemment, tous deux cherchaient vainement à évoquer les événements du week-end sans visiblement trouver une transition acceptable pour amener le sujet. Le silence s'installa une fois de plus, et chacun fit mine d'être absorbé par les jérémiades des petits personnages en couleur. La porte d'entrée qui claqua sur le père d'Eymelie qui partait travailler au commissariat du coin les tira vaguement de leur hébétude. Et finalement :
« Ecoute, Ron… »
« Ecoute, Mione… », dirent-ils en même temps.
Ils n'eurent cependant pas le temps de poursuivre plus avant, car la porte du salon venait de s'ouvrir, laissant passer une Eymelie visiblement encore tâtonnante.
« Ch'lut… », marmonna-t-elle. « Kessyfélàçuilà ? », ajouta-t-elle dans un borborygme à peine intelligible.
« Y paraît que la famille de Lorelei avait un impératif familial. », répondit Hermione sans laisser le temps à son petit ami de répondre.
Eymelie se massa douloureusement les tempes. Il n'y avait aucun signe chez elle qui permettait d'identifier qu'elle avait compris un traître mot de ce que venait de lui expliquer la jeune Gryffondor. Sa mère entra alors dans le salon, et embrassa sa fille :
« Tu devrais venir prendre une tasse de café, t'as pas l'air tout à fait réveillée…Vous pouvez venir déjeuner aussi, Hermione et… »
« Ron. »
« Oui. Je vais vous faire du thé, si vous préférez… »
« Oh, m'dame Baccioni, faut pas vous donner cette peine. », dit David qui venait de se lever et d'arriver dans la pièce, vêtu d'un short et d'un T-shirt gris à l'effigie d'une équipe de basket moldue. « On peut en faire apparaître. », poursuivit-il en sortant de la poche arrière de son short sa baguette.
« Euh, je préfèrerais pas. », fit la mère d'Eymelie, méfiante. « Je m'en occupe. Thé pour les Anglais, café pour toi, David ? »
Le garçon brun hocha la tête, avant d'aller s'affaler sur une chaise. Au bout d'un moment d'immobilité, Eymelie l'imita ; après s'être frotté les yeux, elle semblait plus réveillée qu'auparavant, mais elle ne fut opérationnelle qu'après avoir avalé la tasse de café que sa mère lui amena.
« Alors comme ça, les Kervemec ont dû partir tôt ce matin à cause d'une urgence ? », fit-elle en se tartinant un bout de brioche.
Ron, attablé lui aussi, hocha la tête, tout en engloutissant un morceau de bacon assez impressionnant.
« C'est ce qu'ils m'ont dit en tous cas. Un impératif, un rendez-vous au ministère à Paris, qu'elle a dit, sa mère… »
Hermione fronça les sourcils.
« C'est sûrement lié à la disparition de Drago. », déduisit-elle immédiatement.
« Tu crois ? », demanda Ron de son habituel air ahuri.
« Non, bien sûr que non, suis-je bête, une réunion convoquée dans l'urgence, c'est sûrement pour mettre au point les normes européennes en matière de transport de chaudrons interétatique ! », rétorqua Hermione sarcastiquement.
« Ah ? »
« Pffff. », conclut savamment la brune.
À côté d'eux, Eymelie mâchait pensivement une tartine, et marmonnait pour elle des mots incompréhensibles.
« Qu'est ce que tu dis ? », s'enquit gentiment David, qui avait pris place à côté d'elle.
Eymelie ne répondit pas tout de suite. Elle lorgna vers sa mère qui s'affairait dans la cuisine.
« Non, je me demandais juste si cette histoire d'enlèvement…est ce que ça a quelque chose à voir avec le fait qu'Harry soit astrologiquement l'âme sœur de Drago ? »
Un grand bruit l'interrompit. Ron venait de recracher dans son assiette une grande partie de la gorgée de jus d'orange qu'il venait d'avaler. Hermione soupira : il allait encore falloir tout lui expliquer…
« Vous rigolez, pas vrai ? », bredouilla un Ron livide après qu'Hermione lui a expliqué en gros l'histoire : les deux thèmes qui concordaient, leur rapprochement suspect ces derniers temps…
« Ronald, réfléchis deux minutes ! C'est suspect, c'est même louche. Ils se rapprochent, ils flirtent plus ou moins devant tout le monde en boîte, et le lendemain, vingt Mangemorts attaquent la maison d'Elianor et se débrouillent pour l'enlever ! Il se passe quelque chose de pas net ! »
Eymelie acquiesça vigoureusement.
« Je suis sûre que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est derrière tout ça. Que Harry ait une âme sœur, c'est franchement pas dans son intérêt… »
« Et pourquoi ça ? »
« Parce qu'un sorcier qui a une âme sœur devient plus puissant, Ronald. », soupira encore Hermione. « Peut-être bien que Vous-Savez-Qui l'a enlevé pour en priver Harry… »
Mais Eymelie ne semblait pas encore totalement convaincue :
« Y a quelque chose qui cloche. Pourquoi est ce que le ministère se donnerait tout ce mal si Drago était juste l'âme sœur de Harry ? »
« …''juste l'âme sœur de Harry ?'' Comme si c'était déjà pas suffisant, faut qu'il y ait autre chose en plus ! », s'étouffa Ron, indigné.
Eymelie l'ignora –à moins qu'elle ne fût trop immergée dans ses pensées :
« Il y a forcément autre chose. D'accord, un sorcier avec une âme sœur devient plus puissant, mais c'est pas de nature à provoquer une réunion au ministère…Il faut qu'il y ait un péril grave à la sécurité et à l'ordre sorciers… »
Elle parut réfléchir encore un peu.
« On pourrait envoyer un message à Mélinée ? Peut-être qu'elle sait quelque chose ? Après tout, c'est la correspondante de Harry, il lui a peut-être dit quelque chose… », suggéra Hermione.
Eymelie hocha la tête. Elle se leva, sortit de la pièce, puis revint quelques instants plus tard, une plume et un parchemin à la main.
« Tu as raison, Hermione. Je vais prévenir Mélinée, et je vais lui dire de venir le plus vite possible ici. » La jeune fille jeta un regard en coin vers la cuisine, où sa mère terminait de ranger la vaisselle. « Ma mère part dans dix minutes, on sera tranquilles jusqu'à ce soir. »
Elle griffonna vite fait un mot, puis siffla doucement. Un petit hibou aux plumes curieusement rouges vifs apparut en piaillant. Eymelie lui attacha doucement son mot autour de la patte, puis les ébouriffa affectueusement les plumes :
« Maintenant, Illich, tu vas aller porter ça à Mélinée. Tu te rappelles où elle habite non ? »
Le petit hibou eut un hululement positif, et s'envola rapidement à tire d'ailes sans demander son reste. La rousse eut l'air pensif :
« Faudrait aussi prévenir Harry…Avec un peu de chance, il est avec Elianor et Lorelei, il pourrait nous les ramener… »
« Si tu veux, je peux appeler ma mère pour qu'elle m'envoie Shekel ici ? », proposa affablement David. « Comme ça, il pourra envoyer le parchemin à Harry… »
À cet instant, la porte de la salle à manger s'ouvrit sur un Neville en pyjama, encore à moitié engourdi de sommeil. Avisant les airs plus que graves de ses condisciples, il demanda timidement :
« Euh, j'ai raté quelque chose ? »
oOoOoOoOoOo
Le sondage de Ritsuko ! Dans la catégorie « Sondage débile »…
Cette semaine, Ritsuko, en pleine crise existentielle et se questionnant sur la qualité de ses sondages, fait un sondage sur ses sondages. À vous de répondre par la réponse qui vous conviendra le mieux !
Est ce que les sondages de Ritsuko vous plaisent ?
A/ OUI, ils sont super marrants ! D'ailleurs je lis la fic rien que pour ça !
B/ OUI, ils sont super marrants ! D'ailleurs je lis la fic rien que pour ça !
C/ OUI, ils sont super marrants ! D'ailleurs je lis la fic rien que pour ça !
D/ OUI, ils sont super marrants ! D'ailleurs je lis la fic rien que pour ça !
La Question Incongrue de la semaine : dans la collection « Rien à voir avec le reste »…
Voilà, comme certains ont pu penser que le sondage d'aujourd'hui était bizarre, on se rattrape en posant cette petite question qui nous passait par la tête…Alors que les filles (ou garçons homos) répondent ! S'il vous plait !
« Que penseriez-vous s'il existait des Host Club spécialisés dans les accompagnateurs masculins en France ? Les fréquenteriez-vous ? »
Dans le prochain chapitre : où on discute plan de métro moldu et poirier japonais, où Harry prend des décisions, où des tactiques foireuses se mettent en place !
