Chapitre 8: Explications.
La porte s'ouvrit lentement, Jake passa la tête, je fixais le plafond, essayant de canaliser cette haine. Il entra, referma la porte et s'avança vers moi l'air penaud. J'étais plus froide que je ne l'avais jamais été.
- Charlie m'a dit que tu voulais me parler. Commença Jacob.
- Je ne le veux pas, mais je le dois! Crois moi, ça n'est pas de gaieté de cœur...
Mon ton était plein d'une haine dont je ne me serais jamais cru capable. Il baissa tristement la tête, j'étais fière de ne pas me démonter.
- Je l'ai bien cherché. Reprit-il la voix cassé.
- Bel euphémisme en effet! Crachais-je. Pourquoi es-tu venu?
- Pour toi... Il me regarda l'air suppliant.
- Pour moi? Mais je ne veux pas de ta pitié! Ton message est bien passé, je ne risque pas de l'oublier, ne t'en fais pas!
Il releva la tête, comme alerté pas quelque chose que je ne compris pas. Il voulut parler, mais je ne lui en laissais pas le temps, je bouillonnais de rage. Il osait prétendre qu'il était venu pour moi, alors que je me retrouvais ici précisément à cause de lui!...
- Aller! Va-t-en, tu n'as pas à te sentir coupable s'il m'arrive quelque chose, après tout tu n'es pas mon ami.
Une telle bile se déversait de mes propos que je crus que c'était la raison de son air soudainement outré.
- Pour sûre, je ne sais que ce sera à cause de ces satanés sangs-sues. Jura-t-il.
J'en restais bouche bée, comment savait-il? De qui parlait-il? D'eux, ou de Laurent et Victoria?
Jacob interpréta mal mon silence, il le prit pour de la peur. Il saisit ma main, la caressant lentement et ajouta:
- Je ne les laisserai pas te faire de mal.
Mon cœur se glaçât. Imaginer Jacob face à la sauvagerie de Laurent et Victoria me terrifiait. Ce n'est que lorsque Carlisle entrât en trombe dans ma chambre, envoyant claquer la porte contre le mur, Charlie sur ses talons que je remarquais le bruit strident d'un moniteur près de moi, j'avais arrêté de respirer et mon cœur avait eu plusieurs ratés inquiétants. Ce dernier ne se fit pas attendre et repartis à une vitesse fulgurante. Je ne contrôlais plus rien, ni les battements excessivement rapides de mon cœur, ni ma respiration saccadée. Je m'étais agrippée aux barreaux du lit et à la main de Jacob.
Carlisle se précipita près de moi, repoussant Jacob. Il inspecta les branchements sur ma poitrine et me forçat à me rallonger dans le lit par une légère mais ferme pression sur mes épaules
- Elle doit se reposer. Dit-il à l'adresse de Jacob et de mon père. Veuillez sortir.
Jacob serra ma main une dernière fois, nous n'avions pas finie cette conversation et il le savait aussi bien que moi. Je devais avoir mes réponses.
- Je reste dans le couloir avec ton père, je repasserais plus tard. Chuchota-t-il à mon oreille.
Son souffle était chaud, et sa main presque brûlante alors que je n'avais pas froid, le contraste m'apparut énorme. Ce contact était étrange, jamais auparavant Jacob ne m'avait semblé aussi chaud. Je fus tirée de mes réflexions en voyant Carlisle se dirigé vers la porte. Ma chambre était déjà vide.
- Attendez! Chuchotais-je.
Je savais qu'il m'entendait parfaitement. Il s'arrêta et se retourna, un léger sourire s'étirait sur ses lèvres, comme s'il était satisfait que je m'adresse à lui.
- Oui, que puis-je pour toi? Demanda-t-il avenant.
- Pourquoi êtes-vous ici?
- Je travail dans cet hôpital Bella.
- Vous n'avez pas compris ma question, j'étais censée ne plus jamais vous revoir, alors que faites-vous à Seattle? Le coupais-je peu à même.
Son expression changea subitement. De courtois, il devint triste. Je me mis à me le reprocher, après tout, lui n'était pour rien dans toute cette histoire. Je le prenais pour responsable alors que le coupable n'était pas là. Un sentiment de culpabilité immense s'empara de moi, et je me remis à pleurer. Décidément, j'allais me dessécher à pleurer toutes les larmes de mon corps. Carlisle se rapprocha et prit très lentement ma main. La froideur de sa peau me calma un peu. Je lui sautais au cou et le serrais de toutes mes forces.
- Je suis désolée, je ne voulais pas. Pantelais-je le visage strié de larmes.
Une fois la surprise passée, il me prit doucement dans ses bras et caressa mes cheveux d'une main hésitante. Le sentiment de culpabilité redoubla d'intensité, mais mes larmes avaient cessées. Il me consolait alors que j'avais été odieuse avec lui, c'était à n'y rien comprendre.
- Je suis désolée.
- Chut, ce n'est rien, je comprends. M'interrompit-il.
Je me raccrochais encore plus fort à son cou. Il m'avait tellement manqué, lui et sa famille. Soudain je repensais à Edward, un hoquet de douleur me fit gémir, tel un animal blessé. Carlisle desserra mes bras et se dégagea habilement pour tenter de comprendre la raison de cette douleur. Ne constatant aucun raison physique, il me regarda droit dans les yeux. Il dû comprendre, il me serra de nouveau contre lui, en me frottant tendrement le dos. Nous restâmes ainsi quelques minutes. Reprenant mes esprits, je m'écartais un peu de lui, je ne voulais pas qu'il s'éloigne, mais je devais lui parler. J'inspirais profondément et repris:
- Carlisle pourquoi êtes-vous à Seattle? Je suis heureuse de vous revoir s'entend, mais une seule séparation est déjà assez dure, alors une deuxième, je n'ose même pas imaginer...
Je ne sais pas si mon visage trahissait tout la peine que j'avais pu ressentir ces derniers mois, mais quand Carlisle m'observa attentivement, il sursauta et parut effrayé.
- Je suis navré Bella, nous ne pensions pas te revoir, nous nous sommes dit que vu que tu ne venais jamais à Seattle, c'était un lieu peu risqué. Mais quand j'ai su que tu étais dans le coma je n'ai pas voulus me cacher, j'ai préféré venir t'aider et soutenir ton père... Je suis sincèrement désolé.
Il avait baissé la tête, signe de sa sincérité. J'en fus touchée et repris sa main dans la mienne. J'attendais qu'il me regarde pour reprendre la parole. Lorsqu'il le fit je me lançais:
- Vous n'avez pas à vous en vouloir. Vous n'êtes pas responsable de mon état, je vous suis reconnaissante de ne pas vous êtes enfuit, sans vous, mon père n'aurait pas surmonté ces quatre jours.
A cet instant, j'étais sûre que si Carlisle avait pu pleurer, de grosses larmes auraient coulées sur ses joues. Ce moment été intense. Je pensais alors qu'il devait surement aller travailler et la peur me tenailla. Je ne voulais pas qu'il s'en aille, c'était probablement égoïste, mais je m'en fichais. Son départ aurait signifié ma perte définitive... Je me raccrochais fermement à sa main que je n'avais pas lâchée, mon pouls s'accéléra, mes yeux se firent suppliants. Carlisle comprit rapidement.
- Ne t'en fais pas, ma garde est presque finie, je repasserais plus tard. Essaye de te reposer. Ta journée à été très éprouvante.
Il déposa un baiser sur mon front, comme l'aurait fait Charlie et sortit. Suivant ses conseils, je m'enfonçais dans le lit, en me repassant notre conversation. Ma bêtise m'avait fait oublier le principal. Qui était au courant de mon état? Es-ce qu'il savait?
Mon père entra rapidement dans ma chambre et me rejoignis. Il le prit dans ses bras et me serra plus fort qu'il ne l'avait jamais fait. Il embrassa mes cheveux plusieurs fois.
- Ne me refait plus jamais ça tu entends. Souffla-t-il. J'ai cru avoir une attaque en entendant cette machine.
Je ne répondis pas, Jacob entra silencieusement. Je me rappelais que cette conversation la aussi été inachevée. Charlie me relâchât.
- Ma chérie, je dois rentrer, j'ai une affaire urgente à régler au poste. Je te laisse avec Jacob, je reviens demain à la première heure.
- Repose-toi, de toute façon Carlisle doit venir après sa garde et tu en as besoin. Lui répondis-je.
Il m'embrassa et s'éloigna, je voyais que s'en aller lui coûtait beaucoup, mais il ne devait pas négliger son travail, et j'avais besoin de parler à Jacob seul à seul. Je lui fis un petit sourire pour l'encourager. Ca fonctionna, il sortit finalement. Je me tournais directement vers l'indien.
- De qui parlais-tu tout à l'heure en disant les "sangs-sues"?
Il parut étonné par cette question directe. J'avais oubliée ma colère grâce à Carlisle, j'étais donc beaucoup plus calme. Il mit du temps à répondre, beaucoup de temps. Il était gêné.
- Bella je n'ai pas le droit de tout t'expliquer, mais je sais que deux vampires trainaient à Forks récemment. Un homme et une femme.
C'était donc Laurent et Victoria, je fus parcourut de frissons des pieds à la tête, Jacob ne comprit pas leurs origines. Pensant que j'avais froid, il m'avait faites me déplacer sur le lit, s'était assis près de moi et avait passé son bras autour de mes épaules. Son contact si chaud, pour une raison obscure, m'apaisa. Je ne bougeais pas, trop fatiguée. Avant même que je comprenne ce que je disais, une phrase était sortie toute seule.
- C'était donc toi, les bruits dans les bois. Chuchotais-je.
Jacob tressaillit, je n'avais pas saisit le sens de ma phrase, qu'il y répondait déjà.
- Je pensais que tu ne nous avais pas vus.
Cette fois, ce fut mon tour de tressaillir. Il était donc responsable de ces bruits et il n'était pas seul. Mais quelque chose m'échappait. Avec qui était-il? Pourquoi Laurent avait-il disparut? Comment s'en était-il sorti? Qu'étais devenu Laurent?
- Jake, j'ai vraiment besoin que tu m'explique. Je risque de devenir complètement folle sinon.
Il hésita, sonda mon regard, puis se lança dans ses explications. La légende selon laquelle les hommes de sa tribu étaient des loups s'était révélée vrai. Il en avait fait les frais en le devenant aussi -ne sachant pas cela, je tentais tant bien que mal de ne pas lui faire comprendre le malentendu-, il m'expliqua que c'était pour ça qu'il m'évitait, pour ne pas me mettre en danger à son contact. Cette révélation anéantit toute ma colère, je suivais attentivement son histoire.
- Ce week-end, nous avons trouvé la trace de vampires, nous étions sur le qui-vive, à leur recherche, nous n'en avons trouvé qu'un mais il était sur le point de t'attaquer. Je n'ai pas attendu la décision de Sam, j'ai foncé te protéger. Je l'ai écarté un maximum de toi, les autres ont été obligés de me suivre et ça m'a valut une sérieuse leçon après. Je ne suis pas le chef, je n'ai pas le droit de me lancer comme ça.
Mon esprit était vide, complètement déconnecté. La fatigue était trop forte, je me calais contre Jacob, la tête sur son épaule.
- Tu ne m'en veux pas au moins? Demanda-t-il.
- De quoi? Dis-je ensommeillée.
- Eh bien, de l'avoir tué...
- Non, Jake, il allait me tuer. Merci d'être intervenu. Je baillais.
- Nous en reparlerons plus tard, tu es exténuée, tu encaisse bien, mais il ne faut pas tenter le diable. Repose-toi. Bonne nuit. Souffla-t-il en riant.
Il m'embrassa lui aussi sur le front, me déposa sur l'oreiller et sortit en éteignant la lumière. Je ne voulais pas dormir, il fallait que je parle à Carlisle, mais la fatigue était trop forte, et elle l'emporta...
