Blabla bête des auteurs : Euh…Comment peut-on valablement excuser une absence d'un an et demi du site ? Bon, c'est vrai, on a été très occupées, trop occupées même sûrement…Bref maintenant on a toutes une vie différente d'avant car nous travaillons toutes les trois, ce qui du coup, a ralenti d'autant plus notre grand retour (triomphal, bien sûr) sur la toile ! Mais rassurez-vous nous sommes là et bien là, et ceux (ou celles) qui pensaient qu'on allait jamais finir notre fic ne sont que des mauvaises langues !
Car oui, voilà enfin la fin ! Après presque trois ans de publication, nous l'avons terminée ! Et pour nous faire pardonner, on va publier quasiment en même temps les deux derniers chapitres ! Et en plus ils sont beaucoup plus longs que les autres !!!!!
Trêve de bavardages, place à la lecture !
oOoOo Harry Potter et les Harpies Gauloises oOoOo
Chapitre 38
La bataille de Peyrepertuse
Première partie
'Plop !' Le petit bruit fit instantanément tourner la tête d'Hermione, imitée en cela par les six autres personnes présentes dans la Salle des Clés.
Devant eux se tenaient Harry, Mélinée et Elianor, épuisés, dépenaillés et hors d'haleine. Mais, au creux de sa main, Elianor serrait une petite clé d'or fin.
Aussitôt, le papé bondit quasiment sur sa descendante :
« Petite couillonne ! La clé, vite ! Mets-la dans sa serrure ! »
La voix de son aïeul sembla sortir Eli de sa transe hébétée, et elle s'empressa d'introduire la petite clé dans sa serrure qui scintillait à présent d'une lueur mauve si intense qu'elle irradiait toute la salle. Lorsque la clé tourna dans la serrure, la lueur faiblit doucement jusqu'à n'être plus qu'un vague halo lumineux. Un déclic se fit entendre, et lentement, la cloche de verre qui protégeait la septième et dernière clé se souleva. Eli n'eut qu'à tendre la main pour s'en emparer, et Harry, juste derrière elle, constata qu'elle tremblait.
« Bien joué, pitchoune ! », rugit le papé, qui semblait soudainement s'être mué en tigre. « La dernière forteresse, le château de Peyrepertuse, va enfin s'ouvrir pour la première fois depuis huit cents ans ! » Il se tourna vers les jeunes : « Ramassez vos affaires, la nuit va être longue ! »
Le vieux chat attrapa aussitôt le sac de Neville, le plus proche à portée de patte, et récita :
« Departum prestum ! » Il hurla à l'attention des neuf adolescents : « Allez, les pitchous, despachaire, despachaire (1) un peu ! Et accrochez les mains au sac ! Zo ! »
Ledit sac avait commencé à scintiller, et lorsque Neville posa en dernier sa main sur une des courroies, il avait déjà en partie disparu, happé par le Transplanage collectif.
Quand Harry reprit ses esprits, il s'aperçut que, pour changer, il était arrivé sur les fesses. Lorelei ne se fit pas prier pour remarquer d'une voix acide que les moyens de transport sorciers –Transplanage, poudre de Cheminette, carrosse volant– n'avaient pas l'air d'être son fort, et qu'il devrait plutôt essayer la trottinette moldue. Là-dessus, David crut bon d'embrayer sur ses mésaventures en VTT quand il était en vacances avec ses cousins moldus –du côté de son père– mais Mélinée lui beugla de se la boucler, qu'on s'en foutait, des dérailleurs qui déraillent en pente, et pourquoi il racontait toujours des histoires sans intérêt, merde à la fin.
Le temps que Harry se remette sur ses pieds, la moitié du groupe des Français faisait la gueule à l'autre, sans trop savoir pourquoi d'ailleurs, et le papé se passait une patte exaspérée sur le visage. Le Golden Boy leva la tête et se rendit compte qu'ils étaient au bas d'une pente escarpée. Au bout du chemin se dessinait l'imposante masse sombre, même sinistre, de la vieille forteresse cathare. Un peu plus bas, sur une petite colline, les ailes miteuses du moulin Quercevalles se détachaient dans le jour déclinant.
« Bon. », finit par dire le vénérable chat. « Ça suffit comme ça les hurlements, c'est déjà miraculeux qu'on ait pas croisé un des Anges morts de l'autre dégénéré… »
« …Mangemorts. », corrigea machinalement Elianor, même plus énervée.
« Oui, bref, un de ces marauds… », reprit le papé. « …avec tout le boucan que vous faites, même la Méduse de Delphes a dû se réveiller ! »
« Mais la dernière Méduse de Delphes est morte en 1593 ! », protesta Hermione, outrée de l'hérésie historique.
« Justement. Même les Méduses mortes, vous avez dû les réveiller ! », rétorqua le vieux chat. Il se racla la gorge et prit un air important. « Ce qui compte, c'est que nous avons la clé, et que nous devons ouvrir l'entrée du château de Peyrepertuse et récupérer la Coupo Santo. »
« Justement, c'est aussi ce qui nous intéresse, nous devrions peut-être songer à ''associer nos efforts''… », ricana alors une voix située quelque part au-dessus de leurs têtes.
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Londres, Chemin de Traverse…
Une fois n'est pas coutume, ce soir-là, Narcissa Malefoy s'était rendue au Chemin de Traverse dans un but totalement étranger au shopping ou au dévalisage du coffre commun de Gringotts qu'elle partageait avec Lucius. Au contraire, elle attendait à présent dans l'antichambre de celui qui allait certainement faire en sorte de transformer le compte commun en compte personnel –à son usage exclusif à elle, bien entendu.
La porte du cabinet de l'avocat s'ouvrit, et un petit homme myope, vêtu d'un complet qui avait vu de plus beaux jours, en sortit.
« Madame Malefoy ? »
Narcissa se leva avec sa grâce habituelle, en songeant que c'était peut-être une des dernières fois où quelqu'un l'appelait Madame Malefoy. Avec tout ce qu'elle avait dû endurer, elle avait fait rajouter dans l'acte qu'elle reprendrait son nom de jeune fille dès le prononcé du divorce. À savoir donc : Narcissa Black.
Elle suivit le petit homme miteux dans un bureau poussiéreux, rempli du sol au plafond de livres, de parchemins et de dossiers, dont certains flottaient nonchalamment dans l'air. L'avocat s'assit dans son fauteuil en cuir, fit signe à la belle blonde d'en faire autant sur l'un des deux sièges placés devant son bureau, et se saisit d'un dossier rouge, tout en rajustant ses bésicles sur son nez court.
En s'asseyant, Narcissa souleva un nuage de poussière, et elle se prit à penser que heureusement, dans le cas de l'avocat, l'habit ne faisait pas le moine. Il se trouvait en effet que maître Lesembrouilles, malgré l'aspect misérable de sa personne et de son cabinet, était le juriste le plus doué du tout Londres sorcier. Faute de quoi elle se serait naturellement enfuie en courant.
« Ah oui, le cas Malefoy-Black… », marmonna son défenseur en se massant les tempes. « C'est un cas complexe, car votre mari a refusé en bloc la demande de divorce amiable que je lui ai adressée, et visiblement il n'a pas pris contact avec un avocat malgré le hibou d'assignation à comparaître que je lui ai signifié…C'est fâcheux. »
« Fâcheux comment ça ? »
Le sorcier de loi eut un sourire qui n'aurait pas paru déplacé au milieu d'un banc de barracuda.
« Fâcheux pour la partie adverse, naturellement, Madame Malefoy ! » D'un coup de baguette magique, le petit homme invoqua un énorme livre à la couverture moisie, qui avait dû être rouge quelques décennies plus tôt. Il l'ouvrit à une page et énonça calmement : « Voyez-vous, selon l'article 242 du code civil de sorcellerie britannique, le fait pour un sorcier d'abandonner sciemment sa famille constitue une cause de demande de divorce pour faute, et je ne parle pas encore, naturellement, du cas de l'enlèvement d'enfant mineur. »
Narcissa prit un air intrigué. L'avocat poursuivit :
« L'audience est prévue pour demain à onze heures. L'absence de votre mari ne jouera pas en sa faveur, encore moins son refus obstiné d'en venir à la conciliation. »
« Ce qui veut dire ? »
Maître Lesembrouilles se cala plus confortablement dans son fauteuil.
« Eh bien cela veut tout simplement dire que la procédure prendra peut-être deux mois au lieu d'être immédiate, car nous passerions dans un cas de divorce pour faute, donc contentieux, et qui dit contentieux dit délai d'attente… » Il interrompit de la main la remarque qu'allait faire Narcissa. « …mais d'un autre côté, vous pouvez en attendre beaucoup plus… »
La blonde fut appâtée par le sourire de squale.
« Beaucoup plus ? »
« Disons cinq à huit mille Gallions de pension chaque mois, au lieu des trois mille trois cents initialement demandés dans la conciliation… »
« Vous m'intéressez, Maître…Discuter avec vous est décidément très plaisant ! », sourit la mère de Drago en tapotant pensivement son sac à main. Deux mois à attendre, et elle ferait payer à Lucius tout ce qu'il leur avait fait, à elle et à son fils.
En sortant du cabinet de l'avocat, Narcissa se demanda tout d'abord ce qu'elle pourrait s'acheter avec autant d'argent tous les mois. Et puis, en passant devant une ancienne boutique fermée dont les locaux étaient à vendre, elle se souvint de la prophétie de la fée Clafouti…
oOoOoOo
Le hurlement de terreur que poussa Neville les fit tous sursauter en même temps. Harry leva les yeux. Un peu au-dessus de leurs têtes, dans l'escarpement rocheux, il distingua avec stupeur une vingtaine de silhouettes sombres d'aspect menaçant.
« Des Mangemorts ! », piailla la voix de Mélinée.
À sa seule intonation de voix, nul doute que la jeune fille devait être littéralement en pleine crise d'hystérie.
Phrase à laquelle David rajouta intelligemment, pour ne pas ajouter à la panique générale :
« On va tous mourir ! »
« Petite couillonne, quoi qu'il arrive, garde la clé, veilles-y comme à la prunelle de tes yeux ! S'ils s'en emparent, des choses terribles arriveront, souviens-toi ! », beugla le papé en occitan, langue que seule Elianor fut en mesure de comprendre.
Mais lorsque cette dernière s'entoura soudainement d'un halo lumineux aveuglant qui semblait descendre directement de la montagne, résultant probablement d'un Protego ultra puissant dont elle seule avait le secret, les huit autres adolescents se doutèrent bien que le papé lui avait confié une mission de protection. C'était la logique même. Et à l'air féroce qu'arborait désormais la Languedocienne, Harry songea que les Mangemorts, si puissants soient-ils, feraient bien de ne pas trop s'y frotter.
Le papé, pendant ce temps, n'avait pas perdu de temps. Il avait fermé les yeux, visiblement sous l'effet d'une extrême concentration, et un halo lumineux commençait à se former tout autour du groupe de jeunes gens. Quand il fut à peu près constitué, l'ancêtre rouvrit les yeux :
« Préparez-vous les pitchounets ! Je ne pourrai pas les retenir longtemps, j'ai déjà beaucoup utilisé ma force magique, et je ne suis plus tout jeune ! »
C'était l'encouragement dont Harry avait besoin pour retrouver tout son leadership, celui qu'il ne manquait jamais de retrouver dans toutes les situations bien merdiques, genre ministère de la Magie, six mois auparavant. Espérons qu'il va tuer personne ce coup-ci avec ses idées à la con, songea avec amertume Hermione.
Déjà, les premiers sorts fusaient de part et d'autre, et du côté des Mangemorts, on comptait bien entendu quelques maléfices aussi amicaux que totalement interdits comme le Doloris ou même carrément, tant qu'à faire bien les choses, l'Avada Kedavra. Heureusement, le bouclier du papé tenait bon, pour l'instant. Harry savait qu'il devait trouver un plan vite, car il voyait, comme tous les autres pouvaient le constater, que la barrière lumineuse érigée par le chat noir et blanc commençait doucement à pâlir, signe évident qu'elle faiblissait. Bientôt, plus rien ne les protègerait contre les sorts des Mangemorts, sinon leurs propres sorts de Bouclier, qui seraient bien impuissants face à un Avada Kedavra...
« Il faut essayer d'atteindre le château ! », hurla le Survivant dans le vacarme assourdissant des maléfices qui jaillissaient des deux bords.
Un brouhaha total et une mêlée confuse suivirent ses paroles. La plupart des jeunes étaient paniqués, à l'instar de Neville ou David. Mélinée, quant à elle, balançait des sorts aussi stupides les uns que les autres, qui avaient généralement pour effet de couvrir de maquillage façon Barbie un masque de Mangemort par ci par là, ou encore de teindre en rose bonbon ou en jaune poussin une de leurs robes noires. Ça donnait certes une touche de fun à la bataille, mais au fond, c'était pas vraiment utile –même si occasionnellement ça distrayait de leur tâche les sbires du Voldiche.
Quoi qu'il en soit, ils avaient clairement oublié ce pourquoi ils se retrouvaient là, en pleine nuit, sur les flancs d'une forteresse médiévale, à se battre contre les forces des ténèbres. Aussi le papé se chargea-t-il de le leur rappeler :
« Vous attendez la Noël ou quoi ? », beugla-t-il. « On a un peque blond à sauver, et la Coupo Santo va pas voler jusqu'à nous ! Elle se mérite, il faut aller la chercher ! »
« Va la chercher toi-même vieux débris ! On a pas que ça à foutre ! », hurla Lorelei qui était engagée dans un duel avec un énorme Mangemort, duel qui devenait de plus en plus difficile à mener au fur et à mesure que la protection se fanait.
« Me parle pas comme ça, couillonne d'Armoricaine ! », brama en réponse un papé furax.
La couillonne Armoricaine n'eut pas le loisir de répondre car la barrière magique de protection élevée par le vieux débris s'évanouit brutalement dans l'air, entraînant un rugissement de contentement de la part des assaillants. Cependant, Harry et Hermione avaient prévu le coup :
« Dispersez-vous et courez !!! », cria Hermione le plus fort qu'elle put, pour couvrir le vacarme ambiant.
Harry partit bille en tête vers la forteresse, zigzaguant entre les sorts, en jetant lui-même un de ci de là. Il sentait dans son dos des pas précipités, sans savoir au juste s'il s'agissait d'amis et d'ennemis. Pour être exact, il pensait que c'était les deux à la fois, et il n'avait pas tort. Hermione, Lorelei et Eymelie le talonnaient, alors que Neville, Ron, David et Mélinée étaient partis dans la direction opposée, en direction de la Cacahouète, afin de diviser leurs poursuivants.
Force fut de constater que le plan fonctionna plutôt bien, puisque les Mangemorts, étant particulièrement stupides et même en sachant qu'ils devaient en priorité ramener la Coupe de Peyrepertuse à leur Maître, se séparèrent en deux, et la moitié d'entre eux partit donc tout naturellement dans la direction opposée à la vénérable forteresse.
Harry courait comme un dératé, mais ses chaussures glissaient sur les cailloux tranchants du chemin, et il semblait que les quatre autres, derrière lui, expérimentaient les mêmes difficultés techniques. Il entendit Lorelei hurler derrière lui :
« Ralentis, Binocles ! On va s'casser la gueule ! »
Puis soudain la voix d'Eymelie retentit à son tour, et ce fut comme si un coup de gel avait refroidi tous les gens qui l'entendirent :
« Où est Eli ? »
Harry faillit piler net, mais il avait assez ralenti pour que Hermione le percute de plein fouet et manque le faire tomber. En moins de deux, ils avaient été rejoints par Eymelie et Lorelei, mais ils n'eurent pas le temps de s'arrêter plus que ça pour en discuter : quelques mètres derrière eux, les Mangemorts arrivaient en courant et en balançant des maléfices. Les adolescents avaient déjà du mal à les éviter en zigzaguant, aussi rester immobile n'était donc pas une option envisageable. Hermione attrapa le bras du Survivant et hurla :
« Allez Harry, on s'occupera d'Elianor quand on se sera débarrassé de ceux-là ! »
« Et comment tu comptes t'en débarrasser au juste, Encyclopédie ? Tu leur envoies un Larousse dans la tronche ? », meugla Lorelei en évitant de justesse un Doloris.
Hermione ne répondit pas, mais balança un Stupéfix bien senti à un de leurs poursuivants qui s'écroula.
« Pas besoin de Larousse ! », rétorqua la brune en continuant à envoyer toutes sortes de charmes paralysant.
Fort heureusement, le haut de la forteresse était tout près, et après quelques efforts de grimpette en zigzag, les quatre jeunes gens déboulèrent enfin sur une étendue plate, recouverte de vieilles pierres moussues et d'herbes folles. À priori, il n'y avait rien qui pouvait laisser supposer qu'une relique abritant un pouvoir immense avait été cachée là. On aurait juste dit une banale ruine médiévale comme la France, sorcière et moldue, en comptait des dizaines.
Harry s'arrêta, et se retourna, baguette à la main, prêt à affronter en combat singulier les Mangemorts lancés à leur poursuite. Mais à son grand étonnement (et à celui de ses trois compagnes), personne ne débarqua à leur suite au sommet de la montagne. Lorelei s'avança prudemment dans l'escarpement, et promena sa baguette allumée sur le chemin d'un air méfiant.
« Y a personne. On les a tous envoyés aux fraises, apparemment. », dit-elle en remontant.
« C'est vrai qu'on en a stupéfixés pas mal. », admit Eymelie.
« Bon, ça nous enlève un problème non négligeable. », résuma Hermione. « Mais il reste toujours le principal : où est passée Elianor et son ancêtre ? »
Les quatre adolescents se regardèrent d'un air perplexe.
« Un autre alter mundus ? », suggéra Hermione.
« Ça serait possible… », reconnut Eymelie, pensive. « Mais comment trouver l'entrée ? »
« À quoi ça nous servirait de trouver l'entrée, de toutes façons ? », fit alors Harry. Les trois filles se retournèrent vers lui comme un seul homme, et il vit que Hermione était déjà prête à protester. Il poursuivit néanmoins son raisonnement. « Je veux dire, on peut pas aller la chercher, la Coupe Sacrée…Y a que Elianor qui peut la récupérer, non ? La seule fille de la famille depuis le Moyen-âge, tout ça…Nous, tout ce qu'on a à faire, c'est attendre qu'elle revienne avec, qu'elle brise le sortilège de Fidelitas pour qu'on sache où est Drag…Malefoy, et qu'on aille le chercher. C'était pas ça, le plan initial ? »
Les trois filles ne répondirent pas, mais Harry vit à leurs mines déçues qu'elles savaient qu'il avait raison, même si elles avaient perdu de vue cet aspect-là du plan.
Lorelei se voyait clairement récupérer triomphalement une Coupe étincelante taillée dans le diamant, sur fond apocalyptique de volcan en éruption. Le plan ''On reste plantés là comme des sardines baignant dans l'huile de leur boîte en attendant qu'Eli revienne avec la relique'', on voyait bien que ça lui plaisait pas ; mais bon, il fallait bien admettre que là, Binocles avait raison.
Hermione, quant à elle, était toujours habituée à être la première au centre de l'action, et malgré ce que Harry avait dit, elle se mit à réfléchir à un moyen de trouver une entrée, quelle qu'elle fut, à l'alter mundus, qui, elle en était sûre, abritait la précieuse Coupe tant convoitée.
« Hermione, arrête de réfléchir à comment on peut entrer dans l'alter mundus –si jamais y'en a un, bien sûr. T'as bien vu qu'il fallait une clé pour y entrer, et que c'est Eli qui l'avait ? », intervint Harry. Il connaissait par cœur ce petit air préoccupé qu'elle avait quand elle cherchait à tout prix une solution à quelque chose d'insoluble.
« Non Harry, peut-être qu'elle l'a laissé ouvert derrière elle. Après tout, vous aviez bien oublié de fermer à Montségur. », rétorqua Hermione.
« Là, je pense qu'elle aura pas oublié, l'enjeu est trop important. », dit Eymelie.
« Ouais, avec le vioque avec elle, y'a aucune chance, il a dû fermer à double tour derrière eux, le vieux croulant. »
« Tu sais c'qu'il te dit, le vieux croulant ??!!? », beugla une voix venant de quelques mètres plus loin.
« Oh ! Rev'là le vieux gâteux ! », poursuivit Lorelei comme si de rien n'était. « Où est passée ta p'tit fillotte, l'ancêtre ? »
Quand leurs yeux se furent habitués à l'obscurité, ils distinguèrent la petite forme du chat noir et blanc, perché sur un muret à demi écroulé.
« Où est Elianor, papé ? », demanda Hermione d'un ton pressant.
La queue noire du papé fouetta impatiemment l'air.
« Elle est partie chercher la Coupe. » Il avait l'air inhabituellement nerveux, ne put s'empêcher de remarquer Harry. « J'espère que tout ira bien. Ça fait tellement de temps que cette Coupe n'a pas été touchée, j'espère que son pouvoir est encore stable…et que la déplacer ne provoquera rien de fâcheux. »
« Fâcheux comme quoi ? », demanda précipitamment Eymelie.
« Eh bien il s'avère que dans le cas de certains vieux objets magiques, la magie résiduelle qu'ils contiennent peut se détériorer avec le temps, voire devenir totalement erratique et incontrôlable, et peut parfois même exploser… », récita mécaniquement Hermione.
Harry s'attendait toujours, dans ces moments-là, à ce qu'elle cite la référence et la page du livre où elle avait lu l'explication. Comme une bibliographie vivante. Puis il se rendit compte de la portée de ce que la jeune fille venait de dire. Eymelie avait pâli, et Lorelei se taisait, ce qui en soi, n'était pas très bon signe. La Préfète rousse fut la première à réagir :
« Mais alors…Ça veut dire que vous l'avez envoyée chercher un truc dont on sait même pas la dangerosité ? Ça veut dire que ce truc peut lui péter à la tronche ? Comme une putain de bouteille de nitroglycérine ? Ça veut dire que vous l'avez laissée faire en sachant ça ? »
Elle avait hurlé la dernière phrase. Harry avait toujours vu Eymelie très diplomate et très calme, les hurlements étant la marque de fabrique de l'autre Préfète de Vampiglams, et la voir dans cet état était pour le moins inhabituel.
Le papé ne rétorqua rien de cinglant (très inhabituel chez lui), mais quoi qu'il ait prévu de dire pour sa défense, il n'en eut pas le temps.
Du sentier à flanc de montagne s'éleva alors un bruit de pas qui gravissaient en courant la pente, avec force halètements.
« Les Mangemorts ! », fit Hermione en brandissant devant elle sa baguette.
Les quatre adolescents se figèrent, prêts au combat qu'ils devinaient inévitable, quand quatre formes prirent pied sur l'étendue herbeuse du sommet.
« Stupéfix ! », hurla instantanément Hermione.
Un éclair rouge sortit de sa baguette, et loupa de quelques millimètres la tête de la plus haute silhouette qui poussa un couinement aigu. Harry abaissa aussitôt sa baguette, et il sut dix secondes après qu'il n'avait pas eu tort.
« Aïeuh Hermioneuh ! T'as failli me blesser ! », s'exclama dans l'obscurité la silhouette avec la voix de Ron.
« Ah, c'est que vous. », constata Lorelei en coinçant sa baguette dans la ceinture de son jean.
« Mais comment vous avez pu réussir à vous débarrasser des Mangemorts ? », demanda Hermione, stupéfaite.
« C'est moi ou je trouve ta surprise un peu insultante ? », dit Ron d'une voix aigre.
« Mélinée leur a jeté un sort de son invention. », expliqua Neville.
« Oui ! », fit la petite sorcière arménienne. « Je l'ai appelé Mega hairspray wave ! »
« Vous auriez vu ça les mecs ! », s'écria David, manifestement béat d'admiration. « Elle a agité sa baguette, et tout d'un coup tous les Mangemorts qui nous poursuivaient se sont retrouvés les pieds englués dans du gel à cheveux ! Et après elle a lancé un autre sort qui l'a fait durcir, ils pouvaient plus bouger d'un iota, on a eu qu'à les stupéfixer un par un, c'était sensass' ! »
« Oui, c'est très pratique comme sort, je l'ai mis au point avec Lara, ma sœur, quand on s'est rendu compte qu'il suffisait d'un coup de sèche-cheveux pour faire durcir instantanément le gel Collach'veux ! »
« Ça marche aussi avec la bouche ? », s'enquit le papé en jetant un œil mauvais en direction de Lorelei.
« C'est bien beau tout ça, mais maintenant, on peut aller aider Eli ? », intervint Eymelie. Elle n'avait pipé mot depuis sa crise, et on sentait qu'elle n'en pensait pas moins.
« Oui, on est vite revenus pour l'aider, nous aussi ! », fit Mélinée.
Le papé jeta des regards furtifs à droite et à gauche. Il tapota une pierre du muret sur lequel il se tenait, et un pan du mur adjacent sembla s'écarter, pour laisser place à ce qui ressemblait à une porte.
« On dirait bien que les Mangetouts sont partis, je suppose qu'on peut prendre le risque…Par ici, les pitchous…L'entrée du château de Peyrepertuse ! »
Les huit adolescents entrèrent à la queue leu leu avec circonspection.
« C'est quoi, les Mangetouts ? », demanda au bout d'un moment la voix de Ron dans l'obscurité.
« C'est pas des haricots ? », lui répondit Neville.
oOoOoOo
À sa grande surprise, Harry et ses compagnons ne tombèrent pas dans une réplique exacte du vieux château comme ç'avait été le cas à Montségur, mais dans une sorte de boyau de pierre brute qui semblait descendre loin sous la terre.
« C'est pas un alter mundus ? », s'étonna Mélinée, quelques pas devant lui.
« Bien sûr que non, petite couillonne d'Arménienne ! », rétorqua le papé, loin devant, qui ouvrait la marche. « Tu sais au moins quelles sont les conséquences inévitables d'un sortilège pareil ? »
Mélinée ne répondit pas, mais Harry savait qu'elle connaissait la réponse à cette question, tout comme il la connaissait. Elianor le leur avait expliqué, à Montségur.
« L'âme du sorcier qui l'a jeté est liée à jamais à l'alter mundus… », répondit Hermione en lieu et place de la sorcière arménienne. « …parce qu'une partie de son âme a été sacrifiée pour le créer. Un peu comme pour un Horcruxe. »
« Exactement. Alors je n'allais pas séparer en six mon âme pour protéger les autres forteresses. Et de toute façon, personne ne peut créer six alter mundi. Un seul, c'est déjà un exploit. Elle était…vraiment une sorcière hors pair. »
Il se tut quelques instants, et personne n'osa briser le silence, parce que dans sa voix, tous avaient perçu cette note d'émotion quand il avait prononcé la dernière phrase. Il reprit d'une voix rauque :
« Enfin, là ce n'est qu'un souterrain secret, protégé par la Septième clé, quelques sortilèges, et par Akshan, notre ifrit. C'est moins performant qu'un alter mundus, mais jusqu'à présent, ça a tenu le coup. », résuma le vieux chat.
Effectivement, après quelques minutes de marche, ils tombèrent sur ledit ifrit, qui à présent avait la forme d'un œilleton gardant l'entrée d'une salle fermée par une lourde porte en fer forgé. La seule indication que ce n'était pas un œilleton comme les autres était la pupille rouge qu'on voyait dedans, et qui clignait de temps à autre.
Comme sur le manteau de la cheminée de la Cacahouète, on pouvait voir le blason des Quercevalles au-dessus de la porte, et leur devise y était gravée en lettres étincelantes, comme une avertissement menaçant les intrus qui se seraient introduits sans l'aval de la vénérable famille.
« Ouais ? C'est pour quoi ? », retentit la voix gouailleuse de l'esprit du feu. « On est fermé ! »
« Ouvre-toi, imbécile ! C'est moi ! Guilhem de Quercevalles ! », beugla le papé en réponse.
« Guilhem ou pas Guilhem, j'ouvre pas ! La d'moizelle rousse, elle a dit que je devais jamais faire entrer personne qui ait pas la clé, encore plus quand y a quelqu'un dans la Chambre de la Coupe ! »
« Quelle d'moizelle rousse ? », brailla le vieux chat, visiblement excédé.
« Bah ta fille ! La jolie rouquine, celle qu'est v'nue là pour la dernière fois ! Tu t'en souviens pas, Gugu ? C'est vrai qu'ça fait un bail que personne s'est radiné ici, m'enfin quand même... »
« JE M'EN SOUVIENS ! », crisa Guilhem. « Maintenant dis-moi où est Eli et ensuite tu ouvres cette porte, t'entends ? »
« Mais j'peux pas vous laisser passer, j't'ai déjà dit ! », gueula Akshan. « Pas quand y'a déjà quelqu'un dedans, c'est comme ça et voilà tout, z'avez qu'à attendre qu'elle sorte avec vot'bazar, zut à la fin ! »
Les huit adolescents ébahis assistèrent à cette scène d'anthologie que fut la dispute entre un gros chat noir et blanc et un petit œilleton à la pupille rouge, qui parlait comme un poissonnier par le biais d'une bouche invisible. Mais l'ifrit fut inflexible, et ce fut au moment où le papé allait réellement péter les plombs que la porte de fer s'entrouvrit lentement, et qu'une Elianor encore plus décoiffée que d'habitude apparut, les bottes boueuses, sa veste déchirée à la manche droite par la brûlure d'un sortilège. Entre ses bras, elle tenait une sorte de vasque qui semblait être faite en terre cuite.
« Voilà, j'te l'avais dit qu'elle allait pas tarder à r'venir, la gamine ! », fit la voix désincarnée de l'ifrit. « C'était pas la peine de m'taper un scandale ! »
Mais plus personne n'écoutait le petit esprit du feu. Les élèves de Beauxbâtons s'étaient instinctivement rués sur leur camarade, l'abreuvant d'un flot continu de questions ininterrompues. Gugu rétablit le calme en hurlant, alors que les quatre Anglais préféraient rester légèrement en retrait de toute cette agitation bien franchouillarde.
« ÇA SUFFIT MAINTENANT ! », aboya le papé pour rétablir le calme. Une fois que neuf têtes se furent tournées vers lui, il reprit plus posément : « Maintenant que la petite couillonne a récupéré la Coupe, nous allons pouvoir agir pour aller chercher ce petit couillon de Malefoy. »
Ils commencèrent à remonter lentement vers la surface terrestre, et Harry, qui fermait la marche avec Hermione, ne pouvait s'empêcher de braquer son regard vers l'objet de facture grossière qu'Elianor, juste devant lui, tenait précautionneusement dans ses bras, comme s'il s'agissait d'un trésor inestimable. Hermione dut remarquer son regard interloqué, car elle dit :
« Toi aussi t'as remarqué ? On se croirait vraiment dans Indiana Jones, avec son Graal tout miteux... »
Ron, quelques mètres devant eux, ne connaissait pas Indiana Jones, mais il approuva vigoureusement. Visiblement il n'arrivait pas à concevoir qu'un objet d'une telle puissance magique pouvait revêtir une apparence aussi pourrie.
« C'est pas l'apparence qui compte. », intervint Eymelie qui marchait à côté d'Elianor.
« Bien sûr que non. », poursuivit Elianor. « Sinon la Coupe aurait été trouvée depuis longtemps, avant même d'avoir pu être cachée ! Tous les crétins qui la cherchent s'imaginent que c'est une coupe en or et incrustée de diamant, résultat, ils passent tous à côté sans s'en rendre compte. »
Lorelei fit une tête bizarre, et cela avait surement à voir avec le fait que l'instant d'avant, elle s'imaginait brandissant une coupe étincelante incrustée de joyaux.
« Oui, c'est la tactique de la dissimulation, un peu comme les nazis qui ont choisi la belle coupe dans le film. », précisa David, dont le père était moldu et qui avait donc vu Indiana Jones.
« Quoi ? », firent Ron et Neville, quasiment en même temps.
« Bin, les gens cherchent toujours un truc clinquant, niveau relique magique, alors c'est logique qu'au final, ça soit un truc pourri. », expliqua David. « Pour pas qu'on trouve, quoi. »
« C'est quoi, les nazis ? », demanda au bout d'un moment la voix de Neville dans la quasi obscurité du boyau.
« Chais pas. », répondit celle de Ron. « Sûrement encore une invention moldue. »
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Notes :
(1) « Dépêchez, dépêchez ! »
Le sondage de Ritsuko !
À votre avis, que va-t-il arriver à notre joyeuse compagnie à leur sortie du tunnel :
A / Ils vont se retrouver en plein milieu d'une rave-party
B/ Ils vont atterrir dans le réseau des égouts de Paris
C/ Ils vont retourner dehors et rentrer chez Elianor bien pépères
D/ Ils vont tomber dans un piège tendu par les Mangemorts !
Dans le prochain chapitre : où ça se castagne à mort, où les jeux sont faits, et où nous arrivons à la fin de toute chose...
