Chapitre 7: Inconscience.
Je n'éprouvais plus rien, ce trou noir qui m'aspirait était source de quiétude... Chacun de mes souvenirs se rappelait à moi, mais contre toute attente, je ne souffrais pas. C'était comme regarder se dérouler la vie d'une autre devant les yeux. Ma mère, mon père, lui, sa famille, Jacob, Angela... Tous leurs visages s'imposaient successivement à moi, ne laissant jamais aucun ressentiment. Je planais. Cette sensation était la seule agréable que j'avais vécue depuis ce qui me semblait être des siècles.
Je n'essayais pas de me raccrocher à quoi que ce soit. J'avais l'impression que jamais plus rien n'arriverais, bon ou mauvais. Je pouvais tout oublier, Laurent, Victoria, les bruits assourdissants dont la source m'était restée inconnue dans la forêt, lui, eux, tout! Je me laissais sombrer, voulant me rapprocher de la mort.
Les mois, les jours, les heures, plus rien ne comptait. J'étais entrainée vers les profondeurs abyssales et noires de ce gouffre. Cependant, je n'éprouvais aucune crainte... Vivante, j'avais été bien trop idiote, tentant toujours en vain de me raccrocher aux personnes qu'il ne fallait pas. Je n'avais plus à me soucier de rien à présent, je ne respirais plus, mon cœur m'était totalement étranger et je me rapprochais de la fin, je sentais que ma chute ralentissait et ce qui m'entourait devenait plus clair, paisible.
Je tentais de remuer légèrement, pour savoir si tout était fini, si je pouvais aller en paix, une main s'agrippa à la mienne. Je ne comprenais pas, qui pouvait m'attendre. J'ouvris lentement les paupières lorsque je m'étouffais. Quelque chose était logée dans ma gorge et m'empêchait de respirer. Mon père tenta de me retenir, appelant du secours, je me débattais comme une lionne, il fallait que je respire, j'en avais besoin. Nous ne devions pas être seuls, car j'entendis quelqu'un se précipiter de l'autre côté de ma tête et appeler à un interphone.
A ce moment, la porte s'ouvrit en grand. Un homme entra, je me figeais soudain et retombais mollement dans le lit. Ce n'était pas possible! Ce cauchemar ne cesserait donc jamais! Ce médecin arriva rapidement et s'affaira à retirer le tuyau qui obstruait ma gorge. Durant tout ce temps je le fixais, lui ne daigna pas soutenir mon regard.
Mon père caressait mon front, me chuchotant à l'oreille des paroles qui se voulaient rassurantes. Je ne bougeais plus. Je n'étais donc pas morte, j'étais désemparée. Et que faisait-il là? Qui était dans cette pièce?
Je regardais autour de moi, Charlie, ce médecin et... Jacob. Comment osait-il? Et comment Carlisle s'autorisait-il à m'approcher? J'étais hors de moi.
- Sortez d'ici! Hurlais-je. Allez-vous-en! Je ne veux pas vous voir!
Je regardais fixement Carlisle et Jacob, attrapant et serrant le bras de mon père. J'étais furieuse! Comment pouvaient-ils être là alors qu'ils m'avaient tant fait souffrir?
Jacob parut hésiter, il ouvrit la bouche, voulant surement prendre la parole, mais ne dit rien. Charlie le fusilla du regard. Il s'adressa aux deux hommes.
- Vous l'avez entendue, sortez. Dit-il fermement.
Carlisle sembla dépité, mais il ne répondit pas, acquiesça tristement et sortit, suivit par Jacob qui me lança un dernier regard avant de fermer la porte derrière eux.
Sitôt l'eut-il fait, je fondis en larmes. Un intarissable flot de larmes se déversait de mes yeux. Charlie se jeta sur moi et me prit dans ses bras.
- Chut ma chérie, tout va bien, ils sont sortis.
Il tentait de me rassurer, me caressant doucement les cheveux pendant qu'il prononçait ses paroles apaisantes. Au bout de plusieurs minutes, je réussi à me calmer et à arrêter de pleurer. Charlie resserrât son étreinte.
- Bella, j'ai eu si peur. Souffla-t-il.
Je relevais la tête et observais mon père. Sa voix était rauque. Son regard trahissait de la peur, du soulagement et de l'amour. Je me rendis alors compte que ses traits étaient tirés à l'extrême, ses yeux bouffis et ses cernes profondément creusées.
- Depuis combien de temps suis-je ici? Et où suis-je?
Ma demande sembla lui faire oublier tout le reste.
- Oh, ma chérie, j'étais paniquée. Chez Billy, tu t'es écroulée, j'ai appelé les secours, ils t'ont emmenés à l'hôpital. Là-bas, les médecins ne comprenaient pas et ils ont préférés te faire transférer à Seattle. Ces quatre derniers jours ont été les plus horribles de ma vie Bella...
Charlie posa son front contre le mien. J'étais perdue. Si j'étais à Seattle que faisait Carlisle ici? Ne devrais-je pas ne plus jamais le revoir?
- Pourquoi Carlisle est ici?
- Il travail dans cet hôpital, il en est même le meilleur médecin. Comme personne ne comprenait ce que tu avais exactement, c'est lui qui s'est occupé de toi. Il a passé beaucoup de temps à ton chevet, quand je m'absentais, il a veillé sur toi hors de ses heures de garde. C'est vraiment un homme bien...
Mon père était plein de reconnaissance pour Carlisle. Un rire hystérique sortit de ma bouche. Je ne me contrôlais plus.
- Un homme bien? Ah ah ah. Tu crois sincèrement que c'est un homme bien? Alors qu'il s'est enfuit avec toute sa famille sans rien dire à personne. Mais de qui ce moque-t-on à la fin?
Au fur et à mesure que je parlais, j'étais devenue agressive, c'était la seule défense que j'avais. Mon père s'était éloigné de moi et me regardais l'air perplexe. Je me sentis coupable, après tout, Charlie n'était pour rien dans leur fuite.
- Désolée. Dis-je penaude. Pour changer de sujet, je continuais. Pourquoi avais-je un tube dans la gorge?
Charlie qui avait baissé la tête la redressa doucement. Ses yeux reflétaient une immense souffrance, je devinais qu'il revivait la scène.
- Tu as fais un état de choc très grave ma chérie, c'est ça que personne ne comprenait. Tu es tombée dans le coma et tu ne respirais plus mon cœur... J'ai cru que j'allais te perdre Bella...
Deux grosses larmes roulèrent sur ses joues, je tentais d'attraper son bras pour l'attirer vers moi, lui prouver que tout aller mieux, mais des tuyaux m'en empêchèrent.
- Oh! Beurk! Fis-je.
Charlie me regarda surpris. Je lui indiquais la perfusion. Il sourit mais ne dit rien. Je repensais aux personnes dans ma chambre à mon réveil.
- Qu'es-ce que Jacob faisait là? Demandais-je.
- Il culpabilise, en te voyant tomber, c'est lui qui a réagit le plus vite. Il t'a rattrapée avant que tu ne t'ouvre la tête sur le bord de la table. Puis il s'est mis à pleurer alors qu'il t'avait dans les bras et te serrais en pleurnichant. Il est venu plusieurs fois te voir.
Alors c'était donc ça... Il se sentait coupable, à tel point qu'il me rendait visite très souvent. Qu'il aille au diable! Je ne voulais pas de sa pitié et j'avais bien l'intention de le lui dire!
- Papa, je crois que je vais devoir m'expliquer avec eux. Fis-je en indiquant la porte.
- Rien ne presse ma chérie. M'interrompit Charlie. Repose-toi, et quand tu seras prête j'irais te les chercher, si tu le veux toujours.
Il me caressa le front tendrement. Ce petit geste me redonna de la force et du courage. J'étais fermement décidée.
- Ne t'inquiète pas. C'est bon, il faut que je leur parle. Tu peux aller chercher Jacob s'il te plaît.
Charlie me regarda, guère heureux. Il craignait vraiment que je ne retombe dans le coma. Il m'embrassa et alla vers la porte. J'essayais alors de me contrôler et de rester calme. Mais une haine immense s'empara de moi, en repensant à ce que j'avais enduré à cause d'eux et de leurs familles...
Je sais que ce chapitre est un peu court, mais le 8 est déjà en court d'écriture. Si je peux je vais vous le poster aujourd'hui. Mais les reviews m'encouragent. La reprise des cours va m'empêcher de pouvoir écrire aussi souvent que ces derniers temps.
