Bonjour la suite de cette fiction
Bonne lecture
Lowlyy
Chapitre 3
Le bruit des draps qui se froissent me réveille brusquement. Je me sens un peu perdu, enveloppé d'une chaleur et d'une odeur agréable... Je me sens bien. Puis mon lit bouge, la chaleur sur mon ventre s'éloigne, et je me rappelle. Je suis devenu le chat de Draco Malfoy, et je me suis endormi dans son lit.
Merlin, il faut que je me sauve ! Le lit interdit dans la chambre interdite, et moi je suis dessus ! S'il me trouve il va me suspendre la tête en bas, ou pire, m'arracher les poils un par un à la pince à épiler ! J'ouvre un œil et sursaute.
Ses yeux sont juste en face des miens... pendant la nuit j'ai dû bouger et je me suis approprié son oreiller. Pris sur le fait, je décide de jouer les innocents et baille en m'étirant consciencieusement.
« Bonjour, toi » Il n'a pas l'air fâché, merci Merlin ! Peut-être que si je suis gentil, il me laissera revenir dormir ici ? Pas que j'ai spécialement envie de dormir avec Draco Malfoy, notez bien, mais c'est quand même plus confortable qu'une vieille couverture par terre.
Alors je me lève doucement et frotte ma tête contre sa joue. Comme il ne me rejette pas et gratouille mon ventre, je crois que j'ai gagné le droit de revenir...
Il repousse les couvertures, et la culpabilité me submerge. Hier soir, je n'ai pas vraiment fait attention, mais dans la lumière pale du matin, c'est vraiment flagrant. Un peu plus bas que son genou, trois lignes roses, qui tranchent avec sa peau laiteuse, remontent presque jusqu'à son boxer. Le genou est boursouflé et semble douloureux.
Il prend un pot d'onguent dans la table de nuit et malgré l'odeur désagréable et la couleur repoussante, en étale consciencieusement en massant délicatement les cicatrices de sa jambe gauche. La blessure est ancienne, mais je le vois tout de même grimacer...
En sixième année, dans le dortoir des garçons de Griffondor, quelques grandes questions, comme de savoir si Snape huilait ses cheveux ou leur lançait un sort d'illusion pour leur donner cet aspect graisseux, si McGonagall avait un jour été jeune, si Rusard avait une vie sexuelle, combien de fois Hermione avait-elle lu L'Histoire de Poudlard... revenaient souvent. Parmi ces questions, celle qui a entraîné le plus de débats était sans conteste celle de savoir quelle était la première chose que Malfoy faisait le matin en se levant.
Thomas jurait qu'il sautait sur sa brosse pour remettre ses cheveux en place, Neville croyait qu'il s'examinait narcissiquement dans son miroir pendant au minimum une demi heure, Justin pariait sur une séance de masturbation matinale (éventuellement devant le miroir évoqué par Neville), et Ron verdissait à l'idée qu'il embrasse une Pansy en nuisette qui se serait glissée dans ses draps.
A l'époque, nous aurions donné n'importe quoi pour avoir une réponse à cette question stupide, et maintenant que je savais, mon cœur se serrait à cette idée. La Guerre n'est vraiment pas juste... Je me promis d'éviter d'enfoncer mes griffes dans sa cuisse à l'avenir... sa jambe droite restant bien entendu accessible à tous mes mauvais traitements.
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Vêtu d'un simple pantalon, il m'emporte jusqu'à la cuisine, et me dépose à nouveau sur la table. Il pose une soucoupe de lait devant moi, et une tranche de pain sans croûte, puis s'assoit en face, avec une grande tasse de thé et du pain généreusement recouvert de confiture de citrouille.
Je n'ai pas vraiment d'appétit. Ca fait si longtemps que mon estomac n'a pas mangé à sa faim que la vue de la nourriture m'écœure un peu, mais je me force à laper tout le lait quand même.
« Fais un petit effort, chaton, tu ne manges presque rien. C'est pas comme ça que tu va te remplumer, tu sais » me dit-il d'une voix triste. Un hibou toque à la fenêtre. Il apporte la Gazette du Sorcier.
Alors, tant qu'il a le dos tourné, je lui pique l'une de ses tartines à la confiture. « Voleur !» grogne-t-il, mais il me sourie, pas vraiment en colère.
Il me ressert du lait en feuilletant distraitement le journal. « Encore un article de Skeeter, j'aurais pas besoin d'acheter de litière aujourd'hui non plus ! »
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Ca fait déjà cinq jours que j'habite chez Draco Malfoy. La routine a commencé à s'installer.
Les matins avec lui sont calmes. On prend notre petit déjeuner ensemble pendant qu'il me commente les nouvelles du jour et les stupidités qui paraissent dans la Gazette du Sorcier. Il me laisse m'amuser avec le journal pendant qu'il s'enferme dans la salle de bain pour au minimum une heure.
Moi qui ne l'utilise guère plus de vingt minutes les grands jours, je n'aurais jamais cru que quiconque puisse passer quotidiennement autant de temps à se préparer !
Je ne sais pas ce qu'il y fait, mais je ne cherche pas non plus à violer son intimité, la vision de sa jambe douloureuse chaque matin m'a suffi. Je ne pense pas qu'il apprécierait que quiconque puisse le voir quand il est si désarmé.
Puis il s'installe dans le coin bureau du salon, passe deux ou trois coups de téléphone – cette technologie moldue a été adaptée au réseau de cheminette du monde magique et évite aux standardistes d'avoir trop mal au dos à force de se pencher dans les cheminées – puis il reçoit son bras droit, Blaise Zabini, pour parler affaire et déjeuner.
J'aime bien Blaise. La première fois qu'il est venu, il m'a terrorisé en secouant un bout de ficelle sous mon nez pour que je joue avec ! Vous m'imaginez jouer avec une ficelle ? Jamais je ne m'abaisserais à ce point !
Alors je lui ai sauvagement griffé la main et j'ai couru me cacher sous un meuble pendant que Malfoy essayait de calmer un Zabini en colère. Il avait dégainé sa baguette et me poursuivait quand j'ai entendu la voix de mon propriétaire le menacer d'un doloris s'il continuait à martyriser son chat.
Zabini s'est excusé et depuis, il m'apporte des biscuits tous les jours. Il a arrêté d'essayer de me faire jouer à des jeux idiots... Il n'essaye plus non plus de me caresser, je refuse d'être tripoté par tout le monde comme ça.
C'est à ce moment que j'ai réalisé que je n'étais pas si mal tombé que ça finalement quand Tonks m'a déposé ici.
Ce jour là, j'ai aussi décidé d'arrêté de ruiner les fauteuils du salon en faisant mes griffes dessus. De toute façon, ça ne servait à rien puisque Draco les rendaient comme neufs d'un simple 'réparo'...
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Ce midi, Malfoy a fait livrer le déjeuner par hiboux. 'La citrouille bleue'... c'est le plus chic restaurant du Chemin de Traverse… et bien sûr, hors de prix. Pourtant, il m'a encore commandé un menu spécial.
J'avais complètement occulté la présence de Draco et Blaise, me délectant d'une mousse au chocolat à damner Merlin quand le hibou le plus laid que j'ai jamais vu est arrivé avec une beuglante.
Malfoy a pris la lettre d'un air blasé pendant que Zabini donnait du miam-hibou au volatile. Et là, la laideur a ignoré sa bouffe de remerciement et s'est jeté sur ma mousse au chocolat !
Vous y croyez, vous, à une mesquinerie pareille ? Oter la mousse au chocolat de la bouche d'un animal plus petit ! Mais je l'ai pas laissé faire, c'est pas parce qu'il est je ne sais combien de fois plus gros que moi qu'il va faire sa loi, non plus ! Je l'ai griffé, mordu et j'ai fini par avoir le dessus !
Bon, c'est vrai que c'est peut-être pas la meilleure idée que j'ai eu de ma vie, parce que ses serres auraient sans problème pu broyer complètement ma colonne vertébrale si je n'avais pas eu le réflexe de lui lancer une petite décharge de magie avant.
Heureusement, les deux serpentards étaient tellement préoccupés par mon sort, essayant d'immobiliser le hibou à coup de 'stupefix' qu'ils n'ont rien remarqué.
Puis Draco m'a emporté affolé à la salle de bain pendant que la beuglante se consumait, le suivant à la trace. La lettre explosa, libérant la voix le plus stridente et la plus désagréable qu'il m'ait été d'entendre.
« DRACO LUCIUS MALFOY !
AUJOURD'HUI C'EST LE DEUXIEME ANNIVERSAIRE DE NOS FIANCAILLES ! NON SEULEMENT JE N'AI PAS DE CADEAU, MAIS EN PLUS TU NE DAIGNES MEME PAS VENIR. JE NE TOLERERAIS PLUS UNE SEULE DE TES EXCUSES !
J'EXIGE QUE TU DEMANDES OFFICIELLEMENT MA MAIN A MES PARENTS !
J'ARRIVE CHEZ TOI DANS UNE DEMI HEURE, ET JE TE CONSEILLE D'ETRE DANS LE SALON A M'ATTENDRE !
Ta Pansy qui t'aime »
Encore sonné par le bruit, je tremble, les oreilles rabattues en arrière. Draco continue à s'occuper calmement de moi, comme si de rien n'était. Je tressaille quand il désinfecte la plaie, mais ses gestes sont doux.
« T'inquiètes pas, chaton, Pansy est une mégère dont tu ne devrais même pas avoir peur. Même si je t'accorde qu'elle a une voix horripilante – attention, ça va piquer un peu – mais quelle idée aussi de t'attaquer à un hibou dix fois plus gros que toi ! Je lui ferai passer un sale quart d'heure avant de le rendre à sa propriétaire. Je l'ai toujours trouvé sournois... »
Il passe de la crème cicatrisante sur mes écorchures. J'ai du mal à bouger, il ne ma pas raté le vulgaire porteur de courrier !
« Bouge pas, chaton, je finis de te mettre de la crème – tu commençais à avoir une allure décente, pas encore bien gros, mais déjà moins famélique... Je ne devrai pas te féliciter, mais je suis fier de toi ! Faut jamais se laisser faire ! »
Il m'entoure le dos d'un bandage et soupire, en me gratouillant la tête. « Dans quelques jours, tu n'auras presque plus rien. Tu pourras te vanter de m'avoir fait peur ! »
Dans l'encadrement de la porte, Blaise nous regarde d'un air goguenard. « Tu parles à ton chat, maintenant ? » Un regard glacial de Draco le remet à sa place, et il s'excuse de sa fuite stratégique, ne voulant pas croiser « cette adorable Pansy ».
Après cet abandon, Draco s'assoie dans son fauteuil, devant la cheminée, moi sur ses cuisses. Il soupire à m'en décoiffer les poils du haut du crâne, et me fait presque pitié.
Ce n'est pas notre journée, hein... »
Quand la cheminée crépite, annonçant une arrivée, je lui lèche la main en signe d'encouragement. C'est la première fois que j'ai une attitude aussi amicale avec lui.
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J'ai senti mes poils se hérisser dès qu'elle a posé le pied dans la pièce. Cette fille est réellement plus qu'antipathique. J'avais décidé de laisser mes vieux préjugés de côté en m'apercevant que Draco ou Blaise étaient sympathiques, alors pourquoi les autres Serpentards... mais là, c'est au-dessus de mes forces !
Elle est encore plus horrible que dans mes souvenirs, enfin, pas vraiment laide, mais l'air renfrogné, outrageusement maquillée et habillée avec un mauvais goût qui touche au paroxysme… pire que moi quand j'avais les vieilles fripes de Dudley, c'est pour vous dire !
Quand elle a ouvert la bouche, ça a été encore pire. Merlin ! Cette fille a la voix la plus crispante que je n'ai jamais entendu ! J'ai failli déchiqueter les cuisses de Draco rien qu'en l'entendant.
« Je suis heureuse que tu m'ais invitée, mon Drakichou d'amour » … mon drakichou d'amour ! C'est le surnom le plus ridicule que j'ai jamais entendu ! Et puis, à moi, il m'avait semblé qu'elle s'était débrouillée pour s'inviter toute seule ! Je me lève pour leur laisser un peu d'intimité, j'ai pas vraiment envie de voir leurs retrouvailles, mais la main de Draco me retient.
« Bonjour, Pansy » il lui répond sur un ton d'une froideur à congeler des pingouins sur la banquise, évitant son baiser d'un geste qui montre un certain entraînement.
Elle glousse stupidement « Ne sois pas si pudique, je ne suis absolument pas gênée de t'embrasser devant ce... chat » Elle a une moue dégoûtée en m'examinant, me pinçant sournoisement les oreilles.
« C'est le chat le plus moche que j'ai jamais vu. Il est tout maigre, horriblement rachitique et absolument pas distingué ! Toi qui ne t'entoures que de jolies choses, d'habitude... Quand on sera mariés, il est hors de question qu'il vive avec nous ! »
« Si mon chat est dans cet état, Pansy, tu dois en féliciter ton stupide hibou, qui a trouvé amusant de lui planter ses serres dans le dos. » Je me sens bêtement heureux qu'il prenne ma défense. Sa voix est calme, trop calme, alors que ses muscles frémissent de rage froide.
« De plus, je ne pense pas que le problème de son logement futur se pose puisque je n'ai absolument pas l'intention de t'épouser. Je t'ai déjà dit et répété que ce n'est pas parce que père a organisé cette mascarade de fiançailles qu'il fallait attendre un mariage de ma part. »
« Mais, nos parents ont conclu un accord, tu dois t'y soumettre ! Je sais que ton accident a un peu altéré ton jugement, mais je pensais que tu reviendrais à la raison... ta mère m'a dit... enfin, je t'aime ! Même si tu n'es plus aussi beau qu'avant, malgré ton accident, je t'aime...»
« Non, Pansy, tu vis au dessus de tes moyens depuis trop longtemps. Ce n'est pas moi que tu aimes, c'est l'argent et la renommée qu'une union avec les Malfoy te procurerait. C'est tout. Je n'ai pas l'intention d'être un pigeon. Moi je ne t'aime pas.»
« Très bien » continua haineusement la jeune fille « Puisque tu le prends comme ça, je vais t'expliquer les choix qui te restent... Ton père veut un héritier et, tout comme moi, il est lassé d'attendre ton bon vouloir. Ca fait déjà deux ans que nous sommes fiancés ! Si tu ne fais pas ta demande en mariage, je ferais en sorte d'être engrossée par le premier venu, disant que tu es le géniteur. Crois tu que ton père me laisserait mettre au monde ton bâtard ? Il te forcera à m'épouser sur le champ ! »
« Je refuse de t'épouser sous le chantage. Fais donc comme il te plaira. » Il n'esquiva pas la gifle que lui lança la sorcière. Pansy repartit par la cheminée, furieuse, pendant que Draco riait, d'un rire triste qui me serra le cœur.
La vie des sang-purs n'est pas si facile qu'il n'y parait. Non mais franchement, un mariage arrangé à notre époque, c'est complètement archaïque ! Avec Parkinson en plus ! Je frissonnai de dégoût.
« C'est pas grave, chaton. Elle ne m'obligera à rien. » murmura Draco, comme s'il avait lu dans mes pensées. Je le regardais de l'air le plus interloqué possible, attendant une explication.
« Si elle tombe enceinte, elle est foutue ! Mon accident, comme elle l'appelle pudiquement m'a rendu stérile, pas que je sois impuissant, hein chaton, mais je ne peux pas avoir d'enfant... » Et il recommence à rire, un rire désabusé qui fait mal à entendre. Ses doigts me serrent convulsivement, me faisant un peu mal, mais je reste là sans broncher...
« Je sais même pas pourquoi je te raconte tout ça, d'ailleurs... »
Je ne savais pas non plus, mais pour la première fois, il m'avait laissé voir les blessures qu'il cachait au fond de lui. Et ce qui ne m'aurait fait ni chaud ni froid il y a quelques années m'attristait profondément maintenant.
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Voilà voilà… alors, ça vous plait toujours ? Je dois continuer ? Ou vous préférez ranger ça dans la case des fic à ne pas lire ?
Je suis 'reviewivore', alors si vous voulez lire la suite, pensez à me nourrir de reviews, et je me dépêcherais de publier la suite
