Bonjour à toutes et à tous ! Toutes mes excuses pour cette longue absence, mais j'ai eu de gros soucis dans ma famille et donc, pas le coeur à écrire. Aujourd'hui, tout est pratiquement rentré dans l'ordre, alors je me remets à l'écriture de ma fic. Voici le chapitre 3. J'espère qu'il vous plaira, faites-le moi savoir. Merci et bonne lecture.


Chapitre 3

Mardi matin

Tandis que je traverse le labo en direction de mon bureau, je me rends soudain compte que je suis de bonne humeur, ce matin.

Est-ce dû à ma nuit passée dans les bras de Seeley ou bien la perspective d'étudier à fond le corps brûlé ?

Bon. Tout ce qui importe pour l'instant, c'est que je me sente bien dans mon corps et dans ma tête. Je m'approche de la plateforme et mon nez détecte les odeurs de désinfectants et de formol. Ce sont les odeurs de mon métier, tellement familiers que je n'y fais plus attention.

Je passe mon badge dans le lecteur, grimpe rapidement les quelques marches et m'approche du petit groupe qui m'attend sagement. Angela, Hodgins et Zack sont tous les trois présents.

- Bonjour, dis-je d'un ton léger.

Tout en chantonnant, j'attrape une paire de gants en latex que je commence à enfiler tout en m'approchant de la table d'autopsie sur laquelle repose le corps de la victime. N'entendant aucun bruit derrière moi, je me retourne et je vois mes trois collègues en train de m'observer.

- Quoi ?

- Pourquoi tu chantes ? me lance Angela en pointant un doigt sur moi.

- Pourquoi je chante ? Et pourquoi je ne chanterai pas ? C'est interdit de chanter ici ?

- Tu ne chantes jamais, me lance à son tour Hodgins.

- C'est peut-être vrai, mais aujourd'hui, j'ai envie de chanter. Maintenant, si on se mettait au travail ? Seeley attend mon rapport et il aimerait l'avoir le plus tôt possible. Angela, as-tu trouvé l'identité de la victime ?

- Non. Nous devons attendre de comparer ses empreintes dentaires avec celles des personnes disparues. Je travaille dessus, ça devrait être rapide.

- Je veux plus que de la rapidité, Angela.

- Peu importe le temps, Brennan, seul le résultat compte.

- Bien. Fais comme tu peux, tu sais que je te fais confiance. Y a-t-il des effets personnels ?

- Tu ne veux pas voir le corps avant ?

- Pas tout de suite. Tu sais, on peut parfois déduire beaucoup de choses des objets qu'une personne porte sur elle.

Zack revient quelques instants plus tard avec un petit sac en plastique contenant le peu de choses ayant échappé aux flammes. Il les renverse sur une des tables et nous nous rassemblons autour pour regarder. Une boucle de ceinture, un bracelet et un briquet. C'est tout.

Un par un, j'examine minutieusement les objets sans rien trouver de particulier. Sur le bracelet, une gourmette plus exactement, un prénom avait été gravé, mais hélas celui-ci avait fondu dans la chaleur. Je tente de frotter le bijou, déformé par la chaleur, mais celui-ci s'obstine à rester illisible.

Je le lève dans la lumière tout en plissant les yeux. De près, je ne distingue pas grand chose. Ma récente cécité a laissé quelques traces sur ma vue. Je devrais peut-être songer à porter des lunettes pour voir de près. En parler à mon médecin à ma prochaine visite.

J'essaie de m'imaginer avec des lunettes, sans succès. Je plisse le nez et secoue la tête. Je me demande ce quand penserait Seeley si je portais des lunettes. Je pense qu'il n'aimerait pas. Quoique...

Je me souviens de cette fois dans l'avion qui nous menait en Chine, où j'examinais un corps brûlé découvert dans un four à micro-ondes, il m'avait dit quelque chose à propos de lunettes et de mes cheveux... Je ne m'en souviens pas trop... Dommage...

Deux heures plus tard, j'ai terminé mon examen, pile poil au moment où Seeley pénètre dans le hall. Il glisse rapidement son badge devant le lecteur, grimpe quatre à quatre les marches et s'approche de moi d'une allure rapide. Je l'observe s'avancer à travers mes lunettes de protection et mon cœur se met à battre plus vite. Quatre années de partenariat, deux mois de mariage et mon cœur fait encore des sauts de cabri dans ma poitrine, comme si c'était la première fois que je le voyais, comme une adolescente qui rencontre son premier amour. Je ferme un instant les yeux. Je suis vraiment accro à Seeley, totalement overdosée.

J'ai envie de lui, j'ai envie de me retrouver seule avec lui, j'ai envie qu'il me fasse un enfant, j'ai envie de...

- Alors, ma belle, qu'est-ce que tu me dis de beau sur ce cadavre carbonisé ? dit-il en posant un baiser rapide sur mes lèvres.

Je rouvre les yeux et je reviens à la réalité.

- Que cette jeune femme prenait de l'héroïne, rien de plus.

- Cause de la mort ?

- Ce que nous pensions tous. Blessures très graves. Brûlures.

- Vous avez parlé d'éventration, de fractures importantes, d'hémorragie interne, de contusions multiples. Vous pensez à quoi, Dr. Brennan ? me demande Camille en s'approchant à son tour.

- Je pense qu'elle a été battue à mort avec un instrument contondant, puis éventrée de bas en haut. Celui ou celle qui a fait ça l'a laissé au bord de la mort, à moitié inconsciente, à moitié morte.

- Ça ne peut pas être accidentel ? demande Seeley en prenant des notes dans son carnet.

Je le regarde. Il est soucieux. Des petites rides d'inquiétude se dessinent sur son front.

- Accidentel ? Je ne le pense pas. Pas avec de telles blessures. Je crois qu'on l'a frappé et ensuite, on lui a administré de force un médicament pour la calmer. Special K, ça te dit quelque chose ?

- Et comment ! Une drogue appelée vulgairement kétamine. Elle provoque des hallucinations.

- Je crois que lorsqu'on aura les résultats d'examens de sang, on découvrira une forte dose de kétamine ou d'héroïne. Un moyen de la rendre plus facile à manipuler.

- A manipuler ? Pour quoi faire ? demande-t-il en me fixant avec un air étonné.

- C'est difficile à dire, vu l'état du corps, mais je pense que cette fille a été torturée, violée, puis assassinée.


Mardi après-midi

- Cette viande est délicieuse. Tu veux y goûter ?

Seeley me présente sa fourchette accompagnée d'un gros morceau de viande saignante devant la bouche.

- Seeley, tu sais très bien que je ne mange pas de viande, je lui réponds en cachant un haut de coeur. Tu l'as oublié ?

J'avale une bonne fourchettée de ma salade composée. Tomates cerise, maïs, mozzarella, salade verte. Je déteste la viande, en général, toute viande provenant d'une bête morte.

- Tu as tort, tu sais. La viande est bonne pour la santé.

Nous sommes assis tous les deux à notre table habituelle, dans notre petit restaurant habituel. Déjà des habitudes de vieux couple. Tout en mâchouillant ma salade, je le fixe. Il mange de bon appêtit. Il se régale, je le vois à ses yeux qui brillent. Il adore la viande, il adore manger, il adore les bons petits plats. Pour lui, je me suis mise à la cuisine. J'ai ouvert un livre de recettes et je me suis mise à cuisiner. Au fil du temps, j'ai appris à découvrir ce qu'il aime et ce qu'il déteste. En fait, il déteste peu de choses, il n'est pas difficile.

A plusieurs reprises, je sais que j'ai râté mes plats, mais il les a avalé stoïquement en me disant qu'ils étaient délicieux alors que je voyais qu'il avait du mal à avaler les bouchées, je le voyais à sa glotte qui déglutissait laborieusement. Tout ça pour me faire plaisir.

Je l'aime. Je l'aime de toutes mes forces.

Et il m'aime aussi. Sinon, il n'avalerait pas mes petits plats râtés.

- Qu'est-ce que tu fais, cet après-midi ? me demande-t-il soudain.

Drôle de question.

- Ben, je travaille, bien sûr. Je dois taper le rapport d'autopsie pour te le remettre. Et Angela va être en mesure de me donner l'identité de la victime. Pourquoi cette question ?

J'avale une gorgée d'eau en le fixant.

- Bien, parfait. J'ai envie que cette affaire avance très vite.

- Comme toujours, mon chéri.

- Oui, je sais, mais là, je la sens mal, cette affaire. Elle pue, à mon avis.

- Qu'est-ce qui te fais dire ça ?

- Mon nez et mon intuition.

- Ton nez ? Tu sais, c'est normal que ça pue, le cadavre est brûlé, donc, ça sent la chair brûlée.

Il s'arrête de mastiquer son steak, relève le nez de son assiette et me fixe d'un regard mi-étonné, mi-amusé.

- Quoi ? je lui fais en le fixant à mon tour.

- Tu fais de l'humour maintenant ?

- Non, bien sûr que non, pourquoi, qu'est-ce que j'ai dis de drôle ?

Il continue à me fixer avec un petit sourire en coin.

- C'est nouveau, ça.

- Qu'est-ce qui est nouveau ?

- Ton humour. Ca change.

- Mais je...

Il se penche vers moi avec son fameux sourire charmeur sur les lèvres.

- Je t'adore, Tempérance.

Alors que je m'apprête à renchérir à sa déclaration, mon portable se met à sonner. Je prends aussitôt la communication.

- Brennan.

- Ma chérie, j'ai l'identité de la victime. C'est une certaine Molly Stevenson, prostituée de son état.

- Une prostituée ? je répète, éberluée par la nouvelle.

- Et attends, ce n'est pas le plus pire, enfin si, c'est plus que ça, c'est...

Elle bafouille.

- Ange...

- Brennan, cette fille avait... elle avait quinze ans.

A suivre...