Chapitre 16 : Aveux.
Les jours passaient, le rendez-vous tant redouté et attendu était tout proche. Jacob ne lâchais plus, il passait me chercher le matin pour m'emmener en cours, puis il venait me rechercher lorsque j'avais fini. Mike m'avait enfin laissée en paix. Jake avait dû le décourager, ce qui ne me dérangeait absolument pas.
Après mes cours, ce mardi là, Jake me conduisit directement à l'hôpital. Je lui avais dit que ça n'était pas la peine de m'accompagner, mais c'est ma main dans la sienne que j'allais voir Carlisle. Nous n'attendîmes pas longtemps, mais Carlisle et Jake se tendirent en se voyant. C'est sous pression que je rejoignais le cabinet de Carlisle. Une fois la porte refermée, le médecin prit la parole :
Alice aurait aimé venir, mais Edward soupçonne quelque chose, elle a donc préféré ne pas courir le risque.
D'accord, dis-je simplement. Je comprends, et je ne peux pas lui en vouloir. Excusez-moi pour tout cela, je n'ai jamais souhaité tout cette histoire. Seulement maintenant c'est ainsi, et même si mes choix semblent invraisemblables, je ne veux pas que ça se passe autrement.
Je ne te juge pas Bella. Je ne me le permettrais pas. Veux-tu que nous passions aux informations à présent ? S'enquit Carlisle.
Naturellement. Répondis-je poliment avec un petit sourire.
Ma tension nerveuse s'était accrue, mon pouls avait accéléré. Ils l'entendaient et je le savais, mais Jacob pressa légèrement ma main pour me signifier son soutien et Carlisle me sourit gentiment.
J'ai fais un grand nombre de recherches depuis notre dernière rencontre, et au vue de ce que j'ai pu constater pendant l'échographie, tu ne serais pas en danger. Je suis quand même restreint à des suppositions. Ton cas est rare, presque unique. Mais le fait que la membrane qui entoure le fœtus n'est pas de la même constitution que celles relatées dans les légendes, me laisse à penser que cette grossesse ne devrait pas être risquée. Déclara-t-il.
Je vous remercie Carlisle, je ne sais pas ce que je ferais sans vous. Dis-je soulagée.
Bella, je voudrais quand même suivre ton évolution si ça ne te dérange pas.
Désolée, mais cela sera impossible. Répondis-je.
Pourquoi cela ? S'étonna-t-il.
Parce que nous partons, Bella est en danger ici. Intervint Jacob.
Je peux vous assurer le contraire. Affirma Carlisle.
Je devais intervenir, Carlisle me dévisageait, attendant un éclaircissement, et je le lui devais bien. Je tirais la main de Jacob pour lui intimer le silence. Il me dévisagea.
Victoria me poursuit. Expliquais-je. Je refuse de mettre Charlie en danger plus longtemps. Le risque qu'elle me rattrape est moins important dans une ville ensoleillée. J'ai donc décidé de retourner à Phoenix, et Jacob vient avec moi là-bas. Je ne sais pas si je reviendrais. Je ne pense pas en tout cas…
Nous pourrions aussi te protéger Bella….
C'est très généreux de votre part, vous en avez déjà fait beaucoup pour moi, et c'est ce pour quoi je ne peux pas accepter. De plus, je ne veux pas qu'Edward me prenne en pitié et se sente responsable de quoi que ce soit. Répondis-je.
Vous devriez discuter, vous avez des choses à vous dire et pas seulement à propos de l'enfant…
Navrée, mais c'est impossible. Je ne peux pas. Je vous promets qu'à partir de dimanche vous n'entendrez plus parler de moi, du moins, vous ne me verrez plus.
Que comptes-tu faire ? Demanda simplement Carlisle.
Je préfère ne pas vous en parler. Vous êtes déjà dans une situation délicate à cause de moi, et moins vous en saurez, moins vous aurez à cacher vos pensées. Je ne souhaite pas vous impliquer plus encore dans cette histoire. Peut-être reviendrais-je, je ne suis certaine de rien…
Jacob frottait délicatement mon bras. J'étouffais quelques sanglots, saluais et remerciais Carlisle une dernière fois, puis nous sortîmes. Une fois installés dans la voiture, Jacob se tourna vers moi.
Je vais appeler Charlie, tes examens se finissent demain et ensuite tu resteras à la maison. Après la remise de ton diplôme, nous partirons. Maintenant, il faut que tu préviennes Renée.
D'accord, tu as raison, et je dois l'annoncer à Charlie. Poursuivis-je.
Tu vas lui dire pour le bébé ? S'étonna-t-il.
A moins que tu veuilles mourir, je ne lui dirais rien. Plaisantais-je.
En l'apprenant, Charlie penserait surement à Jacob, vu le temps que nous passions ensemble depuis quelques jours. Jake me raccompagna chez moi. Je me précipitais vers le téléphone, demandant à Jacob de surveiller que Charlie ne rentre pas.
Après 3 tonalités, ma mère décrocha. Je ne savais pas comment le lui avouer, je commençais donc par un sujet banal : la carrière de Phil. Il n'en fallut pas plus à Renée pour partir dans différentes explications pendant plusieurs minutes. Alors que je me perdais dans son monologue, Renée s'arrêta :
Et toi ma chérie ? Comment se passe la vie à Froks ?
Bien, mais je me demandais si je pouvais revenir à Phoenix pour les vacances ?
Bella, je ne pourrais pas y être, Phil n'a pas finit son entrainement. Dit-elle gênée.
Ce n'est pas grave, je peux venir avec un ami si tu as peur de me laisser seule.
J'étais ridicule, je n'arrivais pas à exprimer ce pour quoi je lui avais téléphoné. Jake me fixais l'air réprobateur.
Je ne sais pas… Qui est cet ami en question?
Jacob Black. Tu sais ? Le fils du meilleur ami de Charlie. Il s'avère être mon meilleur ami. Expliquais-je rapidement.
Demande à Charlie. Je ne vois pas d'inconvénient à ça, mais ton père a son mot à dire lui aussi, et il mieux placé que moi pour juger la situation. Désolée ma chérie, je dois te laisser, Phil m'attend. Je t'aime.
Elle raccrocha avant que je puisse lui répondre. Dans quoi m'étais-je encore fourrée ? J'allais devoir, une fois plus, mentir. Charlie rentra peu de temps après.
Bella, tu es là ?
Dans la cuisine ! Nous avons un invité.
Charlie nous rejoignit, il ne parut pas surpris de voir Jacob, et ça ne m'étonnais pas non plus. Charlie décida que les Black mangeraient avec nous ce soir. Il alla donc chercher Billy à la réserve.
A peine fut-il sorti que Jacob appela son père pour lui expliquer notre projet de départ. Billy nous soutenait, et il n'était pas de trop. Pendant ce temps, je m'affairais en cuisine, préparant le dîner. J'étais à court d'idée, et j'avais pas mal de temps devant moi. Les émotions de Charlie passeraient mieux avec un bon repas, je fis donc réchauffer ce qu'il restait du bœuf Stroganov de grand-mère Swan. Mon père serait conquit, et quelques patates grillées au four renforceraient cet effet.
Alors que j'enfournais le tout, nos pères rentrèrent. L'odeur incita Charlie à nous rejoindre. En attendant que tout soit près, Charlie et Billy allèrent regarder un match à la télé, Jacob m'aida à mettre le couvert. Aussitôt avais-je sortis le plat du four, les 3 hommes étaient déjà attablés. Cette scène me fit penser à Blanche-Neige et les sept nains, lorsqu'elle leur prépare à manger, et je ne pus retenir un sourire. Ils n'auraient cependant pas appréciés que je les compare à des nains…
Je les regardais apprécier mon repas. Ils n'en laissèrent pas une miette dans leurs assiettes et se resservirent même. J'avais plaisir à les observer, et me suffit. Je n'avais pas très faim, la discussion à venir me nouait de l'intérieur. Ce n'est que lorsqu'ils eurent tous fini et que je me levais pour débarrasser que Jake engagea la conversation :
Charlie, es-ce que ça pose un problème si Bella et moi partons à Phoenix après la remise des diplômes ? J'ai envie de visiter cette ville et Bella m'a proposé d'être mon guide.
Euh, je ne sais pas, il faut voir avec Renée, c'est chez elle après tout. Répondit mon père décontenancé.
En fait, maman le sait déjà, elle n'y voit aucun problème mais voulait ton accord car elle ne serait pas là pour nous accueillir. Dis-je en rougissant.
Je me détournais de lui, prétextant de mettre la vaisselle dans l'évier, pour qu'il ne détecte pas le mensonge –même si ça n'était que par omission. Charlie n'osait pas refuser et pour se donner bonne figure, il demanda à Billy son avis. Ce dernier ne s'y opposa pas, prétendant que le changement d'air ferait du bien à Jacob. Je m'activais à tout ranger pour cacher le manque de surprise, je savais dors et déjà que Billy accepterait, il saurait pourquoi Jake devait m'accompagner.
Charlie n'était pas heureux de me savoir seule avec Jacob, à Phoenix et sans personne pour nous surveiller. Il accepta tout de même et appela Renée pour organiser mon départ. Ils se mirent d'accord pour payer les billets et me les donner comme cadeau pour fêter mon diplôme… Nous consultâmes les horaires, et Jake et moi devions partir dans la nuit de samedi.
Le jour du diplôme arriva, et pour ne pas attirer trop l'attention, je pris du temps à me préparer. Une robe marron clair, des ballerines noires et mon collier étaient parfaits. Ni trop voyants, ni trop ordinaires.
Jake et Billy passèrent nous chercher. Tout ce qu'emportait Jacob tenait dans un sac de voyage. Je ne m'en étonnais pas, il avait déjà du mal à supporter des vêtements dans la petite bourgade pluvieuse de Forks, alors à Phoenix, le minimum serait suffisant.
Le gymnase du lycée était plein à craquer. Je venais d'entrer quand Jessica m'attrapa le bras et me tira vers elle. Billy, Charlie et Jacob allèrent se chercher des places, tandis que je me dirigeais vers celle qui m'était attribuée, collée de près par Jessica. Elle ne cessait de s'émerveiller devant le temps qui était passé depuis notre arrivée, comme si elle avait oubliée tout le temps pendant lequel j'avais eu droit à des regards en biais…
La tête me tourna un peu en arrivant à ma chaise, et je m'assis lourdement. Je n'avais pas eu le temps de déjeuner, et ça me jouais un tour. Jessica sembla s'inquiéter pour sa robe.
Bella ça va ? Tu es toute verte !
Oui, ça va aller, je n'ai rien avalé ce matin, ça va passer. Dis-je doucement.
Relevant la tête, je vis Edward, son regard me transperçât, il traduisait de la peur et de la tendresse. Je n'aurais pas pu me défaire de ce contact visuel si Alice n'était pas intervenue. Elle fit pivoter Edward et me lança un petit sourire. Je le lui rendis.
Jessica sortit un sucre de son sac et me le tendit. Je la remerciais et l'avalait. Je devais quand même tenir compte du fait que nous étions 2 à partager mon corps et ma nourriture. Je me devais de prendre soin de nous désormais.
La cérémonie se déroula rapidement, ce qui n'était pas pour me déplaire. Le proviseur nous invita à aller apprécier les amuses-bouche, exceptionnellement offerts. Jacob m'avait devancée, il avait une assiette pleine et me rejoignais, tout sourire. Dès qu'il m'eut rejoins, j'attrapais deux petits apéritifs et les engloutissais.
Tout à coup, Jake se figea et regarda quelque chose dans mon dos, l'air mauvais. Que se passait-il ? Je me retournais vivement, un peu trop peut-être. La tête me tourna, j'eus à peine le temps de mettre mes mains sur ma bouche et de courir aux toilettes, Jacob me suivit. J'avais la nausée. Je me rinçais la bouche et ouvris la porte. Je me sentais vaseuse.
Jake s'avança et posa sa main sur mon ventre en un geste tendre. Son regard était préoccupé. Je le rassurais d'un léger sourire. Un gémissement de douleur étouffé me transperça le cœur. Je cherchais des yeux la source de ce son. C'était Edward. Son regard était fixé sur la main que Jacob avait posée sur mon ventre. Il croisa mon regard, m'insufflant toute sa douleur et sa peine, puis, il fit volte-face. J'allais essayer de le rattraper, mais Jacob m'en empêcha.
Tu ne voulais pas qu'il soit au courant, aurais-tu changé d'avis ? Demanda-t-il sur un ton entendu.
La culpabilité et l'envie de lui parler firent céder mes jambes. Jacob me rattrapa avant que je ne heurte le sol violement. Il me soutint pour sortir et me conduisit à la voiture.
Tu veux rentrer ? Nous devons partir dans 2 heures.
Jake attendait que je réagisse, mais sa voix me parvenait comme lointaine et atténuée par des obstacles. Je ne cessais de revoir la souffrance que reflétait le visage d'Edward. Pourquoi faisais-je ça ? Etait-il vraiment aussi blessé que ce qu'il paraissait? Comment pouvais-je en être certaine ? Que pouvais-je faire d'autre ?
Une nouvelle nausée vint, ma gorge était douloureuse, mon estomac était déjà vide. Jacob n'attendit pas plus longtemps, il m'installa dans la voiture et alla chercher Billy et Charlie. Ceux-ci ne se pressèrent pas. Ils continuaient à profiter du buffet, indifférents du reste… La sonnerie de mon portable me sortit de ma torpeur.
Félicitations ma chérie !
C'était ma mère. Je devais le lui dire, c'était le moment où jamais. Je ne réfléchis pas plus. Il fallait que je parle !
Maman je suis enceinte.
Je l'avais coupée dans le récit de sa propre remise de diplôme. Un long silence s'ensuivit, je pouvais presque l'entendre ouvrir et refermer la bouche sans qu'aucun son ne sorte… Sa surprise était aussi grande que la mienne.
Désolée, je sais que je te déçois. Mais je ne peux pas te le cacher. Ajoutais-je.
Depuis quand le sais-tu ? Réussi-t-elle à demander.
Juste une semaine. Répondis-je anxieuse.
Tu as pensé à l'avor….
Non, je ne veux pas. L'interrompis-je fermement.
Ca change tout, je reviens dès que possible. Nous avons à parler Bella. Ton père est-il au courant ?
Non, et je ne le lui dirais pas aujourd'hui. Tranchais-je.
Par la vitre, je vis Jacob et nos pères revenir. Je ne voulais pas avoir à le dire à Charlie, pas maintenant. Il m'aurait empêchée de partir.
Maman je dois te laisser, il ne me reste plus beaucoup de temps avant le vol et je ne suis pas prête.
D'accord, mais je t'attends pas à ce que j'oublis. Nous allons avoir une longue conversation à mon retour sois-en sûre. Je t'aime. Prends soin de toi, enfin de vous…
Elle raccrocha encore rapidement. Ses dernières paroles montraient qu'elle acceptait mon choix, mais c'était trop rapide. J'étais sûre que quelque chose clochait. Ma mère était très compréhensive sauf pour les mariages et les bébés, avant 25 ans, c'était immature et irréfléchis d'après elle. Et je n'avais que 18 ans…
Les autres montèrent en voiture. Charlie et Billy était à l'arrière, ils ne pouvaient donc pas voir mon air ahuri, mais ça n'échappa pas à Jacob qui m'observa sans comprendre. Nous repartîmes chez moi, il ne restait plus qu'une et demi et je devais faire ma valise. Les garçons regardaient surement un match pendant ce temps.
Une fois chez Charlie, je montais rapidement dans ma chambre, je n'avais plus de temps à perdre. Jacob me suivit à mon grand étonnement, mais Charlie et Billy se mirent devant la télé, et j'eus un pincement au cœur, je les connaissais si bien maintenant… Ils allaient me manquer…
Je refoulais mes larmes, m'emparais d'une valise, et commençais à y placer mes sous-vêtements. Jacob s'installa sur mon lit et détailla ce que je mettais dans la valise. Le rouge me monta aux joues en repensant aux ensembles affriolants que j'avais acquéris ces derniers temps. Jake affichait un sourire suffisant et taquin.
Tu n'étais pas obligée d'acheter tout ça pour moi. Lança-t-il narquois.
Oh mais ne t'en fais pas, je n'ai pas pensé à toi en les essayant. Riais-je.
Il prit un air faussement outragé et me fixa. Je riais, continuant de m'activer. Puis je repensais au fait que je n'avais rien dans le ventre et que le trajet était de plusieurs heures.
Jake, tu peux aller me chercher à manger ? Il acquiesça et se leva. Et une boîte de barres de céréales s'il te plait.
Vos désirs sont des ordres madame. Souffla-t-il en sortant.
Je ne l'entendis pas dans les escaliers, quand il revint un sandwich et la boîte dans les mains, j'étais en train d'entasser les jupes, robes et leggins légers dans la valise. Un sourire étira ses lèvres.
Si on m'avait dit que tu devais aller à Phoenix pour que je te voie avec tout ça, je t'y aurais emmenée de force plus tôt. Plaisanta-t-il.
Je ne pus retenir un petit sourire, mais je redevenais vite sérieuse, repensant à son envie d'être plus que des amis. La seule chose qui le retenait à cet instant précis était ma grossesse. Mais mon opinion ne changerait pas, Jacob était comme un frère. Pour le calmer un peu, je l'envoyais dans la salle de bain, récupérer tout ce que j'y avais laissé. Entre les soins, les shampoings et après-shampoings, mon sèche-cheveux, etc…, il en aurait pour un certain temps. J'aurais peut-être eu le temps de boucler ma valise.
En effet, je déposais les derniers t-shirts dans la valise quand Jake revint les bras chargés. Je n'étais pas sûre d'avoir encore assez de place pour tout emporter, et ce ne fus pas le cas. Je cherchais un large sac à main, et un cadeau d'Alice fit parfaitement l'affaire. Il était écru, très grand et profond. J'y rangeais ma trousse de toilette, puis plusieurs livres.
Alors que je vérifiais que je n'avais rien oublié, mon regard tomba sur les billets d'avion que m'avaient offerts Carlisle et Esmée. Je les avais complètement oubliés, ils étaient presque périmés, je devais les offrir à quelqu'un. La seule personne qui me vint à l'esprit était Alice, elle saurait quoi en faire. Je l'appelais, poursuivie par les éclairs que lançaient les yeux de Jacob.
Elle arriva quelques minutes après, rentrant par ma fenêtre. Un feulement sourd fut émis par Jake et Alice se plaqua dos à la fenêtre. Elle se ressaisit et me regarda, me faisant passer un message.
Jacob, tu peux sortir s'il te plait ? Je n'en ai pas pour longtemps.
Il s'exécuta très lentement, lançant des regards noirs à Alice et tendu au possible. Je n'avais pas quittée Alice des yeux, les billets dans la main.
Tu vas ma manquer. Dit-elle en se jetant dans mes bras.
Toi aussi ma belle, c'est pour ça que je voudrais t'offrir ces billets. Je ne m'en suis pas servie et j'ai honte de les avoir oubliés.
Je luis tendais les petits rectangles de carton, elle hésita mais les prit tout de même, puis, sans rien dire, elle s'avança un peu et se baissa. Elle releva une latte du plancher et en sortit les objets qui avaient disparus 7 mois plus tôt.
Ils sont à toi. Dit mon amie en me tendant les photos et le cd qu'elle et Edward m'avaient offert.
Je restais interdite, hésitante. Mais mon corps agît avant mon esprit, je pris le tout et le plaçais dans mon sac. Alice sourit. Je me rappelais alors que je n'avais pas de souvenir d'Alice, j'allais vers mon bureau, pour y prendre mon appareil photo. Alice se prêta volontiers au jeu et me laissa la photographier. Je repensais à Esmée, Emmett, Jasper, Carlisle et (même) Rosalie. Ils allaient me manquer. Je le confiais à Alice, elle me prit l'appareil des mains et fila sans rien dire.
Jake rentra, referma ma valise et me dit qu'il était l'heure. Une larme coula le long de ma joue. Alice était partie, emportant mes souvenirs avec elle. Je suivis Jacob, j'étais absente, sous le choc de ce qui venait de se produire. Posant le pied sur la dernière marche de l'escalier, je me repris ; pour Charlie.
Nous devions nous dépêcher si nous ne voulions pas rater l'embarquement. Nous arrivâmes avec 10 minutes d'avance, j'en profitais pour aller aux toilettes. En sortant, je me heurtais à quelqu'un, je fondis immédiatement en excuses. La personne ne répondant pas, je relevais la tête.
C'était lui, Edward était là, devant moi, sa main sur mon bras. Ma tête me tourna. Comment était-ce possible ? Pourquoi était-il là. Mes interrogations devaient transparaitre car il prit la parole :
Alice m'a demandé de te ramener ceci. Il me tendit mon appareil. Bella je suis désolé si tu pars à cause de moi… S'excusa-t-il.
Soudain, la décharge qui parcourut ma colonne vertébrale effaça tout le reste. La souffrance s'effaça. Pourtant, le doute subsistait.
Non, ne t'en fait pas, tu n'es pas la seul raison de mon départ. (Pieux mensonge.) Et je reviendrais, je vais seulement faire visiter Phoenix à Jacob.
Il lâcha mon bras et baissa la tête. Ma main alla naturellement caresser sa joue. Il ferma les yeux et appuya sa tête contre ma paume. Je le sentis humer mon poignet. Ce contact ne m'effrayait pas, le même électricité que la dernière fois partait du bout de mes doigts et courait tout le long de mon bras.
J'ai besoin de temps, et de réfléchir Edward. Ajoutais-je calmement. Ne m'en veux pas, quand je saurais où j'en suis j'appellerais.
Jacob arrivait à un rythme furieux. Pour sûre, il se préparait à botter les fesses d'Edward. Je devais couper court à tout ça.
Remercie Alice pour moi s'il te plait. Je donnerais de mes nouvelles à ta sœur et ton père. Dis-je en partant.
Je rangeais mon appareil dans mon sac et tirait Jacob par le bras pour retourner dire au revoir à Charlie et Billy. L'indien était confiant, il souriait, mais mon père avait les larmes aux yeux. J'avais horreur de le voir ainsi, et je savais qu'il ne voulait pas pleurer. Je me blottis dans ses bras, et il me serra fort.
Ne pleure pas. Soufflais-je. Je t'aime et je reviendrai, si tu veux toujours de moi.
Je ne pleure pas… Répondit-il gêné. Reviens-moi vite ma Bella. Je t'aime plus que tu ne l'imagine ma chérie.
Charlie n'exprimait pas souvent ses sentiments et cette déclaration me fit resserrer mes bras autour de lui. J'avais du mal à le quitter après cela, mais les Quileutes nous rappelèrent l'heure du départ. Nous devions aller nous enregistrer. Je me détachais de Charlie à contrecœur et me tournais vers Billy.
Alors que je me redressais, je croisais le regard d'Edward, il me fixait. Mon cœur me disait d'aller le voir, ma raison m'ordonnait de me protéger et de partir. Aucun des deux n'emporta le combat, ce n'est que quand Jacob passa son bras autour de mes épaules et m'entraîna vers le guichet que je rompais le contact visuel.
Il était si beau… Un dieu vivant aurait été jaloux de lui. J'aurais voulu le voir encore une fois, j'avais beau essayer, trop de monde nous séparait. Nous étions déjà au guichet, et l'hôtesse nous dirigeait vers l'endroit à rejoindre. Je ne voyais plus le hall et mon cœur se serra… Quand reverrais-je Forks ? Mon père ? Les Cullen ? Edward ?
Jacob prit place dans un siège et m'invita à m'asseoir dans le mien, ce qui me sortit de mes pensées. Il s'était chargé de ranger nos affaires, j'avais pourtant gardé mon sac. Je repensais à mon appareil photo. Je voulais voir les clichés qui y étaient. J'hésitais cependant un instant.
Une hôtesse m'interrompit en me demandant de placer mon sac dans les compartiments prévus à cet effet. Jake ne me laissa pas le temps de réagir, et le mis à sa bonne place.
J'attendis que nous soyons dans les airs pour mettre en marche mon appareil numérique. Jake regardais le film diffusé pour les passagers, j'aurais été incapable de dire de quel film il s'agissait. Je fixais l'appareil, indécise.
J'allais finalement dans le dossier de lecture. Les premiers clichés étaient de Jasper et Alice, les suivants regroupaient toute la famille, ils semblaient heureux, seul Edward se tenait légèrement à l'écart, comme s'il n'y était pas à sa place, son sourire était faux… A quoi pouvait-il penser à ce moment ? Les photos suivantes étaient de Carlisle, Esmée, Rosalie (qui ne souriait pas) et Emmett, je faillis pleurer en les regardants, ils étaient heureux et le montraient. Les dernières photos étaient floues, ça me semblait étrange… Mais leur contenu expliquait tout : Emmett avait fait des autoportraits, il faisait différentes grimaces… J'en riais…
Je n'avais pas remarqué les larmes que j'avais retenues s'écoulaient. Ce n'est que lorsque Jacob me demanda ce que j'avais et essuya les larmes qui coulaient le long de mes joues que je m'en rendis compte. Je ne lui répondis pas, et me re-concentrais sur les photos restantes. Il n'insista pas et regarda de nouveau le film diffusé dans l'avion, me jetant de petits regards qui se voulaient discrets. Je n'y faisais pas plus attention. Sur les photos, Emmett restait fidèle à lui-même. Prenant discrètement les membres de sa famille, et lui-même, dans des positions étranges et drôles.
Je ne m'attendais cependant pas à ce qu'après toutes ces photos, il y avait une vidéo. Edward m'avait laissé un message. Voir son visage me faisait sourire, mais j'hésitais à mettre la vidéo en route. Etais-je prête à savoir ce qu'il avait à me dire ? Je n'en étais pas sûre, comme je le lui avais dit, il me fallait du temps.
J'éteignais l'appareil et posais ma tête sur l'épaule de Jacob, qui passa son bras autour de mes épaules. Il me serrait tendrement contre lui, et ce contact ajouté à sa chaleur corporelle, me fit m'endormir rapidement. Jake me réveilla juste avant que l'avion entame sa décente.
Nous récupérâmes nos bagages, puis nous allâmes chercher un taxi. Il était aux environs de minuit. Nous en trouvâmes un très vite. Sur le trajet menant chez ma mère, mes paupières étaient lourde, j'appuyais ma tête contre la banquette et fixais le paysage. C'était étrangement calme, ne voulant pas réfléchir, je me concentrais sur les détails.
Arrivés chez Renée, je payais le chauffeur tandis que Jake se chargeait de nos bagages. Il s'installa dans la chambre d'ami et déposa ma valise dans ma chambre. Jacob me souhaita bonne nuit et retourna dans sa chambre. J'allais me charger dans ma salle de bain personnelle –elle ne m'avait même pas manquée-, puis allais me coucher.
Malgré la fatigue, mes yeux refusaient de se fermer. Je me sentais vide, cette grande chambre m'inquiétait. Je sortis dans le couloir et allais frapper à la porte de Jacob. Il ne répondit pas. J'entrais doucement, il dormait. J'avais pourtant besoin de ses bras, comment faire sans le réveiller ? Je me glissais lentement dans son lit, prenant soin de ne pas le toucher. Il remua, je cessais de respirer, et comme s'il avait ressenti mon besoin, il passa un bras autour de ma taille et m'attira à lui. Je posais doucement ma tête sur l'oreiller et m'endormais sans plus aucun problème.
J'ouvris les yeux, réalisant où j'étais. Je me retournais et cherchais Jacob. Il n'était pas là. Je m'inquiétais. Où était-il ? Puis mes yeux s'arrêtèrent sur le réveil, il était 13heures, j'avais dormis presque 12heures. Je sortis de la chambre et trouvais Jake la tête dans le frigo, préparant un plateau télé, je souriais et le regardais faire.
Arrête de m'observer marmotte. Plaisanta-t-il.
Comment pouvait-il s'avoir ? Je n'avais pourtant pas fait de bruit. Il se redressa et me regarda en souriant.
Je te rappel que mon ouïe est très développée… Alors tu as fini de remuer ? Me demanda-t-il.
J'ai remué ? C'est étrange, je ne bouge pas beaucoup d'habitude.
Je repensais à mes rêves, il n'y avait rien d'extraordinaire, à part celui où j'avais vu une magnifique petite fille, aux yeux verts émeraude, la peau blanche et les cheveux bouclés couleur bronze. Qui était-elle ? Elle me rappelait quelque chose… (Note de l'auteur : bon ça va, pas compliqué à deviner lol).
Je secouais la tête, pour penser à autre chose, Jacob ne chercha pas à comprendre et partit en direction du salon où la télé était allumée. Je retournais dans ma chambre pour me laver. Le temps était lourd, et je ne voulais pas avoir à me rechanger plus tard, j'attrapais une robe bleue azure légère, elle n'épousait pas trop mes courbes, et ça me convenait.
La douche me délassa et nettoya la sensation de lourdeur dû au voyage et à la nuit. En sortant de la salle de bain, mon estomac gronda. Je souriais et allais me préparer une omelette. Je pensais en proposer un morceau à Jacob, mais j'étais affamée. Je m'installais dans le canapé et dévorais mon omelette, regardant une chaine du câble.
Ma mère rentra vers 16 heures. Elle écarquilla les yeux en voyant ma tenue. Elle ne m'avait jamais vu en robe, encore moins arrivant juste sous le genou et légèrement décolletée… Elle me rejoignit rapidement, laissant ses bagages dans l'entrée et me serra dans ses bras.
Tu m'as manquée ma chérie.
Toi aussi maman, désolée de t'avoir forcée à rentrer plus vite. M'excusais-je.
Tu ne m'as forcée à rien. Me rassura-t-elle. Tu as retrouvé tes repères ? Demanda-t-elle en faisant un geste qui englobait la maison.
Je confirmais cela, puis elle me décrivit son voyage à la suite de Phil dans les moindres détails. Je lui souriais, mais ne faisait pas attention à tout ce qu'elle disait, elle était heureuse et c'était tout ce qui comptait à mes yeux. Nous nous étions installées près du bar, et Jacob continuait de regarder la télé.
Ma mère proposa une sortie plage. Le temps était encore chaud, mais moins humide que pendant le reste de l'après-midi. C'était donc une bonne idée. Je filais mettre une paire de tong, et rejoignais ma mère et Jake sur le pas de la porte. Mon ami était ravi de sortir.
Nous allâmes sur l'esplanade près de la plage. Jacob voulait aller piquer une tête dans cette eau bleue transparente. Pendant ce temps, ma mère et moi l'observions depuis la plage, elle voulait discuter, je n'avais pas spécialement envie d'avoir cette conversation. Je m'assis doucement dans le sable, retirant mes tongs et laissant les grains de sable filer entre mes doigts de pieds. Renée s'installa près de moi et prit ma main dans la sienne. Je me tournais vers elle.
Je suis désolée, je sais que je te déçois. Marmonnais-je une fois de plus.
Es-tu heureuse ma chérie ? Demanda-t-elle en souriant.
Je ne sais pas, je suis perdue surtout. Dis-je penaude.
Pourquoi ?
A cause du père bébé. Lui confiais-je.
Qu'es-ce qui t'inquiète Bella ?
Il n'est pas au courant… Avouais-je honteuse. Du moins il ne l'était pas avant mon départ…
Oh ! Ce n'est pas Jacob !? S'étonna-t-elle.
Non, bien sûre que non, Jake n'est qu'un ami.
Bella, ne me dit pas que c'est Edward… Dit-elle inquiète.
