Bonjour à mes fidèles lectrices et lecteurs et aux nouveaux aussi ! Je viens de rentrer de vacances et me revoilà avec un nouveau chapitre, le 4 ! J'espère que vous passez de bonnes vacances ou que vous en avez passé de bonnes si c'est déjà fini ! Alors, comme d'habitude, bonne lecture et n'oubliez pas les reviews !!! Ah oui, j'oubliais : MERCI pour toutes vos reviews !!!


Chapitre 4

Nous nous retrouvons dehors, sous la lumière aveuglante du soleil. Je mets mes lunettes de soleil. Seeley et moi ne parlons pas, assommés par ce que vient de nous apprendre Angela. Nous en avons pourtant déjà vu dans notre carrière, mais là... 15 ans. Cette fille avait 15 ans et elle était prostituée.

Mon dieu, quelle horreur... mais dans quel monde vit-on ?

Je secoue la tête.

- Ça va ? me demande Seeley d'une voix que je devine inquiète.

- Oui, ça va.

Je balaye la rue du regard.

- Où est le SUV ?

- Là, devant ton nez, ma chérie.

Bien bien, je ferai mieux de me secouer, je suis en train de perdre la tête. Mais je ne peux m'empêcher de m'imaginer cette pauvre gosse en train de se...

Non, Tempe, arrête de penser, ça ne sert à rien.

Pendant tout le trajet en voiture, je ne parle pas et Seeley me laisse tranquille. Je sais qu'il sait à quoi je suis en train de penser. Merci, Seeley. Merci de me laisser penser.

Il me dépose au labo et il repart aussitôt. Il viendra me chercher ce soir, comme d'habitude.

J'entre dans le labo et me dirige aussitôt vers la plateforme des autopsies. Angela s'y trouve, seule.

- Ange, débrouille-toi pour trouver l'adresse et le maximum d'info sur la victime. Le plus vite possible, OK ?

- Ça va, ma chérie ? Tu as l'air secouée ? C'est à cause de...

- Ange... le plus vite possible.

- OK, je m'en occupe tout de suite, dit-elle en se tournant vers l'écran de l'ordinateur.

- Merci.

Je m'enferme dans mon bureau et me remet à l'écriture de mon prochain roman, histoire de me changer les idées. Et de ce fait, je ne vois pas l'après-midi passer.

Vers 19 heures, Seeley m'appelle sur mon fixe.

- Je viens te chercher, Tempe. Tu es prête ?

- Non, mon amour. Je préfère rester encore un peu au labo. Je... j'ai... des choses à terminer. Je rentrerai avec ma voiture.

- Ça va ? Tu es sûre de vouloir rester plus longtemps ? Je suis en train de te préparer un petit plat que tu vas adorer, j'en suis certain !

- Oui, je suis sûre, Seeley. J'ai besoin de rester un peu plus. Je goûterai à ton plat en rentrant, je n'ai rien avalé depuis ce midi.

- Très bien, fais comme tu veux. Je t'attends, ne tarde pas trop non plus...

- Promis, Seeley. Je t'aime. A tout à l'heure.

- A tout à l'heure.

Je raccroche le combiné. Depuis notre mariage, c'est la première fois que je vais rentrer tard à la maison. C'est pas bon, ça...

Alors, je me replonge dans mon roman. Ça me permet de me vider l'esprit sur autre chose.

Quelques temps plus tard, Angela entre dans mon bureau. Elle dépose un dossier devant moi.

- Voilà tout ce que j'ai pu trouver sur la victime, Brennan.

J'attrape le dossier et commence à le feuilleter. Je vois aussitôt l'adresse de l'adolescente.

- Je vais chez elle, dis-je simplement tout en me levant.

- A cette heure-ci ? s'exclame Angela en ouvrant de grands yeux.

- Quoi ? Il n'est pas tard, il est seulement...

Je regarde ma montre et je lis : 22 heures. Pas possible. Je n'ai pas écris aussi longtemps. Seeley vient juste de m'appeler, il y a seulement quelques minutes... Mais non. Trois heures se sont écoulées depuis son appel.

- Bon, d'accord, il est tard, dis-je en poussant un soupir. Mais j'irai demain.

- Très bonne idée. Maintenant, rentre chez toi, Booth va commencer sérieusement à se faire du souci.

- Oui, tu as raison. Bonsoir, Ange.

- Bonsoir, ma chérie.

Tandis que je me glisse derrière le volant de ma voiture, je ressens comme un léger vertige. J'appuie mon front sur le volant et j'essaie de rassembler mes pensées. Je mets le contact. Je devrais commencer à rouler, mais je reste là, sans bouger. Mes pensées sont confuses, je ne sais plus très bien où j'en suis.

Cette gamine... une prostituée... 15 ans...

Je secoue la tête. Si j'ai une fille, un jour, je me jure que je la surveillerai comme la prunelle de mes yeux.

Bon, arrête de réfléchir, Tempe, Seeley t'attend. Je pose mon pied sur l'accélérateur, quitte le parking de l'institut et je me glisse dans la circulation. Pendant que je roule sur l'autoroute, mes pensées repartent de plus belle. Rien à faire. Je suis inquiète.

Un enfant. Un enfant avec Seeley. Devais-je vraiment faire un enfant ? Dans le monde où nous vivons ? Dans ce monde où même les enfants sont victimes de... ?

J'hésite. Je ne sais plus. Oui ? Non ? Bon. Seeley et moi en tant que parents, nous serions parfaits, je pense. Lui le surveillerait, le protégerait. Moi, je lui inculquerai tout ce qu'il devra savoir. Oui, c'est ça, nous serions des parents parfaits. Mais le monde qui nous entoure, lui, n'est pas parfait, il est pourri jusqu'au trognon.

Je pousse un gros soupir.

Pourquoi suis-je devenu aussi sensible ? Il y a quelques années, cette histoire ne m'aurait rien fait. Enfin, quand je dis « rien fait », en fait, c'est faux. Simplement, je n'y aurais pas pensé de la même façon, ça ne m'aurait pas autant touché. Je crois que c'est mon mariage avec Seeley qui a causé un aussi grand changement chez moi. Depuis que je travaille avec lui, depuis que je vis avec lui, je me sens une toute autre femme, complètement différente de celle que j'étais, il y a encore peu de temps. Et j'aime ça. Malgré ma nouvelle sensibilité à tout ce qui m'entoure et aux enquêtes que nous menons, j'aime ça.

Un enfant. Oui, je veux en faire un. Je me sens prête. Seeley aussi, je le sais. Et nous ferons tout ce qu'il faut pour qu'il soit heureux.

Requinquée moralement, j'accélère tout en me dirigeant vers la maison, le sourire aux lèvres.


Mercredi matin...

La journée est superbe, comme celle des fins d'été. Je pense que c'est l'été indien. Le soleil brille, les oiseaux chantent... Allons bon, voilà que je fais dans le poétique, maintenant. Encore une chose de plus, chez moi. Je souris.

En fait, j'essaie de me motiver, de rester positive. Car ce matin, je dois aller voir les parents de la jeune victime. Et ça, c'est difficile, ça a toujours été très difficile, le plus dur dans ma carrière. Enfin, ça va aller, Seeley m'accompagne.

Hier soir, tandis que nous dînions, fort tard, il m'avait attendu patiemment devant un bon match de baseball, d'un fantastique Chili Con Carne qu'il avait cuisiné lui-même, accompagné d'un vin divin, je lui avais parlé de mes appréhensions, de mon sentiment de malaise vis à vis de cette affaire.

Il avait souris, je lui avais demandé pourquoi, il n'avait pas répondu à ma question, mais il m'avait dit qu'il m'accompagnerait car, de toute façon, c'est lui qui menait l'enquête, que c'était son enquête. Nous avions parlé de l'affaire pendant près d'une heure et ça m'avait vraiment fait du bien.

Intérieurement, j'avais poussé un gros soupir de soulagement. Et puis, abruptement, sans prendre de gant, je lui avais parlé de mon désir d'enfant. Il avait souris une nouvelle fois tout en me fixant profondément. Puis il s'était levé de table, s'était approché de moi, m'avait prise par les mains et emmenée dans notre chambre, tout ça sans une parole.

Instinctivement, je touche mon ventre. Je suis sûre que nous avons fait un bébé, la nuit dernière, je le sens. Comment, je ne sais pas, mais je le sens...

Je souris à nouveau en repensant à la nuit passée. Ça avait été... Aucun mot ne peut décrire ça. Seeley avait été d'une imagination débordante. Si après ça, je n'attends pas de bébé... Enfin, on verra bien. Pour l'instant, nous avons un meurtrier sadique à mettre sous les verrous. Et je pense que ça ne sera pas une mince affaire.

Je glisse un œil vers Seeley qui conduit. Il chantonne, il est calme, il conduit paisiblement. Il porte ses lunettes de soleil, je ne peux pas voir ses yeux. Tout à coup, il tourne son visage vers moi.

- Qu'est-ce qu'il y a ? me demande-t-il.

- Rien. Je te regardai, c'est tout, j'ai le droit, non ?

- Bien sûr, répond-il en souriant. Mais encore ?

- Je repensai à notre nuit, voilà ce qu'il y a.

- Et alors ? questionne-t-il en relevant ses lunettes de soleil sur son front et en me fixant.

Je suis sûre qu'il n'attend qu'une chose : que je le félicite de ses prouesses. Tous les mêmes, les hommes...

- Alors ? Je crois que, après tout ce que tu m'as fait, si je n'attends pas de bébé, j'en aurais jamais !

Il éclate de rire. J'adore l'entendre rire, j'adore sa façon de rire.

- Tu es vraiment incroyable, tu sais ça, ma chérie ? Je te signale que tu n'as pas été complètement inactive, d'après mes souvenirs.

- Oui, je suis assez contente de moi, là-dessus. Tu ne regrettes rien ? Si j'attends un bébé, tu seras heureux ?

- A ton avis ? Tempe, si tu me fais un fils, je serai l'homme le plus heureux du monde.

- Et si c'est une fille avec mon caractère ?

- Je serai aussi l'homme le plus heureux du monde. Simplement, j'aurai deux sales caractères à la maison.

- Seeley !

Je lui donne une forte tape sur l'épaule.

- Aïe ! Je plaisante, Tempe ! Je vous aimerai toutes les deux, bien sûr.

- Alors, croisons les doigts.

- Je t'aime, ma belle.

- Moi aussi, je t'aime. Très fort.

- Pas aussi fort que moi.

- Bien sûr que si.

- Mais non.

- Mais si.

- Non.

- Si.

Et voilà, on est repartis dans une chamaillerie où nous voulons avoir le dernier mot, tous les deux.


- Mme Stevenson, au nom du FBI, nous vous présentons toutes nos condoléances.

- Merci.

- Pouvez-vous répondre à quelques questions, Mme Stevenson ? Si vous vous en sentez capable, bien sûr, sinon...

- Ça va aller, agent Booth. Si ça peut vous aider à trouver l'assassin de ma Molly. Allez-y, je vous écoute.

- Merci, Mme Stevenson. Nous ne serons pas long. Le Dr Brennan et moi aimerions que vous nous parliez de votre fille. Sa vie, sa scolarité, ses amis, filles et garçons...

- Molly était une gentille fille, répond Mme Stevenson en se mouchant et essuyant ses larmes. Elle travaillait bien à l'école, elle avait toujours de bonnes notes, les félicitations de ses professeurs... Vous voulez boire quelque chose ? nous demande-t-elle soudain, changeant de conversation. J'ai du café, du thé...

- Non, merci, Madame, répond Seeley. Continuez, je vous en prie.

- Si vous permettez, je vais me servir une tasse de café, j'en ai bien besoin.

Elle s'éloigne vers la cuisine. Seeley et moi échangeons un regard. Nous sommes assis dans le salon de la maison des Stevenson. Des meubles simples, des tableaux sans valeur aux murs, un tapis un peu usé sous nos pieds. Les Stevenson ne respirent pas la richesse. Mais la maison est propre, bien entretenue, par ses propres moyens, Mme Stevenson étant veuve.

Mme Stevenson revient, portant un plateau avec plusieurs tasses et une carafe de café chaud qu'elle pose sur la table basse. Ça sent bon. Sur une petite assiette, quelques tranches d'un gâteau fait maison. Je regarde aussitôt Seeley qui, comme je le sais, a déjà repéré le gâteau.

- Alors, vous ne voulez vraiment pas d'une bonne tasse de café ? Il y a également quelques tranches d'un gâteau que je viens de terminer, il est encore tiède. C'est celui que Molly préférait, elle se jetait littéralement dessus, à chaque fois. Je l'ai fait pour me rappeler.

Elle nous fixe dans l'attente de notre réponse. Seeley et moi échangeons un nouveau regard.

- Hé bien, nous allons prendre une tasse de café tous les deux, pour vous faire plaisir et aussi parce qu'il sent très bon.

Elle sourit, je pense que je lui fais plaisir en lui répondant ce qu'elle attendait. Après tout, ce n'est pas de l'alcool. Elle nous sert une tasse bien remplie chacun.

- Une petite tranche de gâteau ? L'agent Booth a l'air d'être gourmand, dit-elle en fixant Seeley.

Je manque pouffer de rire, mais la situation n'est vraiment pas à ça. Quoique, à nous voir, on ne dirait jamais que nous sommes là pour poser des questions suite à un meurtre, mais plutôt à prendre un goûter chez une vieille amie.

Après nous avoir servis en café et en gâteau, la maman de Molly s'assoit sur le canapé face à nous et, après avoir avalé une gorgée de café, elle reprend la parole.

- Molly n'avait pas beaucoup d'amis. Elle était timide, réservée et ne parlait pas facilement aux autres.

- Elle devait bien avoir une bonne amie, lui demandai-je. On a tous au moins un ou une amie à qui se confier.

- Elle avait un très bon copain. Justin. Ils se connaissaient depuis qu'ils étaient tous petits, ils ont grandi ensemble à l'école.

- Justin comment ? demande Seeley en sortant son carnet de notes tout en mordant à belles dents dans le gâteau.

- Justin Chambers. Il habite pas très loin d'ici. Quand il a appris le décès de Molly, il s'est effondré, le pauvre...

- Pouvez-vous me donner son adresse ?

- 223, Christol Avenue.

- Étiez-vous au courant que Molly se prostituait ?

Un coup de coude sur le bras droit. Je regarde Seeley qui me lance un regard noir.

- Bones...

- Quoi ? Je pose juste une question importante. Le dossier de Molly mentionne que sa mère était au courant.

- Oui, j'étais au courant, bien sûr. Mille fois, j'ai tenté de la faire changer d'avis, mais rien n'y faisait. Elle me répondait à chaque fois que c'était pour m'aider à boucler mes fins de mois difficiles.

- Vous travaillez, Mme Stevenson ?

- Non, agent Booth, je suis au chômage depuis plus d'un an.

- Comment avez-vous réagi quand Molly vous en a parlé la première fois ?

- J'ai cru mourir. Ma fille... une prostituée... Vous imaginez-vous ce que peut ressentir une mère quand elle apprend ce genre de chose-là ? Vous êtes une mère, Dr Brennan ?

- Heu... non non... pas encore...

- Hé bien, vous verrez quand vous le serez, si jamais c'est une fille que vous avez... On a l'impression qu'on vous déchire les entrailles...

De nouveau, les larmes coulent sur ses joues et elle se mouche bruyamment. Je me sens un peu penaude d'avoir abordé le sujet de cette façon-là. Je sens le regard de Seeley sur moi.

- L'avez-vous entendu parler à quelqu'un de son... activité ? Au téléphone, par exemple ? lui demande Seeley.

- Oui, plusieurs fois, elle ne se cachait pas, puisque j'étais au courant. Elle parlait à un homme. Son protecteur, je suppose. Je lui ai demandé plusieurs fois qui c'était, mais elle n'a jamais voulu me le dire. Elle savait que j'irai aussitôt le dénoncer à la police. Ce que j'aurai fait, bien entendu...

- Pourquoi n'avez-vous pas prévenu les services de l'aide à l'enfance quand vous avez su que Molly se prostituait ?

C'est moi qui ai posé la question, elle me turlupine depuis le début de la conversation.

- Je n'en ai pas eu le cran... Je... je sais que j'aurais dû... Oui, j'aurais dû le faire... mais je...

- Mme Stevenson, je me dois de vous dire que...

Mais je n'ai pas le temps de finir ma phrase que Seeley m'attrape par le bras et me force à me lever. Je le regarde d'un air interrogateur, il me lance une grimace de son répertoire, du genre « n'insiste pas » et se tourne vers la maman de Molly qui s'est levée à son tour.

- Mme Stevenson, merci de votre aide. Nous ne manquerons pas de vous tenir informé des suites de l'enquête. Et si c'est nécessaire, nous reviendrons vous voir. Et une fois de plus, encore toutes nos condoléances.

- Mais... Seeley, je n'en ai pas encore...

- On y va, Bones, grogne-t-il à mon oreille.

Bon, je décide de ne pas insister, il doit avoir ses raisons et il va falloir qu'il me les expliquent, et vite.

- Mais, enfin, Seeley, qu'est-ce qui t'as pris ? Pourquoi tu m'as empêché de parler à Mme Stevenson ?

Ma question fuse aussitôt que nous avons passé le pas de la porte de la maison.

- Ma belle, tu allais te lancer dans un interrogatoire qui n'avait pas lieu d'être à ce moment.

- Quoi ? Tu plaisantes ? J'allais simplement l'informer qu'elle n'avait pas fait ce qu'elle aurait dû faire pour sa fille, c'est-à-dire, la mettre sous la protection de l'aide à l'enfance malheureuse.

- Molly Stevenson n'était pas malheureuse. Sa mère la traitait bien.

- Pas malheureuse ? Elle vendait son corps de gamine à des hommes adultes. Des hommes qui... qui...

Je ne peux plus parler parce que je suis en train de m'imaginer les scènes. Je déglutis difficilement ma salive et je frissonne. Tout ça a dû être un cauchemar pour la jeune fille. Finir comme ça, tout ça pour aider sa mère. Quel malheur...

- Monte, Tempe, nous allons déjeuner tranquillement et ensuite, nous irons questionner ce Justin Chambers.

Seeley est déjà derrière son volant. J'ouvre la portière du SUV et m'installe sur mon siège. Je me sens toute barbouillée. Peut-être le café de Mme Stevenson, d'où cette sensation d'acidité dans ma bouche... Quoiqu'il en soit, je suis ressortie écœurée de notre entrevue.


A suivre...

Alors, qu'en pensez-vous ? Un petit clic, tout en bas, merci !!!