Titre : Célébrations.
Auteur :
Miru-Pu (anciennement Strawberry Pocket et plus récemment Miru-Sama)
Bêta-Lecteur :
Na-Shao
Fandom :
Horitsuba Gakuen.
Raiting :
PG (c'est bien le PG, tout le monde lit)
Disclamer :
Non, ça ne m'appartient toujours pas. Même l'idée n'est pas de moi, pour vous dire. CLAMP, nous t'aimons très fort pour ce crack complet très exploitable.
Note :
Cette fois-ci le chapitre a été écrit avec une forte pensée pour Hayaaateuh (Nathy, Squeezeuse professionnelle, comme vous voulez). C'est euh… un cadeau pour te souhaiter bon rétablissement, on dira. Voilà.

White Day.
L'art d'être meilleur que du chocolat fait maison.

La règle, à la Horitsuba Gakuen, lors du White Day, c'était de donner quelque chose de trente six fois supérieur à ce que l'on avait reçu lors de la Saint-Valentin : une lubie de la directrice que tout le monde se faisait un devoir de respecter envers et contre tout. Ainsi, c'était tout le temps la croix et la bannière pour les pauvres adolescents que de trouver un cadeau idéal pour leur petite amie du moment. Et Syaoron était dans cette situation. Il fixait la boîte de chocolats – à présent vide – comme si elle représentait Satan. Cette boite avait contenu les chocolats les plus délicieux que le monde puisse porter.

Comment pouvait-il rivaliser avec ça, lui, pauvre adolescent de quinze ans, incapable de faire des œufs au plat ? Syaoron soupira. Le White Day, c'était dans deux jours. Il se doutait bien que Yui ne lui en voudrait pas s'il ne lui rendait pas de cadeau et, si jamais il lui en faisait, ce ne serait pas grave qu'il ne soit pas trente six fois supérieur. Mais Syaoron tenait à bien faire les choses. Il trouverait bien le cadeau idéal, il en était certain. Et puis voir son frère paniquer pour les mêmes raisons était amusant. Sa distraction quotidienne, en quelque sorte.

« Tu sais Syaoran, tu n'es pas obligé d'offrir à nouveau quelque chose à Sakura. Tu lui as déjà offert quelque chose à la Saint-Valentin.
- Même ! Je me dois de le faire ! » lança-t-il d'un air trop déterminé pour son bien. Lorsque Syaoran se faisait preux chevalier, il ne valait mieux pas l'arrêter. Si seulement Syaoron pouvait être capable de lui éviter la crise d'angoisse à cause d'un cadeau.

Enfin bien évidement, lui, personne ne s'occupait de sa crise d'angoisse personnelle. En même temps, à part une certaine élève aux longs cheveux bruns, personne ne se doutait de la relation interdite et illégale qu'il entretenait avec son professeur de cuisine. Il ne pouvait donc demander conseil à personne – Tomoyo le forçait à porter une jupe en contre partie de toute aide, autant dire qu'il préférait se débrouiller seul. Syaoron poussa un soupir alors qu'il ouvrait la porte d'une énième bijouterie de luxe en se demandant toujours pourquoi il allait instinctivement dans ce genre d'endroits.

Faire plaisir à une fille, c'était facile. Un bracelet, une bague, un collier, et l'affaire était bouclée. Faire plaisir à un garçon se révélait être une tâche plus ardue. Surtout quand le dit garçon avait douze ans de plus que vous et était votre première expérience sexuelle. Et d'accord, Yui pourrait très bien porter une robe sans que cela ne choque personne, mais il n'en restait pas moins un homme. Une vendeuse lui demanda s'il voulait de l'aide. Il répondit que non, en pensant sérieusement que ce genre de cruche ne pourrait pas l'aider pour son problème de cadeau trente six fois supérieur. Peut-être qu'une gourmette lui ferait plaisir ? Oui mais c'était commun, les gourmettes. Et hors de ses moyens pour le moment – pourquoi avait-il dépensé tout son argent dans l'achat de ce foutu baladeur MP3, déjà ?!

C'est résigné qu'il sortit de l'infâme boutique et marcha dans la rue, écouteurs profondément enfoncés dans les oreilles, pensant à ce qui pourrait potentiellement plaire à Yui. La cuisine était exclue d'office. Les vêtements aussi – il ne connaissait pas sa taille. Les choses dépassant les trois mille yens étaient malheureusement inaccessibles. En fait, plus il regardait d'un œil critique les vitrines défilant devant lui, plus il se rendait compte qu'il ne connaissait que très peu le blond. Yui ne parlait jamais de lui. Jamais.

Tout ce qu'il avait réussi à lui arracher, lors de leur premier rendez-vous, c'était qu'il était parti vivre en Italie à ses quinze ans, qu'il avait pratiquement vécu toute sa vie là-bas avant de déménager pour des raisons qu'il avait tenu secrètes au Japon, afin de rejoindre son frère. Il savait aussi qu'il était Norvégien et qu'il savait parler Anglais, Italien, Japonais et Norvégien, donc, couramment. Il aurait pu lui offrir un voyage dans un quelconque pays. Mais encore une fois, l'horrible barrière de l'argent se dressait devant lui. Peut-être une sortie en amoureux, au parc d'attraction – Yui ayant une âme très gamine parfois ?

Non plus. Il semblait que le sort s'acharnait sur eux, dès qu'ils avaient un rendez-vous. Ou bien il ne leur arrivait que des malheurs, ou bien ils se disputaient. Généralement cependant, les disputes se finissaient très bien mais elles étaient tout de même très éprouvantes. Exempt donc les sorties. Cela le déprimait. Ils ne pouvaient même pas passer une journée au restaurant sans tomber sur des élèves. Un certain Murphy devait leur en vouloir personnellement.

Alors qu'il entrait dans une confiserie un peu trop colorée, il se rappela avec nostalgie leur premier rendez-vous un peu maladroit mais réussi quand même, au parc : la chaleur s'était faite un peu trop étouffante pour le nordique, qui s'était évanoui pour le coup. Grand moment de panique, heureusement qu'une âme charitable le sauva de la situation. Cependant lorsqu'il dut retirer le t-shirt blanc de son aîné, il fallait dire que lui aussi, avait eu un sacré coup de chaud et que… Hum, il ne préférait pas y penser.

Il revint à la réalité lorsqu'il croisa Dômeki au même endroit. Dômeki dans une confiserie. L'image était très décalée, pas du tout en accord avec la personnalité de l'archer.

« Ne dis rien. » coupa le brun alors que Syaoron ouvrait la bouche.

« Je croyais que tu ne pouvais que manger les délices de Watanuki. » répondit-il quand même, brisant l'ordre donné par son meilleur ami.

« Oui, mais Watanuki ne peut pas manger les immondices que je prépare en échange.
- Je suis pourtant persuadé que ça compterait comme un cadeau trente-six fois supérieur au sien. » Dômeki éluda la question :
« Et toi, tu cherches quelque chose pour les chocolats qu'on-ne-sait-finalement-pas-qui t'a offert ? »

Dômeki disait toujours les choses avec un stoïcisme effrayant. Sa phrase ne sous entendait rien, c'était ça, le pire.

« Oui, on peut dire ça, mais je pense que je peux laisser tomber l'idée des cadeaux ordinaires. » Syaoron soupira, dépité.

Dômeki posa une main sur l'épaule de son ami et lui souffla quelque chose au creux de l'oreille que l'aîné Li préférait faire semblant de ne pas avoir entendu. Il secoua la tête, acheta quelques fraises tagada pour son bon plaisir, salua l'archer et sortit rapidement de la confiserie. Les bananes en sucre donnaient vraiment de drôles d'idées à l'archer. Il fit encore le tour du quartier avant de rentrer chez lui. Après-demain serait le grand jour. C'était un samedi. Comment allait-il s'y prendre pour sortir avec Yui ce jour-là ? Il envoya un texto à son… indéfinissable blond – il ne le considérait pas comme son petit-ami, amant était un terme trop abstrait et bizarre à son oreille et amoureux faisait trop niais – lui demandant s'il était libre le quatorze mars.

Il n'eut la réponse que tard dans la soirée du lendemain, lui disant que oui et que comme d'habitude, ils se retrouveraient devant le lycée.

C'est le cœur battant que l'adolescent se rendit au point de rendez-vous vers dix-sept heures, stressé et angoissé. Il lui semblait que son cadeau n'allait pas plaire au blond, il ne savait pas trop pourquoi. Ils s'installèrent dans un salon de thé, Yui gardant son éternel sourire. Alors que le blond dévorait sa tarte aux pommes, Syaoron sortit un petit sachet contentant les fraises tagadas.

« Oh ! C'est mignon ! » lança joyeusement le professeur de cuisine. « Merci beaucoup, ça me touche.
- Tu ne vas pas être touché par cinq fraises tagadas, quand même ?
- C'est l'intention qui compte, non ? »

Syaoron soupira alors qu'il se pencha en avant pour embrasser son aîné. Il paya leur consommation et, lorsque Yui fut debout, il posa ses mains sur ses yeux.

« On va faire un jeu~ Je t'amène où je veux et tu ne triches pas ! C'est une surprise. »

Yui rit et se laissa prendre au jeu. Ce genre de choses l'amusait énormément. Il ponctua le chemin de « où on est, maintenant ? et là ? » en tentant de tricher, mais Syaoron gardait bien ses mains sur les grands yeux bleus curieux. Une fois à destination, il redonna la vue à Yui alors qu'il défaisait les premiers boutons de sa chemise en l'embrassant.

Quelque chose disait à Yui qu'il allait passer un excellent white day et que ce que lui donnerait Syaoron serait mille fois supérieur à ses chocolats de pacotille.

S'il y avait bien une chose plus additive pour le blond que le cacao, c'était bien le corps de son élève.



A/N :
Un grand merci à Na-Shao qui a pris le temps de corriger cette chose à minuit trente alors qu'elle était claquée. Merci beaucoup ma chérie !