Titre : Entre rêve et réalité 4/ 4

Série : les carnets de voyage du capitaine – entrée 12

Perso : Jack, Martha, le Docteur, Owen, Tosh, Gwen et Ianto

Résumé : Pour Jack il est temps de rentrer, et de retrouver les siens, mais les choses ne se passent pas très bien

Rating : PG-13 –

Spoilers : fin saison 1 et saison 2

Disclaimer : Bien sûr je me contente d'emprunter des personnages appartenant à la BBC

Béta : Black59


Jack s'était réveillé dans sa chambre à bord du Tardis, du moins la chambre qu'il occupait, autrefois, du temps où il était encore mortel, du temps où il voyageait avec Rose et le Docteur. Martha était assise sur le bord du lit et le regardait avec un sourire bienveillant.

« Bonjour, comment va la belle au bois dormant ? » Avait-elle demandé.

« Bonjour, je ne suis pas trop sûr de savoir comment je suis arrivé là… » Avait-il répondu encore ensommeillé.

« En tout cas, c'était une bonne idée, tu en avais manifestement besoin »

« J'ai manqué quelque chose ? Je suis en retard ?»

« Très en retard, Jack, tu as dormi 48 heures !»

« Non, je ne dors jamais plus d'une heure ou deux… »

« Tu as dormi exactement 49 heures et 24 minutes d'après le Tardis » avait précisé le Docteur qui se tenait près de la porte et que Jack n'avait pas encore remarqué.

« Nous étions un peu inquiets, il, elle ne voulait pas nous laisser entrer » Avait ajouté Martha.

Le Docteur fixait Jack avec un drôle d'air, un air qui disait : qu'est-ce que t'as encore fricoté avec mon vaisseau.

Il se rappelait être resté un petit moment sur le pont, ils s'étaient retrouvés et réconfortés l'un l'autre. Durant cette longue année, il l'avait souvent entendue hurler en silence, elle l'avait souvent entendu pleurer lorsqu'il était seul, ils étaient deux monstres brisés, dont les autres ne voyaient pas les blessures. Il avait du s'assoupir, il se souvenait vaguement de sa tendresse l'enveloppant, et puis plus rien.

« J'ai du m'assoupir » Avait-il dit en regardant le Docteur avec un sourire qui se voulait rassurant. Le Docteur avait souffert sa part, aussi. Jack en était conscient, mais il avait quand même du mal avec la façon dont ce dernier avait été affecté par la mort de l'autre Seigneur du Temps. Le Maître avait massacré et torturé et s'était lui le monstre, l'aberration, une aberration cosmique. Il ne risquait pas de l'oublier, il ne s'était passé une journée sans que le Maître ne le lui rappelle.

« Tu n'as rien raté, à part quelques bavardages, on a plus rien à faire ici, il est temps de repartir » Avait dit le Docteur avec une bonne humeur un peu forcée.

« Et où va-t-on ? » Avait-il demandé.

« Où tu veux ! Où veux-tu aller Jack ? Ton choix ! »

« Je… je veux juste rentrer » Avait-il murmuré au bord des larmes.

« Ok ! Très bien… Martha, tu devrais aller avec Jack faire un petit tour aux cuisines, je vous appelle quand on est arrivé »

Jack était allé avec Martha aux cuisines, elle avait préparé un thé et sorti des scones avec du beurre et de la confiture. Il avait grignoté en demandant des nouvelles de la famille. Elle l'avait rassuré, ils étaient rentrés à la maison et ils bénéficieraient d'un soutient psychologique comme les autres vétérans. Elle lui avait demandé à quoi ça ressemblait le cinquante et unième siècle, il avait répondu avec un sourire rassurant : à pas grand-chose !

Puis le Docteur les avait appelés et ils l'avaient rejoint. Quand ils avaient franchi la porte pour se retrouver sur la place Roald Dahl, son cœur s'était mis à battre la chamade. Il s'était retourné vers le Docteur avec un air déconcerté.

« Quand tu parlais de rentrer, c'était bien de Cardiff dont tu parlais ? Non ? »

Il n'était pas sûr de savoir de ce dont il parlait. Il ne savait plus où était sa place, dans le temps, dans l'univers, si toutefois, il en avait encore une. Mais maintenant qu'il était là, juste au-dessus de sa base, oui, c'était là, qu'il voulait être. C'était chez lui, il était rentré à la maison.

Ils avaient erré tous les trois aux grés des rues, il leur avait montrés la ville, Martha ne connaissait pas, et il se sentait plus léger presque heureux.

Ils s'étaient séparés, le Docteur devait faire réellement le plein cette fois-ci, avant de repartir. Et il lui tardait de rejoindre sa petite équipe, de les serrer dans ses bras, de constater de visu qu'ils étaient bien vivants, qu'ils allaient bien.

Il avait été un peu déçu de trouver le QG vide. Il avait ouvert à Myfanwy, avait partagé avec elle une tablette de chocolat, puis l'avait renvoyée dans son nid. Où avaient-ils bien pu passer ?

Il avait trouvé ses affaires à leur place dans son bureau, rien n'avait bougé. L'habituelle pile de paperasse était elle aussi à sa place, mais elle était à jour, et signée de sa main ! Il avait souri, Ianto contrefaisait admirablement bien sa signature. Il aurait du s'en inquiéter, s'en offusquer, il n'en était rien, il avait juste envie de le prendre dans ses bras, respirer son odeur, sentir sa chaleur, écouter battre son cœur, le regarder respirer.

Il était descendu dans son petit repère, pour faire un brin de toilette et avait trouvé un rasoir et une brosse à cheveux sur la tablette et deux brosses à dents dans un verre. Il avait ouvert son placard pour y trouver un costume trois pièces ainsi qu'un jean bien trop petit pour Ianto, accompagné d'un string et d'un soutien gorge qui n'avaient aucune chance de lui appartenir, même en rêve.

Jack s'était assis sur son lit de camp perplexe. Il avait reniflé l'oreiller, il portait l'odeur de Ianto… Il s'était allongé et s'était assoupi.

Il avait été réveillé en sursaut par une alarme, d'abord un peu désorienté, il était remonté dans l'aire centrale : personne. Cependant des restes de kebab et une bière abandonnés sur le bord du poste de travail d'Owen, prouvaient qu'ils étaient revenus pendant qu'il dormait, puis il avait remarqué un tableau avec ce qui était manifestement des tours de garde. Il avait neutralisé l'alarme déclenché par Janette, qui s'énervait toute seule dans sa cellule. La CB de la police était toujours allumée et faisait état d'une course poursuite entre un 4x4 et un coupé sport, avec ordre aux voitures de patrouille de ne pas intervenir : c'était eux, il les avait retrouvés !

Jack avait d'abord été assez fier de son entrée. Mais très vite, il avait déchanté, passé la première surprise, ils l'avaient purement ignoré et avaient repris la situation en main. Il se sentait largué, déconnecté, à la traîne et Gwen ne faisait rien pour aider. Ils les avaient trouvés tous sur la défensive et, pour une fois, Ianto s'était montré le moins agressif, du moins au début. Il avait bien essayé d'expliquer un peu, mais, d'une part il s'était montré maladroit et, d'autre part, John/Geb avait débarqué sans tambour ni trompette, ramenant à la surface un passé encombrant qu'il aurait bien voulu enterrer.

Seul point positif, il avait demandé à Ianto s'il accepterait de sortir avec lui et il avait dit : oui ! Puis il y avait eu la bombe, le repositionnement temporel, le départ de John, et ils s'étaient retrouvés tout seuls. Ianto était repassé en mode distant, sans qu'il ait compris pourquoi. Il continuait cependant à le tutoyer, c'était déjà ça. Jack ne savait, ne comprenait pas ce qu'il pouvait bien avoir encore fait pour le froisser.

Ianto l'avait ramené chez lui. Ils avaient fait la route en silence, puis ils étaient montés chez lui où Ianto l'avait débarrassé de son manteau.

« Tu veux manger quelque chose ? » Avait-il demandé.

« Je, je ne sais pas » avait-il répondu gêné.

« Tu ne sais pas si tu as faim ? Moi j'ai faim, je vais préparer quelque chose » Avait répondu Ianto toujours aussi froid, et il avait ajouté :

« Profites en pour prendre ta douche, tu sais toujours où c'est ? »

Oui, il savait toujours où se trouvait la douche dans le petit deux pièces de Ianto, difficile de se perdre… Mais il aurait préférer la prendre avec lui, sa douche, et ça n'augurait rien de bon pour le reste de la nuit, sentiment renforcé quand Ianto lui avait apporté une serviette ainsi qu'un caleçon et un T-shirt pour la nuit. Quand il avait rejoint Ianto ainsi vêtu à la cuisine, il y avait quand même une assiette pour lui.

« Tu prendras une bière, ou juste de l'eau ? » Avait demandé Ianto.

« De l'eau, juste de l'eau, ça à l'air bon » Avait-il dit.

« C'est juste des restes » Avait répondu Ianto toujours sur la défensive.

Alors il s'était assis et avait commencé à manger en silence, il aurait donné n'importe quoi pour briser ce silence, il cherchait toujours qu'est-ce qu'il avait pu faire ou dire… il fallait qu'il fasse quelque chose, c'était insupportable ! Lui donner un peu de lui-même, peut-être…

« Gray, mon frère… » Avait-il hésité, puis, voyant qu'il avait réussi au moins à capter l'intérêt du jeune homme, il avait continué :

« Nous vivions dans une petite colonie multiraciale, une petite planète aquatique retirée des grands axes de circulation intergalactique, un paradis isolé, pacifique, un havre de paix… »

Ianto l'écoutait intrigué maintenant.

« Au printemps, après l'école, les enfants se rendaient tous, plus ou moins, sur la plage pour ramasser des fruits de mer cachés dans le sable, c'était une friandise très appréciée, notre goûter »

Ianto le fixait sans rien dire mais semblait se radoucir un peu.

« C'est un jour de printemps que c'est arrivé, qu'ils nous ont attaqués. Il y avait des centaines d'enfants sur cette plage. Gray avait huit ans, j'en avais douze, nous avons couru, comme les autres, mais il n'y avait pas d'abri, seulement du sable et l'océan. Je suis tombé et quand je me suis relevé… Il n'y avait plus que des corps autour de moi, nous ne sommes qu'une dizaine à s'être relevés, les autres avaient été tués ou enlevés. J'ai cherché mon frère pendant des heures sur cette plage, et quand j'ai rejoint la ville en ruine mon père avait été tué aussi » Il s'était arrêté là épuisé, vidé regardant Ianto avec appréhension. Le jeune homme s'était levé et avait commencé à débarrasser :

« Il se fait tard et je crois qu'on est aussi fatigués l'un que l'autre » Avait-il dit sur un ton plus doux

« Vas, vas donc prendre ta douche je peux faire ça » Avait suggéré Jack.

Ianto avait acquiescé, et l'avait laissé faire.

Jack n'arrivait pas pour autant à se défaire du nœud qui l'étreignait, il avait rejoint Ianto alors que celui-ci sortait de la douche nu comme un ver, beau comme un dieu. Ianto l'avait attiré contre son corps encore humide et avait cherché sa bouche, il s'était raidi. Cela n'avait pas été volontaire, juste un réflexe, il avait besoin de douceur, de tendresse, et ce n'était pas le fort de Ianto.

Et tout à coup, il se rendit compte qu'il avait peur, peur de la violence dont il savait le jeune homme capable, et en même temps il ne voulait qu'une seule chose, c'était de le sentir contre lui, de sentir sa chaleur…

« Qu'est-ce qui t'es arrivé, Jack ? Qu'est-ce qu'on t'a fait ?»

Jack n'avait pas su quoi répondre, il se sentait trop vulnérable et trop épuisé. Alors, Ianto l'avait tendrement pris dans ses bras puis l'avait invité à se coucher, il s'était blotti contre lui et s'était endormi.

A suivre…