Toc,toc,toc,
- Morgane, j'entre.
Assise sur son lit, la jeune fille mettait la touche finale à sa valise qu'elle ferma après avoir gagné son combat contre une paire de chaussette rebelle. Surprit, Harry s'avança vers le lit de son amie qui se retourna pour lui offrir un sourire radieux.

- Tu tombes bien, j'ai besoin de toi pour descendre la malle, elle est trop lourde.
- Tu n'as pas eu trop de mal à la faire ?
La jeune fille ne pu retenir un petit rire.
- Tu sais Harry, j'ai 16 ans, répondit-elle alors que son ami se saisissait de la lourde valise, j'ai beau être aveugle, je suis encore capable de faire ma valise seule. Elle préféra ne pas faire allusion à la difficulté qu'elle avait eu à faire rentrer son chaudron, après tout, c'était la première fois qu'elle faisait ça.
-Oui je sais bien, lui répondit le jeune homme sur le pas de la porte, mais je me souviens que j'avais eu du mal à faire rentrer mon chaudron la première fois, je me suis dit que tu aurais pu avoir besoin d'un coup de main, ajouta-t-il avec un air amusé. Bon allez, je descend ça et je te retrouve en bas mais dépêche toi, Molly est plutôt à cran aujourd'hui et tu sais comment elle est dans ce cas...
-Je prends mon sac et j'arrive.
Attrapant sa canne au passage, Morgane se dirigeât vers le bureau sous la fenêtre pour prendre son sac à dos. Une légère brise vint caresser son visage alors qu'elle vérifiait que tout ce dont elle aurait besoin dans le train se trouvait bien à sa place. Elle sourit quand ses mains tombèrent sur une photo qui datait que quelques semaines à peine. Elle avait passé des heures à écouter Ginny lui décrire l'image sans s'en lassé; prise le soir de l'anniversaire de Harry, elle les représentait tous: les Weasley, Lupin et Tonks sans oublier Fleur et Bill et bien sur Harry qui, un grand sourire sur les lèvres, avait passé ses bras autour des épaules de la jeune fille qui, en dépit de sa gêne, souriait de bon cœur.

Après avoir suivi les trois Auror et avoir expérimenté ce qu'ils appelaient le « transplanage », la jeune fille était arrivé dans une étrange maison où elle avait été accueillie par une femme chaleureuse qui l'avait emmené à ce qui serait sa chambre pour la duré du séjour. Au début effrayée, elle avait refusé de sortir et de s'alimenter. C'est là qu'Il était arrivé.
Si Harry n'avait pas été là, elle serait probablement rester à jamais dans cette petite chambre à se morfondre pour ne pas avoir à faire face aux habitants de la maison et à la peur qu'elle susciterait en restant prêt d'eux; ses parents avaient beau avoir prétendu qu'ils étaient de simples Moldus, aucune de leurs conversations n'avait échapper aux oreilles de Morgane qui savait parfaitement qui elle était et surtout, quelles étaient les abominations perpétrés par son père. Elle était une fois de plus allongée à broyer du noir quand ce garçon, le Survivant comme on l'appelait avait débarqué dans sa chambre, défonçant pratiquement la porte et, au lieu de la blâmer, de la traiter de monstre et de lui ordonner de s'en aller, était venue s'asseoir devant elle avec un bol de soupe:

- Je ne sortirais pas tant que tu n'auras pas fini ce bol !

C'étaient les premiers mots qu'on lui avaient dit depuis son arrivé et, une fois la surprise passée, elle avait finalement avalé son bol de soupe à l'oignon, se surprenant à en demander un deuxième. Harry le lui avait apporté et ça avait été la fin de sa traversé du désert en solitaire.
Le soir même elle s'était joint au reste des habitants du Terrier pour le repas et découvrit, au lieu de geôliers, des amis attentionnés.
Les premiers jours n'avaient pas été faciles, elle avait dû faire face à la peur, des uns en raison de ses origines et des autres en raison de son handicap mais, au bout de quelques jours, tous le monde s'était fait à elle et Mme Weasley avait même accepté qu'elle participe aux tâches comme tout le monde (sous la surveillance discrète de Ginny, la cadette, qui avait été transformée, pour l'occasion, en nourrice attentionnée).
Néanmoins, le plus difficile n'avait pas été Mme Weasley et son soucis du bien être mais plutôt les amis de Harry: entre Hermione qui ne cessait de lui posé des questions sur un passé dont elle ignorait tout et Ron qui avait littéralement peur d'elle, les soirées avaient été mouvementées. Bizarrement, la seule personne avec qui elle n'avait pas eu de problème, c'était Harry. Alors qu'il aurait dû la haïr plus que quiconque, c'est lui qui se comportait le plus « normalement » en sa présence et, en quelques jours, il était devenue le grand frère qu'elle n'avait jamais eu, développant un fort instinct de protection envers elle. C'était d'ailleurs lui qui avait arrangé les chose entre la jeune fille et ses amis, demandant à Hermione de faire preuve de plus de tact et prouvant à Ron qu'elle n'était pas radioactive.

- Morgane ma cherie tout va bien ? Demanda Mme Weasley depuis le rez-de-chaussé.

- Oui Mme Weasley, j'arrive tout de suite, répondit la jeune fille en se dirigeant prudemment vers la porte. Elle avait beau s'être faite à l'architecture étrange du Terrier, un accident était vite arrivé.

Une fois en bas, une main vint se poser doucement sur son épaule pour la guider à l'extérieur, dans le jardin où elle avait passé le plus clair de ses vacances à s'entrainer en vue de la rentrée. En effet, durant les deux mois où elle était restée au Terrier, elle avait eu droit à des cours intensifs avec les différents amis de la famille et il ne lui avait fallu que quelque semaines pour rattraper son retard, sous le regard ahuri de ses professeurs de fortunes.
Que ce soit en potion avec Molly, en défense contre les forces du Mal avec Lupin ou en Histoire de la magie avec Hermione qui s'improvisa professeur pour l'occasion (et qui adorât ça), elle faisait preuve d'une soif d'apprendre qui n'avait d'égal que son désir de vengeance.
Grâce à Dumbeldore, elle avait pu passé ses BUSES et avait finalement apprit, quelques jours plus tôt, qu'elle était admise directement en 6ème année, du jamais vue.

- C'est incroyable, avait dit Lupin le soir où elle avait reçu ses résultats. Je n'ai jamais vue ça, on dirais qu'elle a la magie dans le sang. En quelques jours seulement elle a été capable de réaliser des sorts de seconde année et ce en dépit de son handicap, à croire qu'elle est capable de « sentir » la magie.
- Elle a perdue la vue très jeune, avait répondu Mr Weasley qui s'était très vite prit d'affection pour elle, tout comme sa femme. Peut être a-t-elle développé une sorte de capacité que nous, qui voyons, ne pouvons comprendre.
- C'est peut être aussi parce qu'elle est la fil..., avait malencontreusement laissé échapper Ron, violant ainsi l'accord tacite qui voulait que ne soit jamais fait mention de père de la jeune fille.

Ce soir là, elle avait préféré sortir de table, prétextant un mal de ventre qui n'avait dupé personne. Elle avait passé plus d'une heure dans la salle de bain, face au miroir, face à ce reflet qu'elle ne pouvait voir mais qu'elle pouvait imaginer, celui d'un monstre. Quand elle était finalement sortie, elle avait trouvé Harry assis contre le mur opposé qui l'attendait. Il l'avait accompagné dans sa chambre et avait passé la nuit à la consoler alors qu'elle s'était muré dans un silence de plomb. Ron n'avait peut être pas tord: ce talent, ce don comme l'appelait Hermione devait bien venir de quelque part. Comment aurait elle été capable d'exécuter des sorts aussi puissants en si peu de temps si ce n'était en raison de ses origines. Voldemort avait beau avoir fait des choses horribles, il était néanmoins parvenue à pousser la magie dans ses ultimes limites, accomplissant des prodiges inégalés et inégalables.
- Harry...
- Oui ?
- Et si moi aussi j'étais un monstre ? Avait-elle demandé à son ami.

-Si je devenais comme lui...tu serais capable de m'arrêter ?
Harry n'avait pas répondu et elle s'était finalement endormie à l'aube, épuisée. Le jeune homme, lui, était resté éveillé, incapable de trouver le sommeil, incapable de trouver une réponse. Ron avait passé la semaine qui suivit à s'excuser.

Le trajet en voiture jusqu'à la gare avait été des plus calmes mais laissa vite place à l'agitation de la voie 9 ¾ qu'elle découvrit comme une enfant qui découvre un sapin de Noël. Elle la découvrit pleine de vie, de bruits et d'odeurs sur lesquelles les autres ne s'arrêtaient pas mais qui permettaient à la jeune fille de se représenter ce quai que ces oreilles et son nez lui faisaient voir.
Par ici des chouettes qui ululaient dans leur cage, par là le chariot à friandise qui faisait le plein et dont les effluves sucrées rivalisaient avec l'odeur de la fumé et du charbon de bois.
Elle sentie quelqu'un se saisir de sa valise tandis que Mme Weasley l'attrapa et la serra contre elle de toute ses forces. Morgane se surpris d'ailleurs à lui rendre son étreinte le plus naturellement du monde. Ron s'approcha d'elles, vite rejoints par Harry et Hermione.

- Je veux que vous soyez très prudents, tous les quatre, c'est bien comprit ? Veillez bien les uns sur les autres et surtout...
- Pas d'imprudences, reprit le quatuor en cœur. C'était devenue le mot d'ordre au Terrier depuis que Mr et Mme Weasley avaient accepté de renvoyer toutes la petite bande à Poudlard malgré les récents évènements.

Derrière eux, le train siffla, appelant à son bord les derniers retardataires.
Une dernière embrassade, un dernier câlin et le club des quatre était à bord du train, faisant des signes de mains à Mr et Mme Weasley. Pour la première fois de sa vie, Morgane fut heureuse de pouvoir échapper au spectacle qui s'offrait aux yeux des trois autres; elle n'avait pas à affronter le regard plein de larmes de Molly Weasley alors qu'elle voyait, la peur au ventre, ses enfants partirent.