Chapitre 5 : Bonne nouvelle ?

Un sentiment étrange avait gagné Hermione depuis quelques jours. Après qu'il lui ait fait la promesse de réussir à la séduire, Malfoy ne l'avait plus lâché d'une semelle. Chaque jour, il lui donnait rendez-vous dans un restaurant, un glacier, un pub… Et chaque jour il s'évertuait à la faire flancher. Bien qu'elle ne devait pas se laisser faire, ayant tenu avec lui le pari qu'il ne parviendrait pas à coucher avec elle, Hermione appréciait énormément ce nouvel intérêt. Un intérêt que Ron ne lui portait plus depuis leur dernière dispute. Il avait même cessé de lui demander où elle allait chaque jour. Et puis, elle appréciait aussi ce visage de Malfoy qu'elle ne connaissait pas. Ses airs de Don Juan, ses petites attentions… s'il ne lui rappelait pas sans arrêt le pari qu'ils avaient fait, la jeune femme se serait presque laissée prendre au jeu de la séduction.

Deux jours après l'épisode du café, Hermione et Draco se trouvaient chez Fortarôme. Le jeune homme, mettant toutes les chances de son côté, avait apporté un bouquet de fleur à Hermione. Perdu dans la contemplation de celui-ci, elle répondait distraitement à ses questions.

« Pourquoi pleurais-tu, l'autre jour ?

- Une dispute avec Ron.

- Comment as-tu pu te marier avec Weasley ? ça me dépasse.

- Nous étions très amoureux l'un de l'autre. Mais ça bien sûr, tu ne peux pas le comprendre. »

Hermione ne savait pas à quel point elle avait tort. Draco connaissait très bien l'amour et surtout le côté douloureux de celui-ci. Jamais personne ne le verrait comme un être humain… Il avait aimé et il aimait toujours, pourquoi refusait-on de le croire ? Cela dit, il ne pipa mot et se contenta de lancer un sourire de résignation. Mieux valait qu'elle ignore à quel point son cœur pouvait s'enflammer et surtout pour qui il brûlait tant. La jeune femme lui répondit par un regard moqueur. Non, un Malfoy ne tombait jamais amoureux, tant mieux pour elle.

Cette nouvelle relation entre les deux ennemis avait conforté Hermione dans son désir de se laisser aller à une folie. Elle savait qu'elle pourrait abaisser ses défenses à tout moment et laisser Malfoy obtenir ce qu'il voulait tant. Elle venait même à le désirer de plus en plus souvent. Mais deux choses la retenaient encore : tout d'abord, elle s'était lancée dans cette aventure avant tout pour prouver à Malfoy qu'il n'était pas aussi irrésistible qu'il le croyait et puis il y avait Ron. Elle avait beau lui en vouloir pour ses précédentes paroles, elle restait sa femme et continuait de l'aimer un minimum, ou du moins d'avoir pour lui suffisamment de respect pour ne pas le tromper avec son pire ennemi. Elle en était là de ses réflexions lorsque Malfoy posa sa main glaciale sur la sienne.

« A quoi penses-tu, Granger ?

- Tu ne vois pas cette alliance à mon doigt ? Je m'appelle Weasley, faudra t-y faire.

- Weasley… Ne me dis pas que tu l'aimes en plus ? Après le mal qu'il t'a fait !

- Que sais-tu du mal qu'il m'a fait ? Je ne t'en ai jamais parlé.

- Je me souviens bien de tes larmes…

- Tu crois que ta femme ne pleure jamais ? Tu crois que tu vaux mieux que Ron ?

- Non… Mais je n'ai pas choisi Astoria et elle non plus n'a pas eu le choix. Weasley l'avait, lui. S'il ne voulait pas t'épouser, il aurait pû ne pas le faire. S'il ne t'a épousé que pour te faire souffrir, il aurait dû laisser quelqu'un d'autre tenter sa chance.

- Et qui ? »

Draco retint un rire sans joie. Qui ? Si tu savais, Hermione. Il caressa sa main doucement puis remonta jusqu'à son avant-bras. Il n'était pas dans ses habitudes d'être aussi tendre avec ses maitresses mais il savait que Granger n'était pas comme les autres. Elle ne se laisserait pas faire aussi facilement que toutes les écervelées avec qui il avait couché par le passé. Avec elle, il fallait toucher en plein cœur, à l'endroit même où elle avait toujours refusé de le laisser entrer. Sans pour autant lui faire oublier à qui elle avait affaire.

« Alors, tu n'as toujours pas envie d'aller faire un tour dans ma chambre d'hôtel, Granger ? demanda-t-il d'une voix sensuelle. »

***

Profitant que son époux soit au travail, Astoria fit appeler un médicomage. Depuis quelques jours, elle se sentait nauséeuse et sans arrêt fatiguée, même après une bonne nuit de sommeil. Elle avait déjà une idée du mal qui la frappait, ayant constaté un retard dans ses règles, qui allait à présent jusqu'à une absence totale de celles-ci. Mais, elle préférait être sûre d'elle avant d'annoncer la bonne nouvelle à Draco. Elle laissa donc le médecin l'ausculter sans dire un mot, impatiente d'être fixée.

L'examen ne dura que quelques minutes puis le médicomage rangea sa baguette et autorisa sa patiente à se relever. Il lui adressa un sourire avant de confirmer ses doutes. Lorsque les mots franchir les lèvres du médecin, Astoria sentit son cœur exploser de joie. Elle ne serait plus jamais seule désormais, et peut-être même que Draco apprendrait à aimer celle qui lui donnerait bientôt un héritier. Elle remercia chaleureusement le médecin, laissant de côté son masque hautain et froid. Elle était enceinte. Enceinte !

En raccompagnant l'homme jusqu'à la porte, Astoria s'imaginait déjà serrant son enfant dans ses bras, Draco étant près d'eux et regardant le petit d'un air émerveillé. Il ne l'avait peut-être jamais aimé mais il aimerait leur enfant, son enfant. Celui qu'elle aurait porté pour lui. Elle laissa un immense sourire s'épanouir sur ses lèvres en regagnant le salon. Rien ne pourrait venir gâcher cette parfaite journée.

***

Quelle insupportable petite sang-de-… Non, il s'était promis de ne plus jamais l'appeler ainsi. Mais tout de même, Granger commençait à lui taper sur les nerfs avec sa morale. Un elfe de maison vint accueillir Draco lorsqu'il entra dans le manoir, le débarrassant de sa cape et de sa mallette. Le jeune homme traversa le couloir comme une flèche, ne prenant même pas la peine de dire bonjour à sa femme, qui écrivait dans la grande salle à manger. Il fonça vers son bureau et s'installa à l'intérieur, claquant la porte derrière lui. S'accoudant sur le bureau en chêne, il se massa les tempes pour reprendre son calme. Toute la journée, Granger lui avait cassé les oreilles en lui rappelant à la moindre occasion à quel point il se comportait comme un monstre avec Astoria. Sans oublier qu'elle défendait corps et âme cet idiot qui lui servait de mari. Quand elle avait enfin daigné lui expliquer la raison de leur dispute, Draco avait failli s'étouffer avec sa glace. Weasley avait osé accuser Hermione d'être incapable de lui donner un enfant ! Etait-il donc aveugle au point de ne pas remarquer la chance qu'il avait de l'avoir déjà comme épouse ?! Non, stop ! Elle avait fait son choix, tant pis si c'était le mauvais. D'ailleurs, lui non plus n'aurait pas été un bon mari dans l'optique où il aurait pû l'épouser, évidemment. Jamais son père n'aurait accepté une telle chose, jamais Draco n'aurait osé le proposé et jamais elle n'aurait accepté. De toute façon, il ne devait pas se laisser aller à ces sentiments, il devait les combattre. Alors pourquoi avoir fait ce stupide pari ? Pourquoi passer son temps à la séduire ? Il aurait dû abandonner, admettre qu'il ne l'aurait jamais, au lieu de ça il prenait ce pari comme une deuxième chance…

Un coup à la porte le tira de ses pensées. Il avait pourtant bien dit à son elfe qu'on ne devait en aucun cas le déranger. Il invita l'importun à entrer d'une voix laissant deviner son humeur massacrante. Mais ça n'était pas un elfe, seulement Astoria. Elle entra dans le bureau, tout sourire, semblant ne pas avoir remarqué le ton de son époux. Elle se stoppa juste devant lui et attendit qu'il l'invite à parler. Draco n'avait absolument pas envie d'entendre ses commérages sur tel ou tel voisin. Il aurait voulu que le monde entier l'oublie l'espace de quelques heures.

« Astoria, j'ai beaucoup de travail et je n'ai pas le temps pour tes bêtises. Laisse-moi, s'il-te-plais »

Le sourire de la jeune femme s'effaça, remplacé par une profonde tristesse que Draco ne remarqua même pas. Elle tourna les talons sans un mot et referma la porte tout doucement. Draco poussa un soupir et repartit dans le dédale de ses pensées.

***

Lorsque Draco était rentré, elle n'avait pas eu le temps de lui dire le moindre mot qu'il avait déjà disparu. Mais son bonheur était tel qu'elle n'imagina pas une seule seconde que le moment était mal choisi pour aborder le sujet avec son mari. Elle termina la lettre pour sa sœur et quelques minutes plus tard, rejoignit le bureau de Draco.

Elle frappa légèrement à la porte, toute excitée. Il la pria d'entrer, ce qu'elle fit. Elle se stoppa devant le bureau, un grand sourire collé aux lèvres, attendant tout de même qu'il l'autorise à parler comme le voulait la tradition. Mais, il prit la parole, faisant éclater la bulle de bonheur de la jeune femme.

« Astoria, j'ai beaucoup de travail et je n'ai pas le temps pour tes bêtises. Laisse-moi, s'il-te-plais »

Son sourire retomba comme il était venu. Elle tourna les talons, pour que Draco ne voit pas les larmes qui commencèrent à couler et quitta la pièce sans un mot. Une fois la porte refermée, elle s'adossa contre celle-ci et posa une main sur son ventre. Laissant son chagrin s'exprimer, les larmes inondèrent totalement son visage. Draco ne serait certainement jamais le père que son imagination avait créer quelques heures plus tôt.


En attendant le prochain chapitre, un petit indice sur son contenu au cas ou vous ne l'auriez pas encore deviné :

Adultère, n. m. Fait d'avoir volontairement des rapports sexuels en dehors des liens du mariage.

Sur ce, j'espere que ces deux chapitres vous ont plu, à bientôt

XoXo