- Ron et moi devons aller dans le wagon des préfets prendre nos instructions, dit Hermione tandis qu'elle tirait le rouquin par la manche pour le convaincre de la suivre. On devra faire quelques patrouilles de temps en temps mais on vous rejoindra après.
- Moi aussi je vous laisse, ajouta Ginny, j'ai promis à Dean de le retrouver.
- Il ne reste donc plus que toi et moi, dit Harry en ébouriffant les cheveux de Morgane. Tu penses réussir à...
- Harry...le coupa la jeune fille.
- Ok, ok, je vais prendre ta valise, tu n'as qu'à prendre la cage d'Hedwige. On va essayer de trouver un compartiment où s'installer, à plus tard, ajout-a-t il à l'adresse de Ron et d'Hermione qui s'éloignaient à contre coeur.

Quelques minutes plus tard, c'était chose faite. Entre temps, ils avaient du faire face aux regards curieux des autres étudiants et avaient rencontrés Neville et Luna, deux amis qu'Harry présenta à Morgane et qui l'acceptèrent comme un membre à part entière du groupe. C'était comme si la jeune fille avait toujours été avec eux, vivants à travers les récits de Neville la Coupe des Quatre Sorciers et les réunions de l' se passait bien jusqu'au moment où une élève entra comme une furie dans le compartiment pour en ressortir aussi vite après avoir remis deux parchemins, l'un à Neville, l'autre à Harry.

- Qui est Slughorn ? Demanda le jeune homme, surpris
- Un nouveau professeur je crois, répondit Harry en feignant la surprise.
- Et pourquoi m'invite-t-il a déjeuner ? Toi je peux comprendre mais moi...
- Je te rappelle que toi aussi tu étais au Ministère Neville, tu as autant de mérite que n'importe qui. Vas y et excuse moi auprès de lui, je ne peux pas venir.
- Pourquoi ça ? Demandèrent en cœur Neville et Morgane qui avait déjà son idée sur la question.
- Je ne vais quand même pas te laisser toute seule.
- Mais je ne serais pas toute seule, s'indigna la jeune fille, Luna est avec moi et en plus, je te rappelle que je ne suis plus une enfant !
- Oui mais...
- Il n'y a pas de mais qui tienne Harry, tu vas aller à ce déjeuner.

Face à la détermination de la jeune fille rien ne fit et c'est donc à contre cœur qu'il quitta le compartiment avec Neville pour se rendre dans celui où l'attendait le professeur Slughorne.

- Luna ? Demanda Morgane au bout de quelques minutes.-
- Oui ? Demanda la jeune fille en tirant la tête de son magazine.
- Ça te dérange si je t'abandonne quelques minutes ? Je voudrais me dégourdir les jambes.
- Je t'en prie.

Morgane ressenti un élan d'affection pour cette jeune fille qui, contrairement aux autres, ne semblait pas décidée à la couver comme une mère poule, reconnaissant par la même qu'elle était aussi capable que n'importe qui de se débrouiller seule.Déployant sa canne, elle sortit du compartiment et s'accrocha à la rembarre qui se trouvait sous la fenêtre en face d'elle, prenant quelques secondes pour trouver son équilibre. Il était agréable de pouvoir faire quelques pas sans être surveiller de loin par quelqu'un qui était persuadé que vous alliez vous blesser. Elle avait beau leur répéter, aucun de ses nouveaux amis ne voulait accepter l'idée que, si elle avait réussi à se débrouiller seule ces 15 dernières années, elle serait encore capable de se débrouiller seule les 15 suivantes.
Son équilibre trouvé, Morgane se lança à la découverte du train, sous les regards curieux des autres étudiants qui étaient surpris de ne pas avoir remarqué plus tôt cette jeune fille aveugle qui semblait être de la même année qu'eux. Seuls certains remarquèrent la cravate noir, typique des premières années et en déduirent qu'elle devait venir d'une autre école. Qu'elle n'aurait été leur surprise s'ils avaient su que, 3 mois plus tôt, elle n'avait même pas de baguette. D'autres, ayant des parents au Ministère allèrent jusqu'à fermer la porte de leur compartiment sous son nez, ayant eu vent de la nouvelle selon laquelle Poudlard accueillerait cette année la fille du Seigneur des Ténèbres en son sein et ce, malgré la mention « secret défense » sur le dossier.

La traversé du train lui prit plus longtemps que prévue et, quand elle arriva finalement au dernier wagon, elle fut soulager de constater que ce dernier n'était pas fermé à clé. Décidant qu'elle aurait bien besoin de se reposer quelques instants, elle ouvrit la porte et fut accueillie par un brouhaha infernal. Une dizaine d'élèves étaient occupés à discuter et à s'amuser mais, dès qu'il remarquèrent sa présence, le silence se fit.

- Hé qu'est ce que tu fais là toi ? C'est un wagon privé, lui lança une voix masculine des plus désagréable.
- Pardon ?
- Oui, reprit la voix, réservé au Serpentard alors dégage !
- Désolée, je ne pensais pas que...bredouilla la jeune fille en tentant de faire machine arrière mais, à cet instant, une violent secousse du train la projeta sur les genoux d'une fille qui la projeta elle même sur le sol.
Des rirent s'élevèrent un peu partout dans le wagon tandis que, à quatre pattes, les yeux fermés, Morgane tentait de remettre la main sur sa canne, en vain.
- Bah alors qu'est ce que t'attends ? T'es aveugle ou quoi ? Demanda le garçon à l'origine de toute cette agitation.
La remarque, apparemment amusante, déclencha l'hilarité des autres occupants du wagon.

A l'autre bout du wagon, un jeune homme blond, perdue dans ses pensées, regardait la campagne que l'orage menaçait défiler quand un coup de coude de la part de Pansy Parkinson le ramena sur la terre ferme. La jeune fille, avait beaucoup de mal à se retenir de rire et il ne fallut pas longtemps au blond pour en comprendre la raison: cet abrutis de Glen s'était déjà trouvé un nouveau bouc émissaire et semblait s'amuser comme un fou avec une longue canne blanche qu'il faisait passé devant le visage d'une jeune fille qui ne semblait pas s'en rendre compte. Ce n'est qu'en y regardant de plus près qu'il remarqua, derrière les mèches couleurs chocolats, les yeux gris pâle de cette dernière.

- Bah alors qu'est ce que t'attends pour l'attraper, braillait le troisième année en tournant autour de la jeune fille qui semblait totalement perdue.
- Je ne peux pas...
- Bah allez, prend là...
- Je ne peux pas..., répéta la jeune fille alors que les larmes lui montaient aux yeux.
- Allez...

S'en fut trop pour Morgane qui éclata littéralement en sanglot épuisée moralement qu'elle était d'avoir dût feindre la joie ces deux dernières semaines alors que, depuis son arrivé dans le monde magique, elle n'avait qu'une seule envie: disparaître.

- Et voilà qu'elle chiale maint....Aïe! Hurla le garçon alors que, à quelques centimètres de lui, le blond lui tordait le bras en lui lançant un regard aussi noir que la nuit.
- Pauvre con, tu ne vois pas qu'elle est aveugle ?!
A en juger par le regard d'ahuri que lui lança le troisième année, il en déduisit que ce dernier était persuadé que la jeune fille avait passé les 5 dernières minutes à plaisanter.
- Donne moi ça crétin, dit il lui arrachant la canne des mains avant de s'accroupir face à Morgane qui fut soulager de constater que l'odeur de sueur laissait place à une douce odeur d'eau de Cologne haut de gamme.
Prenant un mouchoir dans sa poche, il essuya les larmes de la jeune fille avant de l'attraper par le bras pour l'aider à se relever.
- Ça va aller ? Lui demanda-t-il doucement.
- Je...je crois.

Ouvrant la porte du wagon, il lui rendit sa canne et la poussa doucement dans le couloir sous les regards ahuris des autres Serpentard. Choquée, Pansy tenta de le rattraper.
- Draco où vas tu ?
- Je la raccompagne à son compartiment ça se voit non ?
- Mais...pourquoi ? Demanda-t-elle, choquée que son ami puisse faire preuve de compassion.
- Qu'est ce que ça peut te faire ? Demanda-t-il en lui tournant le dos et en s'éloignant à grand pas pour rattraper Morgane avait détallé comme un lapin.
Il ne lui fallut pas longtemps pour la retrouver, deux wagon plus loin, avançant avec difficulté en raison des mouvements du train qui se voulait plus chaotique maintenant que l'orage avait éclaté. Posant sa main sur les reins de la jeune fille, il l'aida à se stabiliser.
- Merci, murmura Morgane entre deux reniflements.
- C'est rien.
- Morgane ? Morgane ?
La voix de Harry ne le précéda que de quelques secondes et c'est accompagné de Ron et d'Hermione qu'il entra dans le wagon, trouvant la jeune fille et...
- Malfoy ! Cracha-t-il entre ses dents.
- Potter.

En quelques pas, Harry était devant Morgane qu'il attrapa et fit passer derrière lui, la laissant entre les mains d'Hermione qui, remarquant les traces de larmes sur les joues de son amie la prit dans ses bras. Ce n'est qu'en l'entendant renifler qu'Harry prit conscience du fait que quelque chose n'allait pas.
- Qu'est ce que tu lui as fait Malfoy, demanda-t-il les yeux lançant des éclairs.
- Rien, répondit calmement le blond.
Il ne fut pas assez convaincant apparemment, Harry ayant sorti sa baguette pour la lui mettre sous le nez en un geste de menace des plus explicite, vite imiter par Ron. Malfoy, décidé à ne pas se laisser faire sortie à son tour la sienne mais ce fut Morgane qui intervint pour éviter que la discussion ne dégénère.
- Il ne s'est rien passé Harry, je me promenais, il y a eu une secousse et je suis tomber en me faisant mal. C'est là que ce jeune homme m'a relevé et a décidé de me raccompagner.
- Vraiment ? Demanda le jeune homme à l'air méfiant.
- Vraiment. Écoute Harry je...
- Harry, nous n'avons pas le temps, le coupa Hermione, venant à l'aide de son amie, on est pratiquement arrivé à Pré au Lard et il faut encore qu'on se change et qu'on sorte les valises.
- Jetant un coup d'œil par la fenêtre, le jeune homme acquiesça et ce n'est qu'à contre cœur qu'il rangeât sa baguette.
- Tu as raison, retournons dans notre compartiment, dit il en se tournant vers ses amis.
- Morgane emboita le pas au groupe quand elle remarqua qu'elle avait toujours dans sa main le mouchoir de Malfoy. Elle se retourna pour le lui rendre mais, le bruit de la porte du wagon qui claqua l'informa qu'il était déjà partie et, les appels répétés d'Hermione la dissuadère de le suivre.
- J'arrive Mione, cria-t-elle alors qu'elle se dirigeait vers son amie.

Derrière la porte du wagon, Malfoy l'écouta s'éloigner, tentant de comprendre, en vain, ce qui lui avait prie. Bien sur, quand il l'avait aidé, il ne savait pas encore qu'elle trainait avec la bande de Potter mais ce n'était pas dans ses habitudes d'aider qui que ce soit.
Jetant un coup d'œil à la fenêtre, il croisa son reflet. Il était pâle, très pâle même et son visage s'était creusé en raison de l'inquiétude que lui procurait la mission qui lui avait été confiée.
- Si j'étais toi, je ne trainerais pas avec cette fille, lui dit une voix cristalline, l'arrachant à ses pensées. Face à lui, Pansy, qui s'était changé, avait une lueur étrange dans le regard.
- Et pourquoi ça, lui demanda-t-il de mauvaise humeur.
- Je me suis renseigné sur elle et tu ne vas pas aimé les rumeurs qui courent à son sujet.
- Ça m'est égal de toute façon, dit il en la bousculant, retournant dans le wagon des Serpentard.

« Je ne suis là que pour une seule raison de toute façon. »