Titre : échappée belle et paradoxe temporel 1/ 2 ou 3

Série : les carnets de voyage du capitaine – entrée 21

Perso : Jack Harkness

Résumé : Au printemps 1909, Torchwood envoie Jack enquêter en Suède, il y fait une étonnante rencontre et décide de se faire la belle…

Rating : PG-13 –

Spoilers : Empty child – saison 01 de Doctor Who

Disclaimer : Bien sûr je me contente d'emprunter des personnages appartenant à la BBC

Béta : Black59

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Torchwood l'avait envoyé à Göteborg pour enquêter sur une série d'évènements suspects. Pour s'assurer qu'il revienne bien à Cardiff, ils lui avaient donné le minimum de liquidités, ainsi qu'un billet aller-retour, et avaient gardé en otage son précieux bracelet.

Torchwood savait que le bracelet lui était précieux, ce qu'ils ne savaient pas c'est ce à quoi il servait, et que de toute façon, il était en panne de batterie, en supposant que se soit seulement la batterie, et donc, totalement inutilisable.

Avec un peu de chance, si en 1941 il était encore là et s'il se débrouillait bien, il devrait pouvoir aller récupérer des batteries à bord de son vaisseau Chula, pendant que lui et Rose seraient parti à la recherche du Docteur… et tant qu'il y serait, il attendrait leur dernière expédition pour chercher l'ambulance Chula, comme ça, il pourrait récupérer aussi son petit désintégrateur à carré comme disait Rose…

Pour le moment Jack en était réduit à faire avec les moyens de l'époque, plus le peu de tech alien récupérée par Torchwood, curieusement, depuis son arrivée tout tombait en panne… Ils finiraient bien par faire le rapprochement !

Jack avait accepté de travailler pour Torchwood contraint et forcé, en parti pour passer le temps, mais surtout parce qu'il avait constaté que la faille était vraiment un problème et qu'ils étaient complètements dépassés et incompétents.

Mais il n'aimait vraiment pas leurs méthodes : non seulement ils exécutaient et disséquaient toutes les malheureuses créatures que la faille recrachait en plus ou moins bon état, et ça sans distinction aucune, mais en plus ils ne le faisaient pas forcement dans l'ordre…

Non, Jack ne les aimait pas du tout et c'était réciproque : ils ne manquaient jamais une occasion d'essayer de le tuer…

Dès qu'il leur venait une nouvelle idée, il fallait qu'ils la tentent…

Ça finissait par être lassant.

Jack avait terminé : en fait il avait juste fait un peu de ménage. Le Docteur était manifestement passé par là, et, comme d'habitude, s'était tiré sans regarder derrière….bref, le Docteur !

Maintenant, Jack n'avait plus d'argent, pas même de quoi se payer un repas, mais il n'était pas pressé de rentrer à Cardiff.

C'était une belle journée de printemps, pour Göteborg tout au moins : même si la ville était située tout au sud de la Suède, il n'en restait pas moins que cela n'avait rien avoir avec la Méditerranée de l'Antiquité, le soleil de Pompéi… sa première mission… en tant qu'archéologue pour l'Agence Temporelle, évidement !

Jack s'était posté à l'angle d'une rue passante, après avoir vérifié qu'aucun bourgmestre n'était en vu, il avait interpellé un premier passant qui avait l'air de se promener sans but précis et avait commencé à lui raconter une histoire…

Evidement, ne parlant pas le suédois, il l'avait utilisé la plus universelle des langues : le mime…

Bien, vite un petit attroupement s'était formé…

Les spectateurs étaient plutôt intrigués, un peu méfiants, et puis il y avait eu cet éclat de rire !

Un rire cristallin, un véritable rire de bonheur !

Il en avait amené d'autres…

Jack avait continué imperturbable, les pièces avaient commencé à s'accumuler sur le manteau qu'il avait posé sur le muret à coté de lui, et la fille au rire cristallin était restée là, à le regarder et rire, jusqu'à ce que le soleil soit trop bas et que le froid se fasse trop piquant.

Alors Jack avait ramassé les pièces et renfilé son manteau :

« Je vous invite ? » Avait-il suggéré, sans trop d'espoir, c'était une toute jeune femme, avec une de ces grandes robes sombre qui montaient jusqu'au menton et un manteau qui balayait le sol. En ce début de siècle, il était même surprenant qu'elle ne soit pas accompagnée d'un chaperon…

« Pourquoi pas ? » Avait-elle cependant répondu à sa grande surprise.

Ils avaient été se réfugier dans une petite auberge, où il avait demandé la table au coin du feu. En gentleman, il l'avait aidée à poser son manteau, elle le regardait avec de grands yeux ravis et amusés… c'était étrange… !

Ils avaient parlé voyage.

Elle lui avait demandé de but en blanc de lui parler de ses voyages, des villes et pays qu'il avait visités, assumant d'emblée et sans raison véritable qu'il était un voyageur…

Mais, elle ne lui avait pas demandé d'où il venait… !

Elle l'avait écouté et elle avait ri, encore et encore…

Elle était belle, elle avait la peau claire des scandinaves et ses cheveux étaient si blond que l'on aurait dit des fils d'argent, elle devait avoir une vingtaine d'années, mais ne portait pas d'alliance… elle n'avait pourtant rien d'une fille des rues… elle dénotait autant que lui !

« Il serait peut-être sage que je vous raccompagne, ne va-t-on pas s'inquiéter ? » Avait-il suggéré.

Il avait été récompensé par un nouvel éclat de rire, un nouvel éclat de bonheur !

« Ça m'étonnerait, j'ai fait le mur ! »

« ??? »

« Je suis supposée être consignée dans ma chambre… » Avait-elle expliqué.

« Consignée ? Mais, il se fait tard, êtes vous aussi privée de souper ? »

« Non. Pas que je sache ! Mais j'ai fermé ma porte de l'intérieur, ma mère en aura déduit que je boude ! »

« Je vais vous raccompagner, avant que la supercherie nesoit découverte, ça vaut mieux ! » Avait-il conclu en se levant pour l'aider à renfiler son manteau.

Elle n'habitait pas loin, juste derrière le temple presbytérien, elle était la fille du pasteur !

Cela ne l'avait pas empêché de prendre son bras en sortant de l'auberge et de se serrer à ses côté pour affronter le froid qui se faisait nettement plus mordant.

Ils avaient fait le tour de la maison, tout était calme, son absence ne semblait pas avoir été découverte.

« Ma chambre est là haut, la deuxième fenêtre en partant de la gauche » Avait-elle indiqué.

« Vous êtes un véritable félin, Mademoiselle »

« Ingrid, c'est Ingrid »

« Jack, Capitaine Jack Harkness »

«Vraiment ? » Avait-elle demandé dans un nouvel éclat de rire, vite réprimé dans ses mains.

« Cela a été un véritable bonheur Ingrid, vraiment » Avait-il dit en prenant sa main pour la baiser délicatement.

Cette fille était un miracle, un rayon de soleil… en une demi-journée, elle l'avait réconcilié avec l'espèce humaine et avec la vie…

« Et, si vous montiez avec moi, Capitaine ? »

« ???? »

« Ne me dites pas qu'un peu d'escalade vous fait peur ? »

« Euh, l'escalade, pas vraiment le pasteur, un peu plus, je dois l'avouer ! » Avait-il répondu déconcerté.

« Oui, c'était un peu l'idée, je dois le confesser ! »

« ??? »

« Je suis enceinte, Jack, et il ne reviendra pas… »

« Euh ! »

« Voilà, le plan : tu montes avec moi, on fait tout plein de cochonneries, tu laisses mon père nous surprendre, il nous marie sur le champ, et on prend la poudre d'escampette… on fait le tour du monde, il y a tellement d'endroit que je voudrais visiter, Jack »

« Euh… ! »

« Jack… ? Dit oui… »

Et Jack avait dit : oui !

Il était monté avec elle dans sa chambre, ils avaient fait l'amour, la demoiselle n'était vraiment pas farouche, et cela faisait longtemps que Jack ne s'était pas senti aussi bien avec quelqu'un…

La femme du pasteur les avait surpris au petit matin, et après une scène digne d'une farce de Molière ou de Shakespeare, il avait dit : oui et épousé Ingrid.

Ils s'étaient enfuis avec la dot, et avaient commencé leur périple.

Ingrid rêvait des Amériques, il avait suggéré de commencer par l'Europe, ils seraient toujours à temps de quitter le vieux continent quand la guerre se ferait trop proche.

Il ne connaissait pas aussi bien cette période de l'histoire qu'il ne connaissait l'Antiquité ou même la Renaissance, mais il savait qu'une terrible guerre enflammerait bientôt toute l'Europe.

A suivre…