Et bien nous voila réuni pour cette petite fin bonus, qui à mon humble avis, va plus vous plaire que l'autre. J'ai eu de très vives protestations concernant la fin de ma fic !^^ du genre ; « tu es cinglée » ; « non, tu as osé le faire mourir », « complètement folle » et j'en passe !^^
Et ben je m'en fous !na ! Je suis fière d'être une cinglée !^^ Voui, la connerie pure et dure est un mode de vie !^^
Non, mais sans rire, vous trouvez vraiment que je ne suis qu'une grosse psychopathe ? Non, parce que c'est un peu inquiétant tout de même, d'un point de vue social, les gens peuvent se poser des questions sur ma santé mentale et mon comportement vis-à-vis d'eux.
j'ai tout de même l'impression que ça vous a réellement choqué que je le tue... vu les commentaires auquels j'ai eu droit!^^
Enfin bref, cinglée ou pas, je suis tout de même bien contente de vous avoir faire réagir aussi vivement, ça prouve que j'en ai surpris certains qui ne voulez pas croire que j'oserais faire une fin pareille !^^
Glauquissime, tu trouves Keï' ? Ah ouais, j'avais pas l'impression…^^
Mais je ne vous fais pas plus attendre avec mes histoires, et je vous livre cette petite variante sur un plateau d'argent. C'est beaucoup plus doux, et pis pas glauque du tout !^^ Quelqu'un qui n'est pas membre, je te laisse juger si je me débrouille bien dans la description du Bonheur. et merci pour la précision de l'expression "cave dans la cave", je dois bien avouer que je n'avais pas vraiment compris!^^
Je vous laisse savourer ça.
Blanc.
Rien que le blanc lumineux après ces jours de Noir intense. Rien que du blanc, et la paix.
Une très grande paix.
Il referma les yeux, le blanc l'ayant ébloui, et poussa un très léger soupir. Il se sentait bien, tellement bien. Tout était doux, chaud, il était enfin en sécurité. Il était enfin sortit. Ou peut être pas.
Peut être était il mort, peut être ne l'avait on pas retrouvé, et il était mort. Peut être. Ce n'était pas grave, il se sentait bien désormais, il se fichait bien du reste. La mort était plus douce qu'il ne l'avait imaginée. Tellement douce…
Il ouvrit les yeux, cligna furieusement des paupières.
Blanc.
Il y avait des néons au paradis ?
Intrigué, il tourna la tête sur le côté, aperçu les machines qui ronronnaient prés de lui comme des animaux endormis, et les tuyaux qui en partaient. Il comprit soudain pourquoi il avait mal au bras en constatant qu'une perfusion y était plantée.
Hôpital.
Il cru que son cœur allait exploser de joie. Il était sortit ! Il était sortit ! C'était finit, enfin finit.
Il suffoqua presque de bonheur et se mit à tousser. Sa cote brisée se rappela douloureusement à lui, et il sentit les larmes lui monter aux yeux sans qu'il ne sache si c'était de joie ou de douleur. Il voulu lever la main pour les essuyer, et sursauta à moitié lorsque des doigts doux passèrent sur son visage. Il tourna vivement la tête, faisant craquer son cou, et ses yeux dorés croisèrent ceux, sombres et profonds, de l'homme assit prés de lui. Un homme brun qui lui souriait avec une douceur et une tendresse infinies. La main quitta le visage de Sasuke, et prit celle de l'adolescent, posée sur le lit, si blanche et si maigre entres ses doigts, et il la serra. Fort. Très fort.
« _ Yukimura… »
La voix de Sasuke était faible, rauque et maladive, à l'image de ce qu'il avait enduré durant cette semaine de cauchemar. Le jeune homme lui intima l'ordre de se taire, parce que des mots auraient été inutiles, et il se leva. Passant ses bras autour des épaules de son petit frère, il le serra contre son cœur, tentant par ce simple geste de lui transmettre tout l'amour qu'il lui portait. Sasuke sentit de nouvelles larmes se frayer un passage vers ses yeux. Il se blotti contre son frère, passa ses bras autour de son cou avec toute la force dont il était capable. Se raccrochant à lui, qui lui avait permit de tenir pendant ces jours d'horreur pure. Ses mains serrèrent convulsivement la chemise de son grand frère, et il enfouit son visage dans son épaule, ne pouvant plus retenir ses larmes, son corps maigre secoué par des sanglots trop grands pour lui. Il ne pouvait plus s'arrêter de pleurer, évacuant ce trop plein de terreur, si soulagé qu'il ne pouvait pas dire un mot. Seulement des larmes qui coulaient à flots. Il songea un instant à la chemise de son frère qu'il était en train de ruiner, puis n'y pensa plus, savourant le simple plaisir d'être là, dans les bras de son frère, à l'abri. Savourant le simple fait d'être vivant.
Yukimura le serrait contre lui, et n'avait pas l'intention de le lâcher. Il avait besoin de le toucher, de le tenir contre lui pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'un rêve, que son petit frère était réellement avec lui. Alors que le gamin pleurait toutes les larmes de son corps, et même plus, il se mit à fredonner une vieille berceuse que sa mère chantait chaque soir pour qu'il s'endorme. Le jeune homme le berça doucement, lentement, caressant ses cheveux et son dos pour l'apaiser.
Peu à peu, les pleurs de son frère se firent moins violents, moins fréquents, plus silencieux et douloureux, et lorsque Yukimura baissa les yeux sur lui, s'écartant très légèrement, il put lire dans les siens toute l'horreur, toute la peur qu'il éprouvait. Tout ce qu'il avait vécu, tout ce qu'il avait subit par sa faute, sa stupide faute, son stupide oubli qui avait faillit lui coûter bien plus que la vie. Il le contempla un instant, s'abreuvant de son image comme s'il devait mourir demain, puis plaqua de nouveau la tête du plus jeune contre son épaule. Des larmes, autant de joie, que de soulagement se mirent à couler sur ses joues, petites perles de vie lumineuse où l'espoir renaissait enfin.
Deux mois plus tard
Sasuke poussa un profond soupir, mais alors vraiment très profond, digne de ceux de Shinrei lorsqu'il devait retrouver son frère perdu en ville, et tourna de nouveau la tête vers le sien, qui souriait doucement, concentré sur sa conduite. Le jeune garçon l'étudia un instant. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas vu son frère sourire. Depuis la mort de leur mère, ceux qu'il offrait à ses amis et à son frère n'étaient jamais francs, jamais lumineux. Mais là, il semblait bien à l'adolescent que son frère souriait vraiment. Sans se forcer, sans artifice, avec la simplicité merveilleuse de la joie. Et il était heureux. Heureux de l'avoir retrouvé, heureux qu'il se soit retrouvé, heureux de vivre, de respirer.
Heureux d'être là, tout simplement.
Heureux, peut être, mais il commençait tout de même à trouver le temps long.
« _ Yukimura, dis moi où on va. »
Il avait pris ce petit ton autoritaire et sérieux qu'il empruntait lorsqu'il désirait obtenir rapidement des réponses, et qui le rendait, pour une fois, pas si différent des autres enfants de son age. La plupart du temps, ça marchait, sauf que Yukimura, comme tout grand frère qui se respecte, était parfaitement immunisé contre ça.
Il lui offrit un petit sourire amusé qui irrita quelque peu Sasuke.
« _ Tu verras bien, » fut la seule réponse qu'il obtint.
En désespoir de cause, et après avoir essayé toutes les autres techniques pour avoir sa réponse, y comprit le chantage, il reporta son attention sur le paysage défilant par la fenêtre, arborant une magnifique moue boudeuse tout à fait adorable.
Il laissa sa pensée dériver, et ses souvenirs déroulèrent un à un comme le long ruban de bitume sur lequel ils roulaient.
Il avait passé deux mois à l'hôpital St Mibu. Deux mois pendant lesquels il n'avait pu sortir, son frère venant tout les jours lui rendre visite, apportant des magasines, des nouvelles de « l'extérieur », louant des films et passant la soirée avec lui. Ses amis étaient venus le voir régulièrement aussi, lui apportant toutes sortes de sucreries et cadeaux divers. Ils avaient passé le jour de l'an à l'hôpital avec lui.
Deux mois pendant lesquels son corps meurtri s'était lentement régénéré, pendant lesquels il avait dû prendre sur lui pour ne pas hurler lors des séances de rééducations.
Deux mois longs à en mourir où seul son frère parvenait à le faire rire.
Deux mois qu'il avait passé dans un état léthargique, parfois totalement inconscient du monde qui l'entourait. Deux mois de galère, d'entretiens interminables avec la police malgré l'interdiction formelle de son frère à ce sujet.
Deux mois d'angoisse, à guetter l'instant où la police mettrait la main sur ses agresseurs.
Deux mois bien longs, en définitive, où il avait essayé de réapprendre à vivre correctement, à ne plus avoir peur, à ne plus trembler en permanence. Cela en particulier, il n'y arrivait toujours pas.
Chaque nuit depuis deux mois le laissait épuisé, trempé de sueur et tremblant de tous ses membres, des images et des souvenirs tournant en boucle dans son esprit terrifié. Chaque nuit depuis deux mois, il se réveillait en sursaut, la bouche ouverte pour un hurlement silencieux, les larmes trempant ses joues, et le noir l'entourant de toutes parts. Il n'avait jamais eu peur du noir, jamais. Jusqu'à maintenant. Dès qu'il fermait les yeux, dès qu'il se retrouvait plongé dans les ténèbres, il se revoyait là bas, dans cette cave, et il entendait la voix grinçante de l'Homme, son rire fou. Et la douleur se réveillait brusquement dans ses jambes.
Ses crises de paniques étaient tout à fait normales après ce qu'il avait vécu, et il avait écopé d'un suivi psychologique durant ces deux mois, et pour encore un petit bout de temps. Il ne s'en plaignait pas, car même s'il avait l'impression que cela ne servait définitivement à rien, il savait qu'il en avait besoin.
Mais le meilleur réconfort restait tout de même son frère qui était le seul à pouvoir le calmer en un temps record lorsqu'il lui prenait l'envie de hurler en pleine nuit. Bien entendu, son frère n'avait pas pu rester toutes les nuits dans sa minuscule chambre d'hôpital, mais lorsqu'il était là, Sasuke se sentait infiniment mieux.
Il arrivait régulièrement au gamin de penser aux autres victimes du malade qui l'avait enlevé, ceux qui n'avait pas eu la chance de s'en sortir. La police, après des fouilles au domicile du psychopathe, avait dénombré environ 27 corps enterrés ça et là dans le jardin fleuri. De quoi en être malade. Il avait faillit être le 28ème.
Avait faillit seulement. Il s'en était fallu de si peu…
Flash back
« _Vous n'avez pas entendu comme un bruit ? »
Ils se figèrent, et se tournèrent vers lui. Le blond fixait intensément le salon, comme s'il essayait de voir à travers les murs, et Yukimura releva la tête, anéantit.
Le blond se trompait sans doute… ou peut être…
Le jeune homme se redressa tant bien que mal, essuyant ses larmes d'un revers rageur, et il tendit l'oreille.
Rien.
Bien sûr, il n'y avait rien ici, strictement rien. Rien que du vide, et de la peine. Rien que la mort, l'absence de tout. Il se détourna. (1)
« _ Arrête de raconter n'importe quoi Luciole, ce n'est vraiment pas drôle. » le sermonna son frère, lançant un coup d'œil inquiet à Yukimura. Ce dernier se tenait maintenant bien droit, les yeux fixés sur le mur face à lui, tout prés de l'étagère regorgeant de cadres poussiéreux.
Il lui semblait avoir vu…
Il s'avança vivement, et se campa devant le mur, l'inspectant sous tous ses angles. Il y avait quelque chose qui clochait, quelque chose…
« _ Je ne suis pas sûr que le mur nous aidera, » lança prudemment Yuya, se méfiant quelque peu des vives réactions du brun. Il y avait suffisamment de Shinrei avec son nez s'apparentant d'avantage à une belle pomme de terre.
« _ Tu ne trouves pas ça étrange, » fit Yukimura en désignant un pan de mur au jeune à la patate au milieu du visage, aussi surnommé Shinrei. Il s'avança vers lui et contempla le papier peint.
« _ Et bien, il n'y a… »
Il se tut et ouvrit des yeux ronds. C'était si bien fait, avec tellement de soin et de finesse que cela passait totalement inaperçu. Pourtant Yukimura avait remarqué l'infime trace de colle laissée par la pose récente d'un papier peint. Le brun se laissa glisser le long du mur, en collant son oreille au papier jaune. Ce pouvait il que… ?
« _ Sasuke ? » hurla t il.
Silence.
« _ Tu es sûr que… » commença Yuya.
« _ La ferme ! » ordonna Yukimura. « Sasuke ?! »
Silence, puis…
Un choc. Un très léger choc, comme quelqu'un frappant faiblement de l'autre coté de la paroi. Il ouvrit de grands yeux horrifiés. Son petit frère… c'était tellement barbare…
Il se recula d'un pas, fouilla la pièce des yeux, et tomba sur une barre de fer, posée prés de l'étagère et semblant la soutenir plus que de raison. Il s'en empara et la brandit au dessus de sa tête.
« _ Poussez vous ! »
Il l'abattit de toutes ses forces sur le mur qui s'ébranla. Des gerbes de poussières et des débris de plâtre s'envolèrent dans la pièce, alors que le jeune homme soulevait de nouveau sa masse improvisée pour un nouvel impact. La logique aurait sans doute voulu que Yukimura prévienne les secours, ce qu'il fera par la suite en constatant l'état catastrophique de son frère, et qu'il attende bien sagement l'arrivée d'experts qui auraient abattu ce mur sans risquer de blesser Sasuke derrière. Mais Yukimura se fichait royalement de la logique en cet instant, car tout ce qui comptait, c'était de libérer son petit frère.
Au bout de ce qui lui parut être une éternité, un morceau de plâtre tomba enfin sur le sol, créant une ouverture suffisamment grande pour qu'il puisse y glisser ses mains. Ce qu'il s'empressa de faire, arrachant les morceaux de plâtre à peine sec à pleines poignées. Luciole, que tout ce cirque semblait grandement amuser –quoi de plus drôle que de démonter un mur ? Chaque fois qu'il avait essayé, Shinrei lui était tombé dessus à bras raccourcis et l'avait copieusement enguirlandé- se joignit avec ferveur à la tache, et en quelques minutes, trop longues aux yeux du Sanada, ils dégagèrent la porte de la cave. Porte qu'il arracha presque de ses gongs, ne parvenant plus à contrôler ses nerfs.
A travers la poussière engendrée par l'opération « je défonce le mur comme un bourrin sans cervelle » il perçut une petite forme recroquevillée sur elle-même, toussant furieusement, et gémissant tout autant.
S'il avait été plus âgé, sans doute aurait il fait un arrêt cardiaque tant son soulagement et sa joie furent immenses. Il sentit son cœur se dilater, et se demanda un instant comment il pouvait encore tenir dans sa poitrine. Il se jeta à genoux, ramassant le corps inanimé de son petit frère, et le serra dans ses bras.
« _ Sasuke ! »
Le jeune homme le contempla, les larmes lui montant aux yeux alors que ce qu'il tenait dans ses bras ressemblait d'avantage à un cadavre desséché qu'à son petit frère. Petit frère qu'il avait cru perdu à jamais, petit frère qu'il avait faillit laisser une fois de plus, petit frère qu'il retrouvait enfin, après tout ce qu'il avait vécu, mais dans quel état.
Le gamin émit un râle étranglé qui semblait lui arracher la gorge, et ses yeux dorés s'ouvrirent un bref instant, croisant ceux de son frère, brouillés par les larmes. Echange fugace, et plein d'émotions, Sasuke referma doucement les yeux, alors que sa respiration saccadée s'apaisait enfin.
Il s'en était fallut de si peu, si peu…
Fin du flash back
Sasuke, poussa un nouveau soupir, montrant clairement à son grand frère que l'interminable trajet en voiture commençait sérieusement à lui taper sur le système, et Haku, dans le coffre ouvert, poussa un grognement, approuvant son maître.
La chienne était un cadeau de son frère. Un cadeau par ce qu'il se sentait terriblement coupable et pour tenter de rattraper quelque peu cet anniversaire, et parce que lorsqu'il l'avait vu, ses grands bleus fixés sur lui à travers la grille de son chenil, elle l'avait immédiatement séduite. Et instantanément, il s'était bien que son petit frère l'aimerait aussi. Sasuke en avait pleuré tant cela l'avait ému. Yukimura avait dû jouer des pieds et des mains pour pouvoir faire entrer le canidé dans l'hôpital pour une malheureuse petite heure. Il était vrai que d'un point de vue hygiène, on avait fait mieux qu'un gros husky blanc de deux ans.
Sasuke avait été si surprit qu'il n'avait pu émettre un seul son, et lorsque enfin sa bouche s'était débloquée, c'était pour demander si ce chien était bien pour lui.
« _ évidemment baka ! » lui avait fait son aîné avec un petit sourire moqueur. « Qui d'autre ? »
Le gamin avait sourit, et l'avait remercié, la petite chienne jappant joyeusement, visiblement ravie. Bien entendu, Yukimura avait été contraint de la ramener avec lui, respectant son contrat, mais ça n'avait rien enlevé au bonheur de Sasuke.
« _ T'inquiètes pas Haku, » lança le conducteur en levant la tête pour regarder la chienne dans son rétroviseur. « On est bientôt arrivé. »
« _ Mais arrivé où ? » demanda de nouveau Sasuke avec espoir. S'il avait cru qu'il allait lâcher le morceau si facilement, il se trompait.
« _ C'est une surprise. »
« _ Tu m'énerves avec ta surprise ! » s'exclama le plus jeune en levant les bras, mécontent. « C'est quoi !? »
Yukimura éclata de rire devant la mine offusquée de son cadet.
« _ Patience, patience, » fit il, adorant plus que tout taquiner le gamin.
Sasuke croisa les bras, vexé comme un poux, et resta silencieux, pour bien signifier qu'il était vraiment énervé. Et curieux aussi, mais ça il ne l'admettrait certainement pas !
Au bout de quelques minutes d'intense silence, Yukimura fini par garer la voiture le long du trottoir.
« _ Et voila, » annonça t il, visiblement fier. Sasuke le regarda, un brin septique.
« _ On est pas à l'appartement… »
Yukimura était déjà sorti de la voiture, et ouvrait le coffre, libérant Haku de son calvaire, et descendant le matériel.
« _ Tu croyais vraiment qu'on allait rester dans ce taudis ? » demanda t il en ouvrant la porte de son frère.
« _ ben… »
« _ Et comment comptais tu monter les escaliers ? Mmm ? »
« _ Effectivement, je n'avais pas pensé à ça… »
« _ Et il se dit surdoué ! » s'exclama le brun, prenant un air dramatique, et son petit frère dans ses bras, celui-ci en profitant pour lui administrer un coup sec à l'arrière du crâne. Le jeune homme sourit, et installa son frère dans le fauteuil roulant qu'il avait déplié. Les médecins avaient été formels : ses jambes étaient bien trop en mauvais état, incapables désormais de supporter son poids,et compte tenu des infections dû aux meurtrissures qu'elles avaient subies,il s'en était fallu de peu de devoir les amputer.
Son petit frère était donc condamné au fauteuil.
Curieusement, cette nouvelle, pour le moins désastreuse, n'avait pas semblé toucher tant que ça le jeune garçon, qui avait accepté sa condition d'handicapé moteur de manière très simple, presque blasée. Cela avait beaucoup étonnés les médecins, qui avaient admiré sa force de caractère, mais Yukimura savait qu'il n'y avait pas que cela. Bien sûr, son frère n'était pas resté insensible au fait qu'il ne pourrait plus jamais remarcher, il aurait été tout à fait stupide croire le contraire d'ailleurs, mais il avait saisi à travers cette attitude, autre chose de plus profond. Quelque part, Sasuke était soulagé ; le tribut à payer pour sa descente aux enfers aurait pu être bien plus lourd que cela. Il était en vie, et c'était tout ce qui lui importait.
Le gamin saisit à pleines mains les roues de ses nouvelles « jambes », et tourna le dos à la voiture pour faire face au petit pavillon blanc, la bouche ouverte. C'était la meilleur celle là.
« _ Yuki… tu vas pas me dire que… »
« _ Bienvenue à la maison petit frère. »
« _ Mais c'est géant ! » s'écria l'adolescent, émerveillé. Jamais, au grand jamais il n'aurait songer vivre un jour dans pareille demeure. Le pavillon en lui-même n'avait rien d'extraordinaire par rapport aux autres. Carré, blanc, constitué visiblement d'un seul étage, on accédait à sa porte d'entrée par une petite allée blanche cintrée d'une hais de buis bas. Un jardin, tout ce qu'il y avait de plus agréable, venait compléter l'arrière du bâtiment, et une terrasse en bambou s'ouvrait sur le devant de la maison, un vieux cerisier centenaire lui faisant de l'ombre.
Il se tourna vers son frère, soudain soucieux.
« _ Où as-tu trouvé l'argent pour cette baraque ? »
Il savait parfaitement que leurs finances n'avaient jamais été au beau fixe, et ce payer un pavillon en plein centre ville était un luxe qu'ils ne pouvaient s'offrir. Yukimura sourit, et poussa le fauteuil de son frère jusqu'à la porte.
« _ Disons que pendant les deux mois où tu es resté à l'hôpital, j'ai pas mal bossé. » dit il en ouvrant la porte et poussant son cadet à l'intérieur.
« _ C'est-à-dire ? »
« _ Allons Sasu ! Qu'est ce que tu vas imaginer ? » rigola l'aîné, songeant qu'il n'aurait pas fait un très bon dealer malgré une paye raisonnable.
« _ Trop de choses… » murmura Sasuke, la voix soudain tremblante. Le brun s'arrêta et se mordit les lèvres.
« _ Pardonne moi… »
Son ton était hésitant, et Sasuke inspira une grande bouffée d'air avant d'offrir un sourire qui se voulait serein à son grand frère. Mais le brun n'était pas dupe, et il savait que le calme de son frère n'était qu'une façade, un masque pour tenter de sauver les apparences. D'un coup, toute la joie et la bonne humeur jusqu'alors reines s'évanouirent, laissant place à un silence pesant, gêné, à la limite du malsain.
« _ Donc, » reprit Sasuke, désireux de briser la glace le plus rapidement possible, afin de mettre fin au silence qui les enveloppait. « Tu m'as dit que tu avais bossé ? »
Yukimura secoua la tête, inspira lui aussi à fond, et plaqua un sourire qui sonnait faux sur son visage.
« _ Effectivement mon cher ! » lança t il d'une voix un peu trop enjouée. « C'est Muramasa qui m'a dépanné en me louant cette maison. Comme il était tout a fait hors de question que tu restes dans notre appart', je l'ai vendu, et j'ai payé le loyer de celle-ci pour trois mois, le temps que je reçoive mon salaire. »
« _ Salaire ? »
« _ C'est comme cela que l'on appelle l'argent que l'on reçoit de son patron à la fin d'un long mois de bons et loyaux services ! »
« _ Merci, j'étais au courant ! Tu as trouvé un travail ? »
« _ Kyoshiro a bien voulu du pauvre hère que je suis dans sa pharmacie. Comme il a des soucis avec la garde de son rejeton, il est plutôt soulagé d'avoir quelqu'un pour l'aider à la boutique. »
« _ C'est génial ! »
« _ Tu l'as dit ! Et maintenant ça te dirait de voir le reste ? Je te signale au passage que tu as le droit à ta propre chambre. »
Yukimura étouffa un bâillement et se frotta les yeux. Il jeta un coup d'œil à sa montre. Houlà ! Une heure du matin ! Il était peut être temps d'éteindre la TV, et d'aller se coucher. Il travaillait lui demain ! Il se redressa sur son canapé et se massa le cou, avant de tourner la tête vers le fauteuil prés de lui. Sasuke s'était endormi, les jambes passées par-dessus l'accoudoir, roulé en boule comme il en avait l'habitude, la tête posée contre le dossier, et Haku somnolente à ses pieds. Yukimura le contempla en silence, le trouvant si fragile et si faible en cet instant qu'il ne pu empêcher les larmes de lui monter aux yeux. Il n'avait pas voulu poser de questions à son frère en ce qui concernait cette fameuse semaine de décembre, attendant que le gamin le fasse de lui-même, lorsqu'il en ressentirait le besoin. Il n'avait pas mit longtemps à tout raconter. Par brides, des mots et des phrases décousues à mesure que les souvenirs envahissaient son esprit. Le brun l'avait écouté en silence, le réconfortant par sa simple présence, et l'adolescent avait tout raconté. Toute son horreur, sa peur, son dégoût envers lui-même et la haine qu'il engendrait. Yukimura n'avait rien dit, n'avait fait aucun commentaire, et s'était bien gardé de dire ces phrases creuses et inutiles que l'on sort pour l'occasion. Il n'y rien à dire dans ces situations, rien ne peut apaiser les pleurs et les souvenirs, rien ne peut calmer la douleur et l'horreur. Seul le temps, qui joue son rôle, peut enfouir petit à petit les brumes du passé.
Sasuke grogna soudain, et le brun redressa la tête. Son petit frère était toujours profondément endormi, trop profondément sans doute, et gesticulait faiblement dans son sommeil. Des gouttes de sueur perlaient sur son front, et il poussait de petits gémissements, autant d'angoisse que de douleur. Yukimura se leva, et se pencha sur lui, étudiant les fines cicatrices qui couraient sur son visage et ses bras nus, seul témoignage de ce qu'il avait subit. Ça, et le fait qu'il ne pourrait plus jamais remarcher. Ça, et le fait qu'il ne pourrait jamais vivre comme avant.
Le corps de son frère se cambra soudain, et il poussa un gémissement étranglé, noyé par les larmes qui glissaient silencieusement sur ses joues. Un cauchemar sans doute. Encore un.
L'aîné le souleva doucement, veillant à ne pas faire bouger trop violement ses jambes. Malgré le fait que le gamin s'était vu se faire poser un nombre incalculable de broches dans les os, qu'il était resté deux mois dans le plâtre, et qu'il se déplaçait maintenant uniquement en fauteuil, ses jambes étaient encore extrêmement sensibles, et les médicaments qu'il prenait encore ne parvenaient pas tout à fait à apaiser la douleur continuelle.
Le jeune homme le prit dans ses bras, et revint s'asseoir sur le canapé, sachant que s'il l'emmenait jusqu'à sa chambre, il se réveillerait sûrement. Et ce n'était pas ce qu'il souhaitait. Depuis deux mois maintenant que son frère n'avait pas eu de vraie nuit, et les effets s'en faisaient ressentir chaque jour qui passait. Même avec les somnifères, rien n'y faisait.
Il s'assit sur le canapé, et allongea son frère prés de lui, sa tête posée sur ses genoux. Le gamin tremblait comme une feuille, et pleurait encore, serrant maintenant convulsivement les doigts. Yukimura lui attrapa doucement la main, lui en caressant le dos du pouce afin de l'apaiser, et passa une main douce sur son visage, essuyant ses larmes, et enlevant les mèches de cheveux qui tombaient sur ses yeux clos qui semblaient frissonner, afin de l'apaiser. Lui montrer qu'il était là, toujours, et qu'il ne l'abandonnerait plus. Plus jamais. Parce que cette semaine avait aussi été pour lui, une véritable horreur, parce que plusieurs fois, il l'avait cru mort, parce qu'enfin il le retrouvait, et il bénissait le ciel chaque seconde de lui avoir fait ce cadeau.
Sasuke gémit de plus belle, et tenta de s'arracher à la caresse fraternelle.
« _ NON ! »
Il cria soudain et ouvrit les yeux, deux puits sans fond qui s'ouvraient sur l'enfer. Il se redressa violement, et porta instinctivement les mains à ses jambes, en retenant un nouveau gémissement, ses doigts crispés, et le visage livide. Yukimura retira sa main, et resta un moment immobile, surpris parce ce réveil si brusque, et Haku releva aussi vivement la tête en jappant. Sasuke s'était ramassé sur lui-même sans bien même sans rendre compte, les bras enroulés autour de sa poitrine, la tête basse et le corps secoué de tremblements incontrôlables. Son frère contempla son dos maigre et agité de sanglots, puis il posa une main qui se voulait apaisante sur son épaule. L'adolescent sursauta, et ouvrit la bouche pour crier de nouveau. Il se recula au bord du canapé, les yeux étroitement clos, et les larmes glissant sur ses joues, les brides de son cauchemar ne s'étant pas encore tout à fait diluées.
« _ Sasuke, » fit doucement l'aîné en approchant lentement sa main vers lui. « Sasuke, c'est moi. Ouvre les yeux. »
Le jeune garçon, toujours tremblant, perçu à peine la voix de son frère à travers le voile rouge qui s'était posé sur ses pensées, ravivant ses souvenirs et lui faisant revivre des heures douloureuses qu'il aurait préféré oublier. Il sentit par contre très clairement la main se poser sur son épaule, et voulu s'éloigner le plus vite de ce contact qui le répugné plus que tout.
« _ Lâchez moi ! Laissez moi ! »
« _ Sasuke calme toi ! C'est moi ! C'est Yukimura ! Calme toi ! »
Loin de se calmer, le jeune garçon se débattit. Il ne voulait plus revivre ça, plus jamais. Il ne se laisserait pas faire, il les tuerait s'il le fallait, mais plus jamais il ne revivrait ça. Perdu dans les méandres de son cauchemar, ne reconnaissant pas son propre frère, il donnait des coups en tout sens, espérant atteindre ses agresseurs. Ses jambes heurtèrent violement le dossier du canapé, et il poussa un gémissement de douleur, alors que Yukimura tentait de l'immobiliser. La souffrance qu'il éprouva alors le ramena dans la réalité, et il aperçu le visage de son grand frère à travers les larmes qui lui brouillait la vue.
« _ Yu… Yukimura… ? »
Le brun eut un petit sourire las, et lâcha les bras de son cadet. Ce dernier cessa immédiatement de gesticuler et resta allongé sur le dos, la douleur dans ses jambes pulsant au même rythme que son cœur qui battait la chamade. Il avait tellement crut… il avait tellement craint d'être de retour là bas, dans ce lieu noir, résidence de la Mort. Les larmes lui montèrent de nouveau aux yeux.
« _ Shhht, calme toi, c'est fini maintenant, tu n'es pas tout seul, je suis là. Calme toi… »
Jamais ça ne s'arrêterait.
Il le savait.
Jamais il ne pourrait s'y habituer. Chaque nuit sera comme les autres, chaque cauchemar sera semblable au précédent. Jusqu'à la fin.
Jamais cela ne cesserait.
Yukimura le regarda sachant maintenant que son petit frère était bien de retour, puis il le prit dans ses bras. Le plus jeune ce laissa faire, alors que d'ordinaire, il détestait royalement les gens qui le prenaient pour une peluche, et se blotti contre le jeune homme. Celui-ci, après un moment de silence, se mit à chanter doucement, d'une voix basse et profonde. Pour le rassurer, lui faire comprendre qu'il ne l'abandonnerait pas, et qu'il l'aiderait à combattre ses démons intérieurs, ses propres souvenirs. Toutes ces choses qui avaient désormais marqué sa vie de manière indélébile. Toutes ses choses qui ferraient qu'il ne serait plus jamais comme avant, qu'il serait différent des autres.
Plus jamais il ne le laisserait, plus jamais il ne l'oublierait.
Il sera là pour lui, toujours.
Il frisson parcourut le dos du garçon. Frisson d'angoisse et de terreur, résidu de son cauchemar et de ses souvenirs, trace qui ne s'en irait jamais. Trace qu'il garderait en lui jusqu'à la fin et qui gouvernerait ses jours. Il vivrait dans l'ombre de la Peur.
Et Yukimura se savait impuissant à le guérir de cela. Il pouvait l'aider, certes, mais il ne pouvait modifier le passé. Il ne pouvait tout changer.
Et il se dit alors que, bien que le Destin lui ait accordé une nouvelle chance en sauvant son frère, lui offrant une illusion de bonheur, la Vie, elle, n'avait pas finit de jouer avec eux.
(1) : et donc dans la première version, ils se détournent et se cassent de la maison.
Un peu niai sur la fin sans doute, mais je dois avouer que je suis tout de même plus à l'aise dans les trucs pas cool et bien flippant. J'ai une nette préférence à faire souffrir les personnages plutôt que de les rendre heureux.
Sasuke : merci pour nous ! Ça fait toujours plaisir j'ai envie de dire !
Ah ! Excuse moi hein ?! Chacun ses terrains de prédilection ! Je ne te demande pas de m'apprendre à manipuler un sabre que je sache !
Sasuke : j'vois pas le rapport…
Enfin voila quoi, une autre fin que celle originale, où cette fois ci il ne s'en sort pas trop mal. Evidemment, je ne pouvais pas non plus mettre qu'il s'en tirait sans une seule séquelle, c'était impossible. Finalement, vu qu'il est vraiment très traumatisé, on peut se poser des questions à propos du « happy end » qui était censé ressortir.
Pour vous expliquer un peu, j'ai mit cette fin en bonus pour une raison ; s'il s'en sortait, cela faisait vraiment trop miraculé. Vous savez, j'ai tout de même longtemps hésité entre les deux fins, car cela faisait depuis un petit moment déjà que les premiers chapitres étaient dans mon ordinateur, ainsi que ces deux fins donc. Mais en voyant comment ont tourné les choses, je me suis dis qu'il était difficile de faire autrement. Ça me paraissait logique, et encore aujourd'hui, je trouve ça logique.
Juste une petite anecdote en passant. J'avais déjà bien avancé dans l'écriture de Cave en fait je l'avais presque terminée, quand ma mère m'a racontée l'histoire de ce tueur Belge, qui enlevait des enfants, et les séquestrait dans une cave. Deux de ses victimes auraient pu être retrouvé par les policiers qui ont fouillé le domicile sans rien trouver alors qu'elles étaient à côté. Peut être que j'ai l'âme d'une tueuse en fait…
Je tiens tout de même à préciser que je ne connaissais pas cette histoire avant de commencer à écrire la mienne, pour vous dire que ça m'a vraiment surpris quand je l'ai apprit.
C'était donc l'ultime chapitre de cette fic, et je tiens à remercier tout ceux qui m'ont laissé un commentaire et qui m'ont suivie et soutenue. Merci à vous :Xunaly, Lilysophie, Keikoku sama, quelqu'un qui n'est pas membre, Yumi Shina, Dark Mouton, Misschoco, et 'Tachi88. (en espérant n'avoir oublié personne, sinon, j'implore votre pardon.)
Et aux autres que je n'aurais peut être pas l'occasion de remercier sur cette page, merci aussi. Merci de votre lecture, et en espérant vous revoir.
Bisous à vous , et bon courage à ceux qui écrivent!!
