Blabla bête des auteurs : Non vous ne rêvez pas, le chapitre 36 moins d'un mois après la publication du 35 ! Allez, soyez gentils, on s'améliore !

Non, en fait si on traîne un peu des pieds, c'est juste que cette histoire approche de son dénouement, et comme bin…c'est un peu notre bébé, on veut prolonger cette magnifique expérience un peu plus longtemps ! Ce sera dur d'écrire « FIN » à la fin du dernier chapitre, si, si…

Et veuillez prendre en compte notre effort incroyable (suite aux protestations suscitées par le chapitre précédent qui était soi-disant trop court) eh bien celui-là fait 3 pages de plus ! Soit 7, presque 8 pages ! Na ! ;-)

Réponse aux reviews :

Ness : Ho là lààààà !!! Un soutien d'une sudiste :D

Lilulle : Welcome my friend !

Ritsu et Maxoune : Mais tais-toi, espèce de dinde !

Bon, euh…Bin on est super contentes que tu aimes notre fic !!! Et n'aies pas peur, on a pas l'intention de ne pas la terminer ! Tu peux donc dormir tranquille !!!

Lilulle : Et puis pour la relation Drago/Harry, bon on sait que ça avance pas trop, mais c'est parce que c'est Maxou qui doit faire le lemon final et elle a pas le temps en ce moment !

Maxou : Eeeeeeh ! Lâcheuse !!! (Elle attrape un livre de japonais et le balance sur Lilulle)

Lilulle : Aïeuuuuuh ! Méchante !

Ritsu, embarrassée : Bon, euh…Exceptionnellement, je vais faire l'annonce de début de chapitre !

« Trêve de bavardages, place à la lecture ! »


oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo

Chapitre 36

L'Autre Monde

Loin de là, quelque part en Angleterre…

Dès que Drago avait su que le Seigneur des Ténèbres (comme ses disciples avaient l'habitude de le surnommer affectueusement) était revenu à Little Hangleton, il avait recommencé à se planquer dans sa chambre, redoutant constamment d'être appelé auprès du mage noir pour il ne savait encore quelle cochonnerie. Mais ce dernier ne semblait pour le moment pas s'intéresser le moins du monde au blond. Pas pour le moment, en tous cas. Il avait juste convoqué une assemblée extraordinaire de ses plus proches subordonnés.

« Comme vous le savez, la plus grande menace actuelle à mon pouvoir, outre Potter, c'est cette famille française, les Quercevalles. Cette famille a toujours traqué et massacré les mages noirs, mais ce temps-là est révolu… » Le Seigneur Noir laissa planer un instant de silence parmi ses Mangemorts, les fixant de ses prunelles rougeoyantes, à tour de rôle. « Oui, maintenant, c'est à leur tour de payer, Lord Voldemort ne tolérera plus à leur misérable engeance de continuer leurs forfaits. C'est la raison pour laquelle il nous faut désormais tendre nos forces vers ce seul but : les exterminer tous. Je ne peux tolérer un tel contre-pouvoir au mien plus longtemps. Cette famille est une menace pour nous tous, c'est pourquoi elle doit être totalement détruite, à commencer par leur dernière descendante ! »

« Mais maître… », osa objecter Bellatrix. « Cette gamine a un pouvoir terrifiant, on ne sait pas comment l'arrêter…Je l'ai vue à l'œuvre, la tuer sera quelque chose de difficile, presque d'impossible… »

Son maître darda sur elle un regard incandescent.

« Impossible ne devrait pas faire partie de ton vocabulaire, Bella. Nous devons l'empêcher d'atteindre cette relique, quel qu'en soit le prix à payer. » Il tapota un vieux grimoire qu'il avait déposé sur l'accoudoir de son siège : « Grâce aux mémoires de la famille Malefoy, nous savons à présent exactement quel est le but de Potter et de ses nouveaux amis français, et pourquoi ils ont réveillé cette Vouivre. Nous savons ce qu'ils cherchent désormais, et nous allons pouvoir réagir. »

« Mais comment maître ? »

Voldemort se carra dans son fauteuil, avec un air satisfait :

« Vous allez vous répartir en sept groupes. Chacun aura la tâche de surveiller un endroit bien particulier. »

« Lequel ? », demanda un Mangemort.

« Un de ses sept châteaux dont la famille Quercevalles avait autrefois la garde. Il est dit dans le grimoire Malefoy qu'ils renferment les secrets les plus précieux de la famille, et qu'ils mèneraient au plus grand trésor du monde moderne de la sorcellerie, une relique d'une puissance magique inestimable. »

Les Mangemorts avaient l'air clairement interloqué, même sous leurs masques. Ce qui n'était pas peu dire.

« Nous avons des raisons de croire que Potter et la Quercevalles iront à Montségur, la forteresse qu'Aude de Montségur a consolidé elle-même, c'est pourquoi j'y enverrai Lucius et Bella. Tâchez de vous montrer à la hauteur, pour une fois. Ce que vous allez faire est simple. Vous allez les suivre, sans vous faire repérer, et intervenir au dernier moment, une fois que la petite Quercevalles aura ouvert la dernière porte, celle de Montségur –pour pouvoir récupérer cette source de pouvoir absolu. »

Lucius jeta un regard sans aménité à sa future ex-belle-sœur qui lui répondit par un sourire méprisant.

« Maître, mais comment allons-nous nous débarrasser d'Elianor de Quercevalles ? », intervint alors Nott.

Le Seigneur des Ténèbres eut un sourire qui fit frissonner toute l'assemblée, un sourire qui glaçait le sang dans les veines. Il tapota un de ses longs doigts blafards contre sa poitrine cadavérique :

« Mis à part moi, tout le monde a un cœur, Nott…Il suffit de trouver de quel côté bat celui d'Elianor de Quercevalles… »

oOoOoOo

Quelque part dans la région moldue du Languedoc…

Les trois adolescents n'en croyaient pas leurs yeux, et pourtant…

La porte donnait sur une petite cuisine campagnarde des plus simples. On y voyait une table de bois brut, cinq chaises bleu pâle au siège rembourré de paille, et avec une ouverture en forme de cœur dans le dossier. Dans un coin, il y avait un vaisselier de la même couleur, rempli d'assiettes blanches impeccablement alignées. Du côté gauche de l'entrée s'ouvrait une grande fenêtre à croisées, ornée de rideaux blancs retroussés. Il y avait deux portes, une en face, et l'autre à droite. Deux autres fenêtres, identiques à la première, encadraient la porte opposée à l'entrée, et était visiblement celle qui donnait vers l'extérieur, car par les vitres des fenêtres s'échappait la lueur dorée qu'ils avaient tout d'abord aperçue.

Harry se retourna vers les filles, un peu perplexe, et vit que Mélinée n'avait pas bougé, figée sur le seuil, la bouche ouverte. Elianor avait fait quelques pas dans la pièce, et avait posé d'un air dubitatif sa main le dossier d'une chaise, comme s'il lui fallait toucher quelque chose de cette pièce pour pouvoir croire réellement à son existence. Harry prit le bras de Méli et l'entraîna dans la pièce, non sans refermer à demi la porte derrière eux. Le contact de la main d'Harry sur son avant-bras sembla réveiller la Française, qui dit enfin :

« Alors c'est ça, Montségur ? La redoutable forteresse cathare ? Y a pas à dire, ça casse le mythe ! »

Elianor lui rétorqua froidement que même les Cathares avaient besoin d'une cuisine pour se sustenter, et que c'était pas parce qu'ils avaient gravé des petits cœurs dans le dossier des sièges qu'ils étaient de mauvais guerriers, et que Simon de Montfort s'en souvenait encore.

« Pourquoi ? Le papé l'a tué à coups de chaise ? », demanda Mélinée.

Harry, lui, ne dit rien, mais il sentait dans la réaction trop violente d'Eli qu'elle était déstabilisée, et même peut-être déçue : elle s'attendait à trouver une place forte redoutablement armée, et elle tombait sur une cuisine de cottage…Néanmoins elle ne se laissa pas abattre, et, après avoir fait rapidement le tour de la pièce, ouvrit la porte qui donnait vers l'extérieur. Les trois adolescents furent obligés de fermer quelques secondes leurs paupières, tant la lumière qui entra à flot dans la pièce était vive. Quand Harry rejoignit Elianor dehors, il fut surpris de la température de l'air. Alors que côté moldu, la morsure du froid les avait pourchassés depuis leur arrivée en Portoloin jusqu'à l'intérieur de l'ancienne citadelle, le côté sorcier semblait étonnamment préservé, conservant un climat quasi estival, comme si un sortilège le conservait à l'écart des variations des saisons.

Il entendit derrière lui Mélinée soupirer :

« Ça alors, un alter mundus, je le crois pas ! C'est la première fois que j'en vois un pour de vrai ! »

Elianor, visiblement captivée, hocha la tête :

« Et à peine altéré, en plus, c'est incroyable, il doit exister depuis des centaines d'années ! »

« Comment c'est possible ? », murmura Mélinée pour elle-même.

Devant eux, à travers la percée dans la muraille, la nature environnante en était effectivement en plein été : le soleil était haut dans le ciel sans nuage, le bruit des cigales montait jusqu'à eux sans discontinuer, et la senteur forte de romarin les étourdissait à moitié. Mais plus impressionnant, ils ne voyaient à perte de vue qu'une vaste garrigue qui s'étendait au bas de la montagne, sans aucune route ou voiture, avec seulement, au lointain, ce qui pouvait s'apparenter à un hameau. Tout autour d'eux, se dressait la forteresse de Montségur, qui semblait parfaitement intacte, jusqu'à la moindre de ses pierres.

Harry pouvait à présent constater qu'ils étaient arrivés par une petite porte de bois peint en bleu donnant sur la grande cour. Passé le moment d'ébahissement qu'il ressentait, il se rappela ce qu'il voulait demander aux filles :

« Au fait, c'est quoi, précisément, un ''alter mundus'' ? »

Elianor s'était déjà éloignée, parcourant la cour déserte, et ne prit pas la peine de répondre à sa question –peut-être même ne l'entendit-elle pas du tout. Mélinée le scruta d'un regard en coin qui semblait dire ''Va vraiment falloir que je t'explique tout ?'', mais elle répondit malgré tout, d'un ton professoral qu'Hermione n'aurait sûrement pas renié :

« Précisément, on en est pas sûrs, mais en gros, un alter mundus, c'est un monde parallèle créé par un sorcier. Mais il faut pas le confondre avec un simple sortilège repousse moldu comme y en a à Beauxbâtons ou à Poudlard : ceux-là, ils servent juste à empêcher les Moldus de venir voir ce qui existe dans notre dimension commune. Si un Moldu venait à passer Merlin sait comment le sortilège de dissimulation qui a été jeté sur Beauxbâtons, l'école lui apparaîtrait, pour la simple et bonne raison qu'elle existe dans notre réalité et dans celles des Moldus. Mais dans le cas de l'alter mundus, le sorcier superposerait une réalité à celle qui existe déjà, et cette réalité serait en théorie inaccessible aux personnes étrangères, à moins qu'elles ne disposent d'une clé ou d'un code. En gros, ça reviendrait à se créer son propre monde. Et si ce machin est bien un alter mundus, ça veut dire que là où nous sommes, dans le monde normal, des Moldus se promènent, exactement à l'endroit où nous nous tenons en ce moment, et pourtant, on ne les voit pas, et ils ne nous voient pas, tout simplement parce que nous ne nous trouvons pas dans la même réalité. »

Harry dut faire un gros effort d'imagination pour se figurer qu'un groupe de Japonais était peut-être en train de passer à côté de lui dans une autre réalité.

« Mais si c'est tellement bien, ce système, pourquoi ne pas l'avoir appliqué partout, et pour tous les monuments sensibles de la sorcellerie, comme Poudlard ? », finit-il par demander à Mélinée.

Celle-ci poussa un soupir :

« C'est simple. Le sortilège de l'alter mundus est un sortilège quasiment mythique, avant que je voie celui-là, je pensais que c'était qu'une légende…En tous cas, il est réputé comme l'un des plus difficiles à lancer. On dit qu'il faudrait être un sorcier extrêmement puissant pour en jeter un rien que sur un simple placard. Alors pour ensorceler un château, c'est quasiment impossible pour un sorcier seul. C'est pour ça que la plupart des sorciers pensent que ça n'existe pas : les seuls alter mundus dont on entend parler sont tous des mythes, et d'ailleurs, on est pas sûrs qu'ils aient vraiment existé un jour. La plupart du temps, ils sont rattachés à une chose importante à protéger des convoitises extérieures : le paradis sur Terre pour Shambala, le pays des fées pour Avalon, une société technologiquement très avancée pour l'Atlantide… »

Harry resta bouche bée. Elianor revint vers eux lentement, et elle ajouta :

« Oui, il faut être très puissant, mais c'est pas la seule raison pour laquelle l'alter mundus n'a quasiment été jamais jeté. » Mélinée lui décocha un regard interrogatif, et la jeune sorcière poursuivit gravement : « J'ai lu dans les grimoires des Quercevalles quelque chose à leur sujet. Avant, au Moyen-âge, les sorciers en connaissaient plus long sur ce sortilège, et ils l'appelaient ''le Dévore-Âme'', parce que celui qui l'invoquait perdait un morceau d'âme dans le processus. Apparemment, se créer un autre monde n'est pas un acte anodin, et le sorcier qui veut le faire doit payer le prix fort. Chaque alter mundus serait en fait composé d'un morceau d'âme du sorcier, ce qui lui donnerait ses spécificités. »

« Mais si le sorcier ne lève pas le sortilège à temps ? Quand il meurt ou perd son âme, il se passe quoi ? », demanda Mélinée, qui était soudainement pâle comme un linceul sous ses boucles carmines.

Elianor toussota :

« On sait pas vraiment ce qui arriverait, puisqu'on a jamais assisté à une chose pareille…Mais moi, je me fierai pas à truc qu'on appelle 'Dévore-Âme'. Ça doit sûrement être quelque chose de catastrophique. »

Harry resta pensif. Cette histoire d'âme lui rappelait quelque chose.

« Est-ce que ce sortilège a quelque chose à voir avec celui des Horcrux ? Est-ce qu'il relève de la magie noire lui aussi ? », demanda-t-il.

Mélinée avait toujours son air de cocker effrayé, et regardait autour d'elle frénétiquement, comme si elle s'attendait à voir une armée de démons cornus surgir au-dessus des remparts ; Elianor, elle, avait l'air circonspecte.

« Je sais pas à quoi ça se rattache. Je suppose que ça doit dépendre de l'âme du sorcier qui le créé…On peut tout aussi bien en faire un enfer comme on peut en faire un paradis, ça dépend de la nature profonde du créateur…Je pense pas que l'alter mundus puisse être rattaché à aucune magie, ça dépend de la raison pour laquelle le sorcier l'a créé. Les Horcrux sont souvent une mauvaise chose –ils sont créés la plupart du temps dans le but de se procurer la vie éternelle et donc, d'une volonté mégalomaniaque. Mais si un sorcier a envie de sacrifier une part de son âme pour se créer un monde où personne ne viendra le déranger, où est le mal ? »

« Mais qui aurait envie de perdre une part de son âme pour ce truc ? », hurla presque Mélinée, sur les nerfs. « Cet endroit me fout la chair de poule ! Et d'abord, ça sort de quel morceau d'âme, ce truc ??? »

Harry allait répondre qu'il s'agissait probablement d'une création du papé, puisque visiblement il était le sorcier le plus puissant de toute la famille, mais Elianor le devança :

« Ça peut être qu'une personne. Aude de Montségur. »

oOoOoOo

À quelques encablures de là…

Le papé paraissait soucieux. Il avait remis le petit miroir de poche dans le sac de David.

« Quelque chose ne va pas, papé ? », demanda la Préfète de Vampiglams.

Le chat secoua la tête.

« C'est cette petite couillonne d'Elianor, son miroir reste injoignable, c'est inquiétant. »

« Celui de Neville marche ? », s'enquit Ron, tout à coup inexplicablement inquiet pour l'équipe de Neville (qui comptait dans ses rangs, entre autre, Hermione, faut-il le rappeler ?).

« Oui, je viens de les avoir à l'instant, ils viennent d'entrer dans le château à proprement parler, et la pitchoune intello a dit que le passage se trouvait dans une vieille tourelle écroulée et interdite d'accès au public. », fit le papé.

« Mais vous avez dit à Elianor tout à l'heure qu'ils avaient déjà trouvé la clé ! », s'exclama une Eymelie interloquée.

Le papé agita la patte :

« Mais non, c'était juste pour les remotiver, voyons. » Il reprit son air soucieux : « En attendant, cette histoire de miroir est d'autant plus inquiétante que si un pitchou pas dégourdi comme Neville arrive à intercepter mon appel, l'équipe de ma descendante n'y arrive pas… »

« Ils ont peut-être pas entendu ? », suggéra David.

Les trois autres lui jetèrent un regard torve. Etant donné que le miroir se mettait à hurler à chaque appel : ''Un appel, décroche, abruti, un appeeeeeeeeeeeeeeeeeeeel, hé ho, y a quelqu'un, je te dis qu'on t'appelle, décroche, connard''(1), l'hypothèse paraissait très peu probable. Eymelie toussota :

« Peut-être qu'ils se trouvent dans une zone où le miroir ne capte plus les ondes magiques ? Après tout, vous dites vous-même que vous ne savez pas comment Aude a protégé l'entrée de Montségur, qu'on sait seulement qu'elle a fait en sorte que seule sa descendante puisse la franchir…Si ça se trouve, elle a lancé un sortilège qui empêche les ondes à destination des objets ensorcelés de passer ? »

« Comme une sorte d'enclave magique. », renchérit David.

« Ça serait logique. », appuya la Préfète. « Elle aura voulu protéger à tout prix la clé de toute intrusion extérieure, ce sera la première chose qu'elle aurait faite, empêcher les gens de communiquer vers l'extérieur… »

Quelque chose sembla frapper le papé :

« Nom d'un calisson ! Elle n'aurait quand même pas osé faire ça ? »

Les trois adolescents se regardèrent, légèrement interloqués.

« Faire quoi ? », finit par demander Eymelie.

Le papé agita sa patte d'un air faussement dégagé (on ne peut pas être un des plus grands sorciers de tous les temps et être en plus bon comédien) :

« Peu importe, c'est pas grave. Il faut trouver la clé de Quéribus au plus vite ; ensuite je vous ramène à la Salle des Clés, et je pars les chercher, il faut se dépêcher. »

Ils se remirent à chercher, mais en son for intérieur, Eymelie pressentait qu'il devait s'agir de quelque chose d'important, contrairement à ce qu'avait affirmé le vieux chat, mais restait à savoir de quoi il en retournait précisément. Tout ce qu'elle espérait, c'était que les vies de ses deux meilleures amies n'étaient pas en danger. Et celle du Survivant non plus, on sait jamais, après tout, il pouvait encore être utile, puisqu'il était censé tuer Vous-Savez-Qui selon une certaine prophétie…

oOoOoOo

Harry fronça les sourcils, Mélinée quant à elle eut l'air clairement sceptique :

« Pourquoi est ce qu'elle aurait fait quelque chose comme ça ? Et comment le sortilège aurait pu perdurer aussi longtemps après sa mort ? C'est impossible ! », dit-elle en réprimant un rire nerveux.

« Dans ce cas, ça veut dire qu'elle est tout simplement pas morte. », rétorqua Elianor. « Ou tout au moins qu'elle a pas totalement quitté notre monde. », s'empressa-t-elle de préciser en voyant la mine effarée de son amie qui s'attendait apparemment à voir sortir une zombie de derrière une muraille.

Mais Mélinée n'eut pas l'air rassurée pour autant. Harry commençait quant à lui à perdre patience :

« Y faudrait quand même trouver cette clé, maintenant qu'on est là… », commença-t-il.

Et joignant le geste à la parole, quoique sans réelle conviction, il lança un Expiscorus qui, comme il le prévoyait, ne donna rien. Elianor tenta de contacter le papé via le miroir ensorcelé, mais à sa grande surprise, la surface lisse crachota quelques secondes, puis émit un bruit sonore, avant de refléter à nouveau son propre visage incrédule.

« Apparemment mes transmissions magiques sont coupées dans l'alter mundus. », constata-t-elle en remettant l'objet dans son sac.

« Bon, au moins, on risque pas d'être dérangés pendant qu'on cherche la clé. », fit Mélinée. « Puisque c'est un monde caché, alors personne ne peut venir nous embêter. »

« Peut-être, mais Harry a raison, c'est pas une raison pour flemmarder, faut trouver la clé et retourner la salle avec les autres au plus tôt. », conclut Elianor. Elle frissonna et jeta un œil autour d'elle. « Cet endroit me rassure pas du tout. »

Chercher dans un monde parallèle s'avéra une tâche aussi ardue, sinon plus, que dans le monde réel. La forteresse, intacte, en devenait du coup beaucoup plus complexe à fouiller, et Harry ne cessait de s'étonner des enfilades de pièces qu'il découvrait en ouvrant çà et là une porte au hasard. Toutes étaient dans un état de conservation impeccable, meublées toujours dans un style campagnard médiéval, comme si elles étaient toujours habitées, mais le jeune homme ne croisa personne. L'entière bâtisse demeurait désespérément vide. Seul signe de vie, le chant omniprésent des cigales dans les garrigues des alentours l'accompagnait où qu'il aille. Harry se demanda alors si tous les alter mundus ressemblaient à celui-là. Qu'est ce qui pouvait pousser une sorcière parmi les plus puissantes à sacrifier un morceau de son âme pour créer ce lieu glacial, dénué de toute trace de vie ? Ou peut-être simplement ne pouvait-on pas faire vivre des gens dans un lieu comme celui-ci ? Peut-être cet endroit servait-il juste à cacher la fameuse clé, dont seule sa descendante pourrait un jour espérer s'emparer ? Dans ce cas, pourquoi prendre la peine d'en faire la réplique exacte du château de Montségur tel qu'il avait dû être avant sa destruction en 1244 ?

Il ouvrit une énième porte, qui donnait cette fois sur une salle à manger meublée rustiquement, et dont les braises, dans le foyer de la cheminée, rougeoyaient encore doucement du dîner de la veille, quand un cri retentit, visiblement un étage plus haut. Le sang de Harry ne fit qu'un tour : c'était l'étage qu'Eli était censée inspecter, Méli se chargeant de la cour et des dépendances extérieure, et lui du rez-de-chaussée.

Il se précipita dans l'étroit escalier de pierre massive, suivi quelques secondes après par Mélinée, qui avait entendu le hurlement alors qu'elle inspectait un poulailler totalement vide lui aussi, mais dont plusieurs nids étaient encore garnis d'œufs.

Ils ne mirent pas longtemps à trouver la source du bruit. Après avoir ouvert trois portes donnant sur des pièces vides, Harry et Mélinée trouvèrent enfin Elianor. Celle-ci se tenait, seule, dans une vaste pièce au haut plafond en clé de voûte. Au milieu se trouvait une table en pierre, sur laquelle il y avait une petite boîte en bois marqueté. Elle était ouverte, et Eli semblait tenir quelque chose dans ses mains, enserré contre sa poitrine. Harry s'approcha, mais la jeune Languedocienne ne semblait même pas s'être aperçue de leur présence, elle semblait juste…tétanisée. L'Anglais jeta un œil sur la boîte. Elle était rectangulaire, et l'intérieur était orné de velours bordeaux. Le bois dans lequel elle avait été taillée était clair, et au milieu du couvercle, on voyait encore tracé la croix occitane, incrustée de nacre.

« Eli ! C'est super ! T'as trouvé la clé ! », s'exclama la voix de Mélinée derrière lui.

Harry se retourna vers la jeune Métamorphomage. Cette dernière avait rejoint Elianor, et montrait ce qu'elle tenait contre elle : une minuscule clé d'or pendant au bout d'une chaîne faite du même matériau. Elianor sembla reprendre ses esprits quand son amie parla :

« J'ai…j'ai vu quelque chose, là… », bredouilla-t-elle en désignant de l'index une fenêtre à croisée à demi dissimulée par de lourdes tentures pourpres.

« Quoi ? », demanda Mélinée.

« Quelqu'un… »

« Quelqu'un ? Mais y a personne ici ! », rétorqua l'Arménienne. On dirait que tout a été abandonné récemment. Y a même plus de poules dans la basse-cour ! »

Elianor avait l'air halluciné, et Mélinée lui en fit la remarque, disant même qu'elle n'avait pas fait cette tête-là depuis la fois où Max avait ramené de la feuille de vigne hallucinogène des Carpates.

« Rassure-moi, t'en as pas gardé sur toi, et t'as pas décidé de t'en rouler un peu tout de suite ? »

Elianor lui jeta un regard noir :

« Evidemment que non, t'es con ou quoi ? Je te jure, j'ai vu quelqu'un, au moment où je prenais cette clé… »

Elle pointait toujours du doigt dans la direction de la fenêtre, mais ni Harry ni Mélinée ne virent autre chose que les vitres ou le rideau. Et puis soudain…Ils ne virent rien, mais c'était comme si l'air autour d'eux murmurait quelque chose, bruissait d'un chuchotement mystérieusement à leurs oreilles, et tous trois se figèrent en même temps :

''Attention…Ils ont trouvé l'entrée pas fermée…Partez…maintenant !''

Mélinée écarquilla ses yeux vert d'eau, et balbutia :

« C'était qu…quoi ? »

Sa camarade, bien qu'elle eut l'air autant effrayée qu'elle, répondit néanmoins d'une voix mal assurée :

« Pour la voix, je dirais que c'est une réminiscence de la créatrice de cet univers…Et pour ce qu'elle racontait, je dirais que j'ai oublié de refermer la porte de l'alter mundus derrière nous, et que ça va nous coûter cher, parce que ça veut dire que des sorciers ont pu franchir ton sortilège de mundum occultare de l'autre côté la porte, et qu'au vu des circonstances, je parierai les moustaches du papé que ces sorciers sont sûrement des Mangemorts… »

Comme pour confirmer ses dires, on entendit au-dehors une grande détonation, suivie d'une cavalcade, comme le bruit de bottes cloutées résonnant sur le pavé de pierre brute.

oOoOoOoOoOo

Notes :

(1) Nous dédicaçons ce passage à la fameuse sonnerie de portable d'une copine de Lilulle, qui avait hurlé comme ça en pleine séance de ciné…pendant Harry Potter et la Coupe de Feu en fait…Allez, faites pas genre, tout le monde la connaît, cette sonnerie-là !

Le sondage de Ritsuko !

Comment nos amis vont-ils échapper aux Mangemorts ?

A/ Ils vont être aidés par l'ancêtre d'Elianor !

B/ Ils vont se battre contre eux à la barbare (à coups de machette)

C/ Ils vont se cacher derrière les rideaux en espérant passer inaperçus

D/ Je sais pas, c'est vous les auteures, z'avez qu'à écrire au lieu de faire des sondages débiles pour nous demander de deviner la suite…Feignasses !

Dans le prochain chapitre : où on s'approche du dénouement final, avec possibilité d'une baston finale…et d'un lemon, si vous êtes gentils et que vous nous envoyez des reviews ! Looool mais non on plaisante, pas de chantage aux reviews, ça se fait pas ! Mais on aime quand même bien en avoir