01/05/2023

Le rêve d'April : Partie 2

Chapitre 22 : L'heure de la vengeance

April était assises sur les marches du centre du repère, face au portail toujours en activité. Cependant avec le temps elle avait réussi à déchiffrer le ''comportement'' du portail. Avec le son qu'il produisait, elle pouvait déterminer si quelque chose allait le traverser ou s'il était tout simplement silencieux. Les mains en boules devant sa bouche et les coudes posés sur ses genoux, elle fixait pensivement le fluide bleu d'où sortait des petites éclaires statiques.

Quand allaient-ils rentrer ? Allaient-ils bien ? Avaient-ils réussi à sauver leur double ? Toutes ses questions se bousculaient dans sa tête et demeurait sans réponses pour le moment… Il fallait qu'elle soit patiente.

Maître Splinter pouvait sentir son anxiété depuis sa zone de méditation au centre du repère, entouré de bougie blanche. Lentement, il se releva de sa position pour venir la rejoindre, posant une main sur son épaule pour la sortir de ses pensées.

« Tu te torture l'esprit. » Dit-il calmement avant de s'assoir à côté d'elle, son regard bienveillant posé sur elle.

« Je sais… je n'arrête pas de m'imaginer le pire… » Admit-elle en baissant les yeux au sol, son angoisse grandissante au fond de sa poitrine. Ça faisait déjà cinq heures qu'ils étaient partis, combien de temps allait-elle devoir attendre ?

« Dans ces moments de doutes, je repense à leurs évolutions. Ils ont tellement grandit depuis et appris de leurs erreurs. Alors c'est là que je me rassure en me disant qu'ils sont largement capables de gérer tout ça, ils en ont les capacités. » Expliqua-t-il en tournant ses yeux vers le portail, le museau haut.

« Ait simplement confiance en eux. » Dit-il d'un petit sourire confiant.

April enviait Splinter pour sa confiance, comment pouvait-il être sûre que tout allait bien se passer ? C'est alors qu'ils entendirent un grognement derrière eux suivit de pas lourd se rapprochant.

« Ils mettent beaucoup trop de temps, je vais voir ce qui se passe. » Raphaël déboula au centre du repère avant de sauter par-dessus une rambarde pour se diriger vers le portail. April sauta sur ses pieds pour courir se mettre entre la tortue au sang chaud et l'arche de métal.

« Non, non, non, tu vas nulle part ! » S'écria-t-elle en posant ses deux mains sur son plastron pour l'empêcher de faire un pas de plus.

« On ne sait pas si on peut repasser par le portail, et d'après ma dernière expérience tout me dit qu'on disparaitra dans le vide infini ! » Expliqua-t-elle, ses sourcils se creusant dans son front alors que la tortue au bandeau rouge ne la regardait même pas, les dents serrer.

« T'occupe pas de ça, April. » Grogna-t-il en la poussant sur le côté.

« Je sais que tu es mort d'inquiétude, je le suis aussi Raph. Mais ça ne sert à rien de faire quelque chose de stupide, ça ne les aidera pas si tu disparait. » Dit-elle dans la veine tentative de le raisonner. Elle comprenait son inquiétude, elle n'imaginait même pas ce qu'il devait ressentir vue que c'étaient ces frères, et l'idée qu'il soit le dernier d'entre eux devait le terrifié.

« Se sont mes frères et ils ont besoin de moi. Si tout allait bien, ils seraient déjà revenus. » Dit-il en haussant la voix, mais voyant que la jeune femme s'apprêtait à débattre à nouveau il repris d'un ton plus menaçant.

« Tu ne peux pas comprendre, April. Tu es juste une humaine qui se lassera de nous un jour ou l'autre pour retourner à ta vie d'humaine. On n'est pas si important que ça pour toi ! » S'écria-t-il en levant les bras, les arcades froncés.

« Raphaël ! » S'interposa Splinter en se relevant des marches en s'appuyant sur sa canne. Il n'aimait pas voir son fils se laisser dépasser par ses émotions à cause de la situation. Les sourcils froncés, une larme coula sur sa joue tandis qu'elle serrait les poings à ses côtés.

« Tu… te trompe lourdement ! » Cria April au visage de la tortue qui mettait ses nerfs à vif. Elle était elle-même surprise par sa monté de colère qu'elle ne pouvait réprimer, alors elle repris sur sa lancé pour lui dire une bonne fois pour toute les choses en face.

« Il n'y a pas un jour qui passe sans que je me fait du souci pour vous ! Je donnerais ma vie pour vous sauver s'il le fallait mais je ne vais certainement pas me jeter dans ce foutu portail pour disparaitre stupidement, ça ne serait d'aucune utilité ! Alors je les attendrais le temps qu'il faut et je serais prête le moment venu ! Comment tu peux croire un seul instant que vous n'êtes pas important ?! Je vous aimes tous les cinq, vous êtes ma seule famille ! Jamais je ne vous laisserait tomber ! » S'écria-t-elle alors que d'autre larmes se mirent à couler sur ses joues, ses émotions mises à rudes épreuves.

Raphaël ne savait plus quoi dire face à la jeune femme qui était dans tous ces états. Avec tout ce qui se passait, il n'arrivait plus à contrôler ce qu'il disait et avait fait du mal à ses proches, comme à chaque fois qu'il perdait le contrôle… Son visage s'adouci alors qu'il bégayait des excuses. Elle avait raison, il n'avait pas à lui reprocher tout ça car dans le lot elle aussi souffrait tout autant.

« Je comprends Raphaël, je comprends que tu sois inquiet et que tu as envie de les aider mais le seul moyen de le faire pour l'instant est de les attendre sagement ici et d'être prêt pour lorsqu'ils reviennent. » Expliqua-t-elle plus calmement en essuyant ses yeux avant de lui offrir un sourire rassurant.

« Attendons ensemble. » Dit-elle ensuite en lui tendant la main comme signe de pacte, même si au fond elle savait que ça ne le retiendra pas longtemps.

D'un coup d'œil à son Maître, Raphaël acquiesça et serra la main d'April.

« J'attendrais deux heures. » Dit-il en repartant de là ou il était venu, sans doute pour s'entrainer le temps d'attendre.

April se détendit enfin, elle avait évité une catastrophe pour deux heures au moins… Elle se retourna pour faire face au portail en activité, son cœur se serrant dans sa poitrine.

Ou êtes-vous…

Ils avaient trouvés refuge dans une ancienne station métro, depuis longtemps abandonné. Dans cette station, ce trouvait un wagon laissé dans son état pitoyable, cependant ça faisait une parfaite cachette pour les tortues mutantes qui recherchaient juste un endroit ou se caché, le temps de se remettre de tout ça. C'est ici que Maître Splinter les attendaient depuis l'attaque de leur repère devenu inhabitable. Il les avaient entendu de loin grâce à sa fine ouïe et les attendaient à l'entrée du wagon qu'il avait rapidement emménager.

Lors de l'attaque, il avait fui avec son fils Donatello pour trouver un moyen de sortir les trois autres des griffes des hommes en noirs. Il était au courant pour son plan et voir Léonardo, Donatello et Michelangelo en double ne le troublait pas plus de cela. Raphaël et Léonardo aidait Mickey à marcher jusqu'à leur maison de fortune avant que leur père ne les rejoignent, sur le point de s'effondrer de terreur en voyant l'état de son plus jeun fils.

« Que-que s'est-il passé… ? » Demanda-t-il sous son souffle alors qu'il attrapa les épaules du ninja au bandeau orange tout en constatant sa blessure.

« Ce Bishop… Je vais le tuer de mes mains. » Grogna Raphaël en frappant son poing dans un pilier de béton, manquant de peu de le faire s'effondrer.

« Viens entre ! » Pressa le rat en aidant Mickey à grimper dans le wagon, son visage crispé de douleur. Il allait s'effondrer de douleur d'un instant à l'autre.

Les frères venus de l'autre dimension se regardèrent un instant, alors que le choc était lisible sur leur visage. Pour une fois, Michelangelo n'avait rien à dire sur ce qui c'était passé dans le laboratoire mobile. Les mains tremblantes, Donatello remonta ces lunettes alors qu'il regarda son double disparaitre dans le wagon.

« Combien de temps il nous reste Donnie ? » Demanda Léonardo d'un raclement de gorge, ne supportant pas la vue de son petit frère dans cet état.

« April m'a dit qu'elle ressentait des migraines, c'était progressif jusqu'à ce qu'elle en perde connaissance. D'après mon hypothèse, c'est une jauge pour nous indiquer le temps qu'il nous reste. » Dit-il en activant son hologramme pour montrer un minuteur.

« Ça fait exactement sept heures que nous sommes ici. Pour l'instant, je n'ai aucun moyen de savoir combien de temps il nous reste. » Expliqua-t-il à ses deux frères.

« On peut vraiment se fier à des simples maux de tête ? » Léonardo était sceptique sur ce moyen de définir leur temps de séjour dans la deuxième dimension.

« On a que ça pour l'instant. » Admit le nerd, bien conscient que ce n'était pas une preuve rassurante dans leur condition.

« Et… que se passera-t-il si on ne rentre pas si on a mal à la tête ? » Demanda Mickey alors qu'il sortait de son état de choc. Ses deux plus grands frères le regardèrent en silence, dans l'incapacité de lui donner une véritable réponse. Ils ne pouvaient même pas le rassurer en disant que tout allait bien ce passé car même eux commençaient à en douter sincèrement.

« Donnie, on a besoin de toi. » Demanda soudainement le deuxième Léonardo qui avait passé sa tête par la porte d'entrée du wagon. Sans perdre une seconde, le nerd monta avec pour les rejoindre et leur apporter leur aide.

Une heure plus tard…

« C'est ici la dernière fois qu'on a vue cet enfoiré. » Dit la voix grondante de Raphaël qui avait les poings posés sur une grande table ou y était posé une carte du trafic ferroviaire.

« Si on bloque l'accès ici, on peut le coincé. » Informa le Léonardo de l'autre dimension en pointant son doit près d'une voix.

« Donnie, ils sont toujours là ? » Demanda le deuxième Léonardo dans un talkiewalkie.

« Je confirme. » Répondit le nerd à travers l'appareille de communication.

« Préparé vous, ça va cogner. » Fit Raphaël en craquant ses doigts tandis qu'il s'imaginait déjà en train de fracasser l'humain qui avait osé faire du mal à son petit frère.

En position, Donatello et Michelangelo de l'autre dimension observait le train de Bishop qui c'était arrêter. Le nerd déploya l'une de ses inventions qui lui permettait d'écouter sur une longue distance, il fit quelques réglages jusqu'à capter des sons provenant du train sombre.

« C'est fascinant… Hum. Agent Bishop, j'ai prélevé un membre de mon sujet numéro trois, me facilitant le transport. Lors de ma dissection, j'ai pu constater une régénération surprenante des tissues et un système nerveux bien différent de ceux que je connaisse. Il se pourrais que le mutagène qui se trouve dans leurs veines, accélère le processus d'auto-réparation. Et contrairement à leur première forme d'animaux, leur sang est chaud ce qui leur prodigue une grande facilité dans leurs mouvements et explique leur force surhumaine. J'ai hâte d'en découvrir plus. » L'homme s'emblait bien enthousiaste sur ses découvertes, au plus grand malheur des tortues.

Il savait qui ils étaient désormais, il n'y avait aucun moyen pour le laisser en vie en détenant autant d'information précieuse sur eux. Donatello dégluti lorsqu'il vit que des hommes armés patrouillaient tout autour du train de cinq wagon, tenant fermement leur fusil. A ses coté, Mickey faisait de son mieux pour ne pas vomir alors que l'image de tout ce sang et de se bras manquant le hantait.

« On est en positon. » Affirma Léonardo dans leurs communications pour leur informer que le plan pouvait commencer.

« Ça va aller Mickey ? » Demanda Donatello en regardant son petit frère qui détournait les yeux. Rapidement, il hocha la tête avant de le suivre discrètement derrière d'autre train à l'arrêt, parfait pour les couvrir.

A l'avant du train, Raphaël et Michelangelo étaient en train de mettre K.O les gardes pour par la suite poser des bombes pour empêcher l'homme de prendre la fuite durant l'assaut. Au même moment, les deux Léonardo étaient à l'arrière pour rentrer dans les wagons et écraser l'ennemi, créant ainsi une diversion. Et pendant ce temps, Donatello piratait le train high-tech pour supprimer toutes les recherches que l'homme avait pu mener jusqu'ici sur eux. Il ne leur échappera pas cette fois-ci.

« Euh Donnie ? On a de la compagnie ! » S'exclama soudainement Michelangelo lorsque deux hommes en noirs le repérèrent.

« Oh. » Fit Donatello avant de sortir son bo pour les combattre et Mickey ses nunchaku.

Soudain, des coups de feu retentirent venant de l'avant du train. Les deux regardèrent dans la direction des tirs pour voir que Raphaël et Donatello n'avaient pas réussi à mettre la bombe à l'avant du train car trop de soldats les avaient remarquer et les poursuivaient désormais.

« On va leur donner un coup de main ! » Dit Donatello en courant vers eux pour les aider à se débarrasser des humains agressifs.

C'est alors qu'ils entendirent le son du train qui se mettait en marche avant que la machine commençât à avancer. Il n'allaient pas le laisser filer comme ça. Les quatre rejoignirent les deux Léonardo à l'arrière pour combattre des guerriers aguerris. Mais d'où sortaient-ils tous ? Dépassant tout ceux qu'ils avaient affronté jusqu'ici, les hommes en noirs parvenaient à les esquiver et leur donner des coups en retour, usant du matériel qu'ils trouvaient autour d'eux pour faire un maximum de dégât. C'est ainsi que dans les pires moments les trois sentirent une violente migraine leur faire perdre leurs moyens. Mickey et Donnie se regardèrent après leur migraine dissiper, comprenant que la situation devenait critique.

C'était exigu pour se battre mais les frères savaient en tiré parti, Donatello s'appuya sur son bo pour se propulser en avant pour donner un grand coup de pied dans deux hommes pour leur ouvrir le chemin jusqu'au wagon de Bishop. Ils le tenaient, s'en était fini pour lui. Raphaël ouvrit la porte du laboratoire pour se retrouver face au scientifique au long manteau noir qui c'était mis en position de combat. Affronter une tortue mutante de deux mètres de hauteur à main nue ? Pourquoi pas.

Cependant après quelques minutes à ne faire qu'esquiver ses coups, Raphaël sent la colère l'envahir. Il était face à l'homme qui avait fait du mal à son frère et il ne parvenait même pas à le toucher. Derrière lui, ses frères se retrouvèrent submergé par le nombre de gardes qui n'arrêtaient pas d'affluer. Soudain, Bishop sauta sur l'une des tables d'opération avant de sauter pour attraper une barre de fer au plafond et ainsi s'élancer vers Raphaël pour le frapper en plein visage à l'aide de ses deux pieds le faisant ainsi tomber en arrière. D'où sortait-il une telle force ?

« J'aurais aimé vous disséquer vous et vos doubles sortis de nulle part, mais j'ai plus important à faire. » Dit-il d'un sourire mauvais avant de se diriger vers une console de commande avant de passer dans le wagon de l'avant puis que les portes ne se refermes. Avant même qu'ils ne puissent réagir, leur wagon se sépara du leur alors qu'ils roulaient à toutes allures sur les rails.

« Tu ne t'en tira pas comme ça. » Grogna la tortue au bandeau rouge avant de reprendre la bombe qu'il était censé mettre à l'avant du train au début de leur mission. Juste à temps, il la lança suivit d'un shuriken qui la trancha et la fit exploser, manquant de peu de les toucher eux aussi, leur wagon se soulevant légèrement.

S'il avait survécu à ça, il n'était pas humain.

A suivre…