Chapitre 3 : La Push.
Mon ami était vraiment un amour, ayant surement compris que le sujet était très sensible, il fit comme si de rien était et, mon rayon de soleil personnel, parvînt à enjoliver mon après-midi.
La mécanique était quelque chose de totalement inconnu pour moi, mais Jacob ne me forçât à rien, me demandant juste de lui passer les outils qu'il me demandait lorsqu'il en avait besoin. Plusieurs fois nous fûmes pris de fous rires, car mes connaissances restreintes ne l'aidaient pas vraiment. Ces rires étaient une sensation étrange, autrefois cela m'avait parut naturel en sa présence, mais depuis trop longtemps je me coupais de tout, pourtant, ils me firent du bien. J'étais apaisée. Grâce à mon sanctuaire, mon Jacob.
En fin de journée, un garçon un peu trapu mais musculeux nous rejoignit. Je le vis arriver de loin, mais son visage sympathique -quoiqu'il ait eu l'air un peu préoccupé- me convainquis de ne pas prévenir Jake qui était à moitié allongé sous la voiture.
- Jake? Où te caches-tu? Aurais-tu osé laisser ton amie seule? Lança-t-il en me faisant un clin d'œil lorsqu'il entra dans le garage.
Jacob sortit de sous la voiture, l'air pas totalement ravi de cet intrusion inopinée.
- Salut Quil. Je te présente Bella, se tournant vers moi. Bella, voici Quil, un vieil ami... Alors que me vaut cette visite? Fit Jake en fixant son ami.
- Eh bien, tu n'as peut-être pas remarqué, mais l'un de mes deux meilleurs potes fait tout pour nous éviter, alors je viens squatter chez le deuxième. Il rit.
- Ravi de combler les trous. Dit Jacob.
Il me sembla que ses paroles avaient un double sens, a voir la tête décomposée de Jake, la première devait être la tristesse à propos de son autre ami. Mais, au vue du regard qu'il me lança, je compris autre chose... Ce rappel me prît par surprise, et la réaction que j'eus tout autant : je me relevais d'un bond -faisant sursauter Quil-, les larmes affluant à grande vitesse et mon cœur se fendant à nouveau, puis fonçait dans la maison récupérer mes affaires. En sortant j'entendis l'autre garçon parler.
- Je ne tombe pas au meilleur moment apparemment. S'excusa-t-il. Je repasserais plus tard, va la rattraper avant que ça ne dégénère.
J'entendis clairement que Jacob trottinait derrière moi -suivant les conseils de son ami- lorsque je tournais la clenche de la porte. Il m'attrapa par le bras alors que j'étais dans le couloir menant à sa chambre. Je me libérais et ouvrais la porte de sa chambre pour prendre le sac contenant mes affaires et partir. J'avais tout, je me retournais pour sortir, Jake me barrait le passage, dans l'encadrement de la porte, les bras croisés. Son regard était à la fois perdu et énervé.
- Mais qu'es-ce qu'il t'arrive bon sang?
- Laisse-moi passer! Fulminais-je.
- N'y compte pas, pas temps que je ne saurais pas ce que tu as!
- Arrête ton char s'il te plait! Tu sais parfaitement ce que j'ai!
Il m'attrapa les bras, son regard était à présent totalement égaré. Je commençais à douter de l'interprétation que j'avais faite dans le garage, et je me sentis bête. Il reprit.
- Calme-toi et explique-moi.
Nulle trace d'autorité dans cette requête. Jake me serra dans ses bras et je le laissais faire, alors que quelques instants plus tôt je me serais dégagée. Je ne savais plus par où commencer, les larmes s'accumulaient dangereusement au bord de mes paupières.
- Oh! Je m'enfonçais dans ses bras. Je suis désolée. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Quand tu as parlé de combler des trous, j'ai pensé que tu parlais de moi et je ne l'ai pas supporté. Désolée, oh je m'en veux, si tu savais, pardonne-moi!
Mes larmes se déversèrent, et j'inondais le t-shirt de mon ami. Cependant, il ne me relâcha pas, au contraire, il resserra l'un de ses bras autour de moi, et de l'autre main, il se mit à caresser mes cheveux. Ce contact avec lui m'apaisât un peu. Quand je me fus calmée, il se recula un peu.
- Tu veux aller faire un tour? Demanda-t-il avec un sourire.
J'acquiesçais, ne voulant pas parlé -et risquer de briser cet instant- et lui renvoyais un pauvre sourire. Nous nous dirigeâmes vers la plage. Le jour commençait à peine à tomber quand nous y arrivâmes, en silence et main dans la main. Je contemplais le couché de soleil -qui se décomposait en une palette de couleurs du orange en rose, en passant par le jaune- sur la mer calme, seulement agitée par une douce brise.
Soudain, mon regard se fixa sur la falaise la plus haute où quatre grands gaillards se tenaient, bien trop près du bord à mon goût. Je me tournais vers Jake, j'étais totalement alertée. Lui avait l'air dédaigneux.
- Que font-ils? Qui sont-ils? On ne devrait pas prévenir quelqu'un?
J'étais paniquée lorsque le plus grand des 4 s'approcha encore du bord, les bras écartés. Il sauta et je me mis à hurler, je ne savais plus quoi faire alors qu'un second plongeait. Jake me rattrapa avant que je ne cours alerter des personnes. Comment pouvait-il resté aussi calme alors que nous assistions à un suicide collectif?! Les deux autres hommes sautèrent à leur tour, je plaquais mes deux mains sur ma bouche pour ne pas hurler à nouveau.
- Mais Jake! Qui sont-ils? Laisse-moi aller prévenir quelqu'un!
Je me débattais, mais il ne lâcha pas prise. J'étais perdue. Il ne réagissait pas alors que ces hommes venaient de se tuer sous nos yeux. Pourquoi ne réagissait-il pas?
- Du calme, ce n'est rien. Me chuchota-t-il.
- Comment peux-tu dire ça? M'emportais-je. Ils viennent de se tuer!
- Bien sûr que non! Sam, Paul, Jared et Embry se la raconte c'est tout.
J'étais choquée, complètement désorientée.
- Ils...ils jouent en sautant d'une falaise? Soufflais-je.
- Mais oui Bella, tout les jeunes font ça ici. Enfin pas d'aussi haut.
Jacob paraissait énervé et en même temps blasé. Là encore, je ne comprenais pas. Je le regardais l'air désespérée, il dût comprendre, car il m'expliqua.
- A la réserve, ils se font appeler "les Protecteurs", Embry les évitait avant, mais depuis quelque temps, il est tout le temps fourré avec eux et c'est Quil et moi qu'il évite à présent. Dit-il amère. Ils veulent se montrer, se rendre intéressant en sautant d'aussi haut. C'est pitoyable.
- Tu ne les porte pas dans ton cœur apparemment...
Ente temps, les 4 hommes étaient ressortis de l'eau et j'en restais sans voix, ébahie, fascinée, malgré ce qu'en pensait Jacob.
- Jake... Il faudra que tu me fasses sauter un jour. Dis-je presque suppliante.
- Si tu veux, mais pas aujourd'hui, et pas d'aussi haut.
Je ne sais pas d'où cela venait, mais j'avais réellement envie de sauter à mon tour, l'attrait de l'adrénaline surement. Le jour se couchait maintenant, nous restâmes chez les Black où nos pères nous attendaient -Charlie avait dû venir ici une fois le travail fini-, lorsque nous les vîmes attendre devant la porte, nous fûmes pris de fous rires, une fois encore. Mon père en fut choqué. Mais, à voir son attitude ensuite, je savais qu'il était heureux.
Nous passâmes la soirée chez Billy, lui et mon père en regardant un match à la télé, et Jake et moi à rire de tout et de rien, parler sans cesse, sans jamais s'ennuyer.
Je redoutais l'heure de notre départ à Charlie et moi, car elle signifiait le retour du manque et de la douleur, loin de mon rayon de soleil. Je fis tout pour reculer cette échéance, mais il était tard et Charlie travaillait le lendemain. Je dus donc me résoudre à partir, le cœur gros rien qu'à l'idée de m'éloigner de Jacob.
- Je reviens dès que possible. Lui soufflais-je en montant dans ma vieille Chevrolet.
Visiblement, mon empressement lui fit plaisir, car il sourit. Il m'embrassa sur le front. Mon père, qui attendait derrière pour partir dans la voiture de patrouille, me fit un appel de phare. Je dû donc démarrer et m'arracher à mon repos, qui avait été bien court en comparaison de ces six derniers mois.
Sur le chemin du retour, je savais que chaque kilomètre parcourut ne faisait que me rapprocher de l'horreur de mes cauchemars et de mes souvenirs...
