Coucou tout le monde !
Désolée d'avoir mis tant de temps à traduire ce chapitre mais il était vraiment très long (13 pages !) et j'étais partie quasiment tout l'été ! Bref, j'espère que vous aimerez quand même ! N'hésitez pas à me laisser vos impressions !
Merci à mes fidèles lecteurs et reviewers :a.Crazy.One, Tired, MissAndreaParker (Merci pour la correction !), Noushxxx, humphra, MalfoyHerm, mél, manelor, Isfah, Lorane, elodu92, hamataroo.
Réponse aux reviews anonymes :
Tired : Merci de ta review ! Elle m'a vraiment fait plaisir !
Noushxxx : Voici la suite, j'espère que tu aimeras !
Mél : Merci de tes compliments !
Tetra : J'espère que tu aimeras tout autant cette suite !
Partie II.
« Souviens-toi, rappelle-toi, c'est maintenant, maintenant, et maintenant. Vis le, ressens le, cramponne-toi à lui. Je veux devenir profondément consciente de tout que j'avais pris pour acquis. » Sylvia Plath
Il se sentait comme si le poids du monde, qu'il portait lourdement sur ses épaules telle une marie couche-toi-là saoule sur le point de sauter sur son prochain client, s'était soudainement dissipé en une rafale de vent. Cela l'avait laissé en apesanteur, insouciant et presque heureux.
Si Draco Malfoy n'était pas un homme aussi cynique, il se serait peut-être senti comme un enfant dansant au milieu d'un chant de fleurs, entouré de papillons et d'arcs-en-ciel. Mais hélas, l'amertume, le sarcasme et la cruauté faisaient partis de son quotidien, ce qui voulait dire que la bonté devait se trouver bien cachée au fond d'un tiroir.
Il n'était pas vraiment sûr de ce qui avait fait changer les dynamiques dans sa relation avec Granger, mais quelque chose était vraiment arrivé. Elle n'avait pas seulement reconnu ses tentatives pour essayer de corriger ses mauvaises actions, mais elle l'avait remercié.
Si il était à la place de Dieu, les observant d'en haut, ça aurait été le bon moment pour sortir le pop-corn, et attendre que le monde se détache de son orbite.
Merci.
Qu'est-ce que ces mots voulaient dire de toute façon ?
Exprimer de la gratitude ; montrer son appréciation.
Eh bien ça c'est un scoop ! Hermione Granger qui apprécie Draco Malfoy. Que penser de cela ?
Le coin de sa bouche se tordit légèrement vers le haut en un semblant de sourire. Granger avec sa timide gratitude avait plus flatté son ego que ne l'aurait fait une douzaine de souaffles.
Etant le superbe jeune homme au charme dévastateur qu'il était, il était habitué aux femmes qui le flattaient servilement. Mais un simple « merci » de la part de Granger signifiait plus pour lui que tout ce que ces tartes auraient pu dire.
Il fit une pause dans ses réflexions et laissa ses pieds retomber de son bureau qui lui servait de perchoir. Il commençait à penser qu'il aimait l'appréciation que Granger avait de lui…excepté qu'être apprécié par quelqu'un qui n'est pas un sang-pur est strictement interdit par la règle 321 du Manifeste des Malfoys.
Attention, ne le jugez pas mal ici. Il avait abandonné il y a longtemps le dogme des Malfoys concernant la pureté du sang, mais la gratitude qu'il sentait se propager dans sa poitrine était néanmoins surprenante. Ça n'avait rien à voir avec le fait qu'elle soit d'ascendance Moldue, mais plutôt tout à voir avec le fait qu'il voulait lui dire « merci ». Et il s'agit là d'un mot qu'il n'avait jamais dit à haute voix avant, et certainement pas à un des membres de l'ancienne bande à Potter.
Il sortit la babiole de sa poche et l'ouvrit avant de la placer au milieu de son bureau. Le dragon décoratif siégeait quelques centimètres devant lui, sur des papiers concernant son travail d'Auror et le petit garçon en lui s'amusa un moment à imaginer le dragon volant au dessus de la pile de papier et embrasant tout le contenu de son bureau. Il devait bien avouer que Granger avait fait du bon boulot avec le dragon, il n'était pas si mal finalement. Mais ça ne voulait surtout pas dire qu'il était d'accord pour porter ce stupide collier.
Ce stupide MEDAILLON !
Son cerveau lui criait de reconnaître le bijou pour ce qu'il était vraiment, mais il le refusait. Il pouvait justifier le fait de porter un collier pour le bien de l'Humanité et celui de la société ou tout ce pourquoi Granger se battait habituellement…mais il n'arrivait pas à trouver une raison qui le forcerait à porter…vous savez…le mot qui commence par un M.
Il le regarda fixement pendant un moment et réalisa qu'il préférait le dragon de Granger à celui qui trônait sur son bureau. Une nouvelle fois, il se surprit à remercier intérieurement Granger, et cela le secoua fortement, cela le terrifia à un tel point qu'il sentit qu'il avait besoin de quelque chose, n'importe quoi, pour lui changer les idées. Peut-être oserait-il le dire…
Un souvenir heureux ?
A l'aide de ses mains nerveuses, il trouva la fente entre les deux morceaux qui composaient le dragon et ouvrit le collier. Il regarda le collier qui s'était ouvert exactement comme un mé…, enfin vous avez compris.
Eh voilà, il ne se passe rien, murmura-t-il comme si il était un vagabond prêt à être conduit à la police pour y être interrogé et que finalement on le relâchait sans rien lui demander.
Il pressa son pouce sur le côté gauche du pendentif et sentit la chaleur à travers son doigt. Il eut le souffle coupé tandis qu'il sentait une sensation d'air frais passé à l'intérieur de sa tête. Il ferma les yeux et put voir des couleurs et de la lumière tourbillonnante dans les ténèbres.
Noir. Tout était noir, mais on entendait aussi des bruits. Bruits qu'il n'arrivait pas à définir clairement. Bien que voyant la scène à travers ses propres yeux, une image se forma devant lui, et il regarda ses pieds courir sur le trottoir. L'image disparut et sa vue devint floue, un peu comme si il cherchait son chemin à travers un labyrinthe brumeux. La brume disparut et il se vit tenir quelqu'un fermement contre lui, mais tout était confus et il n'arrivait pas vraiment à distinguer qui était enveloppé dans ses bras. Les ténèbres le submergèrent à nouveau et il entendit une voix de femme lui dire doucement : « Peut-être que tu es quelqu'un de bien après tout Draco Malfoy. ». Une image de deux mains liées ensemble lui traversa l'esprit. Une des mains était visiblement la sienne et l'autre était petite, délicate et saupoudré de tâches de rousseur sur son dos. La main qu'il tenait était petite et douce et apparemment parfaite.
Il ôta rapidement son pouce de l'objet. Il pouvait toujours voir l'image des deux mains jointes dans sa tête. Cela lui avait semblait si réel, qu'il pouvait presque sentir la légère pression de la paume de quelqu'un sur la sienne.
Secouant la tête, il s'éclaircit l'esprit, et en vint à plusieurs conclusions. Tout d'abord, la vision n'avait pas du tout été ce à quoi il s'attendait. De la façon dont Granger l'avait expliqué, le souvenir aurait dû ressembler à un film Moldu de son passé. Sa vision avait été trouble, brumeuse et à peine visible à certains moments.
Ensuite, et c'était ça le plus dur à comprendre, le souvenir que le médai…le collier lui avait montré ne lui était pas du tout familier. En fait, il était même presque certain que cette situation ne lui été jamais arrivée.
Donc la petite invention de Granger ne fonctionne pas, ou en tout cas pas avec lui. Il se rendit compte qu'il n'était cependant pas comme les autres personnes. Il n'avait pas exactement de souvenirs qu'il souhaitait conserver. En fait, tout oublier serait la chose la plus heureuse qu'il pouvait imaginer.
Il se demandait si quelqu'un d'autre avait connu les mêmes effets que lui. Il y avait tant de questions qui se bousculaient dans son esprit, qu'il se sentait prêt à exploser. Il ne pouvait décemment pas en parler à Granger ; elle lui poserait des questions jusqu'à ce qu'il se transforme en un putain de tas de poussière. Il considéra un moment l'idée d'aller voir Potter, mais il avait eu son compte de conversation avec lui la dernière fois. C'était de sa faute si Draco s'était retrouvé pris au piège dans cette expérience ridicule au départ.
Il devait bien avouer que quelque chose l'énervait dans ce soi-disant « souvenir ». Son sang battait à toute vitesse dans ses veines et il serra rapidement et fortement ses poings, essayant d'écraser le sentiment nerveux qui semblait l'envahir.
Il avait besoin de quelqu'un avec qui parler de sa gêne. Il avait besoin de quelqu'un qui en savait encore moins sur les émotions que lui. En gros, il avait besoin de quelqu'un de plus dense que…eh bien, quelque chose de vraiment dense.
Il avait besoin de Weasley.
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
- Weasley.
- Malfoy.
- Ton bureau est une vraie porcherie. Est-ce que ta maman ne t'a pas appris à faire le ménage par toi-même.
- J'étais occupé à travailler Malfoy. Je n'ai pas beaucoup de temps pour nettoyer mon bureau.
- A travailler ? rit Draco. C'est ça que tu appelles travailler toi…envoyer des mémos à Potter qui disent…oh…qu'est-ce que c'était déjà ? Ah oui. 'Où est-ce que tu peux trouver un chien sans pattes ?'
- 'Pile là où tu l'as laissé !' ria très fort Ron tout en écrasant son poing sur son bureau.
Draco n'était pas du tout amusé.
- Oui…eh bien sur ce, je vais y aller.
Draco se tourna pour partir.
- Très bien Malfoy, je promets de ne plus faire de blagues.
Draco autorisa un petit sourire narquois à s'installer sur ses lèvres, avant de se retourner. Ron leva ses pieds pour les poser sur son bureau en fouillis, dévoilant ainsi deux atrocités qui se trouvaient au dessus d'un tas de papier : l'une qui semblait être un sandwich à moitié mangé, et l'autre une figurine de Quidditch qui ressemblait étrangement à Victor Krum.
- Alors pourquoi est-ce que tu es là Malfoy ?
- Pour rien.
Ron sourit et demanda :
- Donc tu es venu simplement pour avoir le plaisir de ma compagnie c'est ça ?
- Je pensais que tu n'allais pas faire de blagues Weasley.
Ron l'observa étrangement pendant un moment, avant que ses yeux ne s'agrandissent de surprise. Utilisant un ton accusateur et où pointait une nuance d'incrédulité, il demanda :
- Tu passes une bonne journée !
- On peut dire ça, répondit Draco en souriant. Et je ne te laisserais pas gâcher ça, alors allons droit au but. Est-ce que tu as eu l'occasion…de…euh…utiliser le collier que t'a donné Granger.
- Non, répondit Ron tout en commençant à fouiller parmi les ordures qui jonchaient son bureau. Ah le voici ! s'écria-t-il en tenant le collier par le pendentif en forme de balai. Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
Draco choisit ses mots avec attention.
- Sans raison particulière. Je me demandais seulement à quoi ressemblaient tes souvenirs.
Il priait intérieurement Merlin pour que Ron soit particulièrement inattentif aujourd'hui, car pour des raisons qu'ignorait Draco, il se trouvait qu'il transpirait, et pas qu'un peu d'ailleurs.
- Eh bien, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas les regarder ensemble tout de suite.
Draco s'installa dans une chaise plutôt inconfortable en face de Ron et regarda le rouquin mettre un pouce de chaque côté du médaillon. Un petit rai de lumière jaillit de l'objet et un souvenir commença à se former au dessus des mains de Ron.
Draco fut surpris de voir se former une version de lui-même âgé de quinze ans, le sourire narquois et tout inclus.
- Eh bien dis donc Weasley, je sais que j'ai toujours été diablement attirant, mais je ne savais pas que j'avais aussi attiré ton attention.
Ron se contenta de ricaner avant de permettre à un sourire narquois (enfin, le meilleur sourire qu'il pouvait réussir à produire) de passer la barrière de ses lèvres tandis que la scène au dessus du collier avançait.
Draco essaya de ne pas réagir alors qu'il regardait son corps d'adolescent se transformer en une blanche (et en même temps incroyablement mignonne) petite fouine.
Ron éclata de rire, et les lèvres de Draco se pincèrent en une ligne rigide.
- Ça ne te rend pas triste Weasley, que j'ai l'air plus beau en fouine que toi en humain ?
Ron continua simplement de sourire comme si il venait juste de recevoir sa première lettre de Poudlard.
L'image disparut seulement pour être remplacée par l'image d'Hermione Granger regardant Ronald Weasley, un sourire timide sur le visage.
Ron rougit immédiatement à ce souvenir et fit un geste pour ôter ses doigts du médaillon, mais Draco l'arrêta. Il se pencha en avant, refusant de laisser Ron bouger ses pouces.
- Mais voyons Ronald, je pensais que tu allais partager tous tes souvenirs avec moi, déclara Draco en souriant narquoisement.
Ron marmonna quelque chose d'inintelligible et se cacha la tête dans son épaule, refusant de regarder.
Draco observa l'image d'Hermione se mettre sur la pointe des pieds et placer un baiser léger sur les lèvres de Weasley. Elle déposa des baisers le long de sa joue jusqu'à ce qu'elle atteigne finalement son oreille. Draco sentit ses joues rougirent légèrement à la vue de ce moment intime entre les deux amis.
Hermione embrassa le cou de Ron avant de faire un pas en arrière. Ses mains se déplacèrent sur sa chemise, déboutonnant le premier bouton.
Les yeux écarquillés, Draco enleva les mains de Ron du collier, faisant disparaître dans les airs la vision voluptueuse d'une Hermione Granger d'ordinaire si prude.
Ron releva la tête, il avait l'air reconnaissant que Draco n'ait pas laissé le souvenir aller plus loin.
Draco se contenta de lever un sourcil interrogateur.
- Ce n'est pas ce que tu penses, commença Ron. Nous sommes juste amis.
- Uh huh, fut la réponse de Draco, qui préférait inspecter ses ongles plutôt que de rencontrer le regard de Ron.
- Je suis sérieux. Ce souvenir est seulement là car il nous a aidé à traverser tous deux une période difficile. Nous n'avons jamais voulu être plus que des amis. C'était juste une nuit, une nuit quand nous avons eu tous les deux besoin d'oublier la guerre qui nous entourait.
Draco hocha la tête, il avait parfaitement compris. Il aurait seulement souhaité avoir eu quelque chose comme ça pour l'aider à traverser ça lui aussi. Il n'arrivait toujours pas à comprendre comment il avait réussir à sortir de cette guerre avec sa santé mentale intacte.
- Je comprends Ron.
- Merci Draco.
C'était une preuve de combien ils s'étaient rapprochés avec le temps. Ils ne s'appelaient pas seulement par leur prénom, mais Ron venait juste d'exposer à ses yeux quelque chose d'incroyablement privé. Et Draco se retrouva à ouvrir sa bouche pour divulguer à son tour quelque chose de privé.
- Mes souvenirs ne ressemblaient pas aux tiens.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
Draco soupira et passa une main dans ses cheveux.
- Eh bien pour commencer, ce ne sont pas mes souvenirs. Les choses que je vois ne se sont jamais produites, ou en tout cas, pas pour moi. Et ce n'était même pas vraiment un souvenir. C'était juste des flashs de quelque chose. Tout était confus et il y avait ce brouillard…rien qui ne ressemble aux tiens.
Une ligne se forma sur le front du rouquin, un signe clair que Ron était en train de réfléchir, ou tout du moins essayait.
- Ces flashs, ils étaient comment ?
- C'est dur à expliquer. Le premier c'était moi en train de courir, le second, je pense que j'étais en train d'enlacer ou de tenir quelqu'un dans mes bras. je ne sais pas trop.
- C'était qui ce quelqu'un ?
- Je ne sais pas. Comme je te l'ai dit, tout était flou. La seule image bien nette que j'ai vue fut la dernière, Draco fit une pause, n'étant pas vraiment certain de savoir comment expliquer sa dernière vision. C'était ma main, serrant la main de quelqu'un d'autre.
Un sourire penaud apparut sur le visage de Ron et il dit :
- Oh est-ce que notre Draco si inconstant ne serait-il pas en train de se souvenir de la première fois où il a tenu la main d'une fille ?
- Je t'ai dit que ce n'étaient pas de vrais souvenirs, répondit Draco tandis que Ron ricanait. Et ne me pousse pas à bout Weasley, rien qu'en ce moment dans ma tête, je pense à moins quarante-trois façons de te tuer, non attends, quarante-quatre.
Ron marqua une pause pendant un moment, une lueur critique passant dans ses yeux.
- Est-ce que tu ne m'aurais pas volé mes blagues toi ?
La façade décontractée que s'était forgé Draco craqua juste assez pour le laisser rire, mais seulement un tout petit peu. Il allait au delà du Manifeste des Malfoys rien qu'en souriant, mais il n'était pas inquiet. Il avait déjà violé des règles plus sévères que celle-ci. Il ne s'était pas seulement rebellé contre sa famille, mais il était désormais ouvertement amis avec des sorciers d'origine Moldue, des Traites à leur sang, et avec le garçon (okay…l'homme)-qui-a-tué-vous-savez-qui. Et pire que ça, ils étaient tous – tous sans exception – des Gryffondors.
- Non Weasley, si j'avais besoin de voler des blagues, ce qui n'est pas le cas, je les volerais à Potter. Il est plus cinglant, c'est plus mon style.
- Cinglant ? Vraiment ? Tu paierais pour avoir un humour plus cinglant, comme le prouve par exemple tes précédentes menaces de mort.
Draco sourit narquoisement et dit :
- Ah, tu vois, c'est là où tu te trompes. Ce n'était pas censé être drôle.
Ron rit d'un air moqueur et chercha une réplique à lui envoyer. N'en trouvant aucune, il retourna à leur conversation précédente.
- Peut-être que c'était un garçon ? ajouta Ron.
- Qu'est-ce que tu es encore en train de raconter, au nom de Merlin ?
- La main…ce n'était pas celle d'un autre garçon ? demanda Ron en remuant ses sourcils d'une manière suggestive.
- Je viens juste d'ajouter 20 nouvelles façons de te tuer Weasley, dont la mort causé par du papier de verre. Déduis-en encore une fois que je suis une sorte de pédale si tu veux, mais je n'hésiterai pas à tenter cette expérience. Par ailleurs, tu es celui qui porte un médaillon.
Ron le fixa étrangement pendant un moment et dit :
- Tu en portes un aussi Malfoy.
- Sottise. Les Malfoys ne portent pas de médaillon – règle numéro 871. Le mien est en fait clairement un collier.
Ron grogna mais n'ajouta rien.
- Alors est-ce que tu vas en parler à Hermione ? demanda Ron.
- Que tu m'as montré un souvenir plutôt suggestif de vous deux – comment pourrais-je bien lui dire ça – Oh oui…en train de vous réconforter ? Non je ne vais pas lui dire.
Les oreilles de Ron prirent une teinte rouge vif.
- Je voulais parler de tes souvenirs qui n'en sont pas vraiment ?
- Non, non, pas encore. Je suis encore en colère contre cette sainte nitouche pour me faire porter un collier.
Quelques années plus tôt, Ron se serait précipité pour défendre l'honneur d'Hermione, mais ils savaient tous deux que Draco avait dit ça sur le ton d'une légère plaisanterie. Draco ne l'admettrait jamais, mais il ne haïssait pas Hermione. Il ne la détestait même pas. Elle ne le haïssait pas non plus d'ailleurs. Mais elle avait très certainement des problèmes pour lui faire confiance. En fait, elle préférait l'ignorait complètement, ce qui n'était pas facile pour Draco.
Les Mafoys, comme le dicte la règle numéro 10, doivent toujours ressortir d'une situation de manière digne et prestigieuse. Draco pouvait gérer beaucoup de choses – la haine, la violence, la jalousie, l'aversion – mais il ne prenait pas très bien le fait d'être ignoré.
C'était devenu une routine : il essayait de manière intensive de lui faire comprendre qu'il avait changé, et elle, en retour, l'évitait tout le temps. C'était comme un jeu avancé du chat et de la souris, et durant tout le temps où Draco la poursuivait, il avait plus l'impression d'être à la place de la souris que celle du chat.
Draco attrapa son manteau et lança à Ron un sourire narquois.
- Je dois y aller. Amuse-toi bien à être improductif.
Ron, qui était en train d'essayer de faire tenir un stylo en équilibre sur son doigt, sourit et dit :
- Je le ferai. Tu viens manger au Terrier dimanche ?
- Je préférerais plutôt mourir.
- Alors, c'est un « oui » ?
- Bien sûr.
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Draco décida de marcher, plutôt que d'emprunter la poudre de cheminette ou de transplaner chez lui. Il avait besoin d'air frais et d'espace pour laisser ses pensées vagabonder en toute liberté.
Il autorisa son esprit à retracer les détails de son supposé « souvenir ». Il se souvint qu'il avait entendu une voix, mais il n'arrivait pas à se rappeler exactement ce qui avait été dit, tout était arrivé si rapidement.
Résolu à revoir ce souvenir, et peut-être aussi le reste des souvenirs, quand il arriverait chez lui, il continua de marcher d'un pas vif.
Il entendit un petit cri et vit deux personnes se battre dans la rue, qui se trouvait devant lui. La scène ressemblait à une femme en train de se faire agresser, mais l'agresseur ne semblait pas en bonne posture. Le sac, qu'il avait tenté de voler, venait maintenant s'écraser à maintes reprises sur son crâne. La femme continua de frapper l'homme tout en cherchant quelque chose dans la poche de son manteau.
Profitant de ce moment de distraction, l'homme réussit à récupérer une arme à feu dans son propre manteau, et la brandit devant le visage de la femme.
A ce moment là, Draco commença à courir, ses pieds martelant lourdement le trottoir.
Bam.
Bam.
Bam.
La femme leva ses mains avec précaution, et offrit son sac à main à l'agresseur. Draco se trouvait à maintenant cent mètres de la scène, quatre-vingt-dix, quatre-vingt, soixante-dix…
L'homme leva le regard et vit Draco arrivait sur lui à pleine vitesse. Paniqué et en colère, il rangea son arme, et frappa la jeune femme sur le côté de la tête. Ensuite, il se retourna et courut ; le sac fermement maintenu dans sa main droite.
Draco arriva juste à temps pour attraper la jeune femme avant qu'elle ne s'écroule au sol. Sa baguette, qu'il avait dû attraper pendant qu'il courrait, était dans sa main et il la pointa sur la silhouette de l'homme qui s'enfuyait et murmura : « Acio ».
L'homme s'arrêta tandis que le sac s'échappait de sa main. Une expression de terreur passa sur le visage de l'agresseur alors que le sac volait aisément vers Draco, et il poursuivit sa fuite sans le sac à main.
- Par Merlin ! Granger ? C'est toi ?
Hermione toucha brièvement sa tête, et examina ses doigts, teintés de rouge. Ses genoux cédèrent légèrement et Draco resserra sa prise autour d'elle.
- Mmfff…Draco, je suis heureuse que ce soit toi, répondit-elle faiblement.
- Mon Dieu, tu saignes !
- Je vais bien. J'ai juste un peu le vertige, repartit-elle, utilisant les épaules de Draco pour se maintenir debout.
Draco ôta une de ses mains de la taille de la jeune femme, et la leva devant ses yeux.
- Combien de doigts est-ce que je te montre ?
Hermione leva le regard vers lui, louchant légèrement à cause de la douleur.
- Deux, quatre, un, trois, décide-toi Malfoy ! hurla-t-elle.
En riant, il répondit :
- Désolé, je vérifiais seulement.
- Eh bien, pour ton information, la plupart des gens choisisse un seul chiffre et s'y tienne.
- Je me souviendrai de ça la prochaine fois que je te sauverai.
Hermione fronça des sourcils et enleva la main du jeune homme de sa taille.
- Je n'avais pas besoin que tu me sauves. Je m'en serais très bien sorti toute seule.
Draco ricana, mais savait qu'il avait mieux à faire que de la pousser à bout.
- En tout cas, tu dois bien avouer que je fais un sacré chevalier servant quand même…
Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent et elle l'observa étrangement pendant quelques instants, avant que sa bouche ne s'entrouvre. Elle avait l'air complètement perdu, et d'une certaine manière déconcertée par sa propre réplique mais les mots sortirent quand même aisément de sa bouche.
- Est-ce que ça fait de moi la demoiselle en détresse ?
Draco sourit – presque un vrai sourire – et répondit :
- Jamais.
Hermione le fixa une nouvelle fois, avec un regard d'où s'échappait presque une expression ressemblant à de la panique. Elle cligna des yeux plusieurs fois avant de réaliser le surprenant manque d'espace entre eux. Prenant une ferme résolution, elle s'écarta de lui, et Hermione dit :
- Je devrais y aller.
Presque immédiatement, Draco répliqua :
- Je vais t'aider à rentrer chez toi.
Ils marquèrent tous les deux une pause, absorbés par la remarque de l'autre.
- Non, non, répondit Hermione. Ça va aller. Mais…hum…merci…de m'avoir aider là-bas…
Elle le gratifia d'un petit sourire avant de se retourner lentement pour partir. Elle lui tournait presque complètement le dos quand elle lui dit doucement :
- Peut-être que tu es quelqu'un de bien après tout Draco Malfoy.
Les mots se répercutèrent dans sa tête, lui disant qu'ils étaient importants, et qu'il devrait être vraiment heureux en ce moment. Malheureusement Draco n'atteignit pas cet état d'esprit.
Hermione bougea pour faire un pas, mais il apparut qu'elle n'allait pas aussi bien qu'elle le pensait. Elle trembla légèrement avant de vaciller violemment.
Une nouvelle fois, Draco enroula ses bras autour de sa taille avant qu'elle ne tombe, et elle s'effondra lourdement contre son torse.
- Vas-y doucement rat de bibliothèque, dit-il en souriant. Je te tiens.
Hermione marmonna des paroles incompréhensibles tout contre son torse, la chaleur de son souffle lui chatouillant la peau.
- Pas besoin qu'on me sauve, grommela-t-elle doucement. Je ne suis pas une demoiselle…en détresse.
Draco rit et son rire gronda au plus profond de sa poitrine, envoyant des vibrations dans le corps de la jeune femme depuis de l'endroit où sa tête rencontrait torse.
- Bien sûr que non Granger. Mais, je pense qu'il est temps pour le chevalier servant, qui ne sauve pas les demoiselles, mais plutôt les aide de façon exaspérante quand elles en ont besoin, de te ramener à la maison.
Elle se mit à rire doucement contre lui et hocha la tête en signe d'acquiescement. Il l'a pris avec précaution dans ses bras, son sac à main, toujours serré dans sa main et la mis en garde :
- Je vais transplaner. Alors prépare-toi.
Avec une désagréable sensation d'enserrement et un rapide pop, ils apparurent devant la porte de l'appartement d'Hermione.
- Je dois savoir comment rentrer Granger. Tu as un mot de passe ?
Elle hocha brièvement la tête et dit :
- Nous Joyeux Compagnons.
Devant son sourcil en signe d'interrogation, elle leva les yeux au ciel et répondit :
- Ça vient d'une pièce de théâtre moldue.
Il hocha la tête pour signifier qu'il avait compris et répéta les mots.
Entrant dans l'appartement, où il n'avait été autorisé qu'une seule autre fois lors d'une autre occasion à pénétrer, Draco ne prit pas la peine de regarder autour de lui et ne se soucia même pas que le devant de sa chemise était maintenant taché d'un rouge noirâtre. Il se contenta de manœuvrer rapidement à travers la pièce vers le canapé et l'étendit doucement entre les coussins.
Elle continua de marmonner des choses calmement, mais il ne lui prêta aucune attention et à la place saisit sa baguette pour soigner sa blessure.
Tout d'abord, il nettoya l'endroit autour de l'écorchure, découvrant que ses boucles soyeuses et couleur chocolat étaient noyées de sang. Il utilisa ensuite un sort de guérison pour soigner la coupure et inverser les effets de la commotion.
Il se déplaça au bord du canapé et s'agenouilla devant elle.
- Voilà Granger, tu es toute raccommodée.
Devant son regard à moitié furieux, il rit.
- Non pas que tu aies besoin de raccommodage.
Elle le récompensa d'un sourire qui le fit sourire à son tour.
Tirant sur une couverture qui se trouvait derrière le canapé, et la couvrant avec, il dit :
- Tu auras sûrement un léger mal de tête demain en te réveillant, mais tu devrais aller bien.
Hermione se pelotonna dans la chaleur de la couverture alors que Draco se levait pour partir.
Il sourit à nouveau en voyant sa petite silhouette se rouler en boule et se retourna pour quitter l'appartement.
Il sentit alors sa main s'enrouler autour de la sienne, et elle murmura :
- Reste.
Il se retourna et sentit une sensation, semblable à celle qu'aurait produit son cœur si il avait explosé dans sa poitrine, se propager en lui.
Sa main.
La sienne.
Leurs mains.
L'image qu'avait projeté son collier quelques temps auparavant se trouvait devant ses yeux, et il réalisa qu'il préférait de loin ce vrai souvenir à la masse confuse d'avant. Mettant ses interrogations de côté, il hocha la tête.
Elle sourit, se déplaça légèrement et releva la couverture en une invitation à la rejoindre.
Draco considéra un moment sourire narquoisement ou peut-être lever un sourcil, mais à la vue de son état peu stable, il comprit que cela ne valait pas la peine de faire preuve de prétention. Avec précaution, il s'allongea à côté d'elle, et la plaça son bras sous la tête de la jeune femme. Elle posa une main sur son torse et se pelotonna tout contre lui.
Une soudaine image d'elle en train de sourire modestement tandis qu'elle déboutonnait sa chemise pour Weasley lui traversa l'esprit. Et il se retrouva à souhaiter qu'elle lui sourisse de la même manière. Il fut tiré de ses pensées par Hermione qui soupira et son souffle roula dans son cou. Il l'observa tandis que sa main jouait avec désinvolture avec un bouton de sa chemise, et décida que c'était suffisant. Peut-être même mieux que suffisant, parce que ce souvenir là, c'était le sien, pas celui de Weasley.
Sentant la chaleur de la jeune femme contre lui le faisait se sentir bien, peut-être même…
Heureux.
Alors qu'avez-vous pensé de cette deuxième partie ?
Bon week-end à tous et à toutes !
Bize
