Salut à toutes! Voici le dernier chapitre, je sais c'est triste. Mais je ne vous abandonne pas. Je vais faire un épilogue, mais je ne sais pas du tout quand il arrivera, si j'y arrive avant ce week end tant mieux, sinon il faudra attendre un petit moment, vu que mon emploi du temps est très chargé. Sur ce, Enjoy.

Bisous


Chapitre 26 : Une vie en cache une autre.

Oh mon Dieu qu'es-ce que ça peut faire mal, pensai-je en serrant les dents alors qu'une autre contraction me foudroyait. Comment un si petit être pouv- … Attendez ! Quoi ?! De quoi parlait-il ? S'il pensait m'apprendre que j'accouchai il était temps que Carlisle ouvre les yeux. Eh oh ! Qui a perdu les eaux dans les bras d'Edward alors que celui-ci cavalait dans la forêt ?!

Remarquant surement mon air dubitatif et énervé, Carlisle et Edward échangèrent un regard. J'hésitai actuellement entre : mordre la main du père de ma souffrance, ce premier arborant un sourire satisfait alors qu'il dégageait mon visage de mèches de cheveux collées par la sueur, et attraper la chemise de mon médecin pour le forcer à m'expliquer clairement ce qui se passait plus bas. Carlisle s'approcha de mon visage et sourit encore. Je lui aurais d'ailleurs volontiers fait ravaler son sourire.

- Es-ce que vous pouvez me dire ce à quoi vous faites allusion et que tout le monde semble savoir excepté moi ?! M'emportai-je en fusillant Carlisle du regard.

Il eut un bref petit rire mais se reprit vite en croisant mes yeux. Il parut soudain repentant.

- Je suis navré que tu n'ais pas compris. Je pensai avoir été clair il y a quelques instants.

Carlisle rit à nouveau et je commençai à perdre patience. Il ne savait surement pas ce que cela faisait d'être secoué par des contractions douloureuses de plus en plus souvent sans savoir ce qui arrivait et si le fruit de mes entrailles allait bien. Saleté d'hommes et leurs privilèges !

- Non vous ne l'avez pas été ! Et si ça ne vous dérange pas je voudrai comprendre ce qui se passe. Sifflai-je entre mes dents.

Carlisle sembla alors réaliser que je n'avais pas envie de rire. Son visage devint rapidement sérieux. Je savais que je regretterai la manière dont je lui avais parlé, mais c'était le cadet de mes soucis en cet instant. Ce ne fut pas lui qui reprit la parole.

- J'ai été performant. Dit fièrement Edward, récoltant les rires d'Esmée et Carlisle. Nous allons voir double…

Satané vampires à langage codé. Es-ce que c'est le moment de jouer aux devinettes franchement ?! C'est pas croyable !! Nom de Dieu, je vais les étran-… Une minute ! DOUBLE ? Oh c'est pas possible ! A croire que je ne fais jamais rien à moitié ! Je ne pouvais pas m'arrêter à un comme tout le monde ?

- C'est bon ? T'es content ? Tu les fais sortir maintenant que tu les as mis là ? M'énervai-je pour lui rappeler la situation actuelle au cas où il l'aurait oublié.

Je n'étais plus en état d'être gentille, et même si je n'étais pas de nature violente, je ne supportai pas de le voir se lancer des fleurs alors que je ne voulais qu'une chose : que les contractions s'arrêtent.

J'étais incapable de me rendre compte de ce que tout cela impliquait. Deux bébés ne seraient surement pas un problème pour sept vampires, mais étais-je capable de m'en occuper, de les élever correctement ? Je n'étais même pas sûre de ce que mes bébés étaient. Apparemment ils avaient des cœurs étant donné que c'était grâce à leurs rythmes cardiaques que les Cullen avaient découverts que je ne portais pas un, mais deux enfants.

Carlisle s'afféra à me préparer. Il plaça une sorte de drap bleu en papier au-dessus de la partie inférieure de mon corps, puis il retira délicatement ma jupe et mon sous-vêtement, hors d'usage après ce qu'il avait subit. En temps normal, j'aurais rougit. Mais ça n'était pas le moment d'être gênée. La seule chose qui comptait était que j'arrive à accoucher, et vite. Je ne me sentais pas la force de le supporter encore longtemps.

N'ayant pas tout le matériel nécessaire pour reproduire une salle d'accouchement, Carlisle me fit m'installer au bout du lit. Edward se plaça derrière moi, me permettant ainsi de m'appuyer sur lui, il était en quelque sorte mon dossier. Il glissa ses mains dans mes paumes et je m'empressai de les serrer lors d'une énième contraction.

J'avais le souffle court, je me sentais bouillonner de l'intérieur. Si seulement j'étais en mesure de les faire sortir rapidement et que la douleur s'arrête. Retenir chaque cri me demandait des efforts énormes. Mais je savais que chacun de ceux qui m'échappaient ne faisaient qu'entacher un peu plus les souvenirs qu'aurait Edward. Je voulais qu'au moins lui ne se rende pas compte que cela faisait.

Me coupant dans mes réflexions, Carlisle, l'heureux futur grand-père, m'annonça que tout était en ordre et qu'il fallait désormais que je pousse à chacune des contractions au lieu de les encaisser. Je me dépêchai d'exécuter ce qu'il m'avait dit, espérant rapidement leur donner vie, et oubliant parfois de respirer.

Esmée m'épongeait le front avec une serviette humide à chaque moment calme pendant que je reprenais mon souffle entre deux contractions. Edward ne semblait pas savoir quoi faire et se contentait de me souffler des mots d'encouragements au creux de l'oreille, et de soutenir tout mon poids contre son torse. Le froid de ce dernier était plus que bienvenu et apaisant dans la situation actuelle, je me rendais alors compte que ma place était là, contre ce torse, dans ces bras, avec Edward et nos enfants. Qu'importe ce qu'ils étaient, je les aimais autant que leur père.

Après environ une dizaine de poussées, Carlisle affirma qu'encire une et mon fils, notre fils, serait sorti. Un fils ? Qu'en était-il de la magnifique petite fille de mes rêves ? Malgré tout, une part de moi avait toujours su pour ce garçon, et peut-être était-ce lui la présence presque floue que j'avais vu derrière la petite fille, au milieu de ce champ. Pourtant, je n'eus pas le temps de m'interroger plus, même si j'espérai que le second bébé soit cette petite fille, les contractions me rappelèrent où j'étais et ce qu'il fallait que je fasse si je voulais être fixée.

Carlisle coupa le cordon ombilical et après une rapide auscultation, confia mon fils (à qui il faudrait trouver un prénom) à Esmée. Je voulais le voir, savoir s'il nous ressemblait à Edward et moi, mais je devais de nouveau pousser. Derrière moi, Edward continuait de me rassurer sur notre fils, mais je l'entendais à peine en raison du sang qui me sifflait dans les oreilles. Je n'étais plus sûre d'avoir encore la force, mais il fallait que je la trouve rapidement.

Je rejetai ma tête en arrière, sur l'épaule d'Edward. J'avais besoin de reprendre un tant soit peu mon souffle avant de repartir à l'assaut des contractions. Carlisle le comprit et me regarda intensément, son visage reflétait joie et fierté. Edward embrassa ma tempe et secoua légèrement nos mains jointes pour m'encourager. Ne souhaitant plus faire attendre mon enfant, j'hochais légèrement la tête vers Carlisle qui comprit immédiatement le signal et reprit sa place précédente. Une fois de plus, la gêne n'était pas de mise.

Le travail n'ayant jamais cessé, j'attendis la contraction suivante pour me remettre à pousser. J'entendais Edward et Carlisle me parler, ils semblaient encourageants, mais je ne les entendais pas. Toute mon attention était concentrée sur les sensations qui s'infiltraient en moi. C'était un mélange mystérieux de libération et de vide, renforcés par chacune de mes poussées, qui rapprochait, chaque fois un peu plus, mon bébé de la liberté. Après quelques instants, toute sensation avait quittée mon corps et mon esprit me paraissait être à présent d'une lenteur infinie.

Je pris doucement conscience que tout était fini, mes enfants n'étaient plus en moi. Etrangement, cette sensation m'attrista, mais le corps d'Edward contre mon dos et les pleurs des bébés me firent automatiquement sortir de ça. Je ne savais pas quoi faire, j'avais tellement envie de les serrer dans mes bras, de les embrasser, constater que tout cela n'était pas un rêve… Je relevais la tête lentement vers Edward et nos regards se captèrent.

Je ne l'avais jamais vu plus beau, il rayonnait de fierté et de joie, alors que je devais surement ressembler à un zombie. Pourtant, un éclair de compréhension traversa ses prunelles mordorées.

- Esmée, Carlisle. Appela-t-il simplement.

Aussitôt, les deux jeunes grands-parents furent près de nous, portant chacun un bébé. Edward nous remonta sur le lit et me couvrit avec le drap. Avant que je ne réalise bien tout, j'étais allongée sur Edward, et lui encadrait mon corps de ses jambes.

Alors que je prenais délicatement mes bébés dans mes bras, les autres Cullen entrèrent. Pourtant, je les remarquai à peine, tant Alice qui vint en sautillant que Rosalie dont le sourire était éblouissant… Toute mon attention était captée par mes enfants…

Je n'en revenais pas, j'étais complètement ébahie. Nous étions 4 sur le lit, et nous ne formions qu'un. Nous nous complétions les uns les autres, et je sentais que l'arrivée de notre fils et de notre fille venait décupler notre force.

J'étais totalement éblouie et hypnotisée par les yeux, du même brun chocolat que les miens, de mon fils, et ceux verts émeraudes de ma fille. J'étais complète. La situation semblait juste. Il ne nous restait plus qu'à leur trouver des prénoms. Je voulais rendre hommage aux nouveaux oncles et tantes, et le prénom de ma fille m'apparut instinctivement. Je tournai légèrement la tête vers Edward qui se pencha. Je le consultai du regard.

- Lily-Rose ?

L'heureux papa me fit un sourire époustouflant alors qu'Alice et Rose poussaient de petits cris aigus de joie de chaque côté du lit. Edward hocha doucement la tête et caressa délicatement la joue de notre si petite Lily-Rose. Esmé frappa doucement dans ses mains tandis que les hommes nous regardaient, attendris. Je devinais facilement à la tête d'Emmett qu'il se retenait de faire l'une de ses légendaires remarques. Je le regardai sans vraiment le voir en réfléchissant alors que lui me fixai, perplexe.

- Emmie, dis-je en me moquant. Jasper, continuai-je plus neutre. Voici Jammie.

Aussitôt le prénom échappé de mes lèvres je me rendis compte que je n'avais pas consulté Edward. Je me retournai vers lui, inquiète. Il se contenta de me faire un petit sourire tendre et d'embrasser mon front. Puis il se pencha et serra la petite main de notre fils dans la sienne.

- Bonjour Jammie Carle Cullen. Fit-il de sa voix de velours, rendue suave par l'émotion.

Je m'interrogeai sur l'origine de ce deuxième prénom, même si le rapport était prononcé, je ne pouvais pas être sûre. Edward comprit pourquoi mon regard était aussi interrogatif.

- C'est un lien de plus entre nos deux famille. Carle est très proche de Charles qui ressemble à Charlie, mais c'est aussi très approchant de Carlisle. Expliqua-t-il.

Je souris et réfléchis au deuxième prénom de Lily-Rose. Je me retournai pour me blottir à nouveau contre Edward, nos minuscules et magnifiques enfants dans les bras. Alors qu'Alice et Rose s'extasiaient devant les nouveaux membres de leur famille, l'idée me vint. Ma grand-mère maternelle s'appelait Annabelle, et le deuxième prénom d'Esmé était Anne.

- Tu n'as pas salué Lily-Rose, Anne Cullen. Dis-je à Edward en souriant.

Il hocha la tête contre mon épaule et caressa d'un doigt le visage de notre fille, de la tempe au menton. Je proposai à Edward de prendre l'un de nos enfants, et les Cullen en profitèrent pour s'excuser et sortir, nous laissant un peu d'intimité. Une fois qu'ils l'eurent fait, le jeune papa prit sa fille. Je me décalais et il se leva pour marcher en berçant la petite.

A un moment, il s'arrêta, et fit jouer le bout de son nez contre celui, riquiqui, de notre fille. Je cru m'étrangler de joie. J'embrassai le front de Jammie et fis signe à Edward de venir s'asseoir près de moi. Il le fit.

- Je voulais te parler d'une chose que tu as dite avant le combat…

J'avais rassemblé tout mon courage pour lui dire ce qui me préoccupait tant. A peine avais-je finis ma phrase qu'un éclair de compréhension traversa ses splendides yeux dorés. Il se tortilla, visiblement mal à l'aise.

- Je… Il semblait hésitant et gêné. Je l'interrompis.

- C'est réciproque Edward. Je n'avais qu'une peur pendant tout ce temps, c'était que tu m'abandonne et je sombre à nouveau. Je ne me serai pas remise de ça…

Je ne pouvais pas poursuivre. Les larmes se précipitaient au bord de mes yeux, et je sentais la peur et l'insécurité m'étouffer. Je resserrai ma prise autour du petit corps de Jammie, m'y raccrochant comme à une bouée de secours.

Je sentis le lit bouger sous moi, mais je n'osai plus relever la tête. Je fixai désespérément le visage poupin du splendide être que j'avais porté pendant plus de sept mois. Edward m'obligea à relever la tête en me passant un doigt sous le menton. Je gardai les yeux vers le bas, incapable de soutenir son regard. Cela ne sembla pas le satisfaire.

- Bella, je suis là, je ne repartirai pas, je n'en serai pas capable…. Affirma-t-il fermement.

- Je ne pourrai pas m'occuper d'eux seule. Continuai-je, ignorant ce qu'Edward me disait, et caressant les quelques cheveux de mon fils.

- Bella regarde-moi s'il te plait.

Je secouai négativement la tête. Je ne pouvais pas le faire. C'était tout simplement au-dessus de mes forces. Les mots semblaient eux-aussi coincés au fond de ma gorge. Je me sentais idiote de réagir ainsi, mais c'était la seule réaction que je pouvais avoir. Edward ne lâcha pourtant pas.

- Cette séparation m'a fait beaucoup de mal aussi tu sais…

Sa voix était emplie d'une tristesse qui ne laissait pas de doute sur la véracité de ses propos. Mais je ne pouvais pas me redresser franchement. Ma seule réaction fut de le regarder timidement de sous mes cils. La sincérité de son regard me brûla. Pouvais-je surmonter et oublier toutes mes douleurs ? Je n'en étais pas certaine. Tout me rappelait cette épreuve. Tout sauf mes enfants, nos enfants. Peut-être m'offraient-ils l'opportunité d'un nouveau départ… Etait-ce possible ? Je serrais mon fils endormie contre mon cœur, me focalisant sur sa si petite respiration rassurante.

Il était réel. Ils étaient réels. Cette occasion ne pouvait pas être le fruit de mon imagination. Je ne pouvais pas imaginer cette minuscule main posée contre mon sein, ni se souffle chaud qui faisait se hérisser doucement ma peau. Mon imagination n'était pas assez créative pour ça…

Il ne me restait plus qu'une chose à faire : ravaler et faire taire mes peurs et me laisser porter par mes envies. Et ce dont j'avais envie était de vivre heureuse auprès de celui que j'aimais, de nos enfants et de ma famille.

- Je t'aime Edward. Soufflai-je.

Ces paroles étaient sorties de leur propre chef, mais je ne les regrettais pas. Surtout pas après le baiser passionné et langoureux que nous échangeâmes après cela, seulement séparés par nos enfants entre nous. Rien ne semblait plus juste que ce moment, nous 4 réunis et unis, peu importe ce qui nous attendait, j'étais prête à l'affronter pour eux, pour nous…

Edward et moi reposâmes nos fronts l'un contre l'autre un moment, reprenant nos respirations saccadées. Puis les petits se mirent à remuer un peu dans nos bras.

- Je t'aime aussi Bella. Et je crois que nos petits monstres ont faim.

Il avait dit cela avec un petit sourire en coin, et j'hochais simplement la tête. Il me redonna habilement notre fille et alla préparer deux biberons. Quand il revint, il m'en tendit un et prit son fils. Je fis boire Lily-Rose pendant que lui nourrissait Jammie, des étoiles plein les yeux.

Tout était parfait…


Une petite review s'il vous plait?

=D

Bisous