Chapitre 10

Je faillis m'étouffer, avant que je ne réalise que quelqu'un me tapait gentiment mais un peu fort dans le dos. Je me retournais vivement et essayais de voir qui était là.

Reprenant mon souffle, je le reconnus. Ma mâchoire se décrocha, je me jetais à son cou et le serrais dans mes bras. Il ne broncha pas, sourire aux lèvres. Au bout de quelques secondes, il se libéra habilement et se recula un peu. Il était tout souriant.

- Je savais bien que je ne te laissais pas indifférente. Rigola-t-il.

Emmett serait toujours Emmett, un gros nounours blagueur et taquin. Je ne sais pourquoi je n'avais aucun ressentiment envers lui. Peut-être parce qu'il avait toujours été égal à lui-même et qu'il avait toujours suivi les autres membres de sa famille, surtout sa femme Rosalie qui avait dû être la première partie vu les sentiments qu'elle nourrissaient contre moi. A le voir ici, je ne pu retenir un sourire joyeux.

- Dans tes rêves. Dis-je souriante.

Il me tapota le dessus de la tête et prit un air faussement résigné.

- Quand arrêteras-tu de te le cacher? Tu es raide dingue de moi!

Les raisons de mon comportement m'étaient totalement inconnues, mais la présence d'Emmett me rendait hystérique. Je me levais tant bien que mal sur mon lit, j'étais prête à lui sauter dessus et je glissais. Si Emmett n'avait pas eu d'aussi bons réflexes, je me serais surement retrouvée allongée par terre comme une crêpe, ma cassant probablement quelque chose au passage... Mais il me rattrapa doucement et rigola. Je me tortillais pour descendre de ses bras, mais rien n'y fit.

- Aurais-tu l'amabilité de me relâcher s'il te plait. Ironisais-je.
- Avec le plus grand plaisir. Dit-il hilare.

Je me rendais alors compte que rien si ce n'est le lino froid du sol n'était en-dessous de moi, et j'espérais secrètement que mon postérieur amortirait la chute. Ses gros bras me lâchèrent et je tombais, je fermais les yeux attendant le choc. Il vint, mais je n'étais pas au sol et j'étais assise sur quelque chose de rembourré. J'ouvrais rapidement les yeux et constatais que j'étais sur le fauteuil sur lequel Carlisle s'était assis dans la nuit.

Je regardais Emmett, se grand idiot se tordait de rire.

- Tu as beau être beaucoup plus âgé que moi, tu ne grandiras jamais mon pauvre. Fis-je faussement vexée.

Il dût repenser a quelque chose car son visage changea tout à coup. Il devint sérieux, vraiment sérieux, je ne l'avais jamais vu ainsi avant. Je m'inquiétais un peu, mais j'attendis qu'il reprenne la parole.

- Bella, si j'avais su, je l'aurais empêché de faire ça.

Emmett était totalement sincère, je savais qu'il ne m'avait jamais voulut aucun mal, même s'il m'avait toujours taquinée. Mais je savais aussi de qui il voulait parler, je secouais la tête, tentant de chasser les souvenirs pour profiter de l'instant présent.

- C'est rien, oublie Em'. J'ai pas envie d'en parler.

Malgré mes efforts, mes yeux s'étaient dangereusement humidifiés. Et il ne tarda pas à comprendre ce qu'il m'arrivait. Le geste qu'il fit alors me surpris autant qu'il me fit plaisir. Il passa son bras autour de mes épaules et me serra légèrement contre son torse.

Alice débarqua comme une furie, mettant Emmett à la porte aussi sec, j'avais à peine tournée la tête que mon lit était déjà encombré de tenues sur toute sa longueur. Je n'arriverais pas à tenir le coup, malgré tout mes efforts les souvenirs m'assaillaient.

Je choisi la seule tenue qui me semblait acceptable, avant même qu'Alice ait fini de tout déballer, lui intimant le silence de la main alors que j'allais à la salle de bain. J'en ressortis à l'aide, dans une tunique bleue électrique et un leggins gris. Le résultat me satisfaisait, c'était simple, confortable, et ça se coordonnait assez bien.

Quand j'aperçu mon reflet, je restais paralysée. Tout était allé trop vite. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'avais tout pardonné à des personnes qui m'avaient brisée. Je restais là, les yeux dans le vague, me rappelant tout ce que j'avais enduré, la bulle dans laquelle je m'étais enfermée, la peur de mon père et mon cœur qui avait cédé la place à cette plaie béante sans limite. Je ne pouvais plus bouger, je sentais Alice s'activer telle une tornade dans la chambre, mais je ne pouvais plus réagir. Une fois qu'elle se fut calmée, je tentais d'articuler:

- Alice?

Ma voix était basse et ma gorge serrée, pourtant, je savais qu'elle m'entendait. Elle s'arrêta et me fixa.

- Pourrais-tu sortir s'il te plaît, j'ai besoin d'être seule. Repris-je dans un souffle.

Alice me regarda sans comprendre, malgré tout, elle alla dans le couloir, complètement abattue. Je ne bronchais pas, je ne le pouvais pas. Je savais que c'était une saute d'humeur (ou pas d'ailleurs), mais cette tenue avait fait remonter trop de souvenirs douloureux, etsa présence, leur présence, bien qu'elle m'ait soulagée au début, elle raviverait toujours ma mémoire et me ferait souffrir.

La couleur de cette tenue en était un exemple parfait: c'est dans cette couleur qu'il me préférait... Il me l'avait dit, car c'est en bleu que j'étais habillé pour notre premier rendez-vous. Repenser à tout ça était tellement bizarre et intense -je m'étais efforcée pendant des mois à ne pas y repenser et voila ce que leur réapparition faisait. Je ne tenais plus debout, mes jambes flageolaient, je dus m'asseoir sur le fauteuil. Pendant cette évasion de mon esprit, je n'avais pas entendue l'entrée discrète d'une nouvelle personne qui se précipita sur moi, faisant de gros yeux surpris et compatissants. Je me demandais pourquoi cette promptitude, et réalisais que j'étais ruisselante de larmes.

- Oh Bella, tu m'as fais si peur. Tout le monde s'inquiétait pour toi au lycée.

Angela avait simplement saisit mes mains dans les siennes et se petit contact m'apaisa, pas besoin de grandes démonstrations entre nous. Un silence pouvais parfois en dire bien plus long qu'une longue explication. Si j'avais un jour besoin de quelqu'un de confiance, je me tournerais vers Angela, je le savais, et je savais qu'en cet instant j'avais besoin d'elle.

- Ang'. Prononçais-je entre deux sanglots. Je suis vraiment désolée pour mon comportement de ces derniers mois...

Elle serra un peu mes paumes dans les siennes, signe que j'étais pardonnée. un sourire effleura mes lèvres quand je regardais mon amie si fidèle.

- Ne t'en fais pas, le principal est que tu ailles mieux Bella, et tu peux compter sur moi. Dit Angela sincèrement.

Je m'étais coupée de tout le monde, et pourtant, j'étais sure qu'elle était la seule amie sincère que je verrais ici. Je lui en fus extrêmement reconnaissante. Elle n'avait pas besoin de parler pour comprendre, elle lisait dans mes yeux la douleur, le doute et la peur de souffrir encore. C'est alors qu'elle me demanda ce qui m'arrivait. Je baissais la tète et inspirais profondément.

- Les Cullen sont ici, et trois d'entre eux sont déjà venus me rendre visite.

Les larmes revenaient m'attaquer sournoisement, elle me demanda si je tenais le coup, elle me connaissait si bien malgré le peu de moments échangés. Angela ne me forçait jamais à parler parce que, contrairement à des filles comme Jessica, elle n'était pas une commère. Tout ce qu'elle faisait était fait dans son âme et conscience pour m'aider.

- Je ne veux pas t'affoler Ang', mais c'est très dur. Je leur ai pardonné sur un moment où j'avais besoin d'eux, mais je sais qu'ils sont prêts à repartir à cause de moi et les perdre une deuxième fois, je ne pourrais pas le supporter je pense et ça me fait peur. J'ai préféré chasser Alice, je me sens coupable mais tout est arrivé si vite depuis mon réveil que j'en ai le tournis. Expliquais-je avec beaucoup de mal.

Etrangement, me confier m'avait retiré un poids énorme. Je me sentais libre de mes mouvements à présent. La situation n'exigeant pas de réponse de la part d'Angela, elle m'étreignit légèrement puis se tourna vers mon lit où était étalées une vingtaine de tenues, toutes plus décolletées les unes que les autres.

- Tu veux un coup de main pour ranger tout ça? Proposa-t-elle avec un signe de tête vers le lit.

Angela était parfaite, ne me demandant rien de plus que ce que j'acceptais de lui raconter. Elle qui s'était accroupis face à moi se releva rapidement, me tendant une main pour m'aider à me lever de se fauteuil. Je me passais une main sur le visage pour essuyer mes larmes et attrapait la sienne, et me relevais, lui offrant un léger sourire de remerciement. Elle hocha la tête, signe que je ne lui devais rien. Puis nous allâmes près du lit.

- Waouh, c'est Alice qui t'as apporté tout ça? S'étonna Angela.

Je hochais la tête à mon tour, puis attrapais u sac, que je posais sur le lit pour commencer à mettre les vêtements dedans. Angela fit comme moi, et nous commençâmes à ranger rapidement. Nous finîmes assez vite, déposant les sacs dans la penderie qu'offrait ma chambre, puis nous nous assîmes sur mon lit.

- Eh ba dis donc, tu es rhabillée pour le siècle prochain! Plaisanta Angela.
- Je ne sais pas si je vais les mettre.
- Oh, mais pourquoi Bella? Ces tenues sont géniales. S'étonna-t-elle.
- Oui, tu as raison. Mais ce ne sont pas forcément mes goûts, et ça ne me sert à rien d'y pensé temps que je suis ici. Répondis-je.
- D'ailleurs, quand pourras-tu sortir et revenir au lycée? Tu me manque là-bas tu sais?
- Merci, c'est gentil. Je vais essayer de sortir aujourd'hui, cet endroit est insupportable, et aussi étonnant que ça puisse paraître, Forks me manque. Je soupirais. Pour sortir, il va falloir que je demande l'accord de Carlisle.

Cette idée me stressais légèrement, mais c'était un passage obligatoire si je voulais pouvoir partir. Je n'avais pas peur de Carlisle, ni d'aucun Cullen (excepté Rosalie peut-être), mais je ne voulais pas le voir seule.

- Ang' tu accepterais de l'attendre avec moi? Demandais-je.
- Bien sûre Bella. Répondit-elle souriante.

Pour passer le temps, nous parlâmes. Angela me racontait les dernières tentatives désespérées de Jessica pour approcher Mike. Et nous rîmes en imaginant Jessica à moitié nue, attendant à l'arrière de la voiture de Mike, alors que celui-ci emmenais une nouvelle conquête du nom de Lory.

Le temps passa rapidement, et je me surpris à appréhender la réaction des autres Cullen face à mon départ. J'avais peur de ce qui se passerait par la suite... Que feraient-ils? Et lui quand il apprendrait mon séjour à l'hôpital... Et surtout, arriverais-je à reprendre le cours normal de ma vie?

Merci pour vos reviews, désoléen je n'ai pas pu poster ce chapitre plus tôt pourtant il était prêt =$. Je ne sais pas quand le prochain sera disponible, la période d'exams se rapproche très vite et je risque de ne plus avoir beaucoup de temps pour quoi que ce soit et même ma fic. Enfin je remerci toutes celles qui me lisent régulièrement et qui n'oublie pas les reviews =D. Donnez moi vos avis s'il vous plait, ça prend pas longtemps et ça me fait toujours plaisir.