Pour ce chapitre, j'ai fait pas mal de recherche sur le personnage de Narcissa Malfoy parce que j'imagine qu'être l'épouse d'un Malfoy ce doit être à peu près la même chose pour tout le monde. Malgré qu'il n'y ait pas grand-chose sur ce personnage, que se soit dans les livres ou sur le net, j'espère que vous serez satisfait de mon interprétation du personnage d'Astoria Greengrass/Malfoy ainsi que de celle de son époux.
Chapitre 2 : Soit belle et tais-toi
23h47. Il n'était toujours pas rentré. Astoria déposa le livre qu'elle s'entêtait à lire depuis deux heures dans l'espoir d'oublier le temps qui passe, et poussa un soupir.
Depuis qu'elle était mariée à Draco Malfoy, elle reproduisait chaque soir le même rituel. D'abord faire servir le dîner par les elfes de maison, dîner auquel il n'assistait que très rarement, puis elle se retirait dans le salon pour l'attendre jusqu'à ce que la fatigue ne devienne trop grande et qu'elle ne finisse par abandonner et gagner sa chambre à l'étage ; une chambre conjugal qu'elle partageait avec un fantôme.
Aux premiers mois de leur mariage, il prétendait rester travailler tard, avoir un dîner d'affaire ou bien rendre visite à son ami Blaise jusque tard le soir. Puis, il avait passé une première nuit dehors. La jeune femme n'avait pas pu fermer les yeux, inquiète pour son époux. Trop naïve, elle s'imaginait qu'il avait eu un accident, en réalité il avait passé la nuit dans une chambre d'hôtel avec une jeune femme aux courbes généreuses et ils ne s'étaient pas ennuyés. Le lendemain, elle avait cru à ses mensonges : « j'ai un peu trop bu et Blaise m'a proposé de rester dormir », tu parles. Mais elle l'aimait, son Draco… Il était reparti le soir même, et n'était pas rentré non plus, mais cette fois-ci, Astoria pensait savoir pourquoi alors elle ne s'était pas inquiétée. Au fil des mois, le même schéma se répétait inlassablement, il ne restait au manoir que deux ou trois soirs par semaine, pour remplir son devoir d'époux, puis repartait en aimer une autre. Et Astoria, pauvre naïve qui connaissait avec Draco sa première relation amoureuse, croyait dur comme fer à ses mensonges.
Mais ce jour-là était différent. Tôt dans la matinée, alors que Draco avait passé une autre nuit dehors, un hibou avait apporté une lettre à la jeune femme. La lettre, imprimée par une machine, n'était pas signée. Aucun moyen d'en connaitre le destinataire. Elle ne comportait qu'une seule ligne, « ton mari te trompe », et une photo de Draco et l'une de ses maitresses accompagnait la missive. Avec la preuve devant elle, impossible pour la jeune femme de fermer les yeux sur ce qui lui paraissait à présent tellement évident. Depuis le début, elle aurait dû le savoir. Bien sûr qu'il n'aurait jamais pû être un époux fidèle. Son père l'a élevé dans le non-respect des femmes, lui-même n'a eu de cesse de faire souffrir la sienne, et a tellement sous-estimé et humilié son fils qu'il a pris de sales habitudes. Le désir de se faire respecter de tous, parce qu'il est un sang-pur, parce qu'il est un Malfoy, parce que chez lui on le respecte et l'aime si peu. Le besoin d'être aimé, de plaire, parce qu'il n'a d'autre choix que de plaire à son père tyrannique et ne connait que cela. Et puis, il faut bien l'avouer, il est bel homme, riche et reconnu, tant de qualité qui ne laisse pas les femmes indifférentes. Draco a su en tirer parti. Il profitait de cela pour se prouver que personne ne pouvait lui résister, qu'il méritait l'amour et même qu'on le lui devait.
Astoria jugea qu'il ne servait plus à rien d'attendre et monta à l'étage pour rejoindre sa chambre tellement vide et se glisser dans ses draps jamais réchauffés par la présence d'un homme. Sur la table de chevet, la lettre et la photo trainaient, douloureuses preuves d'une vérité qu'elle préférerait ignorer. Une attirance malsaine poussa ses yeux à se poser une nouvelle fois sur la photo animée de son époux trainant à son bras une jeune femme à la poitrine généreuse et aux longs cheveux bruns. Les larmes qu'elle s'était efforcée de contenir le matin même en découvrant la lettre se mirent à couler. Ici, seule dans sa chambre, elle était à l'abri des regards indiscrets, elle pouvait aisément retirer son masque et retrouver l'humanité à laquelle on renonce indéniablement en devenant une Malfoy. Elle pleura tout son soûl, pour des années de souffrance qui prenaient tout à coup tout leur sens.
La nuit de la jeune femme fut très agitée. Lorsqu'elle se réveilla, un bouquet de rose rouge reposait sur l'oreiller à côté d'elle, preuve que Draco était finalement rentré. Le lit n'étant cependant pas défait, elle supposa qu'il arrivait seulement. Elle ne prit même pas la peine de mettre les fleurs dans un vase, à présent elle comprenait la raison pour laquelle son époux la couvrait de cadeaux chaque fois qu'il ne rentrait pas dormir. Elle gagna la salle de bain pour se refaire un masque d'indifférence avant d'affronter le regard de son mari. Devant l'image que lui renvoyait le miroir, Astoria fut prise d'un vertige. Elle se cramponna au rebord du lavabo avant de se passer un peu d'eau sur le visage pour se rafraichir. Elle ressentait une véritable pitié envers la jeune femme blonde que son miroir reflétait. Elle se reconnaissait à peine, elle qui par le passé était rayonnante, souriante, heureuse… Voilà qu'elle était la représentation la plus parfaite d'une véritable femme de sang-pur. L'air hautain gravé à vie sur son visage après des heures et des heures d'entrainement lorsqu'on lui avait annoncé son prochain mariage avec le jeune Malfoy. Elle avait admiré longuement sa belle-mère, dans l'espoir de remplir aussi bien qu'elle le rôle qui lui était incombé. Finalement, l'élève avait fini par dépasser le maitre, et cela effraya considérablement la jeune femme. Et le pire dans tout ça, c'est que malgré la lettre et la photo, malgré les mensonges incessants, malgré le visage inconnu, elle continuait d'espérer et d'aimer son mari. Il avait été choisi pour elle et son cœur avait fini par se prendre au jeu des flatteries et hypocrites caresses du jeune homme. Elle en était tombée amoureuse, la sotte. Parce qu'avant d'être une sang-pur, elle était aussi et surtout une femme… De nouvelles larmes menacèrent de tomber, Astoria les balaya d'un revers de main et gagna le rez-de-chaussée.
Draco était assis dans la salle à manger, installé devant une tasse de café et une assiette d'œufs et de bacon. Lorsqu'il l'entendit entrer dans la pièce, il délaissa le journal qu'il lisait pour porter son attention sur sa femme. Un sourire auquel elle ne résistait jamais s'afficha sur les lèvres du jeune homme. Il lui adressa l'habituel baratin qu'elle connaissait par cœur, sans oublier les flatteries pour se faire pardonner. Un dîner de dernière minute avec le Ministre, ne pouvait pas refuser, à encore oublier de la prévenir, Merlin qu'elle est belle dans cette nuisette… Des mots, toujours des mots. Elle lui adressa un sourire et un geste évasif de la main, signe que tout était déjà oublié. Elle fit un pas dans sa direction, un pas à peine et se stoppa net. L'odeur du bacon frit la contraignit à se rendre en courant vers la cuisine, dans la pièce d'à côté, et soulager sa nausée à l'évier le plus proche. Décidément, la jeune femme traversait une très mauvaise période. Comme si la souffrance morale ne suffisait pas, elle devrait en plus supporter un état maladif. Draco l'avait suivit jusque dans la pièce et s'inquiéta distraitement de la santé de son épouse. Il reprenait le rôle du mari attentionné, certainement pour lui faire croire qu'il n'aimait qu'elle et n'aurait jamais dans l'idée de la tromper. Cela marchait à merveille, avant… Sans un regard vers lui, elle lui annonça qu'elle retournait au lit, se sentant trop faible et quitta la pièce sans plus de cérémonie. Draco eut un haussement d'épaule et regagna la salle à manger.
Dans la chambre à coucher, elle réprima une nouvelle envie de pleurer. Elle était bien émotive, ces temps-ci. Mais elle ne devait pas se laisser de nouveau aller. On ne pleure pas quand on est une Malfoy, il ne faut pas être faible et surtout il n'y a aucune raison de pleurer. Lorsque l'on est une Malfoy, tout est absolument parfait : il n'y a jamais le moindre pli aux vêtements, pas la moindre tache sur le sol, pas de problème de couple, ni de problème du tout. C'est ce que ses parents, si fiers de faire marié leur fille à l'héritier de la famille de sang-pur la plus puissante, lui ont appris. Pas la moindre ombre au tableau…
***
A l'étage d'au-dessous, son parfait époux envoya une elfe de maison pour veiller sur elle puis se plongea dans son assiette, inspectant tout de même son contenu avant de l'avaler. Pas une once de culpabilité ne semblait le ronger, pourtant il aurait dû après la nuit qu'il avait passé. Comme chaque soir, il s'était rendu dans un pub, avait bu quelques verres en compagnie de son ami Blaise Zabinni et de charmantes jeunes femmes puis ils étaient tous allés dans un club. Tard dans la nuit, Draco avait finalement invité l'une de ses charmantes accompagnatrices à le rejoindre dans l'une des pièces privées qu'offrait le club et avait terminé la nuit avec elle. Encore une nuit avec une femme différente, une femme qu'il ne reverrait certainement jamais.
Tous ces jeux de séduction ne l'amusaient guère plus mais c'était plus fort que lui. Son meilleur ami, Blaise, était très séduisant lui aussi et Draco se sentait inévitablement en concurrence avec lui. Il s'était inventé seul un petit jeu, consistant à avoir un tableau de chasse plus grand que celui de son ami, par simple orgueil. Rien de bien compliqué pour cet homme charmant et charmeur, riche et appartenant à une famille qui restait, dans l'esprit des gens, très prestigieuse malgré les horreurs auxquelles elle avait été associée, notamment par le biais de Lucius. Lucius… Lui non plus n'était pas pour rien dans ce qu'était devenu son fils. Tant d'années à le rabaisser, alors que son fils l'admirait plus que tout. Il avait but la moindre parole de son géniteur, et s'était évertuer à le contenter mais rien ne trouvait jamais grâce aux yeux de Lucius Malfoy. Seule sa mère l'avait aimé comme on doit aimer un enfant. Seule sa mère avait su lui apporter l'attention qu'il méritait. Et jamais il n'avait retrouvé une telle quantité d'amour chez une femme, même pas chez Astoria. Certes, il n'avait pas particulièrement cherché cet amour, un mariage arrangé ne lui convenait pas vraiment et puis son cœur, à l'époque, s'était allumé d'une flamme trop puissante pour s'éteindre devant les charmes de la jeune femme.
Une seule fois dans sa vie, il était tombé amoureux et cet amour ne lui avait apporté que des malheurs, précipitant par la même occasion son mariage. Depuis, il s'était juré de ne plus tomber amoureux, non seulement parce que son père lui avait bien fait comprendre que cela était pour les faibles (et la cicatrice sur sa hanche le lui rappelait chaque jour) mais aussi parce que la cicatrisation de son cœur avait été longue et douloureuse, et menaçait de se rompre à la moindre occasion. Bien sûr, il aimait beaucoup Astoria, il avait pour elle une tendresse acquise avec le temps mais qui ne suffisait pas à effacer l'amour plus fort ressentit pour une autre. Pour cela, il avait besoin de se sentir désiré par des dizaines de jeunes femmes magnifiques et au sang limpide. Besoin de se sentir aimé par tout le monde, et surtout par des personnes très différentes d'elle…
Le simple fait de penser à elle ravivait la douleur. Draco ferma les yeux une seconde, espérant ainsi chasser de son esprit les images de son visage, et avala difficilement la dernière bouchée d'œufs que contenait son assiette. Bien sûr qu'il se sentait coupable de tromper Astoria mais il n'y avait que cela qui le vengeait de toutes ses blessures d'enfance. Il retrouvait un peu de l'amour de sa mère, l'intérêt qu'elle et son père ne lui avaient jamais porté et l'oubliait par la même occasion. Mais comme tout, cela impliquait des sacrifices, et dans ce cas, c'est sa vie de couple qui y passait. Il se rachetait de toute les manières possibles, couvrant son épouse de cadeaux, la gratifiant de ses plus beaux et ses seuls vrais sourires, l'inondant de compliments, dans le seul but de se faire pardonner pour un crime qu'elle ne soupçonnait même pas mais veillant toujours à cacher cet air coupable de son visage. Faire comme si de rien était, c'était sa règle d'or depuis la naissance. C'est un principe qui se transmet de père en fils dans la famille Malfoy. Toujours paraitre sûr de soi, indifférent à toute chose et supérieur au monde entier.
Fut un temps, il croyait aux principes inculqués par son père, la supériorité du sang, le triomphe du mal. Il aspirait même à devenir mangemort. Uniquement pour marcher sur les traces de son père dont il était tellement fier. Mais il s'était révélé un bien piètre serviteur du Seigneur des Ténèbres. « Tu n'es pas un assassin, Draco ». Ce n'est que lorsque Dumbledore, alors désarmé et menacé par une baguette magique, le lui avait annoncé que Draco s'était aperçu de la véracité de cette déclaration. Non, il n'était pas un assassin mais il devait bien cela à sa mère après tout l'amour qu'elle lui avait donné il ne pouvait pas être responsable de sa mort en échouant à une mission. Aujourd'hui, Draco Malfoy ne croyait plus en rien mais continuait de défendre ces principes, pour la forme, pour faire bien parce qu'il l'avait dans le sang.
Lorsqu'il eut terminé son petit déjeuner, il rejoignit Astoria dans leur chambre. Elle dormait profondément. Elle était tellement belle, paisible, à mille lieues de se douter de la tromperie de son époux. En voyant son visage angélique, une nouvelle vague de remords le prit. Comme il aurait aimé arrêter ses bêtises, comme il aurait voulu l'aimé comme elle le méritait. Mais malgré tout ses efforts, malgré que ses convictions aient en partie changées, il restait Draco Malfoy. Et on ne renie pas 17 ans d'une éducation de sang-pur et de mangemort en un claquement de doigt. Trop vexé lorsque l'un de ses amis réussissait mieux que lui dans quoi que se soit, trop heureux d'être le centre d'intérêt. On pouvait bien l'incriminer elle, et bien plus encore son père, Draco avait tout de même passé 17 ans de sa vie à obéir et consentir aux moindres désirs de son géniteur sans broncher. Il était consciemment devenu l'homme qu'il était aujourd'hui et il faudrait fournir énormément d'efforts pour changer maintenant. Et après tout, en avait-il vraiment envie ? Rien n'était moins sur.
Voilàààà ! J'attends votre avis. Qu'est-ce que vous pensez de l'idée de changer de point de vue de personnage d'un chapitre à l'autre ? Est-ce que ça ne vous destabilise pas trop ? Dans ma tête tout est bien clair mais j'ai peur de ne pas réussir à bien retranscrire mon idée. Bon je ne sais pas encore quand je publierais le chapitre 3, j'hésite encore sur le personnage que je vais choisir...
XoXo
