Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée pour le retard pour la traduction de ce chapitre mais je dois avouer que c'est la folie en ce moment pour moi (boulot, exams, projet) et j'ai eu très peu de temps pour traduire (en plus ce chapitre est très très très long) ! Mais j'espère que vous me pardonner et que vous aimerez ce nouveau chapitre !

Merci à ma Tartine pour avoir corrigé ce chapitre et un énorme merci à tout mes lecteurs et reviewers : Evyliane, mél, myym, Bella Black 2b, FANDJIO, fantasia-49, elodu92, Marilne Black, Hilaidora, Choupamelle95, nini, hamataroo, cmwamisskika et Caella.

Comme toujours, n'hésitez pas à me laisser vos impressions ! Bonne lecture !


Partie III : Erreurs.

« Les erreurs d'un homme sont les portails de la découverte. » James Joyce.


Elle rougissait.

Il n'aurait pas mieux peint la pale rougeur de ses joues même si il avait été De Vinci lui-même. C'était la nuance de couleur parfaite, d'abord pour qu'elle n'ait pas l'air trop juvénile, mais plutôt, parce qu'elle semblait faite pour ravager les cœurs. Les yeux de la jeune femme étaient rivés sur le sol, laissant ses cils reposés juste au dessus de ses joues rosies. Le battement sourd de son cœur était si chaotique qu'il commençait à penser qu'il s'était délogé de son emplacement habituel et se ricochait contre les parois de sa cage thoracique.

Elle se trouvait à quelques pas de lui, mais c'était assez près – assez près pour laisser son ventre barbouillé par des papillons voletant en lui – ou par quelque chose de plus masculin que des papillons (parce que les Malfoys ne sont jamais associés à quoi que ce soit de féminin, règle 421). Ou peut-être qu'il s'agissait de papillons mutants géants qui mettaient son estomac sans dessus dessous.

Elle releva soudainement le visage. Le cœur en mouvement de Draco était toujours dans sa poitrine et les papillons, mutants ou non, avaient stoppé leur vacarme. La main de la jeune femme remonta doucement vers le haut de ce qui apparaissait être une chemise d'homme trop grande pour elle. Ses doigts entourèrent lentement le premier bouton, envoyant ainsi un afflux de sang dans une certaine partie de l'anatomie de Draco, une partie qui ne contenait aucun papillon humain. Avec un léger et rapide petit coup, le bouton fut délogé de son emplacement initial et les papillons furent libérés de leur immobilisation momentanée. Le rythme rapide et frénétique de son cœur était reparti de plus belle, et le sentiment de mal être qui occupait son estomac atteignit un niveau si intense qu'il pouvait à peine supporter de rester immobile.

Elle fit un petit pas et s'avança plus près, ce qui fut suivi par le relâchement d'un nouveau bouton. Un second pas, un bouton de plus. Puis un autre, et un autre.

Leurs yeux se rencontrèrent et les coins de la bouche d'Hermione se retroussèrent légèrement. Son sourire timide poussa le jeune homme à lui sourire en retour. Sourire est le propre de l'enfant, pas d'un Malfoy, mais pourtant, l'air de la jeune femme le faisait se sentir comme un enfant. Et pour cet enfant, c'était comme si on était le matin de noël. Elle s'avança d'un nouveau pas, arrivant finalement à sa hauteur. Il leva la main, prêt à la toucher partout et n'importe où quand elle secoua la tête. Pourtant, il n'allait pas la toucher tout de suite, ce n'était pas son tour. La main d'Hermione reposait légèrement sur son torse, mais même à travers sa chemise, il sentait l'effet brûlant que son toucher avait sur lui. Il se sentait comme si il était surchargé au niveau de ses sens. La vue de la jeune femme, son odeur, son toucher, c'était plus qu'il ne pouvait supporter, il ferma alors ses yeux. Sa main trouva son chemin autour de lui pour reposer lentement entre ses deux omoplates. Elle était proche, si incroyablement proche. Son souffle dans son cou envoya un frisson le long de sa colonne vertébrale et ses yeux s'ouvrirent brusquement.

En un mouvement confus, ils furent sur le canapé, enchevêtrés des pieds à la tête. Il pouvait sentir son poids peser sur lui et c'était la plus exquise pression qu'il avait jamais sentie dans toute son existence. Les mouvements de la jeune femme étaient terriblement et voluptueusement lent. Il ferma les yeux, attendant et anticipant son prochain mouvement.

Il ouvrit rapidement les yeux. Elle était toujours incroyablement proche de lui et il sentait toujours la chaleur de sa main sur son cou mais il n'y avait pas de sourire timide sur son visage ou d'attirantes rougeurs sur ses joues. Au contraire, ses paupières étaient closes et il y avait une petite auréole de bave sur sa chemise, à l'endroit exacte où la tête d'Hermione reposait.

Tout cela n'était qu'un rêve.

Il jura tout bas, tout en passant en revue sa situation. Le corps d'Hermione était étroitement pressé contre le sien, un bras enroulé autour de lui et une de ses jambes reposant entre les siennes. Comme si la situation n'était pas déjà assez épineuse, son rêve extrêmement plaisant n'avait pas exactement rendu les choses plus faciles. Si elle se réveillait maintenant, elle le ferait probablement disparaître elle-même à Azkaban. Bien sûr, ils avaient fait quelques progrès dans leur relation – si par « progrès » il voulait dire l'absence de violence. Et si par « relation » il signifiait se connaître l'un l'autre d'une façon autre que celle d'un meurtrier et de sa victime alors oui ils avaient fait des progrès.

Mais en se réveillant dans ce que Draco apellait « la position numéro trois après avoir passé une nuit agitée », et sans se soucier du fait qu'il y avait eu ou non une nuit agitée, il était certain que ce progrès éclaterait en mille morceaux.

Il essaya de ne pas s'étendre sur combien son corps contre le sien le faisait se sentir si bien parce que même si il adorait être dans cette position avec elle, il tenait encore plus à profiter pendant longtemps de ce qui faisait de lui un homme. Il bougea légèrement, essayant de jauger la profondeur du sommeil de la jeune femme. Elle ne remua pas, mais cela eut pour conséquence de propager un peu plus de bave sur sa chemise. Réprimant un petit rire, il utilisa le bout de son doigt pour lui fermer doucement la bouche. D'ordinaire, il trouvait la bave détestable, mais à ce moment-là, c'était difficile de ne pas la trouver adorable. Il s'éclaircit légèrement la gorge, se demandant pourquoi ses sentiments pour Granger avaient semblé s'accélérer brusquement ces derniers jours. Depuis le moment où il avait vu ce souvenir d'elle plutôt attirant de Weasley, il se faisait l'impression d'être un adolescent qui vivait son premier amour de jeunesse. Mais tout cela était totalement ridicule, car les Malfoys, ne doivent, dans aucune circonstance, avoir le béguin pour personne. Règle numéro 384.

Précautionneusement, il enleva le bras de la jeune femme qui entourait sa taille et le déposa près de son corps, la faisant rouler de son côté, et la plaçant ainsi sur le dos. Il remua jusqu'à ce qu'elle soit bien à plat sur son dos et il se retrouva à la dominer complètement, ses jambes entourant les siennes. Sa position au dessus d'elle était intime et d'une certaine manière avait quelque chose qui le faisait ressembler à un prédateur. Elle avait l'air d'une radieuse déesse en dessous de lui et lui à son compagnon protecteur. C'était glorieux.

Pendant la plus grande partie de sa vie, il avait eu l'impression de doucement couler dans un abîme caverneux, chaque acte manqué l'y plongeant de plus en plus profondément et où seulement une petite lueur de lumière qui perçait lui rappelait le monde au dessus de lui. Cet abîme était sa prison, une prison dont il essayait de s'échapper depuis longtemps.

Mais c'était un chemin difficile à gravir car il fallait un grand nombre de bonnes actions pour effacer une seule mauvaise action. Quelques fois, il lui semblait même qu'il s'agissait d'une telle pénitence sans espoir, d'un but impossible à atteindre. Mais il y avait aussi des moments, des moments où il franchissait plus de distance en quelques minutes qu'en plusieurs mois combinés. Il y avait des instants où il se sentait si proche de cette lumière que sa clarté lui brûlait les yeux, des instants où il se sentait à quelques centimètres d'atteindre cette ouverture vers un autre monde, vers une autre vie – exactement comme lorsque Granger mentionna sa donation à la fondation pour les Lycanthropes. L'observant à cet instant, la voyant si paisible, sachant qu'elle lui avait fait assez confiance pour baisser sa garde, cela l'éleva à une nouvelle hauteur.

Elle soupira et bougea légèrement. La raison vint le heurter à nouveau comme des vagues à marée haute. Comment en est-il arrivé là ? Sortie de nulle part, Granger, qui n'avait jamais montré le moindre intérêt en ce qui concernait lui accorder son pardon ou quoi que ce soit d'autre, lui demande de participer à son espèce de projet. Et boom ! Voici qu'il sauve Granger d'une espèce de rebut et qu'il passe la nuit sur son canapé. Il rit amèrement.

Peut-être que tout cela n'était qu'un rêve.

Il avait travaillé d'arrache pied pendant des années pour obtenir n'importe quelle sorte de rédemption avec peu de résultat, ou pas de résultat du tout en ce qui concernait Granger. Il avait par inadvertance associé Hermione à une sorte de jauge de sa valeur. Et jusqu'à maintenant, ils semblaient s'être mis sans réserve d'accord sur le fait qu'il n'y avait rien de bien chez lui. Après tout, il ne méritait pas de pardon. En fait, il ne méritait même pas d'être ici, debout sur ce sol solide, respirant un air frais, faisant semblant de sourire. Et il ne méritait certainement pas d'être là, au dessus de la silhouette endormie d'Hermione Granger. Il méritait de rôtir en Enfer, tout comme son père.

Parce que se détester était facile. Il ne savait pas comment être quelqu'un de bien. Et avec toutes les forces dont il avait usées pour essayer d'atteindre ce niveau de bonté, il ne s'était jamais vraiment attendu à dépasser le premier barreau de l'échelle.

Et maintenant, d'une certaine manière, en quelques heures, il était passé d'une personne qu'elle méprisait à une personne en qui elle avaitassez confiance pour l'entourer de ses bras pendant son sommeil. Et pour parler franchement, il était terrifié. C'était facile de faire des choses gentilles quand les gens s'attendaient à ce que vous échouiez, mais si les gens, et surtout Hermione, commence à s'attendre à une attitude vertueuse comme la norme – non il ne pouvait pas gérer cela. Il ne pouvait pas faire ça. Il était mortifié à l'idée de faire partie de ce groupe de gens élevés, à l'idée d'être au dessus de son ancien lui, parce que ça voulait dire tomber de plus haut encore.

Son cœur battait anxieusement dans sa poitrine et il sentait la transpiration humidifier son front. Soupirant, et avec précaution, il manoeuvra pour se lever et quitter le canapé, avant de faire trois grandes enjambées pour s'éloigner d'Hermione. Il inspira, chérissant la fragrance unique de son odeur et de la sienne mélangées. Il prit un moment pour la faire pénétrer à l'intérieur de lui car c'était quelque chose qui ne se répéterait pas. Ce n'était pas quelque chose qu'il pourrait répéter. Mais peut-être que ça, ça serait suffisant pour l'aider à s'en sortir. Ça ne lui ferait pas de mal d'avoir un peu plus de lumière dans les ténèbres.

Et sur un dernier regard, il s'enfuit.


Le reste de la semaine passa dans une brume agitée de confusion et de prévention de toutes choses concernant Hermione. Vingt-quatre heures plus tôt il avait enfin reconnu que quelque chose de significatif s'était passé entre eux. Cinq heures plus tard, il concluait qu'il n'était pas totalement contre une relation avec Hermione qui s'étendrait au-delàde l'inimité. Encore trois heures de plus, et il se sentait un petit peu amer concernant toute la « bonne personne » chose. Et une bonne trentaine de secondes après cela, il réalisa quelle énorme erreur ça avait été de la quitter comme ça. Il n'était même pas nécessaire de notifier que ces nouvelles conclusions violaient un certain nombre de règles du Manifeste des Malfoys : les règles 3, 17, 72, et 168, pour n'en nommer que quelques unes.

Mais ce ne fut pas avant le dimanche matin qu'il s'approcha du collier pour la petite expérience de Granger. Avec un curieux pressentiment lui ondulant à travers les doigts, il l'ouvrit. C'était comme deux dragons séparés, comme des images se miroitant l'une avec l'autre, et connectés par la queue. Il était certain qu'il s'agissait d'un accident, car Granger ne pouvait possiblement pas savoir à quel point ce pendentif représentait sa vraie personnalité. Il y avait toujours eu deux dragons, deux Dracos, avec deux volontés distinctes, deux systèmes de valeurs, et deux buts. L'un était en avant, l'autre restait en arrière. Il n'était pas encore tout à fait sûrde savoir si il était la version correcte du dragon ou celle pervertie, ou peut-être un peu des deux.

Avant qu'il ne puisse changer d'avis, il pressa son pouce gauche sur le dragon qui se trouvait en arrière, et fut frappé par l'ironie du collier qui cherchait à travers ses souvenirs d'un passé où il avait définitivement choisi une façon de penser arriérée un instant heureux.Quand la chaleur sous son pouce s'estompa, il pressa son pouce droit sur le côté correspondant.

Sa vision devint floue, il ferma les yeux, et ses pieds battirent à nouveau le trottoir, seulement maintenant sa vue était parfaitement claire. Il descendit du Ministère, droit dans la rue et Hermione se faisait attaquer quelques mètres plus loin. Tandis qu'il courait vers elle, son cœur battait d'une manière étrange et inhabituelle. Quand l'homme la frappa de son revolver, il sentit comme si son cœur s'était soudainement gelé dans sa poitrine, mais un instant plus tard, ses bras étaient autour d'elle. Il regardait fixement son visage, elle plissait les yeux à cause de la douleur et il était horrifié à la vue du sang qui coulait peu à peu le long de sa tête. Ils étaient tous les deux en train de parler, mais il n'y prêtait pas la moindre attention. A ce qu'il ressentait, il aurait pu croire que c'était lui qui venait juste de se faire attaquer. Bien sûr, il s'était inquiété la veille, mais désormais la panique qu'il ressentait était irrépressible. Elle lui adressa un sourire fatigué et l'inquiétude qui s'était propagé dans sa poitrine s'apaisa. Elle trébucha et elle fut à nouveau dans ses bras avant qu'il ne transplane dans son appartement.

Quand il arriva au moment où elle serra sa main dans la sienne, il eut l'impression que c'était comme la scène d'ouverture d'un film ou le début d'un livre : c'était le moment qui mettait le reste de l'histoire en mouvement. Et il comprit avec une clarté effrayante que c'était précisément pour cette raison que le collier avait choisi de lui montrer ce moment.

Tandis que ce souvenir prenait fin, une sensation bizarre dominait son bas-ventre et sa bouche était si sèche qu'il avait l'impression d'avoir nagé dans un océan de sable. Son esprit s'assombrit et devint flou une nouvelle fois, mais il entendait distinctement le tintement d'un rire alors que le prochain souvenir débutait. Ce n'était pas un rire qu'il avait souvent entendu, en fait ça ne lui était arrivé qu'une seule fois de l'entendre, mais c'était le type de rire dont on se souvenait, principalement parce que c'était le genre de fille dont on se souvenait. Ensuite un éclair passa sur son visage l'espace d'un instant mais cela ne prenait pas plus d'une seconde pour se rendre compte qu'elle avait littéralement brillé d'éclat. Cette image fut suivie par celle de sa propre main tenant les siennes, comme pour les lever vers lui. A nouveau, ce « souvenir » n'était pas exactement un souvenir du tout. Mais il se demandait si cela se passerait assez vite. Cela se termina avec la vision d'elle en train de sourire sagement, une rougeur brillant magnifiquement sur ses joues. Elle portait une chemise d'homme qui épousait ses petites formes. A ce moment-là, son estomac fit le plus grand soubresaut qu'il avait jamais ressenti jusqu'à maintenant.

C'était sa chemise à lui.

La pendule qui se trouvait sur le mur derrière lui commença à carillonner, le sortant ainsi de sa rêverie. Il jura. Il était en retard pour le déjeuner chez les Weasley et la règle numéro 9 stipulait très clairement que les Malfoys n'étaient JAMAIS en retard. Il se sortit de son souvenir et remis le pendentif là il se trouvait auparavant : autour de son cou. Il mis son manteau et fourra sa baguette dans le ceinture de son pantalon. Il rit à la pensée d'Alastor Maugrey voyant ce qu'il venait juste de faire. A plusieurs occasions, il avait été témoin d'un des sermons de Maugrey Fol'œil sur « la baguette dans la poche arrière », mais avec la position actuelle dans laquelle se trouvait sa baguette, il pouvait perdre quelque chose de beaucoup plus précieux que ses fesses.

Il se retourna brusquement et disparut sans autre pensée, et surtout sans penser aux personnes qu'il pourrait rencontrer au Terrier.

Il réapparut dans une cuisine des Weasley plutôt silencieuse. Il jeta un coup d'œil à la célèbre horloge de Molly pour constater que chaque main représentant les différents membres du clan Weasley pointait parfaitement vers « à la maison ».

Il entendit le rire bruyant de Ron venant de l'extérieur et il ne put empêcher un petit sourire narquois d'envahir ses lèvres. Il se dirigea droit vers la porte et l'ouvrit pour découvrir une large table de joyeuses et riantes personnes. Les jumeaux furent les premiers à le voir et l'accueillir avec de grands cris et hurlant : « Eh la Fouine ! ».

D'ordinaire, il détestait toute allusion aux fouines, mais les jumeaux étaient une exception. Ils pouvaient l'appeler de n'importe quelle manière du moment qu'ils continuaient à l'inclure à leurs blagues. Fred et Georges réussissaient d'une certaine manière à lui faire entrevoir l'enfance folle et chaotique qu'il n'avait jamais vraiment connue.

- Désolé, je suis en retard. Je travaillais et j'ai été un peu distrait, dit-il en se dirigeant vers la table.

- Ne t'inquiète pas, répondit Harry avant de lui serrer la main.

Il sentit une tape sur son épaule et se retourna pour voir une autre main se tendre. Quand ses yeux suivirent le bras connecté à cette main, ils furent conduit directement à la vision écœurante qu'était Ron Weasley, la bouche pleine de nourriture. Ron tenta un salut mais ne réussi qu'à envoyer un peu de son repas sur le visage de Draco.

Ginny lui offrit une serviette, et avec un air renfrogné typiquement Malfoyien, il s'essuya le visage.

- Moi aussi, je suis content de te voir, Weasley.

Toute la table éclata de rire, et Ron se mit à sourire d'un air penaud. Draco sourit à son tour et regarda les personnes, qui avaient fait quelque chose que lui-même n'aurait jamais le courage de faire : lui pardonner. Il y avait des moments comme celui-ci où quand il enviait les Weasley et l'amour qu'ils ressentaient les uns pour les autres plus que tout autre chose, il se souvenait qu'ils lui avaient volontiers accordé le même amour. Ses yeux passèrent d'un visage souriant à un autre, son sourire s'élargissant un peu plus à chaque fois.

Mais son sourire se tarit et s'écroula complètement quand son regard s'arrêta sur la brunette aux cheveux touffus dont les yeux étaient fixés dans la direction opposée. Il sentit instantanément ses glandes passer en mode actif à grande vitesse. Le seul siège disponible était situé juste en face d'elle.

Il jura silencieusement. Il aurait dû réaliser plus tôt qu'elle pourrait être là. Il avait à peine réussi à mettre les choses au clair avec ses propres pensées à propos de leur situation et il n'avait certainement pas pensé à lui dire quoi que soit à elle. Il y avait des choses qui demandaient des semaines de préparation avant de passer à l'acte, comme des missions mortelles et top secrètes, ou inventer de nouveaux sorts, ou se battre contre une horde de géants ou disons, parler à Granger après avoir fait la chose la plus stupide qu'un être humain puisse faire. Et la partie la plus triste de toute cette histoire était qu'il était complètement sobre quand il l'avait faite, ce qui ne lui laissait pas d'autre excuse que sa piètre habilité à gérer Granger et les Gryffondors en général.

Il réalisa que le rire général avait cessé et qu'une douzaine ou presque d'yeux le regardaient maintenant d'un air étrange. Il se racla la gorge et se dirigea vers le seul siège disponible autour de la table.

Dès qu'il fut assis, les Weasley repartirent aussitôt dans leur conversation.

- Je m'en fiche de ce que tu dis Percy, les gens ne se soucient pas plus du prix de l'encre que des fonds de chaudrons.

- Oh, arrête de l'embêter Ron, il était l'inspiration derrière nos chaudrons sans fond. Ces chaudrons sont devenus des best-sellers dans notre boutique, répondit Fred en souriant.

- Eh ! C'est moi qui aie trouvé l'idée des Amis Fées ! répliqua fièrement Ron.

- Ouais, merci Ron. Jusqu'à maintenant, les seules personnes en ayant acheté sont toi et un groupe de filles de six ans.

Draco éclata de rire mais ravala immédiatement son amusement quand il remarqua qu'Hermione était raide sur sa chaise et donnait des coups de couteau dans sa nourriture, comme si c'était les restes du Seigneur des Ténèbres lui-même.

Il se racla la gorge une nouvelle fois, voulant qu'elle le regarde, mais aussi terrifié qu'elle puisse le faire.

Hermione pouvait sentir la chaleur de son regard fixé sur elle, mais cela ne pouvait pas être comparable à la rage ardente qui brûlait dans sa poitrine. Il fallut qu'elle utilise tout son self-control pour ne pas lui donner des coups de couteau à la place de transpercer son déjeuner.

Elle entenditla conversation générale tourner au Quidditch et elle cessa complètement de l'écouter, préférant imaginer toutes les fins possibles de ce repas, autre, bien sûr, que le meurtre.

Elle vit sa main avancer sur la table et tressaillit involontairement et elle le vit seulement attraper le plat de pommes de terre. Elle arrivait à peine à résister à l'envie de lui planter sa fourchette dans le dos de sa main. Ça n'aurait pas été la première fois qu'elle l'aurait fait (bien que le premier incident était entièrement de la faute de Ron).

Le repas dura encore pendant quarante-cinq atroces minutes, jusqu'à ce qu'Hermione soit finalement sauvée par Ginny qui lui proposa de monter à l'étage pour jeter un coup d'œil à ses nouveaux vêtements. Elle accepta immédiatement, peut-être un peu trop rapidement d'ailleurs, et les deux jeunes femmes se dirigèrent vers la maison, pendant que les garçons commençaient leur traditionnel match de Quidditch du dimanche.

Ginny sourit et dit :

- J'ai dit à Maman que je n'avais acheté qu'un pull ou deux, mais entre toi et moi, je me suis un peu laisséeemporter. Je n'ai même pas tout essayé. J'espère que tout m'ira, parce que…

Elles entrèrent dans la chambre de Ginny et Hermione put voir quelques silhouettes à travers la fenêtre. Il n'était pas difficile de savoir laquelle était Malfoy avec ses cheveux couleur platine et son visage lisse, sans parler de la façon dont il s'aplanissait sur son balai, comme si tous les deux ne formaient qu'un. Elle savait également qu'il avait tendance à se pencher légèrement sur la droite quand il volait. Non pas qu'elle pouvait le voir de là où elle se trouvait, mais elle savait qu'il le faisait néanmoins.

Ne vous méprenez pas sur ces intentions! Ce n'était pas comme si elle avait passé des années à lui courir après ou des semaines à le regarder avec adoration jouer au Quidditch avec les Weasley le dimanche. Bon d'accord, elle l'avait bien regardé, mais ce n'était certainement pas avec adoration. Elle avait passé des mois après la guerre, à l'étudier, à faire tout ce qu'elle pouvait pour prouver qu'il n'était pas repentant. Elle connaissait chaque ligne et chaque angle de son visage. Elle savait que quand il n'était pas à l'aise, il se raclait la gorge toutes les deux minutes. Elle savait que quand il était heureux, sincèrement heureux, il ne souriait pas ou ne riait pas, il se contentait seulement de fermer les yeux et inspirer profondément, comme pour mémoriser chaque secondesdu moment. Elle savait que les seules fois où il bégayait étaient lorsqu'il mentait. Elle savait tellement de choses à son sujet, mais en réalité elle ne le connaissait pas vraiment.

- … Est-ce que tu aimes ce vert Hermione ? Hermione ?

Hermione fut sortie de sa rêverie par la vue de Ginny, portant une robe de satin verte qui était de la même teinte que les yeux d'Harry (ce qui était probablement la raison pour laquelle Ginny l'avait choisi).

- Est-ce que tu as écouté un seul mot de ce que je viens de dire ?

- Bien sûr que oui Gin. Et je dois dire que j'aime beaucoup la couleur verte, bien qu'il y ait une ressemblance frappante entre elle et les yeux de quelqu'un que nous connaissons, répondit Hermione en souriant d'un air entendu.

- Bien, dans ce cas, que penses-tu de cette robe jaune d'été que j'ai acheté ? demanda Ginny.

- Elle est superbe Ginny. Harry va l'adorer.

- Ah ah ! s'écria Ginny. Je ne t'ai pas encore montré la robe jaune ! Tu ne m'écoutais pas !

Hermione soupira et s'écroula sur le lit de Ginny.

- Qu'est-ce qui t'a distraite ?

- Rien, répondit Hermione. Je suis fatiguée, c'est tout.

- Eh bien, j'ai quelque chose qui va égayer ta journée. Il se trouve que la robe jaune ne me va pas.

- Et c'est ça qui va égayer ma journée ? demanda Hermione.

- Bien sûr, parce qu'elle est à ta taille, et je pense que tu auras l'air fabuleuse dedans.

Les yeux d'Hermione se plissèrent et elle s'assit bien droite sur le lit.

- Tu l'as fait exprès.

- Ne sois pas ridicule, répondit Ginny. Je me suis tout simplement trompéede taille.

- Ginny, tu as la silhouette de quelqu'un qui n'aurait pas mangé pendant douze ans, et moi j'ai approximativement la taille de quelqu'un qui, disons, aurait mangé pendant ces douze ans. Tu n'as pas pût acheter ma taille par accident.

- C'est là où tu as en partie raison, dit Ginny en souriant. J'ai vraiment pris ta taille par accident, c'est juste que ça ne correspond pas à la taille beaucoup trop grande que tu portes normalement. La robe t'iraà merveille et je te garanti que tu auras l'air magnifique.

Hermione se leva et se renfrogna. Elle se dirigeait vers la porte quand Ginny se plaça devant elle, la robe à la main.

- Juste essaye là, c'est tout ce que je demande.

Hermione leva les yeux au ciel. Tout en soupirant, elle pris la robe et commença à l'enfiler. Une fermeture éclair et quelques nœuds plus tard, elle était prête.

Tout comme Hermione le préférait, la robe n'était pas trop affriolante. Il semblerait que Ginny connaissait son style après tout. Elle était cintrée à la taille avec une ceinture colorée en perle. La coupe était traditionnelle, rien de trop suggestif, et elle s'évasait généreusement à partir de la taille pour donner un délicieux effet de tourbillonnement. Elle n'était pas trop décorée, juste quelques petites broderies autour de l'ourlet.

Si elle n'était pas une fille réservée et élégante, Hermione aurait pu se mettre à glousser et à tourner autour de la pièce comme une petite fille de trois ans qui ferait semblant d'être une princesse. A la place, elle se contenta d'un petit sourire, et d'un coup d'œil dans le miroir.

- Tu l'aimes ?

Hermione hocha brièvement la tête.

- Oh mon dieu ! Tu l'adores ! s'écria Ginny qui jubilait. J'ai choisi une robe fabriquée dans la dernière décennie et tu l'aimes vraiment ! Bravo moi !

Ginny sourit.

- Oui, oui, profites bien de ce petit moment ! Combien est-ce que je te dois ? demanda-t-elle.

- Il n'en n'est pas question, répondit Ginny. Celle-ci est pour moi. Et avant de protester, je te rappelle que tu m'as emmené déjeuner deux fois cette semaine, alors c'est ma façon de te remercier.

- Mais…

- Merlin Hermione, prend là ou je t'envoie regarder le match de Quidditch des garçons.

Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent et elle retint son souffle.

- Je…Je…Je…non, enfin je veux dire, bien sûr que je la prend.

Elle serra ses bras contre elle, comme si elle se cramponnait à la robe qui serait son dernier espoir.

Ginny leva un sourcil.

- C'était presque trop facile. Je sais que tu n'aimes pas particulièrement le Quidditch mais pourquoi tu as paniqué comme ça ?

Hermione pâlit et se mit à chercher une explication. Elle s'éclaircit la gorge.

- L'humidité.

Ginny l'a regarda fixement, ce qui donna envie à Hermione de se taper la tête sur le mur le plus proche. L'humidité ? pensa-t-elle. Préfète en chef à Poudlard et tout ce que je peux réussir à inventer comme excuse, c'est l'humidité ?

Ginny sourit avec méfiance et dit :

- Cette humidité est un véritable fléau à cette période de l'année. Sans parler des autres fléaux dehors : Ron, dit-elle en marquant une pause, les jumeaux…

Elle marqua une nouvelle pause.

- Harry…

Hermione resta immobile.

- Draco ? demanda Ginny.

Hermione essaya de ne pas réagir, mais elle sentit son œil tiquer, et le regard de Ginny lui fit clairement comprendre qu'elle l'avait vu, elle aussi. Avant que la fougueuse rouquine ne puisse lui poser de questions, le ventre d'Hermione se mit à grogner, lui rappelant qu'elle avait à peine mangé au déjeuner, et lui donnant ainsi une parfaite excuse pour s'échapper.

En un temps record, elle sortit de la chambre, descendit les escaliers pour aller dans la cuisine. Son rythme cardiaque résonnait comme si il était réglé en avance rapide et son corps tout entier semblait trembler contre sa volonté. Elle essaya de prendre une assiette, mais pouvait à peine la maintenir immobile. A la place, elle attrapa une pomme, rien de bien difficile là dedans. Elle respira longuement et calmement et planta ses dents dans le fruit.

- Granger.

Elle faillit s'étrangler, mais réussit à se retourner calmement, la pomme dans la bouche.

Elle le jaugea avec précaution et pensa qu'elle avait vu juste l'ébauche d'un sourire apparaître sur ses lèvres.

- C'est aussi bon que ça ? demanda Draco.

Elle se contenta de lui lancer un regard furieux par-dessus sa pomme verte.

Il avala sa salive.

- C'est ce que je pensais.

Il attrapa une autre pomme, une rouge, et la fit passer négligemment d'une main à l'autre.

Hermione attendait anxieusement, tenant la pomme mais ne la retirant pas de sa bouche. Aussi longtemps qu'elle gardait la chose dans sa bouche, elle n'avait pas à parler.

Il se racla la gorge. Signe numéro un qu'il n'était pas l'aise.

Il s'adossa contre le comptoir, lui tournant le dos et faisant rouler sa pomme sur le plan de travail. Il essayait de se distraire, ce qui signifiait qu'il était nerveux. Elle prit une dernière bouchée de sa pomme, sourit narquoisement et la lança dans la poubelle. Il était temps de passer à l'offensive.

Elle ravala toute sa colère, et l'enfouit sous un faux sourire.

- C'est humide dehors, commença-t-elle tranquillement.

Il hocha vivement la tête et elle remarqua qu'il y avait une ligne de transpiration tout le long du dos de sa chemise. Il se retourna et il jeta un coup d'œil à sa robe une fois, deux fois, trois fois et ensuite se mit à regarder à travers la fenêtre.

Elle résista à l'envie de prendre une autre pomme et de lalui lancer au visage.

Il s'éclaircit la gorge et dit, d'une voix qui ressemblait presque à un murmure.

- Superbe.

Elle prit un air renfrogné et serra ses poings.

- Merci, mais je me passerais bien des tes regards dégradants. Essaye de le faire encore une fois, et je t'arracherai les yeux et les donnerai à manger à…

- Je parlais du temps, répondit-il en souriant narquoisement.

- Oh, s'exclama-t-elle en s'arrêtant net.

Bien joué pour l'offensive, pensa-t-elle.

Il couvrit ses lèvres d'un sourire, et se plaça derrière elle pour remettre la pomme dans le panier sur la table.

- J'ai du travail à faire. Je pense que je vais me sauver un peu plus tôt.

Elle se raidit.

- Veux-tu que je fasse semblant de dormir ? Est-ce que cela te faciliterait les choses ?

Elle s'agrippait au plan de travail à l'aide de mains blanches. Il ne répondit pas, mais laissa échapper un petit rire, qui, à sa grande surprise, ne la rendit pas plus furieuse. Au contraire, ça l'a détendit un peu, mais seulement un petit peu.

Elle sursauta quand elle sentit son souffle sur son épaule. Il avait été complètement silencieux quand il s'était glissé dans son dos. Il se tenait juste derrière elle, ne la touchant pas, ni ne se penchant vers elle. Leur interaction n'était pas plus personnelle que de faire la queue avec un étranger.

- Pour ton information, commença-t-il.

Elle sentait la plus légère des pressions sur les bretelles de sa robe.

- Je ne parlais pas du temps.

Son souffle se coinça dans sa gorge et quand elle eut enfin retrouvée assez d'esprit pour se retourner, il était parti.

Elle monta à l'étage, mais Ginny ne s'y trouvait plus. Elle retira la robe avec précaution et se rhabilla avec son vieux jeans et son pull. Elle fut tentée de laisserla robe mauditeici, car elle avait le sentiment qu'elle allait lui attirer des ennuis.

Quand elle fut à mi-chemin de la porte, elle marqua une pause et se retourna. Elle pensa à la façon dont il l'avait regardé dans ce vêtement. Avant qu'elle ne puisse changer d'avis, elle attrapa la robe et la fourra dans son sac.

Juste avant de transplaner, elle murmura :

- Je vais définitivement le regretter.


Voilà, j'espère que ça vous a plu !

Bonne semaine à tous !

Et Bonne Année !