Nouvelle version des malheurs de Blaise Zabini ou pourquoi il ne vaut mieux pas parier avec Dago Malefoy.

Bonne lecture

PS : Merci a Lissae qui a corrigé ce chapitre !


Au jeu du chat et de la souris…

Il ouvrit brusquement les yeux et se rassura en entendant les ronflements sonores qui troublaient la tranquillité du dortoir. Merlin merci, ils dormaient encore. Avec une discrétion digne des plus grands cambrioleurs, il enjamba vêtements, sacs, livres, balais et chaudrons, évita – par miracle – de marcher sur la queue du chat de Théodore, ne laissa aucune exclamation passer ses lèvres quand il posa le pied dans une substance non identifiée et parvint même à ne pas s'écraser dans la porte grande ouverte de l'armoire de Grégory, tout ça bien sûr dans la plus complète obscurité, la lueur d'une baguette aurait pu les réveiller et c'était bien la dernière chose qu'il désirait.

Il atteint enfin la salle de bain sans encombre et referma lentement la porte derrière lui. Une chose qu'il avait retenu avec les années, c'est qu'un simple appel d'air est capable de faire s'écrouler une pile de livres un peu trop précaire. Il insonorisa la pièce d'un coup de baguette et se permit un soupir. Il n'était pas sûr de parvenir à tenir encore longtemps à ce petit jeu, il manquait de sommeil, de nourriture et de tranquillité. Maudit soit Drago.

Quand il sortit, ses camarades dormaient encore et sa montre l'informa qu'il avait moins d'une vingtaine de minutes avant que les réveils de ses camarades ne les tirent du sommeil. Prévoyant, son sac de cours était prêt depuis la veille au soir, il ne lui restait donc plus qu'à mettre la main sur une robe propre. Malheureusement pour lui, son armoire craqua et il vit avec horreur Vincent bouger dans son lit. Son souffle coincé dans sa poitrine, il resta immobile plusieurs minutes avant d'expirer lentement et de tâtonner à la recherche de vêtements propres. Enfin prêt, il se faufila hors du dortoir pour gagner la Grande Salle et pouvoir se sustenter convenablement il n'aurait sûrement plus cette chance dans la journée et les cuisines présentaient un bien trop grand risque.

Sa seule consolation était qu'il ne lui restait que deux jours à tenir et après il serait enfin libre ! Après… Il ne lui resterait plus qu'à faire payer Drago ! Mais il n'était pas pressé, la vengeance est un plat qui se mange froid et son ami était bien trop sûr de lui pour se méfier longtemps… Grave erreur, Blaise avait toujours été rancunier.

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Et en plus il se marrait ! Blaise ne savait pas par quel miracle il n'avait pas encore lancé unsort au crétin blond qui était censé être son ami, mais sa baguette le démangeait de plus en plus. Toutefois, le cours de potion n'était pas le meilleur endroit pour un règlement de compte, Rogue avait beau être partial, il n'apprécierait pas que sa classe se transforme en champ de bataille, surtout par l'initiative d'un élève de sa Maison.

« Si tu fais sauter ton chaudron, ce sera pire », lui fit remarquer son voisin.

Blaise grogna et se reconcentra sur sa potion qui aurait du être un peu plus claire, mais peu importe, elle était correcte. Il ne se demandait même pas comment Théodore savait à quoi il pensait, ce type avait toujours une longueur d'avance sur lui de toute façon, c'était d'ailleurs assez frustrant, mais il en faisait rarement usage.

Il souffla un bon coup et s'efforça d'ignorer le préfet Serpentard pour rattraper sa préparation, il avait toujours été excellent dans ce domaine et il était hors de question qu'il échoue à cause de ses nerfs.

« Comment comptes-tu t'en sortir ce coup-ci ? demanda Théodore sans même relever les yeux.

– Je devrais peut-être faire sauter mon chaudron, en fait, remarqua Zabini songeur.

– Pour te faire coller par Rogue et découvrir qu'ils t'attendent derrière la porte ?

– Tu peux m'épargner ton sourire supérieur s'il te plaît, grogna-t-il, je ferais bien d'accélérer, ils sont toujours à la bourre en potion, si je finis en avance, j'aurais le temps de prendre le large.

– Ça peut marcher si tu arrêtes de te laisser manipuler par Drago », ajouta Nott presque avec condescendance.

Blaise marmonna quelque chose au sujet de ce qu'il pensait des avis de son voisin, mais celui-ci ne releva pas puisqu'il savait qu'il avait raison et que c'était justement ça qui contrariait son camarade.

Drago tenta bien plusieurs fois de distraire l'attention de Blaise pour le retarder mais le garçon ne décolla pas ses yeux de son chaudron et avant même que Rogue ne parle de préparer un échantillon il le lui apportait déjà.

La cloche sonna avant même que le maître des potions n'ait le temps de faire la moindre remarque et Blaise fila sans demander son reste. Avec un peu de chance il aurait le temps de grappiller deux ou trois trucs à manger dans la Grande Salle avant que les autres n'arrivent. Il enveloppa un morceau de poulet dans une serviette, empila des tranches de pains et gagna le Parc au moment où les autres élèves de sa classe montaientl'escalier des cachots. Là il se trouva un petit coin au soleil et dévora son repas. Il était satisfait de s'apercevoir qu'il était de plus en plus habile, même si légèrement ridicule…

« Attrape ! »

Il sursauta et eut tout juste le temps de se saisir de la pomme avant qu'elle ne lui frappe le nez.

« Je voulais te ramener de la tarte mais ils avaient tout mangé, expliqua Pansy, ils sont dans la salle commune. »

Blaise hocha la tête avec soulagement et sourit à son amie, il avait une petite heure de tranquillité.

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Blaise devait bien reconnaître que cette cinquième année était plus difficile que les précédentes, mais la plupart des devoirs étaient intéressants à faire, il passait donc avec plaisir du temps à la bibliothèque. Sauf depuis cinq jours où il devait être constamment sur ses gardes au cas où ils se pointeraient.

Avec un soupir, il relut l'intitulé de son devoir de métamorphose et s'aventura entre les rayons pour trouver les livres nécessaires. L'avantage avec une piquée comme Pince, c'était que les rayonnages étaient toujours parfaitement rangés, ce qui facilitait grandement les recherches. Malgré tout, le sujet de son devoir était particulièrement pointu et il dut consulter un bon nombre d'ouvrages avant d'en trouver deux qui semblaient avoir des informations intéressantes. Il fit un détour par la section enchantement – il avait remarqué que souvent métamorphose et sortilège se superposaient et l'évoquer dans ses devoirs lui permettaient de récupérer quelques points supplémentaires – avant de regagner sa table.

« Pourtant Drago nous a dit qu'il était à la Bibliothèque », s'agaça Vincent en regardant autour de lui.

Blaise se rejeta en arrière, manquant de percuter quelqu'un au passage. Il grogna une excuse à l'élève de Serdaigle qui le toisa froidement et en désespoir de cause, se cacha derrière elle. Il risqua un œil et remarqua que ses deux condisciples s'avançaient vers les rayonnages, il était piégé…

« Je peux savoir à quoi tu joues, Zabini ? demanda la jeune fille avec agacement.

– Que peut-on bien faire dans une bibliothèque ? répondit-il narquoisement.

– Je parle de cette section en particulier, Zabini, rétorqua-t-elle sans se laisser démonter. Depuis quand un Serpentard étudie les moldus ? »

Il observa les titres des livres avec plus d'attention et constata qu'elle avait raison, mais ce n'était pas le moment de provoquer un esclandre, Gregory approchait. Il se laissa quelques instants de réflexion.

L'air rusé de la jeune fille l'informa qu'il allait devoir négocier. Ce qu'il pouvait détester les Serdaigle !

« D'accord, Turpin, j'évite quelqu'un », avoua-t-il à mi-voix en reculant pour ne pas être repéré.

Elle jeta un regard en arrière et parut perplexe en reconnaissant ceux que Blaise voulait éviter. Elle haussa les épaules et se retourna vers lui l'air déterminé.

« Je t'aide à filer d'ici contre ce livre, dit-elle en tapotant l'un des manuels de métamorphose qu'il avait en main.

– Tu sais combien de temps j'ai mis à trouver le bon ! » s'exclama-t-il un peu trop fort.

Elle se contenta d'un sourire retors et fit un petit mouvement de tête en arrière vers les deux garçons qui le cherchait toujours. Il grogna quelque chose d'inélégant qui agrandit le sourire de la fille.

« Tu as raté ta vocation de Serpentard, toi, marmonna-t-il en lui tendant l'ouvrage.

– On peux dire ça, admit-elle en saisissant le grimoire, j'avais croisé Bulstrode dans le train … »

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Il avait la terrible impression que cette semaine n'aurait pas de fin. Il était épuisé et passait son temps à courir. En plus, Turpin n'avait toujours pas lâché le livre de métamorphose qu'il avait dû lui céder, ce qui le mettait en retard. Il détestait Malefoy. Jamais il n'aurait cru que ce gage serait si éprouvant, mais une soirée à tenter d'inculquer des principes de troisième année à ces deux idiots lui avaient prouvé qu'il avait plutôt intérêt à prendre le large, ce qui aurait été aisé si Drago n'avait pas pris un malin plaisir à prôner l'inverse à leurs condisciples et à balancer sa localisation à tout va.

Il passait son temps dans des salles de classes vides et glaciales, il se levait le premier le matin, se couchait le dernier le soir, il arrivait bon dernier en cours, filait dès que la cloche sonnait, mangeait sur le pouce, il était contraint de restreindre son temps à la Bibliothèque pour ne pas être coincé et il ne pouvait pas profiter de la salle commune. Encore heureux que certains de ses amis le soutenaient un peu…

« Tu commences à éveiller la méfiance des professeurs, tu sais. »

Son cœur avait fait un bond dans sa poitrine et il se retourna pour fusiller du regard sa préfète.

« Par Salazar, Pansy, tu veux me tuer ! s'emporta-t-il.

– L'impassible Zabini serait-il en train de craquer ? » se moqua-t-elle.

Il enfouit sa tête entre ses bras en grognant, il se transformait en ours ces derniers temps. Il ne craquait jamais, c'était impossible. Il avait toujours su cacher ses sentiments, même quand sa mère lui annonçait le décès imminent de son dernier beau-père, mais là, avec les deux idiots il n'y arrivait. Il était pitoyable.

Il sentit une caresse sur sa tête et releva les yeux surpris vers Pansy qui lui sourit gentiment.

« Allez beau gosse, tu vas pas me dire que Drago va gagner non ? » demanda-t-elle.

Il se releva brusquement et la fusilla du regard avant de remarquer l'étincelle amusée dans ses yeux bleus, elle l'avait fait exprès, la provocation était le meilleur remède contre son apathie. Il hocha la tête avec reconnaissance et songea à nouveau qu'il lui faudrait se venger de ça. Il avait de la chance dans son malheur, Drago n'était pas un génie, son énoncé de gage lui laissait une échappatoire, il ne ferait pas la même erreur le moment venu.

« J'adore cette expression de pure malveillance, susurra Pansy. Mais c'est pas le moment d'être machiavélique, le couvre-feu est pour bientôt. Si Drago te trouve à traîner il n'hésitera pas à te coller pour te coincer avec eux. »

Malgré tout ce qu'on pouvait raconter sur Pansy, elle était plus fine qu'il n'y paraissait et Blaise savait avec agacement qu'elle connaissait tous ses camarades à la perfection, du moins tous ceux qui pouvaientlui être utiles.

« Au fait Pansy, comment j'ai fait pour perdre ce pari ? demanda-t-il soudainement.

– Oh, Blaise, fit-elle navrée de sa naïveté, c'était truqué depuis le début, on les avait surpris dans un couloir… »

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Jamais Blaise ne s'était senti autant en colère qu'en cet instant. Il s'était fait rouler ! Comme un Poufsouffle de première année ! C'était le comble pour lui ! Il aurait dû le voir que ça ne collait pas depuis le début. Drago allait souffrir ! Comment expliquer qu'il aitpu savoir que Weasley allait se dégoter une copine ! Il n'y avait pas plus improbable comme situation ! Le rouquin était idiot !

Ecumant de rage, il parcourut les couloirs à toute allure, maudissant à voix haute Drago pour l'avoir roulé, Pansy pour l'avoir laissé faire, Brown pour s'être jetée sur l'idiot roux et Weasley pour avoir laissé parler ses hormones.

Heureusement pour Malefoy il ne le croisa pas sur son trajet, sinon Blaise aurait sûrement fait usage de sa baguette sans aucune hésitation, même Rusard n'osa l'interpeller, preuve qu'il exsudait le danger.

Il traversa les cachots, cracha le mot de passe au mur nu et suintant, s'engouffrant sans même ralentir dans sa salle commune. Tout à sa colère il ne prit aucune précaution pour vérifier les alentours, mal lui en prit.

« Blaise ! Appela une voix honnie. On t'a cherché toute la journée tu sais ! Tu peux nous aider ? »

L'interpellé se figea de stupeur et maudit sa stupidité – il était très en forme sur les malédictions ce jour-là. Il était coincé, Gregory avait demandé son aide et le serment sorcier ne lui laissait pas le choix – la confiance ne régnait pas chez les Serpentard…

Il s'installa à la table de ses camarades et regarda avec désespoir le livre de sortilège ouvert entre eux. Drago paierait au centuple chacune des secondes que Blaise passait avec Gregory et Vincent à essayer de leur expliquer des choses qu'ils auraient dû maîtriser depuis plusieurs mois. C'était vendredi soir et le week-end se profilait sans sortie à Pré-au-Lard ni match de Quidditch. Oui Malefoy allait payer…

Zabini laissa sa tête s'effondrer sur la table avec un bruit sourd. Encore fallait-il qu'il passe ce fameux week-end sans se jeter du haut de la tour d'astronomie…


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