Blabla bête des auteurs : Hello vous tous ! Encore mille fois désolées du retard ! Lulle et Ritsu sont inexcusables, elles ont passé presque une semaine ensemble, et n'ont pas publié de nouveau chapitre ! Même rien écrit du tout ! Mais comment ce fait-ce nous direz-vous ? Réponse simple : elles ont préféré picoler ! (Maintenant que Lulle est loin de sa Ritsu et de sa Maxou, on en profite !)
Bref, encore un chapitre en retard, snif !
Bonne lecture à tous !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 34
La salle des Clés
Le papé ayant réparé le plafond, on aurait pu dire que les dégâts avaient été limités, mais celui-ci semblait étrangement renfrogné lorsque la petite troupe décida de se remettre en route :
« Ces fouineurs du ministère doivent déjà être au courant du réveil de la Vouivre, même si j'ai réparé le plafond…Ça nous arrange pas tout ça… », maugréa-t-il.
Il s'étira légèrement, et regarda d'un air réprobateur les jeunes gens autour de lui :
« Bon, c'est pas tout ça, mais va falloir activer maintenant ! L'aurore s'est à peine levée, et faudra pas attendre bien longtemps pour que les gens du ministère rappliquent… »
Harry ne tarda pas à se mettre en route à sa suite, sentant que le vénérable animal était en rogne –et le fait qu'Elianor l'ait suivi sans broncher avait tendance à corroborer cette théorie. Une fois hors de l'abri, le chat montra d'un signe de tête un pont en étroit, jeté en arc de cercle au-dessus du précipice.
« Nous allons passer par là ; normalement, si je me souviens bien, la Salle des Clés se trouve pas loin derrière. » Il tourna ses yeux verts sur Mélinée : « Et toi, petite couillonne, tiens ta peinture à portée de main, on sait jamais. »
Harry regarda dubitativement le petit pont de pierre ; un gémissement quasi inaudible –probablement en provenance de la gorge de son meilleur ami –lui confirma qu'il n'était pas le seul à s'inquiéter.
« Mais ce…euh…pont, il va pouvoir tous nous porter ? », demanda le Survivant, alors que le papé posait le premier coussinet dessus.
Le chat se retourna et le foudroya du regard :
« Bien entendu ! C'est un Quercevalles qui l'a fait ! » Il renifla dédaigneusement comme si ce simple fait suffisait à justifier sa solidité, et avança bravement sur l'étroite passerelle : « De toutes façons, si tu veux retrouver ton beau blond, t'as pas le choix. »
Le Survivant inspira fortement avant d'emboîter le pas au papé ; il entendit derrière lui Hermione l'imiter, probablement suivie de près par Elianor et les autres.
« Ah ! », fit le papé une fois qu'il fut à peu près à un quart du chemin et que les traînards du groupe se décidaient à poser le pied sur le pont. « Au fait, Lorelei, tu fermes la marche, et tu surveilles le petit pas dégourdi qui a fait tomber sa chaussure hier. »
« Pourquoi moi ? », grogna celle-ci.
« Parce que t'es Préfète. », rétorqua David.
« Eymelie aussi est Préfète ! »
« Eymelie est déjà devant, elle suit Hermione. », rétorqua la voix d'Elianor, étonnamment lointaine aux oreilles de Harry.
« Avance, en attendant, tu bloques tout le monde ! », beugla la voix de Mélinée.
« Moins de bruit et dépêchez-vous ! La Vouivre est endormie, mais pas morte ! », cracha le papé. Ce qui eut au moins l'effet de calmer tout le monde, et de permettre une progression rapide.
Au bout de vingt minutes de marche précautionneuse, Harry eut enfin le bonheur de mettre le pied de l'autre côté de l'abîme, indemne, mais ayant la sensation d'avoir traversé au moins la moitié de la France. Les autres arrivèrent au compte-goutte autour de lui : Hermione, Eymelie, David, Ron, Elianor, Mélinée, Neville et enfin Lorelei, qui fermait la marche en faisant la gueule (''Et si moi j'm'étais pété la gueule, qui s'rait v'nu m'chercher, on se l'demande !''). Quand la grande Préfète de Vampiglams posa le pied sur le plancher des vaches, Harry avait déjà observé le paysage qui s'offrait à lui. Comme de l'autre côté, un boyau s'ouvrait devant eux ; mais contrairement à l'autre rive, celui-ci n'était pas seulement un abri car il semblait se poursuivre –et non pas obstrué au bout de dix mètres. Il sentit la présence d'Elianor à ses côtés.
« Est ce qu'on doit aller par là ? », demanda la jeune fille.
« Oui. Ce chemin n'est pas bouché. Il mène à la Salle des Clés. », fit le papé, qui n'amorça cependant aucun geste indiquant qu'il allait prendre la tête de la procession. Harry vit distinctement sa descendante lui jeter un œil interloqué, mais il haussa les épaules, retroussa ses babines et dit juste : « Il me semble que je ne suis plus le plus indiqué pour passer devant, désormais… »
Comme Elianor semblait hésiter, Harry lui attrapa le bras et l'entraîna dans le couloir, sa baguette allumée les précédant. Le Survivant estimait qu'ils avaient assez perdu de temps comme ça, et qu'il fallait agir à tout prix. Il entendit derrière lui le bruit des pas des autres qui les suivaient, et cela le rassura indéniablement –malgré la déroute au ministère de la Magie en juin, ses amis continuaient de lui faire confiance…Au bout d'une demi-heure de trébuchements et de glissades sur le sol argileux de la grotte, la petite troupe, toujours menée par Elianor –qui s'était entre temps défaite de l'emprise d'Harry pour marcher fièrement en tête –déboucha dans une vaste salle souterraine. Le plafond devait culminer à dix mètres de hauteur, et Hermione, en tenant sa baguette allumée à bout de bras, ne put qu'en voir le bout des stalactites. Devant eux, une unique et lourde porte de bois massif cloutée de fer, à la poignée en forme de gueule de chat, devant s'élever à plus de quatre mètres de hauteur. Harry se rapprocha, et distingua, gravé en lettres d'argent au-dessus du linteau, la devise occitane qui lui avait déjà été donné d'entr'apercevoir au Moulin (1). Hermione s'en approcha, confiante comme à son habitude :
« Alohomora ! », prononça-t-elle distinctement.
Mais le déclic de serrure tant attendu n'eut pas lieu. Pas même un craquement de pêne. Froncement de sourcil de la Miss-Je-Sais-Tout de Poudlard :
« Alohomora ! », répéta-t-elle.
En vain.
« La porte doit avoir été scellée par un sort. Tu l'ouvriras pas comme ça. », fit remarquer Eymelie.
« Ouais, tu t'es cru chez ta mémé ? Tu crois qu'ils laisseraient leurs trésors à la portée de n'importe quel crétin ? Alohomora et hop, à nous le trousseau de clés ? », renchérit Lorelei –visiblement encore de mauvaise humeur.
Le papé s'approcha de la porte.
« La pitchoune aux cheveux rouges a raison. La porte est scellée par un puissant maléfice pour que seul un Quercevalles puisse l'ouvrir et pénétrer dans la salle. »
Elianor eut l'air inquiet :
« Je suis censée faire quoi alors ? C'est moi qui dois dire la formule ? »
Le chat eut un bref rire amer.
« Non, comme toute bonne porte magique, elle exige un sacrifice de celui ou celle qui veut l'ouvrir… »
La jeune héritière perdit plusieurs strates de couleurs :
« Je te préviens, je me couperai pas un doigt… »
« Couillonne ! », rétorqua l'animal. « Evidemment qu'il ne faut pas te mutiler. Il faut juste quelques gouttes de ton sang. Tu sais bien que la magie ancestrale était avant tout basée sur le sang et donc, sur sa pureté. Notre famille n'y a pas fait exception, et je pense que ma fille –ton aïeule –a dû protéger le Calice par ce biais-là. Tant que le sang Quercevalles est vivant, il existe un moyen de pénétrer là-dedans… » Il s'écarta légèrement. « Mon sang ne pourrait l'ouvrir ; il a été trop altéré par le temps et par mon aspect. À toi l'honneur, petite couillonne. » Au regard effaré que lui jeta Ron, le chat précisa : « Ne vous inquiétez pas, une petite entaille suffira. »
Alors qu'Elianor sortait une petit couteau de poche –semblable à celui que Sirius avait autrefois offert à Harry –et s'entaillait la main de façon à ce que quelques gouttes de sang affleurent sur sa paume, le Gryffondor à lunettes pensa que cette façon barbare de sceller les portes ne déplairait sûrement pas à Voldemort (2). La jeune fille plaqua sa main ensanglantée contre le panneau métallique de la porte, et se recula vivement au bout de quelques secondes.
« La porte ! », s'exclama-t-elle. « Elle est devenue brûlante ! »
Effectivement, les battants s'étaient mis à rougeoyer dans la pénombre dès que le sang eut imprégné les boiseries de la porte, et quelques instants plus tard, la devise de la famille se mit à scintiller d'une lueur argentée presque éblouissante.
« C'est quoi ce bordel ? », maugréa la voix de Ron lorsque le scintillement argenté de l'inscription les ait effectivement aveuglés.
« C'est normal. », fit le papé. « La porte a reconnu le sang. »
Et effectivement, lorsque la luminosité s'estompa peu à peu, les neuf adolescents purent constater, ébahis, que l'imposante porte qui semblait l'instant d'avant inamovible, avait purement et simplement disparu. À la place, un porche en alcôve débouchait sur une sorte de couloir dallé de pierre, baigné d'une étrange lumière bleutée.
« Encore un couloir ? », fit une Mélinée visiblement déçue.
« Oui, mais celui-ci est aménagé et très court… », fit Hermione qui s'était aventurée sous le porche.
oOoOoOo
Les huit autres se précipitèrent à sa suite, pour constater qu'elle avait raison : ce n'était plus un simple boyau souterrain creusé à même la paroi, mais plutôt un corridor qui n'aurait pas fait dépareillé dans un château fort médiéval. Des pierres polies et froides, impeccablement taillées, s'alignaient sur les parois, le plafond et le sol, et par intervalle de cinq ou six mètres, un chandelier éclairait le couloir. Accrochés au mur, des tapisseries aux couleurs défraîchies bougeaient lentement, comme au ralenti, et des tableaux, visiblement anciens, égayaient l'aspect austère des lieux. Les personnages tendaient le cou pour essayer d'apercevoir les nouveaux venus, et Harry ne put s'empêcher de constater l'aspect classique des peintures, qui visiblement avaient été réalisés avant la Renaissance –toute notion de perspective était absente dans la majorité des toiles. Les sorciers et sorcières qu'ils représentaient étaient visiblement tous de la même famille : ils avaient pour la plupart les grands yeux verts étonnés que Harry avait déjà vu sur les portraits du papé, ou encore d'un bleu gris froid comme ceux d'Alba, la femme du papé, ou encore des cheveux d'une couleur de miel clair. Les femmes étaient toutes vêtues de riches étoffes ondoyantes et opulentes, et possédaient toutes les mêmes cous fins et blancs, les mêmes petites mains menues parées de lourdes bagues, les mêmes coiffures compliquées à base de tresses et de résilles piquées de perles ou de fils d'or ou d'argent. Les hommes quant à eux étaient vêtus de tenues guerrières, diverses et variées selon les époques du Moyen-âge où ils avaient vécu, mais toutes frappées de la croix rouge à douze boules que Harry avait déjà vu sur la tenue du papé sur son portrait à la Cacahouète.
« La Croix occitane ? », s'étonna Hermione. « Mais je croyais que c'était un symbole moldu… »
Le papé la fusilla du regard :
« Avant d'être sorcier ou moldu, nous sommes tous occitans. », grommela-t-il. « Et cette famille, que ce soit sa branche moldue comme sa branche sorcière, s'est toujours battue pour l'indépendance de l'Occitanie. Je ne vois pas pourquoi nous aurions dû choisir un autre blason que nos cousins moldus. »
Hermione marmonna quelque chose comme quoi elle ne se ferait jamais à la conception française des relations sorciers–moldus, surtout celle des Quercevalles, qui, s'ils revendiquaient avec fierté le haut rang que leur octroyait leur nom dans la hiérarchie sorcière, étaient tous farouchement opposés à une quelconque idée de discrimination avec les moldus –tout au moins, les moldus qui venaient du même bled qu'eux en France…
« Et tous ces gens, c'est qui ? », demanda timidement Neville, au moment où une jeune femme aux cheveux blonds et aux immenses yeux verts se penchait presque hors de son cadre, et demandait d'une voix chantante :
« Que son aqueles pichones ? »
Elianor rétorqua quelque chose dans le même idiome incompréhensible –même en mâchant un Idiomagum, ce qui énervait Hermione, qui ne supportait pas de pas comprendre quelque chose –et la jolie blonde rentra dans son cadre, l'air un peu boudeur. Le papé dit juste :
« Ce sont nos ancêtres ; les premiers des Quercevalles. Des débuts de la famille jusqu'à moi, puisque après, cette partie du château a été magiquement murée. »
Effectivement, plus ils avançaient vers le fond du couloir, plus les personnages peints avaient l'air éloignés dans le temps. Les derniers tableaux avaient été réalisés visiblement aux premiers temps du Haut Moyen-âge –peut-être même avant la fin de l'Antiquité. Le dernier portrait au bout du couloir était celui d'un sorcier à l'aspect sévère, vêtu d'une toge blanche, et d'une lourde cape noire retenue par une fibule à l'effigie de la croix occitane. Ses cheveux, couleur de miel comme ceux de ses descendants, étaient retenus par un fil d'or qui formait une couronne de laurier doré autour de son crâne. Il regarda passer les neuf jeunes gens avec un air désapprobateur, et quand Neville se risqua à lui jeter un œil, il hurla quelque chose dans une langue qui ressemblait vaguement à du latin.
« Qu'est ce qu'il a dit ? », demanda Hermione au papé qui trottait à côté d'elle.
Le chat haussa les épaules :
« Qu'est ce que j'en sais ? Le vieux Julius Quercevallus n'a jamais parlé qu'en gallo-romain ! »
À cet instant précis, Hermione heurta de plein fouet Mélinée qui avait stoppé net devant elle. La jeune fille, après s'être remise du choc, leva le nez, et vit que devant, Harry s'était arrêté, causant derrière lui un carambolage généralisé. Comme elle était curieuse, elle se mit elle aussi sur la pointe des pieds, pour voir de quoi il en retournait. Le couloir débouchait sur une autre salle, dont la porte en alcôve était surmontée de l'inscription ''Sala de Sèt Clau''.
Les sorciers français présents n'avaient pas l'air de savoir trop de quoi cela retournait, songea Harry en voyant l'air ahuri de David, et donc que lui, en tant qu'Anglais, risquait fort de comprendre encore moins bien. Cependant, un coup d'œil à l'air émerveillé d'Elianor le mit sur la piste –et il vit qu'Hermione elle aussi avait fait les déductions qui s'imposaient. ''Salle des Sept Clés'', s'entendit-il prononcer.
« Ça alors, tu parles occitan toi ? », fit Elianor, ébahie.
« Non. Mais il l'a déduit. », rétorqua Hermione.
« Des Sept Clés ? », fit Ron, la bouche largement ouverte. « M'alors ça veut dire que c'est là qu'y a… »
« Mais c'est qu'il sait faire marcher l'éponge qu'il a entre les oreilles, Poil de Carotte ! », s'exclama Lorelei. Puis, se tournant vers les autres : « Et alors ? Vous attendez quoi ? Que Viviane vous invite à entrer ? »
« Viviane ? », marmonna Ron vers l'arrière.
« Ouais, la fée. », dit Mélinée. « Tu sais, les Kervemec sont les Grands Druides de Brocéliande…Elle sort toujours des références celtiques bizarres… »
« Exactement, ma grosse ! On en a aussi des secrets cachés, j'peux t'le garantir, y a pas que ces fracassés du chaudron de Quercevalles qui ont leurs petites cachotteries familiales… »
« Pour l'instant, les secrets d'Eli nous suffisent ! », fit Harry, d'un air décidé.
Il s'avança vers l'entrée de la salle, d'où s'échappait la lueur bleutée qui baignait le couloir d'une douce clarté. Les autres lui emboîtèrent le pas, et entrèrent dans une petite pièce circulaire, au plafond en arc de cercle. Six niches étaient creusées à même la paroi, et trois d'entre elles brillaient d'une lueur bleue –la même que celle du couloir. Et au centre de la pièce scintillait, sous une cloche de cristal, une clé d'or incrustée d'une croix occitane en rubis. Le piédestal sur lequel elle reposait était orné de six serrures enchâssées dans la pierre ; cependant Harry nota avec stupéfaction que trois d'entre elles semblaient hors d'usage, puisque trois clés étaient déjà enclenchées. Chaque serrure portant un nom gravé au-dessus, il constata que les trois déjà occupées étaient respectivement 'Aguilar', 'Usson' et 'Puivert'. Il leva les yeux : sous la clé d'or et de rubis se détachaient en lettres ciselées le mot : 'Peyrepertuse'.
« Oui. L'ultime forteresse. », fit la voix rocailleuse du papé derrière lui. « Il reste encore trois forteresses pour la protéger, heureusement. »
« Et…Qu'est-il arrivé aux trois autres ? », demanda timidement Hermione.
« Eh bien mes descendants ont bien entendu cherché à déverrouiller la protection qui menait au Calice Sacré, malgré le fait que je leur ai répété qu'en l'absence d'une héritière, ils ne pourraient y parvenir…Certains se sont entêtés, et sont parvenus à déverrouiller trois des six portes. Mais quand bien même ils auraient ouvert les cinq portes, Montségur serait resté fermé. Ce n'est pas moi qui ai forgé cette clé, et elle a été conçue pour ne laisser passer qu'une héritière. »
« Mais comment on fait pour ouvrir une des serrures ? », s'enquit Neville.
Ron, qui s'était rapproché d'une des trois alcôves encore éclairée, rétorqua :
« T'es vraiment pas malin, Nev'. Y suffit de prendre la clé, là, et de l'enclencher sous ce truc, comme les trois autres… »
« Petit couillon de rouquemoute ! », beugla la voix du papé, qui d'un coup de patte, égratigna durement le mollet du dernier fils Weasley. « Tu crois vraiment qu'on est si abrutis ? S'il suffisait d'enclencher des clés dans une serrure, y a des centaines d'années que la Coupe Sacrée aurait disparu ! »
« Mais là, y a bien des clés ? Et là, des serrures, non ? », protesta Ron.
« Oui, mais elles ne correspondent pas. Ces clés-là servent à ouvrir les châteaux, pas la serrure. », fit le chat en tendant la patte vers les trois clés rescapées qui scintillaient doucement.
Harry s'approcha de la clé la plus éloignée d'eux. Elle était beaucoup plus fine que les deux autres, elle aussi faite d'or, et incrustée d'améthystes brillantes. Ses yeux se baissèrent sur l'inscription gravée sous la niche qui l'abritait, même s'il savait déjà ce qu'il pourrait y lire. 'Montségur'. Bizarrement, cette clé l'attirait. La dernière clé, celle qui permettrait l'accès à la Coupe…qui elle-même permettrait à Elianor de retrouver Drago…
« …clé qui permettra d'ouvrir le cadenas de cette pièce, voilà tout. »
La voix du papé le tira de sa rêverie, et il se demanda un instant ce que le chat pouvait bien avoir raconté.
« J'ai rien compris. », dit alors Ron.
''Merci vieux frère'', songea le héros du monde sorcier.
« Moi non plus, en fait. », poursuivit timidement Neville.
« Tant qu'on y est, y a des détails que j'ai pas saisi trop non plus… », acheva David, qui avait l'air effectivement perplexe.
« Ne me dis pas que t'as rien compris non plus, Harry ? », fit Hermione d'un air impérieux, celui qui disait 'Pitié, mais qu'est ce qu'ils sont cons, ces mecs ! C'est le fait d'avoir un pénis, ou c'est autre chose qui les rend aussi débile ?'
« Heu… », hésita Harry. Hermione se renfrogna.
Le papé soupira :
« Bien, c'est très simple. Il existe encore trois forteresses à ouvrir avant de pouvoir se rendre à Peyrepertuse, tout le monde a compris ça ? » Au nombre de 'oui' pas très assurés qui suivirent la question, le gros chat comprit qu'il avait bien fait de clarifier ce point en préambule. « Il faut donc, pour désactiver la protection, se rendre dans chacun de ces places fortes, avec la clé ici présente, pour l'ouvrir, et récupérer la clé qui y est cachée, et qui elle servira à ouvrir les cadenas. Une fois que les six clés seront enclenchées là, nous pourrons rejoindre Peyrepertuse et récupérer la Coupe. Des questions ? »
« Heu, elles sont cachées où dans le château ? », demanda David, l'air inquiet.
« Cachée, Stern, rappelle-moi la définition ? », aboya le papé.
« Ça veut dire qu'il faut fouiller un château entièrement puisque personne ne sait où sont cachées les clés ? », déduisit Eymelie.
« Exactement. »
« Ça va prendre un temps fou ! », s'écria Elianor. « On y est encore à Pâques ! »
« C'est bien pour ça qu'il faut se séparer. Nous irons plus vite. », fit le papé, imperturbable.
« Se séparer ? », couina Neville.
« Oui, c'est logique. Il s'agit de faire des équipes équilibrées, et chacune aura pour mission de ramener la clé du château qu'elle doit inspecter… », poursuivit Guilhem de Quercevalles, imperturbable. « Bien, évidemment, Elianor, tu t'occuperas de Montségur. Harry, tu l'accompagneras. Et Mélinée aussi. J'irai au Quéribus, avec Eymelie, Ron, et David. Lorelei, Hermione, Neville, vous vous occuperez de Puilaurens. »
« Pourquoi nous on est que trois ? », gémit Neville.
« Hey ! Nous aussi on est trois ! », protesta Mélinée.
« Oui, mais vous vous avez Harry et une fille qui est capable d'envoyer Vous-Savez-Qui en Patagonie rien qu'en le regardant ! »
« Dis que j'sers à rien aussi ! », beugla Lorelei en essayant de lui coller un pain dans la face.
« Personne n'a dit ça. », intervint Elianor. « Tu es et as toujours été une très bonne sorcière. »
Harry nota qu'elle semblait légèrement tendue. C'était étrange comme tout à coup l'atmosphère semblait électrique. Le papé rompit la tension à sa manière :
« Bon, allez, les pitchous, c'est pas le moment de bader ici, on a des châteaux à ouvrir, une Coupe à récupérer, et un pitchou à ramener à l'oustal (3). » D'un geste de son antique baguette, il fit venir jusqu'à lui les trois clés d'or. Il tendit la première, épaisse, incrustée d'ambre, à Lorelei, la deuxième, ouvragée et ornée de topazes, à Eymelie, et enfin, la dernière, fine, faite d'or et d'améthystes, à Elianor, qui la rangea immédiatement dans sa poche.
« Pourquoi est ce que c'est les filles qui les ont ? », s'enquit Ron, un air mécontent sur le visage, zyeutant avec envie Eymelie qui accrochait la clé à une chaîne autour de son cou.
« Parce qu'elles sont plus responsables que les garçons, voilà tout ! », rétorqua le papé. « Et n'essaie même pas de me contredire, j'ai huit cents ans de pratique ! »
Il agita encore un coup sa baguette, et les sacs à dos de Neville, David et Harry se mirent à scintiller doucement :
« Accrochez-vous tous au sac du membre de votre équipe, je les ai transformés en Portoloin pour dans trente secondes. Chaque équipe atterrira devant le château qui lui incombe d'ouvrir ; cela peut prendre plusieurs jours de recherche, soyez patients et surtout discrets. À l'heure qu'il est, à cause de cette maudite Vouivre, on nous attend. Si vous avez le moindre problème, j'ai mis dans les sacs que j'ai ensorcelés trois miroirs magiques qui communiquent entre eux. Vous n'aurez qu'à vous en servir. Une fois que vous aurez récupéré la clé du château, vous rentrerez. »
Neville voulut protester, comme quoi ils n'avaient dans leur équipe ni Elianor, ni le papé pour leur faire un Portoloin pour rentrer, mais il n'en eut pas le temps. Les sacs à dos ensorcelés se transformèrent tous trois en même temps en Portoloin et séparèrent les trois équipes avant qu'il n'ait eu le temps d'achever sa phrase.
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Le soir du mardi, Drago eut la déplaisante surprise de constater que l'humeur paternelle, déjà exécrable, s'était désagrégée en un instant, quand Anarazel était arrivé porteur d'une lettre d'aspect officiel.
« Un divorce ?!??! Elle veut divorcer ?!? », éructait-il dans le vaste manoir glacé. « Quelle honte ! Quelle infamie ! Des Malefoy, divorcer ?! Elle est décidément aussi cinglée que le gamin qu'elle a pondu ! »
Quand Drago eut compris de quoi il en retournait –à savoir, une lettre de l'avocat de sa mère, qui lui envoyait des parchemins à remplir pour un divorce à l'amiable, qui comprenait la garde exclusive de leur fils et une pension alimentaire de trois mille trois cents Gallions par mois –il retourna dare-dare à sa chambre, et s'y dissimula autant qu'il le put. Son père finit néanmoins par le retrouver, et lui infligea plusieurs Doloris afin, visiblement, de calmer la fureur qu'il ressentait envers sa future ex-femme.
« Ce qui est bien avec ce sort, c'est qu'il ne laisse pas de trace. », avait dit Lucius en laissant Drago pantelant sur le sol. « Me menacer d'un procès pour enlèvement d'enfant ! Ta mère et toi avez bien hérité des tares des Black ! »
Il eut un rire méprisant en quittant la chambre de son fils. Quelques instants après, Rogue entra discrètement, et releva l'adolescent blond, qui était resté par terre, à demi agonisant de douleur. Celui-ci était tellement faible que le maître des cachots de Poudlard dut le soutenir pour l'allonger sur le lit. Rogue lui fit boire une potion fortifiante, et chuchota tout en trifouillant dans ses flacons pour ne pas être entendu :
« Potter et sa bande d'amis sont apparemment partis à votre secours, Drago. Je ne sais pas ce qu'ils trafiquent, mais ils font un sacré remue-ménage. Je n'ai pu éviter de prévenir le Seigneur des Ténèbres –cela aurait fait suspect si je m'y étais opposé. Les Mangemorts ne vont pas tarder à les traquer, et le Maître lui-même écourtera probablement sa mission pour venir voir par lui-même de quoi il retourne. »
Le Serpentard leva des yeux gris délavés vers son professeur. En quelques jours de captivité, il semblait avoir reperdu tout le poids qu'il avait repris, et semblait plus pitoyable que jamais. Son chef de maison pensa fugacement qu'il le faisait intentionnellement. Maintenant qu'il connaissait les intentions du Seigneur Noir à son égard, il faisait tout, absolument tout, pour s'enlaidir. Mais à ce rythme-là, même Potter n'aurait pas envie de payer de sa personne. Le professeur posa une main qui se voulait rassurante sur l'épaule de son élève :
« Allons, Drago, il ne faut pas vous laisser abattre de la sorte ; ils viendront vous chercher. Vous savez bien que Potter viendra vous récupérer. Même s'il reste l'agaçant garçon dont la tête dépasse la superficie d'un stade de Quidditch, il a toujours le syndrome du sorcier charmant volant au secours des opprimés sur son Eclair de Feu… »
Le blond baissa les yeux.
« Mais il y a un Gardien du Secret pour le manoir, c'est impossible à trouver… », marmonna-t-il. Il gratta machinalement son collier en mithril. « Et puis moi, je ne peux pas en sortir, de toutes façons… »
« Allons, allons, vous avez déjà entendu parler d'un sortilège qu'on ne pouvait pas contourner ? Le sortilège de Fidélitas est un sortilège comme les autres. Et la famille de votre mère est dépositaire de traditions ancestrales. Siècle après siècle, les grandes familles sorcières ont réussi à se maintenir en place, les Black comme les Quercevalles et les Weasley, ou encore les Malefoy ou les Astadourian. Cela n'est pas dû qu'au hasard. » Drago ouvrit de grands yeux surpris, et Rogue poursuivit avec un sourire en coin : « Toute grande famille sorcière dont l'origine remonte à plusieurs siècles a forcément quelque chose à cacher. Les Quercevalles plus que tout autre. Ils sauront déjouer le sort. »
Rassuré par les paroles de son parrain, Drago finit par sombrer dans un sommeil inquiet…
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Et cette semaine, pour se faire pardonner du retard énooooooooorme que nous avons pris sur cette fic…en attendant le chapitre 35 (peut-être à Noël maintenant, lol) !
OoO Le Bonus Débile OoO
-Mystère au Club Med-
Loin, très loin de là…
Toute la journée, un minuscule colibri avait voleté dans tout le village de vacances ; il portait dans son bec long et étroit une mystérieuse petite lettre mauve cachetée avec un ruban argenté. Bien sûr, le personnel du Club avait essayé de l'intercepter, mais rien à faire, l'oiseau ne les laissait pas approcher de la lettre. Impossible de mettre la main sur lui de la journée. Il avait respectivement emmerdé les masseuses du SPA, les réceptionnistes à l'accueil quand ils décrochaient leur téléphone, et les moniteurs de catamaran. Il avait aussi interrompu une cérémonie de bienvenue destinée à trente et un Japonais et dix-huit Coréens, était tombé dans le potage du midi au restaurant principal, et avait effrayé les Italiens à l'aquagym. Enfin, à huit heures du soir, Takashi, le barman japonais, le captura avec un shaker à cocktail, et réussit à s'emparer de la lettre.
« Dâku Lôdu ? », prononça-t-il avec son accent chantant d'Hiroshima en lisant l'enveloppe. « Dare desuka ? »
Heureusement, Brian le chef de village, qui était Californien, parlait mieux anglais :
« Dark Lord ? C'est quoi ce gag ? C'est bientôt Noël, pas Halloween ! »
« Kurisumasu ? », demanda Takashi en essayant de décacheter la lettre. « Itai itai ! », cria-t-il quand l'enveloppe lui mordit le petit doigt.
La rumeur se répandit vite parmi les GO ; et à huit heures et demie, tout le monde savait qu'une mystérieuse lettre était arrivée par colibri à l'adresse d'un dénommé « Dark Lord » et qu'elle mordait tous ceux qui essayaient de l'ouvrir. Cette rumeur parvint même jusqu'aux oreilles d'un touriste anglais brun, aux yeux noirs, qui justement revenait de la plage, en tongs et draps de bain vert bouteille.
« …voulu ouvrir la lettre, elle lui a mordu le doigt ! », disait dans un anglais atroce une petite Française blonde à une Japonaise éberluée.
« On sait toujours pas qui est ce Dark Lord, alors ? », répondit la Nippone.
« Non, mais Brian pense que c'est un canular d'un GO. », acheva la bouffeuse de fromage.
L'esprit du touriste Britannique s'éclaira d'un coup :
« Ahem… », dit-il en amorce pour s'introduire dans la conversation de la sushivore et de la grenouillophage. « Quand je fais des jeux de rôles, j'ai souvent le pseudo de Dark Lord, vous croyez que je pourrais approcher cette lettre ? »
« Comment Tom ? C'est toi, Dark Lord ? Ça alors ! », dit l'Européenne.
« Et quelqu'un t'envoie des lettres par colibri ? », s'étonna la Tokyoïte. « Tu sais qu'aujourd'hui on peut écrire des lettres ? »
Quand Tom récupéra sa lettre, il promit de faire sa fête à Lucius qui lui avait envoyé cet oiseau ridicule en pensant qu'il ferait « plus local » au Club Med des Maldives, endroit comme chacun sait rempli de Moldus… (Mais que ne ferait-on pas quand on est Seigneur des Ténèbres, Maître du Mal Absolu, pour passer des vacances tranquilles sans hurlement de terreur, de temps en temps !)
OoO Fin du Bonus Débile OoO
Notes :
(1) Allez, pour ceux qui auraient oublié : « Etranger En ces lieux invité Sois donc bien avisé Qu'en ce très humble foyer Reposent à jamais les Sept Clés. »
(2) Et hop, une petite référence au vrai tome 6, ni vu ni connu… :D
(3) À la maison.
Le sondage de Ritsuko !
À votre avis, quelle équipe va trouver sa clé en premier ?
A/ L'équipe d'Elianor, c'est sûr, avec Harry le héros, Elianor la Warrior et Mélinée l'endormisseuse de Vouivre...
B/ Celle du Papé, si ça se trouve il sait même déjà où se trouve la clé...
C/ Celle de Neville, on ne s'y attend pas mais il pourrait trouver la clé par erreur (Oh ! Une clé ?)
D/ Aucune, ils vont se faire chier à les chercher mais ils vont en avoir marre alors ils vont laisser tomber Draco...
Dans le prochain chapitre : où on expéditionne dans l'inconnu…
