Désolée, mes chapitres ne sont plus très longs. Le bac n'est pas encore passé, et écrire devient vraiment compliqué. Cependant, je suis en vacances depuis quelques heures donc je vais pouvoir mieux gérer mon temps...

Bisous et merci pour toutes vos reviews, je suis vraiment ravie que ma fiction vous plaisent.

Petit rappel: ces personnages ne m'appartiennent pas, leur propriétaire n'est autre que notre génialisime auteur: Stephenie Meyer.

Bonne lecture.

Chapitre 18 : Retour.

J'avais vite réussie à convaincre Jake, mais ma mère se laissait difficilement persuader. Elle prétendait que la place d'une femme enceinte n'était pas au travail, en réalité, elle voulait m'avoir le plus possible avec elle. Je n'en avais pas vraiment envie, Renée avait tendance à s'emballer depuis qu'elle savait qu'un enfant allait entrer dans ma vie.

Un emploi de bibliothécaire dans mon quartier m'avait été offert pour l'été. C'était une occasion en or : entourée de livres, tout en étant payée. Je m'étais empressée d'accepter, et Jake avait été embauché dans le garage qu'il avait repéré. Il était aux anges, et son enthousiasme faisait plaisir à voir. Lorsqu'il rentrait, il me faisait un compte-rendu détaillé de ce qu'il avait vu et fait au cour de la journée. Je me contentais de le regarder en souriant, ne comprenant rien à ce qu'il me disait, j'acquiesçai régulièrement, n'essayant même plus de comprendre.

Le matin, Jake avait prit l'habitude de m'accompagne à la bibliothèque avant de se rendre au garage un peu plus loin dans la rue. Chaque fois, nous devions passer devant le club de danse, je ne pouvais pas m'empêcher d'attraper la main de Jacob et de la serrer très fort, de toute façon, je ne lui ferais pas de mal. Un soir, après avoir fini de travailler, il me demanda :

Pourquoi fais-tu cela ? A chaque fois qu'on passe ici…tu te crispe.

Si je te dis pourquoi tu ne vas pas apprécier…

Jake me fixa, l'air décidé. Il ne lâcherait pas l'affaire, mais il attendit le coucher pour m'en reparler. Depuis que nous étions arrivés, il y a plusieurs semaines, nous avions notre petite routine et chaque soir nous dormions ensemble. Et même si ma mère avait eu du mal à se faire à cette idée, elle ne s'y était pas opposée, mon lit 2 places affichait donc complet chaque nuit.

Alors, tu ne m'as pas répondu. Pourquoi es-tu si tendue quand on passe devant ce studio de danse ?

Eh bien… Tu te rappel la vampire rouquine de Forks ?

Oui, dit-il en se crispant.

Tu te rappel aussi pourquoi elle m'en veut n'es-ce pas ?

Parce que Cullen t'as sauvé de l'autre malade. Mais qu'es-ce que ça a à voir avec…

J'étais à Phoenix quand tout ça est arrivé… L'interrompis-je. Et ce studio a dû subir pas mal de travaux depuis je pense…

Jake frissonnait de colère. Je ne savais pas quoi faire, mais je savais que ça ne présageait rien de bon. Un feulement sourd s'échappa de ses lèvres. Je me rappelais de la promesse que je lui avais faite : m'éloigner quand il se mettait à trembler. J'allais sortir du lit quand Jacob m'attrapa et m'attira fermement à lui. Je posais une main sur sa joue et l'autre sur son cœur, le vrillant du regard. Il crispait tellement la mâchoire que ses dents grinçaient les unes contre les autres. Jake se maîtrisa rapidement, et lorsqu'il eu arrêté de trembler, il me serra contre lui.

Cette sangsue ne touchera pas à un seul de tes cheveux. Grogna-t-il.

J'avais passé mes bras autour de son torse musculeux et posée ma tête sur son épaule. Nous restâmes ainsi quelques minutes avant que je ne me mette à bailler bruyamment. Jacob riait. Il brisa notre étreinte et nous nous couchâmes.

Cette nuit la, je dormis très mal. Je ne cessais de voir les yeux rouges luisants de haine de Victoria. Celle-ci me menaçait alors que je tentais en vain de protéger mon bébé, cette fillette ne devait pas mourir à cause de moi ou de son père. Personne ne la toucherait avant que je me sois battue pour elle.

Victoria jouait avec mes nerfs, nous étions au cœur d'une forêt, et elle ne cessait pas d'approcher rapidement pour reculer et recommencer par un autre angle. Je gardais ma fille dans mes bras, fermement serrée contre ma poitrine. Ma colère était si intense que j'en frissonnais. C'est alors que la vampire attaqua, et m'arracha mon enfant.

Je sentis alors deux puissantes mais me secouer. J'ouvris les yeux pour découvrir un Jacob plus qu'anxieux. Il me regardait intensément, comme s'il attendait que je me mette à hurler d'un moment à l'autre. Je fus soulagée lorsque je compris que cela n'avait été qu'un rêve.

Bella, tout va bien ? De quoi as-tu rêvé ? S'inquiéta-t-il.

Le poids qui avait obstrué mes poumons pendant cet horrible rêve avait disparut si subitement que ma réaction semblait complètement erronée.

Promet-moi de prendre soin de mon enfant s'il m'arrive quoi que ce soit ! Le suppliai-je en pleurant.

Il me prit dans ses bras et me serra fermement contre lui. Mes larmes coulaient le long de son torse. Il le remarqua et essuya tendrement mes yeux. En cet instant, j'avais besoin de lui, mais plus fort que tout, j'avais besoin d'Edward.

C'était impossible. Et la seule personne à blâmer était moi, j'étais la seule responsable de toute cette histoire. J'avais pris toutes les décisions –bonnes ou mauvaises- qui m'avaient amenée ici, et il était trop tard pour y changer quoi que ce soit…

Le seul moyen que j'vais de le voir était la vidéo. Mon appareil photo était resté dans le salon. Je m'extirpais de l'étreinte de Jacob et allais le chercher. En revenant, je constatais que Jake était perdu. Il était assis en tailleur, et je m'asseyais à mon tour, dans le creux que formaient ses jambes. En passant ses bras autour de mon ventre, il grommela.

Qu'es-ce que t'as ? Ca ne va pas ? Demandais-je alarmée.

Tu t'arrondis. Marmonna-t-il.

Je ne pus m'empêcher de rire. J'avais remarqué quelques jours plus tôt que mon ventre n'était plus aussi plat, et les premières stupeurs passées, je m'étais rendues à l'évidence : ce petit bidon était la preuve que cette fillette grandissait en moi.

Je crois que c'est ce qui arrive lorsqu'une femme est enceinte. Le taquinais-je.

Il sourit et me fit prendre place précautionneusement. Je posais ma tête contre son épaule, et il déposa un tendre baiser sur ma joue. Je ne savais pas comment j'allais réagir face au contenu de cette vidéo et je n'étais pas sûre de vouloir imposer ça à Jacob.

Jake ? J'ai envie de regarder la vidéo qu'Edward m'a laissée. Je ne sais pas ce qu'elle contient, mais j'ai besoin de le savoir maintenant. Dis-je hésitante.

Bells, je suis là temps que tu as besoin de moi…

C'était tout ce que j'avais besoin d'entendre. J'allumais l'appareil et prenais la main de Jacob en mettant la vidéo en route. La qualité du son était très mauvaise, et il faisait très sombre.

Dès que je vis son visage, mon cœur tressauta et se mit à accélérer. Il était si beau, sa peau blanche se distinguait nettement du reste. Jacob pressa doucement ma paume et posa son menton sur mon épaule. Je voulais entendre la voix d'Edward, mais j'avais peur de ce qu'il allait dire.

« Bella, si tu regarde cela c'est que je n'ai pas pu ou que je n'ai pas su te retenir. Je suis sincèrement navré qu'on en soit arrivés là tout les deux. Je t'ai toujours aimé, et si je t'ai quittée, c'est que je ne pensais pas avoir d'autre choix… Tu es la meilleure chose qui me soit jamais arrivée, et la simple idée de te perdre me détruit. J'ai fait la plus horrible des erreurs en partant, et je la paye chaque jour qui passe. »

J'étais obligée de mettre en pause. Ce qu'il décrivait ne pouvait pas être vrai… tout ce qu'il exprimait était ma vie après lui. La pire de mes erreurs avait été de partir sans rien dire.

Des larmes coulaient le long de mes joues, et la plaie de mon cœur qui ne s'était pas manifestée depuis longtemps s'enflamma. Malgré tout, j'avais besoin de voir la suite. J'essuyais mes yeux du revers de ma main, et je remettais en marche la vidéo. Jacob ne disait rien, se contentant de caresser mon bras et de déposer de légers baisers sur mon épaule. Sous le coup de l'émotion, le débit d'Edward s'accéléra.

« Tu es la seule femme au monde que j'aime et que j'aimerais. Voir cet indien poser sa main sur ton ventre m'a broyé le cœur. Tu le laissais te toucher alors que tu refusais même de me voir… Jamais je n'ai eu aussi mal. Tu es tout ce que j'ai. Je t'en supplie, laisse-moi te parler de vive voix. Je t'aime plus que ma propre vie Bella. »

Je sanglotais bruyamment et Jake m'entoura de ses bras si chauds, me chuchotant qu'il était là, que rien de mal ne pouvais m'arriver. Je ne m'inquiétais pas de ce qu'il pouvait m'arriver. Tout ce que je voulais c'était le voir, répondre à mes envies et aux siennes. Il me manquait, et je ne pouvais plus me le cacher.

J'avais besoin d'être seule, au calme, pour m'éclaircir les idées. Tout était trop confus, je ne comprenais plus pourquoi je m'étais enfuie si vite. J'embrassais la joue de Jacob, lui disant de se rendormir, et allais dans ma salle de bain pour prendre une longue douche relaxante. Il était à peine 4h15 du matin, mais je n'avais plus envie de dormir. Les minutes défilaient sous la douche, je laissais le jet chaud s'abattre sur mon visage, chassant mes idées noires.

En sortant, j'attrapais un short bleu foncé et un t-shirt blanc léger, assez lâche et flottant. Je ne voulais pas mouler mes formes avec des vêtements cintrés. J'étais heureuse d'être enceinte, mais tout le monde n'était pas obligé de le savoir.

Je passais discrètement dans ma chambre, ne voulant pas réveiller Jacob qui ronflait à nouveau : « imperturbable ce garçons… »Pensais-je. Je me dirigeais vers ma table de nuit où était mon téléphone. Je sortis, et allais sur le balcon de la salle. Il faisait chaud, mais l'air était rafraîchit par une légère brise.

En allumant mon portable, je reçus plusieurs messages. Angela et Emmett me demandaient de mes nouvelles, et Alice s'impatientait. Je n'avais pas eu l'occasion de la rappeler. L'été se terminait dans à peine plus d'une semaine, et elle voulait savoir ce que je ferais ensuite.

Je m'installais confortablement dans une chaise longue et répondait à Angela puis Emmett, leur disant qu'au boulot tout allait bien et que ma mère et Jacob occupaient le reste de mon temps. Emmett n'aimait pas du tout le fait que je sois en compagnie de Jake, mais il savait que tout était clair pour moi et mettait ses craintes de côté. Je répondais soigneusement à Alice, lui disant que je finissais mon travail le lendemain et que le retour n'était pas encore prévu.

Pour le coup, il ne l'était vraiment pas. J'avais beau prendre des nouvelles de Charlie chaque jour, il n'était pas au courant pour ma grossesse. Je vivais dans la crainte que Billy ne gaffe et le lui révèle. Je ne savais pas comment il réagirait, et je savais que je le blesserais. Il me faisait confiance, et je le trahissais en lui mentant et en me cachant.

Il fallait que je le lui avoue, mais comment ? La seule solution que je trouvais était d'y aller directement, me montrant à lui, soutenue par Jacob, et de lui expliquer tout ce qu'il demanderait. Je n'avais pas le choix, la bosse proéminente de mon ventre ne me permettait plus de me cacher. De plus, Renée avait accepté que je prenne une année sabbatique et je n'allais pas l'empêcher de retrouver Phil. Je devais donc, et j'avais envie de retourner chez Charlie.

Alice répondit alors à mon message : « Je t'ai vu rentrer, alors dit moi juste quand, que je m'organise. » Je lui répondis : « Il n'y a rien à organiser et je n'ai pas de date car je n'en ai parlé à personne. » Elle ne me renvoya pas de message. Peut-être avais-je été trop dure… J'allais surement devoir m'excuser d'ici quelques heures.

Je restais allongée sur ma chaise, observant la ville s'animer lentement à l'unisson du soleil qui se levait. J'avais déjà vu cela des dizaines de fois. Et ça n'avait plus d'intérêt. Les matins brumeux où perçaient parfois quelques rayons de soleil me manquait. Il fallait que je retourne à Forks.

Il était un peu plus de 7heures lorsque ma mère me rejoignit. Elle poussa mes jambes pour s'asseoir près de moi. Je voyais qu'elle était tout excitée, mais je ne comprenais pas pourquoi. Mais lorsqu'elle dirigea ses mains vers le petit ballon qui me servait de ventre et qu'elle le caressa doucement, un sourire s'étira sur nos visages.

- Ma chérie, il va falloir qu'on te prenne un rendez-vous chez le médecin. Tu vas avoir des examens à faire.

Bien que cette idée ne me réjouisse pas, elle était essentielle. Et la nature du père me frappa soudain : comment pouvais-je mettre en danger qui que ce soit avec un enfant dont il n'aurait pas connaissance, et qui, malgré mes réticences à l'avouer, aurait pu être un danger pour eux ? C'était une raison de plus pour retourner à Forks, là-bas, Carlisle s'occuperait de moi et ne courrait aucun risques.

Maman… Charlie n'est toujours pas au courant. Je me sens ignoble et coupable. Et je pense que je serais plus à l'aise avec Carlisle Cullen, c'est lui qui m'a annoncé que j'étais enceinte.

Son sourire s'effaça, et je m'en voulais aussitôt, je la décevais et lui faisais de la peine.

Ecoute, je n'ai pas envie de te laisser filer, surtout pas maintenant. Mais je dois te laisser faire tes propres choix, et tu as raison, Charlie doit être mit au courant, par toi, si c'est possible. Pour ton médecin, je n'ai pas à interférer, en plus, il a déjà ta confiance, donc c'est surement le mieux…

Elle était sincère, mais son regard trahissait sa tristesse. Je savais qu'elle m'aimait et que cette nouvelle séparation ne lui plaisait pas. Elle m'avait confié qu'elle voulait être présente pour mon enfant, elle ne souhaitait pas renouveler ce qu'elle appelait ses « erreurs ». Je la comprenais, mais je ne pouvais rien promettre, j'ignorais trop de choses moi-même pour cela.

Nous consultâmes les différents prix et horaires des vols en partance pour Seattle. Il fut convenu que nous partirions 4 jours plus tard, ce qui laissait le temps à Charlie de s'organiser, et à ma mère de faire ce qu'elle voulait de moi. Je savais qu'elle voulait me trainer au centre commercial, elle bavait littéralement devant les catalogues pour bébés et voulait déjà m'emmener au rayon maternité pour refaire ma garde-robe.

Et elle ne tarda pas à arriver à ses fins, elle me laissait aller à mon dernier jour de travail pour récupérer ma paye. Mes collègues d'un été me firent de brefs adieux, mais j'avais hâte de partir. Jake devait nous inviter ma mère et moi dans une petite pizzeria cosie pour fêter l'arrêt de nos deux jobs. Il n'avait pas fait de commentaire sur notre retour, mais il me regardait souvent du coin de l'œil, comme pour vérifier en permanence que c'était bien ce que je voulais.

La torture que m'infligea ma mère 2 jours de suite ne fut pas si terrible. Cela nous avait permis de partager certains instants de complicité. Renée m'avait aussi donné quelques conseils pour avant et après la naissance du bébé. Son bonheur me touchait profondément, j'avais toujours était proche de ma mère, mais maintenant, nos liens étaient plus intenses que jamais auparavant.

Notre dernière journée fut celle des préparatifs. J'avais deux fois plus de bagages qu'à l'aller, en grande partie grâce aux récentes séances de shopping et Jacob en riais discrètement. Il trouvait que pour un phobique du lèche-vitrine, j'étais très enjouée. C'est à contrecœur que nous quittions notre petite routine, et je m'inquiétais de la réaction de Charlie…

A l'aéroport, ma mère n'arrêtait pas de pleurer. Pendant que Jacob allait faire enregistrer nos bagages, ma mère m'avait emmenée dans un petit café peu occupée. Ses yeux étaient rougis et bouffis à cause de ses pleurs, j'essayais de retenir mes larmes du mieux que je pouvais et ça n'était pas simple. J'aurais tellement aimé que ma mère m'accompagne à Forks, mais je ne lui en avais même pas parlé : elle aurait été face à un dilemme, surtout que Phil rentrait à Phoenix le lendemain, et je ne voulais pas lui imposer cela.

Nous avions commandé deux chocolats chauds, je n'avais pas faim et Renée n'était pas en état d'avaler quoi que ce soit. Ma mère ne cessait plus de parler, étouffant ses sanglots. Sa voix était rauque, on aurait pu croire que c'était là ces derniers mots, que son temps lui était compté. Elle me fit tout un tas de recommandations plus ou moins utiles, le temps que nous avalions nos boissons. Nous devions nous dépêcher de rejoindre Jake pour que je ne rate pas l'embarquement.

Les adieux étaient déchirants, ma mère me serrait contre elle, caressant mes cheveux et pleurant à chaudes larmes. Elle me murmurait qu'elle m'aimait, qu'en cas de besoin il me suffirais de l'appeler et qu'elle ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour m'aider. Je savais que je ne l'appellerais pas si c'était le cas, mais cette attention me toucha. Il fallut cependant nous séparer très vite. Jake avait presque était contraint de tirer par le bras pour m'embarquer. Avant que le visage de ma mère ne disparaisse parmi les personnes qui nous séparaient, elle mima un « Je t'aime » silencieux, les yeux baignés de larmes. C'était cette image que j'emportais d'elle, celle d'une mère aimante, présente et ravissante…

Le trajet en avion m'avait parut bien plus long que l'aller. Je m'imaginais sans cesse qu'elle serait la réaction de Charlie. Mes vêtements laissaient apparaître mes formes, et surtout celle de mon ventre. Je n'avais pas pris plus de 3 kilos, mais c'était comme si tout c'était concentré en cet endroit. Les scénarios que je m'étais imaginée passaient de la joie à l'incompréhension puis à la honte et au rejet… Je me rendais malade que l'un de ces deux derniers puisse être le bon, alors que je visualisais Charlie me tourne le dos et s'éloigner sans un regard, mon ventre se tordit. Je me jetais sur mes pieds et me précipitais aux toilettes, qui, dieu merci, étaient libres. Le visage de Charlie restait comme un voile devant mes yeux, il avait honte de moi et était en colère. Je tentais de me ressaisir, mais ce visage dégouté faisait s'échapper de nouvelles nausées de ma gorge.

Jacob vint frapper à la porte, c'est ce qui me permit de me calmer. Je me rinçais la bouche et sortais. Jake me serra contre lui, caressant mes cheveux, tandis qu'une hôtesse me demandait si j'avais besoin de quoi que ce soit. Nous rejoignîmes nos places, et elle m'apporta un verre d'eau et un sachet de biscuits. Je la remerciais poliment. Par reflexe, Jacob posa sa main sur mon front, et nous rîmes de bon cœur en réalisant que la chaleur qu'il dégageait ne lui permettait pas de jauger ma température. Rire me soulageais momentanément. Mon ami prononçait des paroles apaisantes, mais cette image s'était encrée en moi. Je ne parvenais plus à penser à autre chose.

Les minutes me semblaient être des heures. J'appréhendais tellement que je n'avais pas remarqué l'agitation des hôtesses. Tous les passagers regagnaient leurs places et attachaient leurs ceintures. Automatiquement, je le fis à mon tour. Jacob avait l'air impatient, nous allions bientôt nous poser. Par le hublot, je ne distinguais toujours rien, juste la nuit profonde qui était tombée progressivement au cours du vol.

J'étais tiraillée par deus sentiments contradictoires, l'envie de retourner mon père, et l'appréhension à propos de sa réaction. C'est d'un pas hésitant que je suivais Jake vers la sortie et à travers les couloirs de l'aéroport. J'apercevais la lumière plus intense du hall où devait attendre Charlie, et dès que je vis son visage me sourire avant de disparaître entre deux personnes, je me mis à courir, oubliant mes peurs, écartant tous les passagers qui se trouvaient sur mon chemin. J'étais à peine sortie de la file de passagers que je sautais dans les bras de mon père. Il m'avait manqué, et vue la manière dont il me serrait, ça avait été réciproque.

Tout à coup, il se raidit et m'écarta un peu de lui. Ses yeux balayèrent mon corps, Charlie avait l'air perdu… Ce n'est que lorsque son regard se posa sur mon ventre que je rougis furieusement et baissais les yeux sur mes pieds. Jake s'esquiva sous prétexte d'aller chercher nos bagages. Charlie prit mon menton dans sa main et le fit remonter doucement, de manière à ce que son regard rencontre le mien. Il n'était pas en colère, pas pour l'instant du moins…

Charlie sondait mon visage, il cherchait des réponses à des questions auxquelles je ne pourrais peut-être pas répondre. Tout ce que j'avais imaginé n'avait fait que m'inquiéter pour quelque chose qui s'avérait inutile. Mes craintes étaient infondées, je n'avais qu'à m'expliquer. La bienveillance se lisait dans les yeux de mon père.

Je le repris dans mes bras, et des larmes de soulagement roulèrent sur mes joues. Mon shérif de père était venu avec sa voiture de patrouille, et c'est main dans la main que nous la rejoignîmes. Jake nous suivait de loin, poussant un chariot sur lequel étaient posés nos bagages. Charlie me tint la portière pendant que je montais en voiture, et il laissa Jacob charger les sacs dans le coffre. Il s'installa côté conducteur et me regarda une nouvelle fois en quête de réponse. Je ne savais pas quoi dire et lui non plus visiblement. Mais lorsqu'il prit la parole, je fus désarçonnée.

Je peux ? Demanda-t-il en pointant mon ventre du doigt.

Complètement perdue et abasourdie, j'acquiesçai et l'autorisai à toucher mon ventre. Charlie posa délicatement ses mains de chaque côté de mon petit bidon et fixa ses prunelles aux miennes. Il avait les larmes aux yeux…


J'espère que ce chapitre vous a plu, il n'y a plus qu'une chose à faire, me donner votre avis =D...

Désolée pour celles qui seront déçues par la vidéo, je ne la trouve pas top cette description. Par conte, j'ai adoré écrire la fin de ce chapitre, donc j'espère que cela vous a plus à vous aussi.

Bisous