Chapitre 12: Le lycée.
Pour la première fois depuis que j'avais emménagé avec mon père, il dû me réveiller. J'étais encore tout habillée et il rit en me regardant émerger lentement. Il était déjà tard, et si je ne voulais pas me faire remarquer en arrivant en retard en classe.
Je me précipitais à la salle de bain, me douchais rapidement et fonçais dans ma chambre pour m'habiller. Mon éternelle chemise assortie à un jean me rassura. Je dévalais les escaliers, attrapais une barre de céréales et buvais un peu de lait au goulot. Je sortis, fermais la porte et montais dans ma vieille Chevrolet si séduisante.
J'allais rapidement au lycée, je devais passer à l'accueil pour signaler mon retour -surement très attendu. Il ne me restait qu'une dizaine de minutes et je devais filer en espagnole. La secrétaire eut du mal à me laisser partir, et je dû courir pour arriver à temps en classe. Je fonçais m'installer à une table et soufflait un grand coup.
L'heure passa vite, la littérature fut un peut plus difficile. Entendre parler de Roméo et Juliette me faisait terriblement mal. Ca ravivait trop de souvenirs, et mon cœur menaçait dangereusement de céder. Je préférais donc repenser à d'autres choses, délaissant complètement le cours. J'essayais de réfléchir à ce que je pourrais faire à manger à Charlie ce soir, mais mes pensées dérivèrent vers les sacs que j'avais déposés au bas de mon placard.
La sonnerie libératrice retentit, elle me permit de m'enfuir de ces 2 heures insoutenables. Je devais rejoindre Angela, elle était heureuse que je sois de retour, mais elle n'était pas seule. Mike était plus collant que jamais. Il était venu me chercher à la sortie de mon cours et me parlais de la fête de la veille en allant vers la cafétéria. Je ne l'écoutais pas vraiment, je me fichais de cette petite bringue. Nous rejoignîmes donc Angela qui sautait presque de joie de me voir.
Arrivé prêt d'elle, je me rendis compte qu'elle me cachait quelque chose. Elle était enjouée, mais ne me regardais pas et se torturait mutuellement les mains.
- Quelque chose ne va pas Ang'? M'inquiétais-je.
- Oh, non non, qu'es-ce qu'il te fait dire ça? Rien du tout...
Je crus l'entendre continuer "pour l'instant", mais la manière dont elle parlait n'était pas la sienne habituellement. Elle, d'ordinaire si calme avait dit cela à toute vitesse. Je ne comprenais pas. Je pensais alors qu'un cours -ou que sais-je- la stressait particulièrement.
Des élèves passèrent à côtés de nous, me dévisagèrent bizarrement, ce qui était arrivé constamment depuis le début de la journée. Ca me fatiguais, je poussais un long soupir et avançais vers les portes de la cafet'.
Mes deux amis me collaient au train, l'air paniqué, mais tentant de se contrôler. Je les ignorais, ne comprenant rien et me plaçais dans la queue pour me servir. Je n'avais pas faim et je ne pris qu'une pomme et une bouteille de limonade. Je les réglais et attendais que mes amis finissent. Ils paraissaient inquiets de mon manque d'appétit et me questionnèrent. Ce n'était rien, nous avançâmes donc vers notre table, je regardais où je m'étais les pieds et Angela et Mike formaient une sorte de barrière devant moi. Je ne les comprenais pas, et je ne cherchais pas plus que ça.
Nous nous installâmes en silence, des élèves me dirent bonjour, je leur répondais d'un petit signe de la main et contemplais ma pomme. Ce n'est que lorsque Jessica m'interpella -fait devenu rare depuis plusieurs mois-, que je sortis de cette admiration silencieuse.
- Bella, je suis désolée pour ce qui t'arrive.
Son ton sonnait plus que faux et son sourire en coin voulait tout dire, elle se moquait de moi. Pourquoi? Je ne savais pas. Mais son regard se porta sur la salle. Je parcourrais donc la salle des yeux de l'entrée au fond de la salle, je n'apercevais rien de bizarre. C'était étrange.
Le plus étrange fut quand Angela et Mike remirent Jessica à sa place en lui rappelant "l'incident" de la voiture. Ca ne leur ressemblait pas. Un groupe d'élèves passa alors près de nous et j'entendis un nom qui me piqua au vif, mes yeux se portèrent d'eux-mêmes sur leur table.
Je me levais d'un bond, laissant la chaise aller claquer par terre. Je n'en revenais pas! Ils étaient là, tous! Tout le monde me regardais, mon cœur se déchirait à nouveau dans une douleur atroce. Les larmes affluaient. Je me précipitais hors de la cantine en courant vers les toilettes. Je fus prise de convulsions, et je vomis tout ce que j'avais avalé depuis le matin. Je sortis et me rinçais la bouche au lavabo, tandis que mes pleurs s'écoulaient sur mes joues.
Je devais fuir, et vite, je ne pouvais pas les revoir. Je sortais aussi vite que possible et me remis à courir pour rejoindre ma Chevrolet. Il était devant la sortie, je mis mes bras en protection devant mon visage et courais de toutes mes forces rejoindre ma voiture.
Une fois bouclée à l'intérieur, mes larmes redoublèrent. Comment osaient-ils? N'avait-il donc aucune parole?! Je devais m'en aller, l'oublier, oublier son visage. Je sortis de mon stationnement et roulais, bien plus vite que d'habitude, vers la 4 voies.
Je ne savais pas où aller, le seul endroit possible était la maison. Je rentrais et allais m'enfermer dans ma chambre. Je bloquais la fenêtre et tirais les rideaux. Je n'avais plus de force. Je m'appuyais contre la porte et me laissais tomber.
Pourquoi me faisait-il ça? Il avait pourtant promis! J'avais déjà assez de mal sans ça, sans lui! Je repensais à l'air ravi de Carlisle, était-il revenu lui aussi? Voulait-il me voir encore souffrir?
J'avais besoin de soutien, mais je ne savais pas vers qui me tourner. Voir Jacob dans un moment pareil serait une erreur, il s'imaginerait des choses, et je n'avais pas besoin de ça. Angela était au lycée et ne pouvait pas être mise au courant de certains faits. Charlie était la seule personne qui pouvait m'aider, il ne me demanderait pas de détails et sa présence serait suffisante, aussi maladroit soit-il. Il était mon père, je l'aimais, et en cet instant il fallait que je le vois.
Je descendis pour l'appeler. Le temps que je franchisse les dernières marches, le téléphone sonnât. J'hésitais à reprendre, je ne savais pas qui cela pouvait être, et je ne voulais pas lui parler ou parler de lui. Finalement, je décrochais. C'était Charlie, il était inquiet.
- Allo? Bella, tu es à la maison?
- Oui, je suis là, ne t'en fais pas. Répondis-je.
- Qu'es-ce qui se passe? Le lycée a appelé pour dire que tu étais partie précipitamment.
- Ils sont revenus... Pleurnichais-je.
Il y eut un long silence, Charlie devait être en train de deviner de qui je parlais, ce qui n'était pas compliqué à comprendre vu les sanglots qui m'échappaient.
- Ne bouge pas, j'arrive tout de suite. Lança-t-il avant de raccrocher.
Dans moins de 15 minutes, il serait rentré. Je savais que Charlie était prêt à enfreindre certaines lois dans un moment pareil, en me rejoignant plus vite que cela n'était autorisé. Je m'affalais par terre, le téléphone pendait contre le mur, je ne tenais pas à être dérangée et le seul moyen était de ne pas raccrocher.
Je me laissais aller, et pleurais toutes les larmes de mon corps. Je pensais avoir été déchirée pendant leur absence, mais ça n'était rien comparé à maintenant. Pourquoi étaient-ils revenus? Prenait-il un malin plaisir à me voir souffrir? Peut-être voulait-il s'amuser...
Mon père arriva sans que je l'entende, j'étais toujours dans la même position, prostrée, repliée sur moi-même. Le visage de Charlie déjà anxieux se décomposa en me voyant. Il s'empressa de s'asseoir près de moi, prit ma tête, la calant sous son menton, me serra dans ses bras et nous fit nous balancer doucement d'avant en arrière. Ces gestes étaient dénués d'hésitation, Charlie avait compris que j'avais besoin de lui, et aucun doute ne l'avait ralenti. Cette pensée me mis un peu de baume au cœur, mais c'était insuffisant, la douleur ne s'atténuait pas.
- Chut Bella, ils ne t'approcheront pas. Je ne le laisserais pas faire. Ce morveux mérite une bonne correction. Cracha-t-il.
- S'il te plait? Sanglotais-je. Je ne veux pas y repenser. Je ne peux pas...
J'étais étouffée par les larmes, j'avais du mal à respirer et mon cœur avait du mal à avoir un rythme normal. Mais mon père comprit et resserra son étreinte, il permettait à mon cœur de ne pas se morceler.
Peu à peu, la douleur fit place à la colère qui s'intensifia en une haine profonde de ce monstre. Il était inhumain et me l'avait prouvé par bien des manières. Tout était planifié de longue date, il m'avait dit que j'oublierais, c'est pour cela qu'il était revenu. Ces paroles n'avaient été que du vent -sa promesse déjà bafouée-, avait-il seulement pensé une seule de ses belles paroles? Cette question me fit mal, c'était comme une lacération dans mon cœur déjà à vif.
Je ne voyais donc plus aucun intérêt à respecter ma promesse échangée avec lui. Cette pensée me soulagea, j'étais libre de faire ce qui me chantait, et personne, surtout pas lui, ne pourrait m'en empêcher. Je commençais à me calmer.
Charlie le remarqua et se détacha un peu de moi. Il sondait mon visage, attendant un nouveau déluge. Mais rien ne viendrait, c'était hors de question. Je savais ce que j'allais faire, et je voulais ma revanche. Je n'avais pas envie d'être fair-play, et je ne le serrais pas. J'étais décidée, je réfléchissais déjà aux moyens à employer.
- Tu as faim? Je peux te préparer quelque chose si tu n'as pas mangé... Proposa Charlie.
- Où est la caméra cachée? Demandais-je faussement taquine. Ne t'inquiète pas, je vais mieux. Retourne donc au poste, tu dois avoir du travail. Je suis vraiment désolée pour tout ça...
- Ne t'en fais pas va. Je rentre dès que possible. S'il y a quoi que ce soit tu m'appelle, j'arriverais illico, arme au poing. Ajouta-t-il.
Je ne m'y trompais pas, ce "quoi que ce soit" était pour lui, il n'avait pas intérêt à montrer le bout de son nez par ici. Mais ma tentative blagueuse pour le rassurer avait fait son effet, bien que le doute soit toujours visible dans ses prunelles. Charlie savait que j'avais besoin d'être seule à présent -caractéristique génétique, que voulez-vous?- et il s'en alla, m'embrassant sur le front avant de se relever.
Une fois la voiture partie, je montais à l'étage, réfléchissant à une tactique. Je voulais le rendre fou, puis le rejeter comme il l'avait fait avec moi. Je devais devenir époustouflante, ce qui allait demander du travail. Cependant les vêtements d'Alice ne seraient surement pas de trop. Me souvenant des après-midis passées à jouer la poupée Barbie, je me rappelais qu'un assortiment de produits de beauté en tout genre était resté dans la salle de bain.
J'allais les chercher, et trouvais plusieurs choses utiles: un masque rendant les cheveux brillants et souples, des crèmes pour le visage et des huiles pour le corps. Les vêtements avaient, eux aussi, une place importante dans mon plan. Je n'avais jamais été intéressée pas tout ça, mais je savais parfaitement comment assortir le tout harmonieusement, et les 4 sacs regorgeaient d'éléments intéressants. Il y avait même plusieurs paires de chaussures dans l'un d'entre eux.
Je décidais de m'accorder une pause avec une douche bien chaude, pendant laquelle j'utilisais les huiles, puis j'appliquais le masque sur mes cheveux. Entortillée dans ma serviette, je me plaçais devant le miroir et effectuais sérieusement mon gommage. Une fois le tout rincé, j'étais très satisfaite. Je m'étais toujours considérée comme banale, mais la, j'étais belle -ce mot me fit même me sourire à mon propre reflet-, je n'y étais pas habituée.
J'avais passé plus d'une heure à faire tout cela, et même si j'étais contente, il fallait que je fasse à manger. Voulant faire plaisir à Charlie, je décidais de faire des lasagnes. Il me faudrait un certain temps. Je m'activais, je voulais que ce soit parfait.
Je n'entendis pas Charlie arriver. Mais il fit du bruit en rentrant, alors que j'enfournais les lasagnes. Le fumet l'attira, je ne le voyais pas, je rangeais et rangeais tout ce que j'avais utilisé. Charlie resta sur le pas de la porte. Ce n'est que quand je me retournais qu'il parla.
- Waouh chérie, tu as fais quelque chose à ton visage et tes cheveux?
Je hochais la tête avec un petit sourire. J'étais heureuse de mon petit effet sur mon père. Mes changements avaient été remarqués et Charlie les appréciaient. C'était la le but escompté et j'étais ravie de l'avoir atteint.
- Je t'appel quand c'est prêt. Dis-je à Charlie.
Il ne se fit pas prier et se dirigea sans attendre vers son canapé et son écran plat. Il ne lui en fallait pas plus être heureux, il était prêt, j'avais mis le couvert, et j'étais en train de sortir les lasagnes quand Charlie s'attabla, ayant détecté le fumet appétissant qui s'échappait du plat. Nous mangeâmes en silence, comme à notre habitude. Puis je montais, fatiguée.
Je devais encore choisir mes vêtements. J'allumais l'ordinateur, attendant de pouvoir répondre au mail de Renée qui me demandait comment j'allais, je sortis les sacs d'Alice et me mettais à la recherche d'un ensemble convenable. Je sortis un jean slim blanc et un tee-shirt manches 3 quarts bleu nuit, juste assez décolleté pour laisser apparaitre le galbe de ma poitrine. J'étais fière d'avoir un corps avantageux, bien que ça ne m'ai jamais parut essentiel auparavant. Il me fallait aussi une veste, ce que je retrouvais facilement parmi les affaires achetés des mois plus tôt lors d'une séance de torture, une veste longue et grise que je pouvais fermer à l'aide d'une ceinture mettant ma taille en valeur. Parmi les chaussures, il y avait des ballerines noires qui s'alliaient très bien avec le tout.
Mes affaires étaient prêtes, il ne me restait plus qu'à rassurer ma mère sur mon état de santé. Ce que je fis en quelques minutes. Puis j'allais me coucher, cédant peu à peu à la fatigue. Je réglais mon réveil, pour avoir les temps de me préparer avant le lycée, et je m'endormis en réfléchissant aux différents types de coiffure et de maquillage qui pourraient me mettre en valeur.
Mon réveil sonna, et je me levais rapidement, totalement alerte et reposée. J'attrapais mes affaires et allais à la salle de bain. Charlie était en bas, se préparant son petit-déjeuner. Une fois habillée, je me concentrais sur la coiffure -mon choix s'était arrêté sur un chignon lâche avec des mèches dégringolant en boucles sur mes épaules. Puis vint le maquillage, un peu de mascara et d'eye-liner pour souligner mon regard et le tour serait joué.
Une fois prête, je m'observais dans le miroir, mon plan n'était pas infaillible, ce désir de vengeance n'était pas sain, mais tout pouvait aussi se dérouler comme je le souhaitais. J'allais rapidement ranger ma chambre et remettre ma couette en place. Puis, alors que Charlie était déjà parti, j'allais déjeuner. Un bon jus de fruit et des toasts me changèrent, et me firent du bien. J'étais fin prête, et l'heure du verdict était arrivée. Je montais en voiture et pris la direction du lycée
Cependant, sur le route, le doute s'empara de moi... Et si je m'étais trompée? Etais-je réellement belle? Comment pouvais-je être sûre que j'avais atteint mon but? Je pensais aussi à l'après, comment réagirais-je une fois cette histoire terminée? Il fallait que j'occulte tout cela, que j'ai l'air radieuse, c'était essentiel! Je ne pouvais pas lui permettre d'avoir toujours autant d'emprise sur moi, après tout ce que j'avais enduré à cause de lui.
Je me garais, appliquant un sourire joyeux sur mon visage et m'efforçant de ne pas les regarder. Je me dirigeais droit vers Mike et Angela, sentant leurs regards me détailler. Je leur fis la bise, ce qui scotcha Mike sur place. Mon sourire s'en renforçât, je ne m'étais pas trompée, et cette journée serait décisive.
- Waouh! Firent-ils en cœur.
- Tu es magnifique! Reprit Angela.
Mike ne réagissait toujours pas. Je ne sais pas pourquoi, je me sentis mal à l'aise au compliment d'Angela, je la remerciais d'un signe de tête, mais être au centre de l'attention ne m'avait jamais intéressée, et j'étais en train de m'y propulser. Je paniquais légèrement, mais il fallait que je me contrôle, sinon Jasper et Alice ne tarderaient pas à me démasquer.
Je me dirigeais vers mon premier cours. Littérature. Les Cullen me fixaient toujours, mais je les ignorais royalement, Mike ne se fit pas prier pour m'accompagner. Les gens me dévisageaient, mais je tentais de ne pas y faire attention, ce qui ne s'avéra pas compliqué après plusieurs mois d'entraînement. Dans la salle de classe, je constatais que j'occupais la plupart des bavardages, mais je préférais aller m'asseoir près de Ben qui m'accueillit gentiment et me soutint par quelques propos encourageants.
- Ne t'en fais pas Bella, ils ne disent que du bien de toi. Un grand nombre d'élèves te soutient. Me souffla-t-il discrètement.
Je sursautais, c'était gentil de sa part, mais savoir que les gens jugeaient une situation dont tout leur échappait ne me rassurais pas. Je lui souris tout de même gentiment. Et après les regards de Lauren, soit elle désirait me tuer, soit elle rageait de jalousie. La connaissant, c'était peut être les deux à la fois, cette idée me fit sourire, amusée.
Tout se déroula sans encombre, mais je n'avais pas prévue, n'ayant pas assisté à mes cours de l'après-midi précédent, qu'au cours d'anglais suivant, Alice serait présente. Je tressaillis sur ma chaise en la voyant entrer et se diriger vers la table jouxtant la mienne, un sourire malicieux aux lèvres.
Je ne savais pas quoi faire, je l'avais déjà pardonnée à l'hôpital, d'être partie, et je portais les vêtements qu'elle m'avait offerts, mais elle m'avait tout de même trahie, elle avait trahie notre amitié en ne me donnant pas de nouvelle et ça, je ne le lui avais pas pardonné.
- Bella, tu es ravissante. Dit-elle en s'asseyant.
C'est donc pas un simple signe de tête et un air renfrogné que je lui répondais. Elle m'observait, mais je restais concentrée sur les gribouillages qui occupaient la couverture de mon cahier.
- Je ne comprends pas, je pensais que tu ne m'en voulais pas, et tu joue la reine des glaces. Emmett est comme moi, il est blessé, il pensait avoir retrouvé sa petite sœur et voila ce qu'il retrouve 3 jours plus tard. Et ne parlons pas de Ed....
- Oh, arrête ton cher si tu veux bien! Tu es comme lui, tu m'as trahie! Tu croyais quoi? Qu'il vous suffisez de revenir pour que je te saute dans les bras? Et ton frère m'a bien fait comprendre que je n'étais qu'un jouet entre vos mains. Et si Emmett veut me parler, il a mon numéro. Ripostais-je.
Sur ce, la conversation prit fin avec l'entrée de la prof. La haine avait fait surface pendant cette altercation, mais je m'en voulais de m'être emportée contre Alice, elle avait ses tords, mais c'était contre lui que j'e avais. Il avait détruit ma vie, mon monde et tous mes espoirs. Cependant, ce que j'avais dit était vrai, je ne pouvais pas faire comme si de rien était...
L'heure passa ainsi, moi ressassant mes pensées sombres, et ma voisine m'observant par de petits coups peu discrets. Une fois que la cloche eut sonnée, je ramassais mes affaires et rejoignais la cantine quand Alice me saisit par le bras et m'entraina dans un coin où personne ne nous observerait.
- Ecoute et ne m'interrompt pas. Je ne remets pas en question ce que tu as traversé, et je sais que c'est à cause de nous. Mais nous aussi nous avons tous soufferts de ton absence. Si nous sommes partis, c'était pour te protéger, et notre famille en a été déchirée. Alors s'il te plait réfléchis aux options qui s'offrent à toi: tu peux continuer ton petit manège, ou tu peux t'expliquer avec chacun de nous. Discourra-t-elle. Le choix te revient, mais une solution ne te permettra pas d'avancer, tandis que l'autre nous aiderait tous...
J'en restais figée, les larmes aux yeux. Mon plan était diabolique et ça ne me ressemblait pas... Alice prit ma réaction (ou mon manque de réaction) pour un assentiment, un sourire joyeux étira ses lèvres, et elle m'entraîna vers la cantine. Une fois les portes de celle-ci passées, je réalisais où et auprès de qui elle m'emmenait. Je me stoppais net, et dégageais mon bras, je ne pouvais pas, pas maintenant.
Alice m'interrogea du regard en se rapprochant de moi. Je la regardais suppliante et désolée. Mon cœur était comme écrasé, ligoté dans une camisole trop étroite.
- Navrée, je ne peux pas... Dis-je dans un souffle.
Je me retournais alors et titubais vers la sortie d'un pas encore plus mal assuré que d'ordinaire. J'étais sonnée par tous les sentiments qui m'assaillaient. J'avais besoin de respirer. Une légère brume recouvrait le parking, et le contact des gouttelettes en suspension me fit du bien, m'aéra les idées. J'étais plus calme, mon cœur retrouvait peu à peu un rythme normal.
C'est à ce moment, qu'une main d'une froideur inhabituelle se posa sur mon épaule, je sursautais, me retournais d'un bond et tentais de m'écarter en reculant précipitamment...
Alors vous en pensez quoi? N'oubliez pas les reviews s'il vous plait.
Bisous
