Voilà le nouveau chapitre =D. Je sais que ça fait environ un chapitre par semaine, et bien que le rythme de publication ne soit déjà pas très intense, je risque d'avoir un peu de mal les prochains temps.
Ma mère veut en effet me trainer un peu partout en France pendant les vacances, je n'aurai donc surement pas internet pendant un certain moment.. Enfin je vous tien au courant.
J'espère que vous allez aimer ce chapitre.
Enjoy.
Chapitre 20 : Révélation Nocturne.
- Ca n'était pas une punition. Dis-je très bas. Je n'ai rien prémédité, crois-moi. C'est arrivé, c'est tout.
Les sanglots m'étouffaient. Comment pouvais-je expliquer tout ce qui était arrivé sans le faire souffrir ? Quelles solutions avais-je ? Je me détestai, j'avais été si égoïste, ne pensant à rien d'autre qu'à moi et mes sentiments. Il n'était pas responsable, personne ne l'était, excepté moi.
Je le vis se rapprocher, et je ne faisais rien pour l'arrêter. C'était ce dont j'avais envie, et une fois de plus, il me l'offrait. Je savais que c'était fou, mais malgré mes sentiments, je ne pouvais pas occulter la peur d'un nouvel abandon. Certes, Edward était là, et je m'étais enfuis à mon tour, mais comment être sûre que ça ne se reproduirait pas ?
Comme pour répondre à mes questions, il s'approcha encore plus prêt de moi. Edward était maintenant près de mon visage. Mes larmes roulaient en silence le long de mes joues, je me sentais vraiment mal, et j'avais l'impression que mon bébé s'agitait en moi. Ce contact me fit sursauter.
Sa peau si froide d'ordinaire me paraissait glacée. Je relevai la tête et l'observa. Il semblait exténué ce qui était étrange pour un vampire, les cernes sous ses yeux étaient profondément creusées, ses prunelles étaient d'un noir d'encre. Je pris peur. Que lui était-il arrivé ? Que lui arrivait-il ?
- Tes yeux… Soufflais-je.
Il caressa ma joue, et je fermai les yeux pour me concentrer sur la sensation que me procurait ce contact. Une onde électrique sortait de ses doigts et me traversait de part en part, réchauffant tout sur son passage, y compris mon cœur qui semblait renaître. Je n'avais pas ressenti cela depuis des mois, je voulais prolonger ce moment, alors, je posai ma main par-dessus la sienne, profitant simplement du moment présent… Nous étions yeux dans les yeux, je ne cherchais pas à voir au-delà de ça.
L'accalmie fut de courte durée. Mon téléphone se mit à vibrer dans la poche de mon gilet, interrompant le contact entre Edward et moi. C'était un message de Jacob. « Toujours au bon moment celui-là. » Pensai-je ironiquement.
T'en as pour longtemps ? J'suis sur le parking.
Je regardai l'heure : 18 :30. Cela faisait près de deux heures que j'étais dans cet hôpital. Charlie devait être inquiet. Je devais m'en aller. A contrecœur je me relevai. Edward ne disait rien, m'observant juste faire.
- Je dois y aller, on m'attend. M'excusai-je.
- Puis-je te raccompagner ?
- Il ne vaut peut-être mieux pas… Ce n'est pas que je n'en ai pas envie, mais Jacob ne te porte pas dans son cœur. Tentai-je d'expliquer en allant vers la porte.
- Bella, j'ai des choses à te dire. Et j'ai besoin de te voir. S'il te plait…
Il était presque suppliant, mais que faire ? Jacob m'attendait à l'extérieur, et devait passer le reste de la journée avec moi chez Charlie. Je ne pouvais pas l'inviter à venir boire un café, pour discuter calmement. Comment faire ? La seule solution qui me vint était de se donner rendez-vous près de la forêt. Ce que nous fîmes avant que je ne sorte de l'hôpital.
Une fois dans la voiture, je me mis à réfléchir à tout ce qui venait d'arriver. Des sensations que je pensais être mortes presqu'un an plus tôt avait refait surface au seul contact de sa main sur ma joue. Quelle idiote j'étais. Le souvenir que ravivait ce rendez-vous nocturne dans la forêt que nous avions fixé ravivait une douleur lancinante dans ma poitrine. Dans quoi m'étais-je encore embarquée ? A croire que j'aimais souffrir…
- Bella, que se passe-t-il ? Tu n'as pas décroché un mot de tout le trajet ?
- Rien, je vais bien. Nous allons bien. Dis-je en caressant mon ventre. Carlisle est préoccupé, il n'a pas réussi à voit le bébé, mais il a entendu son cœur et pense que tout va bien.
- Je l'entends aussi. Chuchota Jacob, me tendant la main pour sortir de la voiture.
- Vraiment ? Demandai-je, choquée.
Jacob acquiesça simplement, tandis que nous nous dirigions vers le porche. Je n'avais vraiment pas fait attention dans la voiture, mes réflexions m'avaient complètement happée. Jake ouvrit la porte, me fit entrer et referma à clé derrière nous.
- Jake ? Qu'es-ce qui se passe ? Pourquoi fermes-tu à clé ? M'enquis-je.
- Personne n'entrera, ce soir, tu es à moi… Plaisanta-t-il.
Je fis semblant de paniquer, et courais vers ma chambre. Jake m'attrapa par le bras une fois en dehors des escaliers. Puis il me regarda, curieux.
- Tu ne m'avais pas parlé d'une pièce à ranger ?
- Oh ! Je l'avais oubliée. La chambre d'amis. Charlie a eut l'idée de la récupérer pour mes affaires. Répondis-je en pointant la porte du doigt.
Jacob s'avança vers ladite porte et tourna la clenche. Les gonds grincèrent par manque d'usage. Cependant, j'étouffais un rire lorsque la porte se bloqua, stoppée par un amas de vieux magasines de pêche poussiéreux. Charlie était passé par là… Et la tâche que nous devions maintenant effectuer risquait de s'avérer longue et pénible.
Je descendis chercher de très grands sacs poubelles pour que nous puissions nous mettre au travail. Jacob dégagea l'entrée, je me faufilai jusqu'à la fenêtre pour aérer la pièce. Un courant d'air purifia l'atmosphère lourde de poussière. Nous commençâmes stratégiquement en jetant toutes les revues qui jonchaient le sol.
Jake était descendu sortir les poubelles et nous chercher quelque chose à grignoter. Pendant ce temps, j'avais dû allumer la lumière pour y voir clair. Dehors, la nuit tombait, mais je continuai à m'activer en l'absence de mon ami. J'étais en train de passer un coup de balai bien mérité lorsque je heurtai durement quelque chose. Je me retournai pour voir ce que c'était et je commençai à m'inquiéter… Une lourde armoire bancale était en train de vaciller dangereusement. Je restai paralysée, prenant conscience de la taille si importante du meuble…
Je voyais tout au ralenti, comme si le danger décomposait chaque mouvement. Même si je tentai de m'écarter, l'armoire m'emporterait inévitablement dans sa chute. Je fermai les yeux de toutes mes forces, et, alors que je m'attendais à un choc violent qui m'écraserait, je me senti propulser vers l'arrière. Un cri m'échappa avant que ma tête ne cogne violemment contre le mur près de la fenêtre. J'entendis deux voix hurler mon prénom avant de m'évanouir…
Pourquoi l'armoire ne m'avait-elle pas écrasée ? Que s'était-il passé ? Comment avais-je pu être écartée ? Qui était là ? A qui étaient ses voix ? Elles m'étaient familières, mais je ne trouvai pas. Il y avait surement Jacob mais qui pouvait être la deuxième personne ? Toutes ces questions et bien d'autres encore tournoyaient dans mon esprit tandis que je sentais le sol s'éloigner de moi.
J'étais plongée dans le noir, sentant seulement des mains me toucher. L'une d'elles appuya sur l'arrière de ma tête et je serrai fermement les poings et les paupières tant la douleur était forte. Je sentis alors une matière molletonnée sous mon dos et j'essayai en vain d'ouvrir les yeux. Je voulais savoir où je me trouvai, et avoir quelques réponses. J'étais dans un épais brouillard qui me coupait du monde extérieur. Je n'entendais, ni ne humais, plus rien.
Comme pour me rassurer, une main à la température si familière se posa délicatement sur mon front. Ce contact apaisa quelque peu la douleur de ma tête, et je cru sentir un vague sourire se dessiner sur mes lèvres. Cette main parcourue alors lentement et tendrement mon visage, insistant sur mes lèvres. Enfin, mes yeux acceptèrent de s'ouvrir.
Y allant progressivement, je vérifiai que la luminosité n'était pas trop élevée, puis mes yeux parcoururent la pièce. Découvrant ainsi que j'étais dans ma chambre, sur mon lit, et que Jacob était à ma gauche, en train de grogner ( ?), et Edward, à ma droite, penché au-dessus de moi et tenant ma main. Ses traits ne reflétaient que de la peur et de la réserve. Je ne pouvais plus détacher mon regard du sien, complètement hypnotisée.
- Carlisle arrive. Chuchota-t-il dans mon oreille.
- Je vais aller faire un tour. Intervint Jacob, une expression étrange sur le visage.
Je n'avais pas la force de parler. Je me sentais épuisée et barbouillée. C'était comme si, en moi, tout était en mouvement. Comme si, mon corps ne m'appartenait pas totalement, qu'une partie était hors de contrôle. Je souris à ces dernières pensées. En effet, je n'étais plus seule maître à bord. Mon corps devait en fait répondre aux besoins de deux êtres, dont l'un était relativement inconnu.
- A quoi penses-tu ?
Edward.
- Au bébé. Je le demande ce qui va se passer. Ce qui vient de se passer.
J'avais répondu sans réfléchir, et même si ça n'était pas totalement vrai, ces questions me préoccupaient réellement. Ce qui m'inquiétait le plus était ce qui venait d'arriver. Personne n'était dans la chambre d'ami avec moi, il semblait donc que personne n'ai pu m'aider…
- Je t'ai entendu crier et…
Jake et Edward avaient parlé en même temps. Jacob s'énerva et sortit précipitamment. Je ne comprenais pas sa réaction, mais je n'étais pas en mesure de lui demander ce qui lui arrivait. Même si j'étais au courant de son dégoût pour Edward, ça n'expliquait pas tout.
- Il ne m'aime pas. Souffla Edward.
J'eus un petit rire, qui évacua la pression que je sentais sur mes épaules. C'était un bel euphémisme.
- Tu crois vraiment ? Ironisai-je.
Ma réplique eut le don de m'attirer un petit sourire en coin qui me fit chavirer. Pour reprendre mes esprits, je fermais les yeux et reposai ma tête en arrière sur l'oreiller. Mon geste sembla inquiéter Edward qui grimpa sur mon lit pour se rapprocher de moi. Je le sentis effleurer mon bras, mais, d'envie joueuse, je ne réagissais pas.
- Bella ? Tu m'entends ? Demanda-t-il stressé.
- Oui, ne t'en fais pas. J'ai la tête dure. Répondis-je gentiment.
- Hum, d'accord… Carlisle arrive.
Je le remerciai de me prévenir par un léger signe de la tête, puis, pour me reposer, je fermai les yeux une fois de plus. Je me sentais si bien auprès d'Edward. Quelques moi plus tôt, j'aurai cru impossible de retrouver toutes ces sensations, et pourtant, elles étaient là. Il était là.
J'entendis une voiture se garer sous ma fenêtre, et à peine cinq secondes plus tard, mon lit bougea. J'ouvrai les yeux précipitamment et ma tête me lança douloureusement. Je gémissais. Aussitôt, le visage d'Edward était au-dessus de mois, suivi de près par Carlisle. Ce dernier posa une main rassurante sur l'épaule de son fils pour le faire reculer et lui permettre de s'approcher.
- Isabella, où as-tu mal ? Demanda le médecin.
- A la tête. Me plaignis-je.
Il regarda son fils et resta concentré quelques secondes. Edward ne cessait pas de me regarder, une lueur d'inquiétude sincère dans les yeux. Cependant, il prit la parole. Il parlait très bas, et j'avais du mal à tout comprendre.
- J'attendais dehors, pour que Bella et moi puissions parler. Elle était occupée quand je l'ai entendue crier, puis il ya eut deux bruits violents. Je me suis précipité par la fenêtre ouverte, et là, je l'ai trouvé sans connaissance, contre le mur, et une armoire gisait à trois mètres d'elle.
Carlisle hocha la tête et sembla réfléchir, ensuite, il s'avança vers moi et releva ma tête. Je grimaçai sous l'effet et m'emparai de la main d'Edward pour la serrer. Carlisle s'excusa et glissa doucement sa main à l'arrière de ma tête. Lorsqu'il toucha la zone la plus sensible, je me mordais brutalement la lèvre pour retenir un cri de douleur, agrippant encore plus fort la main d'Edward. Lui, essayait de me calmer, de me rassurer, il posa son autre main sur ma joue, la caressant de son pouce. Son regard m'hypnotisait toujours, je ne sentais qu'à peine les doigts de Carlisle palper mon crâne. Lorsque ce dernier reposa doucement ma tête sur l'oreiller, je soufflai profondément et fermai les yeux, relâchant ma lèvre meurtrie.
- Le choc a été rude, rien de grave je pense, mais il te faut du repos. Es-ce que tu sais ce qui s'est passé dans cette chambre ? Demanda Carlisle.
- Non, pas vraiment. C'était si…rapide. Je passai le balai, quand j'ai tapé contre l'armoire. Elle était bancale, et s'est mise à chanceler. Je ne pouvais rien faire, alors j'ai fermé les yeux, et à ce moment là, j'ai senti que quelque chose me poussait vers l'arrière. Je ne m'y attendais pas, alors j'ai crié, et après, c'est le noir… Décrivis-je doucement.
Carlisle acquiesça et se perdit dans ses pensées, ponctuant parfois son discours intérieurs de bruits révélant son étonnement ou son incompréhension. Edward l'interrompit en s'éclaircissant bruyamment la voix. Son père secoua la tête, semblant revenir à lui, puis il me sourit tendrement. Ce qui se voulait probablement rassurant.
- Bella, je dois me renseigner. Certaines choses m'échappent, et je veux être le plus précis possible. En attendant, essayes de te reposer au maximum, tu sembles exténuée. Economise tes forces de ton mieux, évites de rester debout trop longtemps. Si tu as un problème, appelle-moi immédiatement. Je vais vous laisser, il se fait tard. Dors bien Isabella.
Il me sourit à nouveau, déposant un baiser paternel et délicat sur mon front. Je le remerciai d'une petite voix, et il s'en alla. Edward s'assit contre ma tête de lit, gardant une légère distance entre nous, il tenait toujours ma main. Au bout d'un moment, il se raidit et m'observa.
- Je vais y aller, ne bouges pas d'ici, et fais ce que Carlisle t'as dit. Chuchota-t-il gentiment.
- Ne me laisse pas ! Paniquai-je en raffermissant ma prise sur sa main tandis qu'il se levait.
Edward s'arrêta dans son geste, se tournant vers moi, il eut son petit sourire en coin qui me faisait craquer. Il se rapprocha de moi, embrassa lui aussi mon front, et je fermai les yeux à la sensation si naturelle et réconfortante. En les rouvrant, je découvris qu'Edward avait disparu. Il était parti de la même manière que la dernière fois… Une larme roula sur ma joue à cette constatation, et je sursautai lorsqu'une main chaude l'essuya.
- Hey… Souffla Jacob. Qu'es-ce qui se passe ?
- Rien. Menti-je. J'avais peur que tu ne reviennes pas… Qu'es-ce qui t'as pris ?
Jake parut se renfrogner à ma demande. La main qui était sur ma joue retomba subitement le long du corps de mon ami. Il me regarda d'un ai froid et dur.
- Ce n'est pas dans ma nature d'être proche d'une sangsue sans réagir.
- Tu sais très bien qu'ils ne font de mal à personne. Dis-je fermement.
- Ca ne change rien… Répondit-il.
Jake semblait tendu. Comme s'il me cachait autre chose. Je me redressai péniblement et m'appuyai en grimaçant contre la tête de lit, de la même façon qu'Edward l'avait fait quelques instants auparavant.
- Jacob. Que se passe-t-il ? Tu semble inquiet. Déjà ce midi chez Sue et maintenant…
- Je ne suis pas sûr que tu apprécies ce que je vais te dire… La rouquine vicieuse… Elle est revenue.
J'ouvrai la bouche, mais aucun son ne sortait. Pas maintenant ! Pas alors que je retrouvai Edward. Pourquoi étais-je aussi poisseuse ? Je n'aurais jamais dû revenir, Charlie était en danger à présent, et tout ça par ma faute…
- Ne t'en fais pas, ton père ne risque rien avec Seth et Léah. Dit Jake.
C'est vrai que Seth m'avait semblé si semblable à Jacob ce midi, maos Léah… Léah ! Elle qui me haïssait ! Je n'avais aucune confiance en cette fille. Je me fichai pas mal de savoir d'où venait son hostilité, elle ne m'aimait pas et n'allait surement pas prendre soin de mon père. Jake dut déchiffrer mon expression.
- Ils font partis de la meute. Ils le protégeront, de toute façon, aucun vampire n'osera s'approcher de réserve. Ne t'inquiète pas.
- Les Cullen sont au courant ?
Il haussa les épaules. Je devais les prévenir, ou au moins, être sûre qu'ils le savaient. Avec cette folle qui rôdait, on pouvait s'attendre à tout, et le pire était à envisager sérieusement… Peut-être Edward était-il toujours dans les parages, si je l'appelai, il reviendrait peut-être.
- Jake si tu ne supporte pas qu'Edward soit là, s'il te plait reste à l'écart. J'ai besoin de lui parler.
Mon ami me regarda intensément, un air de chien battu sur le visage. Finalement, il accepta et sortit. Il savait que c'était essentiel pour moi… Soudain, je ne savais plus quoi faire. Si j'appelais Edward et qu'il n'était plus là, je passerais pour une idiote. Avant qu'une autre option ne se présente à moi, Edward était sur le pas de la porte. Je ne puis retenir le sourire sincère qui étira mes lèvres. Il était revenu…
- Je vous ai entendu parler, j'ai attendu que Jacob soit sortit pour te rejoindre. S'excusa-t-il.
J'avais le souffle coupée. J'étais, une fois de plus, une idiote. Je m'étais cru abandonnée, je m'étais fait mal au cœur pour une broutille. Intérieurement, je riais de moi-même. Je ne pouvais rien répondre, j'acquiesçai donc. Tout à coup, je repensai à ce qu Edward avait dit. Il nous avait dit.
- Tu étais au courant pour Victoria ?
-Oui. Et sache qu'elle ne te fera aucun mal. Elle ne touchera à aucun de tes cheveux. Elle sera morte bien avant. Cracha Edward entre ses dents.
Le sort de Victoria m'était complètement égal. Je savais que ni la meute ni les Cullen ne la laisserai m'approcher. Tout ce dont j'avais envie en cet instant, aussi égoïste soit il, était qu'Edward me prenne dans ses bras. Ignorant le tiraillement de ma tête, je m'écartai un peu et tapotai la place dans mon lit. Edward comprit l'invitation et ne se fit pas prier. Il restait tout de même sur la réserve.
- Bella… Pourquoi es-tu partie ? Demanda-t-il doucement.
- Je te l'ai déjà dit, j'avais besoin de réfléchir, faire le point. Personne n'était au courant, ou presque. Seules quatre personnes étaient dans le secret. Répondis-je en me rallongeant.
- Qui ?
- Ton père, qui me l'a annoncé ; Alice, qui était avec moi quand Carlisle me l'a annoncé. Et les Black. Je devais mettre Billy dans la confidence pour qu'il accepte que Jacob m'accompagne à Phoenix. N'en veux pas à ta famille, je leur avais fait promettre de ne rien dire.
Il se pinça l'arrête de son nez si parfait, signe qu'il avait du mal à encaisser. Je posai ma main sur son bras pour m'excuser et il planta son regard dans le mien. Malgré l'effet dévastateur que ses yeux avaient sur moi, il fallait que je sache.
- Comment ont-ils fait ? Pour tenir leurs paroles s'entend…
- Carlisle n'a jamais pensé ton prénom, et j'évite d'écouter quand il s'agit de ses patients, donc c'était plutôt facile pour lui de me cacher ça. Alice a dut être plus ingénieuse, j'ai sentis qu'elle me taisait quelque chose. Elle s'isolait parfois de la famille, ou elle se mettait subitement à penser à quelque chose de complètement inutile. Comme la température du réfrigérateur ou alors le moucheron qui s'était écrasé sur le capot de sa voiture… M'expliqua-t-il.
Je ne savais plus quoi dire. J'étais reconnaissante envers Carlisle et Alice qui avaient dû faire preuve de beaucoup de patience et de sang-froid pour respecter l'engagement que je les avais contraints à accepter. Repensant aux Cullen, je me rendis compte que le reste de la famille n'était peut-être pas au courant.
- Edward ?
- Hin hin ? M'encouragea-t-il.
- Tu peux me conduire chez toi ? Il faut que je parle au reste de ta famille.
- Tu devrais plutôt te reposer. Ils peuvent attendre. Répondit Edward.
- Ils le peuvent, mais je ne le veux pas. Insistai-je.
Edward abdiqua et se releva. Il m'aida à sortir du lit et je filai vers l'armoire, pour prendre des affaires propres. Les miennes étaient pleines de poussière. Je sentis le regard d'Edward observant chacun de mes mouvements, et ma peau se hérissa.
Je ne pouvais plus mettre les vêtements que j'avais achetés avant de tomber enceinte, je me tournai donc vers les achats faits avec ma mère. Un pull noir, cintré sous la poitrine et large sur le ventre ferait l'affaire, accompagné d'une longue jupe écru à volant, et le tour serait joué. J'allais dans la salle de bain pour me changer, tandis qu'Edward fermait la fenêtre de la chambre d'ami, éteignait la lumière et allait m'attendre dans la cuisine.
Une fois prête, je lançai un rapide coup d'œil à mon reflet dans le miroir, puis je descendais. Edward était de dos, il cuisinait quelque chose. A vrai dire, je n'avais rien mangé depuis le midi, et un peu de nourriture ne serait pas de refus. Je m'asseyais en silence à la table et l'observai s'activer.
- J'espère qu'une omelette te suffira. Je ne savais pas ce qui te plairait, et je sais que tu n'as pas mangé.
- Ne t'inquiète pas. Ca me convient. Répondis-je en souriant.
Il me tendit la poêle et une fourchette. Je me mis à manger à même la poêle, me brulant parfois la langue. C'était délicieux, et alors que je n'avais pas vraiment faim, j'avalai la totalité du contenu de la poêle.
- Merci. Fis-je en buvant un peu d'eau.
Edward ne répondit pas et m'offrit pour toute réponse un resplendissant sourire. Je me levai pour aller déposer la poêle et la fourchette dans l'évier, mais elles avaient déjà disparues et Edward était prêt de moi, me tendant ma veste. Je l'enfilai et suivais Edward dehors.
Une fois dans la voiture, je repensai à Jacob. Je devais lui dire où j'allais. Je lui envoyai un message pour l'avertir de ma destination et pour le rassurer. Il ne me répondit pas, ce qui voulait dire qu'il n'était pas d'accord et boudait. Peu importe, il n'était pas en question cette fois. Seuls les Cullen étaient dans mes pensées. J'appréhendai de les revoir après tout ce temps. Et je craignais même la réaction de certains d'entre eux, vis-à-vis de ma grossesse.
Nous arrivâmes chez eux rapidement, Edward n'avait pas interrompu mes réflexions, et j'eus peur qu'il n'interprète mon manque de loquacité comme un signe de dédain ou que sais-je d'autre. Mais le sourire qu'il m'offrit en ouvrant ma portière me montra, qu'une fois de plus, je m'étais trompée.
Edward m'accompagna jusqu'à la porte, s'assurant que je ne tombais pas dans les quelques marches du perron. Ce dont j'aurai été capable au vue de mon habituelle maladresse à laquelle s'ajoutait la fatigue et les quelques douleurs dues à mon petit accident plus tôt dans la soirée. A peine la porte était elle ouverte qu'Alice me serrait déjà dans ses bras en sautillant. Elle m'entraîna au salon et me fis m'asseoir sur l'un des canapés. Je ne lui résistais pas et observai le salon en attendant qu'elle se calme. Les seules personnes présentes étaient : Edward, Alice, Jasper et moi.
Où étaient les autres ?
Alors?
Vous en pensez quoi?
Une petite review?
