Chapitre 9: Surprises.
Cette nuit la, mon sommeil était de plomb, mais ce cauchemar qui me hantait depuis des mois ne fit pas d'exception. J'étais seule, abandonnée et je sentais cette horrible verdure qui recouvrait tout m'engloutir. Je dû m'agiter dans mon sommeil car quelqu'un m'en tira. Deux mains froides me secouaient légèrement au niveau des épaules. J'ouvrais mes yeux, dans le noir je ne perçus qu'un reflet d'une blancheur singulière. Mon cœur s'accéléra, ayant parfois quelques ratés. Ce pouvait-il qu'il ait-été mis au courant? Se préoccupait-il encore de moi?
Mes yeux s'acclimatèrent au noir environnant, et quand je reconnus Carlisle, mon cœur se serra. Il avait beau avoir dit qu'il repasserait, je n'aurais pas cru qu'il resterait et me tirerait d'un cauchemar. J'en fus touchée et très reconnaissante. J'avais envie de le reprendre dans mes bras, pour m'assurer que je ne rêvais pas, et c'est ce que je fis. Je me rejetais dans ses bras, étouffant mes larmes sur son épaule. Il ne me repoussa pas, au contraire, il me serra un peu. Carlisle semblait heureux de me revoir et soulagé. J'avais l'impression qu'une infime partie de moi, qui avait disparue depuis bien longtemps, réintégrait sa place initiale.
-
Merci. Soufflais-je.
-
Mais de quoi Bella? Demanda-t-il
surprit.
-
D'être là, de tenir parole, j'avais tellement peur de ne plus vous
revoir.
Je sanglotais, Carlisle se recula un peu. Je ne savais plus quoi faire, j'avais besoin de la froideur de cette peau, mais ce n'était pas sa peau. Aurait-il été là que je l'aurais rejeté, je ne lui apportais rien, il me l'avait dit, alors autant ne plus y revenir. Je repensais alors à une question.
-
Carlisle, est-il au courant pour moi?
- Non, je ne pense pas. Je
n'en ai parlé à personne. De plus il ne passe presque plus nous
voir...
- Comment ça? M'étonnais-je.
-
Lorsque nous sommes... Il
s'interrompit, mon cœur se scindât à nouveau en deux, je plaquais
mes deux mains sur ma poitrine pour recoller les morceaux, il
m'observa mais reprit, il
est partit de son côté, en s'isolant de tout et de tous. M'expliqua
Carlisle.
Je repensais aux distractions dont il m'avait parlé, elles devaient être nombreuses pour qu'il en oublie les siens. Deus grosses larmes roulèrent silencieusement sur mes joues, mes bras étaient croisés autour de ma poitrine et ma respiration était difficile. Carlisle sembla réellement s'inquiéter.
-
Bella que t'arrive-t-il?
- Ne vous en fait pas, ce n'est rien. Les
souvenirs sont la pire des douleurs... Marmonnais-je
tristement.
Cette fois, alors que je ne m'y attendais pas, Carlisle me prit dans ses bras tendrement. J'avais vraiment le sentiment d'avoir retrouvé un père. Il me berça doucement tandis qu'il chuchotait.
- Je suis navré Bella, sincèrement, tu nous a beaucoup manquée à tous.
J'aurais voulu objecter, j'étais sûre qu'au moins l'un d'entre eux n'avait pas éprouvé le manque dont il me parlait, mais je n'en fis rien, me laissant aller contre lui.
-
M'autorises-tu à dire aux autres que tu es ici? S'informa-t-il.
-
Je n'ai pas l'intention de m'éterniser ici, mais si vous le voulez,
c'est d'accord. Je vous demanderais juste que lui
ne soit pas au courant. Je n'en vois pas l'intérêt. J'ai perdu
beaucoup plus qu'une famille, et je ne tiens pas à renouveler
l'expérience.
Carlisle hocha la tête solennellement, caressant délicatement ma joue du revers de sa main pour me rassurer. Je ne pus retenir un bâillement. Il le remarqua et sourit.
- Tu es épuisée Bella, rendors-toi. M'intima-t-il.
Je ne voulais pas qu'il parte, je savais bien qu'il le devrait à un moment ou à un autre, mais je voulais qu'il reste près de moi cette nuit.
- Accepteriez-vous de rester encore un peu? Demandais-je.
Il sourit, tira un fauteuil pour le rapprocher de mon lit et s'y assit. J'attrapais sa main et me rallongeais. C'était égoïste, je le savais une fois de plus, mais en cet instant, je savais qu'il était heureux d'être là, et cela me suffit à me rendormir paisiblement.
Je me réveillais le lendemain matin, il faisait grand jour. Le ciel était gris, mais pour une fois, il ne semblait pas vouloir pleuvoir. Je verrais donc Carlisle. Je jetais un regard autour de moi, j'étais seule. Ma perfusion avait été retirée et je remerciais intérieurement mon médecin. Je me levais doucement, et voyant un sac contenant des affaires propres, je l'attrapais et aller prendre une douche chaude, source de plénitude. En sortant, je me sentais mieux. J'attrapais un t-shirt et un jean au hasard et les enfilaient rapidement. Alors que je sortais de la salle de bain minuscule, on frappât légèrement à ma porte. Je me dépêchais de rejoindre mon lit et de m'y asseoir. On poussa doucement ma porte.
J'eus un choc en reconnaissant la personne. D'assez petite taille, aux cheveux noirs comme l'ébène. Un lutin entrait dans ma chambre. Je plaquais mes mains sur ma bouche, retenant un cri de stupeur mêlé d'appréhension. La voir ici faisait remonter tant de joie, mais aussi tellement de souffrances. Des larmes affluèrent en masse, mais je les combattais.
- Pourquoi es-tu venue? Soufflais-je.
Ma réaction parut blesser Alice, elle baissa la tête, l'air triste. Je ne lui demandais pas de partir, juste les raisons de sa venue. Je ne comprenais pas pourquoi elle revenait ainsi après tout ce temps, après m'avoir abandonnée sans un mot.
- Veux-tu que je m'en aille? Demanda-t-elle dans un souffle.
Je décidais que temps qu'elle était là, autant en profiter pour lui soutirer le maximum de réponses à mes questions.
-
Ecoute, je ne te demande pas de partir, je te demande juste pourquoi
tu viens maintenant...
- Bella, je me faisais un sang d'encre pour
toi.
- Pardon! M'exclamais-je
furieuse.
Tu ose prétendre t'être inquiétée pour moi, alors que tu t'es
lâchement enfuit, me laissant seule me démener contre une vie dont
je ne voulais pas?!
Ma colère était montée en flèche. Alice parut outrée et sincèrement désolée, elle reprit calmement.
- Je n'ai pas eu le choix Bella, il nous a convaincu de tous partir. Il m'a même interdit de me concentrer sur ton avenir. C'est pour ça que je n'ai pas vue ce que t'arrivais. Expliqua-t-elle en montrant le lit.
S'en était trop. Je n'avais pas revue cette famille, ma famille, à cause de lui. Je devins rouge de rage.
-
Et tu es resté obéissante, bien sagement, tu as écoutée tout ce
qu'il te disait! Fulminais-je.
-
C'était
pour te protéger ma Bella, je n'aurais jamais accepté autrement.
Répliqua
Alice.
-
Arrête ton char! Si tu avais vraiment voulut me protéger, tu te
serais concentrée sur mon avenir avant d'accepter! Tu aurais vu que
c'était livrée à moi-même et par mes seuls moyens que j'étais en
danger, et que je mettais aussi Charlie en péril! Criais-je.
Pour le coup, Alice resta sans voix, me fixant avec des yeux ronds. Elle ne comprenait pas tout ce qui m'était arrivé, et c'était précisément ce que je lui reprochais. Elle resta planter au beau milieu de la chambre, interdite.
- Je suis désolée Bella, si tu savais comme je m'en veux.
A cet instant, je savais que si elle avait été humaine elle aurait pleurée. Elle était parcourut de sanglots silencieux. Mais je m'en fichais, cette peine n'était absolument rien comparée à ce que j'avais enduré après leur départ.
- Chacun sa croix Alice. Répliquais-je acerbe. Moi je m'en veux d'avoir respectée ma parole.
Elle releva brusquement la tête, et fus à mon côté sans même que je la vois arriver.
-
Je t'interdis de te faire du mal, ça n'aurait pas de sens et il
souffrirait.
- De me faire du mal?! C'est ça qui t'inquiète? Et
bien désolée, mais je souffre plus que je ne peux le dire depuis
bien longtemps. Crachais-je
entre mes dents. Et
tu ose me parler de lui?! Si je suis ici, c'est pour la plus grande
partie à cause de lui. Tu ne sais vraiment pas de quoi tu parle,
alors arrête s'il te plaît.
Mes paroles l'avaient profondément marquée, je le voyais à son visage, et ça m'était égal. Pour l'instant du moins. Alice parut soudain plus sérieuse que jamais.
-
Bella, de quoi parlais-tu, à propos des dangers qui vous guettaient
ton père et toi? Demanda-t-elle.
-
Les
Cullen ne sont pas les seuls vampires dans la région ma chère.
Toute l'ironie de ma voix lui passa très loin. Elle était réellement inquiète à présent, j'avais envie de me pincer pour ne pas baisser ma garde, mais tous nos souvenirs heureux toutes les deux et tout ce qu'elle avait fait pour moi me revint en mémoire. Je retins un sourire en me rappelant l'accueil chaleureux qu'elle m'avait fait dans sa famille. Mon visage se détendit et Alice ne manqua pas de le remarquer. Elle reprit:
- De qui parles-tu? Nous pouvons te protéger mais il faut que je sache!
Visiblement, elle ne voulait pas me lâcher. Cependant, elle ne me voulait pas de mal. De plus, ma promesse ne tenait plus, vu que je revoyais sa famille...
- Laurent et Victoria sont revenus...
Alice siffla de rage, sa main se crispa. Cette réaction qui aurait due m'effrayer, me rassura. Je ne serais plus seule, que je le veuille ou pas d'ailleurs, Alice ne me quitterait pas avec eux qui rôdaient.
- Il m'en voudra, mais ça m'est égal, nous avons déjà fait trop dégâts en septembre. Et tu as besoin de nous. Dit-elle avec un regard plein de compassion.
Mes yeux furent soudain atrocement embués, me rendant compte que ma colère ne me rendait pas service. Elle me libérait certes, mais elle ne m'avançait pas. Tout ce ressentiment fit alors place à une tristesse colossale. Alice vint à moi pour me remonter le moral, je n'avais plus le courage de la repousser, de toute façon ça n'aurait servi à rien.
Je me rendais compte que la pire des douleurs qui me soit jamais arrivée, m'était entièrement infligée à cause de lui. Les bras froids d'Alice qui m'encerclaient me permettaient de ne pas sombrer à nouveau.
Au bout d'un certain temps, nous fûmes dérangées par l'entrée inopinée d'une infirmière m'apportant mon petit-déjeuner. Voyant ma tête dégoutée face au chocolat froid industriel et le croissant plastique, Alice sourit. Elle attendit que l'infirmière soit sortie pour me proposer d'aller faire un saut à la cafétéria pour me prendre quelque chose d'autre. J'acceptais.
Je savais qu'elle ne voulait pas s'arrêter la, et quand elle se stoppa près de la porte pour me dire de ne pas m'inquiéter pour ma tenue, je compris que j'allais devoir supporter ses lubies de fashion victim. Et quand je vis arriver Carlisle, une bouteille de jus d'orange sous le bras et un sachet renfermant un beignet dans l'autre main, je compris qu'avant même d'avoir le temps de me cacher, Alice serait revenue avec assez d'affaires pour trente personnes. Je poussais un long soupir. Alice ne changerait jamais...
- Merci. Dit Carlisle plein de reconnaissance.
Son ton ne permettait aucun doute, c'était de l'avoir pardonné qu'il me remerciait. J'en fus estomaquée. C'est grâce à sa présence, et celle plus récent d'Alice, que je ne me laissais pas aller à trop me remémorer le passé.
Je le remerciais en l'embrassant sur la joue quand il déposa le tout sur la table de chevet. Il sourit largement et sortit. Alors que je croquais dans mon beignet, quelqu'un tambourina à ma porte...
