Blabla bête des auteurs : Eh oui, décidément, c'est une habitude ! Quand on prend du retard une fois, on prend du retard tout le temps ! Surtout que désolées chers lecteurs, mais en raison d'emploi du temps peu compatibles entre les folles de Lukomax, ça va pas s'arranger ! En effet le chapitre 34 n'est pas encore tapé ! Alors, armez-vous de patience ! À partir de maintenant, les mises à jour de cette fic vont être très aléatoires, vous voilà prévenus ! Alors encore désolées pour la fin de ce chapitre (qui va peut-être paraître cruelle à certains d'autant qu'on sait pas quand la suite sera publiée…)

Pour le concours, les délibérations se déroulent, mais la réponse sera sûrement donnée au moment où Lilulle remontera en vacances chez Ritsu fin octobre !

Bonne lecture à tous quand même !


oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo

Chapitre 33

Le réveil de la Vouivre

Little Hangleton, Angleterre…

Le soleil s'était couché depuis longtemps derrière les collines du petit village. Rogue était revenu dans la soirée, après avoir passé l'après-midi en compagnie de Dumbledore et des autres membres de l'Ordre. Tout ce qu'il avait pu dire à Narcissa, c'était que son fils bien-aimé allait bien –dans la mesure du possible. Celle-ci avait voulu l'accompagner, mais Rogue avait pointé, à juste titre, qu'elle n'était pas Mangemort, et que sans Marque des Ténèbres, on ne pouvait pas entrer dans le manoir Jedusor. Le Maître y avait veillé en plaçant sur la demeure un sort particulièrement fort de protection, en plus du sortilège de Fidélitas.

« Severus, il faudrait vraiment que vous trouviez ce Gardien du Secret ! », avait dit Dumbledore. « Ça nous aiderait grandement… »

Mais Severus ne savait pas qui c'était, pas plus que Lucius Malefoy ou Nott, avec lesquels il avait discuté après le repas. Finalement, il s'était résolu à ce que certains Mangemorts continuent à passer dans le QG du Seigneur des Ténèbres même en son absence, puisque sa seule instruction à cet égard avait été qu'aucun d'entre eux n'ait de contact trop poussé avec le petit blond. S'opposer trop franchement à ce que certains Mangemorts de haut rang ne viennent de temps à autre aurait d'ailleurs été déplacé. Et aurait conduit à le soupçonner de tramer quelque chose.

C'est pourquoi ce soir-là, il contemplait pensivement l'âtre, en sirotant un Cognac, et non loin de là, sur un fauteuil en cuir, Lucius faisait basiquement la même chose que lui. Sauf que de temps à autre, au lieu de se lever pour se resservir comme Rogue l'aurait fait, il aboyait d'un ton autoritaire le nom de son fils, qui arrivait généralement ventre à terre, pour resservir à boire à son père.

« Tu sais Lucius, tu ne devrais pas traiter ton fils unique de la sorte… », fit le professeur des Potions alors que le blond regardait avec mépris son fils aller se rasseoir dans un coin du salon. « C'est le dernier héritier de ta lignée, que tu le veuilles ou non… »

« Il ne m'a apporté que des déceptions. Ce gamin a toujours tout fait de travers…Se faire battre dans toutes les matières par une Sang de bourbe à Poudlard ! Aucun Malefoy n'a jamais eu à subir un tel affront ! Quant à cette histoire avec Potter en boîte de nuit…S'il n'avait pas été promis au Seigneur des Ténèbres, je l'aurais tué de mes propres mains pour laver cet affront. »

Rogue vit du coin de l'œil Drago se ratatiner sur la chaise où il était assis.

« Drago, va te coucher. », dit-il.

Il suivit de l'œil son filleul trottiner hors de la pièce sans demander son reste, vêtu à nouveau de l'affreuse tunique rouge. Il ne mettait les habits de sa mère que quand les Mangemorts n'étaient pas là, ou dans l'intimité de sa chambre.

À peine Drago fut-il parti, que Nott entra dans le salon, se servit un verre de Brandy, et vint se vautrer non loin de l'âtre. Le silence s'installa, seulement troublé par les craquements du feu dans la cheminée et l'horloge, qui sonna la demie de vingt-trois heures. Nott commençait à discuter de choses et d'autres, et lui et Lucius s'engagèrent dans une polémique stupide à propos des balais de course les plus puissants. Rogue, qui n'aimait pas les balais –cela lui rappelait James Potter –n'écoutait qu'à moitié, le regard fixé dans l'âtre, quand soudainement, un jet de flammes vertes en surgit, le faisant sursauter et sortir de sa léthargie.

« Quelqu'un arrive par la poudre de Cheminette ! », cria-t-il à l'attention des deux Mangemorts, qui commençaient sérieusement à s'engueuler concernant la vitesse d'accélération du Nimbus 2002.

Les deux autres hommes se figèrent, tandis qu'une forme sombre tourbillonna un moment dans l'âtre avant de s'immobiliser. La silhouette sortit du foyer ; mais aucun des trois hommes n'avaient la moindre idée de qui cela pouvait-il bien être. L'arrivant était semble-t-il frêle et de petite taille, son corps étant entièrement dissimulé par une lourde cape noire dont le capuchon rabattu empêchait de voir ne serait-ce que la couleur des cheveux.

« Qui êtes-vous ? », fit Lucius, sans aucune aménité.

La forme sembla être secouée d'un léger rire, puis une voix claire dit doucement :

« Je dois parler au Seigneur. De toute urgence. »

Sa voix, sa façon de parler, de prononcer les mots, étaient bien spécifiques.

« Vous êtes étranger. »

Rogue ne posait pas la question ; c'était une constatation. À nouveau, ce petit rire cristallin.

« Et même étrangère. »

« Et qu'est ce qui vous fait croire que vous êtes autorisée à arriver chez le Maître comme ça, par Cheminette ? », demanda sèchement le blond.

La petite forme ne répondit pas ; elle releva juste sa manche gauche, révélant une Marque scintillante. Lucius eut un rictus méprisant :

« Vous êtes une Mangemort –et étrangère qui plus est –et vous ne savez pas que le Maître est parti en mission ? »

La silhouette encapuchonnée réprima un frisson :

« Je ne suis pas en contact permanent et direct avec le Maître. Je pensais qu'il serait là ce soir. Je l'ai contacté il n'y a pas si longtemps. Il ne m'a pas parlé d'un voyage. »

Rogue regardait la scène, les sourcils froncés. Et soudainement, sa mine s'éclaira :

« Attendez…L'espion…Le fameux espion secret du Maître en France, c'est vous ? »

Hochement de tête du capuchon.

« Je dois voir le Maître. J'ai des informations capitales à lui fournir. Et je ne peux rester longtemps. »

« Nous ne savons pas où est le Maître. », rétorqua Lucius, toujours aussi glacial. « Et j'aimerais savoir qui vous êtes. Et comment vous obtenez ces informations capitales. À savoir, que Potter pelotait mon fils en boîte, par exemple. Ou que la gamine de Quercevalles allait revenir en toute hâte si elle apprenait l'attaque de sa maison et qu'il serait facile de lui tendre une embuscade pour enlever mon fils… »

L'inconnue dut esquisser un sourire sous la lourde capuche :

« Disons que je suis quelquefois au bon endroit au bon moment…Et que j'ai aussi la chance de connaître des gens particulièrement bien placés… » Elle fit une pause, et ajouta, après quelques instants de réflexions : « Et puis, j'ai un compte personnel à régler avec la 'gamine de Quercevalles' et que je connais très bien ses réactions dans certaines situations… »

« Une vengeance personnelle ? », sourit Lucius. « La meilleure des motivations… »

La figure dissimulée sous la cape fit un bref signe de tête :

« Alors, comment puis-je joindre notre Maître ? Une information telle que la mienne ne peut attendre, et en plus, je vous ai dit que je ne pouvais pas m'absenter longtemps sans éveiller les soupçons… »

Rogue se leva :

« Le Seigneur n'est pas là. Mais nous sommes tous trois ses plus fidèles lieutenants. Vous devriez nous livrer votre information. Soyez sûre que nous la lui feront parvenir et que nous prendrons les mesures nécessaires en son absence. »

La jeune fille dissimulée sous sa cape semblait toujours extrêmement méfiante. Elle finit par dire lentement, détachant chaque syllabe :

« Bien…Je suppose que si vous êtes là alors qu'il est absent, ça veut dire qu'il vous fait effectivement confiance…Et puis, ce que j'ai à dire ne peut pas attendre… »

« C'est bien joli que vous nous fassiez confiance, mais est ce que vous, vous êtes digne de la nôtre ? », coupa soudainement Nott, qui jusque-là, n'avait pas ouvert la bouche.

La silhouette voilée eut un rire sec, sans joie.

« Je crains que vous n'ayez guère d'autre choix que celui de me faire confiance. Je ne peux pas pour l'instant me dévoiler. Dans les circonstances actuelles, ça ne serait guère…avisé. »

Les trois hommes observèrent un silence circonspect, et finalement Rogue reprit la parole :

« Très bien. Si le maître vous a fait confiance, alors je suppose qu'on peut en faire de même…Après tout, nul ne trompe le Seigneur des Ténèbres… » Sauf moi, ajouta-t-il intérieurement. « Alors, dites-nous ce que vous avez à dire. Soyez assurée que nous le transmettrons au Maître. »

L'informatrice prit une grande inspiration, comme si ce qu'elle s'apprêtait à révéler allait changer la face du monde.

« Le ministère français de la Magie est sens dessus dessous depuis un peu plus de vingt minutes. » Nouveau soupir. « Et j'en sais de source sûre la raison. La Vouivre de Puysorciers s'est réveillée. »

Un blanc s'installa, et dura quelques temps, avant que Lucius Malefoy ne le brise :

« Et ? », fit-il.

On ne pouvait distinguer les yeux de l'espionne, mais au vu du soupir exaspéré qu'elle poussa, nul doute qu'elle devait fusiller du regard le grand blond.

« Et ? », répéta-t-elle, agacée. « Ça veut dire que quelque chose l'a réveillée ! On a jamais vu une Vouivre se réveiller d'elle-même si ce qu'elle protège n'est pas menacé ! »

« Et qu'est ce qu'elle protège, au juste, cette Vouivre ? », dit patiemment Rogue.

Nouveau soupir d'exaspération. La forme sembla se résigner :

« Très bien. Je vais tout expliquer, mais vite. Je ne peux pas m'attarder. » Elle poussa à nouveau un long soupir : « En France aussi nous avons un Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques. Les Vouivres y sont toutes répertoriées, puisque ce sont des créatures extrêmement dangereuses, et très difficiles à réguler. Heureusement, la plupart du temps, elles se contentent de rester dans leurs grottes et de veiller auprès de leurs trésors. Seulement, si quelqu'un a le malheur de s'en approcher de trop près, elles réveillent leur puissance magique et peuvent devenir très agressives…Surtout celle de Puysorciers, en raison de sa proximité avec le village… »

Rogue essaya de deviner le regard impénétrable protégé par le capuchon sombre.

« Et en quoi cela est-il susceptible d'intéresser le Maître, que la Vouivre d'un coin obscur de France se soit réveillée cette nuit ? Les Vouivres sont des créatures belliqueuses qu'on ne peut maîtriser. Elles ne vivent que pour protéger le trésor qui leur a été confié et n'obéissent même plus aux sorciers qui à l'origine possédaient ce trésor et leur avait confié. Quel avantage pourraient-elles bien représenter pour le Maître ? »

« Absolument aucun. Sauf que celle de Puysorciers défendrait quelque chose qui serait susceptible d'exciter la curiosité de notre Seigneur, et qu'elle ne s'est pas réveillée depuis plus de deux cents ans… » L'espionne mystérieuse laissa intentionnellement passer un moment de silence. « On dit dans les bureaux du Ministère qu'elle protège quelque chose de très précieux appartenant aux Quercevalles… »

« Ça voudrait dire que quelqu'un chercherait à récupérer ce qui appartient aux Quercevalles ? », coupa Lucius. Visiblement, il avait appris à allumer ses deux neurones depuis sa visite au Ministère de la Magie en juin dernier.

La forme hocha la tête :

« Et j'ai de bonnes raisons de croire –et même, d'être persuadée– qu'il s'agit des Quercevalles eux-mêmes, car personne ne sait où se trouve précisément la cache de la Vouivre. Tout ce qu'on sait à son sujet, c'est qu'elle se terre quelque part loin sous le sous-sol de Puysorciers. Mais tout ce que je pourrais dire, c'est que si les Quercevalles cherchent à récupérer leur trésor ancestral, c'est sûrement pas pour faire une partie de strip-poker avec…surtout si c'est Guilhem, leur patriarche, qui est à l'origine de tout ça. Et Elianor est assez stupide pour s'embarquer dans des aventures aussi rocambolesques…Elle et ses amies Astadourian et Baccioni sont sûrement aussi stupides que Potter et sa cour de Gryffondor, et je suppose qu'ils doivent avoir le même sens du chevaleresque grandiloquent…Reste à savoir l'intérêt pour eux d'aller réveiller une Vouivre… »

« C'est forcément mauvais pour nous. », conclut Nott. « Il nous faut prévenir le Maître et mettre au point un plan…Severus, qu'en penses-tu ? Est ce qu'il faut vraiment s'en inquiéter ? Ou est ce que ce ne sont que des gamineries puériles ? »

Ledit Severus était plongé dans ses pensées. Il songeait à la meilleure façon de prévenir Dumbledore –s'il n'était pas déjà au courant –tout en ne prenant pas le risque de voir sa couverture dévoilée, car il était évident que dans sa question anodine, Nott le testait. Finalement, il eut un rictus, et dit lentement :

« Je pense qu'il faudrait prévenir le Maître le plus vite possible. »

Il ajouta intérieurement qu'il lui faudrait absolument faire parvenir un message à l'Ordre pour les tenir informés des avancées des plans des Mangemorts, car, selon toute vraisemblance, Potter, le merveilleux Potter, s'était encore embarqué dans une histoire à dormir debout, avec des souterrains, un chat qui parle, et un monstre furieux fraîchement réveillé d'un sommeil bicentenaire…

Derrière la porte du salon, tremblant, un garçon blond qui n'avait pas perdu une miette de la conversation, se hâta de remonter les escaliers pour rejoindre sa chambre avant que son père ne le prenne en flagrant délit d'espionnage…

oOoOoOo

« Une quoi ? », suffoqua Ron.

Hermione avait l'air terrifié, alors que les grondements redoublaient d'intensité à l'extérieur de leur abri précaire, faisant vibrer les parois de pierre.

« Une Vouivre. Dehors. Enorme. », répéta-t-elle.

S'exprimer en monosyllabes n'était pas habituel à Hermione : elle devait être pétrifiée de terreur pour ne pas se lancer dans une de ses explications encyclopédiques. À la lumière vacillante des baguettes, Harry constata qu'Elianor avait perdu toutes les couleurs qui lui restaient aux joues, tout comme Neville et Lorelei, aussi expressifs que des cadavres.

« Une Vouivre ? », s'étrangla la Languedocienne d'une voix suraiguë. « Ne me dis pas que vous avez invoqué une Vouivre pour garder ces putains de Clés ? »

Elle s'adressait manifestement à son aïeul, qui, une fois n'est pas coutume, ne fit aucun commentaire. Il semblait par ailleurs inhabituellement calme, et ne faisait pas ses habituelles observations narquoises, peuplées de 'petite couillonne'. De fait, il paraissait très las, comme si brusquement, ses huit cents lui retombaient sur les épaules. Mais Elianor avait l'air hors d'elle :

« Pourquoi vous avez fait ça ? Et pourquoi tu ne vas pas la neutraliser ? Tu attends qu'elle vienne nous détruire ? »

Le papé leva ses yeux verts vers les adolescents qui l'entouraient, et prit la parole d'une voix enrouée :

« À l'époque, nous ne savions pas que les Vouivres étaient des animaux si puissants. Nous pensions pouvoir les garder sous contrôle. Mais malheureusement, nous les avions sous-estimées…et quand elles ont commencé à échapper au contrôle de ceux qui leur avaient confié leur propre trésor, il était trop tard…Il y en avait déjà des dizaines et des dizaines dans toutes les grottes et souterrains de la France sorcière, gardant jalousement des trésors qu'elles s'étaient accaparées. Tout comme celle de Puysorciers, qui garde notre trésor –les Sept Clés des Citadelles –depuis les fils d'Aude. »

« Ça veut dire que personne n'a pu s'approcher de ces fichus Clés depuis tout ce temps ? », fit Elianor.

« Oh, bien sûr que si. Moyennant quelques risques, quelques uns de mes descendants ont pu atteindre les Clés, mais en l'absence d'héritière, elles se révélaient inutiles une fois arrivé à Montségur. Mais depuis deux cents ans, personne ne s'y est risqué. Il faut dire que cette fois là, ton arrière arrière arrière arrière-grand-père l'a payé de sa vie, ce qui a considérablement refroidit l'enthousiasme de ses descendants…Je n'ai pu que récupérer son corps. »

Le silence tomba entre les occupants de la grotte.

« Mais, je ne comprends pas quelque chose… », avança timidement Harry. « Avec les pouvoirs de la Coupe, vous ne pouvez pas neutraliser cette Vouivre ? Je veux dire, l'autre jour j'ai vu Elianor créer un bouclier qui a dévié tous les sorts d'une vingtaine de Mangemorts, un simple dragon des cavernes ne devrait pas poser de problème… »

« Harry ! Quand est ce que tu te décideras à emprunter des livres à la bibliothèque ? », fit Hermione d'un ton agacé. L'encyclopédie était visiblement de retour, ne pouvant laisser passer ce manque flagrant de culture, et ce, malgré la terreur qu'elle ressentait. « La Vouivre n'est pas un 'dragon des cavernes', c'est une créature magique des plus dangereuses ! Elle tire ses pouvoirs d'un diamant unique qu'elle a sur le front, qui lui sert également à voir car elle est aveugle ! Elle est indomptable et n'a d'autre but que la protection du trésor qu'on lui a confié, et même les maîtres qui lui confié ne peuvent en général plus l'approcher pour le dilapider ! (1) Seulement, les sorciers, notamment en France, s'en sont rendu compte trop tard, et le temps qu'ils réagissent, beaucoup de trésors étaient déjà inaccessibles. Le seul moyen de passer la Vouivre est d'attendre qu'elle aille se baigner dans un lac souterrain, et qu'elle enlève son diamant, une fois tous les sept ans, ou de diminuer au maximum sa puissance magique pour passer inaperçu, et se faufiler pendant qu'elle dort… »

Le papé poussa un soupir.

« Oui, normalement, c'est ce qui aurait dû être le cas, si le pitchou pas dégourdi n'avait pas perdu un des ses sabots dans son antre…Parce que l'autre solution est impossible pour l'instant, elle s'est baignée il y a trois ans, et je crois qu'on ne peut pas se permettre d'attendre encore quatre ans qu'elle enlève son œil de diamant… »

Neville se tassa au fond de la grotte alors qu'un rugissement fit à nouveau trembler les fondations de la grotte.

« Elle a l'air sacrément de mauvaise humeur en tous cas… », commenta la voix chevrotante de David.

Le papé se roula en boule devant l'entrée de la cache.

« Nous n'avons pas trop le choix. Il faut attendre qu'elle se calme toute seule. Même avec la puissance de la Coupe, je ne pourrais pas la renvoyer d'où elle vient. Tout ce que je peux faire, c'est renforcer la protection magique de l'abri en attendant qu'elle se rendorme –tant que nous ne bougeons pas d'ici, nous sommes en sécurité. » Il poussa un soupir et ferma les yeux. « Ce satané Akshan m'a pris tellement de force magique pour être invoqué, je dois me reposer un peu… »

Le silence retomba dans la cave, seulement troublé de temps à autre par les tremblements convulsifs des parois et les vagissements du reptile monstrueux qui cherchait en vain les intrus qui lui avaient balancé une basket sur la tronche. Harry l'entendait indistinctement tempêter en Fourchelangue derrière la lourde paroi de la caverne rocheuse : ''Foutredieu, où sont ces manants qui ont osé m'éveiller ? Que je les estrangle ! Que je leur arrache les viscères un par un ! Et en premier lieu, le maroufle qui a osé m'assaillir avec cet estrange brodequin mou ! Palsembleu !'' C'était là qu'on voyait que la Vouivre vivait dans cette caverne depuis le milieu du 13ème siècle et n'avait eu que peu de contact avec l'extérieur. Le jeune sorcier, qui seul pouvait la comprendre, eut un léger sourire.

« Ça me rappelle la deuxième année… », dit alors Harry. « Avec le Basilic. »

« Et comment tu l'avais neutralisé, ce truc ? », demanda Elianor, une pointe d'agressivité dans la voix. « Parce que si tu pouvais faire de même, ça nous aiderait bien, vois-tu ! »

« J'avais une épée et un phénix lui a crevé les yeux… »

« Et on sait que c'est dur de rendre aveugle une créature qui l'est déjà. », soupira Eymelie.

« Et puis, va crever un diamant… », fit remarquer judicieusement Mélinée.

« Quel con, ce Serpentard, il aurait dû mettre une Vouivre pour garder sa Chambre des Secrets… », dit Ron. « Plutôt qu'un Basilic qui crève pour un oui ou pour un non… »

« Hé ! Je serais mort à l'heure qu'il est si Fumseck n'avait pas pu lui crever les yeux ! », protesta Harry.

« Oui, mais une Vouivre n'aurait jamais obéi à Voldemort… »

« C'est bien ce que je dis, Mione, quel con, ce Serpentard ! Peut-être que la Vouivre aurait bouffé Tu-Sais-Qui… »

« Euh…Bon, bref, on a plus qu'à attendre qu'elle se calme d'elle-même… », acheva Hermione.

« Ça met longtemps à se calmer ces trucs-là ? », demanda d'un ton peu assuré David.

« Ça dépend. Des fois une heure, des fois un mois. », fit juste la voix de plus en plus caverneuse du papé.

« Ça me laisse le temps de me refaire le vernis des ongles de pied en tous cas. », conclut Mélinée en sortant de son sac à dos un petit pot de vernis rose phosphorescent.

oOoOoOo

Harry se réveilla lorsqu'une main insistante lui secoua l'épaule. Il ouvrit les yeux et les referma aussitôt ; une vive lumière venait de lui agresser la rétine.

« Debout ! », fit la voix autoritaire de sa Gryffondor préférée. « Il est temps de reprendre la route ! »

« Hmmmffff… », fut la seule réponse intelligible qu'elle obtint.

« Allez, un effort, Harry ! », reprit la voix d'Hermione, accompagnée d'une main qui faillit lui déboîter l'épaule tellement elle la serrait fort.

Cela acheva de convaincre Harry de se lever avec une certaine mauvaise humeur ; il avait l'impression de ne pas avoir dormi plus d'une poignée de minutes. À la réflexion, peut-être qu'il n'avait effectivement dormi qu'une poignée de minutes ; il passa hâtivement sa main dans ses cheveux en bataille.

« Ça fait cinq heures que tu dors, on voulait pas te réveiller… », dit Hermione d'une petite voix. « Je veux dire, t'avais l'air tellement fatigué…On s'est dit qu'on allait te laisser dormir un peu, le temps que le papé récupère… »

Ledit papé était en train de faire les cent pas devant l'entrée de la grotte, discutant avec sa descendante en occitan. Harry cligna des yeux. L'entrée de la grotte n'était plus fermée, et l'ouverture laissait à présent passer un flot de lumière dorée. Il désigna le trou béant dans la roche :

« Qu'est ce qui s'est passé ? Où est passé le rocher ? Et où est passé le monstre, là ? »

Hermione eut une moue mi-figue, mi-raisin :

« La bonne ou la mauvaise ? »

« Quoi ? »

« La bonne nouvelle ou la mauvaise nouvelle en premier ? »

Harry eut un geste fataliste.

« Dis toujours la mauvaise, on verra si la bonne me réconforte après… »

« La mauvaise, c'est que la Vouivre a crevé le plafond de la caverne dans sa colère et que tout le monde peut découvrir à tout moment où est planqué le trésor. La bonne, c'est que Mélinée a endormi la Vouivre. »

« Comment ça ? », s'étrangla Harry en coulant un regard interloqué à la petite sorcière qui arborait aujourd'hui des cheveux d'un rose pétant assorti à son vernis à ongle.

« Eh bien, disons pour résumer qu'elle s'est peint les ongles avec son vernis, que l'odeur nous a fait suffoquer, que j'ai créé une sorte de conduit d'aération provisoire vers l'extérieur, et que jusqu'à présent, on ignorait que le vernis à ongles était un très fort soporifique pour les Vouivres…Bref, elle s'est rendormie, et en gros, la voie est libre… »

Harry eut clairement l'air abasourdi et ne put rétorquer qu'un : « Oh… » qui lui parut à lui-même totalement débile. Soudain, à l'entrée de la caverne, le papé leva sa baguette, murmura une incantation, et le rayon de soleil qui filtrait du plafond défoncé du sous-sol se tarit instantanément.

« Je crois qu'en fait le papé vient de remédier à la mauvaise nouvelle… », dit simplement Hermione en constatant que la voûte venait de se reconstituer d'elle-même comme si une Vouivre furieuse ne l'avait pas éclatée quelques temps auparavant.

Bientôt, la voix du papé retentit à nouveau :

« Allez, tout le monde debout ! Il est temps de repartir ! Nous ne sommes plus loin ! Et surtout, ne faites pas de bruit ! »

Visiblement, sa fatigue était passée, songea Harry en se levant avec difficulté, due à ses courbatures d'avoir dormi par terre.

« Mélinée, petite couillonne, surtout, garde ta peinture d'ongles à portée de main ! »

« Vernis à ongles, on dit, papé ! »

« Peu importe, tant que ça endort ce monstre… »

Le Survivant sentit que la nouvelle journée qui s'annonçait risquait fort d'être riche en événements…

oOoOoOoOoOo

Notes :

1) La Vouivre, sainte patronne des banquiers et des assurances-vies :D

Le sondage de Ritsuko !

À votre avis, qui est l'espion de Voldemort en France ?

A/ Opale Dumoulin c'est sûr ! Y a qu'elle pour en vouloir autant à Elianor !

B/ Benoît ! Pour se venger du fait qu'Elianor n'ait pas voulu sortir avec lui et lui préfère un Sang-de-Bourbe ! Et en plus, il prend du Polynectar pour se camoufler en fille ! Dangereux psychopathe, va !

C/ Mélinée ! Quelqu'un de normal n'aurait jamais eu un vernis aussi toxique…

D/ Je sais pas… Les auteures sont tellement dingues que ça pourrait être n'importe qui ! ;D

Dans le prochain chapitre : eh bien comme il n'est pas encore terminé, c'est un peu dur à dire…Vu le retard que nous avons pris pour cette fic, nous le répétons : les mises à jour seront irrégulières (et non plus hebdomadaires comme nous vous avons habitués jusque là !) Donc pardon pardon pardon, mais le chapitre 34 risque fort de se faire désirer ! Mais vous connaissez un moyen de nous remotiver : DES REVIEWS !