Yep ! bien le bonjour à vous !!
Enfin, une épreuve de bac terminée ! Et pour fêter ça, un nouveau chapitre !^^ quand j'aurai mes notes, vous aurez peut être le droit au champagne, qui sait ?^^ Juste pour demander, à ceux qui ont passé leur écrit de français ; vous avez pris quoi comme sujet ? disert', commentaire ou invention ? Moi… invention (tout le monde s'en fous, mais c'est pas grave, j'aime raconter ma vie !^^) enfin, on verra bien le jour des résultats non ? En attendant, régalez vous avec un autre chapitre.
Pour répondre à ta question Xunaly, la fin de cette gentille petite histoire (comment ça elle n'est pas gentille ?) devrait arriver d'ici encore quelques chapitres, quand à savoir si ça se terminera bien, moi je le sais car la fin est déjà écrite. Après faut voir dans quelle humeur je suis au moment de la publier, qui sait ? Je serais peut être clémente !^^
Bonne lecture à vous tous, et rendez vous le 25 ou 26, quand j'aurai fini mes examens !^^
27 décembre, après midi.
Yukimura enleva le portable de son oreille, et raccrocha furieusement. Ah, ils trouvaient ça comique hein ? De l'appeler, puis de raccrocher directement, ne lui laissant que la tonalité dans l'oreille. Ça aurait pu être un appel vraiment important, quelque chose en rapport avec son frère, la police peut être. Mais non, c'était juste un gamin qui s'amusait à faire des blagues stupides. Il n'était pas vraiment dans le bon état d'esprit pour apprécier les blagues ces temps ci.
Il revint s'asseoir à coté de Mahiro, qui lui jeta un coup d'œil interrogateur. Evidement, tous pensaient comme lui, qu'il aurait pu s'agir de la police, même si celle-ci avait définitivement laissé tomber l'affaire. Pas d'indices, rien à trouver, donc pas d'enlèvement, telle était leur conclusion.
« _ Qui était ce ? »
« _ Un imbécile, qui joue avec mes nerfs. »
La jeune femme lui posa une main amicale sur l'épaule, et lui offrit un sourire qui se voulait réconfortant. Réconfortant tu parles ! Il commençait à en avoir marre de leurs regards compatissants et emplis de tristesse à son égard. Aussi le contact de cette main menue l'irrita plus qu'autre chose, et il se retint de la repousser sèchement. Il savait bien qu'ils faisaient ce qu'ils pouvaient pour l'aider, mais il commençait à se demander si on pouvait réellement lui venir en aide.
Mahiro dut percevoir la soudaine tension dans ses épaules, car elle enleva sa main et la reposa sagement sur ses genoux. Yukimura reporta son attention sur la table basse et Shinrei qui gribouillait ardemment sur un vieux plan de la ville. Il avait décidé de commencer des recherches, vu que la police était visiblement incapable de les mener correctement, et ils s'étaient tous joints à lui avec ferveur. Y comprit les moins attendu.
Yuya était assise par terre prés de lui, feuilletant un dossier bien maigre avec attention et notant tout ce qui pouvait leur servir pour la suite. Elle était arrivée quelques heures plus tôt, apportant le repas par la même occasion, suite au coup de fil que lui avait passé Mahiro. Comme convenu, elle lui avait raconté en détails les épisodes de la veille, et la blondinette avait accouru, terriblement gênée et se sentant affreusement coupable de les avoir laissés en plan de la sorte. Mahiro l'avait rassurée en lui certifiant que ce n'était pas si grave que ça dans la mesure où Yukimura s'en était bien sorti, et qu'il ne lui en voulait pas. La brune avait bien entendu deviné que si Yuya ne les avait pas aidés pour mettre la main sur leur dépressif alcoolique, c'était en partie à cause de Kyo qui ne lui aurait certainement pas pardonné d'avoir « gâché son temps ». Le sien bien entendu. Mahiro s'était bien souvent demandé pourquoi son amie restait avec un imbécile pareil, mais après tout, elle n'avait rien à dire car elle-même sortait avec un abruti. L'amour rend aveugle, ce devait être la seule explication plausible.
Toujours est il que, si Yuya n'avait pu leur prêter main forte pour chercher Yukimura et l'empêcher de commettre un acte regrettable, elle n'était pas restée inactive pour autant. Faisant jouer un de ses relations- ex relation ! Avait elle hurlé, rouge comme une pivoine- elle avait réussi à se procurer le dossier que la police avait constitué sur la disparition de Sasuke. Bien maigre dossier, malheureusement, mais qui retranscrivait néanmoins fidèlement les démarches entreprises, et les hypothèses vaseuses qu'ils avaient élaborées. Rien de très brillant, mais c'était mieux que rien, et cela leur donnait une base sur laquelle s'appuyer.
« _ Ok, » récapitula t elle en se massant légèrement le front, relisant ses notes. « On part du principe qu'il a disparu le 24 décembre. »
« _ Il a disparu le 24 décembre », répliqua Yukimura entre ses dents serrées. Evoquer ainsi la disparition de son cadet le rendait malade.
Yuya lui jeta un petit regard perdu, et se reprit.
« _ Bien, donc il a disparut le 24 décembre. Soir ou matin ? »
« _ Le soir, » indiqua Kosuke en parcourant le dossier du doigt. « Un témoin affirme l'avoir vu aux alentours des vingt et une heure trente, prés du cimetière. »
« _ Le cimetière ? » s'étonna Mahiro en frissonnant. « C'est glauque. »
« _ C'est sans doute vrai, » affirma Yukimura, les yeux dans le vague. « Il devait sans doute parler à Maman, il le fait souvent quand il se sent mal. »
Un silence gêné s'imposa dans la pièce, et les respirations mêmes ce firent pesantes. Chacun se jetait des regards soucieux avant de fixer Yukimura, qui lui ne regardait personne en particulier, les yeux dans le vague et parfaitement secs. Oui, ce soir là, Sasuke s'était senti mal, très mal, et il était partit parler à leur mère, sans doute pour dire que son fils avait encore oublié son anniversaire. Oui, il avait fait le con, et tout était de sa faute, mais il comptait bien se racheter. Et une fois qu'il aurait retrouvé son petit frère, il organiserait un anniversaire digne de ce nom, dans la maison de Yuya ou de Shinrei, s'ils voulaient bien, évidemment. Et tout rentrerait dans l'ordre. Ça devait se finir comme ça, il n'y avait pas d'autre choix. Il devait le retrouver. Il y mettrait le temps qu'il faudrait, mais il le retrouverait, dusse t il aller jusqu'en enfer pour ça.
« _ Bon, on sait au moins qu'il était là bas à 21h30, et que je suis revenu aux alentours de minuit, ça nous donne une fourchette. » déclara Yukimura, rompant ainsi le silence et la gangue de gêne qui s'étaient installés.
« _ Je doute qu'il se soit délibérément jeté dans les bras de son agresseur, » ajouta Kosuke. « Il a dû se faire enlever sur le chemin du retour. »
Le brun approuva en hochant la tête, et traita mentalement les policiers du coin d'incapables. En moins d'une heure, ils avaient trouvé plus de choses que tout le commissariat réuni ! Ce n'était tout de même pas sorcier de réfléchir un peu bon sang ! Il s'en voulait de ne pas avoir fait cela plus tôt, et d'avoir désespéré ainsi. A cause de ses idioties de pont et de saut da l'ange, il avait perdu de précieux jours à se morfondre comme un imbécile, alors qu'il aurait pu venir au secours de son frère. Il ne pensait pas avoir assez d'une vie pour se faire pardonner.
Shinrei, suivant les directives de ses camarades à la lettre, en bon petit soldat qu'il était, traça soigneusement sur son plan, un itinéraire possible du retour de Sasuke. Il repoussa le plan pour que tous puissent y jeter un coup d'œil. Le problème était maintenant de trouver le bon itinéraire emprunté par le gamin, car une bonne dizaine de trais rouges s'offraient à leurs yeux découragés. Mahiro réfléchit un instant.
« _ Enlève celui-ci, » ordonna t il en pointant un trait du doigt. « Il n'est sûrement pas passé devant le bar, on l'aurait forcement vu. »
Shinrei obéit alors que son frère coloriait distraitement un bout de son T-shirt (celui de Shinrei), avec un gros marqueur vert indélébile.
« _ Il n'est sans doute pas passé devant chez Antéra, » fit Yukimura en lui indiquant un autre trajet. « Il m'a dit que cette fille était totalement accro et qu'elle passait son temps à guetter sa venue par la fenêtre. Il n'a pas du prendre le risque de tomber dans les griffes de « Mademoiselle ».
De nouveau, Shinrei enleva un trait alors que son frère en rajoutait un dans son dos, à proprement parler. Le jeune homme consulta le plan et fit une petite moue.
« _Ça nous laisse tout de même un paquet de possibilités… »
« _ Il faisait froid ce soir là » indiqua Yuya qui se souvenait encore des frissons qui l'avaient secouée toute la journée dans la galerie marchande ouverte aux quatre vents.
« _ Et alors ? » demanda Shinrei qui ne voyait pas vraiment où elle voulait en venir.
« _ Il a dû prendre le chemin le plus court. » expliqua t elle avec un petit air navré devant ce manque évident de bon sens.
« _ Donc tu peux enlever les chemins qui passent par le parc et la galerie marchande. » fit Kosuke, qui venait d'enlever le stylo des mains de Luciole. Ce dernier fit la moue comme un enfant contrarié, ce qu'il était, et rabattit son attention sur les motifs du tapis, décidément captivants.
« _ Bien ! » s'exclama son frère en brandissant fièrement son plan, désormais débarrassé de toutes les informations parasites. « Et bien il ne nous reste plus qu'à nous séparer. »
Il décida des équipes, et donna un chacun le bout de plan qui lui était assigné. Yukimura insista pour être seul, ce qui n'enchantait guère ses amis. Il leur promit avec un grand sourire de ne pas faire de bêtises. Mahiro et Yuya devaient faire un tour prés du cimetière et des environs, et Kosuke, ayant encore l'habitude de traiter avec des dealers en tout genres, devait aller récolter des informations, et chercher du côté de la décharge publique. Un corps d'enfant pouvait facilement disparaître au milieu des détritus…Comme il était totalement inenvisageable de laisser Luciole tout seul dans la ville, il fut décidé qu'il resterait avec son frère, lequel venait de s'apercevoir de l'état de son T-shirt, son cadet n'ayant définitivement pas de goût en matière d'art. Yukimura partit rapidement de l'appartement, plus déterminé que jamais, et les hurlements de Shinrei l'accompagnèrent jusqu'à ce qu'il arrive en bas des escaliers, soit quatre étages plus bas.
Il sortit dans le vent glacé de cette fin de décembre, et se dirigea à grand pas jusqu'à chez lui, essayant de retracer le chemin que Sasuke aurait pu prendre pour renter. Qu'aurait il fait s'il avait été à sa place ? Se serait il arrêté en route, et si oui, où ? Il fallait qu'il se mette dans la peau de son petit frère. Hum, pas si simple quand le petit frère en question était surdoué, et par définition, ne pensait pas forcement comme tout le monde. Qui plus est en étant très énervé. Qu'avait il pu penser, mis à part le fait d'étriper son abruti de frère ?
Il se dirigea vers le cyber café le plus proche, convaincu que son frère avait été y faire un tour. Car c'était sans doute le seul endroit où il se sentait véritablement chez lui.
Il soupira, tourna à nouveau la tête vers le salon.
Hurla.
Une main grosse comme un hachoir agrippa son bras, manquant de le broyer, et le tira violement en arrière. Sasuke, ne pouvant se retenir au montant du mur, se retrouva arraché à son morceau de plâtre qui lui servait d'appui et s'écroula par terre dans un bruit écoeurant d'os brisés. Le téléphone auquel il s'était agrippé dans un reflex idiot, s'arracha du mur, répandant ses fils et composants électriques comme une pluie de serpents colorés. Sa tête heurta avec force le mur d'en face, et une farandole d'étoiles, noires cette fois, s'ajouta aux rouges qui lui dansaient devant les yeux.
« _ Alors mon mignon, on voulait nous fausser compagnie ? C'est pas très gentil ça…Tu mérites une petite punition… »
Un coup de pied dans les reins plia le gamin en deux, et il gémit. La douleur explosa comme un feu d'artifices dans son ventre, et il sentit très nettement une cote se casser lorsque le pied de l'agresseur revint dans un revers meurtrier. Il se sentit soulevé, et traîné comme un vulgaire cadavre, ce qu'il ne tarderait pas à être si personne ne venait à son secours. L'air frais de la cave lui fouetta le visage, accompagné de l'odeur de mort et de bête malade dans laquelle il baignait depuis ce qui lui semblait être des lustres.
L'homme le jeta littéralement à l'intérieur, tête la première, et il dévala les escaliers comme s'il avait été une poupée de chiffons mal propre, roulant sur lui-même et essayant de se protéger comme il le pouvait. Il arriva en bas, gémissant et couvert de sang, la douleur pulsant dans son corps au même rythme que son cœur qui cognait comme un fou dans sa poitrine, prés à éclater.
'Pas réussi…' eut il le temps de penser avant que le noir ne le happe une fois encore.
Mahiro soupira, et Yuya renifla gracieusement, avant de se moucher tout aussi copieusement dans un mouchoir blanc.
« _ Quel temps ! » s'écria t elle ! « Mon manteau va être dans un état ! »
« _ Est-ce réellement important ? »
« _ Non. C'est même stupide, excuse moi. »
Mahiro ne dit rien, et elles continuèrent de fouiller les abords du cimetière. Le gardien, un vieil homme courbé par le poids des ans, les avait gentiment aidées. Il leur avait indiqué la tombe de la mère des Sanada, et avait confirmé la venue de Sasuke aux environs des vingt heures, à peine.
Tout cela ne les avançait pas vraiment, mais il était rassurant de voir que la police avait tout de même réussi à recueillir une information valide.
Alors que la blonde interrogeait quelques passants, la brune arpentait les allées du cimetière, en espérant trouver un indice, même minime. Elle voulait à tout prix aider Yukimura. Elle ne pouvait supporter de le voir dans un tel état, si désespéré et si vulnérable. Un Sanada n'était pas vulnérable, du moins il ne devait pas l'être. Elle avait toujours connu les deux frères comme étant des battants, qui bravaient les tempêtes de la vie sans jamais renoncer ni reculer. Sauf que Yukimura avait renoncé. Il avait jeté l'éponge et avait tenté d'en finir, et elle avait peur qu'il ne recommence si jamais ils revenaient les mains vides. Pourtant, elle le pressentait, c'était ainsi qu'ils allaient tous revenir. Elle le sentait, comme elle sentait que Yukimura avait entreprit ces recherches pour ne pas devoir rester les bras croisés et remuant des sombres pensées. Il savait aussi bien qu'elle qu'il n'y avait que très peu de chances qu'ils remettent la main sur le disparu. Cela faisait plusieurs jours déjà, ils étaient longtemps restés inactifs et les ravisseurs avaient eu tout le temps nécessaire pour effacer leurs traces, si tant soi peu qu'ils en aient laissées. Mahiro se rappelait d'une émission qu'elle avait vu, un soir où Hidetada ne l'avait pas enquiquiné pour qu'elle fasse la cuisine, ou qu'elle « s'amuse » avec lui. Ce type n'était vraiment pas normal, et avait des pratiques pour le moins étranges en ce qui concernait le sexe, Mahiro se demandait souvent où il avait été les chercher. Quoiqu'il en soit, ce soir là elle avait allumé la télé et avait zappé jusqu'à tant de trouver quelque chose d'un peu intéressant. Elle était tombée par hasard sur ce documentaire sur les enlèvements et disparitions de personnes. Elle se souvenait des chiffres, aberrants par leur petitesse, des disparus miraculeusement retrouvés. Ils n'avaient vraiment que très peu de chances de retrouver Sasuke en entier. Vraiment très peu.
L'homme regardait les débris du téléphone d'un œil vide. Le petit merdeux avait bien failli réussir, s'il n'était pas sorti de la douche à cet instant… il tourna sur lui-même, un peu déboussolé, et un sourire carnassier étira ses lèvres alors qu'il s'entait l'excitation monter en lui. Le petit merdeux, son mignon à lui, et à lui seul… il était bien plus résistant que les autres, plus imprévisible, plus teigneux… tellement plus amusant. Comme il l'aimait son petit prisonnier, cet animal affolé qui ne cessait de le divertir, chaque fois étant différente de la précédente. Ah qu'il avait bien réussi son coup !
Mais il devait tout de même admettre qu'il n'avait pas prévu ce petit incident. Vraiment ce gamin était très fort, il possédait une formidable volonté qu'il n'avait pas réussi à briser. Pas encore, mais cela viendrait, il avait le temps. Il avait tout son temps, et il comptait bien en profiter. Il allait le mater, comme les autres, et il finirait par le supplier de le tuer pour abréger ses souffrances. Ça ce passait toujours comme ça, toujours. Et la mise à mort était son passage favori. Cette fois ci, il comptait faire quelque chose de bien, de grandiose, à la hauteur de ce gamin qui avait su le divertir bien plus que tout les autres ces dernières années. Il fallait quelque chose de spectaculaire, de sanglant, d'horrible. Quelque chose d'extrèmement jouissif, qu'il puisse s'amuser une dernière fois.
Bien entendu, il laisserait le soin à son collège de trouver un endroit libre dans le jardin, et de tout nettoyer. Et ensuite. Et bien ensuite ils pourraient de nouveau traquer une proie, prendre un malheureux humain au hasard et le poursuivre, apprendre les chemins qu'il empruntait tout les jours, l'emprunter à leur tour, puis le suivre. Analyser ses comportements, tout ce qui pouvait faire de lui quelque chose d'amusant. Et puis l'attraper. Cette fois ci, il changerait de technique, le coup de la voiture ayant tout de même un peu abîmé son jouet, ce qu'il trouvait dommage. Et c'était tellement distrayant de changer de mode opératoire à chaque fois, ça mettrait une touche de modernisme et d'originalité. Et cela brouillait les recherches de la police, qui de toute façon était bien incapable de les retrouver tant ils étaient stupides.
Mais pour l'heure, il devait s'occuper de son petit ami resté en bas dans son merveilleux palace. Il avait fait des efforts cette fois là, il avait enlevé les rats. Il n'avait pas envie que son jouet ce fasse grignoter par une autre personne que lui. Alors, quelle punition allait il lui infliger ? Pas quelque chose de trop violent non plus, parce qu'il sentait que le gamin arrivait doucement au bout, et il avait encore envie de s'amuser avec lui.
Son regard fou erra sur les murs de crépi jaune où étaient accrochés quelques cadres. Les bouts de verre dans les yeux, ce n'était pas une mauvaise idée…
Non, car le gamin ne pourrait alors plus lui envoyer ce regard meurtrier qu'il lui réservait et qui l'excitait tellement.
Ses yeux s'arrêtent soudain sur la batte de baseball de son collègue, posée contre le mur prés de la porte parapluie dans l'entrée. Ça, c'était suffisant pour lui faire comprendre que ce qu'il avait fait n'était pas bien, et qu'il ne devait pas recommencer. Oui, c'était facile à manier, ça faisait suffisamment de dégâts sans pour autant abîmer vraiment la marchandise…
Il saisit la lourde batte en bois, une lueur folle dans le regard et poussa la porte de la cave.
« _ Allez mon mignon, amusons nous un peu… »
Kosuke, jeta un regard menaçant au gamin qui lui faisait face, et celui-ci se recroquevilla tellement qu'il parut diminuer de moitié. Elle avait l'habitude de traiter avec ce genre de racailles qui se prenaient pour de vrais durs alors qu'ils n'étaient que de vulgaires caniches sans ambition. Mais bon, même si ce gosse semblait être, comme les autres qu'elle avait croisés depuis qu'elle arpentait la cité pourrie, plus bête que méchant, il pouvait néanmoins la renseigner. Elle lui fourra une photo de son « petit frère » sous le nez.
« _ Est-ce que tu as déjà vu cet enfant ? »
Gamin observa la jeune femme, s'attendant sans doute à ce qu'elle fasse partie de la police et croyant qu'elle était venue l'arrêter pour ses petites magouilles, puis il porta son attention sur la photo qu'elle agitait sous ses yeux.
« _ Non, je ne l'ai jamais vu traîner par ici. Pourquoi tu le cherches ? »
« _ T'es de la police ? » rétorqua t elle sèchement, déçue. « Occupe toi de ton cul gamin, et tu ferais bien de ne pas fourrer ton nez partout si tu ne veux pas avoir des ennuis. Tu ne connais pas quelqu'un qui pourrait me renseigner un peu plus ? »
« _ Y a Kotaro, » indiqua le gamin, penaud. « Il connaît tout le monde ici, et personne ne peut entrer et sortir sans qu'il ne le sache. »
« _ Très bien, où est ce que je peux le trouver ? »
« _ Prés de skate parc, il doit y être à cette heure ci. »
Elle fourra la photo dans sa poche et partit sans le remercier, le laissant seul et un peu déboussolé. Elle marcha à grands pas vers l'endroit que lui avait indiqué son petit informateur, ressassant en silence les souvenirs qui l'assaillaient à la vision de ces HLM sans art. Elle avait longtemps vécu dans ces taudis sur piliers, et avait passé tout autant de temps à traîner dehors. Et à ce droguer. Mais ce n'était pas le moment de songer à tout cela, les remords viendraient après, la priorité était de retrouver Sasuke. Dieu seul savait ce qu'il pouvait subir en cet instant.
Elle parvient assez rapidement au skate parc, où se tenait une petite bande d'adolescents, le plus vieux ayant sans doute une douzaine d'années. Elle s'avança vers eux, et ils arrêtèrent leurs jeux pour se tourner vers elle, la regardant avec suspicion.
« _ Qu'est ce que tu veux la belle ? » demanda un garçon aux cheveux brun, qui malgré ses paroles qui se voulaient provocantes et assurées, ne l'était pas tant que ça.
« _ Je cherche un certain Kotaro… »
Les gamins se regardèrent, puis une fille blonde, habillée en ce que l'on pourrait qualifier de prostituée, tant ses vêtements étaient légers et largement ouverts, la toisa avec une certaine dose de mépris.
«_ Et qu'est ce que tu lui veux à Kota ? »
Kosuke soupira une fois de plus. Elle commençait à en avoir assez de ces gosses qui se prenaient pour des durs à cuire et qui lui faisaient perdre un temps qu'elle savait ne pas avoir.
« _ Si tu ne veux pas que je prévienne la police ou les services sociaux pour leurs dire qu'une gamine de douze ans joue les putes, je te conseille de te la fermer, c'est clair ? » rétorqua t elle d'une voix glaciale. « Ce que je veux à Kotaro ne te regarde en rien, et je vous conseille vivement à tous de me dire où il se trouve. »
De nouveau les gamins s'entre regardèrent, et la fille blonde baissa les yeux, honteuse, en tirant sur sa mini joue plissée.
« _ Kotaro est plus là. » finit par dire une autre fille, plus âgée.
« _ Et où est il ? » demanda la jeune femme, agacée et potentiellement désespérée.
« _ À la morgue, il est mort il y a deux jours d'une overdose. »
Et merde, c'était bien sa veine.
« _ Bon sang Luciole ! Accélère un peu le mouvement où on arrivera à rien ! »
Shinrei revient en arrière et attrapa son frère qui était resté en stationnement devant la vitrine colorée d'un marchand de bonbons. Le blond le suivit sans rien dire et sans réaction, les yeux toujours rivé sur la devanture du magasin. Le jeune homme soupira et tira son cadet derrière lui. Il y avait des jours comme ça, où il regrettait fortement les instincts volages de son père. Dans ces moments, il en venait même à maudire Dame Nature pour avoir osé lui donner un mollusque à la place d'un frère.
Le blond fini par reprendre pied dans la réalité au moment où la confiserie disparue à ses yeux, et il se lança dans la découverte de la faune et la flore de la ville, au grand dam de son grand frère qui ne pouvait se concentrer.
« _ Luciole s'il te plait ! » cria Shinrei alors que son cadet venait de pousser un petit glapissement ravi lorsqu'il avait vu un papillon passer devant son nez. « Est-ce que tu pourrais m'aider au lieu de jouer. »
« _ T'aider pour quoi ? »
Shinrei de passa une main sur la visage, se retenant de se frapper le front contre le mur. Lui et Luciole avaient la charge du quartier le plus proche de chez les Sanada. Enfin, «lui et Luciole » c'était beaucoup dire. Mais il avait décider d'être patient et pas trop méchant avec son petit frère déficient, aussi lui ré expliqua t il gentiment la situation.
« _ On cherche Sasuke espèce de mollusque décérébré !! Sasuke ! Il a disparut depuis plusieurs jours et on ne sait pas où il a bien pu passer alors on veut le retrouver ! »
« _ Qui est Sasuke ? »
Shinrei poussa une sorte de feulement, entre le cri de rage et celui de la surprise devant la connerie pure et dure de son frère, et se retint fortement de lui faire bouffer leur plan.
Il se remit en marche, et le blond le suivit sans discuter. De toute façon, il n'avait rien à dire, et n'était pas du genre à meubler le silence. Sasuke, Sasuke… qui pouvait être Sasuke ? Il avait bien une vague idée, mais alors très vague. Ce n'était pas un de ses cousins par hasard ?
Alors que Shinrei inspectait avec une attention tout à fait louable, une pile de cartons de déménagement, dans l'espoir sans doute qu'ils se mettent à parler et qu'ils lui apprennent quelque chose d'intéressant, Luciole eut un coup de génie qui lui grilla sans doute la moitié des neurones encore en état de marche chez lui.
« _ C'était dans la zone industrielle. » lança t il en contemplant une affiche décollée qui gisait à ses pieds. Shinrei se redressa soudain, abandonnant ses malheureux cartons qui n'avaient pas encore eut le temps de livrer leurs secrets.
« _ Quoi, qu'est ce que tu as dit ? »
« _ J'ai vu un gamin dans la zone industrielle », répéta Luciole, qui, miracle, avait écouté et comprit, la question de son frère. « Il était tout petit et il avait un bonnet vraiment laid. »
« _ On s'en fiche de son bonnet ! » s'écria Shinrei. « Est-ce que tu as vu qui s'était ? Et qu'est ce que tu faisais à traîner dans la zone industrielle d'abord ? »
Il n'aimait pas savoir son petit frère là bas, c'était tellement glauque et dangereux. Luciole leva la tête pour regarder la poussière et la crasse de la rue voler dans les airs, soulevées par un petit vent froid.
« _ Je sais plus, je crois que je m'étais perdu, je poursuivais une mouche. Tu sais que c'était une espèce très rare ? »
« _ On s'en fout ! Dis moi si tu as reconnu le gamin ? Est-ce que c'était Sasuke ? »
« _ Quel gamin ? »
Shinrei le secoua comme un prunier afin de lui remettre les idées en place, et parce que lui-même ne pouvait plus se retenir plus longtemps.
« _ Le gamin dont tu m'as parlé ! » hurla t il. « Celui avec le bonnet !! »
« _ Il était pas beau. »
« _ De qui ? L'enfant ? »
« _ Son bonnet. »
« _ Je me fiche royalement de son bonnet Luciole ! Dis moi si c'était Sasuke ! »
« _ Je crois. Il ne m'a pas vu, il marchait vite, je n'ai pas pu le rattrapper. »
Shinrei n'en croyait pas ses oreilles. C'était la meilleure de l'année celle la. Cela faisait des heures qu'ils cherchaient le moindre indice, la plus infime des traces, ils pataugeaient comme des cons dans la semoule depuis un bon bout de temps, et son frère lui disait, mine de rien, qu'il avait vu Sasuke avant qu'il ne se fasse enlever ? C'était une blague ?!
« _ T'es vraiment pas possible Luciole ! » hurla t il. « Ça fait des heures qu'on se les gèles, qu'on perd du temps et toi… »
« _ Tu ne devrais pas crier, parce que tout le monde va t'entendre. »
« _ je m'en fi… rha ! Mais qu'est ce que j'ai fait au bon dieu pour avoir un frère aussi con !? »
Il saisit son portable et composa le numéro de Yukimura à toute vitesse. Cette fois ils allaient enfin pouvoir agir correctement et commencer de vraies recherches.
Je dois l'avouer, il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre ci, disons que tout ce met en place doucement en place. Le prochain sera malheureusement plus court, et pas pour tout de suite, et comme je l'ai dit plus haut, on devrait pas tarder à savoir ce qui va arriver à notre pauvre petit Sasu.
Sasuke : évidement, moi je sais comment ça va se terminer cette histoire…
Yukimura *grand sourire*: moi aussi je sais comment ça va se terminer !
Les garçons ! Je vous interdis de leur dire ; c'est clair ? Sinon je vous fais encore souffrir. C'est pas bien compliqué de rajouter un ou deux petits paragraphes…
Et bien une fois de plus, merci pour vos commentaires, et à bientôt je l'espère !
